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Rokugan 2000

Rokugan 90210

Episode V

dimanche 12 juillet 2009, par Yasuki Garou

Contient : Hidden Emperor, Parties six, sept et huit

HANTEI XXIII
LYCEE PUBLIC
ALBUM DE FIN D’ANNEE

Hoshi Maseru

"Il a eu son diplôme ?

Je pensais qu’il était mort."

Hitomi

President/Fondateur

Yasuki Garou Fan Club

Kitsu Okura

Un mec qui sent bizarre au fond du labo de chimie et qui parle tout seul.

Retour pépère vers l’Episode IV

Hidden Emperor, Partie Six

Kyuden Matsu est le genre d’endroit qui vous donne la chair de poule en pleine nuit.

J’étais assis dans un arbre à côté d’Hoshi Maseru et je fixais les murs, en me demandant quoi faire ensuite.

"C’est clair que c’est tranquille," murmura Maseru.

"Trop tranquille," ai-je répondu, vu que c’est le genre de chose à dire quand on est en plein milieu d’une aventure.

Ca faisait un petit bout de temps, quelques mois (j’avais arrêté de compter) depuis que nous avions quitté Otosan Uchi. Les choses avaient bien changé depuis. Maintenant j’étais en plein coeur de l’Empire de Jade à la recherche de Toturi, l’empereur disparu, qui avait été transformé en un petit poulet noir dû à un accident qui était pour beaucoup de ma faute. Récemment, j’avais été capturé par les armées d’Hitomi le Sombre Tonnerre et séparé de mes amis, Sanzo, Toku, et Matsu Agetoki.

Eh bien, on dira qu’Hitomi et moi sommes parvenus à un arrangement, (après que mon tatouage magique la séduise accidentellement) et j’ai été libéré pour continuer ma quête. J’ai croisé Maseru le moine sur la route, et il m’a dit que mes amis étaient retournés dans la maison ancestrale d’Agetoki pour rejoindre l’armée du Lion. Ce qui m’amène à cet arbre.

"Pourquoi on se cache dans un arbre, Garou ?" chuchota Maseru.

"Parce qu’on n’est pas sensés être ici," ai-je dit, "On essaye de s’infiltrer."

Maseru cligna des yeux. "Pourquoi ?" demanda-t-il, "Pourquoi on passe pas bêtement par la porte d’entrée ?"

"Parce que les Lions s’apprètent à marcher sur les Crabes," ai-je dit, "Je suis un Crabe. Il se peut que je sois en guerre contre eux. Je pense qu’on devrait capturer un Lion pour lui demander s’il est en guerre contre moi, ou un truc du genre. "

"Et si il sait pas ?" répondit Maseru.

Je l’ai regardé avec des yeux ronds comme des soucoupes. "Si les Lions ne savent pas s’ils ont déclaré la guerre aux Crabs, alors qui serait FOUTU de le savoir ???"

"Euh..." répondit Maseru, en haussant les épaules, uncertain, "La guerre est plus drôle comme ça."

"Je vois," ai-je dit d’un air dubitatif, "Donc, comment va-t-on s’infiltrer ?"

"Eh bien, je me suis dit qu’on pourrait grimper à ce mur là bas où il n’y a pour l’instant aucun garde et y jeter une corde," dit-il.

"Bonne idée," ai-je dit, "T’as une corde ?"

"Euh... non," repondit-il, "Je suis un moine. Tout ce que j’ai le droit de porter c’est mes chaussures et mon pantalon."

J’ai de nouveau regardé vers le château. "Bien, " ai-je dit en me grattant le menton, "On pourrait essayer de s’infiltrer par la porte de derrière, là bas. Là où les serviteurs font des allers-retours avec le linge. On aura qu’à se déguiser en paysans."

Maseru admit que c’était une bonne idée. Nous sommes également venus à la conclusion que cela pourrait être une bonne idée si j’abandonnais mon chapeau et mon kimono (sur lesquels il y avait plusieurs variations des mons du clan et des familles Crabes) pour quelque chose de plus simple, juste au cas où l’un des Lions du château soit au courant si oui ou non il était en guerre avec moi. Malheureusement, le seul fermier qui a accepté de me troquer sa chemise contre la maigre somme de pièces de cuivre que j’avais sur moi portait une tunique sans manches. Ce qui laissait mon nouveau et plutôt incontrôlable tatouage d’ise-zumi exposé d’une manière plutôt gênante. J’espérais que cela ne causerait aucun problème.

On s’est donc approché des portes. Je me suis arrêté pour cacher mes anciens vêtements et mon tetsubo derrière un arbre. "Okay, Maseru," ai-je dit, "Voilà le plan. On est des VRP. Des vendeurs itinérants, quoi..."

"Et on vend quoi ?" demanda Maseru.

"Des médicaments !" ai-je dit, en tapotant du doigt le gros sachet de potions magiques Agasha qu’Hitomi m’avait donné.

"Ohhhh, Garou, je suis pas très sûr que ce soit une si bonne idée," dit Maseru, "Souviens-toi de ce qui s’est passé la dernière fois."

J’ai acquiescé, plein de souvenirs. Agasha Tamori, pour on ne sait quelle raison, avait oublié de mettre des étiquettes sur ses flacons. Curieux, Maseru et moi avions fait quelques expériences une nuit durant notre voyage vers les terres Matsu, goutant un peu de chaque bouteille pour voir leurs effets.

Je m’étais réveillé nu le lendemain matin, submergé jusqu’au cou dans un tonneau de sirop d’érable, le regard flou et tout souvenir de la soirée passée heureusement oblitéré. Mes sous-vêtements étaient non loin sur le toit d’une maison de saké.

J’avais retrouvé Maseru trois jours plus tard, mendiant quelques pièces au coin d’une rue dans la ville de la Violence Derrière la Courtoisie, portant un kimono fait de pelures d’oranges cousues ensemble. Il disait que contrairement à moi, il se souvenait de ce qui s’était passé plutôt clairement. Il refusa d’en discuter.

Pourtant, les potions étaient notre meilleur espoir puisque nous ne portions rien d’autre de valeur à vendre. On s’approcha des portes pour s’annoncer.

"Votre nom, et vos intentions," dit un samurai fatigué, appuyé contre la porte. Son visage était couvert de l’ombre de son casque.

"Je suis Kakita Garou et voici mon serviteur, Maseru," ai-je dit, "Nous sommes deux ronins en manque de chance qui vendons des baumes et des lotions."

"Des lotions, hein ?" dit le garde, levant les yeux avec une main sur le visage, "Quel genre de lotions ? "

"Euh... des crèmes hydratantes, des anti-rides, ce genre de choses," ai-je dit.

"Vraiment ! Donnez-moi donc l’une de ces bouteilles," dit l’homme, en farfouillant dans sa poche pour trouver quelques pièces.

J’ai échangé un regard inquiet avec Maseru, et essayé de trouver un moyen de me tirer de ce mauvais pas. Puis j’ai vu la somme que ce type nous offrait.

"Quatre pièces d’argent !" ai-je dit, "Wow !" Cela faisait des mois que j’avais pas eu autant d’argent sur moi.

La mine de l’homme devint morose. "C’est pas suffisant ?" demanda t’il, "Je viens de recevoir ma paye, je pourrais vous faire un chèque ! Bougez pas." Il retoura dans le château.

"Garou, tu ne peux pas vendre l’une de ces potions à ce pauvre homme !" chuchota élégemment Maseru, "Tu ne sais pas ce qu’elles font ! Tu pourrais l’empoisonner !"

"Hey, c’est nous qui n’avons ni nourriture, ni argent," ai-je rétorqué, "De plus, je lui donnerai l’une de celles qui sont inoffensives..." J’attrapai l’une des bouteilles. "Voilà. ’Frère de la Terre.’ Ca t’immunise à la magie de la Terre. Ou un truc du genre."

Maseru me prit la bouteille des mains. "Tu es sûr que c’est ’Frère de la Terre’, celle-ci ? Comment tu peux le savoir ?"

"La bouteille a la forme d’un cailloux," dis-je en haussant les épaules, "Je *pense* que c’est ’Frère de la Terre’" Mais en y réfléchissant, *toutes* les bouteilles avaient la forme de petites pierres.

Le samurai revint du fond du château, en griffonnant quelque chose sur son chéquier.

"Mon ami," commença à dire Maseru au garde, "J’ai bien peur que l’on ne puisse pas vous permettre—"

"Trois koku," dit-il, regardant en bas, son visage toujours caché, "c’est suffisant ?"

"—de passer une seule seconde de plus sans la fabuleuse crème hydratante de Kakita Garou. A l’ordre de la Maison du Tao, s’il vous plait." Maseru récupéra l’argent de l’homme en lui tendant la bouteille. Le moine entra ensuite rapidement à l’intérieur du château.

