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Shadowrun

Hagakure : la voie ultime

lundi 26 décembre 2005, par Bobba


Oha yo gozaimasu [1] , honorable lecteur.

J’écris ce petit article à la demande de Majechan [2].

Je ne suis pas écrivain, donc si vous attendez un article plein de tournures grandiloquentes et dans un style « littéraire »...Continuez d’attendre.

Commençons par ce que ce post n’est pas.

Ce post n’est pas une leçon pour vous expliquer ce qu’est ou n’est pas un « samouraï des rues ».

Ce post n’est pas une façon de vous dire qu’il faut faire dans le Zen, et qu’il y a une philosophie profonde dans notre profession.

Alors, à quoi sert cet article ?

Il a pour but de partager l’opinion et la foi que j’ai d’une « certaine vision » d’un samouraï.

Peut-être que c’est une vision qui vous paraîtra traditionnelle, ridicule ou désuète.

Peu importe.

Les Japonais ont une expression qui dit : on ko chi shin (traduit approximativement par : "bâtir le futur en tirant un enseignement du passé"). Il traduit l’idée de respect des anciens.

Après 15 ans de carrière dans les ombres, je suppose pouvoir apporter quelques briques à la construction de votre futur, si vous voulez bien prêter l’oreille à une relique des temps anciens.


Préambule :

Pour débuter, je vais vous expliquer en quelques mots, qui je suis et pourquoi je pense qu’il existe réellement un code de l’honneur chez les samouraïs.

Mon père faisait parti de ce que vous surnommez les samouraïs rouges.

Il m’a ainsi élevé avec certaines valeurs, qui me sont restées.

Toutefois, ce ne furent pas des valeurs corporatistes, mais des valeurs guerrières.

A 9 ans, mon père m’offrit ce que je considère maintenant comme un de mes livres de foi, une bible : l’HAGAKURE.

Contrairement à une pensée très répandue, le Bushido ne fût pas le seul livre sur le code d’honneur samouraï. Toutefois, pour le comprendre, une petite leçon d’histoire s’impose.


RESUME DE L’HISTOIRE DES SAMOURAIS ET DE L’HAGAKURE :

Durant plus de huit siècles (8e au 16e siècle), l’histoire du Japon n’a été qu’une interminable guerre civile et c’est sans doute la raison pour laquelle nulle part ailleurs que dans ce pays, les traditions martiales - l’Art martial - et le culte du guerrier ont si profondément marqué la culture et la psychologie du peuple.

A cette époque, la classe de prestige était celle du Bushi, le guerrier, fier, rude, qui était bien loin du « samouraï » subtil et empreint de poésie tel que nous le connaissons aujourd’hui. Ils étaient plus proches de vos anciens chevaliers, sans peurs, brutaux et fiers.

Le premier code de conduite de ces guerriers fût la « voie de l’arc et du cheval », un code non écrit, assez primitif et surtout plus pratique que théorique.

Puis, suite à l’expansion de cette classe dans la société nippone (vers le 13ème siècle) , la féodalité s’enrichit du Budo, la « voie du guerrier », qui fût plus un code destiné à asservir les samouraïs aux daimyos et leur donné une image « noble ». Ce « Bu-shi-do », bien qu’étant l’œuvre la plus connu des occidentaux, ne fût pas réellement la plus intéressante.

Toutefois, ce n’est qu’au 18ème siècle que parurent les onzes volumes de « l’Hagakure ». Cette oeuvre de Yamamoto, un ancien samouraï devenu moine, se compose de maximes philosophiques reportées des entretiens qu’un jeune scribe , qui avait suivi Yamamoto pendant sept ans, a pu retranscrire, contre la volonté de yamamoto.

Cet ouvrage est resté inconnu jusqu’alors, car il était jalousement gardé par la famille Nabeshima.

« Hagakure » signifie « caché derrière le feuillage », référence à l’endroit dans lequel vivait Yamamoto, une hutte cachée dans un bois retiré.

Street Samurai by killik69@neuf.fr

LA PHILOSOPHIE DE L’HAGAKURE, SON APPORT MODERNE

Composé de Onze volumes, l’Hagakure est tellement riche de maximes que je serais présomptueux de vouloir le résumer ici.

Je vous propose donc de vous en citer quelques extraits assortis de commentaires, pour en tirer quelques leçons pour la profession de Shadowrunner, et en particulier celle de Samouraï des rues.

