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Rokugan 2000

Tetsugi (parallèle à l’Empire de Diamant, épisode 4)

Alliés

dimanche 27 décembre 2009, par Shosuro Hisoka

Une histoire de l’Empire de Diamant,
par Seth Mason,
traduit par Shosuro Hisoka

Tetsugi se tenait derrière la petite fenêtre de son bureau, surplombant la vaste cité d’Otosan Uchi. C’était un spectacle glorieux, quand on pensait à la grande histoire de cet Empire, aux hommes et aux femmes qui étaient morts sans hésitation pour le défendre. Tetsugi regarda le Palais Impérial, et se demanda quand le destin l’appellerait pour qu’il abandonne sa vie à son tour.

Le soleil commençait à être bas sur l’horizon quand les pensées du Magistrat furent interrompues par le bourdonnement de l’intercom. "Tetsugi," dit la voix de sa secrétaire, Kakita Daiken, "le Magistrat Kitsuki demande à vous voir."

Tetsugi s’éloigna de la fenêtre et s’assit dans sa vieille chaise. "Fais-le entrer s’il te plait." dit-il, rajustant les plis de son kimono.

La porte s’ouvrit de l’extérieur, et à l’intérieur s’avança le jeune Magistrat Dragon dont Tetsugi avait tant entendu parler ces derniers jours. Kitsuki Hatsu était un jeune homme mince, avec des traits fins et une longue tresse de cheveux pendant dans son dos. Tetsugi considéra l’autre Magistrat un moment, puis hocha la tête, "S’il vous plait asseyez-vous, Hatsu-san."

Hatsu s’inclina et s’assit. "Y a-t-il quelque chose que je puisse faire pour vous aider, Magistrat ?"

Tetsugi hocha la tête et jeta encore un coup d’œil à la fenêtre. "J’ai entendu qu’il y avait une sorte de... circuit enchâssé dans la tête des assassins." Le vieil homme n’avait pas perdu de temps avec les formalités. Il savait que le Kitsuki préférait faire les choses directement plutôt que s’attarder sur les usages quand c’était possible. Tetsugi continua, "Malheureusement, le Capitaine de la Garde Impériale a été un peu trop zélé et nous avons été incapables de garder un seul des assassins en vie." Son regard revint sur Hatsu, "Je n’ai pas encore eu l’occasion de regarder les corps, mais quelle est votre opinion sur ces câblages ?"

Hatsu s’accorda une seconde pour rassembler ses pensées, puis dit simplement, "Des microcircuits Shosuro, ou quelque chose de presque identique. Je dois cependant encore chercher qui en dehors des Scorpions est capable de faire de pareilles choses." Le Dragon hésita encore un moment, comme s’il évaluait une décision, puis dit, "J’ai permis qu’on amène un exemplaire des circuits à Kaiu Toshimo, l’ingénieur Crabe, et il a confirmé mes soupçons."

Tetsugi hocha la tête, "Une sage décision. Je suis sûr que vous pouvez vous occuper de cette affaire sans l’ingérence de quelqu’un de plus haut rang." Hatsu fut surpris par le franc-parler du vieux Magistrat, et Tetsugi dit finalement, "Ce sera tout, Magistrat." Il se leva et s’inclina, "Continuez à bien travailler, et tenez-moi informé s’il vous plaît." Il tendit à Hatsu une carte avec son numéro de téléphone portable et d’autres moyens de le contacter.

Hatsu plissa les yeux sur les numéros et les adresses électroniques, et dit, "Je le ferai, monsieur." Il s’arrêta un moment et ajouta, "Je ne vois pas le numéro de votre bureau sur ceci. Allez-vous quelque part ?"

Tetsugi hocha la tête. "Hai, Dragon. Ce sera tout," dit-il, congédiant le Magistrat à nouveau. Hatsu prit note de l’indication et s’inclina, puis sortit par la porte. Le vieil homme sourit à la sortie d’Hatsu, et rit de sa étourderie. Hatsu et la majeure partie de Rokugan sauraient bien assez tôt ce qu’il s’apprêtait à faire, mais Tetsugi préférait se déplacer le plus discrètement possible. S’il se présentait de manière inattendue dans les garnisons de l’Empire, il pourrait alors juger réellement de la valeur des soldats de là-bas.

La voix de Daiken sortit soudainement de l’enceinte. "Tetsugi, vous avez un appel sur la ligne un, monsieur. C’est Bayushi Shiriko."

"Merci, Daiken," dit Tetsugi, puis il prit le combiné. "Bonjour, Shiriko-chan."

"Salutations, Magistrat," répondit la Scorpion. Dans le fond, on pouvait entendre plusieurs voix marmonnantes, et on aurait dit qu’elle appelait d’une cuisine. "J’ai une petite faveur à vous demander, si c’est possible."

Tetsugi plissa ses yeux instinctivement, et dit, "De quoi s’agit-il ?"

"J’aimerais qu’un petit détachement de vos meilleurs hommes m’accompagne au Palais Scorpion pour ma cérémonie de gempukku. J’ai... mes raisons de croire que cela sera nécessaire."

Le Magistrat hésita un moment, sachant parfaitement que Shiriko ne demanderait pas une telle aide dans des circonstances normales. "Je verrai ce que je peux faire, Shiriko. Je pourrais même vous accompagner moi-même jusqu’à ce que nous atteignions votre demeure ancestrale."