L’intérieur de Kyuden Matsu était incroyable. Pas vraiment décoré avec gout comme la Maison du Tao, ou diaboliquement sombre comme le Sanctuaire Ténébreux, ni même monumentalement effrayant comme Kyuden Hitomi. C’était plutôt... pointu. Plein d’épées et de lances et de couteaux et d’armures sur des reposoirs un peu partout. Partout où l’on pouvait poser les yeux il y avait un ratelier rempli d’armes ou de bannières volées ou de massives tapisseries illustrant des Lions éventrant des gens. Je ne sais pas qui était leur décorateur d’intérieur, mais il n’avait pas dû avoir une enfance heureuse.

"C’est quoi ça comme nom, ’Ryozo’ ?" grommela Maseru en regardant le chèque, "On dirait un faux... Bref, on va où maintenant ?"

"La chambre d’Agetoki," ai-je répondu, "On rentre et on ressort aussi sec. S’il n’est pas ici on n’a pas de raison de s’attarder."

"Yasuki Garou !" cria une voix, "Petit chenapan !"

"Jolie épée," dit une seconde voix.

Je fis volte-face, ma main sur le pommeau de l’épée à ma ceinture.

J’étais face à face avec deux hommes. Le premier était grand, musclé et mal rasé. L’autre était petit et fin avec des cheveux noirs longs et brillants. Je les connaissais : c’était Matsu Hiroru, le Ninja Blanc, et le fameux guerrier ronin, Ginawa. Je les avais rencontré auparavant. J’avais volé la Lame de Sang de Ginawa et j’avais rencontré Hiroru à ma remise de diplômes.

"Cool-cool-cool," dit Hiroru en riant fortement, sa voix faisant écho à travers les murs du château silencieux, "Je m’attendais pas à te voir ici, mon bon vieux sacripan ! Ca roule pour vous ???"

"La ferme, Hiroru," siffla Ginawa, "On est sensé être ici incognito et discrets."

"Oh," répondit Hiroru, toujours sans chuchoter, "Désolé. Ca m’est sorti de la tête."

"Pourquoi vous êtes déguisés en gorilles ?" demanda Maseru.

C’est à ce moment que j’ai remarqué qu’ils étaient tous deux vêtus d’un costume de gorille, avec de petits masques de gorilles carrés sous leurs bras.

Comment avais-je pu manquer ça ?

L’année avait été longue.

"Une idée d’Hiroru," soupira Ginawa, en montrant du pouce le ninja qui souriait à s’en décrocher la mâchoire. "Il a dit que ce serait au dessus de tout soupçon."

"Jusqu’à présent ça a marché !" s’exclama Hiroru, "Ils ne s’attendent JAMAIS à des gorilles."

"De qui tu parles ’ils ?’" rétorqua Ginawa, "Y’a pas de ’ils !’ Pour l’instant on n’a croisé personne ! Tous les Lions sont partis tuer du Crabe !"

"Ou les aider," dit Hiroru, "Personne ne le sait."

"Ouais, c’est quoi ce truc ?" ai-je interjecté, "Comment peut-on avoir une armée de cinquante mille hommes, samurai, ashigaru, aide de camp paysans, toutes sortes de constructeurs et de suivants, et que personne dans le tas ne soit au courant ?"

"De toute évidence, les Lions ont une armée très discrète," dit Hiroru, en hochant sagement la tête.

"Où avez vous trouvé des costumes de gorille ?" interrompit Maseru, son visage était un masque de curiosité.

"C’est ma maman qui me les a fait," sourit Hiroru, "Quand elle a appris que nous partions en quête pour trouver l’empereur, elle nous les a donné."

"Hiroru !" cracha Ginawa.

"Quoi ?" répondit Hiroru.

"On est en mission secrète pour Kachiko !" grommela-t-il, "T’es pas sensé dire à tout le monde qu’on essaie de sauver l’Empereur du Maître Kolat ex-révéré sensei du clan du Lion Akodo Kage !"

"Désolé ! Excuse môa de vivr-euh," dédaigna Hiroru en faisant mine de chasser Ginawa.

A ce moment j’étais en train de m’esquiver dans le couloir avec Maseru quelques pas derrière. J’avais pas vraiment envie de parler à Tonnerre, le Ninja en Promotion, et j’avais peur que Ginawa ne veuille récupérer sa Lame de Sang.

"Ces stupides costumes de gorilles me font transpirer comme une fontaine," grogna Ginawa quelque part derrère moi, "J’enlève le mien."

"Maman va être furieuse !" répondit Hiroru.

On a grimpé les escaliers jusqu’à arriver au troisième étage du château, où je me souvenais vaguement qu’était situé la chambre d’Agetoki.

"On aurait peut-être dû leur parler un peu plus longtemps," suggéra Maseru, "Ils savaient peut-être quelque chose sur Toturi."

"J’en doute," ai-je répondu, "Ginawa est surement trop occupé à essayer d’empêcher ce ninja de sauter par la fenêtre. De plus, s’ils savaient quoi que ce soit sur le sort de Toturi, ils auraient certainement été en colère contre moi. "

"J’en conclus que t’aimes pas trop Hiroru ?" suggéra Maseru.

"Quel genre de ninja s’habille TOUT EN BLANC ?" ai-je répondu, "Ou est-ce que tu vas pouvoir t’infiltrer comme ça ? En Antarctique ? Y’a aucune subtilité dans ce mec. Il aime bien se mettre en pyjama parce qu’il pense que ça plait aux filles. Ca me surprend pas d’apprendre que ces costumes de gorilles étaient son idée..."

"C’est méchant, ça, Garou," dit Maseru, "On dirait que vous avez un passé commun tous les deux..."

"Je veux pas en parler. " Je me suis tourné vers une porte sur ma droite. "Celle ci, c’est la chambre d’Agetoki." J’ai frappé à la porte.

"Eh ? Qui est là ?" dit une voix que je ne reconnaissait pas.

"Mon nom est Garou," ai-je dit, "Je suis un ami d’Agetoki..."

"Oh, entrez, entrez..."

J’ai acquiescé à Maseru et ouvert la porte. A l’intérieur, un homme d’âge moyen était assis à une petite table, le nez plongé dans un tas de parchemins. Il y avait un énorme tetsubo appuyé au mur à côté de lui. Il leva les yeux et sourit.

"Bonjour, mes amis," dit-il formellement, "Je suis Kitsu Okura, Champion de Jade. Matsu Agetoki est l’un de mes amis. Je m’occupe de ses chats et je tiens sa collection de comics à jour pendant qu’il est parti. Je peux vous aider ?"

"C’est quoi un Champion de Jade ?" ai-je demandé, comme si j’étais devenu has-been.

"En fait c’est moi le big boss de la magie," pouffa-t-il, en attrapant son tetsubo à une main, "Je suis sensé me balader dans Rokugan à la recherche de maho-tsukai et des forces du mal."

"Et puis ? Vous faites quoi ?" demanda Maseru.

"Et puis je les cogne avec ce truc tout long," dit-il.

"Ca ressemble à ce que je— euh... Je veux dire... Ca ressemble beaucoup à ce que font déjà les Crabes," ai-je répondu.

"Ah, oui," répondit Okura, "mais le Régent Impérial a décrété qu’il devrait y avoir un surveillant officiel sélectionné par le gouvernement pour faire ce travail. Et c’est moi qui ait été sélectionné pour ce rôle."

"Vous."

"Oui."

"Un Lion."

"Oui m’sieur."

"Vous êtes déjà allé dans l’Outremonde ?"

"J’ai lu un bouquin là-dessus," sourit-il, "Je suis sûr que je sais ce que je fais, en fait."

"C’est CLAIREMENT une décision gouvernementale," ai-je dit. Maseru aquiesça.

"Qu’est-ce que tu veux dire ?" répondit Okura, l’air un peu vexé, "J’ai vaincu tous les autres candidats à la loyale. Je suis le shugenja le plus puissant de Rokugan !"

"C’est pas ce que Garou veut dire," répondit Maseru, "C’est une question d’expérience. Par exemple, est-ce que vous avez déjà VU un véritable Oni ?"

Okura sourit à nouveau. "Mais oui. J’en ai vu. D’ailleurs, cette fois—"

Soudain la porte à gauche d’Okura s’ouvrit en claquant et un immense monstre vert à tentacules se jeta dans la pièce. Un bras long et sinueux comme une liane vint s’enrouler autour de Maseru et le jeta par la fenêtre. Le moine couina fortement en tombant dans la cour vingt mètres plus bas.

"Oh, zut," dit Okura d’un air agacé, "Ce satané truc c’est encore libéré."

Les trois yeux rouges et flamboyants de la chose se fixèrent sur moi.

"GAROU !" rugit le monstre, "JE ME BROSSERAI LES DENTS AVEC TA COLONNE VERTEBRALE APRES CE QUE TU M’AS FAIT SUR LE MUR KAIU, MACAQUE POILU !" Il voulut m’attraper sauvagement en retroussant les babines, et je me suis rapidement jeté sous une table proche.

