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Rokugan 2000

La Guerre des Ombres, chapitre II

Les Ténèbres se lèvent

dimanche 27 décembre 2009, par Daidoji Kyome

Par Aaron Medwin
Traduit par Mirumoto Musachi
Relecture et corrections par Daidoji Kyome

"Tu es sûr que ton père s’en sortira gamin ?" Voix Senpet.

"Bien sûr, c’est un Crabe." Un proche... oui, c’était Matsuro. Yasuki Punu reprenait peu à peu conscience.

"Il ne m’en donne pas l’impression."

"Il n’est pas un guerrier. Je suis le seul guerrier dans la famille maintenant."

"Que s’est-il passé ?"

"Mère est morte, tuée par un oni."

"Oh, désolé." Un silence. "C’est un joli flingue que tu as là."

"C’est un pistolet Yasuki .33. Il est chargé avec des perles Naga. Trois coups de cet engin, et la plupart des oni n’auront plus assez de cervelle pour savoir ce qui les a touché."

"Les oni ont un cerveau ?"

"Je pense. Je sais que certain en ont un."

"Bien, c’est un bon plan, gamin. Détruire le mal. Tu as d’autres munitions de ce genre ?"

"Non. Je dois toutes les garder pour défendre mon père."

"Il en a de la chance. Tu t’en sors bien avec ce truc. Tu m’as touché deux fois, juste ici."

"Wow."

"Surpris ?"

Les yeux de Punu s’ouvrirent lorsqu’il redevint conscient. Les mouvements autour de lui, il était dans un camion ou quelque chose comme ça. Des soldats... c’était un transport de troupes. Il se trouvait sur un lit pliant, Matsuro et le Senpet, Asoth Hotep, étaient assis à ses côtés. Il soupira. La guerre allait être longue. Il se demandait s’il pourrait revoir son village un jour.

Papa, Asoth m’a montré plein d’armes Senpet géniales. Il y avait ce flingue, monté au-dessus du siège du conducteur, il peut tirer cent fois par minutes ! Ca serait génial si les munitions en perle pouvaient être utilisées dessus."

Levant la main pour calmer son fils un peu trop enthousiaste, il demanda "Où est Shiniko ?"

"Elle va bien." Il la désigna du doigt, elle dormait d’une façon comique, enroulée dans des draps sur les genoux de deux des plus grands soldats qu’il n’avait jamais vu.

"Bien." Il regarda le Senpet. "Sergent, où allons nous ?"

"Yasuki-sama, nous vous amenons à notre base, juste de l’autre côté des Montagnes du Crépuscule. De là-bas vous pourrez aller où bon vous semble."

"Les Montagnes du Crépuscule ? Est-ce que la guerre va-" Punu fut surpris, et commença à paniquer.

"J’en ai bien peur." Le Senpet fronça les sourcils. "Ces démons nous posent pas mal de problèmes."

Matsuro s’écria, "Dans ce cas, prenez moi avec vous ! Je peux les combattre !"

"Certainement pas, jeune homme. Cette guerre ne change rien au fait que tu es toujours mon fils, et tu n’as toujours pas passé ton gempukku. Tu restes avec moi jeune homme." Punu ne voulait pas perdre un autre membre de sa famille.

"Tu devrais écouter ton père, petit. Il a raison." dit Hotep.

"S’il vous plaît, Asoth, laissez-moi parler avec mon père en privé." Matsuro semblait presque adulte. Hotep se leva et alla dans la cabine du pilote. "Père, c’est la guerre. C’est le plus gros événement de ces cinq cent dernières années ! Je suis un Crabe. Un guerrier du Clan du Crabe."

"Non, pas encore."

Ignorant son père, Matsuro continua. "Je peux faire remonter ma lignée jusqu’à Hida Yasamura. Mes ancêtres m’interdisent de ne rien faire. Mon ennemi est dehors, et c’est mon devoir de le combattre pour protéger Rokugan. Neuf cent ans de sang Hida m’obligent à agir quand viennent des temps troublés. Je suis un Hida, père, et peu importe mon nom de famille. ’Vingt millions d’âmes périraient si je devais faiblir.’ Ca c’était il y a mille ans. Maintenant ça serait plutôt deux cent millions. M’empêcheras-tu de les défendre, d’accomplir mon devoir ancestral ?" Il regardait son père avec le même regard que sa mère.

Et, à ce moment, Punu vit sa bien-aimée dans les yeux de son fils. " Mon fils..."

"Je dois le faire, père. Et je le ferais, même si tu me l’interdis."

"Mon fils..." Punu essaya à nouveau.

"Mère m’aurait laissé faire."

"Mon fils, tu partiras." Matsuro sourit, un grand sourire, et prit son pistolet. "Mais n’oublie jamais que ton père est un Yasuki. Je ne te laisserai pas partir à la guerre avec un simple pistolet et sans armure."


