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Rokugan 2000

Le Sceau, chapitre 4

dimanche 27 décembre 2009, par Okuma

Yo roulait à toute allure dans les rues d’Otosan Uchi, ridiculisant les motards de la police lancés à ses trousses. Ce ne sont pas eux que je fuis, se dit-il, mais les sbires de ce servant des ténèbres. Je dois à tout pris être sûr qu’ils ne sont plus à notre poursuite avant de pouvoir emmener Musachi quelque part. Mais où ?

Il passait dans le quartier grue. Il regarda le petit hôpital dissimulé dans l’ombre de la grande tour de Dojicorp. Ce sera parfait. C’est certainement le dernier endroit où ils viendront me chercher, à mon humble avis. Et ils pourront soigner Musachi. Les phoenix font de bons médecins.

Il se gara en trombe, menaçant de rentrer dans une ambulance garée devant les urgences. Le frein à main alerta les équipes de secours de l’hôpital, qui coururent prestement aux pieds du 4X4 des deux bushis. Ils posèrent une civière, et sans même que Yo ait put esquisser une demande, ils emmenaient son ami.

Un homme vint et empêcha Yo d’entrer. "Laissez moi ! Je veux suivre mon ami ! Laissez-moi passer !"

"Calmez-vous." Le ton était dur et sec. "Je suis Shiba Ookami, et je suis, pour l’instant, chargé de noter les noms des victimes du dernier attentat des sauterelles. Comment votre ami a-t’il été blessé ?"

Yo réfléchit à toute allure. Il y avait eu un attentat des sauterelles ? Et pas loin d’ici si les victimes venaient dans ce petit hôpital au lieu d’un hôpital mieux équipé. Les victimes les plus importantes allaient dans l’hôpital privé qui se trouvait dans Dojicorp, c’est pour ça qu’il y avait pas grand foule de médias. Un attentat. On lui demandait comment avait été blessé Musachi. Il trouva sa réponse.

"Nous nous trouvions pas loin du lieu de l’attentat et les sauterelles nous sont passés devant en s’en allant. Ils nous attaqués et ont blessé grièvement Musachi... et moi un peu aussi." Il regarda les nombreuses petites blessures qu’il avait accumulé durant le combat.

"Bien. Vos noms et activités ?"

"Yo et Musachi. Indépendants, multi-qualifiés. Acceptent tout emploi, 24/24 h, 7/7j !"

Le phénix grimaça en notant ronin sur son papier. "Attendez dans cette salle, pendant que l’un des nos shugenjas s’occupe de votre ami. Une infirmière viendra soigner vos blessures."

Yo se rongea les sangs en attendant d’avoir des nouvelles de son ami. Il regardait les nombreuses civières passées devant lui, chargées ou non de victimes, vivantes ou non. L’attentat avait dût être meurtrier. Et c’était surtout des gens pauvres comme lui qui souffraient actuellement, toute personne ayant un peu de valeur ayant été transféré à l’hôpital privé de Dojicorp. Allumant la vieille télévision qui se trouvait dans la salle d’attente, essayant de ne pas prêter attention aux pleurs et aux lamentations des familles assemblées autour de lui. Ils avaient perdus beaucoup de choses aujourd’hui. Une femme, un ami, un fils, un toit. Beaucoup pour des gens comme eux, et même si certains n’auraient aucun mal à repartir dans la vie, il est toujours un moment après un drame où l’on a besoin de se décharger de ses larmes. Mais Yo n’avait pas envie de pleurer. Pas maintenant.

"Drame dans la rue Hantei XXXVIII ! Un terrible attentat orchestré par les sauterelles, visiblement dans le but de voler du matériel technologique. Aucune explication fournie actuellement, sauf que l’on soupçonne Inago Rejisu le polukko d’avoir commis cet attentat. De très nombreuses victimes, envoyés en urgence à l’hôpital d’Isawa Tomo, près de Dojicorp. Nous vous tiendrons au courant. Ici Ikoma Akamura, pour KTSU télévision. A vous les studios."

