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Rokugan 2000

Rokugan 90210

Episode VII

lundi 13 juillet 2009, par Yasuki Garou

Contient : Morikage, Parties un, deux et trois

HANTEI XXIII
LYCEE PUBLIC
ALBUM DE FIN D’ANNEE

Hida Yasamura

Club des 4H

Hitomi Kokujin

Y.M.M.C.A.

Young Men’s Moon Cultist Association.

Tzurui

Water Polo

Repli discret vers l’Episode VI

Morikage, Partie Un

"C’est vraiment bizarre, Garou."

"A mon avis, tout est de la faute de Sanzo," répétai-je, en avalant une autre bouchée de riz.

"Vraiment," répondit Uji, en sirotant un peu de son thé, "Je n’ai pas le même avis."

Je haussai les épaules. "Et bien, c’est lui qui a tout commencé. C’était son idée de kidnapper l’Empereur. C’est lui qui a joué avec la Lame d’Obsidienne alors qu’on était dans le Sanctuaire Ténébreux. Il a vendu Toku au Phénix, également."

"C’est vrai, vous avez raison," dit Uji, en prenant un petit biscuit et en le cassant en deux, "mais on dirait que vous avez tous les quatre votre quota d’erreurs, hein ? Si vous avez raconté votre histoire correctement, en tout cas."

"Bien sûr que j’ai raconté mon histoire correctement," reniflai-je, "Vous pensez vraiment que j’ai changé quelque chose ou mis de côté certains détails ?"

"Et bien," gloussa Uji, en lisant le petit mot à l’intérieur de son biscuit, "Ca a l’air un peu stupide. Avec ce tatouage magique aphrodisiaque et cet oracle disco et tout ça."

"Chaque parole était vraie ! Pourquoi aurais-je inventé tout ça ?"

"Peut-être dans une tentative maladroite d’amuser les gens ou d’attirer l’attention sur vous, non ?" dit le Grue en riant, "mais vous n’auriez pas fait une telle chose, n’est-ce pas, Crabe ?"

"Je ne suis plus exactement un Crabe," dis-je, honteux.

"Vraiment ?" demanda Uji, "Que s’est-il passé ?"

"J’arrive à cette partie ; c’était après que nous ayons parlé à Kuni Yori. Notre aventure ne fait que commencer."

"Ah. Alors je vous demande de me pardonner pour avoir interrompu votre histoire. Je vous en prie, continuez."


"Suivez-moi," dit Kuni Yori, se retournant et s’avançant à travers les terres craquelées de l’Outremonde. Les hordes de gobelins et de démons mineurs s’écartaient de son chemin.

Toku, Sanzo, Matsu Agetoki et moi marchions rapidement derrière notre ex-prof d’algèbre souillé, vraiment proches de lui au cas où un de ses suivants auraient la moindre mauvaise idée.

"Alors, comment allez-vous faire pour nous envoyer à Morikage, Monsieur Kuni ?" demanda Sanzo.

"J’imagine que je vais faire ce que je fais d’habitude," dit-il, "invoquer un oni."

"Cool !" dit Sanzo.

"J-j-je sais pas trop," bégaya Toku, apeuré. "Et si l’oni essaie de nous manger ou quoi ?"

"Peuh," dit Monsieur Kuni d’un revers de main, "Les oni ne mangent pas les gens. C’est une fausse idée que les gens ont, Toku."

"Hé, mais, pendant le Jour des Tonnerres ?" demanda Sanzo, "Il y avait plein de bêtes horribles qui tuaient des gens dans la capitale, ce jour-là."

"Comment le saurais-tu ?" grogna Agetoki, "Tu étais resté à la maison parce que tu étais malade, ce jour-là, andouille."

"Euh... vous me l’avez raconté, les mecs," répondit Sanzo, ses yeux rivés sur le sol.

"Bon, je suppose que certains oni, à l’occasion, lorsqu’on les provoque, mange parfois une personne. Ou deux. Je vous concède cela," dit prudemment Kuni Yori, "mais vous n’avez rien à craindre de cet oni. Je doute qu’il mange n’importe lequel d’entre vous."

Yori claqua des doigts, et le sol trembla. Une énorme créature pourpre toute en muscles et en os s’arracha du sol, faisant au moins deux têtes de plus qu’Agetoki lui-même. "JE SUIS GEKKIDO, LE TUEUR DE JIGOKU !" rugit-elle.

"Ce truc va vraiment nous bouffer," pleurnicha Toku.

"Gekkido," dit Yori, "Va chercher Pekkle."

"Okay," dit-il, et il retourna sous terre. Un instant plus tard, un petit enfant de dix ans en kimono émergea de la fissue, souriant.

"Salut, je suis Oni no Pekkle !" dit-il, "Je vous aime."

On s’est tous regardés pendant une minute.

"C’est quoi ce truc-là ?" demanda Agetoki, le désignant du doigt.

"C’est l’oni qui va vous accompagner," répondit Yori, "Je sais que Pekkle n’a pas l’air terrible, mais avec la Guerre dans l’Outremonde et tout ça, nous n’avons plus beaucoup de ressources. Pekkle ne peut pas vous emmener jusqu’à Morikage, d’ailleurs. Mais il vous emmènera assez près."

"Il n’a pas l’air terrible ?" ricana Sanzo, "Ce truc n’est pas même légal en format jade-étendu !"

On a tous regardé vers Sanzo.

"Et qu’est-ce que ça signifie, ’légal en format jade-étendu’, Sanzo ?" demanda Yori.

"Je... Je ne sais pas," dit Sanzo, en posant la main sur son front, "Parfois, je dis des choses et je ne sais pas ce qu’elles signifient !"

"Ouais, bon, on s’en occupera plus tard," dit Agetoki, hochant de la tête, "Comment est-ce que l’oni fonctionne ?"

Pekkle étendit les bras et sourit. "Câlin !" cria-t-il.

"Quoi ?" demanda Agetoki, apeuré, "Qu’est-ce qui se passe ?"

"Vous devez faire un câlin à Pekkle, ou il ne vous aidera pas," expliqua Yori.

"Pas question que je fasse un câlin à cette chose !" dit Agetoki.

"Câlin !" répéta Pekkle, avec un large sourire.

"Vous feriez mieux de lui faire un câlin avant qu’il ne commence à chanter," avertit Yori, "Il regarde beaucoup les Teletubbies, ces derniers temps, et—"

"Okay, okay," dit Agetoki et il prit le petit oni dans ses bras.

"Câlin !" répéta Pekkle, se tournant vers Toku.

"Ohlala," dit Toku, "Les trucs que je fais pour l’Empereur." Il prit Pekkle dans ses bras.

"Câlin !" dit-il à Sanzo.

Sanzo fit un pas en avant. "J’ai été dans l’Outremonde une dizaine de fois, les gars," dit-il, "mais je dois dire que cette chose est la plus effroyable que j’ai jamais vu." Il prit l’oni dans ses bras.

Je me suis avancé à mon tour. Pekkle m’ignora.

"Hein ?" dis-je.

"Tu n’as pas besoin de faire un câlin à Pekkle, Garou," dit Yori, "Tu fais déjà partie de la famille."

"Quoi ?" ai-je répondu, choqué, "Qu’est-ce que ça signifie ?"

"Hum ?" dit Yori, "J’ai dit quelque chose ? Ca ne devait pas être important. Bon, on se voit plus tard, les garçons. Bonne chance !"

Le monde se mit à tourner et à devenir flou, et on s’est soudain retrouvé debut sur un flanc de colline rocailleux, avec des petits flocons de neige tombant sur nous. Les terres du Dragon. Oni no Pekkle, heureusement, n’était visible nulle part.

"C’est vraiment très joli, ici," dit Toku, "Faudra que je pense à prendre ma retraite ici, un de ces jours. Ou dans les terres Phénix."

"Ouais, mon oncle vit sur les terres Phénix," répondit Sanzo. "Enfin. Près des terres Phénix. Il vit à Reno. C’est près de Phoenix, pas vrai ?"

Agetoki hocha la tête et grommela quelque chose dans sa barbe.

"VOUS, ARRETEZ-VOUS !" hurla une voix venant des buissons.

Ce qui était bizarre, puisque je n’avais ni remarqué le buisson, et encore moins le type dans le buisson, ce qui voulait dire qu’il devait êre vachement doué pour la discrétion. Mais je digresse.

"Yasuki Garou," rugit un ronin à l’air un peu débraillé, en s’avançant vers moi, "Et vous trois. Je savais que je tomberais sur vous à nouveau. Comment ça va, Toku ?"

"Salut, Ginawa !" dit joyeusement Toku, "Que deviens-tu ?"

"On pourrait vous poser la même question ! APPARITION DU NINJA !" hurla un homme en blanc, en sautant d’un arbre proche et en faisant un triple salto arrière pour atterrir pratiquement sur ses pieds. "Aïe," dit-il une fois étendu par terre.

"Non, pas encore ces types," marmonnai-je, en m’asseyant sur un rocher, soupirant.

"J’y suis presque arrivé, cette fois-ci," dit Hiroru, en levant un doigt, "Un de ces jours, j’atterrirai sur mes pieds !"

"Relève toi, crétin," dit Ginawa, en s’asseyant sur un rocher. "Alors, comment avez-vous réussi à arriver aussi loin, tous les quatre ?"

"Arriver aussi loin ?" demandai-je, "Que veux-tu dire ?"

"Les armées !" dit Ginawa, "Les armées d’Hitomi sont en train de se battre avec les Naga ! On est en plein milieu ! J’ai eu du mal à passer au travers sans me faire voir, en tirant monsieur le Super Ninja derrière moi. Je t’envie, Garou. Là, mon job ressemble beaucoup à du babysitting, sauf que j’suis pas payé."