Okura tira calmement un parchemin de son kimono, lut quelques mots que je n’ai pas reconnu, puis tira un long couteau noir avec lequel il s’entailla le long du bras. L’oni a soudainement rugi et s’est retiré dans l’autre pièce, claquant la porte derrière lui.

"Bon, bref," dit-il en se raclant la gorge et en mettant de côté la lame et le parchemin comme s’ils n’avaient jamais été là, "Comment puis-je t’aider ?"

"C’était quoi ça ???" me suis-je exclamé, en rampant hors de la table.

"C’était quoi quoi ?"

"CA !" ai-je dit en montrant la porte, "Ce truc vient de tuer mon moine !"

"Non, hey, je vais bien !" dit Maseru en grimpant par la fenêtre. Son pantalon était un peu déchiré, et il avait un oeil au beurre noir, mais sinon il allait bien.

Okura a croisé les bras en raclant à nouveau sa gorge, et en essayant de ne croiser le regard de personne.

"Vous avez l’Oni no Akuma enfermé là dedans !" ai-je insisté, "Je reconnais cette satanée bête ! Ca m’a reconnu !!"

"Oh," dit Okura, distrait, "C’est ça ce que c’était ?"

"Ecoute mon canard," ai-je dit, en claquant la Lame de Sang de Ginawa sur la table, "Je sais pas ce qui se passe dans ce *$µ%£ de château. Je VEUX pas savoir ce qu’il s’y passe. Toute cette baraque est cinglée. Gohei part en vacances et vous devenez tous fous. Tout ce que je veux c’est savoir où se trouve mon pote Agetoki pour que je puisse partir."

"Euh..." Okura essuya la sueur de son front, "Il est parti pour une quête personnelle. Apparemment, Kamoko le recherche."

"Son ex-petite-amie ?"

"Oui," répondit le Lion, "Apparemment et le pourchasse, ou quelque chose dans le style."

"Merci," ai-je dit en reculant, "On y va, Maseru."

On est retournés dans le couloir. On a entendu un autre rugissement à briser les tympans, le bruit de meubles cassés, et Okura crier "Vilain Oni ! Vilain Oni ! Va dans ton panier !"

On a pressé le pas.

"On va où maintenant ?" demanda Maseru, "On cherche Agetoki et Kamoko ?"

"Non, je veux pas arriver au milieu de tout ça," ai-je dit, "Ca peut rapidement devenir moche entre eux deux. Il nous trouvera quand tout sera terminé. On va aller chercher Toku et Sanzo. J’espère juste qu’on pourra sortir de ce château sans que rien de stupide ne nous arrive."

"Qu’est-ce que tu veux dire par stupide ?" demanda Maseru.

Puis la porte en face de nous s’est ouverte et Matsu Ketsui, dirigeante de la Fierté du Lion, s’avança dans le couloir.

"Au nom d’Akodo, qu’est-ce que ?" jura t’elle, "Comment êtes-vous entrés ici, vous deux ?"

Soudain, mon tatouage s’est mis à devenir de plus en plus chaud.

"C’est CA que je veux dire," ai-je dit, résigné.

A SUIVRE...


Hidden Emperor, Partie Sept

Matsu Ketsui a souri, incliné la tête, et léché ses lèvres.

J’ai désespérément regardé alentours. Toutes les autres portes du couloir étaient solidement fermées, les escaliers étaient derrière elle, et mon dos était contre la fenêtre du troisième étage. Ketsui glissa vers nous, un sourire sensuel inquiétant sur le visage. C’était une femme grande et athlétique avec un justaucorps moulant en cuir et des peintures de guerre bleues sur le visage. Le tatouage de mon bras droit devint extrèmement chaud.

"On fait quoi mantenant ?" demanda Hoshi Maseru, passant son regard entre Ketsui et moi.

"Je réfléchis," ai-je dit, bien que je ne pouvais penser qu’à ’comment elle s’est débrouillé pour déambuler dans le château habillée comme ça.’

"Tu es Yasuki Garou, c’est ça ?" demanda-t-elle en plissant ses yeux de chat, "J’ai entendu parler de toi, celui qui a des amis Nezumi. Je me suis toujours demandé comment tes rats réagiraient face à mes chats. Les filles ?"

Les portes à droite et à gauche s’ouvrirent, et une douzaine de femmes en plus sortirent en rang, toutes habillées dans des variations de costumes en cuir. Les Vierges de Bataille Matsu de la Fierté du Lion. Elles m’ont toutes regardé comme un chat regarderait une souris particulièrement lente et dodue. Le tatouage devint encore plus chaud.

"Um... vous avez-dû confondre avec quelqu’un d’autre, mesdames," ai-je dit en riant désespérément en faisant un pas en arrière. J’ai essayé de couvrir le tatouage infernal avec ma main gauche mais je l’ai vite retirée, brûlée. "Euh, je suis son cousin. Kakita Garou."

"Et je suis un simple moine de la vieille école," dit Maseru, en pouffant un peu et en s’appuyant du coude sur une étagère non loin.

"On s’en fiche de toi," dit Ketsui au moine pour lui faire prendre congé, "Tu peux partir."

"Oh," dit Maseru, l’air tout triste, "Zut." Il avait l’air déçu.

J’ai fusillé Maseru du regard. Je pensais que tous ces moines étaient sensés faire voeu de chasteté ou quelque chose du genre. Hoshi serait certainement troublé de voir comment le petit homme dévorait ces Lionnes des yeux.

"Kakita Garou, hein ?" dit Ketsui avec un malicieux petit sourire sur le visage, "Alors tu te fais passer pour un Crabe. J’en conclus que tu dois être puni." Elle tira un long fouet de derrière son dos.

C’était plus qu’assez. Je me suis retourné, j’ai sauté par la fenêtre et j’ai fait un voeu.

La fine fenêtre en papier de riz se déchira autour de moi et je me suis retrouvé dans les airs. J’ai vu un cerisier non loin et j’ai essayé de l’attraper, en espérant saisir le bout d’une branche, mais je savais que j’étais trop loin. J’ai fait la paix avec Osano-Wo en tombant durant les vingt mètres me séparant du sol.

Et j’ai atterri dans une carriole pleine de paille.

J’ai bondi sur mes pieds en un sursaut, regardant effrayé alentours et en crachant de la paille.

"Hey !" dit le chauffeur.

"Ouais, sans rire," ai-je dit en retirant une grosse botte de mon oreille et en m’approchant du bout de la carriole.

"Garou ?" s’exclama le chauffeur en se retournant.

J’étais sur le cul. "SANZO ? ?"

"Jusqu’à preuve du contraire !" dit-il en souriant bêtement, "Je pensais qu’Hitomi t’avait pris comme dessert, ou quelque chose come ça !"

"Virtuellement," ai-je dit sèchement en grimpant dans le siège à ses côtés.

"GAROU !" cria Maseru de la fenêtre au dessus de nous en faisant de violents mouvements de bras, "Cours, sauve toi ! Je vais les retenir !"

"retenir qui ?" demanda Sanzo.

"T’occupe. Sors-nous juste d’ici."

"Garou !" cria Ketsui, en bousculant Maseru hors de son chemin et en s’appuyant à la fenêtre, "Reviens !" D’autres Vierges de Bataille s’agglutinèrent autour d’elle, en ignorant le petit moine et son sourire béat.

"C’est d’elles que tu te sauves ?" s’exclama Sanzo, "C’est quoi ton problème ?"

"Je les arrêterai, Garou !" cria Maseru en attrapant l’une des samurai-ko Lion par la taille en essayant de la renverser, "Ne t’inquiète pas pour moi !"

"Arrête de me coller, espèce de vermisseau !" cracha-t-elle, en lui frappant le visage. Il disparut de notre champ de vision, les yeux vides.

"Tu te souviens de mon ami Chiaki Korasei, hein ?" ai-je dit rapidement, en me demandant combien de temps les Matsu prendraient avant de commencer à sauter par la fenêtre pour me courir après. Vu la façon dont mon tatouage me brûlait, pas très longtemps. "Je te l’ai présenté une fois à Otosan Ushi."

"Le Renard, c’est ça ?" demanda Sanzo, en regardant toujours les Lionnes, "Le tout petit gars avec la grande épouse Matsu ?"

"Ouias, celui avec les MARQUES DE GRIFFES SUR LE VISAGE," ai-je dit en attrapant Sanzo par le col et en le secouant, "et c’était juste l’UNE d’entre elles !"

Sanzo leva les yeux vers les douze Matsu, acquiesça, et fit galoper le cheval. On a traversé les portes du Château Matsu juste au moment où Ketsui commençait à sonner l’alarme, réveillant le reste des troupes Lion.

"Hey, Garou," cria Sanzo par dessus le bruit du vent et des sabots, "Juste par simple curiosité professionnelle, tu leur as fait quoi, à ces filles, là-bas ? Comment tu les a toutes rendues... interessées par ton cas ?"