S’en suivit une série d’informations sans grande importance. Yo s’endormit.


Ikoma "Toturi" Raoul ne cessait de faire les cent pas dans le petit salon où on lui avait dit d’attendre. Il essayait de ne pas enrager trop visiblement devant la secrétaire grue. Mais il n’aimait pas attendre ainsi, comme s’il était un petit chat à la disposition des grues ! Il allait frapper à la porte et entrer d’ici quelques instants, car il en avait vraiment assez ! Puis il y eu un craquement, un bris de verre ... Un cri. Le bruit d’une lame qu’on dégaine.

Raoul réagit à la vitesse d’un chat que l’on surprend. Plus vite qu’il ne put s’en rendre compte, il se retrouva avec son katana à la main prêt à défoncer la porte. Il entendit derrière lui le bruit de l’alarme qu’on enclenchait, mais fut surpris de voir la secrétaire sortir un saya de sous son bureau et de s’approcher de lui.

"Qu’attendez-vous Lion ? Que votre mère vienne vous chercher ?".

Raoul rugit intérieurement. "Pour Tsuko et pour Rokugan !" se contenta de rugir Raoul en se préparant à défoncer la porte.

La secrétaire le repoussa d’une petit geste désinvolte. "Pas besoin d’aiguiser tes griffes dessus, cela ne servirait à rien. Elle est à l’épreuve des balles. Et puis, je possède la clef, ’Mon minou’." Les deux derniers mots furent dit à voix si basse que Raoul ne fut pas sûr de les avoir entendu. Prestement Doji Kanishiko fit tourner la clef dans la serrure et fit grincer les gonds de la porte. Dans un rapide mouvement d’acrobaties, le Lion et la Grue furent dans le petit bureau de Kyome.

"Kyome-kun ! Mon fiancé !!!" Hurla-t’elle en regardant la vision d’horreur qui se tenait devant les deux samouraïs. Au milieu du petit bureau dévasté par ce qui semblait être un ouragan, se trouvaient les deux personnalités qui étaient entrés tout à l’heure. Le sol était jonché de débris divers qui faisaient jadis la fierté de leur propriétaire, sur le bureau brisé en une dizaine de morceaux se trouvait encore les formulaires à remplir, les flammes qui les consumaient dégageant de petits sons de crépitement. Les murs étaient lacérés par des séries de stries noires, comme des griffes monstrueuses que se seraient enfoncées de plusieurs centimètres dans les murs. La vitre qui trônait derrière le siège de Kyome n’était plus qu’un amas de bris de verre, comme s’il avait été en sucre alors qu’elle était capable de résister à des tirs de fusils. Des débris précieux d’or et de bois exotique reposaient au centre de la pièce. Les carrés de mosaïques étaient éparpillées partout en plusieurs centaines de fragments, seul le visage du tigre au masque d’oiseau de feu était intact. Il semblait sourire du malheur qui régnait dans la pièce.

Kamoto était écroulé par terre, le bras en sang après avoir été visiblement frappé par ce qui avait laissé des marques sur les murs. Son sang coulaient sur la moquette, lui donnant une légère couleur cuivrée, formant avec les traces de son corps dans l’épaisseur du mur une macabre silhouette. Kyome levait vaillament son katana familial, rassemblant tout le courage de ses ancêtres afin de protéger Kamoto. Il était lui-même grièvement blessé suite aux nombreux coups de son adversaire, chacun lacérant avec violence le corps du chef de la sécurité. Les amas de son kimono collait au sang qui coagulait autour de ses blessures, l’homme et ses vêtements se déplaçant avec l’union d’un dragon et de ses écailles.

