SDEN - Site de jeu de role
Accueil > Shadowrun > Aides de jeu > D’Ombre et de Chrome > Transformations
Contribuer

Shadowrun

Transformations

mardi 20 septembre 2011, par Lulla Beebop

La suite du journal de Lulla, une petite escapade dans l’histoire du sixième monde, une transformation profonde d’une Night One par une comète, l’acceptation de ses origines...

Les journées précédentes sont disponibles ici.

Samedi 22 septembre 2060

Après la bonne soirée de détente d’hier, je suis prête à affronter un béhémoth. En me levant, j’absorbe un café fabuleux en regardant les informations de la chaîne Renraku. Il y est question d’un projet de réinsertion sociale des Sans Sin par le travail. Ce projet, baptisé projet Hope par la méga corporation aurait pour quartier général un immeuble de Downtown. Un camp de travail serait installé dans les Barrens.

C’est quand même étrange, non ? Une corpo aidant des désespérés ? Il y a certainement anguille sous roche...

Je me rends alors au Metroplex Hall pour me renseigner sur Mme X. En vain. Ils sont forts ces Johnson...

En revenant, je suis contactée par un lieutenant du F.B.I., un dénommé Ramirez. Il me donne rendez-vous dans un entrepôt où deux collègues m’attendent déjà. Il paraît que Mme X m’a recommandée à ce Monsieur. Un Johnson qui ne t’entube pas n’étant pas un Johnson, cette convocation pue les ennuis.

Les deux autres types sont des criminels. Je rencontre ainsi le fameux Karl Hetfield, le meilleur tireur du monde, ainsi qu’un nain jamaïcain dénommé Georgio.

Ramirez nous fait part de ses craintes en rapport avec le projet Hope, craintes fondées s’il en est : le F.B.I. a perdu tout contact avec un agent infiltré. Et qui doit le récupérer ?

A la fin du briefing, nous nous rendons chez Karl, dans un hangar désaffecté. Karl s’absente et me laisse avec le nain pendant un bon moment. J’apprends qu’il a été barman à Tir et entame avec lui une longue discussion en sperethiel. Le pays, et surtout ma famille, me manquent. Que sont devenus papa et maman ? Enfin, j’ai d’autres chats à fouetter en ce moment. Je ne m’attarderai pas sur les saines lectures de M. Hetfield.

Tous les runners engagés se rencontrent dans l’entrepôt et nous ourdissons un plan du plus bel effet. Georgio surveillera le camp en hélico pendant que nous y glanerons des renseignements. Allez hope … au lit !

Dimanche 23 septembre 2060

Encore un réveil difficile dû à une nuit agitée. Quel est le but de ces camps ? Qui peut croire en la bonne foi de Renraku dans un monde aussi ravagé ? Ils doivent se faire un max de thune, mais comment ? De toute manière, je le saurai bien assez tôt.

L’équipe se réunit et on me présente un certain Simon Jérémie, et là je craque presque. C’est étrange comment les membres du poli club humanis peuvent attirer le mana sur eux par de simples paroles … Enfin, je dois travailler avec, alors on mettra nos rancœurs de côté pour la réussite de la mission. Mais après ? Ce mec est quand même complètement allumé. Et en plus, il n’est même pas beau. Comme on dit chez moi, " Joli petit cul vaut mieux qu’esprit et vertu. ". Mais bon, sans aucun des trois … Il y a aussi un decker, ami de Georgio, qui apparaît sur un écran sous la forme de Shiva. Cet homme, surnommé @nyma, devra nous fournir des informations.