"Le Dragon et les Naga ?" dis-je, en jurant.

"Ouais, ça craint pour nous," répondit Ginawa. "Ca va être beaucoup plus dur que de s’infiltrer dans le Château Matsu. Hé, Garou, pendant que j’y pense, tu pourrais me rendre mon épée de sang, maintenant ?"

"Oui, bien sûr," dis-je, "C’est Sanzo qui l’a."

Ginawa regarda vers Sanzo.

"Hé, pas question !" dit Sanzo, en étreignant la garde de son épée, "C’est de la bombe, ce truc-là ! J’peux pas te la donner !"

"J’en ai besoin, Sanzo," dit Ginawa, "Tonnerre a laissé tomber Passion dans un étang il y a deux heures et j’ai laissé Jugement à la maison dans ma salle de bain. J’ai besoin d’une épée de sang, Sanzo. Je te l’échange."

"Contre quoi ?" demanda Sanzo.

"Je vais te donner une autre épée de sang contre la tienne," dit Ginawa, en sortant une petite boite du sac à côté de lui. "Voici Ambition."

"Dans cette petite boite ?" dit Toku, dubitatif, "Elle est cassée ?"

"Ben, va falloir l’assembler," répondit timidement Ginawa.

"Ginawa ?" dis-je, "Tu as les épées de sang ?"

"Ouais," dit-il platement.

"TOUTES les épées de sang ?" demandai-je, "Comment as-tu réussi à mettre la main sur TOUTES les quatre épées de sang ?"

"C’est pas tes affaires. Maintenant, tu me donnes l’épée ou pas, Sanzo ?"

"Tu rêves !" rit Sanzo, "Pourquoi j’échangerais ma superbe épée tueuse-d’ogre-bushi contre ton épée toute-vieille-et-toute-cassée-dans-une-petite-boite ?"

"Bon, si vraiment tu veux chicaner, Sanzo," dit Ginawa, "Comment ai-je pu oublier que j’avais l’intention de te foutre une grosse patate pour te convaincre ?"

Sanzo éclata de rire et regarda Agetoki.

"Ne me regarde pas, Sanzo," dit Agetoki, "Je pense que je vais l’aider."

"Okay, c’est bon Ginawa," dit Sanzo, en tendant l’épée. Ginawa lui donna la boite avec un cliquetis métallique et s’éloigna, en faisant joyeusement des moulinets dans l’air avec le katana.

"Bon..." dit Hiroru, en se remettant finalement debout, "Vous allez où, les gars ? Vous recherchez l’Empereur ?"

"C’est pas tes affaires, ninja," dit Agetoki. Il n’aimait pas plus que moi Hiroru. Agetoki avait toujours dû conduire Hiroru aux réunions de famille Matsu, et alors Hiroru était tout le temps bourré et commençait toujours à frapper sur ses cousins, et Agetoki avait toujours été obligé de s’excuser auprès de tout le monde. Sale affaire.

"Oh, dé-so-lé, Super Mario !" dit Hiroru d’un ton moqueur, "Très bien. On voulait juste vous aider un peu, les gars. Vous savez, on est du même camp."

"Ouais, c’est sûr," dit Agetoki.

"Merci pour ton offre, Hiroru," dit poliment Toku, "mais nous savons déjà tout au sujet du Château Morikage."

"Tout sur Morika-quoi ?" dit Hiroru.

"Morikage," répéta Toku, "Vous savez, là où l’Empereur est retenu prisonnier et tout ça." Toku eut soudain un air stupide. Agetoki lança un regard de travers à Toku.

"Euh... ouais !" dit Hiroru, "Bien sûr qu’on est au courant ! Tout le monde le sait, d’ailleurs ! Hé ! Ginawa ! Devine quoi ?" Hiroru se mit à courir vers le ronin.

"Bien joué, Toku," grogna Agetoki, "Maintenant, on va avoir ces deux-là sur le dos. Toi et tes stupides amis de l’Armée de Toturi."

"Hé !" cria Toku, "On est comme un vrai clan !"

"C’est à moi que tu causes, gamin ?" dit Agetoki.

"Hé !" cria Sanzo, en regardant dans la boite, "Y’a pas de notice de montage pour ce truc !"

Je me suis écarté en marchant, perdu dans mes pensées alors que Sanzo se plaignait de son épée et qu’Agetoki frappait Toku. Si nous étions réellement au milieu d’une guerre entre les Naga et les Dragons, je ne savais vraiment pas ce que nous pouvions faire ensuite. Les hommes tatoués d’Hitomi voulaient probablement me voir mort plus que n’importe qui d’autre dans Rokugan (et les Naga ensuite, s’ils découvraient jamais que j’étais celui qui avait accidentellement déclenché cette guerre. Et dire qu’à l’époque, ça m’avait semblé être une bonne idée.)

"J’arriverai jamais à remonter ce truc à temps, Garou," gémit Sanzo, en trottant vers moi, "J’ai besoin d’une vraie épée !"

"Nous n’avons pas besoin d’une épée," dis-je, "Nous avons besoin d’une armée."

"Pourquoi on n’utiliserait pas celle-là ?" demanda-t-il, en désignant du doigt quelque chose.

Et devant nous se trouvait l’armée du Crabe.

"Wow !" dis-je, "Ca tombe rudement bien."

"Je me demande comment ils sont arrivés ici ?" demanda Sanzo tandis que nous approchions.

"Je t’avais DIS que les terres du Lion étaient à l’est, pas au nord !" gémit un homme mince en armure de cavalier, en faisant les cent pas. Yasamura. Je l’avais déjà rencontré auparavant. Il avait quitté les Licornes. Une sage décision, si vous voulez mon avis. C’est difficile de ressembler à un guerrier féroce quand on s’habille en couleur lavande.

"Mais nous ALLONS vers l’est," rétorqua une femme large d’épaule et bien proportionnée portant un marteau. Hida O-Ushi. Une de mes amies. Enfin, y’a longtemps. Se tenant derrière elle, jouant avec son fouet, se trouvait mon cousin, Nokatsu.

"Nous allons vers le nord ! Regarde le soleil, ma chérie ! Regarde la neige !" Yasamura la désigna, "Le nord ! Je pense que nous devrions nous arrêter et demander notre chemin."

"Nous ne sommes PAS perdu, mon chéri," dit-elle d’un ton ferme, "Maintenant, vas-tu te décider à m’écouter ?"

"Salut !" dis-je, et ils me regardèrent tous.

"Garou !" dit Nokatsu.

"Oh, non, pas un autre Yasuki," dit Yasamura.

"Hé, c’est joli," dit O-Ushi. Et je réalisai alors que je n’avais pas recouvert mon tatouage. Il se mit à chauffer.

"Euh... salut tout le monde," dis-je, en rabattant rapidement ma manche.

"Oh, merde, Garou, pas encore !" murmura Sanzo, en jetant un coup d’oeil à mon tatouage.

"Je crois que je l’ai arrêté à temps," murmurai-je en retour.

Alors je me suis avancé et j’ai présenté Sanzo à tout le monde. Pendant tout ce temps, O-Ushi me regardait avec un regard étrange, et Yasamura me fixait.

"Juste à temps, mon garçon !" dit Hiruma Yoshi, avançant vers moi engoncé dans un déambulateur et me serrant la main, "Tu viens nous rejoindre dans notre bataille contre les Lions ?"

"Bien sûr," dis-je, un sourire coincé sur le visage, "Ca l’air marrant. Hé. J’ai un autre ami qui m’attend, à l’ouest. J’vais aller le chercher."

"A l’ouest ?" cracha Yoshi, ses mains tremblant sur son déambulateur, "Tu essaies de me dire que je suis complètement à l’ouest, fiston ?"

"Hé, j’suis désolé !" dis-je, "Ce n’est pas ce que j’ai voulu dire ! Ne rentrez pas en rage berserk, Yoshi-sama !"

"Je ne PEUX PLUS entrer en rage berserk !" gronda-t-il, "Je suis trop VIEUX ! Et merci d’avoir ENCORE ramené ce sujet-là !" Il s’éloigna, furieux. Les autres Crabes me regardaient tous. Nokatsu se moquait de moi. O-Ushi avait simplement l’air perplexe. Et je n’arrivais pas à dire à quoi pensait Yasamura.

"On va revenir," dis-je, et on est parti avant que quelque chose de stupide arrive à nouveau.

"C’est génial !" dit Sanzo en s’éloignant, "Maintenant, on a une armée, Garou !"

"Ouais," répondis-je, "Maintenant, il nous reste à convaincre Agetoki de mentir."

"Pourquoi ?" demanda-t-il.

"Je connais ma famille," dis-je, "S’ils voient un Lion là maintenant, ils ne vont pas se poser de questions."

"Ouais, et alors ?"

"Sanzo !"

"Désolé."

Lorsque nous sommes revenus, Toku et Agetoki se trouvaient dans la clairière. Agetoki jouait à l’un de ses jeux Matsu préférés, il tenait une grosse branche d’arbre et obligeait Toku à parcourir l’alphabet, complimentant le Lion avec chaque lettre et le frappant lorsqu’il en ratait une.

"Terrifiants," dit Toku.

"Mm-hmm," dit Agetoki, "En effet."

"Ultimes," dit Toku.

"Ouais, je suppose qu’on l’est," répondit Agetoki.

"Vertueux," dit Toku.

"Um," Agetoki y réfléchit. "Ouais. Ouais, on est comme ça."

"Extraordinaires ?" dit Toku.

