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Shadowrun

Premiers pas dans les ombres

lundi 4 décembre 2006, par Lulla Beebop

Dans la série (longue nous l’espérons) des expériences tirées des carnets de voyages de Lulla Beebop, voici les bribes du journal égaré d’une jeune elfe tout juste expatriée de Tir Tairngire. Elle y raconte ses premiers pas dans les ombres de Seattle, ainsi que ses états d’âme ...

Lundi 17 septembre 2060

Cette nuit, Raton laveur m’a parlé. Il était dans une forêt, près de son logis et près d’une rivière. Dans la rivière, de nombreux objets brillants rompaient le fil de l’eau. Raton laveur a attrapé des objets brillants pour les emporter, jovial, dans son abri. Je pense qu’il a envie de larcins : j’y penserai.

Je viens juste de m’installer à Seattle dans un appartement assez tranquille à Darlington dans le Sud d’Everett. En me rendant chez Aziz, mon fournisseur d’objets magiques, pour commander de quoi me construire ma loge chamanique, j’ai traversé un quartier de Seattle dépollué. Ce quartier, nommé Snohomish, abrite une grande étendue de champs et une base de vols orbitaux.

Arrivée chez Aziz, j’aperçois le portrait d’une jeune elfe de 20 ans prénommée Claris, reconnaissable à ses yeux vairons (un noir, un violet ) et à un joli data jack. Cette jeune fille aurait disparu depuis une semaine. Un numéro de téléphone est adjoint à l’holophoto. Je m’empresse de relever le numéro et de mémoriser la photo. Certainement une famille en détresse : ça sent bon la thune et la gloire.

Aziz n’aura les composantes de ma loge que mardi 25 septembre. Elle me coûtera 3000 Nuyen sur lesquels j’ai déjà fourni un acompte de 1000 Nuyen.

En sortant du magasin, j’appelle le numéro et une femme en pleurs me répond, m’invitant à la rejoindre chez elle dans le centre à Tukwila, Ghost Impass à 18 heures.

En rentrant chez moi, je m’arrête dans un Stuffer Schack et j’achète le Monde et un ouvrage de poésie. Je pénètre mon splendide appartement et allume la tridéo. Le gros titre du journal télé est un attentat activiste métahumain à Dallas ( CAS ). Le terroriste, un métahumain sans Sin se serait fait sauter la tête. Après ce regard sur le monde, je passe l’après-midi à dévorer mon bouquin de poésie.

A 18 heures, je me rends chez ma commanditaire. En arrivant, je vois une Rapier garée dans l’impasse, avec un boulon qui brille. Ni vue ni connue, je remplace le boulon de ma moto par celui-ci. Ma moto me semble beaucoup plus jolie.

Sur le mur, à côté de la porte, un nom est écrit : Simones. Je sonne et la dame éplorée de ce matin m’ouvre, me salue et m’invite à m’installer dans son salon en me proposant une tasse de café. Je ne suis a priori pas seule sur le coup, étant donnée la présence d’une naine assez mignonne dans le salon. Cette naine répond au nom de Manon, n’est pas magiquement active, est en bonne santé et possède du cyberware. Elle est détective et va m’aider à retrouver la gosse. Je prends son numéro de téléphone.

Madame Simones est très triste, en bonne santé, non active magiquement et chromée. Elle nous explique que sa fille, Claris, a disparu il y a une semaine dans le centre de Seattle. Après être allées toutes les deux faire des emplettes chez Aztechnology Mails, elles sont retournées à leur voiture stationnée devant un immeuble d’Ares Macrotechnology Madame Simones est allée passer un coup de fil, laissant sa fille seule quelques minutes. A son retour, Claris avait disparu.

D’après sa mère, Claris était en liberté conditionnelle pour usage et certainement trafic de BTL. Elle traînait souvent dans le South Downtown, c’est pourquoi elle n’avait pas prévenu Lone Star.

Quand on commence à parler de sa famille, Madame Simones essaie d’éviter le sujet. Les deux femmes se seraient enfuies car dans la famille de Monsieur Simones, les métahumains ne faisaient pas bon ménage. En la poussant dans ses retranchements, on apprend que cet homme est décédé.