"Rien !" ai-je crié en réponse, "c’est ce stupide tatouage qu’Hoshi m’a donné ! Il séduit les femmes. Le mauvais genre de femmes."

"Zut," grommela Sanzo en regardant mon bras, "Je savais que j’aurais dû accepter quand il en a proposé un."

J’ai soupiré en secouant la tête. "Arrête-toi ici !" ai-je hurlé.

La carriole freina pour s’arrêter. J’ai sauté au sol pour attraper mon tetsubo, mon chapeau et mes vêtements de derrière l’arbre où je les avais cachés un peu plus tôt. Je n’ai pas pris le temps de les enfiler, avec le nombre de lumières de plus en plus nombreuses qui provenaient maintenant du Château Matsu. J’ai jeté tout le lot dans le fond de la carriole, j’ai re-sauté dedans, et on est repartis.

"Alors, où t’étais passé ?" ai-je demandé à Sanzo en ajustant mon chapeau. "Je pensais que les autres et toi aviez rejoint l’armée Lion, ou quelque chose dans le genre ?"

Sanzo se mit à rire. "L’armée du Lion. Mais bien sûr. C’était l’idée à la con d’Agetoki, ça. Toku et moi on y est resté pendant environ une semaine, puis quand Agetoki s’est taillé pour retrouver son ex je n’avais rien de mieux à faire alors j’ai décidé de partir à la recherche de l’ogre bushi qui a tué ma famille et détruit ma maison."

"Wow," ai-je dit, "alors tu t’es finalement décidé."

"Oui m’sieu !" dit fièrement Sanzo, "Même que je l’ai trouvé ! Le plus gros des ogres que j’ai jamais vu."

"Et qu’est-ce qu’il s’est passé ?" ai-je demandé

"Oh, il m’a méchamment tanné la gueule," répondit Sanzo, "Regarde ça." Il leva sa chemise pour me montrer les énormes cicatrices sur son torse. J’ai serré les dents et détourné les yeux.

"C’est vilain," ai-je dit.

"Et il m’a aussi enlevé le tatouage de mon visage rien qu’en me baffant !" ajouta Sanzo en montrant son visage du doigt. Je m’étais demandé où il était parti. "Mais tout va bien. Maintenant j’ai le trait Experienced, donc vous pouvez plus vous moquer de moi à cause de ça."

"Bien sûr, super," ai-je dit, sans avoir la moindre idée de ce dont il parlait. Cela m’inquiétait quand mes amis se décrivaient en se servant de nombres et de stats, comme s’ils n’étaient que des personnages peints sur une carte d’un jeu bizarre.

"Bref," continua Sanzo, "Après que je me sois chargé de ça, je me suis acheté cette jolie charrette, je l’ai attelée à Musha, et j’ai décidé de devenir revendeur de paille."

"Où est-ce que tu as trouvé l’argent pour acheter cette charrette ?" ai-je demandé en remettant ma vieille chemise. C’était bien de retrouver des manches longues.

"J’ai vendu des trucs," dit il de manière évasive.

"Tu n’as rien qui ait de la valeur à part Musha !" ai-je répondu, "et elle est reliée à la charette. Qu’est-ce que tu as vendu, Sanzo ?"

"...Toku."

"Tu QUOI ?" me suis-je exclamé, "TU AS VENDU TOKU ???"

Sanzo haussa les épaules, "T’excite pas, Garou, c’est pas comme si je l’avais donné aux Adeptes du Sang ou quoi que ce soit, je lui ai trouvé un foyer. J’en ai tiré un bon prix, en plus. Naka Kuro est heureux de récupérer tous les samurais qu’il peut en ce moment et il ne pose pas trop de questions."

"Tu. As. Vendu. Toku. —Notre ami Toku— Au Clan du Phénix."

"Bin..." Sanzo évita de croiser mon regard, en fixant un peu la route, "Ouais, je crois que je l’ai fait. Toku ne s’est pas plaint, donc je vois pas pourquoi t’en fait toute une affaire."

"Il était au courant que tu le vendais ?" ai-je demandé.

Sanzo m’a regardé. "Qu’est-ce que tu veux dire ?"

"Est-ce qu’il réalisait que tu étais en train de le vendre aux Phénix ou tu lui as sorti une de tes histoires à dormir debout ?"

"Quelles ’histoires à dormir debout’ ?" répondit-il, blessé.

"Oh, je sais pas," ai-je dit, "Peut-être comme la fois où tu as arrangé un rencart à Agetoki avec le Ninja Shapeshifter en lui disant que c’était Otaku Kamoko."

"Mais c’était pour rire," répondit-il en souriant.

"C’est tout juste ce que je voulais dire," ai-je répondu, "Tu as tendance à, comment dire, à ne pas dire toute la vérité aux gens. Tu as dit quoi EXACTEMENT à Toku quand tu l’as laissé en terres Phénix ?"

"Je... eum...."

"Oui ?"

"Je lui ai dit de chercher le poulet impérial et que je reviendrais d’ici peu."

La charette continua son chemin en silence pendant un moment. Je pouvais pas le croire. Je savais que Sanzo pouvait être odieux par moments, mais même ceci semblait hors de son caractère. Se servir de la folle dévotion de Toku pour l’Empereur (qui, ce qu’ignoraient la plupart des Rokugani, avait été changé en poulet noir) pour le vendre aux Phénix contre une charrette de paille. C’était drôle, je dois l’admettre, mais cela ne le justifiait pas.

"Alors, on va où ?" demanda Sanzo après un petit moment, "Tu veux aller en terres Grues pour essayer ce tatouage sur les jolies meufs courtisanes ?"

"Non, on va en terres Phénix !" ai-je dit, "C’est pas que ce soit une mauvaise idée, loin de là. Mais on doit d’abord récupérer Toku !"

"Oh non," dit Sanzo, "Ils vont me faire rendre la paille."

"Ecoute, idiot," ai-je dit avec une patience forcée, "Tu te souviens de la prophétie de Hoshi. On ne peut pas trouver l’Empereur à moins qu’on soit tous les quatre. Moi, Toku, Agetoki, et malheureusement toi."

"Hey, Garou," dit Sanzo, un peu perturbé, "je vois pas pourquoi tu m’en veux à MOI tout d’un coup. J’ai fait ce que j’ai pu. C’est pas comme si t’avais été là..."

"J’ai été kidnappé par les Ise Zumi !" ai-je crié en agitant les bras pour insister, "Je me suis infiltré dans le Château Matsu !"

"Oooh, pauvre Garou, esclave sexuel d’Hitomi et Ketsui. Ca a du être plutôt dur pour toi, d’avoir ce fardeau énorme de séduire les femmes les plus puissantes de l’Empire, non ? Oooohhhhh," Sanzo fit une mine satirique de désespoir, "Moi tout ce que j’ai fait c’est perdre mon temps à essayer de venger ma famille en me faisant mettre une raclée par un ogre bushi !"

"Okay, okay, moi non plus je n’ai pas passé mon temps à chercher ce fichu poulet non plus," ai-je admit. On s’est tu tous deux pendant une seconde. "Mais au moins je n’ai vendu personne !"

"Pourtant tu as laissé tomber ce moine," dit Sanzo, en montrant le château du pouce. Je me demandais si les Lions étaient loin derrière nous. (J’ai appris bien plus tard que les pouvoirs du tatouage se sont estompés au moment où le château fut enfin organisé et prêt à demander des ordres à Ketsui. Elle a toussé nerveusement, les a fait disposer, et est retournée se coucher.)

"C’est different," ai-je répondu, "Les Matsu n’en avaient rien à faire de lui et de plus Maseru sait s’occuper de lui. Je te jure, je l’ai laissé pour mort au moins trois fois et à chaque fois il est revenu sans la moindre égratignure."

"Ouais," répondit Sanzo, "C’est comme si la Mort marchait un pas derrière lui..."

"Mais toujours avec un pas de retard," ai-je conclu.

"Hey, ça sonnait vachement bien," dit Sanzo, "On devrait mettre ça sur papier. Ca ferait un super texte d’ambiance." (NdT : le flavor text d’Hoshi Maseru est une combinaison des trois dernières phrases... ^_^)

"Arrête-ça !" Ai-je dit.

On a voyagé durant plusieurs jours. Finalement, l’abondance des plaines verdoyantes des provinces Lion finit par céder sa place à la sérénité glacée des terres Phénix. Le gel couvrait le sol et les arbres, et le spectre ombragé des montagnes se profilait à l’horizon. J’étais toujours fâché contre Sanzo pour avoir vendu Toku, alors on ne parlait pas beaucoup, mais au moins il n’avait pas essayer de discuter le fait de revenir au Palais Isawa pour le racheter. "Mais je rendrai pas la paille", promit Sanzo.

