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Secrets de la septième mer

La Chute de la Maison Lucani

Théah 2000

dimanche 3 décembre 2006, par Martin

Une nouvelle dans l’univers de Théah 2000.

Chapitre I : Le grain de sable fou

Plus d’un siècle a passé depuis la création de la Maison Lucani, en 1564. A l’époque, la famille Lucani fait partie des nobles proches de leurs princes, les Villanova. Ayant toujours eu de grand dons pour la sorcellerie, les Lucanis leurs rendaient en effet de non négligeable services.

Drego Lucani pu ainsi, grâce à l’action de sa femme, prévenir Villanova d’une tentative de meurtre sur sa personne. Sentant le vent en poupe (ou pris d’un accès de mégalomanie, selon les sources), il demanda à son seigneur de pouvoir, en récompense des années de services, fonder sa propre maison. De manière fort surprenante, le Villanova de l’époque hésita longuement, préférant réserver sa réponse. Les courtiers ne parlèrent que de cela pendant des semaines, s’attendant plutôt à voir leur Prince tuer l’impudent sur le champ. Mais ils n’étaient qu’au début de leurs surprise : Villanova manda Drego Lucani, et les deux hommes veillèrent fort tard. Un mois plus tard, le Prince Lucani prenait possession de Gorivari, face aux dépendances des Faliscis. Peu de gens connaissent aujourd’hui le fond de cette étrange affaire, les Villanovas étant peu connus pour leur mansuétude.

Drego Lucani était un fou brillant, mais un fou quand même. Il avait monté lui même, avec beaucoup de précaution, ce prétendu « attentat », espérant ainsi fournir un argument déterminant à ses exigences. Mais il sous-estima Villanova. Celui-ci compris en effet bien vite le coup monté, mais préféra n’en rien laisser paraître. Au contraire, il réfléchit à une manière de profiter de cette étrange situation. C’est alors qu’un de ses conseiller lui rappela une antique prophétie, indiquant qu’un « Vaticine Hérétique amènerait la chute des maîtres de Gorivari ». Sous l’impulsion de ses conseillers, Villanova accorda une importance extrême à cette information. En faisant de Lucani le maître de Gorivari, non seulement il s’attacherait un allié utile, mais de plus, il contournerait cette malédiction.

Il reçu donc Lucani, et lui expliqua qu’il l’avait percé à jour, lui demandant de lui trouver une raison de ne pas le tuer. Après une nuit de discussion orageuse, Lucani accepta, contre la fondation de sa maison, de donner, contraint et forcé, ce qu’il avait de plus cher au monde : les première nées des Lucanis ne pourraient se marier qu’avec l’accord du Prince Villanova, qui réserverait ainsi les plus douées à ses gens voir à lui-même. L’honneur de sa famille étant engagé, Drego ne pouvait plus reculer. Le dimanche suivant, Villanova se mariait à son aînée.

Les Lucanis avaient gagné leur Principauté, mais à quel prix…

C’était il y a un siècle. Mais en Vodacce, un jeune castillan a fait ses premiers pas sur la place maudite de Gorivari il y a quelques semaines déjà, et le Destin s’est mis en marche, tandis que se mettent en place les acteurs de la tragédie à venir.

Giovanni Villanova est maintenant maître de la maison. Comme son père, il a laissé courir le bruit que son ancêtre avait laissé créer la maison Lucani par pure envie de la jeune femme, et que jamais lui, Giovanni, ne se permettrait un tel outrage à sa famille. Toutefois, il est marié à Valentina Lucani. Et un messager vient de lui apporter une étrange nouvelle : un lettré castillan a mis le pied sur la Perseguita, la place maudite de Gorivari. La chute de la Maison Lucani est désormais irrémédiable. Le Prince fut patient, il est maintenant attentif. Tout est prêt aujourd’hui pour écarter définitivement ce rival dérangeant. Mais la précipitation est dangereuse. Alors le Prince observe, et met ses hommes en marche. Quand les maîtres de Gorivari tomberont, un vrai dirigeant récupérera ce qui lui revient de droit.