SUR L’ESSENCE DE LA VOIE


« J’ai découvert que la voie du Samouraï réside dans la mort. Lors d’une crise, quand il existe autant de chances de vie que de mort, il faut choisir immédiatement la mort. Il n’y a là rien de difficile ; il faut simplement s’armer de courage et agir. Certains disent que mourir sans avoir achevé sa mission, c’est mourir en vain. Ce raisonnement que tiennent les marchands gonflés d’orgueil qui sévissent à Osaka n’est qu’un calcul fallacieux, qu’une imitation caricaturale, de l’éthique des Samouraïs. »


C’est ainsi que Yamamoto définit le guerrier. Et c’est ainsi que tous ceux qui pratiquent la profession devrait sûrement le voir.

En effet, bien que la survie soit importante dans la vie d’un Shadowrunner, il me semble qu’il y ait des choses plus importantes que l’instinct de survie. Tous les jeunes qui comptent se lancer dans la rue en tant qu’indépendants devraient être conscient de ce fait : la voie du shadowrunner réside dans la mort. Nous nous y sommes habitués au point de l’occulter, pourtant c’est le principe de base de notre vie : notre quotidien est empreint de mort et de souffrance, et notre carrière est un chemin qui ne mène qu’à la prison ou à la mort. Et la majorité d’entres nous ne supporteront jamais la captivité...

Contrairement à un point de vue idéaliste, nous ne sommes ni des héros, ni des justiciers redresseurs de torts (n’en déplaise au docteur Raven). Nous sommes (et d’autant plus les samouraïs des rues) des mercenaires à louer, de la chair à canon pour les corporations, qui nous utilisent à loisirs pour réaliser leurs ambitions.

Pour moi, l’expression « Samouraï des rues » est un abus de langage. Le samouraï est par définition lié à un seigneur. Nous n’en avons pas un seul, nous en avons une multitude, et nous sommes en cela plus proche des Rônins que des samouraïs (et je revendique haut et fort ce terme, bien qu’il ait une connotation vulgaire chez les Corpos).

Nous sommes donc des Rônins. Malgré cela, et contrairement à nos homologues du japon féodal, nous pouvons être fiers de cette indépendance, et pouvons nous permettre d’être des électrons libres tout en restant professionnels et dignes de respect.

Et ce qui fera la différence entre un vulgaire gangers et un vrai Rônin, c’est ce code de l’honneur.
Oui, je l’affirme bien haut : l’honneur est tout. Certains s’attacheront au chrome et à la survie.
Mais ces critères ne feront pas de vous un véritable guerrier. Tout au plus un être de panache et de prudence.


« Tant que l’on fonde son raisonnement sur son « Moi », on est à la rigueur prudent et astucieux mais on n’est pas sage.
Les êtres humains sont insensés et il leur est difficile de se départir de leur « Moi ». Malgré tout, un individu confronté à une situation ardue a de grandes chances de trouver une solution, s’il parvient à s’abstraire momentanément du problème, à se concentrer sur les « quatre vœux » et à abandonner son « Moi » ».


Malgré toutes les réflexions qu’on pourra vous faire sur la paranoïa, sur le guide de survie urbain, etc...Ceci n’est pas l’essentiel.

Car l’essentiel pour devenir un professionnel, c’est la réussite.

Et la réussite passe par l’acceptation.

Acceptez que vous ayez sacrifié votre sécurité, votre âme et l’intégrité de votre corps sur l’autel de votre (relative) indépendance.

Acceptez que la voie que vous avez choisie mène à une conclusion prévisible et inéluctable.

Acceptez la mort comme compagne.

Alors, et alors seulement, vous pourrez être libéré du fardeau de la peur.

Alors, vous pourrez entreprendre l’impossible. Et réussir.

Je sais bien que la plupart des jeunes à qui je parle n’y comprendront rien, et s’empresseront de critiquer ces « conneries ».Mais les plus expérimentés d’entre nous comprennent de quoi je parle.

Si j’avais dû, au cours de ma longue et chanceuse carrière, me demander à chaque run qu’elles étaient mes chances réelles de survie, si j’avais dû vivre dans l’ombre de cette peur constante, je n’aurais pas réussi, et pire, j’aurais été paralysé par celle-ci.

