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Rokugan 2000

Le Père (parallèle à l’Empire de Diamant, épisode 3)

Ombres et acier

dimanche 27 décembre 2009, par Tetsuwa

Une histoire de l’Empire de Diamant,
par Seth Mason,
traduit par Tetsuwa

Les portes du grand parc d’attraction se fermaient alors que les derniers visiteurs sortaient. Un papier s’envola, soufflé par le vent. Il passa devant une silhouette immobile dans l’ombre. Elle était quasiment invisible avec son corps habillé en noir et son masque lisse couvrant son visage. Les seuls signes distinctifs apparaissant étaient les yeux rouges du masque, et le mon du Scorpion sur son épaule.

Lorsque le papier retomba sur le sol, la silhouette avait disparue.


Oroki s’appuya sur le dossier de son siège et tambourina avec ses doigts sur son bureau. Il regarda autour de lui les multiples reflets des miroirs de son bureau, puis laissa échapper un léger soupir. Le jeune homme regarda la petite note dans ses mains, et pensa, Cela ne s’est jamais passé comme cela. Le Scorpion ne devrait jamais être surpris. Oroki reposa la note sur son bureau et dit, "Zou, amenez-moi les comptes-rendus de la semaine." Zou acquieça simplement son masque en forme d’éléphant. Le garde ouvrit la porte et sortit, laissant le silence s’installer dans le bureau d’Oroki.

"Oroki, il faut que l’on parle."

Oroki leva la tête, et vit les reflets d’un homme de grande taille vétu des robes de Ninja Bayushi. Instinctivement, sa main glissa sur son arme cachée sous son kimono.

"Oroki, reste calme. Je ne veux pas de violence." La voix de l’homme semblait venir de chaque miroir de la salle. Oroki dut se retenir de regarder de droite à gauche dans la salle comme un idiot. Pour une fois, il était confus et pris par surprise. Il appéciait à sa façon cette nouvelle expérience.

La porte s’ouvrit soudainement. Les reflet bougèrent, révélant la véritable position de l’intrus. Zou se tenait dans l’encadrement de la porte, un pistolet pointé sur la tête de l’homme.

"Je ne sais pas qui vous êtes," commença Oroki de derrière son bureau, "mais je vais m’assurer de savoir exactement comment vous êtes arrivé ici," son sourire semblait se transformer peu à peu en poison, "mais seulement après que vous ayez hurlé le nom de votre mère, et supplié que l’on vous tue." Oroki regarda le masque de l’homme, lisse avec deux yeux rouges peints. Il reconnut le dessin. Non, pensa-t-il en un instant, cela ne se peut pas.

"Oroki," dit calmement l’étranger, en hochant la tête. Oroki leva un sourcil, et la figure masquée bougea. Avec une vitesse quasiment surnaturelle, il tordit ses jambes et son torse pour s’abaisser, puis revint en position juste après que Zou ai tiré une balle qui aurait dut traverser ses tempes. La silhouette saisit ensuite Zou par la nuque avec une main, et de l’autre main, il effectua une étrange clé de poignet pour bloquer le bras d’arme de Zou. "Nous allons parler," termina-t-il.

Zou lutta contre la poigne du ninja. "Ne tente rien, garde du corps," murmura-t-il. "Avec une simple torsion," il fit glisser ses doigts sur le bras de Zou, et le pistolet pointa le visage d’Oroki, "je peux réaliser tes pires cauchemars."

La fraction de seconde séparant le mouvement du ninja et la torsion du bras de Zou était tout ce dont il avait besoin. Oroki se jeta au sol, dégainant son pistolet. Le jeune homme tira trois balles en direction des deux hommes. Oroki ne se géna pas pour Zou. Son boulot était de gérer ces situations, et il avait échoué. A la surprise d’Oroki, le ninja bougea le corps de Zou de manière à ce qu’une balle se loge dans l’épaule de Zou plutôt que dans son poumon. Les deux autres s’écrasèrent sur le torse du ninja avec un bruit mat.

"Je suis venu te prévenir, mon neveu," dit l’homme, visiblement peu affecté pars les balles. "J’ai veillé sur cette famille tous les jours où tu pensais être tranquille. J’ai vu ce que tu as fait avec la position de ton père en mon absence. Tu gaspilles le peu qui nous reste, garçon, et c’est inexcusable."

"Comment osez-vous..." commença Oroki.