Nous nous inscrivons sans problème dans le bureau de Downtown et sommes envoyés dans un des camps. Nous rencontrons des hommes et des femmes de toute race, mais ayant comme point commun la misère et le désespoir. Tous ces gens attendent un nouvel élan et le projet Hope est pour eux comme un second souffle. Espérons que les craintes de Ramirez ne sont pas fondées. Ah ! c’est beau de rêver ! …

La première journée est destinée à l’accueil des nouveaux arrivants. On nous montre nos baraquements, des hangars contenant des dortoirs d’une cinquantaine de lits. C’est pas le Hilton, mais on pourra dormir. Chaque bizuth est ensuite questionné sur ses compétences professionnelles. Je baratine que je suis un cordon bleu et me vois attribuer une place en cuisine avec Simon. Ça n’aurait pas pu être pire. Enfin si, je ne me serai pas vue effectuer le terrassement, comme Karl. Bref, je suis étonnée par l’accueil mystérieux du responsable de la cantine. C’est un homme sympathique, mais mon intuition me porte à croire que cet homme en sait plus qu’il ne paraît. Il ne colle pas avec les autres co-détenus ( eh oui, ce camp ressemble à s’y méprendre à un ancien pénitencier colonial français, sans la guillotine ), il est bien plus robuste et a l’air assez adroit avec ses mains. Ma main à couper qu’il est pas clair celui -là.

Je décide donc de faire de plus amples connaissances. Bingo ! Ah ! l’intuition féminine ! … Cet homme est en effet mandaté par un commanditaire dont il taira le nom pour enquêter sur des phénomènes étranges qui se seraient produit dans ce camp. Il m’explique qu’il est grillé et qu’il a dû passer à l’action précocement en trafiquant la base de donnée matricielle du camp. Il me dit que j’y trouverai certainement des indices et me donne le code d’accès. Seul hic, on ne peut accéder à cette base de données que de l’intérieur du camp. C’est ennuyeux, mais pas rédhibitoire. Enfin, Anima ne nous servira pas à grand chose.

La journée se passe sans heurts et nous envoyons un signal à Georgio pour qu’il nous repère. Cette nuit, je vais visiter le camp via l’astral. La nuit tombée, je m’exécute et sort de mon baraquement. Arrivée dans la cour, je remarque des signatures astrales étranges, puis j’entends du bruit. Une rébellion éclate dans le camp, des gangers essayant de rentrer par effraction. Quel bazar !

J’ai le temps de rejoindre mon corps pour assister au déploiement des forces de sécurité du camp. Mon attention est attirée par un étrange mage portant un chapeau pointu jaune. Pendant ce temps, l’esclandre est réprimé dans la douleur par une intervention musclée de la sécu du camp. Je ne pense pas qu’un seul ganger en soit sorti vivant. Décidément, il est pas net ce camp … Rideau.

Lundi 24 septembre 2060

En me levant, je remarque l’absence du chef cuistot. Il a dû changer de camp, enfin, j’espère pour lui. Je travaille tranquillement quand Georgio débarque dans le camp en hélico pour m’extraire illico sous les tirs nourris de la DCA et des drones de sécurité. Ce camp est pire qu’une forteresse, ma parole ... Il a, dit-il, besoin de mon aide pour une mission des plus importantes. Un de ses potes aurait des ennuis avec la Lone Star. Je ne suis pas mécontente de quitter cet endroit singulier, mais j’ai un petit pincement au cœur en pensant à Simon et Karl. Non, je déconne …

Nous nous rendons donc chez cet individu du nom de Thorion. L’accueil est rude : Georgio insiste pour que je frappe à la porte et je m’exécute, devant par-là même esquiver une rafale de balles de gros calibre provenant d’une mitrailleuse lourde. Un peu stressé le Thorion. Je fais donc connaissance avec le géant et nous chargeons rapidement l’hélico, partant au plus vite de Seattle.

Arrivés à la frontière, l’hélico est interpellé par les douanes et en guise de réponse, Thorion leur envoie une salve de balles. Mauvaise réponse. Je me dépêche de rendre l’hélico invisible pendant que Georgio slalome à toute allure entre les immeubles pour semer nos poursuivants. Thorion, fidèle à lui-même, arrose les autorités purement et simplement, vidant ainsi une bande de cent balles.