Il est des moments où la sagesse passe par l’acceptation, dans notre vie plus encore que dans celle des personnes « normales ».

SUR LE PROFESSIONALISME


« Lorsque je me suis adressé à Yasaburo pour prendre exemple de son art calligraphique, il me dit : « On devrait écrire en caractères suffisamment larges pour qu’un seul recouvre toute la feuille, avec assez de vigueur pour la déchirer.

L’habileté en calligraphie dépend de l’esprit et de l’énergie avec lesquels elle s’exécute. Le Samouraï doit agir sans hésitation, sans avouer la moindre fatigue ni le plus léger découragement jusqu’à l’achèvement de sa tâche. C’est tout » et il se mit à écrire. »


Un des conseils de base : ne laissez jamais quelque faiblesse que ce soit être mise en lumière. Nous connaissons tous et toutes des périodes « de creux » physiques ou moraux. Après tout, nous ne sommes que des hommes. Mais l’idéal du samouraï des rues est plus exigeant que notre simple humanité. Il nous exhorte à nous dépasser, à être aussi résistant et affûté que l’acier des anciens sabres, à projeter sur le monde l’image de la perfection. Evidemment, ceci n’est que le but. Un but que nous n’atteindrons jamais, mais vers lequel nous pouvons tendre.

Ne vous laissez jamais aller pendant un run. Restez sobre et efficace, sans faiblesse, ne montrez jamais votre désappointement ou l’infériorité de votre position. Soyez comme la montagne, impassible et solide. Montrez vous efficace, montrez à tous ce qu’est un samouraï.


« Le langage militaire emploie les termes de "Samouraï éclairé" et de "Samouraï ignorant".
Un Samouraï qui a attendu d’être aux prises avec des situations difficiles pour apprendre à s’en sortir n’est pas éclairé. Un Samouraï qui se préoccupe à l’avance de toutes les situations et solutions possibles est sage. II sera dès lors capable d’y faire face brillamment lorsque l’occasion se présentera.

Quoiqu’il en soit, un Samouraï éclairé est celui qui se préoccupe des détails de l’action, avant l’heure. Un Samouraï imprévoyant laisse, au contraire, la pénible impression de patauger dans un imbroglio désordonné et sa réussite ne ressortit que d’une chance anormale. Seul un Samouraï négligent n’envisage pas toutes les éventualités avant le moment de l’action. »


Ceci est un point essentiel, classique et fortement discuté dans notre milieu : La prévoyance. Etre un rônin (ou un « samouraï des rues ») ne signifie pas pour autant être stupide, et ne se limite sûrement pas à être une simple machine de guerre. Bien entendu, la maîtrise des arts du combat EST nécessaire, mais pas suffisante pour être un guerrier accompli. La prévoyance et la faculté d’analyse en constituent le pendant intellectuel, aussi nécessaire que la faculté à servir d’une arme.

Soyez prévoyant, analysez, en bref, ne croyez pas que votre entraînement physique vous dispense d’un entraînement intellectuel aussi intensif que le premier. Sans cela, vous ne pourrez acquérir une réputation solide, et resterez définitivement « celui qui a le gros flingue ».


« Un vrai Samouraï consacre tout son temps au perfectionnement de lui-même. C’est pourquoi, l’entraînement est un processus sans fin. »


Cela concerne bien plus de monde que les samouraïs. La perfection (jamais atteinte), doit être l’objectif visé, sans pour autant devenir imbu de sa personne.


« Sans une préparation quotidienne, quand survient une crise délicate, on sera incapable de prendre une décision rapide, ce qui risque d’avoir des conséquences désastreuses. N’est-il pas alors possible de dire que pour pouvoir prendre posément des décisions importantes, il faut se préparer chaque jour avec résolution ? »


Traitez chaque choix, chaque décision, avec le plus grand sérieux. Prendre des décisions à la légère c’est signé son arrêt de mort dans les ombres. Soyez toujours professionnel, jusque dans vos paroles et vos choix.