Un puissant grognement guttural déchira la nuit, et une ombre monstrueuse apparut sur la route à cent mètres de nous. Il leva un poing au dessus de sa tête, en tenant un katana brillant. Sanzo fit stopper la charette.

"C’est quoi ce truc ?" ai-je demandé.

"C’est l’ogre bushi !" dit Sanzo, effrayé.

Le monstre se mit à rire d’un air terrible et caverneux, et se mit à avancer vers nous.

"Je croyais que tu avait dit que tu t’en étais occupé !" ai-je dit.

"Je me suis occupé de la *situation*," corrigea Sanzo, "ce que j’AI fait en courant comme un dératé. On dirait qu’il m’a rattrappé, pourtant." Sanzo sauta de la charrette et commença à détacher son cheval.

"Qu’est-ce que tu fais ?" ai-je demandé.

"Je m’enfuis !" répondit Sanzo, "t’as vu la TAILLE de cette chose ? Magne-toi et amène-toi, Garou ! On peut tenir à deux sur Musha !"

"Tu peux pas passer ta vie le fuir !" ai-je dit en sautant hors de la charrette. L’ogre rugit et fit un autre pas vers nous, tranchant joliment une paire de bambous avec son katana. "Hey, Sanzo," ai-je ajouté en plissant les yeux, "c’est pas TON épée qu’il porte ?"

"Euh. Oui. En tout cas cela y ressemble," dit Sanzo, en tripotant le harnais de Musha sans lever les yeux.

"Sanzo, c’est ton katana ! C’est ton âme ! Tu peux pas laisser un monstre errer avec lui !"

"Bin, c’est pas comme si il allait me la rendre gentiment si je lui demandait poliment, hein, Monsieur Je-Passe-Un-Jugement ?" Sanzo détacha Musha et commença à la faire avancer.

L’ogre pouffa de rire. Je pouvais voir qu’il attendait que Sanzo grimpe sur son cheval pour qu’il puisse le renverser. Je me suis demandé si je pourrais lancer une Frappe de Jade à temps, ou si cela ferait suffisemment de dommages pour faire une quelconque différence. C’était un ogre sacrément gros.

"Tiens, prends ça !" ai-je dit en jetant ma Lame de Sang à Sanzo.

"C’est quoi ce truc ?" dit-il en l’attrapant maladroitement, "C’est pas cette vielle épée moche et toute pourrie que tu trimbales toujours avec toi ? Celle que tu as volé à Ginawa ? Cool." Sanzo la fixa à sa ceinture, puis se retourna pour monter sur Musha, mais elle était partie.

L’ogre bushi tenait Musha, à une main. J’ai attrapé mon parchemin de Frappe de Jade.

Sanzo devint tout pale. "Hey !" cria Sanzo, en s’avançant vers la massive créature et en se mettant dans ma ligne de mire, "c’est mon cheval !" Musha était son cheval préféré, avec de bonnes raisons de l’être. Elle n’était ni aveugle, ni boiteuse, et n’était même pas une chèvre comme ses chevaux précédents. Elle était con comme un balai, mais c’était un bon cheval.

"Petit Sanzo !" pouffa l’ogre, sa voix sombre et terrible, "Je pensais t’avoir déjà tué une fois ! Reviens quand j’ai fini de manger ce cheval et je m’arrangerai pour te tuer une seconde fois." Le cheval pendouillait bêtement dans la main de l’ogre, regardant alentours, sans se rendre compte de ce qui se pasait. Ce cheval était vraiment con comme un balai.

"REPOSE-LA TOUT DE SUITE !" dit Sanzo, sa main sur le manche de la Lame de Sang en s’approchant de l’ogre. Sanzo était vraiment effrayant, certainement plus brave que jamais. J’espérais que lui avoir donné la Lame de Sang n’était pas une mauvaise idée.

L’ogre bushi se retourna et fixa le relativement petit samurai. "Oh, si c’est pas mignon," dit-il, "Tu as même une nouvelle épée. Je l’ajouterai à ma collection quand j’en aurai fini avec toi." Il leva une épaisse cuisse en l’air et se mit à préparer un coup de pied, explosant la charrette et la renversant sur le côté. "Qu’est-ce que tu dis de CA ?" fit le samurai.

"Hey, je m’en fiche," déclama Sanzo d’un air dédaigneux, "Tu vois, mon pote, le truc c’est que tu peux te défouler sur mon katana, c’est qu’un morceau de métal. Tu peux te défouler sur mes amis, ils peuvent se débrouiller tout seuls. Tu peux même te défouler sur moi, personne ne m’aime de trop de toutes façons. Mais personne. Personne. PERSONNE ne se défoule sur le CHEVAL DE SANZO !!!!!!"

L’ogre bushi serra les dents, la furie berserk de Sanzo faisait naître un éclair de peur dans ses gros yeux. Le samurai sauta dans les airs, la Lame de Sang quittant son saya pour dessiner un arc tranchant latéral, amputant le bras de la bête et déposant Musha sur le sol. Elle se mit à brouter de l’herbe.

L’ogre regarda ébahi son moignon qui giclait un sang verdâtre sur la route.

"Tu m’as tranché le bras, Sanzo !" dit-il au samurai.

Sanzo ne fit que grogner, consumé par la rage sanguinaire de la Lame de Sang. Il sauta à nouveau vers l’ogre. Cete fois, l’ogre fit un pas de côté et shoota dans le dos de Sanzo, l’envoyant balader la tête la première contre un arbre. Il tomba sur le sol come une masse, immobile, en lâchant la Lame de Sang.

J’ai déroulé le parchemin que j’avais récupéré de ma poche. "Reflets de P’an Ku ???" me suis-je exclamé, "C’est quoi ce bordel ! C’est pas Frappe de Jade !" Il fallait décidément que je réorganise ma poche à parchemins. J’ai jeté le parchemin à terre et je me suis mis à chercher Frappe de Jade.

"Trop tard, petit Crabe," tonna l’ogre en se tournant vers moi, "Tes sorts ne peuvent plus te sauver, maintenant."

"Sympathetic Energies !" me suis-je exclamé en en jetant un autre. Zut, il fallait que je lance ce stupide sort sans le parchemin. J’espérais m’en souvenir. J’ai mis mes mains devant moi dans ce qu’il me semblait être le bon mudra.

"Ta magie ne peut plus te sauver," se mit à rire l’ogre, "ton intelligence ne peut plus te sauver, Il n’y a rien qui ne puisse te sauver ! Heh heh."

"ARRETE DE PARAPHRASER !" ai-je crié, en colère, "Ca m’énerve quand les gens font ça ! Utilise la bonne citation ou ne t’en sert pas du tout !" Il ruinait ma concentration.

"Oh, ouais ?" rit l’ogre, "Et tu vas faire quoi ?"

"Frappe de Jade," dit une voix derrière l’ogre. Il y eut un brillant flash vert, et l’ogre devint la plus grosse briquette de charbon que j’ai jamais vu.

"Qui ?" ai-je dit, émerveillé, en faisant une pause pour récupérer mes sorts par terre. Note pour plus tard : l’ordre alphabétique. C’est ça qu’il me fallait.

Un très vieil homme en robes bleues avec un grand chapeau bleu mit le pied sur la route en souriant. "Bonjour, Yasuki Garou," dit-il, "Je te souhaite la bienvenue en terres Phénix."

"Maitre Kuro !" ai-je dit en m’inclinant profondément. Naka Kuro était le Grand Maitre des Cinq Eléments. Je me suis vaguement demandé ce que le plus grand shugenja de Rokugan, et le plus puissant des trois ou quatre Phénix qui restaient faisait à se balader en forêt.

"Je parie que tu te demandes ce que je fais à me balader en forêt, pas vrai ?" dit Kuro, en croisant les bras dans ses manches, "C’est plutôt pas banal, eh ?"

Pas loin, Sanzo grogna et se mit assis. "Wow !" dit-il en fixant l’ogre mort et fumant, "C’est moi qui ait fait ça ?"

"Non, c’est moi," dit Naka Kuro, ennuyé, "Tu t’es pris une grosse raclée comme d’habitude, Sanzo."

J’avais entendu des rumeurs comme quoi Naka Kuro savait tout. Apparemment, c’était vrai.

"Merci d’avoir détruit l’ogre pour nous, Kuro-sama," ai-je dit plein de respect, "s’il y a quoi que ce soit que l’on puisse faire pour vous rendre la pareille..."

"Oh, c’est pas nécessaire," dit le vieil homme en secouant la main comme pour chasser cette idée.

"Non vraiment," dit Sanzo, "Garou a raison. Vous nous avez vraiment retiré une bonne épine du pied, sur ce coup là."

"Oh c’était pas grand chose," il se mit à rire, "n’importe qui en aurait fait autant."

"Je sais pas," ai-je dit en fixant le monstre roti à souhait, "cet ogre était puissant. Il nous aurait certainement tué tous les deux. Vous êtes sûr qu’il n’y a rien que l’on puisse faire pour vous ?"