Nous sommes enfin dans les NAO et nous nous posons à Derry Crick, d’où on se fait presque foutre dehors, sous prtexte de notre métahumanité. Quels fachos ceux-la ! Enfin cette escale dans la forêt nous sauve définitivement de la douane de UCAS. Thorion trouve une grotte dans les bois et nous demande de le laisser ici, au moins, il y sera tranquille. Qui irait chercher un géant surarmé dans une grotte obscure d’une forêt indienne infestée de méta créatures plus abominables les unes que les autres ? Pas moi en tout cas. Allez, on rentre fissa à la maison. Enfin un peu de repos.

Nous passons la frontière sans encombre et je rentre chez moi. Ah oui, j’oubliais, cet abruti de Thorion, pour me remercier de l’avoir aidé, m’a gratifié d’une gentille chiquenaude de géant en pleine figure. Résultat, six heures de sommeil sans frais. A croire que tous les mâles que je rencontre ont besoin de prouver leur virilité … Enfin, ce détail est bien inscrit dans ma mémoire.

Mardi 25 septembre 2060

Putain, je vais jamais pouvoir être tranquille. Je suis à peine réveillée que mon récepteur de poche m’indique un nouveau message. Un certain Mister Johnson voudrait me rencontrer. Qu’est-ce que c’est encore que cette affaire ? Et moi qui devais me reposer... Bon, c’est décidé, je me barre en France. Bon, je vais quand même aller voir.

Je m’habille tranquille et me rends au lieu convenu par le Johnson et je me retrouve au siège d’Ares Macrotechnologie. Ca sent le déjà vu. Je rentre, sur mes gardes, dans le bâtiment et suis interceptée par un homme un costume noir arborant à hauteur du cœur un pin’s de sa joli corpo. Il est content le Johnson. Il m’emmène dans un bureau et m’explique qu’un mariage va avoir lieu entre deux membres de la mafia locale, un Italien et la fille d’un Oyabun. Il me fait comprendre discrètement que son patron aurait tout intérêt à ce que le mariage se déroule pour le mieux et me demande de prendre contact avec un certain Hannibal Blue, demain, à l’église où aura lieu le mariage samedi prochain. J’accepte de rencontrer monsieur Blue, ça n’engage à rien.

En rentrant, je passe prendre un billet transorbital pour la France. Je rentre chez moi et me couche après avoir passé une journée à lire Les Fleurs du Mal de Charles Baudelaire.

Mercredi 26 septembre 2060

Encore une journée singulière qui se profile. Après un réveil un tant soit peu compliqué, je me rends à l’église, non pas pour prier, mais pour rencontrer M. Blue. Je suis accueillie par une femme assez charmante qui manie bien la langue anglaise. Cette personne s’avère être Hannibal Blue, analyste sécuritaire missionnée par Novatech à en juger par le pin’s qu’elle arbore fièrement sur son sein gauche, un fort beau sein d’ailleurs. Une nana de Novatech, alors que j’ai été contactée par un gars d’Ares... ce mariage est moins anodin qu’il n’y paraît.

Elle me convie à entrer dans une petite salle de briefing normalement destinée à recevoir les hosties, le vin et les différentes composantes sacerdotales. Deux autres personnes sont assises et un petit écran montrant un petit bonhomme de bois fais face à ces derniers. Je me présente sous le nom de Lulla, shamane de mon état.

La première personne est un elfe séduisant répondant au doux nom d’Arguens. Il s’avère que ce dernier est mandaté par la mafia italienne et qu’il est un adepte physique très imbu de sa personne. Son arrogance dépasse les bornes quand il me traite d’animal, faisant ainsi référence à la fourrure noire inhérente à ma race. Quel sale petit con ! Si ce n’était pas mon collègue pour cette mission, il serait déjà en train de se masturber dans la rue devant un local de la Lone Star. Du calme Imoen, tu es dans une église et ce serait un sacrilège … Il ne perd rien pour attendre de toute façon.