YogoTech était une énorme compagnie située dans un complexe de sept bâtiments se trouvant à quelques kilomètres au sud de Shiro Yogo. En deux ans, elle était passée du statut de petit fabricant de radios à celui de multinationale. La découverte ayant conduit à ce changement était un projet des Isawa appelé "Tetsukami", littéralement esprits de fer. Le fruit de la magie et de la technologie permettait de développer des produits très performants à coût réduit. Les Isawa avait joué avec pendant un petit moment, mais ce sont les Yogo qui comprirent leur intérêt économique et qui commencèrent le commerce des produits les plus simples.

Un des génies derrière les récents progrès était Yogo Hacharui, un homme entre deux âges ayant étudié les arts magiques chez les Isawa. Il ne cherchait ni la richesse, ni la puissance ou la gloire mais de grands espoirs étaient placés en lui, et il les a comblé.

Il n’avait pas beaucoup de visiteurs, en fait, il ne voyait vraiment personne, sauf son apprentie, la délicieuse Iuchi Arumiko. Donc, quand il appris que quelqu’un demandait à le voir, il fut surpris.

Il ouvrit la porte pour saluer son invité et voyagea dans le passé momentanément lorsqu’il vit son ancien partenaire Yasuki Punu.

"Punu-san," Hacharui s’inclina. "Je suis honoré par votre présence."

Punu s’inclina à son tour. "Hacharui-san, ça fait du bien de vous revoir."

"C’est réciproque." Se tournant vers son apprentie, Arumiko, il dit "Arumiko, excuse-moi pendant que je parle à mon vieil ami Punu-san." Elle acquiesça silencieusement puis quitta la pièce par la porte arrière du laboratoire.

"J’ai bien peur de ne pas être venu pour plaisanter, Hacharui-san. J’ai besoin des meilleurs armes et armures que tu possèdes." Rapide et précis. C’est comme ça qu’il faut marchander avec un corporatiste.

Hacharui fronça les sourcils, "Punu, vous savez bien que je ne fabrique pas ce genre de choses." Il indiqua un siège à Punu et ils s’assirent, se retrouvant l’un en face de l’autre.

"L’armée du Scorpion s’est développée, Hacharui, grâce aux tetsukami. Les armées de votre clan rivalisent avec celles de la Licorne car chacun de vos hommes dispose de suffisamment d’équipements pour raser un village. A lui seul." Punu regardait le Scorpion droit dans les yeux. "Vous pouvez le nier aux autres personnes, mais je sais à quel point vous êtes brillant ; vous avez forcément participé à son développement."

"Beaucoup d’entre nous y ont participés, Punu. Je ne peux pas-"

"Vous pouvez me trouver une armure et assez d’armes et de matériel pour équiper un soldat pendant trois mois."

Hacharui observa l’homme en face de lui. Punu n’etait pas un jeune homme, et bien qu’il ne soit pas vieux il n’était pas suffisamment résistant pour supporter seul les rigueurs de la guerre. "Non. Je ne vous aiderai pas à vous tuer de cette façon." C’était une insulte bien calculée.

Punu plissa ses paupières. "L’équipement est pour mon fils. Il va combattre les démons qui ont tués sa mère, avec ou sans votre aide. Et je lui ai promis... Je pourrais payer."

"Je sais que vous le pouvez."

"Alors où est le problème ? Donnez-moi le matériel !"

"Je ne peux pas le faire dans l’immédiat. Donnez-moi cinq jours."

"La légion dont fait partie mon fils partira dans quatre jours. Il doit avoir l’équipement avant."

Hacharui soupira. Punu y vit une opportunité et insista. "Je considérerais cela comme... une faveur."

Hacharui souleva un sourcil. "Dans ce cas, mon ami, marché conclu. En partant du fait que notre ami Kurichiki ne s’y opposera pas."

"Il ne fera pas d’histoire, je sais comment lui parler."


"Non. Je ne suis pas d’accord." Le ton de Kurichiki était sans équivoque.

"Daidoji-sama, c’est très important. La vie de mon fils en dépend." Punu savait que la situation ne se passait pas comme prévue. Il avait appelé le Superviseur quelques heures plus tôt, et son appel lui avait été finalement renvoyé. Ils ne parlaient que depuis cinq minutes et Kurichiki avait déjà refusé la transaction.

"Je m’en moque complètement. Je ne vous laisserai pas dépenser l’argent de votre famille de façon aussi égoïste. Effort de guerre ou non, ce n’est pas la peine d’insister." dit Kurichiki. "J’essaye d’être raisonnable et vous ne m’aidez pas."

"Avez-vous un fils ?"

"Je ne vous autoriserai à dépenser tant d’argent pour un seul soldat. Et comme vous êtes son père, vous êtes tout spécialement incompétent pour prendre de telles décisions."

"Avez-vous un fils ?" Punu devenait de plus en plus insistant.

Kurichiki soupira. Ce Yasuki devenait vraiment ennuyeux. "Non. Ma femme et moi n’avons pas eu cette chance."

"Dans ce cas vous ne savez pas de quoi je parle. Je me suis retrouvé en enfer et on m’en a ramené, j’ai perdu ma maison, mon village, mes terres... et ma femme... Je ne veux pas perdre mon fils. Vous allez autoriser cette transaction." Punu savait qu’il n’avait aucune emprise sur le Daidoji, mais il devait essayer.