"Je suis Scorpion ! Je suis le descendant direct de Bayushi, celui qui ose tout !" L’homme s’arrêta et ajouta, "Je suis loyal envers mon empereur, comme l’était le premier Scorpion. Toi, jeune décadant, tu n’es pas en position de me questionner."

Oroki aquiesça presque inconsciemment. Il s’arrêta et demanda, "Que voulez-vous de moi, alors ?"

"N’essaie pas de te venger du Dragon, neveu," poursuivit-il.

"Me venger ?" demanda Oroki, puis il aquiesça. "Hatsu," dit-il simplement.

"Le jeune Kitsuki sert bien l’empire. Il suspecte aussi ce que toi et moi savons au sujet de l’implication de ton frère dans ton ancien trafic." Le ninja s’arrêta une seconde, attendant une réponse du jeune Scorpion. Oroki ne lui donna pas ce plaisir. Le ninja continua, "Occupe-toi de lui comme un vrai Scorpion, et pas comme un minable criminel. Arrête ta vendetta contre lui. Nous allons tous avoir besoin de sa force et de ses talents."

Oroki pencha sa tête. "Arrêter ?" demanda-t-il, un peu confus. Il avait beaucoup de plans pour détruire Hatsu, il n’en avait pas encore lancé un seul. "Que voulez-vous dire ?"

Le ninja resta silencieux pendant un instant, comme s’il prenait une décision. "Très bien," dit-il.

"Pourquoi êtes-vous ici ?" demanda Oroki.

Le ninja bougea de nouveau sa main, et Zou tomba sur le sol, inconscient. "Je suis ici pour empécher un terrible désastre, garçon." Il marcha lentement vers le jeune homme. "Je suis ici pour t’empêcher de suivre une voie qui pourrait bien te détruire, ainsi que notre clan, et cet Empire." L’homme se tenait debout juste en face d’Oroki. "Tu ne vois pas encore le piège dans lequel nous nous trouvons. Quitte cette voie de corruption sur laquelle tu chemines. Remets tes capacités au service de l’Empire..."

Oroki sentit tout à coup sa tête tourner. Les limites de son champ de vision devinrent flous. La dernière chose qu’il vit avant de perdre conscience fut l’homme retirant son masque noir. La chose qu’il vit fut le visage de son oncle mort...


Une sonnerie reveilla Oroki en sursaut. Son coeur battait trop fort dans sa poitrine. Il regarda nerveusement autour de lui dans son bureau. Les miroirs renvoyaient son image. Il était assis dans son fauteuil, dans son bureau. La sonnerie retentit à nouveau, et Oroki reconnu la tonalité de son interphone. "Oui ?" dit-il en pressant le bouton.

"Monsieur, est-ce que tout va bien ?" C’était Zou. "La porte de votre bureau est fermée. Je ne peux pas entrer."

Oroki appuya sur un autre bouton, et un cliquetis résonna dans la salle. La porte s’ouvrit et Zou entra précautionneusement. "Tout va bien, Zou." Oroki le regarda pendant une seconde, puis dit, "Zou. Retire ton masque." L’homme puissamment bâti le fit sans poser de question, et Oroki fixa ses yeux. Rien. Il n’y avait aucune trace de stress, à part celui causé par la porte fermée. Rien du tout. "Ce sera tout, Zou. Retourne à ton poste." Zou remit son masque, s’inclina profondément, puis partit.

Oroki se réinstalla dans son siège. Un rêve ? se demanda-t-il. Aurait-il été visité par l’esprit de son oncle mort ? Il permit à son esprit de se replonger dans les souvenirs de son enfance, lorsque Bayushi Dairyu lui lisait des histoires sur les Kamis, sur les ancêtres, sur Seigneur Lune et Dame Soleil. son regard fit de nouveau le tour de son bureau. Tout se saura en temps et en heure. Un sourire apparut sur ses lèvres. Rien ne peut être dissimulé au Scorpion patient.


La silhouette silencieuse traversait rapidement les toits. Le temps ne s’arrête pas. Même pour les hommes morts, pensa-t-il. Comme il passait au dessus de ruelles, il distingua un mouvement dans une allée. Le ninja regarda rapidement dans la direction, et ajusta le réglage des lunettes de son masque.

Alors que l’image se précisait, il vit une monstrueuse silhouette insectoïde se déplacer dans l’allée. Le tetsukami finissait d’affiner l’image lorsque la silhouette se transforma en une aura lumineuse. Son champ de vision fut rempli par un soudain flash lumineux, et il n’eut plus aucune indication depuis ses lunettes. Il jura à voix basse, arracha son masque. Son regard perça les ténèbres de l’allée. Il n’y avait aucune trace de ce qu’il avait distingué. Il regarda l’horizon, notant la position de Seigneur Lune. Plus très longtemps pensa-t-il. Il repartit et arriva rapidement aux petits batiments terminant le bloc.