PAF ! "Ca c’est ’e’, andouille, pas ’x’. Et tu as passé le ’w’."

"Mais y’a quoi qui commence par ’w’ ?" gémit Toku.

"C’est pas mon problème," dit Agetoki.

"Je déteste ce jeu !" gémit Toku.

"Salut les gars," dis-je.

"Garou, dis-lui d’arrêter !" cria Toku, "Je suis le Capitaine de la Garde Impériale, enfin ! Je ne devrais pas être obligé de faire des trucs comme ça !"

"Agetoki, laisse-le tranquille," dis-je.

Le Lion haussa les épaules et laissa tomber la branche.

"Alors, quoi de neuf ?" demanda-t-il.

"Nous avons trouvé l’armée Crabe," dis-je, "Apparemment, ils se préparaient à attaquer les Lions et ils... se sont perdus."

"Bizarre," dit Toku.

"Et ben, il s’en passe des choses," dit Agetoki, "et nous ne sommes toujours pas à Morikage. J’ai vraiment pas envie de savoir ce qui va nous arriver ensuite."

Et soudain, juste après sa phrase, Otaku Kamoko entra dans la clairière.

La mâchoire d’Agetoki manqua de se décrocher. Il regarda autour de lui, mais son cheval n’était pas à portée de vue. Il était pris au piège. Il lui lança un regard et ses yeux virèrent au rouge.

"Ouhla," dit Sanzo, "Elle a l’air fâchée."

"La ferme, Sanzo," bégaya Agetoki.

"Tu devrais te voir, mec," dit Sanzo.

"La ferme, Sanzo," bégaya Agetoki.

"Moi, à ta place,—" Sanzo s’effondra sur le sol, inconscient. Wow. J’avais à peine vu Agetoki bouger.

"Alors, euh... Kamoko," dit nerveusement Agetoki, "Je suppose que tu es là pour parler de ta maman..."

Kamoko chargea.

A SUIVRE


Morikage, Partie Deux

"Une bonne soirée est une soirée passée en bonne compagnie," dit Uji.

"Euh, ouais," répondis-je.

"Vous avez une bonne appréciation des arts et de la musique," ajouta-t-il, en pliant un petit morceau de papier.

"Merci," dis-je.

"Votre esprit est créatif, original, et alerte," dit-il.

"Uji," dis-je, en regardant au-dessus de la table, "Arrêtez de lire ces phrases qu’on trouve dans les gâteaux."

"Je les collectionne, Garou," dit-il, vexé, "Nous avons tous nos vices. Vous transformez des Empereurs en poulets. Moi je collectionne les messages qu’on trouve dans les gâteaux secs et je les lis à voix haute."

"Peu importe," dis-je, "Puis-je continuer mon histoire ?"

"Prenez un nouveau départ," répondit-il, "Sortez de votre coquille."

"Vous recommencez," dis-je.

"Le bon sens est le maître de la vie humaine," répondit-il.

"Ok, je vais continuer mon histoire," dis-je, "Arrêtez avec ces trucs-là."


"MEURS !" hurla Kamoko, en fonçant vers nous à toute vitesse.

"Les gars," dit Agetoki, en sortant prudemment son épée, "Vous feriez mieux de partir."

"Pas question, Agetoki !" dit Toku, "On est potes, pas vrai ? On reste ensemble ! Si elle te cherche des crosses, elle en cherche à nous chacun d’entre nous !"

"C’était chouette de te connaître, Agetoki," dit Sanzo, en faisant un signe de tête au Lion et en s’écartant rapidement.

"Garou !" cria Agetoki, nous ignorant tous les deux tandis qu’il observant la Vierge de Bataille qui s’avançait, "Emmène Toku avec toi. Je dois m’occuper de ça tout seul."

Je ne voulais pas laisser Agetoki, puisqu’il était mon ami et tout ça, mais il y avait quelque chose dans sa voix. Ca m’a rappelé la fois où au cours de gym au Lycée Hantei XXIII, lorsque Kakita Ichiro n’arrêtait pas de chanter cette chanson de Marky Mark and the Funky Bunch, encore et encore et encore et encore et Agetoki l’avait prévenu mais il ne voulait pas l’écouter alors il a tabassé toute l’équipe Grue de baseball. J’en ai encore parfois des cauchemars. Alors j’ai attrapé Toku par le col et je l’ai tiré hors de la clairière. Derrière moi, je pouvais entendre le choc de l’acier contre l’acier.

"Je n’arrive pas à croire que tu as assassiné ma mère !" hurla Kamoko, "Comment peux-tu être aussi insensible ?"

"Hé !" rétorqua Agetoki, "On peut en discuter ! Je ne pensais pas que ça serait si grave !"

Je n’ai pas entendu le reste de leur conversation. Je ne voulais pas l’entendre. C’était la dernière fois que je voyais Matsu Agetoki.

De retour au campement Crabe, Yasamura et O-Ushi se disputaient encore.

"A l’est ! Nous allons à l’est !" rugit O-Ushi, "Le soleil se couche à l’est et c’est par là que nous allons !"

"Le soleil se couche à l’ouest, ma chère," dit Yasamura avec un soupir.

"Peut-être sur les terres Licornes," dit-elle, en le bousculant, "Mais ce n’est pas ainsi chez les Crabes."

"Le soleil, c’est le soleil ! Il ne change pas— oh, zut." Il s’assit sur un rocher avec un soupir exaspéré.

Tout le monde se retourna et nous regarda. J’ai senti le tatouage chauffer à nouveau, et je l’ai recouvert juste à temps.

"Garou, ton bras te fait mal ?" demanda Yasamura, une expression soucieuse sur le visage.

"Non," dis-je, "Mais si je ne suis pas prudent, c’est ce qui risque d’arriver. Voici mon ami, Toku, Capitaine de la Garde Impériale."

"C’était juste," murmurai-je à Sanzo. "Mon tatouage a presque failli séduire O-Ushi à nouveau."

"J’pense pas, mon pote," dit Sanzo avec un sourire. "O-Ushi ne t’a même pas regardé. C’est Yasamura qui te fixait."

"Oh, la ferme !" dis-je. J’ai regardé vers O-Ushi et Yasamura. O-Ushi me regardait d’un air absent. Yasamura souriait. Non. C’est juste une coïncidence. Ca n’est pas possible.

Quoi que, il portait des vêtements couleur lavande, avant.

Non. Je me suis juré de ne plus repenser à ça.

"Hé," dit Sanzo, en s’écartant de moi et en secouant la boite que Ginawa lui avait donné, "Je suppose que personne n’a de la colle parmi vous ?"

"Moi oui !" dit joyeusement Hiruma Yoshi, "Je l’utilise pour mes dents !"

"Super !" dit Sanzo, "Puis-je vous en emprunter un peu ?"

"Bien sûr, fiston !" dit Yoshi, en s’éloignant en clopinant. Sanzo le suivit.

"Le Capitaine de la Garde ?" demanda Nokatsu, en soulevant un sourcil, "Une bien étrange compagnie dont tu t’entoures, cousin. Qu’est-ce qui vous amène aussi loin au nord, toi et tes amis ?"

"A l’est !" corrigea O-Ushi, en frappant Nokatsu à la poitrine.

"Aussi loin à l’est," répéta Nokatsu, étouffant pour reprendre son souffle et levant les yeux au ciel.

"Nous sommes en mission pour sauver l’Empereur !" répondit Toku avec un sourire fier.

"L’Empereur ?" répéta Yasamura. "On l’a retrouvé ?"

"Il est au Château Morikage, dans les Terres du Phénix," répondis-je, "J’apprécierais beaucoup si vous pouviez nous aider à envahir le château et à le sauver."

"Ca va prendre combien de temps ?" demanda O-Ushi. "On avait prévu de tuer tous les Lions."

Et juste à cet instant, un éclaireur épuisé tituba en sortant de la forêt, s’effondrant devant nous. Ses vêtements étaient en lambeaux et il saignait au front. Nokatsu lui apporta une coupe de saké, et il parvint à s’asseoir et à récuperer un peu.

"O-Ushi-sama," dit-il, en respirant difficilement, "Nous sommes attaqués !"

"Attaqués ?" s’exclama-t-elle, "Par qui, Iyojin ?"

"Les Dragons !" dit-il, "Hitomi Kokujin et ses Ise Zumi sont sortis de nulle part, et ont attaqués notre flanc gauche !"

O-Ushi ramassa son marteau. "Les Dragons ? En territoire Lion ? Qu’est-ce que les Dragons font aussi loin au sud ?" se demanda-t-elle.

Yasamura se frappa le front et ferma les yeux. "Je n’en sais rien, ma chérie," dit-il avec une patience forcée, "Peut-être devrions-nous enquêter."

"Bonne idée," dit-elle, "Garou, Toku, pourquoi ne pas vous rendre utile et partir en avant avec Iyojin ? Nous vous suivrons aussi rapidement que possible."

Nous nous sommes inclinés devant O-Ushi et nous avons pris congé, nous enfonçant dans la forêt. Après quelque minutes, tout était devenu silencieux.

"Attendez !" s’exclama soudain Iyojin, "Je ne peux pas y retourner ! J’ai perdu mon chapeau ! Mon chapeau porte-bonheur ! Nous devons le retrouver !"

"On ne peut plus faire demi-tour, maintenant !" dis-je.

"Je ne peux pas continuer sans lui !" gémit Iyojin, "Je suis sérieux. Mon thérapeute m’a dit que j’étais dans un état critique, maintenant. J’ai besoin d’un chapeau ou je ne peux pas fonctionner correctement."