"Oui, Magistrat, j’espérais bien que vous essayeriez de m’intégrer dans votre petit tour de Rokugan," dit Shiriko doucement, et Tetsugi pouvait entendre l’hilarité dans sa voix.

Il rit discrètement et dit, "J’essaierai. Attendez-vous ce soir à coup de téléphone de ma part à ce sujet." Elle lui fit un au-revoir formel, et Tetsugi raccrocha.

Shiriko allait faire un bon Daimyo Scorpion.


Tetsugi était en colère.

Le Magistrat balaya la rue du regard, où des dizaines de civils, de journalistes, et d’autres officiers de l’Empereur grouillaient autour de l’Hôpital de la Miséricorde du Phénix encore fumant. Il regarda encore l’équipe de triage qui déplaçait les blessés hors de l’hôpital, ou les emmenait en ambulance dans les autres établissements Phénix d’Otosan Uchi. Tetsugi regarda encore la fenêtre de l’endroit où le précédent Maître du Feu avait été cantonné et soupira.

"J’aurai mon téléphone allumé, Haidan. Appelez-moi quand cette pagaille sera terminée." Le jeune détective hocha la tête, et se précipita dans la foule. Tetsugi était sur les lieux depuis deux heures, coordonnant les efforts des combattants du feu, des docteurs, et de ses propres officiers.

Il regarda encore une fois la fenêtre brûlante, et ses yeux se plissèrent derrière ses lunettes protectrices. Quelque chose clochait vraiment. Kitsuki Hatsu lui avait parlé des allégations du docteur à propos de "tetsukansen" dans les circuits, juste quelques secondes avant que le chaos n’éclate dans l’hôpital. C’était comme si les portes de Jigoku s’étaient grandes ouvertes au signal de la déclaration de guerre de son Empereur. Le téléphone de Tetsugi sonna, et il le prit rapidement, les mots de Doji Meda rampant à nouveau à travers son esprit.

"Tetsugi," dit-il durement dans l’appareil.

"Magistrat, tout est prêt."

"Merci," dit Tetsugi rapidement, et il raccrocha. Le Magistrat sourit et sauta sur son vélo. A partir de maintenant il commencerait à détruire les menaces de son Empire, une à une.

Seul, s’il le devait.


La grosse camionnette blindée descendit bruyamment la rue déserte. Le soleil allait bientôt se coucher, et les Mon Impériaux de chaque côté du véhicule brillaient dans la lumière réfléchie d’Amaterasu. Les deux conducteurs semblaient plutôt s’ennuyer ; l’un conduisant, l’autre faisant de petits dessins sur un bout de papier.

"Tu as entendu le score du match des Berserkers ?" demanda le conducteur.

"Nan..." marmonna l’autre.

Puis il y eut un bruit sourd sur le toit. Les deux hommes levèrent la tête stupidement, celui sur le siège passager tendit la main vers son arme... un instant trop tard car une large forme apparut, de haut en bas, sur le pare-brise avant, et tira au visage de l’occupant du côté passager.

"Shinsei !" cria l’autre, et il tourna brusquement le volant sur le côté. La camionnette gémit, et projeta le tireur du pare-brise sur la gauche. Celui-ci donna un coup de pied adroit là où il avait tiré et se jeta dans l’habitacle. Le conducteur essaya de sortir son arme, mais une balle toucha sa main, et le van dérapa hors de contrôle, s’écrasant derrière un immeuble.

"Salut," dit l’homme. "Je suis Chobu." Il s’avança et retira le pistolet du chauffeur. "Tu n’auras pas besoin de ça." dit-il, et il tira un petit appareil de sa poche. "Et tu n’auras pas besoin de l’argent là-derrière non plus. Donc je le garderais pour toi," Chobu rit en appuyant sur le bouton de l’appareil, et la camionnette fut secouée par une petite explosion à l’arrière.

"Tu devrais faire plus attention," dit Chobu d’un ton joyeux, en frappant le visage du garde sonné avec son arme. "J’ai eu assez de temps pour mettre cet explosif à l’arrière, monter sur le toit, attacher mes cheveux, vérifier mon portefeuille, charger mon flingue, profiter de ce bel horizon avant même d’avoir pensé à prendre cette camionnette."

Ichiro Chobu ouvrit la portière côté passager et se dirigea nonchalamment vers l’arrière de la camionnette. Il toussa un peu, il y avait beaucoup de fumée venant de l’arrière du van. Chobu marmonna quelques mots, et les esprits de l’air éloignèrent rapidement la fumée. Il sauta là où se trouvait la cargaison du véhicule.

Un homme portant l’uniforme d’un Magistrat Impérial était la seule chose qui s’y trouvait. Pas d’argent. "Chobu, mon nom est-"

Chobu pointa rapidement ses deux pistolets sur l’homme, "Qu’est-ce que c’est que ce bordel !?" hurla-t-il, complètement confus.

"Je suis ici pour vous demander une faveur." dit le Magistrat.

"Une faveur ?" dit-il avec un ricanement résonnant dans le van. "Ecoute, vieil homme, j’ai deux flingues pointés sur chacun de tes yeux... si tu as des yeux sous ces stupides lunettes. Je ne crois pas que tu sois en position de demander quoi que ce soit." Chobu balaya du regard les environs pendant une seconde, puis plissa ses yeux. "Attends une seconde. Tu viens juste de me laisser détruire ton camion, tuer un de tes hommes et blesser l’autre..." Chobu laissa tomber ses mains de frustration, et hurla, "Quel genre de Magistrat tordu es-tu !?" puis fit un pas vers lui, collant les pistolets directement sur ses lunettes vertes.

