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Rokugan 2000

27 étages sans ascenseur

mercredi 6 janvier 2010, par Mirumoto Yo

"Krr... A toutes les unités ! On nous signale un policier en difficulté, au 8 de la rue des Kami. Krr..."

Mon sang ne fit qu’un tour. Ca ne fait que 2 semaines que je suis affecté aux patrouilles dans la cité, et chaque appel radio me fait bondir.

Shinjo Kaio, mon équipier en chef conduit comme toujours. Il allume la sirène et appuie sur l’accélérateur. Le moteur rugit en même temps que la sirène. Il m’adresse un sourire approbateur, je décroche la radio...

"Krr... Unité 22, nous sommes place Yoritomo, et serons sur place dans quelques instants... Avez vous des précisions ? A vous... Krr..."

Kaio conduit à vive allure. Il reste silencieux et concentré sur la route.

"Bien reçu Unité 22, il s’agit d’un appel d’une cabine public, le témoin a parlé de coups de feu et d’un policier blessé, avant que la communication ne soit interrompue, vous devez avant toute chose rendre compte, confirmez unité 22 ? Krr..."

Les pneus de la voiture crissent lorsque nous entrons dans la rue des Kami.

"Krr... Bien reçu Central, nous sommes rues des kami... Voilà le 8 Kaio ! Kr..."

J’ai du crier dans la radio... il pile, la voiture dérape et s’immobilise contre le trottoir.

"Krr... Répondez Unité 22 ? Kr.."

Je scrute les environs, tous semble désert et calme... Kaio semble inquiet, il dégaine son pistolet de service et l’arme.

"Ici Unité 22... trois corps à terre, dont un officier...Krr.."

Un homme est étendu sur le sol près d’une cabine téléphonique, les deux autres corps sont sur le trottoir et les marches qui mènent au bâtiment 8. Une femme est cachée derrière une poubelle, de l’autre côté de la rue.

BANG ! BANG ! BANG !

Le pare brise éclate, par reflexe je me couvre le visage. Il y a du verre partout. J’ouvre la portière et me laisse tomber sur le sol à l’abri derrière la voiture.

BANG ! BANG ! BANG !

Je suis paralysé. Le pare brise est en verre pare balle, il a pourtant éclaté comme un vulgaire bout de verre... Je reprends mes esprits rapidement et me tourne pour prendre mes ordres de Kaio. Il est toujours derrière le volant, son épaule droite à été arrachée, son torse est plein de sang, son arme est tombée sur mon siège. Mon siège est percé, si je n’avais pas quitté la voiture je serais mort, comme Kaio.

"Krrr.. UNITÉ 22 RÉPONDEZ ! Krr.."

Des sirènes retentissent au loin. Je perds un peu tous mes repères, j’ai l’impression qu’il s’écoule une éternité.

"Kr.. Ici Agent SWAT Konoko matricule S-4578 ! Je suis sur les lieux... l’unité 22 est sérieusement touchée, l’officier principal est mort, son équipier en état de choc... Envoyez des renforts Otaku pour boucler le quartier et la SWAT, on a affaire à un sniper 27ème étage du 8 rue des Kami. Le tireur utilise une arme semi-automatique, de très gros calibre, avec sans doute des projectiles blindés... Terminé. Krr..."

Je ne l’avais pas vu arriver. Elle était accroupie à coté de moi, en train de surveiller la tour, elle répondait avec ma radio.

"Krr... Les renforts sont en route... évacuez la zone avec les civils et les blessés. Krr.."

"Elle en a de bonne elle, évacuer la zone..." rouspetta Konoko.

"Hey toi !" elle me secoua un peu. Je repris mes esprit.

"Oui..."

"Tu es blessé ?"

"Euh... non, enfin, je crois pas..."

Elle ne me regardait pas mais jaugeait les distances, observait la rue, la tour sans me prêter la moindre attention.

"Tant mieux... prends ton arme, on va déloger ce connard."

"Euh... mais les ordres étaient que..."

Elle me regarde comme si j’étais un imbécile

"Tu veux finir comme le pigeon au ball trap ?"

"... euh !"