L’autre homme est un rigger à moitié siphonné du nom d’Arthur, Tutur pour les intimes. Il est accompagné, chose étonnante, d’un dogue royal blanc, qui d’après ma lecture d’aura serait magiquement actif et aurait la faculté de se déplacer simultanément dans le plan astral et le plan physique. Arthur m’explique qu’il se sent bizarre et qu’il entend son chien miauler. Étrange en effet, mais la lecture d’aura ne l’est pas moins. Arthur est câblé bien au-delà de la limite du raisonnable. Je comprends mieux ses périodes d’absence. Cependant, il a dû irriter un chaman chat, car un sort lui a été fixé. Je lui promets de le "soigner" quand j’en aurai les moyens.

Le petit bonhomme de bois est un decker nommé OcEdAr. Il veillera à la sécurité matricielle de l’église. Les deux autres, drivés par Miss Blue, devront assurer la sécu physique. Quant à moi, je me tape la magie. Normal, surtout que je négocie un salaire de 15000 nuyens.

Hannibal nous narre le déroulement prévu du mariage à commencer par les préparatifs qui commenceront demain. Je lui demande 20000 nuyens pour acheter du lierre magique pour protéger les portes et le toit de l’église de toute intrusion astrale. Arguens arrive à débloquer des fonds via son employeur. Je prends congé de mes collègues et me rends chez Aziz pour acheter un peu de matos.

Ce dernier m’accueille à bras ouverts, enfin, plutôt ma thune d’ailleurs. Il a enfin le matos pour ma loge, pas trop tôt. J’honore ma dette envers lui et lui achète pour 20000 nuyens de lierre magique. Il est content le Aziz, mais il m’aurait pas fait un prix le salopiot … J’achète aussi un fétiche de combat, on ne sait jamais.

Je rentre tranquillement chez moi, demain sera un autre jour.

Jeudi 27 septembre 2060

Je me rends à l’église de très bonne heure et commence à faire pousser le lierre aux endroits stratégiques. Après quatre heures de dur labeur, je vais me reposer dans la salle de briefing où je fais plus ample connaissance avec Miss Blue. J’avoue que j’accroche très vite à ce personnage et que je suis assez dégoûtée de devoir interrompre une conversation sur les mecs de l’équipe quand Arguens vient nous signaler l’arrivée des premiers décorateurs.

Pendant ce temps, Tutur prend le contrôle des équipements de l’église. Tout le système est analysé et contrôlé. OcEdAr, quant à lui, prépare la sécurité matricielle.

Toutes les personnes entrant dans l’église subissent une lecture d’aura de ma part. Je suis intransigeante et tout le monde s’y plie sans s’en rendre compte. Ce jour là, les deux seuls magiquement actifs sont Arguens et moi, et rares sont les employés qui disposent d’armes superflues ou de câblages inappropriés.

Je fais plus ample connaissance avec le chien de Tutur qui pourra m’être un allié utile. Nous convenons, son maître et moi, qu’il devrait patrouiller dans les jardins de l’église et signaler toute intrusion inopinée. Il sera aidé dans sa tache par sept esprits qui garderont gentiment les points stratégiques.

Nous décidons de dormir dans l’église.

Vendredi 28 septembre 2060

Deux faits marquants aujourd’hui.

Tout d’abord, deux types louches apportent une boule à facette à accrocher dans la salle de banquet. Je lis leur aura ainsi que celle de la boule, mais, malgré un manque de clarté certainement dû à l’épaisseur de la boule, je ne remarque rien de suspect.

De plus, je me décide à tester la protection magique. Ainsi, après avoir fermé toutes les portes, je vais m’allonger dans le truck de Tutur et passe dans l’autre plan. Le lierre est efficace et, si j’arrive à rentrer tout de même, je suis suffisamment ralentie pour qu’un esprit ou le chien puisse donner l’alerte. Je suis donc opérationnelle.

En me réveillant, je fais connaissance avec une sorte d’esprit matriciel habitant dans le serveur du truck. Apparemment, Tutur et ses potes ont dérobé un serveur à une corpo et l’esprit m’explique qu’il est une IA et qu’elle aimerait bien qu’on la libère. Elle m’a l’air sympa, mais assez vicieuse. Je ne sais pas comment libérer un esprit enfermé dans la matrice, pourtant, j’aimerais beaucoup l’aider à devenir libre. On ne donne jamais assez aux esprits ...