« Il n’est pas suffisant d’éviter simplement de se sentir découragé face à l’épreuve. Quand survient le malheur, le Samouraï doit s’en réjouir et saisir la chance qui lui est ainsi offerte de mettre à profit son énergie et son courage.
Une telle attitude diffère radicalement de la simple résignation. Quand les flots montent, le bateau s’élève... »


Telle est l’attitude à tenir face aux complications. Faites en votre profit, inversez la vapeur et considérez cela comme un défi qui demandera toute votre habileté et votre intelligence. Certains hommes ont déjà cet état d’esprit, ils deviennent meilleurs au fur et à mesure qu’augmente la pression. D’autres devront le travailler. Peu importe, le plus petit bourgeon deviendra une fleur épanouie si elle est nourrie correctement.


« Un homme dont la réputation est basée sur son habileté pour une technique précise est insignifiant.
En concentrant toute son énergie sur un objet, il y est certes devenu excellent mais abstenu de s’intéresser à autre chose. Un tel homme n’est d’aucune utilité. »


Etre le meilleur tireur de Seattle peut être une bonne chose. Toutefois, si vous ne savez faire que cela, votre rôle sera des plus réduits. Evitez autant que faire ce peut de vous spécialiser dans une seule chose au détriment du reste. Restez polyvalent, même si votre rôle dans l’équipe doit rester clairement défini. Restez curieux des compétences qui ne sont normalement pas dans votre champ d’activité. Cela peut vous sauver la vie, et permettre de prendre le pas sur des adversaires spécialisés.


« Un Samouraï qui n’attache aucun intérêt à la richesse et à l’honneur finit habituellement par devenir insignifiant, et envieux. Un tel homme est à la fois vain et inutile, il finit par se révéler inférieur à celui-là même dont l’ambition, l’argent et la renommée sont les seuls mobiles. Il n’est d’aucune utilité pratique dans l’immédiat. »


Modération en toute chose dit-on. Le profit ne doit jamais devenir une obsession. Malgré tout, les Nyuyens, même s’ils ne sont pas une fin en soi, sont un moyen efficace de contourner les difficultés et d’apporter bonheur et prospérité. Sachez garder un œil sur vos profit, et profitez en lorsque la situation se gâte. L’argent n’achète pas tout, mais il permet d’en obtenir beaucoup.


« D’après les anciens, un Samouraï doit être remarqué pour son excessive ténacité. Une chose faite avec modération peut être jugée insuffisante.
Il faut « en faire trop » pour ne pas commettre d’erreur. C’est ce type de principe qu’il ne faut pas oublier. »


Même si vous avez l’impression que cette citation contredit la précédente qui prêche la modération, il n’en est rien. Ce précepte vous encourage seulement à ne jamais rien céder, et à aller jusqu’au bout de vos actions. Ce conseil est toutefois superflu dans notre bon vieux sixième monde. La réputation est tout. Alors qui seriez vous si l’on pensait que vous n’irez pas jusqu’au bout et même au-delà ?


« Un serviteur est un homme que rien ne vient jamais distraire, qu’il soit en présence de son maître ou en public. S’il est négligent lorsqu’il est en période de repos, le public ne le percevra que sous cet aspect. »


Un point essentiel de l’analyse. Soyez toujours impeccable. Je sais que c’est une réflexion que les néophytes trouveront stupide. Pourtant le fait est là : vous ne tiendrez pas bien longtemps dans le milieu du shadowrunning en adoptant un style dégingandé et une attitude « je m’en foutiste ». Et cela concerne aussi bien votre attitude professionnelle que votre attitude personnelle. En fait, cette distinction se fait de plus en plus floue lorsque vous progresserez, tant et si bien qu’elle finira par disparaître. Vous ne ferez plus qu’un avec votre image, celle-ci vous définira, et définira vos futures opportunités. Donc prêtez attention à votre langage, votre posture, vos gestes, vos propos, que ce soit pendant une réunion avec un Johnson ou pendant une conversation à un Bar, et même dans votre vie privée. Les rumeurs vont vites dans ce milieu, et les Johnson se renseignent TOUJOURS sur votre crédibilité. De même, par votre comportement déplacé risquez vous d’entacher la réputation de tout votre groupe.


« Aujourd’hui encore, quand je médite, avant de m’endormir, sur la journée écoulée il n’y a pas un jour où je n’aie commis quelque bévue en parole ou en acte.
Vivre sans commettre d’erreur est quasiment impossible mais « les intellectuels » ne sont pas prêts de l’admettre. »


Dernier conseil, LE plus important de tous : le professionnalisme passe par l’erreur. Ne pas l’accepter, c’est pure folie. Personne ne saurait être parfait. La quête de la perfection restera avant tout une utopie. Seul peut exister le « perfectionnement ». Donc je vais vous épargner le suspens : n’espérez pas être le shadowrunner parfait, car il n’existe pas. Mais si vous daignez consacrer votre vie à cette recherche, à parfaire votre Art, alors vous serez inévitablement parmi les meilleurs Shadowrunners, et peut-être rentrerez vous dans la légende.