"Bien." dit Kuro, "Il y a bien une petite chose ?"

"Qu’est-ce que c’est ?" demanda Sanzo, en se levant et en brossant la poussière de son kimono, "Quoi que ce soit, considérez-le comme accepté !"

"Okay," dit abruptement Kuro, "eh ben jurez fidélité au Phénix, alors."

Sanzo et moi avont échangé un regard interloqué.

"Asako Garou ? Shiba Sanzo ? Enchanté." Naka Kuro applaudit, s’approcha de nous, et posa son bras autour de mon épaule. "Hey, Garou, tu sais qu’on a une offre d’emploi pour un super poste de Maître de la Terre..."

A SUIVRE...


Hidden Emperor, Partie Huit

Le kimono n’était pas vraiment à ma taille, et l’orange n’était vraiment pas ma couleur.

"Ca te va super !" m’assura Naka Kuro, "Un vrai Phénix ! Un vrai Maître de la Terre ! Les autres n’en reviendront pas. Sanzo, comment ça va pour toi ?"

Sanzo leva les yeux d’un air dépité, en tenant son heaume dans ses mains. "Je dois vraiment porter toutes ces plumes ridicules ?" demanda-t-il d’un air morose.

"Elles font partie du look," répondit Naka Kuro en plissant le front.

"Je ressemble à une lopette de Grue," cracha Sanzo.

"Tu ressembles à un Phénix !" dit gaiement Kuro.

Nous étions dans un petit village juste en dehors des ruines du Château Isawa, au coeur des terres Phénix. Pendant que nous recherchions notre ami Toku (que Sanzo avait vendu contre une charrette de paille) nous nous sommes fait attaquer par un ogre bushi. Nous aurions été tués sans l’intervention à point nommé de Naka Kuro, le Grand Maitre des Cinq Eléments. Il ne demanda qu’une petite faveur en retour : que l’on prête allégeance au Clan du Phénix.

Je me suis vaguement demandé si cela allait interférer avec notre planning pour sauver l’Empereur disparu.

"Donc," ai-je demandé, "Quand est-ce que l’on fait le Serment d’Allégeance ?"

Naka Kuro regarda d’un air perplexe. "On l’a déjà fait, Garou," dit-il, "tu te souviens pas ?"

"Euuh... non," ai-je dit.

Sanzo se gratta la tête. "Est-ce que c’était au moment ou vous nous avez piégé pour accepter d’être des Phénix en échange d’avoir tué l’ogre ?"

"Non, c’était le moment juste après," répondit Kuro.

"Quel moment ?" dit Sanzo.

"Tu sais bien. J’ai dit ’Qui c’est les plus grooves ?’ et vous avez dit ’Phénix.’ Puis j’ai dit ’C’est qui les plus classes ?’ et vous avez encore dit ’Phénix.’ Ensuite j’ai dit ’Quel clan majeur est le super groovy jazzy mac of ze world ?’ et vous avez répondu ’Phénix’. C’était ça. C’est tout."

Sanzo et moi avons échangé un regard. "Je ne m’en souviens pas," avons-nous dit en même temps.

Kuro cligna des yeux. "On a sauté ce moment ? Oh, flute, eh bien cela m’arrive d’avoir des trous de mémoire. De plus en plus souvent, d’ailleurs, ces derniers temps. Bien, ne vous inquiétez pas."

"Je me suis toujours imaginé que le Serment serait un peu plus formel que cela," dit Sanzo, "Avec un genre de rituel d’échange de sang ou quelque chose dans le genre, au moins."

"Oh, oui, tu as raison," dit Kuro, "On a un petit peu changé les règles. Ca a rendu les choses plus simples pour tout le monde. Après tout, on peut pas trop se permettre d’être difficiles en ce moment, hein, Shiba Sanzo ? Hein, Asako Garou ?" Kuro fit un clin d’oeil complice et conspirateur. "Bref, j’ai encore un peu de travail à faire au village. Vous, les garçons, vous partez devant vers le chateau pour rencontrer tout le monde. Je vous rejoins tout de suite." Le vieux sorcier sourit et s’inclina, puis fila droit vers la maison de geisha la plus proche, en nous laissant à nos pensées.

"Alors, tu en penses quoi, Sanzo ?" ai-je demandé.

"Ahem," dit Sanzo, "C’est SHIBA Sanzo."

"Tu vas pas vraiment continuer ce truc ?"

"Ch’ais pas, Garou," répondit Sanzo, "t’as toujours été un Crabe, alors l’allégeance c’est un gros truc pour toi. Mais moi ? J’ai jamais eu de clan auparavant. En fait je crois que j’aime ça." Il regarda la chose pleine de plumes dans ses mains. "Enfin, excepté le heaume."

"Tu n’as jamais eu de clan ?" ai-je demandé, "J’ai toujours pensé que tu étais un Dragon, avec le kimono vert et or, le tatouage, et tout et tout."

Sanzo haussa à nouveau les épaules. "Peut-être. Ch’ais pas. Je te rappelle que mes parents ont été tué par cet ogre bushi quand j’étais tout petit. J’ai été élevé par des marsupiaux."

Je l’ai fixé. "Arrête d’inventer n’importe quoi."

"Hey, les mecs !" lança une voix sur la route. On s’est tous deux retournés. Un samurai plutôt petit et bouffi courait vers nous, vêtu d’une armure jaune et orange.

"Toku !" ai-je crié en souriant, "On t’a cherché partout !"

"Garou !" cria-t-il en retour, "Tu es vivant ! Oh, et on dirait que Kuro vous a eu aussi."

"Ouais," ai-je répondu en regardant mon tout nouveau kimono orange. Mon vieux kimono bleu me manquait. Au moins ils m’avaient laissé garder mon chapeau, bien qu’ils aient collé un mon Asako dessiné à la va-vite sur le chrysanthème et la carpe des Yasuki. "On est tous les deux des Phénix maintenant," ai-je ajouté.

Toku haussa les épaules. "Ne te mine pas trop," dit Toku, "Ils font ça à tout le monde."

J’ai regardé alentours. C’était vrai. Presque tout le monde pourtait des couleurs Phénix, et ceux qui ne l’étaient pas étaient en danger permanent de recrutage involontaire. J’ai remarqué que les calèches avaient changé leurs prix de ’une pièce d’argent’ à ’un Serment d’Allégeance aux Phénix’ (ce qui, bien sûr, n’était précisé qu’à la fin du voyage), tous les WC avaient des pancartes "Phénix uniquement," et (dans ce qui me semblait être le plus cruel de leurs systèmes) beaucoup d’enfants samurai couraient dans les rues en jouant à un jeu qu’ils appelaient "Chat-llégeance." Je n’étais pas certain de la nature exacte des règles, mais apparemment ils étaient plutôt lestes sur les règles et touchaient tous ceux qu’ils pouvaient atteindre. Ce qui, finalement, n’était pas si mal. Quand les neuf dixièmes de ton clan sont réduits en poussière par un dingue souillé par la maho, tu t’arranges comme tu peux pour remettre ton équipe au gout du jour.

"Et ça c’est rien," sourit Toku, "Attends de voir demain."

"Y’a quoi demain ?" demanda Sanzo.

"Le Jour d’Allégeance. Tout ceux de la ville qui participent à la fête deviendront un membre officiel du Clan du Phénix."

"C’est quoi comme genre de fête ?" sourit Sanzo, toujours prêt à se défouler.

"Euh.... la respiration. Tout le monde est invité à participer. Tu comprends ?" demanda Toku.

"C’est plutôt crade comme astuce," ai-je dit.

"Ils ne l’ont même pas encore annoncé !" dit-il. Puis il fronça les yeux. "Hey, Garou, ne dit pas de méchancetés sur mon Clan."

Sanzo le gifla. "Espèce d’idiot ! C’est aussi son clan ! De plus, ils nous ont conscrit !"

"Ca veut dire quoi, ’conscrit’ ?" demanda Toku en massant sa mâchoire.

Sanzo le gifla à nouveau. "Mis le grappin dessus ! Mis la bride autour du cou ! Recrutés dans leur clan contre notre volonté !"

"En fait, Sanzo, ils m’ont dit que dans mon cas c’était une idée à toi," chouina Toku.

Sanzo le gifla à nouveau.

"Mééé ! Pourquoi cette fois ?" couina-t-il.

"Désolé, Toku," dit-il, "En fait tu avais raison pour cette fois. Mais c’est juste un réflexe."

"Oh, je comprends alors," répondit Toku.

"Hey, c’est quoi ton problème ?" ai-je demandé à Sanzo, "Pourquoi t’arrêtes pas de gifler Toku ? Je croyais que cela te plaisait d’avoir un clan."