"Gouverneur Yasuki Punu, votre requête est acceptée." Kurichiki parla rapidement et doucement.

"Quoi ?" dit Punu.

"Je me suis renseigné et j’ai étudié vos finances sur les quatre dernières années. Vous avez fait pas mal de profit, et la différence entre votre village et le second plus productif de même taille suffit aisément à payer votre égarement." Kurichiki mentait, ce n’était pas vrai, mais il savait ce que cet homme troublé voulait entendre. Il voulait entendre qu’il faisait du bon travail et qu’il pourrait y retourner avant les autres réfugiés. Il voulait entendre que quelqu’un de plus haut placé approuvait ses décisions. Il voulait entendre que son fils serait bien équipé. Et puis le prix de l’armure et des armes était insignifiant.

"Kurichiki-sama, je vous remercie." Punu était un peu surpris mais il arriva à utiliser les mots appropriés.

"Dans ce cas, bonne journée Punu-san, j’ai du travail à terminer. Essayez de ne pas vous faire remarquer à l’avenir."


Elle faisait un rêve agréable. Née au sein d’une famille Shiba de haut rang, elle avait endurée l’entraînement mental le plus fatiguant qu’avait à offrir l’Empire, elle rêvait donc rarement. Et ses rêves n’étaient pas souvent des plus agréables. Toutefois, celui-ci en était un. Elle rêvait qu’elle était une petite fille et qu’elle jouait avec son papa. Papa ne s’occupait pas beaucoup d’elle, mais dans son rêve elle accaparait tout son attention. Il ne parlait même pas aux Voix Invisibles. Tout d’un coup les brumes du rêve s’effacèrent, et elle réalisa qu’il n’avait jamais arrêté de leur parler. Il ne s’occupait jamais d’elle. C’est alors qu’elle se réveilla.

C’était une adulte, et elle était le Capitaine de la Garde d’Honneur Shiba. Et elle n’avait pas besoin de son ’papa’.

Le téléphone à côté de son lit sonna, elle se leva pour répondre et regarda l’horloge. L’heure du kami déchu, Fu-Leng, venait juste de commencer - il était trop tôt pour que ce soit anodin, cela ne pouvait être qu’un cas d’extrême urgence.

Elle décrocha le téléphone. "Konyo."

"Capitaine-sama, il y a un problème. L’Outremonde a envahi Kyuden Isawa."

Elle quitta la pièce en moins d’une minute avec tout son armement.

Arrivant aux baraquements de ses hommes, elle commença à donner ses ordres. "L’Outremonde nous a blessé, oui, même à cette distance. Il est temps de les attaquer vite et fort. Economisez le jade pour plus tard, mais gardez-le à portée de main, juste au cas où. Je veux trois escouades. Chiru et Jobu seront vos supérieurs, je prends le commandement de la première. Une fois là-bas, faites évacuer le plus de monde possible. Nous attendons des renforts du Conseil, mais Takige n’est pas là-bas, donc ils ne feront aucun rituel." Elle déroula une carte du kyuden et désigna d’autres entrées. "Chiru, avec votre équipe, allez nettoyer les égouts. Jobu, vous et votre escouade, vous passez par l’entrée arrière. Nous nous dirigerons vers la chambre du Conseil, et aviserons à partir de là. Des questions ? " Silence. Un regard rapide sur ses hommes lui confirma qu’ils allaient donner le meilleur d’eux-mêmes.

"Il nous faut un minimum de pertes, Shiba. C’est une longue guerre qui se dresse devant nous et je ne veux perdre aucun d’entre vous. Il y aura d’autres combats après celui-ci, et ceci suffisamment tôt." Konyo fit un signe de tête à ses hommes, qui s’inclinèrent pour la saluer. Elle savait qu’ils la suivraient jusqu’aux portes de Jigoku si elle le leur avait demandé, encore plus si la mission était de protéger les Isawa et le Conseil. Les Shiba n’ont jamais oubliés le Voeu du Kami.

"Nous traverserons la Résurrection dans vingt minutes. Rompez." La Résurrection de Shiba était une énorme arche, basée sur une ancienne magie des Licornes, qui permettait de voyager instantanément vers n’importe quel endroit du monde. L’artefact était difficile à utiliser, et coûteux, mais cela avait marché. En cas d’urgence, le coût n’était jamais assez élevé.


Punu avait regardé son fils partir avec les Senpet, puis était retourné dans la petite maison que lui et sa fille Shiniko occupaient, depuis l’invasion de leurs terres et la destruction de leur maison.

Shiniko se reposait sur son futon. Sa respiration était calme, et elle semblait si tranquille. Il ne la dérangea pas lorsqu’il marcha vers la table pour se servir du thé. Il prit une tasse et se dirigea vers sa fille. Il s’assit à ses côtés et regarda sa nouvelle demeure.

La maison n’était pas vieille mais elle avait été construite dans un style ancien toujours à la mode. Même si les murs en papier de riz avaient été remplacés par du plastique mince, le bois traité était chimiquement afin de ne pas brûler rapidement et les était lanternes électriques, mais l’atmosphère était la même qu’il y a neuf cent ans. Il respira les émanations de son thé et soupira.