"Oh, bon sang," dis-je, "Prends le mien." J’ai jeté mon chapeau de paille sur le sol. Iyojin le ramassa avidemment et le mit sur sa tête, souriant avec gratitude. Nous avons poursuivi notre chemin dans la forêt.

"Aha !" cria une voix derrière nous, "Je savais que nous nous recontrerions à nouveau !"

Je me suis retourné. Un homme tatoué avec des cheveux noirs et des yeux verts brillants était accroupi dans les buissons, nous lançant un sourire mauvais.

"Tu te rappelles de moi, Yasuki Garou ?" rit-il, "Je suis Hitomi Kobai, Hitoden du Clan du Dragon !"

"Ouais, je me souviens," dis-je, en sortant mon tetsubo, "Mais c’est quoi un hitoden ?"

Kobai réfléchit pendant un moment. "Je ne sais vraiment pas," admit-il, "mais ça fait vachement impressionnant, non ?"

"Ouais, enfin bon," dis-je.

"Mais assez parlé !" cria-t-il, en se redressant de toute sa taille, "Garou, au nom de notre dame déshonorée, je te défie en—"

Et il n’a pas réussi à aller plus loin dans sa phrase parce qu’à cet instant, je l’avais déjà cogné avec mon tetsubo. Il s’effondra.

"Ils sont là !" hurla une autre voix, une voix que je reconnus. Un grand homme à la peau sombre portant un pagne émergea de la forêt, nous désignant. Kokujin. Deux dizaines d’autres fanatiques tatoués surgirent des bois autour de lui. "Amenez-moi le Marqué ! Celui qu’on appelle Yasuki Garou !" ordonna-t-il, "Il doit payer pour ses crimes !"

"Marqué ?" demanda Iyojin, en se tournant vers moi, "Ca veut dire quoi, Marqué ?"

"Ouais, de quoi est-ce qu’ils causent ?" demanda Toku.

"C’est qu’une bande de gars chauves et nus qui se tatouent et crachent du feu par la bouche," répondis-je, "et vous cherchez de la logique là-dedans ? Courez !"

Alors on a couru. J’étais en tête, avec Toku juste derrière moi. Iyojin semblait très fatigué de sa course de tout à l’heure, alors il s’est effondré derrière. Soudain, il y eut une explosion derrière nous alors qu’un des Ise Zumi cracha une énorme boule de flammes par la bouche. Des branches se mirent à tomber partout autour de nous. J’ai été projeté contre un tronc d’arbre à cause du choc et je me suis effondré sur le sol, des débris retombant sur mon corps. J’étais immobilisé.

"J’en ai eu un !" cria l’un des Ise Zumi, "Par ici !"

"Moi aussi !" dit un autre.

J’ai redressé la tête et j’ai vaguement perçu deux grands hommes chauves tirant Toku et Iyojin jusque là où Kokujin attendait. Il tenait une grande aiguille dans une main et un seau de peinture dans l’autre.

"Hmm..." dit Kokujin, en observant Toku. Il retira le heaume du petit samurai et posa la main sur le sommet de sa tête. "Non. Inutile. Laissons-le partir."

"Le laisser partir ?" répondit un autre Ise Zumi, "Mais pourquoi ?"

"Il ne sera pas utile à la cause de notre dame," dit Kokujin, "Sa tête est toute bosselée et petite. Si on le rase, il aurait l’air stupide et trop de gens ne nous prendront plus au sérieux. File, petit Capitaine de la Garde. Et dis aux Crabes que nous avons pris votre ami Yasuki Garou !" Il désigna Iyojin.

"Hein ?" dit Toku, "ce n’est pas—"

"Hein ?" dit Iyojin, "je ne suis pas—"

"Bien essayé, Yasuki," dit Kokujin en riant, "Peut-être que pendant tous ces mois depuis la dernière fois où nous nous sommes rencontrés tu as espéré que j’oublierais ton visage, mais jamais je ne pourrais oublier ce chapeau ridicule !" Il ramassa le chapeau de paille d’Iyojin, mon chapeau, décoré de la carpe dorée des Yasuki.

"Mais je ne suis pas—" implora Iyojin.

"SILENCE !" ordonna Kokujin, "Hitomi Garou..." Il prit ses aiguilles et la peinture, et se mit au travail en riant comme un dément.

Une autre branche tomba sur ma tête et j’ai perdu connaissance.

"Peut-être qu’il est mort," dit quelqu’un.

"Il n’est pas mort, Turi, il est juste sonné. Debout, Garou."

Ma vision trouble s’éclaircit. Je vis Toku, Sanzo et Nokatsu debout devant moi. Assis non loin par terre se trouvait un grand Lion avec une jambe bandée.

"Que s’est-il passé ?" demandai-je, en m’asseyant.

"Nous les avons vaincus !" dit fièrement Toku, "Je me suis échappé pendant que Kokujin tatouait Iyojin, et j’ai conduis le reste des Crabes jusqu’ici ! Nous les avons vaincus !"

"Et Kokujin ?" demandai-je.

"Il s’est enfui," dit Sanzo, "Et, mon gars, qu’est-ce qu’il l’avait mauvaise quand il a réalisé que Iyojin n’était pas toi. Iyojin a laissé tomber ça pour toi lorsqu’il est parti avec les Ise Zumi."

Sanzo me tendit mon chapeau. Il y avait plusieurs flèches plantées dedans, un morceau avait été mordu et arraché, et à quelques endroits, il fûmait encore. La carpe Yasuki avait un cercle et une ligne tracée sur elle à l’encre de tatouage.

"Il a dit que tu pouvais le récupérer," expliqua Sanzo.

"Cool," dis-je, en le jetant par-dessus mon épaule, "Iyojin est un dément tatoué, maintenant. Un poids de plus sur ma conscience. Sanzo, c’est quoi ce truc dans ta main ?"

Sanzo baissa les yeux vers l’épée qu’il tenait en main. C’était un wakizashi avec une aura bleue brillante avec une lame légèrement de travers et qui dégoulinait de colle.

"C’est Ambition," dit Sanzo, "Je l’ai réparée."

"Je pensais que toutes les lames de sang étaient des katana," dis-je.

"Ca l’était," dit-il en plissant le front, "Mais il me manquait une pièce. J’ai juste improvisé. J’espère que la colle dentaire de Yoshi va tenir."

J’ai hoché la tête. "Je suppose qu’on doit continuer, maintenant," dis-je, "Où sont les autres ?"

"O-Ushi est tombée contre un groupe de Nagas qui se dirigeaient vers la Montagne Hitomi," répondit Nokatsu, "Ils sembleraient que ça soit les même qui ont emmené Yakamo à la chasse à la bécasse."

"La chasse à la bécasse ?" demandai-je.

"Ouais, c’est comme ça que tout à commencé au Château Hiruma," répondit Nokatsu, "L’Isha s’est ramené un jour et à proposé à Yakamo de quitter le Château Hiruma pour traquer l’insaisissable Oni no Bécasse. Yakamo a dit qu’il n’avait jamais entendu parler d’un tel oni, mais qu’il était partant. L’Isha a dit que pour le chasser, il faudrait beaucoup déambuler autour du Château Hiruma avec une torche et un sac, en criant ’bécasse !’ pendant une semaine ou deux. Les Nagas sont revenus quelques jours plus tard, en gloussant comme des écolières. C’est la dernière fois que nous avons vu Yakamo. O-Ushi, Yasamura et les Hiruma ont décidé qu’ils devaient discuter d’une chose ou deux avec ces Nagas. La dernière fois que je l’ai vue, elle présentait son die-tsuchi à l’arrière-train du Radakast."

"Wow, alors ce n’est pas de ta faute pour le Château Hiruma, après tout, Garou," dit Toku.

"Quoi ?" demanda suspicieusement Nokatsu, "Pourquoi serait-ce de ta faute ?"

"Euh, c’est rien," dis-je, en éclaircissant ma gorge et en regardant de côté. J’ai finalement remarqué le grand Lion qui était assis à côté de moi.

"Hé," dit-il, "Qu’est-ce que tu regardes, Crabe ?"

"Quoi ?" demandai-je, "Qui es-tu ?"

"Matsu Turi," dit-il avec un sourire féroce. Il me faisait beaucoup penser à Agetoki, mais c’est vrai que tous les Lions se ressemblent. "Ils m’ont dit que j’étais destiné à contenir un esprit maléfique à Morikage ou un truc comme ça. Ils t’ont raconté la même chose ou c’est que pour moi ?"

Je l’ai regardé, confus. C’est alors que j’ai remarqué les trois gardes qui étaient debouts derrière lui. Les trois gardes Phénix.

"Ah," dit Shiba Tetsu, en s’avançant avec un sourire, "Yasuki Garou. Où devrais-je dire Asako Garou ? Maître Kuro attendait que vous soyez réveillé. Déserteur."

A SUIVRE...


Morikage, Partie Trois

"Et donc voila, nous étions au plus profond de la forêt, prisonniers de Shiba Tetsu. L’armée Crabe que nous avions rencontrée avait disparue, ainsi que Matsu Agetoki."

"Attendez donc un instant, Garou," dit Uji, en méditant au-dessus du plateau de biscuits avant d’en choisir un, "Votre histoire n’a pas l’air très sensée."

"Que voulez-vous dire ?" demandai-je.

"Et bien, j’ai entendu une autre version de cette histoire, récemment, dans laquelle de nombreux Crabes que vous avez mentionnés faire partie de votre armée étaient en fait stationnés au Château Hiruma au même moment que les évènements de votre histoire. Alors, comment est-ce possible ?"

"Bon sang," dis-je, "Je parie que ce sont encore ces fichus ninjas."