"Hendo." L’appel fit se retouner le vieux Shosuro. Il vit un homme qui se tenait dans l’entrée. Au travers de la pièce sombre et poussièreuse, des tables étaient couvertes de micro-puces et de détritus.

"Ahhh. Nous revoila, mon élève," sussura le vieil homme alors que sa barbe blanche ondulait sur som visage comme un serpent. "Tu sais," dit-il en se retournant vers sa table, "je n’ai pas cru un instant que tu étais mort. Non." Il amena un circuit imprimé sous un microscope géant. Le mouvement souffla plusieurs débris de la table. "Pas un seul instant." Il se retourna vers la silhouette sombre et sourit, "Pas mon élève. Jamais."

Le ninja s’inclina devant le vieil homme, puis vint s’agenouiller tranquillement derrière lui. "Je ne suis plus l’homme que tu as connu, senseï. Je suis simplement Père."

"Bah," dit le vieil homme. Le ninja vit que son oeil gauche était touché par la cataracte. Les années commençaient à marquer son senseï. "Tu seras toujours Petit Renard Calme. Celui qui ne me posait jamais de question, car il était trop intelligent pour son propre bien !" sussura-t-il de nouveau.

"Senseï, je dois te demander une faveur," dit Père en tendant le masque à Hendo. "Le système optique ne fonctionne plus, et je veux savoir pourquoi." Le vieil homme prit le masque des mains de Père et balaya les gadgets proches du microscope. Il glissa le masque sous l’objectif, et l’observa de son oeil valide. Hendo grommela et émit d’autres bruits étranges pendant son inspection.

"Humm..." il murmura, "Tu as perdu le tetsukami." Les tetsukamis étaient des esprits mineurs, parfois incorporés dans les instruments Shosuro. Ils permettaient de remplacer une source d’énergie. Le vieil homme dit, "Il semble qu’on l’ait enlevé... non... il s’est enfui." Hendo leva les yeux, et se dit : "Pourquoi ?"

Réalisant que le vieil homme était perdu dans ses pensées, Père s’arrêta, essayant de résoudre le problème posé par le masque. "Oui, senseï ?" demanda-t-il à tout hasard. Hendo s’allongea sur la table pour arracher un moniteur du fouillis entassé dans un coin. Il brancha le moniteur sur le masque puis sur une petite batterie. "Je vais récupérer la dernière image captée par les lunettes," murmura le vieil homme pendant que l’écran s’allumait. L’image était floue, comme se rappelait Père. L’allée était claire, mais la grande silhouette se trouvait dans l’obscurité. On distinguait à peine son apparence insectoïde. Hendo murmura, puis grommela en tournant de petits boutons pour augmenter la luminosité et le contraste de l’image. Une minute plus tard, Hendo fixait l’écran. La créature était aussi nette que si elle s’était trouvée devant lui.. "Je ne comprends pas..." murmura-t-il pour lui-même. "Qu’est-ce qui a fait fuir le tetsukami ?"

"Père fixa l’image, maintenant parfaitement claire sur l’écran. Il l’avait déjà vue. Il s’avança derrière Hendo, puis, comme il l’avait fait un millier de fois alors qu’il apprenait aux pieds du vieil homme, Père regarda le plafond.

Une grande fresque était peinte sur le plafond. Elle représentait la légendaire bataille contre Fu Leng, le jour de Tonnerre. Père avait passé tant de temps à regarder l’image qu’il en connaissait chaque détail, chaque guerrier, chaque créature, chaque brin d’herbe. Son regard errait sur l’endroit où se trouvait le mort-vivant connu sous le nom de Yogo Junzo. Autour de lui s’assemblaient sa garde d’honneur : cinq grands Onis.

Le regard de Père oscilla entre l’écran et la peinture. Il savait que Hendo ne pouvait plus que distinguer la fresque. Le ninja essaya quand même : "Senseï," dit-il calmement, "Quel est le nom de l’Oni à la gauche de Junzo ?"

"C’était la terreur élémentaire du Vide, mon enfant. Akeru."

Père regarda à nouveau sur l’écran le double parfait de l’Oni se trouvant à la gauche de Yogo Junzo.

A suivre...



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