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Shadowrun

Fan service #2

jeudi 10 mai 2012, par shavy

Suite de Fan service #1.

Il ne s’attendait pas à autre chose en trainant par ici. Feather l’avait prévenu mais il n’était pas étonné. Un bar de DFF - Dead for flesh - était un endroit silencieux, un repère à camés matriciels et à accrocs au simsense.
Dans chaque alcôve, glauque et remplie de plusieurs générations de jackpoint, appairés, optiques et cuivrés, une odeur de transpiration au mieux et d’urine au pire témoignait de la présence d’un pauvre hère, perdu dans les paradis matriciels.

Baigné dans un halo tri-di de fractales hypnotiques, Sanders cherchait son homme. Un decker occasionnel, prêtre du SOTA [1] dans son domaine, un certain Nabuki.
Près du comptoir 3 visiocoms permettaient de prendre commande, le clavier, défoncé, n’avait que la touche « call » intacte... la haine de la "viande" allait bien au-delà des considérations végétaliennes ici !

Une voix désincarnée prit la commande et libera l’un des box situé à l’arrière de la pièce principale. Feather lui avait simplement donné l’identifiant de son contact « Tamia shop suey ». Sanders espérait juste qu’il n’allait pas se retrouver face à ce plat coréen à base d’écureuil et de chou sauté .

En lieu et place il trouva une petite asiatique, connectée et fumant une petite pipe à eau de méthadone. A peine eut-il l’intention de s’assoir sur le tabouret en vis-à-vis, que la jeune femme lui jeta un regard noir. Tirant sur sa pipe de verre, elle inspira dans un glouglou ragoutant.

- Yo l’anglo ! dit une voix synthétique sur les haut-parleurs incrustés du deck

- Euh...salut je viens de la part de…

- Qu’importe qui t’envoie. T’as l’argent ? Je peux répondre… T’as rien, tu te casses.

La voix, pourtant censée être neutre était d’une hostilité non feinte. Une puce de compétences linguistiques permettait certainement à Nabuki, si c’était bien elle, de s’affranchir de la barrière de la langue …ceci dit il ne s’attendait à devoir débourser un sou pour une info pareille.

- J’ai de l’argent… dit-il d’une voix claire et assurée. Je cherches quelqu’un. Un avatar de SOU de toute évidence qui erre sur la map de Puyallup qui ressemble à une chanteuse de Mercurial lors de sa dernière tournée...

- L’elfe d’Hiroshima ? La gamine haussa les sourcils. elle ranima sa pipe, une odeur de glycine envahit le box. Superbement modélisé… finit-elle par dire.
Elle a dû naitre dans une zone UV, peut être d’une grosse corpo.
Bien gaulée, belle restitution de voix… La rue dit qu’elle existe vraiment.

Sanders ne s’y entendait en rien en matrice et consort mais il savait que les environnements UV étaient certainement les constructions matricielles les plus coûteuses à concevoir et à superviser, il avait passé son enfance dans le confort douillet du milieu corpo et avait côtoyé des interfaces de haute définition issue de ces zones UV.

- Je veux la voir. Il avait lancé ça sans y penser, cela sonnait comme un ordre.

Nabuki leva un sourcil visiblement surpris par le ton.

- Tu n’es pas interfacé, ça serait comme demander à un nouveau né d’apprécier un simsense tour.

- Je suis un norm élevé en condo [2]. Il montra son œil droit. Mes interfaces sont mémorisés sur serveur...

- Et tu te plugues dans « l’air », rajouta la jeune asiatique avec son accent d’origine, avec un air admiratif.

Elle fit des va-et-vient avec l’embout de sa pipe, réfléchissant ouvertement de manière perverse.

Sanders se sentit soudain bien mal à l’aise.

Elle débrancha violemment son deck, se leva de sa petite taille.

- Fin de l’entretien. Je peux rien faire pour toi, bébé corpo, tranchât-elle.

- Attends, dit Sanders en lui attrapant le bras, j’ai dit que je pouvais payer !

Il n’eut pas le temps de finir sa phrase que son bras était retenu puis tourné sur son dos. Sa mâchoire heurta la table en fer du compartiment. Il sentit aussitôt sur sa tempe, exposée, le contact froid d’une arme.