"Encore ces fichus ninjas ?" répéta Uji.

"C’est une excuse," acquiesçai-je, en prenant trois autres biscuits pour moi, "On dirait que ça marche pratiquement à chaque fois."

"Ah," répondit Uji, en mâchant.

"Quoi qu’il en soit, maintenant que vous m’avez interrompu," dis-je, "J’aimerais vous poser une question également, si ça ne vous ennuie pas."

Uji fit un geste pour marquer son accord, étant un Grue trop poli que pour parler la bouche pleine.

"J’ai entendu une rumeur disant que vous aviez prévu de vous couper la tête et l’envoyer à Doji Kuwanan une fois que vous en aurez fini avec les Lions," dis-je.

Uji sursauta. "Quoi ?"

"J’ai entendu dire que vous vouliez désobéir aux ordres de votre Champion et tuer Ikoma Tsanuri, puis vous décapiter pour laver le déshonneur," dis-je.

"Ah bon," Uji avala avec difficulté. "Je suppose que vous voulez savoir si c’est vrai, alors."

"Pas vraiment," dis-je, "Je m’en fiche un peu. J’étais simplement curieux de savoir comment une personne peut couper sa propre tête. Ca doit être terriblement difficile. Vous n’avez qu’une seule chance. Et on ne peut pas vraiment s’entraîner à ça."

"Je... euh... Je n’ai vraiment pas entendu cette rumeur du tout," dit Uji, le visage soudain très pâle, "Peut-être que vous me confondez avec un autre Uji. Il y a beaucoup d’Uji par ici." Il s’interrompit. "Vous ne pensez pas que je pourrais faire une chose pareille, n’est-ce pas ?"

"C’est possible," dis-je, "Il se passe beaucoup de choses étranges dans Rokugan."

"C’est vrai, je suis content de vous l’entendre dire," dit sèchement Uji, "Fichus ninjas."

"Fichus ninjas," dis-je, d’accord avec lui.

"Mais assez parlé de ça," dit Uji, "Racontez-moi la fin de votre histoire."

"Bien sûr..."


"Ne bougez plus," dit Tetsu, en sortant son daikyu et en pointant une flèche vers moi, "Ca ne va pas faire mal."

"Qu’est-ce que vous faite ?" demandai-je, en regardant nerveusement tout autour de moi.

"Oh," dit Tetsu, en baissant un peu son arc et en souriant, "Je vous exécute pour trahison."

"Maître Kuro a dit qu’il pouvait," dit Hochiu, un jeune garçon shugenja maigrelet assis sur un rocher. Tetsu fit un signe de tête au garçon et me visa à nouveau.

"Attendez une seconde !" criai-je, en tendant les mains pour me défendre, "C’est à cause de cette stupide histoire d’allégéance ?"

Tatsu abaissa à nouveau son arc. "Oui, Garou. Vous avez trahi votre clan et votre daimyo. La sentence est la mort."

"La mort ?!?" s’exclama Toku, "Pourquoi ? Garou n’a été Phénix que pendant dix minutes ! Vous ne pouvez pas le tuer pour ça."

"Vous êtes le suivant, ’Shiba’ Toku," dit Tetsu, en me visant à nouveau.

"Attendez une seconde," dit Sanzo, en scrutant d’un regard inquisiteur le samurai Phénix.

Tetsu soupira et baissa à nouveau son arme. "Qu’y a-t-il ?"

"Et VOUS, où étiez-vous l’année passée ?" demanda Sanzo, "Je suis resté un bout de temps au Château Isawa, et je ne vous ai vu nulle part."

"J’étais... euh... malade," dit Tetsu, en détournant le regard et en faisant un sourire forcé, "J’ai été blessé pendant le Jour des Tonnerres."

A cet instant, Matsu Turi leva les yeux du livre qu’il était en train de lire. Il ignorait cette histoire depuis le début, mais son interêt venait d’être éveillé. "Vous avez combattu à Otosan Uchi ?" demanda Turi, "Pendant le Jour des Tonnerres ? Où ça ?"

Tetsu rit tout bas et fit un geste vague de la main. "Oh vous savez... par là..."

"Par là où ?" le pressa le Lion.

"Euh... J’sais plus," dit Tetsu, le visage qui commençait à s’empourprer, "Vous ne m’avez probablement pas vu..."

"J’étais au Mur Nord," dit Turi, "J’étais au Mur Sud. J’étais partout."

"Oh," dit Tetsu. "Hé, vous savez quoi, les gars ?" demanda-t-il en remettant la flèche dans son carquois et en écartant son arc, "Cette exécution, c’était pas vraiment important. On va oublier tout ça et partir pour Morikage, ok ?" Il s’éloigna vers la forêt, s’attendant à ce que nous le suivions.

"Hé, attends une seconde, Tetsu," dit le jeune shugenja, qui trottinait derrière lui, "T’étais OU pendant le Jour des Tonnerres ?"

"La ferme, Hochiu," dit Tetsu.

Alors on est partis dans la forêt. Les deux Phénix ne parlaient pas beaucoup. Matsu Turi se contentait de nous citer des poèmes humoristiques au sujet du Jour des Tonnerres, ce qui irritait Tetsu à un point inimaginable.

"C’est l’histoire d’un oni qui s’appellait Dave..."

Mais notre rire déclina lorsque nous sommes entrés dans une petite clairière à l’ombre des pins. En son centre se trouvait une grande pierre blanche. Sur celle-ci se trouvait un heaume doré avec une longue crinière rouge, et une paire d’épée gisait au pied de celle-ci. Un tas de cendres fumantes se trouvait devant.

"Matsu Agetoki..." dis-je, mes phalanges virèrent au blanc, serrées autour du manche de mon tetsubo. Sanzo inclina la tête.

"Prem’s sur les épées !" dit Tetsu.

Matsu Turi s’est calmement retourné, et a écrasé son poing sur le visage de Tetsu. Il s’est effondré.

Le Lion se retourna vers Hochiu, qui le regardait totalement incrédule. "Mon yojimbo !" gémit-il.

"Quoi ?" dit-il, en hissant le corps flasque de Tetsu sur une épaule, "Il était grossier."

J’émis un petit rire. "Tu viens de me rappeler quelqu’un, Turi."

"Qu’est-ce que Toku est en train de faire ?" demanda Sanzo.

Toku était agenouillé au pied de la pierre, griffonnant quelque chose sur un morceau de papier. Il releva les yeux vers nous lorsque nous nous sommes approchés et il glissa rapidement le papier dans l’herbe et se releva, en essuyant ses yeux. Je pense qu’il avait pleuré mais je n’étais pas sûr.

"Je suis prêt, les gars," dit-il, sa voix était chargée et il nous barra le chemin vers la pierre avec son corps, "Partons."

Toku attendit que nous soyons tous partis pour nous suivre. Je suis discrètement revenu en arrière lorsqu’il ne regardait pas et j’ai jeté un coup d’oeil au morceau de papier que Toku avait caché dans l’herbe.

"Ecla de plaine lune
Sur le palle visage de l’oneur
Onbres des pains."

C’était un poème funéraire.

J’ai souri et sorti une petite bouteille d’encre ainsi qu’une plume de mon sac à parchemins, corrigé l’orthographe, et l’ai signé.

"Eclat de pleine lune
Sur le pâle visage de l’honneur
Ombres des pins."
-Toku

Puis j’ai remis le poème en place et me suis dépêché de les rattraper.

Je me suis retourné, jetant un dernier regard derrière moi à la tombe d’Agetoki. Dans les ombres les plus épaisses de la forêt, une grande silhouette disparut rapidement.

"Garou !" appela Turi, "Dépèche-toi, ou on va tuer tous les ninjas sans toi !"

Ben, je n’avais certainement pas envie de rater ça.

Après quelques heures, Shiba Tetsu s’est réveillé et fut capable de marcher. Pour passer le temps, j’ai lancé une conversation avec Isawa Hochiu.

"Alors, vous êtes le Novice du Feu, c’est bien ça ?" demandai-je, en faisant un signe de tête vers le gros emblème du feu sur son no-dachi.

"Ouaip, c’est moi," dit fièrement le garçon, "Un jour, je serai le Maître du Feu."

"Ca doit être un job bien pourri," dis-je, "En se souvenant quel saligaud était le dernier Maître du Feu."

"Hé," dit Hochiu, fâché, "C’est de mon papa que vous parlez, là !"

"Oh, j’suis désolé," dis-je, embarrassé, "Je ne savais pas."

"Bah, c’est pas grave," dit Hochiu, "Ca m’arrive tout le temps. Il a assassiné des milliers de personnes. Ca, c’est vraiment embarrassant."

"Je connais ça," dis-je, "Kuni Yori était mon mentor et mon héros. Maintenant, il passe tout son temps libre à coudre des trucs sur son visage ou à éviscérer mes cousins. Je suppose que c’est la vie, hein ?"

"Je suppose, Garou," acquiesça Hochiu.

Puis, au loin, nous entendîmes le bruit de l’acier contre l’acier. Hochiu sortit son épée démesurée et je m’emparai de mon tetsubo.

"C’était quoi ce bruit ?" demanda Tetsu.

"C’est ce bruit-là qu’on entend pendant une bataille, Tetsu," dit Turi.

"Oh," dit Tetsu.

Nous nous précipitâmes en direction du combat. Tetsu se proposa de rester en arrière et de garder les arbres, mais je l’ai convaincu du contraire en le poussant dans le dos avec mon tetsubo. Quelques minutes plus tard, nous arrivâmes dans une autre clairière. Des silhouettes sans visage en combinaison de parachutage noire bondissaient des arbres un peu partout, attaquant avec leurs lames et leurs griffes. Et au centre...