"Je prends ça pour un non..."

Elle prend l’arme de Kaio et la coince dans son dos dans la ceinture de son pantalon. Elle prend ensuite le fusil, qui est fixé sur le tableau de bord.

BANG ! BANG ! BANG !

Je me cache. Elle me rejoint. Un éclat de verre lui a égratigné la joue. Elle se rassoit, et vérifie le fusil...

"Tu ne perds rien pour attendre... A mon signal on court vers la porte du bâtiment 8. Je nous couvre, je compte sur toi pour couvrir la porte, il n’est peut-être pas seul, je tiens pas à me faire plomber parce que je regarde en l’air... compris ?"

Mon immobilisme m’énerve, je dois me ressaisir pour quoi vais-je passer...

"Oui !"

Je m’accroupis, dégaine mon arme et vérifie le chargeur. Je lui adresse un signe de tête quand je suis prêt, j’ai la trouille. Je vais crever j’en suis sûr. Elle m’adresse un sourire adorable, et me fixe dans les yeux.

"Ca va aller ! On va simplement courir jusque la porte. Allez."

Elle saisit le fusil...

"MAINTENANT !"

Je me lève et cours arme au poing vers la porte. Les coups de feu retentissent. Je la sens sur mes talons. Le sniper riposte, je préfère ignorer ce que peuvent faire les balles. J’arrive à la porte, je suis à couvert maintenant. C’est une grande devanture vitrée, il n’y a personne dans le hall. Je m’apprête à ouvrir la porte, lorsque je réalise qu’elle peut être piégée. Je tire dans la vitre à côté. La vitre éclate et se brise sur le sol. La sirène antivol retentie, j’ai déclenché le système d’alarme. J’entre, Konoko me bouscule presque en entrant à son tour.

"Bien joué !"

Elle laisse le fusil déchargé sur le sol et prend l’arme de Kaio. L’arme paraît énorme dans sa main, c’est un Kaiu .45 O-Uchi, je la trouve trop lourde, mais dans sa main elle semble ne rien peser. Les rideaux de fer tombent pour obstruer toutes les issues. Quel âne je fais, nous allons être enfermé avec ce fou dangereux...

"Très astucieux, si la porte était piégée nous l’avons contourné, et en déclenchant l’alarme tu condamnes le bâtiment, il est pris au piège. C’est bien pensé..."

Je ne l’ai pas fait exprès, mais son regard... hmmm ! je lui avouerai plus tard.

"Les escaliers vite !"

Elle part en courant en direction de la porte où sont indiqués les escaliers.

"... et les ascenseurs ?" c’est plus rapide et il y a 27 étages...

"L’alarme les a sans doute coupé, et sinon dis-toi que c’est là qu’il t’attendra..."

Je la suis. Pour les 7 premiers étage, j’arrive à tenir son rythme. Puis l’ascension devient vraiment très fatiguante. Je commence à m’essouffler, elle ne montre aucun signe de fatigue... Ah si ! Quelques gouttes de sueur sur la figure, j’allais finir par croire qu’elle n’était pas humaine.

Je me laisse légèrement distancer, et m’attend à une remarque mais elle ne dit rien. Je trouve finalement le bon rythme et un second souffle. Nous gravissons les 27 étage plus rapidement que ce que je pensais. Les sirènes semblent plus proches maintenant. Les renforts ont du arriver.

"Les renforts sont là..."

Pourquoi ai-je dis ça ? Elle va croire que je me dégonfle...

"Oui et ils ne peuvent plus entrer... à cause de l’alarme..."

Je n’y avais pas songé...

"Je pensais surtout qu’ils allaient pouvoir évacuer les civils."

Qu’est-ce que je fais ? Mon chef vient de se faire descendre, je frôlé la mort à deux reprises et je suis en train d’essayer d’impressionner une fille qui n’a peur de rien...

Soudain elle s’arrête. Elle reprend son souffle ?

"Qu’est-ce qu’il y a ? Un problème ?"

"Nous sommes arrivé... 27 ème étage, tu comptais aller plus haut ?"

"Euh non ..."