Madame Simones nous promet 15000 Nuyen chacune si on lui rapporte sa fille. Elle nous donne une avance de 1000 Nuyen et nous congédie.

En sortant, je donne rendez-vous à Manon au Elliot’s à 22 heures. Je dois rentrer chez moi pour recevoir un technicien du câble.

Au resto, j’apprends à mieux connaître Manon qui a l’air franchement sympathique et qui ne boit pas une goutte d’alcool. Je m’en tire pour 600 Nuyen mais j’ai bien mangé et j’ai dérobé les couverts. Je n’ai pas réussi à larciner le seau à Champagne, dommage…

En sortant du restaurant, nous rencontrons une bande de gangers dont un, un troll muni d’une tronçonneuse, nous fonce dessus en jetant un regard haineux. Je me vois obligée de demander un service à un esprit de la Cité pour effrayer le bougre. L’effet est immédiat et je peux prendre contact avec le Chef des Rasorhead. Nous sommes conviés à entrer dans leur repaire et nous apprenons, non sans un agréable arrangement, la disparition de Fine Grass, alias Claris Simones, decker des Halloweeners et du mage de ce même gang. Notons au passage que le Chef est un bon coup.

Je décide d’aller dormir un peu.

Mardi 18 septembre 2060

Je me réveille vers midi et, après les convenances du matin, je me rends chez Manon. La porte de son appartement a été fracturée et son mobilier défoncé. Au milieu des canapés retournés, je retrouve ses armes. Je prends les chargeurs vides : ça ne peut que l’embarrasser. Je flaire une grosse connerie de sa part, alors, je sectionne les fils de son unité telecom, j’écrase son récepteur de poche et le jette à la poubelle. Pendant une courte intrusion dans sa salle de bains, je m’empare de sa pomme de douche et de son flexible en faisant attention de retirer les joints trop neufs pour être honnêtes. Je profite de ma visite pour manger et envoyer des esprits de la Cité à sa recherche. En regardant ses mails, j’apprends que Mme Simones l’a contactée une heure avant que je l’appelle pour le job. Manon l’a remerciée en prétextant devoir partir au travail. Etrange …

Je décide de rendre visite via l’astral à mon contact qui, a priori, se moque un peu de nous. Son appartement est dans le même état que celui de Manon, mis à part que tous les effets personnels de Mme Simones ont disparu. Je pense que Mme Simones a pu tout enlever avant que les fouilleurs arrivent et décident de l’appeler. Elle m’explique rapidement qu’elle est logée au West Inn Hôtel et me convainc qu’elle est en danger avant de raccrocher. Je visite son appartement, il sent le neuf et ne semble pas avoir été habité. Sur la tridéo, je remarque une publicité d’agence immobilière. Je rentre chez moi médusée.

Quand je reviens à la maison, je reçois la visite de Manon, dans un état de blessures assez graves. Je lui demande de monter sur ma moto et je file tout droit chez les Razorhead qui l’hébergeront pour la nuit, moyennant 1000 Nuyen de ma poche.

A l’intérieur du squat, je demande à Manon de m’expliquer tout ce que j’ai vu. Elle me détaille sa journée et je me fais forte de raconter à haute voix ses absurdités, entraînant l’hilarité de mes hôtes. La Demoiselle a été demander les bandes vidéos du building d’Ares Macrotechnologie à un membre du service de sécurité du building qui l’a invitée à le suivre pour discuter à l’intérieur. Et elle l’a suivi … Elle a donc compris ce que le mot torture signifie et a balancé à tout hasard le contenu de notre mission, le numéro de notre commanditaire ainsi que mon numéro perso. Informations qu’Ares a certainement fait suivre à Lone Star. Elle se retrouve maintenant avec un SIN criminel, Ares au cul et un procès dans trois mois. Ah oui, j’oubliais, et mon flingue sur la tempe, flingue qui glisse d’ailleurs sur sa jambe et dont une balle sort en guise d’avertissement. Je crois qu’elle a compris, mais je lui explique qu’elle doit disparaître de ma vie, sinon la prochaine balle sera pour sa glotte.

En parlant de balles, j’ai complètement oublié que les Razorhead n’aiment pas les armes à feu ; de toute façon, j’allais partir.