Shiniko toussa puis s’assit.

"Papa ?" Elle n’ouvrit pas beaucoup les yeux mais étira son cou pour être en face de son père.

"Oui ?" Il posa son thé puis la prit dans ses bras.

"Je ne me sens pas bien, j’ai mal au ventre." dit-elle en faisant la moue.

"Tu vas bien, Shini-chan. Ta mère doit simplement te manquer." Il la berça doucement. "Laisse-moi te raconter une petite histoire, tu iras mieux après."

Son visage s’illumina. Elle adorait les histoires de son papa.

"Il était une fois un samurai astucieux du nom de Wushu. Il servait la Grande Carpe, un kami d’Umi Amaterasu, qui n’était pas aussi importante qu’aujourd’hui. Un jour, alors qu’il poursuivait sa quête pour servir son kami, Wushu trouva un cours d’eau immobile. Il demanda au kami du ruisseau, ’Qu’est-ce qui ne va pas ? Pourquoi ne coulez-vous pas ?’ Sais tu ce que le kami lui a répondu ?"

Shiniko fit non de la tête.

"Le cours d’eau lui répondit qu’il était seul. C’était un tout petit ruisseau et, vois-tu, personne ne naviguait dessus. Wushu acquiesça et sympathisa avec le pauvre ruisseau, mais il ne pouvait rien faire pour l’aider. Alors il continua de marcher. Il arriva en face d’un énorme rocher. Il était vraiment, vraiment énorme. Il ne pouvait pas bouger et avait très soif. Quand Wushu voulut parler au rocher celui-ci refusa de lui répondre car sa bouche était trop sèche. Wushu continua alors de marcher. Il grimpa sur une grande colline et quand il arriva à son sommet, il vit un petit caillou. Celui-ci pleurait car il ne pouvait rien faire. Il se trouvait petit et inutile. Wushu réfléchit pendant quelques minutes puis expliqua au caillou son plan. Il allait l’utiliser pour déclencher une avalanche qui pousserait le rocher dans le ruisseau ce qui détournerait le cours d’eau vers l’Umi. Le caillou accepta de l’aider. Wushu lança le caillou qui en poussa d’autres sur son chemin. Le caillou et ses amis continuaient de descendre la colline où ils rencontrèrent de plus gros amis cailloux qui se joignirent à eux. Les amis les plus gros rencontrèrent des cailloux encore plus gros et en arrivant en bas de la colline le gros rocher vit des cailloux de toutes tailles foncer vers lui. Ils le poussèrent dans le cours d’eau où il but un bon coup. Il avait vraiment très soif, après tout. Le ruisseau fut détourné et arriva à l’Umi. Le fleuve devint plus gros et la Grande Carpe était très, très contente. Tu connais la morale de cette histoire ? "

"Uh uh."

"N’importe qui peut être utile, même le plus petit des cailloux." Il ajusta ses cheveux. "Tout ira bien Shiniko, tu vas grandir et deviendras une femme intelligente qui pourra m’aider."

"Okay papa. Je suis fatiguée, j’aimerais dormir afin de t’aider plus tard." Elle grandissait si vite.

Elle s’allongea sur son futon et replongea dans le sommeil. Toutefois, Punu savait qu’elle était malade. Il toucha son front et sentit qu’elle avait de la fièvre. Il irait trouver un docteur dans la matinée.

Il s’endormit en se demandant qui il pourrait trouver pour aider Shiniko.


"Uhh.. Capitaine, il n’y a rien d’étrange ici." Trois unités de la Garde d’Honneur Shiba se trouvaient dans la cour de Kyuden Isawa. Ils regardèrent autour d’eux, confus. L’appel au secours avait été confirmé et pourtant, le château était toujours là, intact.

"Restez sur vos gardes, ne relâchez pas votre attention. Je vais vo-" Konyo s’arrêta et vit le Maître de l’Air, Isawa Takige, qui marchait vers elle. Il se déplaçait rapidement, et sans l’air dominateur qu’ont les Isawa lorsqu’ils s’entretiennent habituellement avec les Shiba. Toutefois, il y avait en lui une élégance qui semblait être une seconde nature pour lui, et même en situation d’urgence, il semblait irradier d’une influence apaisante.

Elle se posta devant le shugenja et s’agenouilla. "Nous... Nous pensions qu’il y avait une incursion de l’Outremonde ici, Sama."

Takige acquiesça. "Konyo-san. Il est bon de vous revoir." Il souhaita la revoir, juste une seule fois, dans des circonstances plus plaisantes. Quoique, il pourrait lui parler, et peut-être... non. Aucune distraction. "Les autres Maîtres l’empêchent de grandir, ça ressemble à une déchirure de l’espace... Et apparemment nous ne pouvons pas la détruire. Nous avons pensé que vous pourriez nous aider. Vous et vos hommes détruiriez ce qui en jaillirait pendant que le Conseil cherche un moyen de la refermer. Nous, et bien, nous avons besoin de Hokori pour les recherches, il connaît l’Outremonde mieux que quiconque et est le seul qui puisse refermer la déchirure. "Il désigna du doigt un point situé sur l’enceinte extérieure, où on pouvait y distinguer une petite lumière.