"Ouais," dit Sanzo, "Cela me plaisait quand c’était un clan avec cinq ou six personnes dedans. J’aurais pu être quelqu’un d’important, draguer des moeufs. Maintenant je suis juste... Un membre d’une équipe. Va chier, je trouve une excuse. A qui on doit s’adresser pour se sortir de ce pétrin, Toku ?"

"Tsukune, probablement," dit-il, "C’est la daimyo. De toutes façons vous devez aller la voir puisque vous êtes nouveaux."

"Ouais," ai-je dit sèchement, "Je suis le Maître de la Terre."

"Cool !" dit Toku, "Je suis le Maître de l’Air !"

Sanzo et moi l’avons fixé bêtement.

"Tu peux pas être le Maître de l’Air, idiot," dit Sanzo, "T’es pas un shugenja."

"Tsukune a dit qu’ils pouvaient pas se permettre d’être aussi sélectifs qu’avant," répondit Toku, "En plus, ils m’ont donné un yari vraiment cool ! Vous voulez le voir ?"

"Non," répondit Sanzo en dirigeant son cheval vers le Château Isawa. Toku et moi avons suivi.

Le château n’était pas très gros, mais c’était l’un des plus hauts batiments qu’il m’ait jamais été donné de voir. Il était entouré de chantiers de construction, et un gros panneau sur le devant affichait "Désolé pour le bordel !" avec un petit dessin humoristique d’un Phénix avec un casque juste en dessous. Un autre écriteau, juste à côté mais beaucoup plus gros, affichait simplement "ON EMBAUCHE !"

"Wow, ils ne sont PAS timides à propos de cette histoire d’allégeance," observa Sanzo.

Les portes étaient ouvertes et on est entrés dans le jardin qui entourait le château en lui-même. Les plantes étaient magnifiques, totalement repoussées et remises à neuf depuis que l’armée de Yogo Junzo avait mis le feu au château il y a quelques années. Je suppose que ce genre de choses était beaucoup plus facile lorsqu’on avait autant de magie que le Clan du Phénix. A défaut d’autres choses, je pourrais toujours améliorer mon lançage de sort tant que j’étais sur place. J’avais toujours été un sorcier plutôt médiocre, à passer trop de temps avec mes amis et à déconner avec des ratlings plutôt que de me donner la peine de rechercher de nouveaux sorts.

"Je me demande bien pourquoi on t’a envoyé à l’école de shugenja," se plaignait souvent ma mère, "T’es même pas capable de lancer une Tombe de Jade."

"Frappe de Jade est tout aussi efficace, maman," répondais-je, "C’est plus rapide et tu peux le lancer plus facilement. De toutes façons, tu n’y connais rien à la magie, alors je ne pense pas que tu devrais me faire la morale là dessus."

"J’y... J’y connais rien ???" soufflait ma mère, puisqu’elle était l’expert sur tout et n’importe quoi bien qu’elle ne soit que la femme d’âge mûr d’un marchand de cookies, "Ce que JE SAIS c’est que ton père a travaillé comme un forçat pour t’envoyer à cette école de Shugenja Kuni et t’obtenir le meilleur prof qui soit en la personne de ce Monsieur Kuni et tout ce que tu fais c’est te plaindre et perdre ton temps."

"J’ai sauvé le mur pendant le Coup d’Etat du Clan du Scorpion !" répondais-je mais elle ne m’écoutait plus, "Et en plus, il n’a rien dépensé. Il a gagné mon tutelage par Kuni Yori suite à une partie de cartes."

"C’est pas le problème !" répondait-elle, car si je démontrais quelque chose il devenait de son devoir de prouver le contraire, et le duel continuerait jusqu’à ce qu’elle pense avoir gagné ou que je quitte la maison pour aller me balader dans l’Outremonde avec le chef Ipakak et la Tribu de la Troisième Moustache. Mais arrêtons là. Cette histoire s’appelle "The Hidden Emperor : L’empereur caché", pas "La Mère de Garou", donc je vais essayer de revenir sur le sujet.

A un bout de la cour, une jeune fille était assise avec un cercle d’enfants autour d’elle. Elle s’est retournée et nous a fait signe de la main avec un sourire. Elle devait avoir dans les seize ans, et bien qu’elle ne soit pas le genre de fille à vous faire vous retourner dans la rue, elle était plutôt mignonne. J’ai pu voir Toku rougir un peu en répondant à son signe de la main.

"Hey, c’est qui, Toku ?" aiguilla Sanzo, en donnant du coude au petit samurai, "Tu te ramasses une meuf pendant qu’on a le dos tourné hein ? Hein ?"

Toku fixa le sol en essayant de ne pas sourire. "C’est, mh, c’est juste Osugi," dit-il, "C’est... Euh... C’est une amie. Une bonne amie." Ses yeux étaient tout brillants.

Le visage de Sanzo se figea et il sourit. Il me fixa et on échangea ce regard de "Il sait pas se démerder". J’ai un peu pouffé, je trouvais que c’était mignon qu’elle plaise à Toku. Ils avaient à peu près le même âge (Toku avait sauté quelques classes au lycée) et ils avaient l’air de former un joli couple. J’ai pensé que cette amourette était plaisante, et constituait une pause bienvenue après les évènements bizarres de ma propre vie amoureuse.

Sanzo, par contre, n’eut aucune pitié.

"Toku, mon ami," dit-il, en se penchant pour mettre son bras autour des épaules de Toku, "On doit parler. Cette fille. Tu ne lui as même pas dit qu’elle te plaisait, je suppose ?"

"Euh... non," dit Toku, "Je ne pensais pas que ce soit le bon moment, tu sais."

"Elle te connait à peine, donc ?" continua t’il.

"Bin, on s’est parlé, quelques fois. J’ai été lui chercher des trucs au village. Elle est très occupée."

"Et puis-je me permettre d’assumer que vu que tu es sous son charme, toi, comme je te connais, Toku, tu as abandonné toute pensée d’ouvertures avc d’autres filles quelles que soient leurs intentions."

"Ouais," dit-il prudemment."

"Elle, je suppose, n’a pas fait le même genre de voeu à ton égard ?" demanda Sanzo en soulevant les sourcils d’un air inquisiteur.

"Non," dit tristement Toku.

"C’est bien ce que je pensais. Ouaip, bien ce que je pensais." Sanzo retira son bras de l’épaule de Toku et croisa ses mains derrière son dos. Il s’éloigna de quelques pas, en profonde réflexion. J’ai jeté un coup d’oeil sur le groupe d’enfants. Apparemment elle leur apprennait la magie. Un des gamins pointa un doigt vers une fleur et la grilla d’un zap avec un petit éclair. Wow. J’en étais pas capable.

"Tu sais quoi, Toku," dit finalement Sanzo, "Je vais te faire une faveur."

"Tu vas lui demander si elle veut bien sortir avec moi ?" répondit Toku en sautant sur une conclusion heureuse.

"Non," dit Sanzo en brisant ses espoirs, "Je vais lui demander si elle veut bien sortir avec MOI. Je vais l’emmener dans un rencard à deux balles, je vais lui faire payer ce qu’elle mange, je la ferai monter à l’arrière de mon cheval pour la ramener chez elle et je ferai une tentative grossière de la séduire quand je la dépose. Ce qui devrait la rendre amère et dégoutée des hommes pendant au moins un an. Crois-moi, j’ai bien expérimenté cette technique. Tu as exactement cinq minutes avant que je ne me mette à l’oeuvre."

Le regard de Toku fit des aller-retours entre Osugi et Sanzo d’un air paniqué. "Garou, qu’est-ce que je dois faire ?" demanda-t-il.

"Faire quoi ?" ai-je répondu. Je n’avais pas trop suivi la conversation, j’essayais d’entendre le cours de niveau d’entrée des Phénix.

"Garou, tu veux bien surveiller mon cheval une seconde," demanda Sanzo, "Je dois parler à quelqu’un."

"NON !" tonna Toku.

Tout le monde dans la cour se tut pour nous fixer. Toku devint rouge tomate et Osugi pouffa de rire.

"Je vais lui proposer de sortir avec moi," chuchota-t-il d’un air résolu, et se dirigeant d’un pas décidé vers la classe.

"Wow, c’était plutôt efficace, Sanzo," ai-je dit.

"Deux koku qu’il se dégonfle comme une poule mouillée," répondit-il.

"S’il te plait," ai-je lancé, "Plus de poules ou de poulets..."

C’est à ce moment que les portes du palais se sont ouvertes pour laisser sortir une grande et belle femme, comme une statue de marbre. Ses longs cheveux flottaient derrière elle dans le vent de la montagne pendant que ses yeux sombres se concentraient sur la totalité du jardin. Elle se dirigea vers Sanzo et moi avec des yeux plissés de curiosité.

"Garou !" s’exclama Sanzo, "Ton tatouage !"