Je rentre dans l’église et reprends la discussion de la veille avec Miss Blue. Le courant passe pas mal entre nous. Nous sommes toutes deux d’accord sur le fait qu’Arguens est un boulet et qu’il est assez ennuyeux de devoir l’avoir dans les pattes. Mais c’est vrai qu’il est pas mal physiquement, nous l’essayerions bien s’il n’était pas aussi lourd.

Demain, c’est le grand jour, repos pour tout le monde l’après midi, puis une bonne nuit de sommeil.

Samedi 29 septembre 2060

Je me lève à l’aube pour finir la mise en place de mon plan. Le soleil dévore au fur et à mesure l’étendue noire de la nuit. Tout d’abord un discret demi disque rouge, il commence à s’étendre comme une marre de sang puis s’affirme comme une majestueuse lueur dans le ciel bleu azur naissant. La vie se réveille et au silence inquiétant de l’obscurité succède la douce machine du draesis ti morel, qui, engrenage par engrenage, reprend le dessus sur les ténèbres, comme à l’aube du premier jour. Un sentiment d’harmonie commence à m’habiter, juste avant que la lueur intense de l’astre originel attaque langoureusement mes yeux semi-clos.

Une séance intense d’appel de la Nature s’en suit, laissant apparaître aux frémissements du jour nouveau deux esprits du vent voués à garder le toit et cinq esprits des cités, futurs sphinx des portes. Le repos de la veille fut salvateur, je ne ressens aucune fatigue. Je demande au ciel le service de me prévenir de toute tentative d’intrusion astrale, et ce jusqu’au coucher du soleil. Je demande à la cité de faire de même, mais aussi de barrer l’entrée et de combattre ce que je définirai comme ennemi.

Vers onze heures, alors que nous sommes parés à toute éventualité, les premiers invités arrivent. J’essaie tant bien que mal de contrôler la foule et je remarque une présence anormale d’éveillés. Il y a certainement des gardes du corps dans l’assistance.

Tout se passe bien jusqu’à l’heure de la cérémonie. En effet, la mariée est absente et le futur époux commence à s’impatienter. Soudain, un mouvement de la boule à facette me pousse à effectuer une perception astrale. Et ce qu’elle me révèle est intéressant au plus haut point. L’intérieur de la boule est creux. J’arrive à distinguer deux corps à l’intérieur, un vivant et l’autre mort. C’est à ce moment que la boule s’ouvre en deux et qu’un homme armé d’une mitrailleuse en sort, s’apprêtant à arroser la foule. Le corps mort tombe en chute libre puis s’arrête à mi-hauteur du plafond et du sol, retenu par une corde. Ce corps n’est autre que celui de la mariée. Sympa le mariage.

J’ai juste le temps de prévenir mes collègues grâce à un micro émetteur récepteur et de lancer un contrôle des actes pour ralentir le forcené, laissant l’initiative du combat à mes acolytes qui mitraillent la cible sans arrières pensées. Tout d’un coup, un liquide incendiaire sort des sprinklers et une balle perdue allume le bûcher. Merci Tutur et OcEdAr d’avoir vérifié les équipements de l’église, mais bon, j’avoue que mettre le feu avec les défenses anti-incendie est assez vicieux ... J’aide rapidement Miss Blue à organiser l’évacuation des invités. On va droit vers un incident diplomatique majeur. Néanmoins, nos efforts conjugués portent leur fruit, seuls deux personnes sont décédées, la mariée et le tireur. Nous avons honoré notre contrat, mais je pense que l’on va devoir se battre pour notre rémunération.

Nous sommes contactés par l’Oyabun Shirosama deux heures plus tard et nous rendons au rendez-vous dans un entrepôt désaffecté des barrens. Tout le monde est à l’appel et une séance intensive d’insultes en Japonais se déroule jusqu’à ce que la femme de l’Oyabun nous demande de retrouver le criminel et de le punir. Nous n’avons guère le choix. Cependant, Miss Blue réussit à obtenir nos émoluments. En sortant, je lui témoigne mon amitié et nous échangeons nos coordonnées. Elle me révèle son nom, Amy Green et me demande de la recontacter dans quelques jours.

