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Shadowrun

Mesure Drakstique

mercredi 17 août 2011, par shavy

Une nouvelle qui fait partie des "Contes urbains du métroplexe".

La saison d’Urban brawl s’est terminée sur un coup d’éclat de l’équipe de Seattle, les Screamers, emmenés par leur duo star, Punch et Judy.
Dans l’ombre de cette victoire des intérêts tout autre se sont affrontés.
Après un mic-mac entre pègre yakuza-mafia et corporatistes, certains doivent rendre des comptes (cf « A killing glare « ).

C’était de loin l’aspect de son travail qu’il aimait le moins.

Ça pouvait bien se passer, comme un mail en boite, ou finir en crises de larmes, et parfois il était même obligé d’appeler la sécurité.
Certaines personnes perdaient tout bon sens quand on leur annonçait un remaniement du personnel et le licenciement ou la mutation en Aztlan qui allait avec... A croire qu’il en oubliait qu’il se trouvait dans une arcologie !

Mais là, Juan Ortega, responsable du personnel de la division « opération et exploitation » pour la branche de Seattle d’Aztechnology, n’en menait pas large.
Il allait devoir se séparer d’un collaborateur, suite au décès de son coéquipier.
La division « opération et exploitation » était gourmande en compétences, en moyens et en hommes. Elle ratissait large entre espionnage industriel et extraction musclé... Au nom de la corpo, les dommages collatéraux remplissaient plus les colonnes des faits divers que les nuits sans remords de ces mercenaires sans scrupules.

Mais voila, se demandait Juan Ortega, en s’épongeant le front, il n’avait viré jusqu’à présent que des subalternes sans importance, pas un agent exécutif.

En passant dans les deux sas climatisés, il reconsulta le dossier, pour s’entrainer sur la prononciation du nom notamment.
Oui , ce n’était en rien un employé comme les autres... Rien qu’à voir les aménagements particuliers de son appartement : plus de 300 m2, un système entièrement climatisé en circuit fermé pour recréer un environnement subtropical, un piste d’héliport donnant sur les immenses baies vitrées et bien d’autres choses incongrues...

Ortega haleta en essayant de s’acclimater à l’air humide. Dans les vapeurs chaudes sulfurées, il vit la silhouette de l’intéressé. Dans la grande pièce à vivre, une musique pop d’accords de guitare simple semblait lutter pour ne pas mourir étouffée par le bruit des turbines saturées.

« Señor Perianwyr ? » s’hasarda à appeler Ortega, la voix légèrement chevrotante.

Une grande tête reptilienne émergea de la vapeur, tout en écailles vertes émeraudes.

Ortega eut l’impression que sa tête allait éclater. Des milliers de mots hurlés à l’intérieur de son crane comme une cacophonie démoniaque venaient de s’immiscer dans son esprit. Et par delà cette agression, une petite mélopée, ballade mélancolique.

Blackbird fly, Blackbird fly…Into the light of the dark black night.

Le dragon s’attendait plus ou moins à cette visite, et malgré cela il ne s’y était pas préparé. Non pas qu’il en craignait l’issue, il n’avait tout simplement pas penser à ce qui se passerait après.

Morgan lui avait bien dit qu’ils ne tarderait pas à faire leur bagage mais voila il n’était qu’un homme. Un homme conforté dans ses compétences et ses aptitudes dans le luxe et la facilité .
Perianwyr s’était aperçu de la routine dans lequel ils s’étaient enfermés petit à petit mais s’était bien gardé d’en faire part à son ami, le seul ami qui ai jamais eu.

Parmi les siens, l’adversité était de mise et c’était la seule chose qu’il pouvait dire de sa fratrie. Kyle Morgan avait été son seul repère... Pas l’idéal pour un dragon en devenir .

« Blackbird singing in the dead of night
Take these broken wings and learn to fly
All your life »

La musique avait une raison d’être et le dragon aimait la musique. Plus que de raison à vrai dire. Elle ne lui rendait pas bien, cette ingrate !
Une faiblesse musicale avait couté la vie à son coéquipier, son seul ami... Un corps si puissant battu par la futilité d’un instant, quelle ironie !

Il devait couvrir les arrières de Kyle, arrêter une équipe de runners, leur couper leur moyen de repli .
Morgan était dans la zone de combat de l’urban brawl et il devait le rejoindre après s’être débarrassé du véhicule de l’équipe... Et il l’a vue, elle, pourquoi fallait-il que ce soit elle ?

S’extirpant du van, morceau broyé de fer et de plastique, une elfe, désorientée, l’avait fixé du regard. Elle tremblait de toute sa frêle silhouette, une arme ridicule pendante à son bras tétanisé.

Lui ne voyait que la chanteuse qui avait rejoint Mercurial sur la scène de l’Underworld, deux ans auparavant, pour son concert d’adieux. Il ne ressentait plus que l’émotion qui l’avait saisi en entendant sa voix parfaite en résonance avec la novastar .

Il était resté interdit , d’autres auraient dit abruti (autant que puisse paraitre abruti un dragon !) devant l’apparition inopportune...

Pendant ce temps Kyle rendait son dernier souffle, en espérant un support aérien qui ne vint jamais.

Secouant la tête, il se rendit compte que l’homme, Ortega, son chef du personnel, sanglotait à genoux, en marmonnant des mots inintelligibles... Il était vaguement question de libérer sa tanière au plus vite et d’autres questions bassement matérielles.

Il s’ébroua les ailes, soulevant les vapeurs sulfurées du cloaque bouillonnant dans lequel il était allongé. L’homme se mit à crier, en appuyant de toute ses forces sur son holobracelet .

« Je pars » se contenta de dire télépathiquement le dragon, à l’ensemble du personnel dans les 300 mètres à la ronde .
D’un battement d’aile, il se souleva du bain boueux, se dirigea vers la baie vitrée qu’il fracassa sans ménagement.

Sentant l’air frais envahir ses naseaux, il respira un grand coup, pris appui sur la piste de l’heliport et s’envola...

Le fracas et l’aspiration de dépressurisation couvrirent largement les sanglots d’Ortega et le coup de feu qui répandit sa cervelle sur le sol basaltique du loft.

"Code 34 au secteur 283, extraction et destruction de matériel corporatiste et mort d’un employé "

Le capitaine Hiztlactana inspecta le badge d’Ortega, tout en rangeant son pistolet.

"Matricule 4356GHT6, Juan Ortega, le complice...certainement" se contenta t-il de dire à la radio, avec un sourire radieux. Il connaissait quelques manières de se débarrasser du personnel récalcitrant, de loin celle-ci était la meilleure de toutes.

Le dragon espéra un bref instant qu’une escouade jaguar serait lancé à ses trousses, puis ne voyant rien arriver, il prit de l’altitude et disparut dans le plafond nuageux du métroplexe .

" You were only waiting for this moment to arise,oh
You were only waiting for this moment to arise, oh "

cracha une dernière fois la sono de son loft .



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