J’ai la tête qui commence à éclater. Qui est cette Mme Simones ? A quoi joue t’elle ? En réfléchissant bien, comment savait-elle qu’on allait lui rendre visite ? Je me souviens du numéro de téléphone sur la tridéo de l’appartement de Mme Simones : 9206 35 5 ais, numéro d’Ares Integrate Solution, Ares, Ares, ce mot m’obsède. Y a t’il un lien ? Après tout, Mme Simones me ment, ça ne fait aucun doute. Et cette histoire de drogue ? Quelle est la part d’Ares dans cette histoire ? Ca y est, je vais encore avoir des emmerdes. Allez, je me couche, demain il fera jour et j’y verrai plus clair…

Mercredi 19 septembre 2060

Levée de bon matin, les tristes événements d’hier me collent et j’ai du mal à m’en défaire. Je vais aller au Metroplex Hall pour en savoir plus sur l’état civil de Claris.

A la sortie du métro, je suis contrôlée par un flic lourd aux yeux bavant de désir. Lui, il se rappellera de moi… Monsieur fouille ma vie, et, ne trouvant rien à me reprocher, décide de m’exposer les lois des UCAS. Je fais semblant de l’écouter et il me donne une puce électronique contenant le Droit de son pays.

Je réussis à sortir, mais je me rends compte que j’ai oublié mon créditube. Je me dois d’y retourner et mon héros va le chercher dans la salle d’interrogatoire où un pauvre flic en civil est tabassé car il porte une arme. Il a beau crier qu’il est de la police, les autres continuent. L’homme qui m’a accostée me remet mon créditube et pour m’amuser, je lui demande son numéro de téléphone qu’il me tend avec fierté : ah ! Les hommes, tous les mêmes…

Je peux enfin faire mes recherches et j’en apprends des vertes et des pas mûres. Claris Simones est classée disparue pour la ville de Seattle où elle est née, bizarre pour une fille en liberté conditionnelle. Plus étrange encore, son père, Ramon Simones, et sa mère, Claire Simones, sont décédés en 2055 à Seattle lors d’un road-kill mettant en scène un camion noir avec une patte de grizzly poursuivi par un hélicoptère Ares Dragon. Quatre personnes sont recherchées pour ce crime : Kenneth, Jaya Bearseyes, Vincenzo Decci et Ayesha Tanaka.

J’appelle le numéro figurant sur la publicité pour l’appartement de Mme Simones. Je tombe sur une opératrice d’Ares Integrate Solution qui me met en relation avec le service immobilier. La personne m’explique que les appartements louables à Tukwila sont neufs et n’ont jamais été habités. Même celui de ma commanditaire.

Je pense que mon contact est la seule personne à pouvoir me donner des explications. En fait, je recherche une personne qui n’existe pas et je suis engagée par une personne morte depuis cinq ans. Excusez la vulgarité, mais là, il y a une couille, quelqu’un se fout de ma gueule…

Je me rends chez Aziz pour lui demander la vidéo contenant le visage de Mme X, afin d’aider mes esprits dans une éventuelle recherche. Pour la somme de 500 Nuyen, ce dernier me fournit la totalité de la bande. Je m’empresse, une fois rentrée chez moi, de tirer une photo de Mme X avec mon tout nouveau secrétaire de poche.

J’envoie six esprits de la Cité à la recherche de Mme X, la fausse mère de Claris. Un me rejoint quelques heures après et me conduit au West Inn Hôtel au croisement de la 5ème Avenue et de Steward Street. C’est un bel hôtel de soixante étages. L’intérieur est assez classe, mais la chambre où Mme X était censée se trouver se révèle aussi vide qu’un aspirateur sans sac. Et l’esprit n’a pas pu se tromper.

En questionnant le réceptionniste, j’apprends que la chambre 36 n’a pas été louée. Quelle est donc cette femme qui n’habite que des endroits qu’elle ne loue pas ?