"Un monstre !" s’exclama Turi.

"Non, attendez," dis-je, "Je connais ce type."

Hoshi se tenait au milieu de la bataille, enroulant son corps serpentiforme pour protéger un groupe de guerriers moines. Il attrapait des ninja à pleines mains et les pliait comme des oiseaux en origami.

"Salut, Garou !" cria-t-il joyeusement, en faisant un signe de sa main couverte de petits morceaux de ninja.

"Hé, Garou ! Ca faisait longtemps !" cria Togashi Mitsu, en crachant une gerbe de flammes sur un autre groupe de ninja. Il se retourna vers Hoshi. "C’est ce gars-là avec le tatouage dont vous m’avez parlé ?"

"Ouais," gloussa Hoshi, "Ben, j’étais bien bourré, ce jour-là, Mitsu. J’ai lâché des prophéties et tout ça."

Certains des ninjas se retournèrent et nous remarquèrent, puis se jetèrent sur nous pour nous attaquer. Turi rugit et sortit son épée. Toku fit de même, et du feu courut sur la lame de Hochiu. Sanzo se proposa de garder un oeil sur Tetsu, et ils ont rapidement commencé à reculer pour trouver un moyen de s’échapper.

"Non, Sanzo," dis-je en me retournant et en pointant le tetsubo sur lui, "Tu vas combattre aussi, ou alors je vais dire à Matsu Turi où TU étais pendant le Jour des Tonnerres."

Sanzo grimaça et dégaina Ambition. Il se retourna vers Tetsu, "Bon, si je dois combattre, tu dois combattre aussi, loser," dit Sanzo. Tetsu gémit et dégaina sa propre épée.

"Hé Garou, merci pour le coup de main !" cria Hoshi à travers la clairière. Les hordes de ninjas avaient commencé à s’en éloigner, trouvant que quatre samurai et deux shugenja étaient probablement un défi plus facile qu’un dragon et une bande de moines cracheurs de feu.

"Pas de problèmes !" répondis-je, en enfonçant un ninja dans le sol. Il fut instantanément remplacé par un autre, "Euh, vous pensez pouvoir venir NOUS sauver ?"

"A la prochaine !" cria Hoshi alors que lui et ses moines disparaissaient dans un nuage de fumée.

"Mais bordel !" cria Sanzo, en découpant une autre paire de ninja avec son épée de sang. Etrangement, celle-ci semblait être la seule arme à l’exception du feu d’Hochiu qui semblait faire des dégats permanents, "Les moines viennent de nous lâcher !"

"Voila ce qui arrive quand on fait confiance aux religions organisées," grommela Tetsu.

"Hé !" décocha Hochiu, "Tu blasphèmes, Tetsu !" Je me suis souvenu une minute après ça que, en tant que shugenja, j’étais également un prêtre, et que donc j’aurais dû me sentir offensé par ça aussi. Oh, bah.

"Ces trucs ne meurent pas !" rugit Turi, ses épées ne faisant aucun dommage contre les esprits de l’ombre.

"Vraiment ?" demanda Sanzo, en décrivant des cercles avec Ambition, "Je n’ai pas ce genre de problèmes."

Turi regarda Sanzo pendant une seconde, puis l’attrapa par la base du cou et lui arracha son épée de sang. Turi se mit alors à découper cinq ninja à la fois.

"Garou !" cria Toku, alors qu’un groupe de six ombres le maintenaient au sol, "Utilise ta magie !"

A nouveau, j’avais oublié que je peux faire ça de temps en temps.

"Frappe de Jade !" criai-je fièrement, lançant un rayon de lumière verte sur la horde de ninja.

Rien ne se produisit.

"Mais c’est quoi ces trucs, bon sang ?" cria Hochiu qui commençait à s’épuiser à force de balancer son épée gigantesque encore et encore. Les hordes d’ombres nous encerclaient, nous pressaient, nous déchirant de leurs griffes souillées.

"Ce sont peut-être des esprits," dit Turi, en attrapant Toku par un pied et en l’extirpant des ombres qui l’écrasaient. "Mais ce sont des ninjas malgré tout ! Nous devons utiliser notre cerveau ! De quoi est-ce que les ninja ont peur ?"

"De l’heure d’aller au lit !" dit Toku.

On s’est tous arrêtés, même les ninja, et on a regardé Toku.

"Ben, ils portent toujours des pyjamas, mais ils courent partout pendant la nuit. Ils doivent avoir peur de l’heure d’aller au lit. Quand j’étais petit, j’avais peur de l’heure d’aller au lit, alors je courais partout dans la maison en pyjama. Je croyais que Kyoso no Oni se cachait dans le placard."

Ignorant Toku, on a tous recommencé à se battre.

"Essaie un autre sort, Garou !" cria Hochiu.

"Tremblement de terre !" m’exclamai-je, invoquant le plus d’énergie possible dans le sort.

Le sol se mit à trembler. Un grand arbre s’effondra et les ombres crièrent de confusion tout en se jetant sur le côté.

"Ils sont distraits !" cria Tetsu, "Courez !"

Pour une fois, nous étions d’accord avec Tetsu, et nous avons couru vers le château aussi vite que possible. Les ninja reculèrent ; j’ai cru apercevoir du coin de l’oeil qu’un groupe d’entre eux couraient après un groupe de Naga à notre gauche. Nous nous sommes adossés au mur est du château, nous mettant à couvert un instant et reprenant notre souffle. Tetsu balançait toujours son épée dans le vide et respirait bruyamment.

"Arrête ça !" cria Turi.

"Désolé," répondit Tetsu.

"Le jade ne marche pas sur ces monstres," dis-je, "Mais de quoi s’agit-il ?"

"Des âmes perdues, peut-être," dit Turi, "Les Kitsu ont souvent parlé de choses pareilles."

"Ouais," dis-je, "Les Kitsu que j’ai rencontré disent un tas de trucs bizarres, en fait."

"Je te l’accorde," admit Turi.

"C’était autre chose," dit Hochiu.

"Ah oui, vraiment ?" dit Sanzo, irrité, en reprenant son épée à Turi, "Et tu as trouvé ça tout seul, gamin ?"

"Mais, j’essaie juste de me rendre utile !" s’exclama Hochiu.

"Ouais, ben mets-là en veilleuse," dit Sanzo.

"Est-ce qu’Isawa Kaede n’a pas parlé d’une ’ombre’ planant sur Morikage ?" demanda Turi.

"Ouais, mais ça c’était dans l’autre histoire," dit Hochiu.

"Peut-être que tu as raison," dit Tetsu, "Je ne sais pas. En tout cas, ce qui est sûr, c’est que les Phénix ont toujours eu peur de cette forêt."

"Et les Phénix sont de superbes exemples de bravoure," dit Turi en regardant droit vers Tetsu.

"Je crois que la forêt est peut-être hantée," dit Hochiu, "Elle se nourrit de nos peurs et de notre colère."

"Ouais, merci de l’information, petit génie," dit Sanzo, "Y’a encore autre chose d’utile que tu aimerais ajouter ?"

"Hé, écrase !" rétorqua Hochiu, "Je ne te vois pas fournir beaucoup d’informations cruciales, là ! Oh, au fait, c’est une très jolie épée-maho que tu as là, dis donc !"

"Ecoute, minable," dit Sanzo, en observant la lame d’Ambition, "Peut-être qu’un jour tu seras le Maître du Feu, mais là maintenant, t’es dans le Monde de Sanzo."

"Sanzo," dit Toku, "Peut-être que tu devrais reposer cette épée de sang. Je crois qu’elle affecte ton jugement."

"Oh, ouais ?" rétorqua Sanzo, "Et qui va venir me la reprendre ?"

Et à cet instant, Isawa Tsuke apparut sur les remparts et lança une boule de feu sur Sanzo.

"Par tous les dieux !" cria Turi, en esquivant le coup alors que Sanzo s’élevait dans les airs et s’écrasait avec un grognement.

"Papa !" dit Hochiu, "Ca suffit maintenant !"

"C’est ton papa ?" demandai-je, en observant le fantôme bleuâtre. Des flammes sombres brûlaient dans les yeux de l’esprit dément.

"Ouais," dit sèchement Hochiu, "Il me fout tout le temps la honte devant mes amis. Je ferais mieux d’aller voir ce qu’il veut. Vous, vous continuez ; vous avez un destin à accomplir."

"D’accord !" dit Tetsu, en se dépéchant de repartir d’où nous étions venus.

"Hé !" dit Hochiu, "Tu es mon yojimbo, ton destin est de me protéger !"

Tetsu grogna et revint vers nous, les épaules affaissées.

"Bon, bonne chance, Hochiu," dis-je, en m’inclinant devant le shugenja et me penchant alors qu’un autre projectile enflammé de Tsuke frappait le sol.

"Oui, bonne chance," dit Turi, son regard passant d’Hochiu à Tetsu, "Avec lui comme garde du corps, tu vas en avoir besoin."

Tetsu s’assombrit mais ne répondit pas. Les autres d’entre nous se mirent à courir le long du château, laissant Isawa Tsuke loin derrière. Nous courûmes jusqu’à une ouverture dans les murs, dans le jardin en ruine du palais. Au delà du mur, la pleine lune brillait au-dessus d’un bassin sombre et stagnant, et une silhouette translucide était agenouillée devant l’eau. Turi s’immobilisa, sa mâchoire grande ouverte.

"Quelqu’un que tu connais ?" demandai-je.

"Matsu Tsuko," dit-il, d’un ton étouffé.

"La Championne du Clan du Lion ?" dit Toku, stupéfait.