Sur un petit bateau marchand, « Mad Marina », anciennement appelée Marina Pelinni revient dans son pays, et dans son regard brille déjà la vengeance. Celle d’une jeune fille qu’elle a été, née des amours du Prince Alberto Lucani et d’une belle courtisane, qui commis comme crime unique de posséder des capacités pour le Sorté importantes, mais tardives. A 14 ans, Marina est folle amoureuse d’un jeune et beau historien de l’université Dionna, Binio Trevari. Mais il est exclu qu’une fille des Lucani même non reconnue par son père, et Witch de surcroît, épouse un homme considéré lié aux Bernoullis. Villanova ne l’aurait jamais accepté. Le jeune homme fut « encouragé » à rentrer dans les ordres, tandis que Marina fut exilée, vers une île déserte dont elle ne devait jamais revenir. Mais dans la solitude, elle a encore accru sa maîtrises des Filaments, et réussi ainsi, après un essai infructueux a sortir de son isolement. Lucani va payer pour l’avoir méprisé, Binio va payer pour ne rien avoir fait pour la sauver, Vodacce va payer pour lui avoir volé sa vie.

Carmélio Alinni continue son irrésistible ascension auprès du Prince Lucani. Ses affaires ont fait de lui un homme assez riche pour ses besoins divers. Carmélio est un homme de pouvoir, mais contrairement à beaucoup d’autres, le fait d’apercevoir son objectif ne le rend pas fou. Toujours calme et méthodique, le chandeleur prépare son approche. Ses ennemis sont nombreux, mais ses alliés le sont aussi. Alinni a lu Scarovese de nombreuses fois. Il sait que la chance n’existe pas, que l’existence souris aux forts et aux audacieux. Il en est. Tout à ses préparatifs, il ne voit pas le Destin se nouer. Mais il se sent capable de s’adapter à toute nouvelle situation. Et les évènements vont lui en fournir plus d’une.

Binio Trevari a fait ses vœux d’acolyte depuis douze ans, et mène une existence paisible au monastère de St Realoni, dont il sort peu. Le trouble et la colère qui furent siens a une époque ont disparus, et il aujourd’hui reconnu et apprécié de tous pour sa dévotion à Théus et à la communauté. Cet hiver, il devra se rendre à l’université pour la première fois depuis quinze ans, car un marchand de la région à proposer de faire don au monastère d’un très ancien book of the prophets. Binio espère être de retour au plus vite, l’excitation du monde extérieur lui étant pesante. Sa vie tranquille est tracée, et il remercie chaque jour Théus de lui avoir accordée. Mais que pourront ses prières lorsque son passé viendra se rappeler à lui ? Aussi ténu qu’un fétus de paille balayé par la tempête approchante.

Alberto Lucani trône encore à Gorivari, mais la famille Lucani, pourtant faible, a connu des jours meilleurs. Les nuits d’hiver y sont particulièrement noires, tandis que de l’autre côté de la baie, les Faliscis chantent et dansent, Alberto se tourne vers l’unique plaisir qui lui est laissé, ses propres filles. Dans un an, il perdra son aînée, et les autres suivront. Souvent Lucani s’interroge sur la folie des hommes de pouvoir, riant de ceux qui, nombreux, donneraient tout ce qu’ils ont pour s’asseoir dans ce grand fauteuil orné de dorures. Dans ses rêves, Lucani leur laisserait bien ce devoir trop lourd qui ne lui a jamais apporté grand chose. Le maître de Gorivari est amer.

Chapitre II : Premières confrontations

Gorivari est en ce début d’hiver fort calme aux yeux de tous. Mais pas pour ceux de « Mad Marina ». Ecoutant les conversations de deux des marins du navire qui la ramène incognito chez elle, elle éclate soudain d’un rire nerveux, effrayant. Surpris, les hommes s’écartent rapidement, se demandant ce qui, dans leurs prévisions de passer quelques semaines tranquille dans l’île de Lucani, à bien pu susciter pareille hilarité.