Se calant dans son dos, en remontant son genou entre ses jambes, Nabuki s’approcha de son oreille.

- Petit norm fais attention, tu es loin de l’influence de ta mère corps quand tu glisses dans les ombres.

Elle ne pesait pas lourd mais était assez souple pour le maintenir dans cette position, comme une araignée maintient sa proie.

- Je peux payer... souffla t-il.

- Je n’en doute pas. Encore faut il que j’accepte.

Elle s’approcha de son oreille.

- Dis-moi tout, sois franc comme un corps, peut l’être et peut être que ta misérable existence ne se finira pas ici.

Avant même qu’il n’ait pu répondre l’étreinte se relâcha soudainement.
Il se retourna péniblement. Nabuki se faufila hors du compartiment, son arme à la main. Puis des cris, des cris désincarnés sortant de tout le bar.

Il mit ses mains sur ces oreilles pour échapper à la vague sonique.

Nabuki réapparut sur le seuil, lui attrapa le coude et l’entraina vers un passage étroit. Elle s’accroupit près d’une bouche d’aération et la fit coulisser.
Elle s’y glissa et disparut. Sanders l’imita et hurla.

Il glissa sur une bonne dizaine de mètres puis s’arrêta sur une section plate de la conduite. Ecartant les jambes, il entrevut le postérieur de la decker qui s’éloignait. ll la suivit sans se faire prier.
Il entendit un vrombissement dans la conduite. Il jeta un œil en arrière. Une lumière accompagnée d’un glissement métallique arrivait à toutes allures. Il écarquilla les yeux en voyant glisser maladroitement une espèce d’araignée de métal, arborant une étoile dorée sur fond bleu. En guise de mandibules des électrodes pulsaient par intermittences, ses myriades de caméras en guise d’yeux cliquetaient et d’un coup, avec une agilité retrouvée elle s’élança en direction de Sanders.
Affolé il rampa comme un dément au rythme des frottements métalliques du drone.

- Baisse-toi, bébé corpo, lui lança Nabuki.

Il leva les yeux vers elle, et se baissa après avoir entraperçu la lumière de la sécurité sur le fut de l’arme s’éteindre.

Une explosion secoua le conduit, une vague de chaleur déferla dans son dos.
Il y avait trop de bruit pour qu’on l’entende hurler, dans ce fracas de métal. Il se sentit glisser puis chuter et finalement s’écraser dans une masse spongieuse.

Quand il ouvrit les yeux, il tomba nez à nez avec la jeune asiatique. Son nez à peine esquissé par un masque de boue, ses cheveux raides ébouriffés, sa bouche esquissant un sourire moqueur.

- Alors petit corpo ? Il s’en passe des choses dehors ?

Il était avachi sur elle dans une boue malodorante. Il regarda rapidement au dessus de lui, vit la conduite par laquelle il avait tout deux chûtés, regarda ces mains, ces bras. Un miracle... Il était indemne. Il avait senti la chaleur mais ne semblait pas avoir été brulé.

- Tu es lourd, petit corpo... Pas moment pour massages.

Tout penaud, il se leva, tendit sa main à la jeune femme. Un bref instant, il crut voir le petit collier d’hématite à son cou, changer de couleur.

- Tu vas rester planté là à me mater longtemps, lui dit-elle sèchement.

- Euh... Je ne...

- Bouges, les stars [3] ne seront pas longs.

- Mais, où... se contenta–t-il de dire, en faisant le tour de son environnement immédiat.

Nabuki soupira.

- Suis-moi, tête de tangue [4].

Elle regagna la margelle du conduit, s’enleva partiellement la boue gluante et lui tendit la main.

- 5 000 nuyens plus les frais de doc et un scan rétinien de ton œil droit.

- Vous êtes shadowrunneuse ?

- C’est pas assez sombre pour toi ici, bébé corpo ? lui répondit-elle avec un petit rire mutin.

Notes

[1State Of The Art - à la pointe des dernières technologies

[2un condominium (ou condo) est un appartement réservé à des cadres corpo hors des archologies

[3diminutif de lone star, la police privée du métroplexe

[4hérisson , élevé pour sa viande goûttue



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