"Ecoutes moi bien ! Tu marches jambe fléchie, tu dois être sûr de tes appuis. Tu gardes ton arme en joue, sans le cran de sûreté. Et ton arme dois toujours suivre ton regard. C’est clair ? Tes yeux et ton armes bougent ensemble. Tu couvres tout le côté gauche, je m’occupe du droit, tu surveilles en haut, je m’occupe du sol. Tu obéis immédiatement à mes ordres. Si je dis ’à couvert’ tu te jettes derrière un couvert épais, vu le calibre de son arme, t’as plutôt intérêt a choisir un mur en béton..."

Son regard est interrogateur.

"C’est bon."

Ai-je mis assez de conviction dans ma voix ?

"On y va."

Elle ouvre la porte, nous entrons en couvrant tous les angles. Nous sommes au bout d’un couloir. Il s’étend sur toute la longueur du bâtiment, jusqu’à l’autre bout, il y a 20 portes, 10 de chaque côté, elles donnent sur des bureaux. Heureusement que nous sommes le weekend, l’immeuble est désert.

Nous avançons silencieusement et prudemment. Certaine portes sont ouvertes. Nous contrôlons les bureaux un à un méthodiquement et en silence. Je sue à grosse goutte, mon coeur bat trop vite.

Soudain j’entends une voix, Konoko l’a aussi entendu. Une voix d’homme, ses propos sont incohérents.

Nous avonçons avec plus de précautions. Nous parvenons à la porte de la pièce d’où émane la voix. La porte est fermée, Konoko grimace et me fait signe de reculer. Nous retournons quelques pas en arrière dans un des bureaux vides.

"Si la porte est fermée, c’est qu’il n’a pas l’intention de sortir, la porte est sûrement bloquée ou piégée... nous n’avons vu aucun vigile, il doit les tenir en otage..."

Elle semble réfléchir intensément. Je m’efforce moi aussi de trouver une solution.

"Il faudrait pouvoir observer, il y a peut être des outils dans ce bâtiment..."

"Tu veux prendre le temps de chercher ?"

"Non..."

"Bon j’ai une idée, ça ne va pas te plaire, mais on a pas le choix..."

Elle me prend pour quoi ? Comment peut-elle dire que ça ne va pas me plaire ?

"Tu vois ce conduit d’aération, je vais me glisser à l’intérieur, il doit déboucher dans la pièce. Tu es trop large pour pouvoir y entrer... Toi tu vas depuis le bureau voisin passer par la fenêtre extérieure. Quand tu entendras un grand bruit, ça devrait éloigner son attention de la fenêtre et tu entres. Tu devrais donc arriver dans son dos, tu le neutralises..."

Elle avait raison : j’aime pas, mais pas du tout. Elle sort de la poche de sa veste un tazer, une arme éléctrique d’autodéfense capable d’assommer un boeuf. Elle me le tend.

"Nous risquons de nous trouver face à face, les armes à feu c’est trop risqué, un tir croisé quand il y a des otages c’est jamais bon..."

"Je comprends... on y va ?"

Elle me sourit.

"Oui."

Elle se dirige vers la trappe de la ventillation, je l’aide à grimper dans le conduit. Elle est belle... mais c’est pas le moment, je dois rester concentré. J’entre dans le bureau voisin en silence.

Comment vais-je ouvrir cette fichue fenêtre, au 27 ème étage les fenêtres ne s’ouvrent pas... J’examine les montants des fenêtre, il faut faire vite. Oui, il y a des vis, la fenêtre doit ensuite pouvoir coulisser. Je sors mon tanto gaijin multifonction, un tanto suisse, ils appellent ça, c’est ma grand mère qui me l’a offert après un voyage à l’étranger.

Les vis sont ôtées, la fenêtre coulisse je suis content de moi. Je grimpe sur le rebord de la fenêtre. WOUCH ! Par la barbe de Hida ! C’est haut le 27ème étage... Le vent souffle et je me cramponne aux bords de la fenêtre. Ne pas regarder en bas... C’est quoi ces sirènes ? Je jette un oeil... En bas les collègues sont arrivés, des camion blindés du SWAT bouclent la rue... j’espère qu’ils ne vont pas me prendre pour cible.