C’est à ce moment que j’ai réalisé que le kimono de style Phénix que Kuro m’avait donné était à manches courtes. Avec tous les chamboulements, la confusion, l’allégéance et tout ça le tatouage que j’avais reçu d’Hoshi m’était sorti de la tête. Je n’étais toujours pas certain de la manière exacte dont marchait ce truc, mais il avait séduit Hitomi, Matsu Ketsui, et une pièce remplie de Vierges de Bataille Lion et la dernière chose dont j’avais actuellement besoin était justement de séduire la Championne du Clan du Phénix. (Je cherchais un moyen de QUITTER cette famille !) j’ai essayé de baisser la manche aussi bas que possible sur mon biceps et, voyant que c’était inutile, je me suis mis derrière Sanzo. Il essaya de se rendre aussi imposant que possible et afficha un sourire poli.

"Konichiwa," dit-elle en regardant Sanzo d’un air intrigué puis en essayant de croiser mon regard par dessus son épaule, "Vous êtes nouveaux, je suppose ?"

"Oui oui, nouveaux," répondit Sanzo en essayant de prendre un air suave, mais qui était plutôt un air de Sanzo... "C’est tout à fait ça. Je suis Shiba Sanzo et voici mon serviteur personnel, Asako Garou." Sanzo, à ce moment, par un éclair de génie dans son petit cerveau, s’inclina devant Tsukune qui put avoir une vue plongeante et totale sur mon tatouage.

"Pourquoi est-ce qu’il se cache comme ça ?" demanda-t-elle, "et pourquoi il frotte son bras comme ça ?"

"Euh... Des démangeaisons," dit Sanzo, "Un truc qu’il a attrapé sur les montagnes d’Hitomi."

"J’en serais seule juge," dit elle sèchement, "Maintenant arrêtez cette mascarade." Elle écarta Sanzo et regarda droit sur le tatouage qu’Hoshi m’avait donné.

Une fille en bikini avec un marteau sourit en retour.

"Par les Tonnerres, qu’est-ce que cela veut dire ’Les Crabes font ça de côté’ ?" demanda-t-elle en fronçant le regard, "Ca a l’air cochon."

J’ai croisé son regard avec crainte. "Je ne vous attire pas ?" demandais-je.

Elle eut l’air encore plus confuse, et sacrément embêtée. "Quoi ?" dit-elle.

"Je veux dire, vous n’avez pas envie de retirer vos vêtements pour me séduire ?" ai-je ajouté en serrant les dents.

Elle attrapa son katana.

"Attendez ! Attendez !" cria une voix, "Je crois que je peux tout expliquer !"

On s’est tous tournés vers le château, d’où un vieux et sage shugenja Dragon était en train d’émerger. Il se pressa vers nous et mit une main sur le bras droit de Tsukune et s’inclinant poliment vers moi.

"Un simple malentendu," lui dit le Dragon, "Permettez-moi, Tsukune-san."

"Fais vite," dit-elle en me fusillant des yeux.

"Je suis Agasha Tamori du Clan Dragon," nous dit-il avec un sourire, "Je vois que vous avez acquis l’un de nos derniers modèles de tatouages."

"Ouais, ai-je dit en frottant mon bras par réflexe, "Vous pouvez m’aider à l’enlever ?"

"Ahhhh," se mit à rire Tamori, "Pourquoi le voudrais-tu ? Quand Mitsu à trouvé le Dragon en lui, il a appris à courir avec le vent. Quand Mikoto trouva sa lune, il apprit à aimer la lumière. Quand Kama fut bercé par le tonnerre, il apprit à danser avec les éclairs. Chaque tatouage a un but. C’est ton âme, mon garçon. Tu dois apprendre ses leçons. "

"Oui," pouffa Sanzo, en essayant de prendre un air profond "Toi aussi, monter la Salope Crabe, tu dois, Garou."

Tsukune et Tamori l’ont fusillé des yeux. Je suis sûr que l’expression de mon visage n’était pas vraiment un exemple d’amour non plus, à ce moment précis.

"C’est pas ce que je voulais dire," dit-il en reculant pour aller arranger la selle de son cheval.

Tamori secoua la tête. "La Salope Crabe," continua-t-il, "comme ton ami l’a si rudement appelée, n’est pas un tatouage qui m’est inconnu. Son pouvoir est simple. Il augmente ton attraction envers ceux qui te trouvent attirant. Il ôte les inhibitions de ceux qui t’aiment déjà, te permettant enfin de trouver l’amour véritable."

"Hitomi et Ketsui ???" me suis-je exclamé, "Elles m’aiment ?"

Tamori haussa les épaules. "L’amour est aveugle."

"Je le serai aussi si tous ces Lions et ces Ise-Zumi m’attrapent !"

Les yeux de Tamori s’écarquillèrent. "Hm. Peut-être pourras-tu partager ces histoires avec moi un autre jour. Je serai dans le château si tu as besoin de moi, Tsukune." Il s’inclina à nouveau et trottina au loin.

Tsukune nous fusilla des yeux pendant encore un petit moment. "Vous deux, vous aviez besion de quelque chose ?" demanda-t-elle.

"Euh... ouais," ai-je dit, un peu embêté de l’histoire du tatouage, "On vient de jurer allégeance au Clan à Naka Kuro."

"Félicitations," dit-elle, "C’est tout ?"

"Eh bien, on aimerait démissionner," ai-je dit.

"Pourquoi, on n’est pas assez bien pour vous ?" elle se remit à esquisser un mouvement vers son katana. Sanzo se mit de l’autre côté de son cheval en continuant à arranger sa selle.

"Non, non, non, c’est pas ça !" ai-je répondu, en tendant les mains en supplication, "c’est juste que, en fait, on est occupés."

"Occupés. A faire. Quoi." Elle avait l’air d’être une personne colérique. Elle n’avait pas trop l’air de nous apprécier. Ce qui était dommage puisque, comme je l’avais dit, elle était très jolie.

"On est à la recherche de l’Empereur !" ai-je dit enfin. C’était la vérité. Elle n’avait qu’à se débrouiller avec...

Tsukune soupira et leva les yeux au ciel. "Ah ouais ? Euh, c’est pas pour être méchante, mais QUI ne l’est pas ? Pffff, c’est la plus mauvaise excuse qu’on me sort. Tout le monde s’en sert. Tout le monde est à la recherche de l’Empereur. Tout le monde sait où se cache Toturi et personne ne peut rester au palais car ils DOIVENT le trouver. Enfin, tout le monde sauf ces gars là." elle fit un signe vers six Scorpions en train de jouer au poker de l’autre côté du jardin, qui étaient plutôt heureux d’être des Phénix puisqu’ils n’étaient plus obligés d’aller en exil dans les Terres Brûlées. Shiba Tangen me fit signe de la main, et Shiba Dozan en profita pour jeter un coup d’oeil aux cartes de Tangen.

"Mais..." ai-je avancé, "On est VRAIMENT à la recherche de l’Empereur."

"Ouais !" ajouta Sanzo de derrière son cheval, "C’est nous qui l’avons kidnappé, bon sang !"

Okay, c’était peut être l’information qui était de trop. Tsukune m’a regardé comme si on était fous.

Je me suis dit, au point où on en était, j’avais qu’à continuer. Cela pouvait pas être pire. "L’Empereur est devenu saoûl suite à un abus de détergent pour cailloux Zokujin et a déclaré que les Grues devraient fondre dans l’eau et autre alors on l’a kidnappé puis on est allé dans le Sanctuaire Ténébreux mais la Lame d’Obsidienne à tout tordu le sort et la maho l’a transformé en poulet mais en fait c’était un coq et on s’est mis à votre recherche mais on n’a pas pu vous trouver vu que vous aviez pas encore cette passion pour l’allégeance et Toku a laissé s’échapper le poulet et Toturi s’est envolé et Hoshi a dit que c’était notre destin de le trouver mais qu’on devrait être tous les quatre et on a perdu Agetoki et Sanzo a vendu Toku ici contre une charette de paille et l’ogre a détruit la paille et Kuro nous a sauvé et maintenant on est ici" j’ai violemment inspiré pour reprendre ma repiration.

Tsukune nous a fixé un long moment. Toku nous a rejoins avec un grand sourire bête sur le visage.

"Un poulet," répondit Tsukune sans inflexion de voix, les poings sur les hanches.

"En fait, il est dingue," dit Sanzo en s’avançant et en faisant des gestes vers moi, "Je crois qu’il a la Souillure, mais on n’est pas encore sûrs."

"Un poulet noir ?" demanda Tsukune, en soulevant un sourcil.

On s’est tous regardés bêtement. Je n’avais pas dit que le poulet était noir.

"Ouais, un poulet noir," ai-je répété, "c’est ça."

Tsukune se retourna pour regarder les ruines d’Isawa Palace. "Venez avec moi," dit-elle, "Je pense que vous devez parler avec Norikazu."

A SUIVRE...

Trajet hasardeux vers l’Episode VI


Tous les zolis petits dessins ont été créés par Rich Wulf.



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