"Je suis Tetsugi, Chobu. Et j’ai les réponses que vous voulez." dit le Magistrat, sans tressaillir.

"Quelles réponses ?"

"Pourquoi votre père a décidé tout à coup de tirer sur la Cour Impériale ? Que signifie tout ce chaos tout à coup dans la ville ? Il y a eu des rumeurs d’Oni, de Naga et de toutes sortes de choses mauvaises un petit peu partout." Tetsugi se pencha en avant, plus près du visage de Chobu, "Vous êtes un shugenja. Vous savez que quelque chose ne va pas avec la danse des éléments."

Chobu resta silencieux une seconde, puis sourit. "Tu as des couilles, n’est-ce pas, vieil homme ?"

Tetsugi se contenta de sourire.

"Très bien." Chobu rangea ses armes et croisa les bras. "Pourquoi moi ?"

"Je sais que vous êtes innocent," dit Tetsugi, puis il rajouta rapidement, "Enfin, dans l’assaut contre l’Empereur du moins. Et j’ai besoin de quelqu’un qui n’a aucun d’amour pour l’Empereur pour travailler avec moi."

"Ca pourrait être moi !" dit joyeusement Chobu. "Mais pourquoi toi, le Conseiller Impérial, le loyal-à-l’Empereur, l’omniscient Tetsugi voudrait-il de quelqu’un qui n’..."

Tetsugi sourit alors qu’une étincelle de compréhension naissait sur le visage de Chobu. "Oui, Chobu. Vous pensez bien."

Le Blaireau haussa les épaules.

"Okay, maintenant, voilà ce que je vais vous dire. Je vais vous faire une faveur et vous aider dans votre petite quête de dingue..."


"Il n’y a de gloire dans la guerre que pour les victorieux ! Quand vous parlerez à notre Empereur," Le samurai Lion avait presque hurlé, et Tetsugi se retint de faire quelques pas en arrière en réaction, "dites-lui que les armées du Lion apporteront la victoire à Rokugan !"

Tetsugi considéra l’homme féroce pendant une seconde, puis s’inclina simplement, "Merci, Matsu Gohei-san. Votre armée est réellement effrayante, et vos troupes sont disciplinées au-delà de toutes mes attentes." Les yeux de Gohei brillèrent de fierté à l’approbation du Magistrat. "Gardez vos soldats sur le qui-vive en permanence jusqu’à ce que l’Empereur ou moi-même en dise autrement."

"Hai !" aboya le Matsu, et s’inclina très bas devant Tetsugi.

"Bonne journée, Champion du Lion."

Tetsugi sortit du grand bureau où Ichiro Chobu attendait sur une chaise, faisant de son mieux pour ne pas faire une scène. Le Magistrat fit un signe de tête à Chobu, et le Blaireau se leva silencieusement et l’accompagna hors du bâtiment. Quand Chobu vit finalement que personne ne regardait, il étendit violemment ses bras et étira son cou et sa bouche en un hurlement silencieux. Tetsugi le regarda pendant qu’il arquait son dos et agissait comme un fou hurlant à la lune pendant deux minutes entières. Tout cela sans bruit.

"Terminé ?" demanda Tetsugi.

"Savez-vous... à quel point... c’est chiant... là-dedans ?" haleta Chobu, récupérant son souffle. "Est-ce difficile," demanda-t-il pendant qu’ils montaient à l’arrière d’une limousine Impériale, "de juste rentrer, dire à cet idiot que ses armées sont vraiment très cool, et sortir, hmm ?" Le chauffeur leva un sourcil au jeune homme, et Tetsugi put le voir dans le rétroviseur.

"La gare des autobus, s’il vous plait," dit Tetsugi au conducteur, puis il releva la fenêtre entre les passagers et les sièges avant. "Vous n’avez apparemment jamais eu affaire aux Lions," marmonna Tetsugi, puis il tira une mallette de dessous son siège. Le Magistrat en retira quelques dossiers et un téléphone.

"Et qui est ce foutu Iuchi Fujinku ?" grogna Chobu, regardant le carte magnétique qu’il portait et qui autorisait sa présence dans les bureaux de Matsu Gohei.

"C’est vous, maintenant" dit Tetsugi, en composant un numéro, "Pensez-vous que nous irions très loin si cela disait ’Ichiro Chobu - Assassin Impérial’ ?"

Chobu fixa des yeux plissés sur le Magistrat alors qu’il portait le téléphone à son oreille et il sourit. "Ce serait au moins plus amusant."

Tetsugi l’ignora et commença à écouter sa boîte vocale. Chobu jeta un œil aux papiers du Magistrat. Quelques documents Impériaux, lettres aux Daimyos qu’il visiterait, quelques billets de trains, et...

"Qui est Bayushi Shiriko ?" demanda Chobu, inspectant le petit paquet sous les papiers dans la mallette.

Tetsugi éteignit son téléphone et soupira. "La Championne du Scorpion dans deux jours. C’est un cadeau de gempukku." Tetsugi regarda à travers la vitre et ferma ses yeux. "Kitsuki Hatsu est sous le coup d’un mandat d’arrêt."