Son adversaire était d’une horreur inimaginable : il s’agissait d’une énorme masse de chair rose pulsante sous les a-coups d’un sang violet et puant, trônant sur de courtes pattes trapues et entourée d’une aura de malfaisance qui envahissait la moindre partie du corps des spectateurs comme une immonde nuée d’insectes, drainant leur volonté comme un vampire. Ses bras étaient deux longs bâtons d’os recouverts d’une chair tendue par les efforts et dont les mains larges et squelettiques se terminaient par d’immenses griffes d’ivoire gris dont suintait des liquides semblables à l’ichor. Le plus terrifiant à voir était son visage, ou plutôt sa gueule : une immense mâchoire qui faisait plus de la moitié du monstre et plus de 3 m de haut, garnie d’une dentition tordue et cassée en tous sens, mais qui ferait pâlir un requin devant les innombrables rangées qui s’ouvraient sur le puits sans fond du gouffre de l’oesophage d’où émergeait une langue violette recouverte de pustules purulents. Au bout de cette immense gueule se trouvait le reste du visage, quelque chose qui contrastait avec le reste du monstre mais qui le rendait encore plus horrible : des yeux, des cheveux, un nez ... Les restes d’un visage humain, la face de celui qui avait donné son nom au premier de ces onis.

"VARAYA KALHEB ! JITURO NO FU-LENG !" Les mots de l’oni résonnèrent dans les couloirs de Dojicorp comme un vent malsain. Posant son regard humain mais où brûlaient les flammes corrompues du royaume de l’outremonde sur les grues qu’il avait massacré en se libérant de sa prison, il se mit à rire. Chacune de ses exclamations était un poignard pour l’âme de ceux qui l’entourait, les sons qui émergeaient de sa gorge semblable à une insulte à la vie elle-même.

"AHAHAHAHA ! LIBRE , JE SUIS LIBRE ! C’EST TOI, GRUE QUI A ACCOMPLI L’ACTE FINAL ! ONI NO SEYROKU TE REMERCIE ! TU NE SAIS PAS CE QUE TA BETISE VIENT D’ACCOMPLIR ! JE SENS LA PUISSANCE REVENIR EN MOI ! ROKUGAN VA PERIR ! JITURO NO FU-LENG !" Le monstre semblait crépiter de puissance alors qu’il semblait se gorger de l’énergie environnante, son corps gonflant comme un cancer malsain.

Laissant ses instincts et son esprit diriger son coup, Ikoma Raoul fonça sur son adversaire en hurlant : "Pour le rêve de Toturi !". Il sentit sa lame frapper la chair boursouflée de son adversaire, mais aussi à peine l’entailler avant de rebondir, le tranchant presque émoussé par l’attaque.

"VOUS ETES PITOYABLES, HUMAINS ! VOUS N’AVEZ PAS COMPRIS QUI EST LE MAITRE ! JITURO NO FU-LENG ! JE DOIT VOUS LAISSER, JE VAIS REJOINDRE LA SOURCE DE MA PUISSANCE ! ROKUGAN PERIRA ALORS !" S’en suivit un rire machiavélique qui sembla un instant résonner pour l’éternité. Le monstre déplaça son corps répugnant par la fenêtre, lévitant au-dessus de la rue en direction des autres bâtiments.

Raoul regarda les deux grues à terre et sa lame bien inutile visiblement face au monstre. Il regardait la secrétaire étreignant sans pleurer celui qu’elle avait appelé son fiancé. "Partez à la chasse, Lion ! Ne laissez pas cette horreur hanter les rues !"

"Ma lame ne lui fait rien ! Je ne peux la blesser ! Je va..."

"Prenez cette poudre de jade et courez-lui après ! Je me charge d’appeler vos collègues ! Je crois que je sais ce qu’est ce démon et il ne faut pas qu’il survive !"

"Mais ..."

"Je suis né d’une mère Hiruma dont je porte le prénom, et j’ai hérité d’une partie de son savoir. Filez à sa poursuite !"

