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Secrets de la septième mer

Le chevalier fatigué

mardi 1er novembre 2005, par Martin

Alors qu’ils préparent leur campement, le Marquis de Neuville et ses compagnons voient débarquer un bien étrange cavalier.

Quel secret si lourd ce cavalier si calme et si fatigué peut il bien porter ?

Le cavalier n’a pas tenté de dissimuler son approche. Bien au contraire, arrivé à une vingtaine de mètres du camps, alors que la fraîcheur de la nuit tombait sur Eisen, il a démonté et s’est exprimé d’une voix forte et assurée.

- Mein heren ? Je suis Xavier Metzger, j’ai fait une longue route. Pourrais-je me joindre à votre feu ?

Le Marquis a regardé un instant ses compagnons, avant de répondre.

- Approchez, Herr Metzger. Je suis Armand, Marquis de Neuville. Vous êtes le bienvenu.

L’homme s’est approché, apparaissant à la lumière du feu. L’attitude martiale, soldat plus que probablement. Il les a remercié d’un mot rapide mais sincère. Ils ont échangés quelques banalités, Metzger se montrant ouvert mais plutôt taciturne. Malgré qu’il soit dans la force de l’âge, il y a quelque chose d’usé, de fatigué dans son visage et dans sa voix. Quand il a sorti un quignon de pain sec et un minuscule morceau de fromage, Von Molder lui a proposé de partager leurs provisions, relativement abondantes.

- Vous savez, je suis habitué à me contenter de peu. Mais si je ne vous prive pas, ce n’est pas de refus non plus.

De Neuville a eu bien le temps de l’observer à loisir. L’air presque nonchalant, l’attitude martiale, l’absence totale de signe distinctif... Des signes épars, mais qu’il a appris à reconnaître. Il en est encore à se demander quoi faire de ses conclusions quand un bruit de cavalcade se fait entendre.

Mac Dermott a sauté sur ses pieds et s’est éloigné du feu pour distinguer la troupe. Metzger lui s’est simplement levé. L’air de celui qui sait. De Neuville seul a saisi quelque chose dans le regard de ce soldat si tranquille et si fatigué. Aucune peur, aucune excitation. Au contraire. Comme un apaisement longtemps attendu.

Les cavaliers en armes sont arrivés en vue du camp. Leur chef a crié d’une voix forte :

- Je suis le Capitaine Zeller, et je recherche un cavalier solitaire qui doit se situer non loin d’ici. Faites attention, l’homme est dangereux !

Avant que Mac Dermott ne puisse répondre, Metzger a dis doucement.

- C’est moi qu’il cherche. Mes excuses.

Puis plus fort.

- Approchez, Capitaine. Je suis ici. Et ces gens n’ont rien à voir avec moi, ils m’ont simplement accueillis.

Zeller et ses hommes ont démontés avant d’approcher, armes en main et l’air menaçant.

- Ainsi c’est vous, Metzger.... Vous nous aurez donné bien du mal.

Pour la première fois, un air un peu plus dur est visible sur le visage jusque là impassible du cavalier.

- Vous savez qui je suis... Comment ? Qu’est ce que cela veut dire ?
- Cela veut dire que vous êtes le dernier, Metzger.

De Neuville, Von Molder et Mac Dermott, sentant la tension monter, se sont approchés. Zeller réagit immédiatement.

- Restez en dehors de ceci. Cela ne concerne que Metzger.

L’intéressé confirme d’un ton presque doucereux.

- Il a raison. Je suis votre obligé pour le repas, c’est déjà beaucoup pour moi. D’autant que je doute de pouvoir vous rendre la pareille.

Plus sombre, il se tourne vers le capitaine.

- Alors, Frein...

- Mort.

- Gerlache ?

- Mort.

- Von Koln ?

- Mort. Je vous l’ai dit, Metzger. Vous êtes le dernier... Trêve de mots, ceci dit. Xavier Metzger, au nom du Furst, je vous arrête pour appartenance à l’ordre des Kreuzritters.

D’un calme maintenant presque irréel, Metzger a soupiré avant de répondre.

- Je ne peux, comme vous le savez sans doute, me soumettre à votre demande. Je suis prêt à vous affronter en duel. Si vous gagnez, je vous accompagne. Si je gagne, vous et vos hommes rebroussez chemin.

- Je n’ai pas d’obligation d’accepter. Et je ne le ferais pas. Donnez moi votre arme, maintenant, ou je devrais utiliser la manière forte.

Autour du cavalier, les hommes ont formé un éventail et se sont mis en garde.

- Je suppose que je ne pouvais rien espérer d’autre. J’aurais toutefois une requête à formuler. Si je meurs aujourd’hui, je souhaite que vous m’enterriez ici même, avec une simple croix et une oraison des plus simples.

Zeller semble s’impatienter.

- Entendu. C’est tout ?
- Presque. Je dois vous faire savoir que le sergent Hoffman et les trois hommes qui l’accompagnait sont décédés dans l’exercice de leurs fonctions. Je le regrette, mais je dois dire à la mémoire du sergent qu’il est mort en homme d’honneur et de grand courage.

Un moment, un éclair de respect, de crainte presque, passe dans le regard de Zeller. L’instant d’après, il fait signe à ses hommes. Mais c’est le cavalier qui réagit le premier, dégainant sa lourde épée et assénant un coup puissant à l’un des soldats d’un seul mouvement. La mêlée est de courte durée mais d’une grande violence. Quand le calme revient, cinq cadavres sont au sol, dont celui du dernier des Kreuzritters.



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