Je décide d’aller passer la nuit dans les NAO, non loin de la grotte de Thorion. Je passe la frontière sans heurts et j’arrive tranquillement à destination. Je pose ma moto contre un arbre et m’allonge dans l’herbe, le regard dans le vide, en direction du ciel. Soudain, une comète traverse le ciel. Passant en perception astrale, je remarque un énorme flux de mana irradiant de la comète. Je décide alors de lire l’aura de l’astre flamboyant et je vois le mana pulser de la comète dans ma direction. Je ressens un déchirement dans ma chair et d’un coup, j’ai l’impression que tous mes os se rompent, comme si le mana était en train de me détruire. J’entends le bruit d’un hélicoptère. Ce bruit est extrêmement puissant et m’assourdit. Je vois quelques bribes de visages s’affairer autour de moi, puis le néant.

Lundi 1er octobre 2060

Je me réveille dans un lieu inconnu. A travers la vitre qui jonche le mur en face de mon lit, une lumière puissante m’illumine les yeux, et pourtant, je n’ai pas mal. Quatre personnes en blouse blanche entrent dans la pièce et commencent à me parler en sperethiel, m’interpellant sous le nom de Comtesse Imoen Sword. Je suis au Tir, ce n’est pas possible autrement.

Je me rendors pour me réveiller de nouveau dans ce petit lit. Je me lève et me dirige vers la fenêtre. Des pâturages d’un vert splendide s’étalent à perte de vue jusqu’à une sorte de digue : je suis au bord de la mer. Ah, revoir la côte ouest et le Pacifique !

« Se-seterin comtesse ! »

Oh ! qu’il est beau ! Mais, à quel métatype appartient-il ? Cet elfe n’est pas comme ceux que j’ai déjà rencontrés, ses oreilles sont beaucoup plus longues et son visage est beaucoup plus fin. Il dit se nommer Allan et m’invite à me lever et à venir me promener avec lui dehors. Il me remet deux sonotones. Inconsciemment, je les dispose dans mes oreilles. Mes oreilles ? Mais que leur est-il arrivé ? Il me faut un miroir, tout de suite...

Quel effroi ! J’ai bien pris vingt centimètres dans la nuit et je suis semblable à Allan, en féminin bien sur. Ce dernier m’explique que suite au passage de la comète de Halley, j’avais subi une gobelinisation, comme les orks et les trolls 30 ans plus tôt. Mais contrairement à eux, je n’avais pas gagné en robustesse, bien au contraire. Tout mon corps s’était allongé ( je dois bien faire deux mètres maintenant ) et je dégageais un charisme exceptionnel. Heureusement, je pus voir que Râton-Laveur était encore avec moi.

Nous sortons de la chambre et nous quittons le bâtiment. Dehors, Allan me dit de régler mes atténuateurs de son. Ce n’était donc pas des sonotones … Il me montre la digue et je concentre mon audition sur cet endroit. Et là, chose étrange, j’entends des gens parler. Allan me prête des jumelles et j’aperçois trois elfes habillés en uniforme ( d’où ? ) qui nous observent. Allan m’explique que nous sommes dans la demeure de Sean Laverty en Tir na Nog. Pour le Pacifique, c’est raté ! Ces gens sont envoyés par le gouvernement des Terres du Nord pour nous surveiller. Nous leur faisons un signe de la main.