Marina voit ce que ses sœurs, pourtant puissantes, refusent de voir. Au travers du regard d’un sorcière, Gorivari est tout autre : les Filaments se font de plus en plus nombreux, de plus en plus fragiles, aussi. A chaque instant ils cassent, s’envolent, et se raccrochent aux gré des intrigues, tandis que se multiplient les Filaments Noirs. Marina éclate à nouveau de rire : six de ces derniers sont accroché à elle, et elle devine déjà où le premier la mène. Binio sera à nouveau le premier, comme il fut le premier à la trahir…

Carmélio Alinni est inquiet. S’il ne peut voir à quelle vitesse vogue le Destin, sa longue expérience des intrigues Vodacci lui a toutefois fait comprendre que les choses allaient changer. Il y a peu, il a apprit l’existence de Marina, et il est bien trop prudent que pour ignorer pareille information. Alors il se prépare. Dans les terres continentales de Lucani, où il possède un modeste domaine, il a fait venir les mercenaires les plus efficaces qu’il ai pu trouver. Les coups de forces en Vodacce nécessitent autant de subtilité que de force, et il ne faire venir une armée sur Gorivari. Mais quelques dizaines d’hommes bien entraînés pourraient tout changer. Alors il n’a pas lésiné sur les moyens. D’Eisen, il a fait venir Conrad Rabenstein, un tacticien de l’école de Steil, qui les entraîne jour et nuit. Dans l’île, il écoute et regarde, cherchant les signes de l’inévitable hallali, sapant lentement l’autorité du Prince. Ses alliés et hommes liges, inquiets, quittent l’entourage d’Alberto Lucani un par un. Il a également écrit à Timéo De La Rosa, qu’il suspecte fort d’appartenir aux Rose-Croix. Les deux hommes ne s’entendent guère, mais De La Rosa pourrait être sa seule arme contre Marina. Reste à le faire intervenir au bon moment, et à surtout ne pas lui laisser le choix.

Ronaldo Garibaldi est une des Mains de Giovanni Villanova. Il connaît la prophétie, et doit prévenir son seigneur dès qu’elle sera accomplie, et s’il le faut qui sait, donner un petit coup de main au Destin. Le Prince, tenu par les anciens accords, est bien obligé de le tolérer à sa cour, où Ronaldo attend le moment d’agir.

Binio se prépare à rentrer sur le continent, quand Marina resurgit dans sa vie. Elle n’a plus rien de la jeune fille qu’il a aimé, et qui revient parfois hanté ses nuit. La détermination a chassé toute passion de ses yeux, et son rire jadis si chaleureux fait désormais frémir le jeune moine. Mais plus que tout, il sait qu’il ne peut lutter contre une volonté bien plus forte que la sienne, plus forte que tout, peut-être. Alors quand elle le questionne il répond. Il lui parle du Prince Lucani et de ses quatre filles. Marina part d’un rire sardonique, et part préparer sa vengeance sans remarquer qu’aucun des Filaments Noirs ne menait à Binio…

Le Prince Alberto Lucani sent l’orage approcher. Mais que d’autres cherchent à s’approprier son pouvoir est le cadet de ses soucis. Un par un, les Filaments se détachent de lui, jusqu’à n’en laisser que quatre, ornés du Cavalier, plus solides et durables que jamais, et un dernier, ténu, faible, et noir comme la nuit. Alberto se consacre à ses filles.

Chapitre III : Les filles du Prince

Marina sourit, et se rappelle de comptine enfantines parlant de jeunes filles se perdant les unes après les autres dans les bois, qu’on leur racontait pour leur faire peur. Elle chantonne doucement, et tire sur le Filament Noir le plus tendu, le plus long.