"Ouais," répondit Turi, "On sortait ensemble à l’époque du Lycée."

"Elle était en fin d’études alors que nous n’étions encore qu’en première année," dit Sanzo, "Mec, elle était BONNE ! J’ai bien dû lui demander cinquante fois pour sortir avec elle, mais tu vois, elle était ’trop cool’ que pour sortir avec un gars de première. Si vous voulez mon avis, c’était juste une petite arrogante coincée—" Sanzo s’arrêta, remarquant l’air dangereux sur le visage de Turi.

Turi hocha la tête et s’écarta de Sanzo, s’approchant du fantôme de Tsuko. "Salut, bébé," dit-il.

"Salut !" répondit-elle, en sortant son wakizashi, "C’est bon de te revoir, Turi. Mais, j’suis plutôt occupée, là. J’étais sur le point de me tuer. A nouveau."

"Attends !" cria Turi, en faisant un autre pas vers elle, "Pourquoi ?"

"Alors, voyons voir," dit-elle, en levant les yeux au ciel, "Les Akodo sont tous morts. Les Kitsu sont des maho-tsukai. Les Ikoma se rebellent. Et les Matsu. Bon, il faut bien l’admettre. Les Matsu ne sont plus rien. Gohei est en vacances. Je suis morte. Toki compare ses crèmes hydratantes avec Kuni Yori. Et Agetoki. Je n’ai même pas envie de parler de ce que fait Agetoki." Elle regarda à nouveau vers son wakizashi. "Je suppose que tu es toujours quelqu’un de bien, Turi, mais tous les autres Lions sont des perdants. Vraiment, je veux dire, même Sanzo tient plus d’un héros que la plupart des Lions de nos jours."

"Hé !" cria Sanzo, "Je crois que je suis sensé me sentir insulté par ça."

Turi s’assit sur un rocher, fixant le bassin. "Wow," dit-il, "Tu as raison. On craint." Il sortit son wakizashi, lui aussi.

"Hé, attendez juste une seconde !" criai-je, en courant et attrapant le bras de Turi, "Qu’est-ce que tu fais ?"

"Tsuko a raison," dit Turi, morose, "Mon clan est fini." Il leva à nouveau son épée, prêt à la plonger dans sa poitrine.

"Zut !" dit Toku, "Voila à peine qu’on a un nouveau Lion, et il veut déjà se tuer !"

"Vice de construction typique," dit prudemment Sanzo, "Ca arrive aussi très souvent chez les Grues."

J’acquiesçai, en reculant, et je frappai Turi sur le heaume avec mon tetsubo. Son wakizashi tomba sur le sol de la cour en claquant, et il roula sur ses pieds avec du sang coulant de son arcade sourcilière.

"Excuse-moi," dit-il, m’attrapant par le col de ma chemise et me soulevant un mètre au-dessus du sol, "Que crois-tu être en train de faire, Crabe ?"

"Ecoute," dis-je, laconique, "Sanzo et Toku et moi, on vit un enfer depuis l’an dernier. On a combattu des Ise Zumi, des ogres, des Mantes, des Naga, des oni, et ces foutus ninja. J’ai risqué ma vie sur un tapis volant, risqué mon âme dans l’Outremonde, et risqué ma santé mentale dans la chambre à coucher d’Hitomi. Toku a laissé tomber sa première petite amie, Agetoki a perdu la vie, Sanzo a encore perdu son cheval, et dieu sait ce que les Crabes vont me faire lorsqu’ils découvriront que j’ai passé un accord avec Kuni Yori. On a tous fait un câlin à Pekkle no Oni, bon sang ! Et est-ce que tu vois l’un d’entre nous répandre ses entrailles sur le carrelage ? Hein, est-ce que tu le vois ?"

"Agetoki l’a fait," dit Turi.

"Ouais, ben c’est un mauvais exemple," dis-je, "En tout cas, que préfères-tu ? Te tuer ou trouver une solution au problème ?"

"Tue-toi," dit Tsuko, "Ca a super bien marché pour moi."

"Turi !" dis-je, "Tu es dans un CHATEAU NINJA HANTE ! Et nous venons de combattre une horde d’ESPRITS DE L’OMBRE MALEFIQUES ! Ensuite, le fantôme de Tsuko sort de nulle part et te demande de TE SUICIDER ! Y as-tu seulement réfléchi ?"

"Hé, un point pour toi, Garou," dit Turi, "De plus, elle m’a largué pour Akodo Arasou et je ne suis plus jamais allé vers elle." Il se retourna vers Tsuko. "Hé, devine quoi," dit-il, "Non seulement, je ne vais PAS me tuer, mais je crois que je vais sauver l’Empereur et réunifier le Clan du Lion, également. Qu’en dis-tu ?"

"Pfff, quel débile tu es," renifla-t-elle, "J’suis bien heureuse de t’avoir largué."

"Ouais, ben, Ketsui a récupéré ton ancienne chambre, maintenant, et elle a jeté tous tes vieux posters de Rick Springfield."

"Non, c’est impossible !" haleta Tsuko, en s’étreignant la poitrine.

Turi se retourna et s’écarta, un sourire satisfait sur son visage.

"Ben mon gars," murmurai-je à Sanzo, alors que nous le suivions, "C’est toujours pareil, entre les Lions et leurs ex-petites amies psychotiques ?"

"A nouveau, c’est un Vice de Construction typique," dit Sanzo. "Ca arrive. C’est pareil chez vous, les Crabes shugenja terminent toujours souillés."

"Je ne vais pas être souillé, Sanzo," dis-je, "Peu importe ce qu’en pense Monsieur Kuni."

"Okay, okay, penaggolan," dit Sanzo.

Les sombres couloirs de Morikage nous entouraient. Toku sortit une petite lanterne pour nous fournir de la lumière tandis que nous avancions, marchant lentement pour ne pas alerter les sinistres maîtres du château de notre présence.

"Ecoutez !" murmura Turi, "La bataille a recommencé !"

Au loin, nous pouvions à nouveau entendre le bruit de l’acier contre l’acier, et des guerriers criant entre eux. Nous nous sommes rapidement avancés jusqu’à une paire de grandes portes au bout du couloir. Sanzo ouvrit une légère fente et nous jetâmes un coup d’oeil derrière elles. Au-delà des portes, un mur d’ombres entourait huit silhouettes. Trois étaient des Naga. Une autre était un Guêpe. Une autre, plus grande, était un homme pâle en robe noire. Deux autres étaient des Licornes, Kamoko et quelqu’un d’autre. Le dernier était...

Toturi.

"Mon Empereur !" s’écria Toku d’un ton joyeux.

"Non," dit Turi, en posant une main sur la bouche de Toku, "il y a quelque chose qui ne va pas."

Nous attendîmes. L’homme pâle disparut, emmenant Toturi et l’autre Licorne avec lui. Les autres continuèrent de se battre dans les ombres, reculant rapidement vers les portes du château. Les ombres se battaient à moitié correctement, comme si elle voulait simplement donner l’illusion d’un combat, alors que les samurai et les naga fuyaient le château.

Les ombres se dispersèrent à nouveau, et un grand homme en jingasa surgit des ténèbres. Il éclata d’un rire menaçant, s’appuyant contre une grande horloge, sans aucun doute une importation des terres Licornes.

"Wow, Garou !" dit Toku, "Ce type te ressemble !"

"Bizarre," dis-je, un peu engourdi.

Plusieurs autres silhouettes sombres entouraient le grand homme. "Ca a marché, Adorai-sama !" gloussa l’un des ninja sans visage.

"Oui, Ninja Marcheur d’Ombres," dit-il, "La victoire est à nous ! Ces stupides samurai de Rokugan ont été trompés. Les Naga ne peuvent nous arrêter ! Les humains ne peuvent nous arrêter ! Pas même cette maudite Heure d’Aller au Lit ne peut nous arrêter, maintenant !"

"Ils croient avoir sauvé le vrai Empereur !" rit un autre ninja, jouant avec une boite pleine d’appâts pour la pêche.

"En effet, Ninja Questionneur !" répondit-il, "Alors qu’en réalité, le vrai Empereur est... juste ici !" L’homme extirpa des ombres derrière lui une cage à oiseau, contenant un petit coq noir.

Un des ninja sans visage éclata de rire, dressant sa tête avec curiosité. "Alors, Kamoko a sauvé..."

"Le Faux Toturi !" répondit Adorai.

"Attendez une seconde," dit un autre ninja, en levant un doigt. "Ce nom m’est familier..."

"Silence, Ninja Facteur !" ordonna Adorai. "Mon génie va au-delà de toute question."

"Non, je pense qu’il a raison," dit encore un autre ninja sans visage, "J’ai l’impression que quelque chose de similaire s’est déjà produit auparavant."

"Ton rôle n’est pas de te poser des questions, Ninja Concierge !" hurla-t-il, en colère, "Mais seulement d’obéir à la Voie Sombre !"

"Heu, pendant qu’on y est, c’est quoi ces noms ?" demanda une ombre dans un coin, "Je veux dire, les premiers Ninja, le Ninja Changeforme, le Ninja Mystique, le Ninja Marcheur d’Ombres, ça c’était cool. Mais après, vous avez commencé à être à court d’idée, et..."

"SILENCE NINJA RAMASSE-FUMIER !" hurla Adorai de sa grosse voix, "JE NE TOLERERAI PAS UNE TELLE DISSENSSION PARMI MES SUIVANTS SANS VISAGES !" Il tira un éclair de lumière noire sur la poitrine du ninja, répandant des petits morceaux du Ninja Ramasse-Fumier un peu partout.