En tout cas, sans cela, cette réputation ne vous sera jamais acquise.

SUR L’ESPRIT CRITIQUE ET L’ESPRIT D’EQUIPE


« Je sais d’expérience, que les mauvaises et anciennes habitudes, ne cèdent pas sans contrainte. Il me semble que l’attitude la plus authentiquement charitable consiste, pour tous les Samouraïs au service d’un Daimyo, à être bienveillants et amicaux les uns pour les autres, à corriger mutuellement leurs erreurs pour mieux servir ensemble le Daimyo. En embarrassant volontairement quelqu’un, on ne fait rien de constructif. Comment pourrait-il d’ailleurs en être autrement ? »


Etre inflexible, discipliné et professionnel (le traité de ce post) ne devrait en aucun cas empêcher d’être humain et constructif.

Bien que selon le maître Yamamoto : « Réprimander et corriger quelqu’un pour ses erreurs est important. Cet acte essentiellement charitable est la première obligation du Samouraï. », il dit aussi que la critique doit rester constructive, et demeurer dans l’intérêt du groupe (de shadowrunner dans notre cas).

En effet, vous êtes peut-être un professionnel. Toutefois, le vrai professionnel se reconnaît justement à sa psychologie spontanée, à sa « constructivité » et non à sa « destructivité » en toute chose.

Soyez humble et encouragez plutôt que de décourager vos coéquipiers. Cherchez les qualités plutôt que de mettre en exergue les défauts d’autrui. Ne divulguez ses défauts à une personne que si vous pensez qu’elle sera prête à accepter cette critique. Toute autre attitude irait non seulement contre l’intérêt du groupe mais serait présomptueuse de votre part. Personne n’est exempt de défauts. Comme l’a dit un philosophe bien connu des chrétiens : « que celui qui n’a jamais pêché lui jette la première pierre ».


« Je ne partage pas l’avis de celui qui préconise une constante et stricte autorité. Comme dit le proverbe : ‘Le poisson ne vit pas en eau claire’.

C’est le goémon qui lui permet de se cacher en un lieu isolé pour se développer pleinement jusqu’à sa maturité. C’est quand on sait passer sur les détails et ne pas prêter l’oreille aux plaintes mineures que l’on est capable de procurer la sérénité aux êtres qui nous servent. La compréhension de ce principe est essentielle à qui veut comprendre le caractère et le comportement d’autrui. »


Réflexion qui cadre avec le conseil précédent : ne demandez pas aux autres une attitude ou un comportement constamment irréprochable. C’est d’abord une utopie, et ensuite un comportement qui ne peut mener qu’à l’étouffement. Bien sûr tout problème grave doit être réglé s’il a des conséquences majeures sur le Run en cours, mais laissez les individus conserver leur individualité et s’épanouir, c’est ce qui les rend imaginatifs, libres de faire comme bon leur semble.

Peu importe que vous pensiez que d’un point de vue personnel telle ou telle personne commette des erreurs de jugement, ou que son attitude ne soit pas en tout point celle que vous attendez d’un professionnel. Il n’en reste pas moins un être humain. Lui enlever cela vous condamne à passer pour un dictateur, et au final, diminuer le potentiel de votre équipe.

Comme dit plus haut, restez constructif.

SUR LA PHILOSOPHIE


« Le caractère chinois « gen » peut se lire en japonais « maboroshj » et signifie "illusion". En Japonais, les magiciens indiens se nomment « Gen shu sushi » ou « illusionnistes ». Les êtres humains sont des marionnettes ici-bas. C’est pourquoi on utilise le caractère « gen » pour suggérer l’illusion d’un libre-arbitre. »


Quelle que soit la tournure que prenne votre carrière, n’ayez jamais la faiblesse de croire que vous serez autre chose qu’une marionnette entre les mains expertes de manipulateurs de longue date : corporations, dragons, gouvernements...Nous avons tous eut la faiblesse de croire que nous étions « plus malin ». D’expérience, il me semble que cette réaction est due soit à un orgueil mal placé, soit à une soif de puissance, soit à une impuissance face à ceux qui « dominent » (soit un facteur combiné de ces trois là).