« Quatre jeunes filles partirent dans les bois.

« La première vit des fruits pendants
Aux branches d’un arbre et en cueillit
Son trésor au bras, chemin faisant,
Elle se trompa de route et se perdit »

Andréa Lucani fait une grande balade à cheval dans les terres continentales de son père. Loin des regards et des intrigues, elle pousse son destrier toujours plus vite, riant dans le vent, malgré les remontrances de sa dame de compagnie, qu’elle ne tarde pas à lâcher. Dans la forêt lui paraît entre deux arbres un charmant jeune homme, partant dans une folle cavalcade. Andréa se prend au jeu, et éperonne sa propre monture tant et plus. Ce n’est qu’au dernier moment qu’elle voit l’ombre d’une branche d’arbre devant elle.

- Prince Alberto ?

Alberto Lucani secoue la tête, une fois de plus pris à rêver dans son grand palais. Devant lui se tient son chambellan, l’air sombre.

- Prince, votre aînée, la belle Andréa a fait une chute de cheval sur vos terres…
Elle a rejoint Théus.
- Laissez moi…

Rabenstein fait avancer vers le palais la dizaine d’homme qu’il a entraîné pour le compte d’Allini, par des rues sombres et de plus en plus vides. Certains murmurent que le noble marchand serait lui-même présent, attendant son heure. Rabenstein attend l’arrivée de Timéo De La Rosa, qui devrait bientôt débarquer. Tout semble en place, mais Allini lui-même reste invisible.

Marina rit aux éclats quand le filament noir se tend, puis claque d’un coup sec. Et tire vivement sur le second fil.

« La seconde vit une mare
Et se pencha pour s’y mirer
Mais surprise par la nuit noire
Elle se trouva s’y noyer »

Maria Lucani revient vers Gorivari, à bords du propre vaisseau des Lucanis, le Saint Drego, nommé en l’honneur du créateur de la Maison Lucani. La mer est agitée, ce soir, mais pas au point de renoncer au voyage. Déjà, au loin, les lumières des Faliscis sont visibles. Soudain, un horrible craquement se fait entendre, tandis que le vaisseau part dangereusement à la gîte. Le capitaine fait hâtivement embarquer tout le monde dans les chaloupes, qui s’éparpillent dans la tempête naissante. Celle dans laquelle embarque Maria sombre peu après dans les eaux traîtresses de la Mer.

-  Prince…
-  Qui a t il encore ?
-  C’est votre fille, Maria…
-  Théus, qu’ai-je fait pour mériter cela ?

Le filament ne claque pas, il s’effiloche et tombe tout doucement dans les mains de la Sorcière, qui regarde déjà vers le suivant, tandis qu’elle murmure toujours en marchant l’antique comptine.

« La troisième se mit en tête
De gravir jusqu’aux cieux
Le plus haut arbre de la forêt
Dont elle tomba d’un vol gracieux »

Sofia Lucani est dans une des nombreuses villas de la famille, et s’y ennuie. Ce soir, contrevenant à tous les ordres de sa gouvernante, elle sort dans la ville endormie, qui semble à peine respirer. Arpentant les ruelles cent fois parcourues, Sofia se sent plus seule que jamais. Ses sœurs sont loin, et son père le Prince lui refuse toute visite dans son palais. Perdue dans ses pensées, la jeune fille ne fait guère attention à ses pas. Et il lui semble entendre un étrange rire dans la nuit de Gorivari. Un rire dérangeant, effrayant, mais clairement féminin. Sofia grelotte, tremble de tout ses membres. Quand le rire retentis à nouveau, elle se retourne et s’encours. Mais dans l’un des nombreux escaliers de la ville, ses jambes se dérobent sous elle, l’entraînant vers les eaux sombres du canal en contrebas.

-  Prince…
-  Partez ! Je ne veux rien savoir
-  C’est Sophia, mon Prince
-  Sortez tous ! SORTEZ !