"Hatsu..." marmonna Chobu, essayant de se rappeler, "Oh ouais ! C’était un des Magistrats qui était là quand mon père a disjoncté. Qu’est-ce qu’il a fait pour mériter ça ?"

Tetsugi considéra son robuste compagnon une seconde et dit, "Conspiration et tentative d’assassinat contre l’Empereur."

Le visage de Chobu s’illumina, "Hey ! C’est peut-être pas un si mauvais gars après tout. Vous dites que Tsuruchi Kyo a signé le mandat ?"

Tetsugi acquiesça.

"J’aurai dû le tuer quand j’en avais l’occasion."

"Il ne travaille pas avec vous, n’est-ce pas ?" demanda Tetsugi, connaissant déjà la réponse.

"Hatsu ? Non..." dit Chobu, puis il eut un rictus mauvais, "En fait, c’est plutôt votre cas !" il rit bruyamment, "C’est désopilant ! Quelqu’un essaie de miner le système judiciaire de l’Empire en plaçant de fausses charges sur un quelconque Magistrat de rang mineur, mais en réalité, le Conseiller Impérial, le Magistrat Personnel de Sa Royale Insectitude, est réellement de connivence avec son traqueur supposé !" Chobu fut à nouveau pris d’une crise de rire, et s’écroula sur son siège.

Tetsugi saisit l’humour, mais ne voulut pas encourager l’ennuyeux spectacle de Chobu.

Le Blaireau se calma après un moment, puis fut sérieux à nouveau, "Tant qu’on parle de mon père, ne sommes nous pas supposés faire quelque chose au sujet de toute cette affaire de ’tetsukansen’ ? Vous savez, les gardes possédés, la maho dans la machine, tout ça ?"

"C’est ce que nous faisons." répondit Tetsugi, sortant une autre liasse de papiers et les compulsant.

"C’est bizarre," soupira Chobu, en se penchant en arrière dans son siège. "J’étais persuadé que nous allions vers les provinces du Crabe." Le Blaireau jeta un œil autour d’eux. Peut-être avait-il eut tort de se joindre au Magistrat.

"C’est ce que nous faisons."

"Et alors quoi ?" demanda Chobu, frustré.

"Et alors nous menons une petite enquête non-officielle."

Chobu posa son regard sur Tetsugi, qui continuait à lire ses papiers. Il crut deviner une vague trace de sourire sur le visage du Magistrat.

Peut-être que cela allait être amusant après tout.


"Allez-vous bien, ma Dame ?" dit une voix derrière Shiriko. La jeune Scorpion était assise devant un grand miroir dans sa chambre, tenant un masque noir et lisse.

"Je vais bien, Heiko," répondit-elle doucement, réalisant qu’elle avait fixé le masque dans sa main pendant plus de cinq minutes sans bouger. Heiko, sa servante depuis douze ans, recommença à lui brosser les cheveux. Shiriko regarda sa servante, puis à nouveau le masque.

"C’était celui de votre père, vous savez," marmonna Heiko alors qu’elle brossait la fine et noire chevelure.

Shiriko hocha la tête distraitement, sachant parfaitement que c’était un mensonge. Son père, Bayushi Dairyu, portait toujours son masque. Il n’aurait jamais laissé un tel objet entre les mains d’un homme tel que son minable d’oncle. Elle jeta un nouveau coup d’œil à Heiko, et s’interrogea. Qui savait que son père était vivant ? Heiko faisait partie des serviteurs dans lesquels la famille avait le plus confiance aux temps de sa disparition. Son père avait-il pu la mettre dans le secret ?

Shiriko soupira et mit le masque sur la table devant elle. "Je peux me brosser les cheveux moi-même, Heiko. S’il te plaît amène-moi mon kimono pour la journée."

Heiko se leva, s’inclina, et se dépêcha de sortir. Dans le miroir, Shiriko vit une autre servant entrer et s’agenouiller derrière elle, portant un message. Elle prit le papier et congédia la servante. La future Daimyo du Scorpion lut le message, et ferma ses yeux. Qui oserait ? pensa-t-elle.

Heiko entra dans la chambre, et regarda sa Dame. "Allez-vous bien, Shiriko ?" demanda-t-elle, et se précipita à son côté. La vieille femme prit la main de Shiriko et la regarda nerveusement. Heiko était plus qu’une simple servante, et parfois plus une mère pour la jeune Bayushi.

"Je vais bien, Heiko." dit Shiriko lentement, ouvrant ses yeux. "Je viens juste d’apprendre qu’un vieil ami à moi est mort."

"Je suis désolée, ma Dame." dit la servante doucement, caressant les cheveux de Shiriko.

"Tout va bien, Heiko," répondit-elle, en se levant. "Je m’habillerais moi-même aujourd’hui. S’il te plait, prépare les quartiers des invités pour le Magistrat Tetsugi et son équipe." Heiko s’inclina et sortit à nouveau, laissant Shiriko fixer le masque sur son bureau.


Plus tard ce soir là, Bayushi Shiriko s’assit dans une grande pièce, derrière un bureau très différent. La jeune femme travaillait sur les requêtes, les accords de mariage, les disputes de terrain, et d’autres choses dont elle devrait s’occuper quotidiennement en tant que nouvelle Championne. Shiriko soupira et leva les yeux vers le plafond voûté, puis derrière elle à travers la grande fenêtre montrant le coucher de soleil.