Toutefois, si cela peut vous consoler, celui qui dominait hier sera fatalement le perdant de demain.


« Morooka Hikoemon fut un jour requis de confirmer la véracité de ses dires à propos d’une affaire.Mais il répondit : « La parole d’un Samouraï est plus ferme que le métal. Dès lors que je suis imprégné de ce principe, que peuvent apporter de plus les dieux et les bouddhas ? » Le serment fut annulé. Cette histoire advint alors qu’il était âgé de vingt-six ans. »


Il est une chose en laquelle je crois profondément : la parole d’un homme loyal. Elle est à mes yeux bien plus importante que tous les millions de nyuyens qu’une corpo pourrait payer pour s’offrir ma confiance. La parole d’un homme est la seule chose qu’on ne peut lui enlever.

Peut-être ne réussira-t-il pas tout ce qu’il avait voulu faire, mais au moins sera-t-il mort en essayant de respecter sa parole.


« Alors même qu’on vient d’avoir la tête tranchée, on devrait être encore capable de faire avec sûreté une dernière chose. Les derniers instants de Nitta Yoshisada le prouvent : s’il avait eu l’esprit faible, il serait tombé au moment exact où sa tête fut tranchée. Ce fut tout récemment le cas de Ono Doken. Ces faits relèvent de la détermination. Quand on possède valeur martiale et détermination, même la tête coupée, tout comme un esprit vengeur, on ne meurt pas. »


Ceci est bien sûr d’un domaine beaucoup plus spirituel que pratique. Mais je pense que tout homme qui en demeurera persuadé, et passera sa vie à s’y préparer, deviendra immortel, d’une façon ou d’une autre. De plus, avec le retour de la magie, les événements qui ont suivis la comète de Halley en 2062, et la foule d’expériences étranges que vous avez dû vivre, en quoi l’idée de continuer votre chemin par delà la mort vous semblerait-elle plus saugrenue que celle d’un Grand Dragon ou d’un fantôme ?

FIN

Voilà. C’est ainsi que je termine « l’enseignement », aussi futile soit-il à vos yeux, que je comptais vous faire partager.

Pour un enseignement plus poussé sur l’Hagakure, je vous laisse à la lecture de ceci

Je fête mes 60 ans demain, et après une vie mouvementée et une carrière de 30 ans dans les ombres de Seattle, Hong Kong et bien d’autres villes du monde, je n’aspire qu’à une chose : la paix de l’âme. Ma réputation d’homme d’action, de « héros » de l’impossible et de « meilleur samouraï de mon temps » et bel et bien derrière moi.

Je pourrais penser à finir mes vieux jours sur une île tropicale en compagnie de Geishas, dans une de ces nations discrètes, sortes de paradis pour Shadowrunners en exil.

Mais restons réaliste. J’en sais trop sur trop de monde, j’ai accumulé plus d’ennemis que la plupart d’entre vous réunis.

Ce n’est qu’une question de temps, maintenant que j’ai arrêté de courir, avant que je meure sous les coups de l’un d’eux.

Je me battrais jusqu’à mon dernier souffle en croisant le fer avec mon meilleur ennemi, et j’en serais heureux.

Mon chemin se termine.

Le votre débute peut-être.

Je vous laisse donc ce testament, court, mais qui contient toute ma foi, mes croyances, et mon expérience. Puisse cela servir au moins à une personne, et j’en serais comblé au-delà de mes espérances.

Que l’honneur soit votre but, et la mort votre compagne. Puissiez vous connaître la gloire et la sagesse.
Kon Banwa [3] , et surtout Itte rasshai [4]
, compagnons d’infortune.

Musashi

Notes

[1Oha yo gozaimasu : Bonjour (forme soutenue).

[2Majechan : Suffixe dérivé de San ou Sama, mais qui tranforme quelque peu le nom d’origine (exemple : Majestic = Majechan).Le suffixe Chan désigne un lien d’amitié très fort. , qui est un ami de longue date.

[3Kon banwa : Bonne nuit (dans la famille ou entre ami(e)s).

[4Itte rasshai : Au revoir (dans le sens de revenir bien vivant).



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