Timéo De La Rosa a débarqué à Gorivari, pour y trouver un étrange messager, muni d’une convocation du Prince lui-même. Plus qu’intrigué par la chose, le jeune Chevalier gravit à pas rapide les escaliers menant au palais.

Les hommes d’Alinni se sont dispersés dans la ville à différents postes, et Rabenstein en guide plusieurs vers le port pour une mission toute particulière. Incognito, le marchand ambitieux est lui même présent non loin du palais, accompagné de sa garde du corps. Ronaldo Garibaldi, l’homme de Villanova, a pour l’instant déjoué tout ceux qui voulaient le retrouver. N’ayant rien de mieux à faire, il attend.

Marina a entendu un léger bruit d’eau quand le troisième filament s’est brisé. Ses pas à elle l’ont menée jusqu’aux porte du palais, étrangement désertes. S’arrêtant un instant avant l’entrée, elle tire doucement, puis de plus en plus fort, sur le quatrième filament, plus fort, plus proche que les autres, et qui semble résister un instant. Mais il cède peu après dans un claquement sonore.

« La dernière apeurée
Sale et noire à souhait
S’encoura vers un archer
Qui de peur lui tira un trait »

Anna est dans une des chambres du palais de Gorivari, et la nuit semble ici de plus en plus froides. Se levant pour quérir quelqu’un pour faire du feu, elle trouve les couloirs désespéramment vides. Intriguée, puis apeurée, elle parcourt le palais, appelant amis ou domestiques. Mais les innombrables chambres sont toutes inoccupées. De plus en plus terrorisée, elle court dans les long corridors, toujours plus longs, toujours plus noirs. Quand elle voit enfin une lumière, elle se précipite en hurlant, pour tomber droit sur une épée tendue comme par réflexe.

Marina rit, et entre dans le palais, bientôt suivie de De La Rosa. Alinni et sa garde entre enfin, tout est prêt pour l’acte final.

Chapitre IV : La fin du Prince

Marina monte en chantonnant les quelques marches qui mènent à la salle du trône. Le dernier de ses tourmenteurs va enfin connaître le sort qu’il mérite. Mais autour de la Sorcière sont encore présent deux Filaments Noirs…

Alberto Lucani contemple incrédule le sang qui coule le long de son épée, et le corps de sa cadette étendue au sol. Il ne se souvient que par image floue. Son assoupissement, des cris, une silhouette noire et démoniaque courant vers lui, et ses instincts de Duellistes, derniers à le trahir. Tout est désormais fini déjà, mais il devra boire le calice jusqu’à la lie.

Alors, quand arrive Marina, quand elle lui parle de son rôle dans l’histoire, quand elle lui annonce que sa vengeance est venue, et qu’il va payer plus que tout ce qu’il peut imaginer, Alberto reste impassible. Les lourds coups d’une horloge sonnent, tandis que Marina rit tant et plus devant le Prince à sa merci.

Rabenstein et ses hommes parviennent au port de Gorivari, pratiquement désert. Après un rapide combat, ils se retrouvent maîtres de la capitainerie. Il ne leur faut que peu de temps pour arranger les choses selon les ordres d’Alinni.

Ronaldo se fait discret, car il a vu le mouvement d’Alinni, et qu’il sent un coup arriver, même si la direction reste incertaine, tout semble converger maintenant vers le palais trop silencieux du Prince.

Alberto vit comme dans un rêve, presque en dehors de son propre corps. L’idée que dans peu de temps il sera à jamais en paix ne lui fait pas peur, bien au contraire, il va rejoindre ses filles. Un fin sourire se dessine sur le visage du Prince, provoquant la colère de Marina. Il sait une chose qu’elle ne sait pas. Il sait que malgré toute sa puissance, il peut encore s’échapper de ses liens, vers un endroit où elle ne pourra plus rien contre lui. Toujours souriant, le Prince s’approche d’une de ses grandes fenêtres, et contemple une dernière fois Gorivari endormie. Puis il lève les yeux au ciel, et saute comme dans un rêve. Quand on le retrouve peu après, son corps sans vie est toujours souriant, enfin en paix.