Shiriko se trouvait toujours en train de fixer le soleil couchant quand elle entendit la porte de son bureau s’entrouvrir en grinçant, et sa secrétaire passa la tête à travers l’encadrement.

"Votre cousin est ici pour vous voir, ma Dame," dit-elle.

"Oroki ?" répondit Shiriko, se retournant complètement dans sa chaise, plaçant tous ses papiers en un seul tas. La secrétaire hocha simplement la tête. "Faites-le entrer."

La porte se ferma, puis s’ouvrit à nouveau complètement alors que Bayushi Oroki entrait dans la pièce. Le cousin de Shiriko portait ses éternels manteau noir et masque rouge, et sembla flotter à travers la pièce jusqu’à se tenir devant son bureau.

"Shiriko-chan. Cela fait trop longtemps," dit Oroki, en s’inclinant bas.

"Cousin Oroki. Assieds-toi je t’en prie," répondit Shiriko, tendant la main vers la chaise de cuir noir en face du grand bureau. Oroki s’assit et se pencha confortablement dans le siège. Shiriko croisa les doigts en face d’elle sur son bureau, "Je soupçonne que ceci n’est pas une visite de courtoisie, cousin ?"

Il sourit sous son masque. Derrière toutes ses habitudes mondaines, elle semblait savoir quand aller directement au cœur du problème. "J’ai bien peur que non," dit-il, se penchant en avant. "J’ai le regret de te dire qu’il est un problème si urgent que je dois m’en occuper personnellement, et je ne pourrais sûrement pas assister à ton gempukku."

Shiriko leva un sourcil. "Tellement important que tu ne peux pas en parler à ton futur daimyo ?"

Oroki se raidit un peu à ces mots, un rappel et une légère insulte à la fois. Il inclina la tête en déférence, "Pardonnez-moi, ma Dame. Je suis habitué à parler à mon Père en tant que daimyo."

"C’est compréhensible."

"Shiriko-sama" commença-t-il lentement, "On tue mes hommes au Labyrinthe."

Shiriko se pencha encore plus. "On les tue ?" siffla-t-elle, ses yeux exprimant quelque chose entre la colère et l’anticipation. La jeune femme tendit la main vers certains papiers et tendit une lettre à Oroki, l’invitant à la lire.

"Deux informateurs, nommés par votre père, morts ?" marmonna un Oroki incrédule.

"Hai," dit-elle abruptement, "Crois-tu que ces morts soient liées, cousin ?"

"C’est très probable," répondit-il.

Shiriko se leva, et se tourna vers la grande fenêtre derrière elle. Le soleil était complètement couché, et la splendeur nocturne de l’horizon d’Otosan Uchi était pleinement visible, soulignée par les derniers nuages violets du coucher de soleil.

"Amène-moi ceux qui ont fait ça," dit-elle, sans se retourner, "Je veux les voir brisés devant moi." Elle se tourna vers son cousin. "Tu m’amèneras ces personnes en tant que tribut à ton nouveau Daimyo, Oroki." Sa voix était froide, et ses yeux ne portaient plus rien de l’innocence et de la joie avec laquelle Oroki avait toujours été habitué de sa part. "Et nous en ferons des exemples pour tous ceux qui voudraient tenter la colère du Scorpion."

Bayushi Oroki se leva, et s’inclina très bas. "Hai, Bayushi Shiriko-sama." Il se retourna vers la porte, et s’accorda un grand sourire derrière son masque.


La nuit suivante, Shiriko, sa garde, et les hommes de Tetsugi atteignirent Kyuden Bayushi. Alors que le soleil se levait sur le jour qui verrait Shiriko nommée Champion du Scorpion, la lumière d’Amaterasu s’abattit sur les murs de Kyuden Bayushi, et se répandit à travers une grande fenêtre. La lumière du soleil emplit la pièce lentement, et on pouvait voir la forme de Shiriko méditant, fixant au dehors les plaines et les montagnes devant elle.

Un simple parchemin gisait en face d’elle, l’encre toujours légèrement humide du pinceau à côté de lui. A droite de Shiriko, de l’encens brûlait d’un petit autel à Bayushi. Le plancher de bois de la pièce était nu de tout autre ameublement.

"Ma fille." résonna une voix à travers la pièce.

Shiriko resta immobile. Comme la lumière du soleil remplissait complètement la pièce elle pouvait voir la forme noire vêtue de son père dans le coin. Son masque noir était sur son visage.

Bayushi Dairyu avança doucement au côté de sa fille et la regarda.

On va le voir ! se dit Shiriko, mais elle ne bougea pas.

"Tu as fait la fierté de ton père." Dairyu commença à tourner autour d’elle, fixant les murs et l’extérieur à travers la fenêtre, et Shiriko savait qu’il voyait les choses telles qu’elles avaient été. "L’esprit de ta mère te regarde sans aucun doute de son lieu de repos avec la même fierté." Dairyu s’arrêta, et vint se placer en face de Shiriko.

"Je t’ai amené mon cadeau," murmura-t-il, et il s’agenouilla en face d’elle, afin que leurs yeux soient au même niveau. Dairyu enleva son masque, et Shiriko vit à nouveau le regard plein de sagesse de son père. Son visage anguleux était gâché par la longue et irrégulière cicatrice sous son œil blanchi.

"C’était il y a onze ans aujourd’hui, ma fille..."