Elle s’inclina devant le Maître puis se tourna vers ses troupes. " Vous avez entendu le Maître. On y va, maintenant !"

Ils n’avaient pas attendu la fin de ses ordres qu’ils étaient déjà en train de courir vers les escaliers pouvant les mener aux murs.

Elle allait partir quand Takige lui attrapa le bras. Elle se tourna vers lui mais il se contenta de faire un rapide mouvement de la main. Soudain, ils se trouvaient sur le mur, aux côtés du Maître de la Terre. "Il y a des moyens plus rapides que les pieds, Capitaine." Elle se contenta d’un grognement pour toute réponse.

Isawa Hokori, le Maître de la Terre entre deux âges et bedonnant se trouvait là, empêchant la déchirure de grandir. Le visage du tensai exprimait un immense effort. Le trou n’était pas large, pas plus de trente centimètres, et avait la couleur d’un brouillard opaque. Les trois Phénix étaient nerveux.

Konyo regarda derrière elle, les Gardes ne devraient pas tarder, et il n’y avait aucun moyen de savoir ce qu’ils allaient affronter.

"Konyo...chan." Hokori parlait sans desserrer les dents. La tension se lisait sur son visage et son corps entier tremblait à cause de l’effort fait pour résister aux avances de Jigoku.

La bataille se déroulait mal. Tsuke se tenait sur le parapet de Kyuden Isawa, et riait. Un feu impie jaillit de ses mains et se jeta sur les bibliothèques en dessous de lui. Une destruction d’une telle puissance... d’une telle échelle... Jigoku était amusé.

Konyo fut troublée. Qu’est ce qui s’est passé ? Tsuke ? C’était il y a un millénaire, pourquoi pensait-elle à ça maintenant ? Comment pouvait-elle voir un événement auquel elle n’avait pas assisté ? C’est alors qu’elle compris, Jigoku lui envoyait ces images par l’intermédiaire de la déchirure.

"Préparez vos armes !" cria-t-elle, et trente pistolets enchantés se pointèrent droit sur la déchirure.

Elle fit un signe de tête à Hokori et il abandonna sa concentration. Il se retourner pour courir à toute vitesse entre les bushi afin de se mettre à l’abri. Dès que Hokori abandonna sa concentration, la déchirure explosa pour atteindre la taille d’un cheval, et des tentacules de ténèbres apparurent et attrapèrent Hokori et Konyo pour les entraîner à l’intérieur de celle-ci.

Les Gardes d’Honneur Shiba firent feu, mais en vain, le portail se referma. Hokori et Konyo avaient disparus.

Alors que les flammes de Tsuke ravageaient les bibliothèques Isawa, le tensai remarqua un petit trou ouvert. La destruction qu’il causait avait attiré l’attention de Jigoku. Un jour, le noir héritage laissé par Tsuke reviendrait hanter le Clan du Phénix. Encore plus de destruction. Tsuke n’y fit pas attention puis recommença à lancer ses flammes impies.


"’L’Akasha l’a décidé et les humains l’ont observé. L’Oeil Pâle et le Brillant ont vus leurs enfants du Peuple et les Humains unis, alors le Pacte est né. Aucun Naga ne tuerait un humain, et aucun humain ne causerait la mort d’un Naga. Les Vipères apprirent la nouvelle et furent ravies d’avoir un allié. Les secrets des perles resteraient dans les provinces Naga, alors les Cobras donnèrent leur bénédiction. Les histoires de tous seraient préservées, ce qui plut aux Pythons. Les cités de la mer et les voies maritimes des humains seraient respectées par l’autre race, les Caméléons purent se réjouir. Les Couleuvres observèrent le tout et ne demandèrent qu’une seule chose aux humains.

La vérité.’

Les cinq Lignées signèrent le pacte seulement avec les Crabes, mais plus tard les autres humains voulurent s’allier aux Naga. Les deux races se réjouirent mais il restait un problème de taille. L’Infâme restait une menace constante, et le Peuple ne s’arrêterait jamais de le combattre. Même les Nezumi furent acceptés à contre-coeur par le Peuple, et ils promirent solennellement de ne jamais plus manger d’homme-rats.

Ceci est le passé, Akasha, et je m’en souviens bien, car tel est mon devoir." L’Olyah, le gardien de ce qui a été, l’historien des Naga, descendit de l’estrade au centre de la tour.

Un Python s’approcha et l’Akasha le salua. "Je suis le Malekish, et j’ai vu le futur, et il y a beaucoup de choses à dire.