Marina enrage, et se tourne à nouveau vers les Filaments du Destin, les tirants avec une énergie jamais vue en Vodacce depuis la disparition des Lorenzo. Si Alberto Lucani lui a échappé, c’est tout Gorivari qui va payer pour son Prince indigne.

Mais à la porte de la salle est apparu un jeune vodacci portant sur ses vêtements l’emblème de la Rose et de la Croix. De La Rosa n’est en rien dupe. Il sait qu’on l’a mené précisément ici pour mettre fin aux agissements de Marina, dans des buts moins que louables. Mais il sait aussi que c’est son devoir, alors après une prière, il tire calmement son épée. Marina devient hystérique, et tente par tout les moyen de déchirer les Filaments, nombreux du jeune Vodacci. Mais chaque fois qu’il lui semble en prendre un, il s’échappe. Il n’est bientôt plus qu’à deux mètre, plus qu’un. Enfin, Marina découvre un filament fort mince, mais noir comme la nuit sur le jeune Chevalier. Ricanant victorieusement, elle se jette sur lui pour l’arracher. Elle tombe empalée sur l’épée du Chevalier, à temps pour voir le fil se briser, son extrémité sortant de son propre corps. La Mort était entre eux, et elle est bien au rendez-vous.

Alors, quand des pas se font entendre, De La Rosa se tourne calmement. Toujours accompagné de sa garde, Carmélio Alinni fait son entrée dans la salle du trône, bientôt rejoint par ses hommes, et par Rabenstein, porteur d’une précieuse missive. Regardant longuement De La Rosa, le noble marchand s’assied tranquillement sur le trône vide.

Tandis qu’au dehors éclate un orage, Gorivari trouve un nouveau maître.

Chapitre V : Les maîtres de Gorivari

Le Prince Alinni en est a ses premiers ordres quand se présente un visiteur impromptu. Ronaldo Garibaldi vient s’assurer des bons intérêts de son Prince, félicitant Alinni pour son intelligence, sur que cela lui vaudra une bonne place, celle de Gouverneur, peut-être. Les deux hommes se jaugent lentement, avant que le Prince ne renvoie Ronaldo. Au port, sur l’ordre de Rabenstein, un curieux drapeau à été dressé, sorti de la malle où il dormait depuis longtemps. La nouvelle se répand à la vitesse de l’éclaire : L’épidémie Blanche est tombée sur la ville, et aucun bateau ne peut en partir ou y venir tant qu’il sera dressé. Garibaldi salue l’intelligence du Prince, qui vient de gagner un temps précieux, avant de se jouer des gardes pour retrouver son vaisseau et quitter l’île. Dans moins de deux jours, un Prince Villanova lésé retrouvera ce qui lui appartient de droit, de gré ou de force. Alinni devra apprendre que le Vodacce n’a pas de place pour les faible, et en le laissant partir, le chandeleur a fait preuve de faiblesse.

Mais un autre messager est parti, vers l’île des Bernouillis, quérir un soutient bien nécessaire. Trois jours plus tard, l’île est entourée de vaisseaux de la famille Villanova, quand arrive un bateau transportant un des proches cousins de Gespucci Bernoulli. Peu après, ce sont des délégations de tout Vodacce qui arrivent : pour saluer la fin de l’Epidémie Blanche, le Prince Alinni a invité l’élite de la république, en ce compris Villanova, bien sur. Garibaldi peste. Le coup de force n’est plus possible avec un Bernoulli dans l’île. Tout n’est pas fini, bien au contraire.

Carmélio Alinni vient de faire une entrée remarquée dans le Grand Jeu.

P.-S.

Une nouvelle dans l’univers de Théah 2000



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