Dairyu se tenait dans l’entrepôt vide, surveillant les murs, les fenêtres, et inspectant constamment la porte. "Cinq minutes," dit-il doucement, vérifiant à nouveau sa montre. Au centre du plancher de l’entrepôt, un grand trou était creusé dans le béton, permettant l’accès aux égouts dessous.

Les égouts.

L’Autoroute du Scorpion.

Dairyu ferma ses yeux et marmonna, "Go." Des ombres les plus profondes, des formes vêtues de noir semblèrent se former de la matière des ténèbres elles-mêmes, et se dirigèrent vers le trou sans un son. Un à un les ninjas descendirent l’échelle vers l’Autoroute, laissant Bayushi Dairyu seul avec son appréhension. Ces trois derniers mois, lentement d’abord, des rapports de disparitions d’agents étaient tombés entre les mains de Dairyu. Cela semblait aléatoire au début, jusqu’à ce que le Champion Scorpion se rende compte que tous les Scorpions manquants s’étaient rendu au même endroit dans les égouts.

Une semaine avant, un corps avait été retrouvé. Mutilé presque au-delà de l’identifiable, ce n’était presque plus qu’un morceau de chair et d’os tordus. Quand il fut amener aux Soshi, ils confirmèrent les soupçons de Dairyu. Le cadavre empestait la Souillure, et la salive était identique à celle d’un ogre. Le Champion du Scorpion ne fut pas surpris que quelque chose de l’Outremonde existe encore. Alors que le Crabe et le Phénix avait gardé la majorité de l’Empire de la connaissance du fait que les créatures de Fu Leng n’étaient pas tout à fait éteintes, le Scorpion était loin d’en être aveugle. Ce qui avait surpris Dairyu était le fait qu’un Ogre solitaire ait élu domicile dans une partie très reculée des égouts.

Trois jours avant, Bayushi Dairyu fut visité par un ancêtre dans ses rêves, prédisant un danger à l’horizon. Il parla d’une ère d’épreuve, qui ferait de Rokugan sa proie en ces temps de cécité à la fois au futur et au passé.

Aujourd’hui, le Champion du Scorpion avait mené sa garde personnelle à cette entrée de l’Autoroute sur les ordres de son ancêtre, qui restait anonyme. Dairyu jeta à nouveau un coup d’œil à sa montre, cinq minutes après qu’il ait envoyé ses hommes, et elle s’alluma comme il s’y attendait. Le visage du chef de ses Hommes de Main, Taigo, apparut sur le minuscule écran.

"Nous l’avons trouvé, mon seigneur," murmura-t-il, et l’image se déplaça pour s’immobiliser plus bas dans l’égout humide en direction d’un point de lumière très éloigné. Un feu. Dairyu pouvait deviner quelques os éparpillés autour de la zone, et une large silhouette humanoïde voûtée au-dessus du feu. L’ogre.

Sans un mot, les silhouettes noires se déplacèrent à la limite de la lumière du feu, évitant d’attirer l’attention de la bête jusqu’à ce qu’il soit trop tard. L’ogre n’eut aucune chance, les ninjas attaquant à la vitesse de l’éclair. Alors qu’une paire le distrayait, deux de plus jaillir derrière lui, taillant les larges jambes de l’ogre le long des centres nerveux. Il hurla moins d’une seconde car le cinquième ninja descendit du plafond, fourrant les lames de ses bottes dans son crâne.

Taigo s’avança à l’image et dit, "C’est fait, monsieur. Voulez-vous que je ramène le corps aux labos Shosuro ?"

"Oui," répondit Dairyu, "Prends tes hommes-" Dairyu s’arrêta, sentant une présence derrière lui. Après une vie entière d’entraînement, Dairyu n’eut même pas besoin de sentir l’air bouger. Il savait, tout simplement.

Le Daimyo fit un demi-tour et fut face à face avec quelque chose qu’il pensait n’exister seulement dans les histoires d’horreur pour enfants. C’était une bête de Fu Leng, grande de trois mètres, avec une peau aussi noire que la nuit sans lune. Au-delà de ça, il ressemblait à une caricature tordue du Champion du Scorpion, avec des yeux rouges perçants et le sourire de Fu Leng lui-même.

"Dairyu..." murmura-t-il. "Tu as tué mon enfant..." la voix de la chose semblait portée par un vent rude, et Dairyu eut froid rien qu’en l’entendant. "Mais nous te pardonnerons. Je comprends que tu ne veux que la sécurité de tes propres enfants."

"Qui es-tu ?" murmura Dairyu, et ses yeux se plissèrent alors qu’il étudiait la chose avec une curiosité maladive.

"Je suis ton serviteur, si tu le souhaites..." parla-t-il d’une voix douce.

"Que veux-tu dire ?" demanda Dairyu, mais il connaissait déjà la réponse. C’était un Oni. Un agent du Dieu Sombre, ou un de ses pions. Il proposait à Dairyu d’échanger son âme contre un pouvoir plus grand que dans ses rêves les plus fous. Le Daimyo du Scorpion en savait suffisamment sur Jigoku et Fu Leng pour comprendre au moins cela. Le simple fait qu’un Oni se tenait devant lui, cependant, éclipsait tout cela pour ne laisser place qu’à une question : comment ? Pour autant que le Maître des Secrets en savait, même le Crabe et le Phénix croyaient qu’aucun Oni n’avait survécu à la guerre contre Akuma.

"Monsieur ?" vint la voix de la montre de Dairyu, le sortant de son étonnement.