"Pas d’autres discussions !" cracha Adorai, "Nous devons préparer le Poulet Noir pour son voyage à Otosan Uchi. Nous devons arriver à temps pour le Grand Festin."

"Nous devons sauver l’Empereur maintenant, pendant qu’ils sont distraits et confus," dit Turi, en sortant son katana.

"Je ne sais pas. Il y a un paquet de ninja là-dedans, mon pote," dit Sanzo, dubitatif.

Mais à cet instant, Turi donna un coup de pied dans la porte et commença à hurler.

"Il me rappelle beaucoup Agetoki," dit Toku avec un sourire.

J’acquiesçai et le suivi, faisant trembler le sol avec un sort de Tremblement de Terre. Sanzo et Toku étaient juste à côté de moi, balançant leurs armes. Toku avait laissé tomber son épée et utilisait le yari qu’il avait reçu dans les terres Phénix, qui semblait être un peu plus efficace contre les ninja. Et bien avant que nous y pensions, nous étions arrivé devant Adorai lui-même. Le maître ninja tenait la cage de Toturi entre ses mains et nous lançait un regard rempli de rage.

"Vous !" cracha-t-il, "Les Héros du Poulet Noir ! Je pensais que tout ceci n’était qu’une divagation embrûmée par l’alcool de cette créature bizarre appelée Hoshi !"

"Il va falloir y réfléchir à nouveau," dit Sanzo, en découpant la tête du Ninja Vendeur de Brosses avec Ambition.

"Shosuro !" ordonna Adorai, "Tue-les !"

Une grande et mince femme ninja surgit des ombres, son visage totalement lisse. Sa silhouette se mit à changer et se déformer, jusqu’à ce qu’elle ressemble à une copie exacte d’Oni no Akuma. Elle siffla, de l’acide coulant de sa bouche, et avança.

"Hey !" dis-je, en lui souriant. "Je te reconnais ! Tu n’étais pas au cours d’algèbre de Monsieur Kuni ? T’es le Ninja Changeforme, hein ? On est allé à ce voyage à la Passe de Beiden ensemble !"

Elle s’arrêta. "Oh, ouais !" dit-elle. "Je t’ai toujours trouvé tellement mignon !" Ca m’a foutu la trouille d’entendre ça sortir de la bouche d’Akuma, mais elle avait une jolie voix.

"Euh, merci," dis-je. Ca m’embarrassait plutôt. Au Lycée, je n’avais jamais réalisé que le Ninja Changeforme était une fille.

"Bon, en tout cas, je suis désolée, mais je dois te tuer, maintenant, Garou," dit-elle. "Tu vois, j’ai donné ma volonté à l’Ombre, et je vais me faire virer si je n’obéis pas." Elle s’avança vers moi, se penchant et se préparant à me déchirer avec ses griffes.

Alors je lui ai montré mon tatouage. Il s’est mis à chauffer brusquement et elle s’arrêta tout net.

"Shosuro, tue-le !" ordonna Adorai, "Qu’est-ce que tu fais ?"

"Eh, je déteste ce boulot !" gloussa-t-elle, se retournant et découpant le Ninja Bibliothécaire et le Ninja Chef-Cuistot d’un seul coup.

"Bah ! Ta trahison ne servira à rien, Shosuro !" rit Adorai. "Les Héros du Poulet Noir ne sont pas au complet ! Le Bouffon, le Magicien, et l’Innocent sont venus sans la Crinière de Feu, et donc ils ne peuvent pas accomplir leur destinée. Et la Crinière de Feu est déjà morte." Il avait raison, là. La pièce fut soudain remplie de ninja, et il était impossible maintenant de s’approcher d’Adorai, même avec l’aide de Shosuro.

Et soudain, quelque chose frappa Goju Adorai à la base du crâne, et il tomba sur le sol. La cage de Toturi roula sur le sol vers nous. Le coq caquetait apeuré alors que j’attrapai la cage et la lança à Toku. Dans les ombres derrière Adorai, je pû voir un grand samurai portant un masque brun qui disparut dans les ombres.

"C’était quoi ?" demanda Sanzo.

"Non," dis-je, "C’est impossible."

"On y réfléchira plus tard," dit Turi, qui commençait à fléchir sous les assauts implacables des ninja, "Comment va-t-on sortir d’ici ?"

Toku s’était frayé un chemin jusqu’à l’horloge contre le mur et y chipotait à présent. Soudain, elle sonna dix coups. Les ninja se dispersèrent comme de la poussière balayée par le vent.

"Qu’est-ce qu’il s’est passé ?" demanda Sanzo, haletant et toujours en train de balayer l’air avec son épée pour toucher un adversaire qui n’était plus là.

"Dix heures du soir," rit Shosuro, reprenant sa forme originale et posant ses mains sur ses hanches, "L’Heure d’Aller au Lit."

"Non," dit Sanzo, "Non, non, non, non, et encore non. Que quelqu’un me dise PAR PITIE que Toku ne vient pas de nous sauver la vie d’une manière aussi stupide."

Toku affichait un large sourire.

Nous sortîmes des murailles noires de Morikage. Il était toujours tard dans la nuit, mais la forêt semblait plus claire. Toku portait fièrement la cage du Poulet Noir et Sanzo faisait de son mieux pour l’ignorer. Turi fredonnait un hymne de bataille Lion à voix basse. Shosuro marchait avec son bras accroché au mien.

"Bon, je dois partir, maintenant," dit-elle, "Je ne sais pas exactement comment tu as réussi à m’arracher à la Sombre Voie de l’Ombre, Garou, mais on dirait que j’ai à nouveau mon libre arbitre, maintenant, et je pense que je vais rendre visite à mes parents. Merci pour tout." Elle se transforma en Bayushi Kachiko et m’embrassa sur les lèvres, puis se changea en corbeau et disparut.

"Euh... merci à *toi*," dis-je.

Nous sommes sortis rapidement de la forêt sombre, et nous sommes revenus dans les plaines accidentées du Phénix, où O-Ushi et le reste de l’armée Crabe nous attendait.

"Euh... salut," dis-je.

"Bonjour, Garou," dit-elle, les bras croisés et le regard effrayant. "Nous devons parler."

Alors je me suis avancé et j’ai parlé avec la championne de mon clan pendant un moment. Elle avait ce type appelé Kuni Utagu avec elle, qui n’était apparemment pas impressionné du tout par les rumeurs de ma visite dans le Sanctuaire Ténébreux et par la transformation en poulet qui s’est ensuivie à cause d’un accident de maho. Alors il a découvert que je transportais une épée de sang depuis trois ans, et que j’avais invoqué un kansen au Château Hiruma, et que j’avais passé un accord avec Kuni Yori et il a presque failli recracher sa soupe lorsqu’il a appris que j’avais fait un câlin à Oni no Pekkle.

Ben, Utagu était prêt à me pendre sur place. Il avait même préparé la corde, mais alors Yasamura s’est prononcé en ma faveur. Il a suggéré que puisque c’était seulement la première offense, alors il fallait être clément avec moi. Utagu rétorqua que ça faisait quand même un gros paquet de premières offenses d’un seul coup et que je pouvais à la place de la pendaison me jeter du haut d’une falaise. O-Ushi proposa un compromis.

Ainsi, je fus exilé du Clan du Crabe.

Je suis retourné près de mes amis, qui m’attendaient de l’autre côté de la colline. Je pouvais voir à leur visage qu’ils savaient ce qui s’était passé, puisque je l’avais laissé mon jingasa Yasuki et mon tetsubo derrière moi avec les autres.

"Ca ira, Garou," dit Toku.

"Ouais," dit Sanzo, "Crois-moi, tu aimeras être un ronin. Les gonzesses, elles adorent les ronin."

"La ferme, Sanzo," dis-je, "Peut-être que je peux retourner voir si les Phénix veulent toujours de moi."

"S’il te plaît, ne fais pas ça," dit Turi, "J’ai gagné beaucoup de respect pour toi ces derniers jours, Garou, et je détesterais tout perdre à nouveau."

"Ben pourquoi tu parles comme ça des Phénix ?" gémit Toku, "Ma petite amie est une Phénix !"

"Isawa Osugi ?" dit une voix. "Une gentille fille. Une bonne amie à moi."

On s’est tous retournés pour voir un groupe de Grues qui avançaient à cheval vers nous. A leur tête se trouvait un jeune shugenja aux longs cheveux blancs.

"Des Grues," grogna Turi.

"Vous êtes Garou, c’est exact ?" demanda l’homme, "Yasuki Garou du Crabe ?"

"Je suis juste Garou, maintenant," répondis-je, en fixant le sol.

"Asahina Tomo m’a beaucoup parlé de vous," répondit l’homme, en sautant de son cheval. "Vous êtes un héros, Garou, et si le Crabe n’est pas capable de reconnaître votre valeur, je suis sûr que nous autres Grues serions fiers de vous compter dans nos rangs."

"Vraiment ?" dis-je, plein d’espoir.

"Mais, certainement," dit-il. "Nous n’aurons qu’à le faire accepter par Uji ou Kuwanan, mais je suis sûr que ça ne sera pas un problème. Si vous désirez vous joindre à moi, je suis sûr que nous pourrons régler toute la paperasserie très rapidement. Je me dirigerai vers les terres Grues après que... j’ai rencontré quelqu’un au nord."

"Et bien, merci, ce serait vraiment super !" dis-je, heureux. "Quel est votre nom, déjà ?"

"Dorai," dit-il en s’inclinant, "Asahina Dorai."

Avancée furtive vers l’Episode VIII


Tous les zolis petits dessins ont été créés par Rich Wulf.



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