Le vent souffle fort, j’entends le bruit de la ville, mais pourrais-je entendre le signal de Konoko ? Je passe à l’éxtérieur sur la mince corniche. Je ne suis pas sujet au vertige, mais là, je reconnais que c’est dur. Je me cramponne à la paroi et avance lentement en faisant glisser mes pieds sur la mince corniche.

CLANG !

Un projecteur vient de s’allumer, il est braqué sur moi... Je bénis le styliste qui a songé à écrire POLICE en gros dans le dos de mon uniforme, et je prie pour que les snipers du SWAT sachent lire... je crois que ce doit être une des conditions d’admissions.

Rapidement, le projecteur se décale vers le droite, et s’immobilise sur la fenêtre du tireur fou. Je suis soulagé, ils savent lire.

Je continue ma progression lentement. Ce projecteur aura le mérite d’aveugler le sniper fou, j’espère.

Soudain, il émerge. Le canon imposant de son fusil dépasse de la fenêtre brisée. C’est une arme de guerre, une arme lourde.

BANG ! BANG ! BANG !

Trois flash lumineux, le canon crache ses projectils mortels, presque instantanément le projecteur s’éteint dans un bruit de casse. Je crains que les détonations ne m’aient rendu sourd. Et si je n’entendais pas Konoko ?

CRAKBLANG !

Si j’ai entendu, mais je suis loin là... Sans réfléchir, je lâche ma prise et court sur l’étroite corniche. Derrière la fenêtre, une silhouette, je bondis. Je m’écorche l’épaule sur un morceau de verre, et aterrit poings en avant sur un homme qui tournait le dos à la fenêtre.

KZZZZZZZZIIK ! KZZZZZZZZIIK !

Nous sommes à terre, l’homme tressaute sous les choc éléctriques.

KZZZZZZZZIIK ! Ca c’est pour Kaio !

KZZZZZZZZIIK ! Ca c’est pour m’avoir tiré dessus !

KZZZZZZZZIIK ! Ca c’est pour avoir choisi le 27ème étage !

"Ca y est il a son compte..."

C’est Konoko, je lève la tête elle est accroupie, au milieu des débris du plafond. Son arme fumante à la main.

Derrière elle, cinq vigiles sont attachés ensemble avec du gros scotch gris, debout autour d’un appareil gros comme une bonbonne de gaz.

"Tout va bien ?"

Je me redresse, et sort ma paire de menottes.

"Oui !"

Je suis content de moi, nous avons réussi, j’essaie de ne pas penser à cette bonbonne. J’attache le forcené.
"Bon, il nous reste cette bombe à désamorcer. Tu es prêt ?"

Je dois faire une tête stupide, je suis attéré.

"Euh... oui..."

Elle éclate de rire.

"Tu y as cru hein ? Le plus dur est fait, je suis pas en service, c’est aux gars d’en bas de faire le boulot maintenant."

Le bruit du rotor d’un hélicoptère nous parvient. Un projecteur balaye à nouveau le bureau. Nous évitons de bouger. Konoko sort un téléphone cellulaire. Elle compose un numéro.

"Matricule S-4578, Passez-moi un responsable de l’intervention au 8 de la rue des kami c’est urgent."

Elle me tend le téléphone...

"C’est toi qui l’a arrêté, à toi l’honneur."

Je prends le téléphone un peu incrédule, avant que je puisse lui répondre, une voix forte jailli du téléphone...

"KONOKO ! Qu’est-ce que vous avez encore foutu ?"

"Hmmm... ici unité 22, le suspect à été appréhendé. Je répète, le suspect a été appréhendé. Nous sommes enfermé au 27ème étage. Il y a 5 otages et une bombe, il faudrait une équipe de déminage rapidement."

"Hmm Ok, unité 22, l’agent Konoko est avec vous ?"

"Je vous la passe."

Je rends son téléphone à Konoko.

"Je confirme... Tout est en ordre à part la bombe, un gaz je crois. C’est l’agent ???" elle me regarde surprise, elle pose sa main sur le téléphone...

"Je ne connais même pas ton nom ?"



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