Un ennemi depuis longtemps endormi, peut être les Ténèbres Entre les Etoiles, se réveillera bientôt. J’ai vu le ciel s’obscurcir et l’océan bouillir, les eaux rougies par le sang. La guerre approche. J’ai vu la mort de nombreux oiseaux, comme ceux que gardent les Vipères pour la nourriture. Je crois que c’est un signe de famine. La dernière nuit, j’ai vu deux étoiles alignées, celles que les Hommes appellent le Tisseur et le Kappa, un signe de l’éveil de l’Innommable. Ce signe est apparu trop tôt, les étoiles sont trop proches. J’ai vu un démon rire de moi à partir des cieux où il est prisonnier. Il cherche à s’échapper, et je crois bien qu’il peut réussir. Ce sera les Ténèbres, et il y aura de la douleur. J’ai vu l’engeance de l’Infâme détruire l’Infâme. Le prix sera élevé, et certains vont tenter de l’empêcher."

L’Akasha murmura. Les contes humains en parlaient aussi, leur ’Amoro’ l’avait fait.

Le Malekish continua, "Il y a un faux espoir qui mènera les humains dans une mauvaise direction. Ils seront aveuglés par des prophéties et ne pourront voir la vérité. Quand la vision m’est apparu la première fois, j’ai été effrayé. ’C’est ce qui sera, mais pas ce qui devrait être’, j’en pleurais mais la vision devint de plus en plus intense, et je ne vis rien d’autre que des ténèbres sans fin. ’Les prophéties ne peuvent mentir’ criais-je, mais je n’eus rien de plus. J’ai peur que nous ne pouvions faire confiance à ces visions."

Ce doute et cette peur se répandirent dans l’Akasha.

"J’ai vu tout cela, peut importe que ce soit vrai ou pas. Mais ce qui m’a le plus effrayé fut la sombre présence que je sentis dans l’Akasha. L’un des notres... Le mal a infecté l’Akasha, et il cherche à nous blesser."

Le Malekish termina de parler à l’Akasha puis attendit pendant que les esprits des Naga partout dans le monde interprétaient l’information.

La réponse lui vint alors, et à lui seul.

"Les Védiques te cherchent. Pars immédiatement. Ils peuvent t’en dire plus sur ce que tu as vu, car c’est eux qui ont engendré les ténèbres que tu as senties dans l’Akasha. "


Il avait une belle-belle nouvelle voiture. Il avait baissé la vitre et roulait bien au-dessus des limitations de vitesse. La radio émettait de la bonne musique et le vent faisait danser sa fourrure. Il se sentait comme un acteur Doji dans une voiture de luxe.

Mais il n’était pas un Doji, et sa voiture n’avait rien de luxueuse. Il était un Fuzake, et il maudit l’Oni-Oni. Même s’il avait détruit ses pauvres outils, le monstre n’aurait pas sa voiture. C’était la fierté et la joie de Nez. Elle roulait bien et les essuies-glaces fonctionnaient parfaitement. Il devait atteindre le Mur afin de se mettre à l’abri, et comme ça, sa voiture le serait aussi.

Un peu plus loin il vit un corps sortir du sol. Il n’était pas très-très loin de la route, aussi il enfonça l’accélérateur et fonça droit vers le mort-vivant. L’impact coupa la créature en deux sans endommager la voiture. Il revint sur la route en ce disant que ça avait du bon d’être un Fuzake. Vous avez tous les bons jouets.

Après une autre heure de route, le Mur apparaissait devant lui. Il continua à avancer et arriva sur une large plaque de métal. Une voix grave l’interpella à partir d’un mégaphone. "IDENTIFIEZ VOUS IMMEDIATEMENT."

"Fuzake Nez, des Garages Fuzake. Je suis designer."

Nez vit une tête émerger au-dessus du Mur pour le regarder. Il sortit sa tête de la fenêtre et étira son cou afin d’observer le garde.

Nez l’entendit grommeler, "saleté d’homme-rat," puis il entendit une autre personne dire, "laissez-le entrer." Se retournant à nouveau vers Nez, il dit, "RESTEZ OU VOUS ETES. AU MOINDRE MOUVEMENT BRUSQUE, NOUS TIRERONS SANS AVERTISSEMENT. RESTEZ DANS VOTRE VEHICULE."

L’homme-homme parlait de manière monotone, il faisait son travail en donnant des instructions strictes au Nezumi. Finalement, il s’arrêta, et la plaque sous la voiture se mit à s’enfoncer dans le sol, et une fois bien abaissée, une autre se glissa à sa place.

La plaque l’amenait dans une vaste caverne construite par les ingénieurs Kaiu il y a des décennies, lorsque la voiture fit pour la première fois son apparition à Rokugan. C’étaient des inventions gaijin mais l’Empereur en était tombé amoureux, il en voulu une et en moins de trois ans tous les clans en avaient plusieurs. En dix ans elles devinrent communes et de larges autoroutes furent construites, avec de grands frais, afin de les utiliser partout dans l’empire.

Il y eut toutefois un débat à propos du Mur. Certaines personnes voulaient qu’il soit détruit afin de permettre la construction de plus grandes autoroutes mais les Crabes ne voulurent rien entendre. "La vitesse du plus rapide des véhicules n’est rien comparée à celle à laquelle un oni attaque. S’il n’y a pas de Mur, il n’y aura pas de Rokugan." Les Crabes reçurent des blâmes pendant des années mais ils refusèrent toujours de détruire l’imposante structure. Il fut décidé un compromis. Un tunnel fut construit sous le Mur et une voiture à la fois pouvait l’emprunter. Ce n’est pas très efficace mais personne ne voulut en débattre avec les Crabes.