Dairyu eut un petit sourire, et regarda l’Oni. "Je suis désolé," dit-il, "Je suis un petit peu occupé." Dairyu leva la montre à son visage et dit, "Ramène tes hommes à la maison. Je dois m’occuper de quelque chose d’autre."

Les yeux de l’Oni se plissèrent de confusion, "Que veux-tu dire..." dit-il de sa voix légère et enrouée.

"Je veux dire," grogna Dairyu, "que je suis occupé, bordel !" en sortant une ancienne lame de dessous son manteau et coupant le bras de l’Oni avec. Celui-ci hurla et cria en trébuchant en arrière.

"Jamais !" cria-t-il incrédule, étreignant l’endroit où il avait un bras cinq secondes plus tôt. "Aucune arme de mortel ne peut me blesser, humain !"

"Bayushi était quelque chose de légèrement plus qu’un mortel, démon," dit Dairyu en portant Itsuwari, l’Epée Ancestrale du Scorpion, à la gorge de l’Oni.

La bête feinta sur le côté et Dairyu la frappa, balafrant le torse de l’Oni de la pointe de son katana. Celui-ci pivota, pénétra le périmètre d’Itsuwari, et lança une grande main griffue sur Dairyu, qui ne put esquiver à temps. Le Champion roula sur le côté, minimisant la force de la frappe le plus possible, mais une griffe laboura son visage, de sa mâchoire jusque dans son œil et ses cheveux. Le Scorpion mordit sa lèvre inférieure, retenant un cri dans sa gorge.

Dairyu étreignit la blessure avec sa main libre, et donna quelques coups rapides à l’Oni, le faisant reculer.

"Tu sous-estimes le pouvoir de mon maître, Scorpion," L’Oni siffla et foudroya Bayushi Dairyu du regard. Il se pencha en avant, prêt à frapper le Scorpion blessé.

"Alors nous sommes à égalité," Dairyu sourit. L’Oni laissa échapper un grand beuglement en se déplaçant à nouveau, mais Dairyu vrilla sur la droite, décapitant l’Oni. Alors que le corps tombait en arrière dans la poussière, il sembla perdre forme, et se dissoudre sous la forme de pures ténèbres, disparaissant dans l’air. Alors que l’Oni se dissipait, Dairyu pouvait voir qu’une silhouette encapuchonnée habillée des robes de soie d’un Phénix se tenait à peu près trois mètres derrière l’endroit où la bête s’était tenue.

Dairyu, qui n’était pas plus suffisamment sur ses gardes à son goût, pointa le katana vers le Phénix et dit, "Qui est-tu ?"

Le Phénix s’inclina bas vers le sol, puis se redressa, retirant son capuchon. Un homme avec de longs cheveux noirs et des yeux complètement blancs. "Un guérisseur," dit-il avec une voix ferme, et Dairyu sentit ses jambes commencer à faiblir. Il retira sa main de son œil et vit qu’il perdait beaucoup de sang.

"Qui..."

Le Phénix s’approcha au côté de Dairyu alors qu’il commençait à tomber, et le retint. "Asako Sano," murmura-il, puis il commença à agiter sa main devant la blessure de Dairyu. "Il y a beaucoup de choses au sujet desquelles nous devons discuter..."


Les genoux de Shiriko commençaient à la faire souffrir à cause de la position dans laquelle elle avait été pendant presque douze heures. Du coin de l’œil, elle vit son père revenir dans son champ de vision.

"Sano m’expliqua le retour des bêtes de Fu Leng. Il parla d’une ère d’épreuve, semblable au Jour des Tonnerres il y a si longtemps. Sano me dit qu’il avait été envoyé par l’esprit de Shiba pour me guider." Il s’arrêta et regarda à travers la fenêtre. Une heure était passée depuis le levé du soleil. "Ces dix dernières années, lui et moi avons parcouru Rokugan et d’autres lieux. Nous avons construit un réseau fait d’ombres pour pouvoir lutter le jour où ses prophéties se réaliseront."

Dairyu se plaça à nouveau en face sa fille . "Mais plus que tout, j’ai étudié le passé de Rokugan. L’histoire de ce monde." Il sortit un grand livre de son manteau. La couverture était usée et tachée, et Shiriko sut que c’était le journal de son père. Il le posa devant Shiriko et s’inclina bas.

"Ceci est mon cadeau à la Championne du Scorpion. A ma fille. Mon cadeau est la vérité."

Sur ce, il sortit derrière Shiriko.


La décoration du grand hall rivalisait avec celle du plus grand des festivals Doji. Un grand orchestre jouait dans un coin, et plusieurs tables de banquet étaient dressées pour l’imposante foule qui s’était rassemblée pour voir leur nouvelle Championne couronnée. La cérémonie touchant à sa fin, les Daimyo de chaque famille du Scorpion s’avancèrent et s’agenouillèrent devant Shiriko.

Finalement, l’oncle de Shiriko vint se placer debout en face d’elle. Bayushi Kogeiru retira sans un mot l’Epée Ancestrale de son obi et s’agenouilla, la tendant au-dessus de sa tête penchée à Shiriko. Elle baissa les yeux en prenant l’épée des mains de son oncle, et Kogeiru la regarda avec un soulagement non dissimulé dans ses yeux.