Ikoma Raoul prit le petit sac de poudre de jade et courut vers l’ascenseur, défonçant les badauds qui ne comprenaient rien à ce qui avait put se passer dans le bureau d’un petit chef de la sécurité. S’ils avaient sût que tant de choses pesaient sur leurs épaules.


Agasha Akaijin hésita un instant a réveillé le ronin étendu en travers des sièges de la salle d’attente. Il se retourna pour regarder un instant le désespoir de tous ces gens après l’attentat. Tant et tant de désespoir... Il y avait eu tellement de blessés que les dirigeants de l’hôpital avaient dût faire appel à ses maigres talents de shugenja. Certes on lui confiait les cas pour lequel aucun autre docteur n’auraient gâché ses compétences, comme les ronins...

Son dernier patient avait été un ronin du nom de Musashi. Dans un sale état, il avait vraiment souffert. Les blessures étaient assez étonnantes en comparaison des autres victimes de l’attentat, mais Akaijin n’en avait que cure. C’était le dernier patient et il n’était pas mécontent de finir sa journée.

Il ne lui restait plus qu’à annoncer une nouvelle. Il était pressé, mais il fallait qu’il soit un petit peu diplomate. Quelle journée ... du sang, des pleurs et des cris. Et des morts, beaucoup de morts. Et beaucoup sur sa table d’opération ... il avait perdu beaucoup de patients, car ce n’était pas un médecin fait pour des blessés graves : il s’occupait habituellement seulement des consultations.

"Monsieur..."

"Roupmf ..."

"Monsieur !"

Yo se releva d’un bond, sa lame se retrouvant rapidement en contact avec la gorge du phénix.

"Qui est-tu ? Que veux-tu ?"

"Si ... si vous pouviez reposer ... votre lame ..."

Le samourai s’éxécuta, jaugeant les qualités et fonctions de son interlocuteur.

"Je suis le docteur Agasha Akaijin, de l’hôpital Isawa Tomo où vous êtes. Je venais vous parler de votre ami ... Musashi."

"Est-il vivant ?"

"Il avait de terribles blessures, et nous manquions de ... matériel ...efficace." Yo comprit ce dont voulait parler le "docteur".

"Mais, je vous rassure, contrairement à la plupart de mes patients, il est vivant ! Il sera debout d’ici quelques jours !" Akaijin était d’une sincérité déroutante alors qu’il prononçait ces mots. "Je voulais juste vous demander des précisions à propos de ce qu’il disait ... Il parlait dans son délire de secrets des anciens dragons ... d’un sceau brisé... d’un descendant du maître de l’air ... Je n’y comprenait rien. Vous avez une explication ?"


Kagemaru sorti de sa médiation couvert de sueur. Il avait vu de terribles visions, des choses qu’il n’osait même pas essayer de se rappeler. Des choses que même si sa mémoire n’en gardait ne serai-ce qu’un centième, il aurait du mal à trouver le sommeil durant toute sa vie.

"Tono ?"

"Arrête de m’appeler ainsi. Les titres ne durent qu’une vie, qu’un instant. La vie ne dure qu’un souffle. Les choses matérielles durent encore moins."

"J’ai vu ... des choses ... durant ma méditation."

"Je sais. J’ai vu tes yeux. J’ai vu ton visage. N’essaye pas d’oublier. N’essaye pas de te rappeler. Les deux choses ne changeront rien."

"Il faut ... arrêter ça. Il ne faut pas ...que de telles choses arrivent. Il faut ... lutter."

"Je sais. Je sais. Mais ce n’est pas à moi de porter le fardeau de la lutte. Les fortunes ne sourient qu’aux mortels."

Deux êtres quittèrent le petit temple où ils avaient choisi de s’arrêter. Eux seuls savaient vraiment ce qui se tramait dans les méandres de l’avenir. Et ils n’avaient aucune envie de le voir en vrai ...

A suivre



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