Finalement la plaque où se trouvait la voiture de Nez arriva tout en bas. Trois tunnels se trouvaient en face de lui et il prit celui du centre afin d’atteindre l’autre côté du Mur. Il passa un tunnel de lumière, un autre de jade pur, un autre de cristal puis s’arrêta dans une petite pièce. Une plaque menant à la surface s’y trouvait.

Il entendit un bruit. "Vous avez entendu-entendu ?" dit-il à personne en particulier. Il n’y avait personne autour de lui mais il entendu un autre bruit. "Très-très mauvais." Il prit un pistolet dans la boîte à gants et s’assura qu’il était chargé. Le pistolet l’était, mais pas avec des munitions en pierre verte. "Oh, zut-zut."

Alors qu’il vérifiait son arme une partie du plafond s’effondra, et quand la poussière retomba le Nezumi entendit des gémissements partout autour de lui. Plusieurs corps reposaient dans la chambre, tombés d’au-dessus. Certains d’entre eux se levèrent et se dirigèrent vers lui.

Il ouvrit le feu en espérant que les zombies seraient finis avant ses munitions.


"Ujimitsu, non, pas comme Ujimitsu !" Shiba Nakira, le Champion du Clan du Phénix, se réveilla et s’assit rapidement. Son regard se porta sur la pièce qui n’était pas la sienne et qu’il n’avait jamais vue auparavant. La pièce était entièrement blanche, sauf un large mon de la famille Shiba peint en rose se trouvant sur un des murs. Les murs étaient rembourrés et la porte semblait être en acier massif. L’Ame se réveilla juste après, inondant l’esprit de Nakira.

Je suis Shiba Busurugo, élève des Ikoma. Une fois je me suis réveillé dans une pièce inconnue. Elle appartenait à une sorcière des marais, mais j’ai utilisé les techniques de mon sensei et je l’ai fait fuir... mais ma folie n’était pas aussi grande que la tienne, Nakira.

Je suis Shiba Kowan, voleur et Champion. J’étais un maître parmi les criminels avant de devenir Champion, aucune porte ne pouvait me résister. Toi, Nakira, tu veux écouter ce que j’ai à dire ? Et bien, tu vas t’échapper. Invoque Ofushikai, et utilise-là pour trancher la porte.

En un instant, Ofushikai apparut dans ses mains. Il sauta en avant, leva l’épée ancestrale de son clan pour frapper la porte qui le retenait prisonnier.

Je suis Shiba Toriiko. J’ai toujours refusé de dégainer mon sabre, même pour combattre un ennemi. J’ai sauvé la vie de milliers de gens, et même si cela m’a coûté la mienne, je ne regrette pas mes choix. Nakira, ne fais pas ça. N’utilise pas ton épée contre ton propre clan.

Il jeta le sabre et tomba à genoux. Il se tint la tête à deux mains. "Shiba, les voix ! Arrêtez les voix !"

Et elles étaient toujours là.

Il n’était pas sûr que ce soit son imagination ou son âme qui parla ensuite.

Je suis Shiba. Jumeau de Bayushi, frère de Hantei, ami d’Asako et défenseur d’Isawa. Tu es, mon fils, ainsi que vous l’êtes tous, ...

Nakira cria à pleins poumons. Shiba lui-même n’avait jamais parlé auparavant, et l’agonie de ses mots (ou étaient-ce ceux de Nakira, issus de son coeur et son âme ?) était intense.

... encore mon élève. Apprenez, mes fils et mes filles, apprenez de ceux qui sont en-dessous de vous, la sagesse de l’homme ordinaire est parfois supérieure à celle du plus sage des kami. Shinsei, était un homme ordinaire.

Quand Shiba eut terminé, les cris de Nakira stoppèrent, il s’effondra sur le sol rembourré. Vidé de son énergie, il resta allongé, silencieux, le regard posé sur la porte peinte en blanc. La lumière d’Ofushikai se reflétait sur son visage, dans ses yeux, mais il ne bougea pas. Il restait là, laissant le Vide traverser son âme. Après un petit moment, il décida de se laisser à nouveau envahir par le sommeil, et une seule chose vint à l’esprit du champion du clan ayant la plus puissante magie...

C’est un sol confortable.

Dehors, derrière le mur, deux personnes l’observaient grâce au pouvoir des esprits de l’Air.

"Docteur Kinobe ?" demanda l’infirmière.

"Mmm. C’est malheureux. Nakira-sama n’a jamais été un homme totalement sain d’esprit, mais il semblerait que le stress causé par la guerre à venir l’ait un peu rendu... dérangé. Apparemment il est désormais incapable d’identifier la réalité." Asako Kinobe parlait de façon monotone. "Je pense qu’il faut le placer sous observation continuelle. Je vais en parler avec le Conseil."


Le Puit Suppurant de Fu-Leng.

