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Secrets de la septième mer

L’Oeuvre de Théus

mardi 1er novembre 2005, par Martin

Au sortir de la Guerre de l’Ombre, Trevor Mac Dermott est un homme troublé. Les nombreuses compromissions dont il fut le témoins, celles qu’il du lui même faire ont ébranlés ses repères.

Et c’est durant cette même période que son mentor, le Révérend Dengler, non content de lui refuser ses conseils, multiplie les actions suspectes voir frôlant la trahison.

La Guerre terminée, le Révérend redonne signe de vie pour donner dans une missive une étrange explication.

Trevor,

Ce n’est pas sans longues hésitations que je t’écris aujourd’hui. Trois versions de cette lettre sont déjà dans le feu. Peut-être celle-ci va-t-elle les rejoindre rapidement. Depuis que nous nous connaissons je me suis plus souvent qu’à l’ordinaire tenu quelque peu à l’écart, toujours craintif de la confiance que l’on accorde parfois trop vite à mes conseils ou positions. Mais les événements que nous avons vécus (dans des positions bien différentes) ces derniers mois en Eisen ont eu, je pense, de quoi secouer le plus résolu des hommes, et de quoi me faire quelque peu sortir de ma réserve.

Je suis conscient d’avoir justement été très... distant durant cette période et pour le moins parcimonieux dans la dispense de mon savoir et surtout de mes avis. Certaines nécessités (très librement consenties) me l’imposaient, mais ne sont sans doute plus de circonstance aujourd’hui.

Alors pour une fois, je vais risquer d’outrepasser quelque peu ce que je pense être mon rôle, car peut-être Théus attend-Il plus de moi. Et la réserve est sans doute trop souvent pour moi un moyen facile de ne pas assumer pleinement.

Nous avons, par lettre ou de vive voix discuté de nombreuses fois, depuis ton plus jeune âge. Mais jamais je n’ai eu une telle impression de... perte de repères, chez toi. Tu es quelqu’un à la foi profonde et précoce, et je sais que dans la difficulté, tu te tournes comme moi vers Théus, dans la prière et le recueillement.

Mais peut-être est-ce justement là que tu te fourvoies. Non que notre salut puisse venir d’ailleurs. Mais nos positions sont très différentes. J’ai depuis mon adolescence, avant même peut-être, été destiné par Théus à une vie d’écoute, de conseil, de réflexion. Le ministère s’est imposé à moi comme une évidence, de même que de fréquentes retraites en prière lorsque le doute ou la peur s’instigue en moi.

J’ai mis ce que j’ai de meilleur au service de Théus et de mes frères. Ma voix, ma tolérance, ma connaissance de la liturgie et celle du monde des hommes. Je tente de faire avancer le monde sur le chemin tracé par Théus, en encourageant les uns et les autres, en les aidant à discerner, à se voir et à se faire des instruments de la volonté divine. Je suis du monde, mais je ne suis pas dans le monde.

Si je parle tant de mon chemin, c’est que je pense que tu sais comme moi que ce chemin n’est pas ton chemin. Comme Il l’a fait avec moi, avec chacun d’entre nous, Théus t’as béni de nombreux dons. Chaque compétence, chaque grain de savoir peut être mis au service de Théus. Depuis la connaissance innée qu’a un paysan du temps qu’il va faire et de l’heure pour sortir la charrue aux sciences les plus avancées.

La science des armes a, de tout temps, été utilisée pour opprimer, menacer et enlever des vies. Mais c’est justement pour cela que des hommes de Théus doivent la posséder. Je rêve et j’appelle de mes vœux une époque où cela ne sera plus nécessaire. Mais tant qu’il y aura des hommes pour abuser de leur maîtrise des armes, il faudra des hommes pour défendre les plus faibles à l’aide des mêmes armes.

Quand au commerce, qui figure, je le sais, également au nombre de tes charismes, et bien ce fut une surprise pour moi quand, il y a déjà de cela bien longtemps, j’ai appris à connaître certains de nos frères Vendelars. Moi qui avais une image sans doute réductrice des métiers de l’argent, j’ai à leur contact eu l’occasion de changer avis. J’ai comme chacun croisé des marchands avides et aimant l’argent pour lui-même. Mais au coeur même de ce temple financier qu’est la League, j’ai aussi trouvé des hommes et des femmes utilisant leurs énormes moyens pour aider leur prochain, pour construire des routes et des aqueducs, pour acheminer de la nourriture là où il n’y en avait pas, pour faire pousser du blé sur de la cendre. Aux yeux de Théus, je ne doute pas que leur action soit aussi importante que la mienne, peut être même plus encore.

Alors, plutôt que de te battre contre ce qui t’as été donné par Théus, et de t’épuiser à tenter de nager à contre courant, pourquoi ne Le remercie tu pas et n’y investi pas toute la force de ta foi ? Ta voie, tu dois la chercher dans le concret, dans les actes sinon dans l’action. Théus à plus besoin d’un bon marchand ou d’un soldat altruiste que d’un autre mauvais ministre. Là se trouve ton chemin et peut être même ta rédemption, si c’est ce que tu cherche.

Tu as de grandes capacités. Crée toi une cause qui les mérites, et applique toi à les utiliser. Et si tu ne te sens pas homme à définir une cause, trouve en une qui te paraisse digne. Théus à besoin d’hommes capable de dire ce qui est bien, ce qu’il faut faire. Mais Il a autant besoin d’hommes pour faire ces bonnes choses.

Une dernière chose enfin. En pleine guerre, déjà plein de doutes sur le bien fondé des actions du Poing (et des tiennes, par la même occasion), tu étais venu me demander mes raisons d’agir, explication que je t’avais refusée. Je me dis qu’aujourd’hui, si Théus le veut, tu pourras peut être en faire quelque chose pour toi.

Si j’ai agit comme je l’ai fait, c’est pour une raison très simple : Erika Durkheim me l’avait demandé.

C’est si simple à dire. Et c’est sans doute pour moi la chose la plus importante qui soit. Les chemins de la Cardinale et les miens ne se sont pas souvent croisés. Mais il y a quelques années, les quelques lettres et les trop brefs échanges que j’ai eu avec elle m’avaient laissé une très bonne impression. Celle d’une femme dotée d’une profonde foi et d’une aussi profonde compassion. Alors, quand elle est revenue vers moi avec une demande, je ne lui ai pas demandé « Pourquoi ? », mais « Comment puis-je vous aider ? ». Et je crois encore aujourd’hui que tout est là. Seul Théus peut juger les hommes et les femmes. Et je n’ai eu aucune... illumination par rapport à Erika. J’ai vu quelqu’un qui me faisait une bonne impression, à qui j’avais envie de faire confiance. Alors, j’ai décidé de le faire. Malgré les on-dit. Malgré les doutes, ceux des autres et les miens propres. Malgré tout ce qu’elle a pu faire, dire, ou me demander. Aussi... suspect soit-il.

Certains y verraient sans doute de la crédulité, de l’idiotie, même. Je ne le vois pas comme cela. Je pense qu’arriver, non, que décider de faire confiance à quelqu’un est la chose la plus importante et la meilleure que nous puissions faire. Nous sommes les enfants de Théus. Que reste-t-il à Légion à faire si nous ne sommes plus capable du plus simple acte de foi envers nos frères ?

Théus te garde,

Wilhem Dengler



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