"Avec ceci, la lame du Premier Scorpion," dit Shiriko d’une voix forte et claire, levant Itsuwari au-dessus de sa tête, "Je dirigerai et défendrai ce Clan dans chacune de mes actions et chacune de mes pensées, même au-delà de mon dernier souffle." Prononçant ces mots, elle pensa à son père, qui avait fait la même promesse, et l’avait tenue.

La foule l’acclama, mais Shiriko vit que beaucoup dans l’assistance applaudissaient sans conviction et que certains s’abstenaient de le faire. En rangeant l’épée dans son saya, puis le saya dans son obi, elle fit le vœu que personne ne douterait plus jamais de la puissance de sa famille.


La soirée touchant à sa fin, Shiriko accompagna à leurs confortables quartiers chacun des nobles du Clan, puis prit poliment congé du grand hall. Shiriko traversa silencieusement les grandes pièces de Kyuden Bayushi, se dirigeant vers les escaliers menant vers les tunnels souterrains. La nouvelle Championne traversa le labyrinthe, jusqu’à atteindre une porte de bois de sous laquelle parvenait de la lumière. Shiriko ouvrit la porte et se glissa dans la pièce.

Au centre de la petite salle se trouvait une seule lampe sur une table. D’un côté était assis Bayushi Oroki, portant son manteau noir et son masque au scorpion. Shiriko savait que son cousin souriait derrière l’objet, car en face de lui se trouvait un grand homme, attaché et bâillonné, la peur dans les yeux.

"C’est lui ?" dit simplement Shiriko.

Oroki hocha la tête, "Hai, ma dame. C’est l’homme responsable du meurtre de nos agents."

"Détache-le."

Oroki hésita. Il ne savait pas à quoi s’attendre de la part de Shiriko, mais ceci était quelque chose qu’il n’avait même pas imaginé.

"Maintenant." dit Shiriko, sans détourner ses yeux froids de l’homme.

Oroki hocha la tête et fit apparaître un petit couteau, libérant l’homme de ses liens, et retirant son bâillon. L’homme ne savait pas quoi faire, et examina la pièce, un mélange de peur et de colère sur le visage.

"Ton nom, pourriture." dit Shiriko.

"Retsu." Répondit l’homme, plissant des yeux pleins de défi au Daimyo.

"Retsu." répéta Shiriko. "Tu as tué certains de mes hommes, Retsu. Quand tu lèves la main sur un Scorpion, tu les blesses tous." Le Daimyo du Scorpion tira quelques nœuds de sa robe, et les fioritures et les parties les plus restreignantes de sa mise tombèrent en tas sur le sol. "Si tu veux briser le Scorpion, il faudra me briser moi." dit-elle. Shiriko lui intima de se lever, "T’en crois-tu capable ?"

Oroki observait la scène, comme paralysé. Allait-elle tuer l’homme à main nues ? Il avait su que sa cousine était plus que ce qu’il n’y paraissait, mais c’était bien plus que ce à quoi il s’attendait.

Retsu se leva, s’accroupit, puis chargea Shiriko. La Scorpion plongea avec agilité sur le côté, et à une vitesse hallucinante, frappa ses côtes. Elle tomba sur le sol, roula et se releva derrière lui. "Recommence." siffla-t-elle.

Retsu tenta de lever ses mains en une posture de combat, mais se rendit compte que son bras droit était engourdi. Sans y penser, il bondit en l’air et essaya de porter un coup de pied au visage de la femme.

A nouveau Shiriko ne broncha pas jusqu’à ce que l’attaque ne se trouve qu’à deux centimètres d’elle. Elle plongea très bas, tourna sur son talon et utilisa l’autre pied comme point d’appui solide sur la base de l’épine dorsale de Retsu. L’homme tomba recroquevillé sur le sol, son bon bras heurtant le sol.

Il ne pouvait plus sentir ses jambes.

"Tu as failli." dit Shiriko, le frappant du pied suffisamment fort pour retourner l’homme sur le dos, allongé. "Ainsi que tu aurais du le savoir," Elle leva son talon au-dessus de sa gorge et dit, "Voilà ce que signifie provoquer la colère d’un Scorpion," Elle tourna son regard vers Oroki. "Oroki-san. Dis-moi, que va-t-il arriver à cet homme ?"

Oroki se rassit dans sa chaise et dit, "Nous allons envoyer une de ses mains à l’homme qui l’a employé, et son corps brûlera avec sa maison. Sa famille trouvera des raisons de croire qu’il était un agent des Yogo exilés, et ils se feront peut-être seppuku."

"Emporte ce savoir avec toi en Jigoku, Retsu. Ton ignorance a détruit tous les liens que tu ais jamais eu avec ta famille, et on se souviendra de ton nom avec honte s’il n’est pas simplement oublié." Sur ce, elle écrasa sa trachée de son talon, lui accordant une mort lente.

"Ce sera tout, cousin. Je te remercie," dit Shiriko, après que les tremblements de Retsu se soient arrêtés. Oroki se leva et s’inclina.

Shiriko l’observa alors qu’il rejoignait la porte. "Et Oroki," dit-elle, "Toi et moi savons ce qui s’est réellement passé dans cette pièce cette nuit."

Oroki s’arrêta, sa main sur la porte. Elle savait pensa-t-il. Elle savait que j’avais préparé tout cela comme une épreuve, mais elle a quand même joué le jeu.

"Il est bon de savoir que j’ai la confiance de mon cousin maintenant," dit-elle. "Tu peux partir."

A suivre...



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