Crée par la chute du sixième fils des Cieux lors de la Chute des Kami. D’ici, Fu-Leng créa l’Outremonde, et les Oni, les gobelins, les ogres et la source de toute Souillure.

C’était aussi la base du terrible Seigneur Oni, Akuma.

"Serviteurs, il est désssormais temps de lancer notre véritable assaut. Les Crabes se trouvant sur notre chemin sont en train d’être repoussés par mes légions, le chemin sera bientôt libre pour notre attaque !" La voix d’Akuma était puissante et profonde. Elle résonna dans tout le puit. Personne n’osa parler, de peur d’être annihilé. "Kyossso... est déjà en train de s’occuper du reste des Crabes. Shikibu... va et détruis l’Empereur lui-même... Sans lui, les humains chuteront rapidement, sans chef... Tsuburu... va dans les montagnes du clan des lâches, et détruit leur réserve de nourriture... leur réserve infinie... Mais je... Je sssens quelque chose... Va, et détruis le Clan du Dragon, Tsuburu... Ou tu ne mangeras plus jaaamais..."

Kyoso s’inclina, se retourna puis partit dans une parodie d’étiquette rokugani. Shikibu se contenta de s’en aller et Tsuburu disparut.

Une fois les autres Seigneurs Oni partis, une créature solitaire s’approcha du Chef de Guerre. C’était un Naga, une abomination qui voulu embrasser la Souillure de lui-même. Un être curieux possédant une âme noire et qui est désormais allé trop loin pour revenir en arrière. De toutes façons, il servait Akuma maintenant, et c’était son principal souci.

"Kaashraak... cher Naaga... que veux tu de moi ? Des légions de squelettes pour attaaquer ton peuple ? Des zombies faits à partir des cadavres des hommes-serpents, pour les effrayer ?"

Kashrak hésita. Si le Seigneur Oni était généreux, accepter ses cadeaux ne mènerait le Naga qu’à la destruction. Mais si Akuma ne se montrait pas généreux... Kashrak rejeta cette idée. "Seigneur Akuma, ça n’a rien à voir avec tout cela. Je souhaite seulement vous dire que... quelque chose vient d’arriver à Otosan-Uchi. Quelque chose qui pourrait vous intéresser."

Akuma renifla, puis étira ses trois langues. "Ouiii... Naga, tu te montreras encore utile. Il y aaa un allié qui va être créé... par un homme que je connais très bien..."


Shamar sifflait alors qu’il fermait la porte de son magasin. Alors qu’il était sur le chemin l’amenant chez lui, il repensa à toute l’ironie de la situation. Il y a six cents ans la Colère de l’Au-Delà força des centaines de milliers de Rokugani à fuir vers les Terres Brûlées, et son peuple les accepta en son sein et les protégea jusqu’à ce qu’ils puissent retourner chez eux en toute sécurité. Maintenant il était à Rokugan pendant une guerre qui menaçait de détruire entièrement l’Empire et il n’était pas mieux traité que le citoyen de seconde catégorie qu’il était depuis treize ans. Il haussa les épaules. Les Rokugani étaient toujours aussi xénophobes. Si sa vie n’avait pas été en jeu, il aurait trouvé cela amusant.

Pour tout dire, il était terriblement tenté de retourner chez lui afin de raconter l’histoire de sa vie à la Mémoire Vivante. C’était une coutume Ra’Shari qu’il avait ’oublié’ depuis des années.

"Tu vas quelque part, gitan ?" Un voyou. Ils l’accostaient chaque jour pour l’argent qu’il avait cessé de transporter.

Il se tourna et regarda le vaurien dans les yeux. Le voyou était petit selon les standards Ra’Shari, mais de taille moyenne selon ceux des rokugani. Il était mince mais musclé, cela indiquait qu’il vivait dans la rue - avec trop peu de nourriture et souvent quelques combats. Shamar porta son poids vers son pied arrière afin de courir vite en cas de problème. Ce voyou ne semblait pas trop difficile à envoyer promener. Il semblait assez couard.

Shamar prit une pose de combat. Le vaurien vit l’entraînement du gitan et préféra s’attaquer à une proie plus facile. Il s’enfuit.

Riant à voix basse pour lui-même, le gitan reprit sa route. Un autre jour, une autre mémoire. La Mémoire... Peut être qu’il devrait aller voir la Mémoire Vivante. Une bonne raison de quitter une zone de guerre, se dit-il.

Dans une allée à un paté de maison de chez lui, il entendit un bruit dans la ruelle. Les voyous n’arrêteraient pas de le poursuivre tant qu’ils n’auraient pas eut une démonstration des capacités du gitan. Un pendentif étoilé pendait autour de son cou, il le prit dans ses mains. Cet héritage familial le mit en confiance, une chose dont il avait besoin maintenant.

Il pénétra dans l’allée, il n’avait pas peur.

"Ganwu ? Honzo ? Venez en face de moi, qu’on en finisse ! J’en ai marre de vos jeux !"

Mais ce n’était ni Honzo ni Ganwu qui se montrèrent, mais les ténèbres.



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