Allan me raccompagne jusqu’à ma chambre et me demande de me préparer pour la réception. Il ne m’en dit pas plus et prend congé. Je serai toujours étonnée par le comportement mystérieux de mes congénères …

Une superbe robe de soirée m’y attend. Je me déshabille et m’observe dans le miroir. Je suis vraiment devenue ce que les mâles appellent un canon. Un nuage passe, apportant une zone d’ombre sur mon corps, qui s’adapte aussitôt à la luminosité. Je n’avais pas encore remarqué que mon fin pelage noir était devenu adaptable à la lumière ambiante. En gros, je suis blanche le jour et noire la nuit. Sympa …

On vient me chercher vers 19 heures et je me rends toute pouponnée à la fameuse réception. Tous les Princes du conseil, ainsi qu’Ehran le Scribe sont attablés sous l’égide de Sean Laverty. Même Lofwyr le Grand Dragon est là. Le Prince Laverty prend la parole pour m’accueillir ainsi que quelques-uns un de mes certainement nouveaux congénères. Il souhaite la bienvenue aux hauts elfes. Ce doit donc être le nom de ma nouvelle race. S’ensuit une farandole de symphonies et de jongleries digne des meilleurs films sur le Moyen-Age, si ce n’est que chacun des trouvères et ménestrels présents sont des éveillés et qu’ils mettent leur magie au service de leur art. Ce spectacle est merveilleux, féérique, comme un symbole de la culture elfique millénaire, à ce que j’entends de la conversation entre Jenna Ni’Fairra et une femme tellement superbe que j’ai tout de suite su que je l’aimais, et qui lui ressemblait comme deux gouttes d’eaux, si ce n’est son charisme incomparablement mystique et mystérieux et la couleur de ses cheveux.

Nous nous attablons et à la fin du repas, d’un raffinement digne des meilleurs tables du monde, un protocole se met en place. On me demande de m’avancer vers le trône de Sean Laverty et ce dernier me demande de lui prêter allégeance, ce que je fais immédiatement, récitant une longue tirade en sperethiel et m’agenouillant devant mon suzerain.

La soirée se passe, plus belle et joyeuse que toutes les fêtes que j’avais vécu à Tir auparavant et je vais me coucher. Je pars le lendemain pour la France, pour me reposer un peu.

Mardi 2 octobre 2060

Allan me réveille et me convie à prendre le petit déjeuner avec lui. Je le suis dans une sorte de réfectoire et commence à boire un thé naturel.

Il m’explique que je suis devenue une Nephelim et que de par cette condition, je suis immortelle. C’est peut-être pour cela que, deuxième nouvelle, je suis devenue, en prêtant allégeance, paladin de Sean Laverty, ou plutôt une sorte d’agent secret à la solde du Prince. J’aimerais avoir de plus amples informations mais Allan me dit qu’on me recontactera ultérieurement et que je devais me dépêcher pour ne pas rater mon avion.

Une demi-heure après, je suis dans l’avion et le temps de dire ouf, à l’aéroport à Paris. Je me trouve un hôtel sympa, puis je vais faire du shopping aux Champs-Élysées. Je fais livrer une belle robe à Amy à Seattle. Elle sera contente. Je passe le reste de la journée à visiter la ville et à me faire draguer. Ah, ces Français !



Encadrement arrondi
Ajouter un commentaire
forum bouton radio modere abonnement

forum vous enregistrer forum vous inscrire

[Connexion] [s’inscrire] [mot de passe oublié ?]

Encadrement arrondi

Tous les éléments et personnages sont des marques déposées détenues par leur propriétaire. Ils sont utilisés ici sans autorisation particulière, dans un but d'information. Si l'auteur ou le détenteur des droits d'un élément quelconque de ce site désirait qu'il soit retiré, les responsables du sden s'engagent à le faire dans les plus brefs délais.

(c) 1997- 2017 SDEN - Site communautaire de jeux de rôle
Tous droits réservés à l'association loi 1901 Elfe Noir.
Les textes et les illustrations des rubriques, sauf avis contraires, sont la propriété de leurs auteurs.

Cette rubrique du site de l'elfe noir utilise des marques déposées et/ou des droits d’auteurs qui sont la propriété de Black Book Editions et de Catalyst Game Labs comme l’y autorisent les conditions d’utilisation de Black Book Editions. Cette rubrique n’est pas publiée par Black Book Editions ou Catalyst Game Labs et n’a pas reçu leur aval ni une quelconque approbation de leur part. Pour de plus amples informations sur Black Book Editions, consultez www.black-book-editions.fr