Je rentre chez moi, dépitée, en imaginant tous les scénarii possibles. Un me semble le plus probable. Mme X est la mère du mage des Halloweeners et Claris est sa copine. Claris et le mage, pendant une Shadowrun, ont eu des emmerdes avec Ares. Mme X travaille pour Ares et est au courant du dossier pesant sur son fils. Pour ne pas se griller avec son employeur, elle commandite deux runners pour retrouver Claris, et donc son fils, avant les Knight Errant qu’elle sait redoutables. Elle espère ainsi sauver la vie de son fils et conserver son emploi. Manque de chance pour elle, cette aberration de la méta humanité qu’est Manon va tout raconter à Ares. Maintenant, Manon est grillée, Mme X est grillée et leur vie est en danger. Je pense que tout ceci va arranger mes investigations. Mais pourquoi Raton laveur permet-il aux nains d’exister ?

Jeudi 20 septembre 2060

Raton laveur m’est apparu en rêve. Il s’est introduit dans la grotte d’un ours et a volé son miel. Je pense qu’il veut me dire que mes larcins sont un peu trop légers. J’essaierai de m’appliquer à l’avenir.

Je sors de chez moi et me rends au registre du commerce. J’identifie, non sans mal, le propriétaire du West Inn Hôtel, Monsieur Kevin Mac Keen. Je téléphone à cet homme et j’apprends par un habile interrogatoire qu’il ne travaille pas pour Ares Macrotechnologie. Ca complique vraiment les choses. J’aurais pu être sûre de l’emploi de Mme X au sein de cette corporation.
Je rentre chez moi et je regarde mes messages sur mon unité telecom que je rebranche pour l’occasion. Ils sont au nombre de trois : un message de la pauvre naine me prévenant que le chef des Razorhead veux me voir, un autre de Mme X qui m’explique qu’elle est obligée de se cacher étant donné qu’on l’a repérée depuis l’astral, et enfin, un message d’Aziz qui me conte l’arrivée dans mon enquête de trois nouveaux protagonistes.

Pour Mme X, il paraît clair qu’elle n’est plus seule. C’est mon esprit qui l’a fait fuir. Quelle ironie du sort ! En tous cas, des personnes la protègent, je serai peut-être payée. A son sujet, il faut tout de même que je lance une enquête.

Je me rends donc chez le Chef et lui demande ce qui l’agite tant. Il m’explique que trois personnes singulières posent un peu trop de questions au sujet de Fine Grass. Il s’agit d’un mage fêlé mais puissant, d’un nain rigger branché à une Ford Americar et d’un troll ultracablé. Ils ont l’air stressé et ils connaissent la môme. La demoiselle aurait-elle des ennuis avec sa propre équipe ?

Le Chef m’apprend le pseudonyme du mage des Halloweeners, il s’agit d’un chaman rat nommé Frightening Rat. Je lui donne 500 Nuyen pour ses services et lui en promets autant pour toute information sur Mme X dont je lui donne la photo.
En me dirigeant chez Aziz, je faxe la même photo à mon ami stripteaseuse à Tir, Loana. Arrivée chez mon marchand de talismans, ce dernier m’apprend les mêmes choses que le chef, sauf qu’il affirme que le mage tenait dans sa main une poignée de cheveux. De plus, le matériel que je lui ai commandé ne sera pas livré en temps et en heure. Il ne m’a pas balancé aux runners car je lui dois de l’argent. Ceci me rappelle la triste réalité : le monde est pourri.

Je pense d’un coup, si le mage a des cheveux de Claris, il va la pister astralement sans problème. Quand il l’aura trouvée, je n’aurais qu’à la récupérer. Je demande à tous mes contacts de m’appeler s’ils voient un des trois runners, après je les suivrais furtivement.

Il ne me reste plus qu’à attendre la nuit pour être au mieux de mes capacités.

Ce soir, j’ai envie de rire un peu. Je contacte le flic qui m’a contrôlée l’autre jour et lui demande s’il ne m’inviterait pas à dîner. Ce dernier ne se sent plus de joie et accepte sur-le-champ. Rendez-vous à vingt heures. Comme il est trois heures de l’après-midi, je me couche et m’endors. Je suis réveillée par la sonnerie stridente de mon réveil. Il est dix-neuf heures et je me prépare à sortir.

A vingt heures, le policier, vêtu de vêtements chics blindés et portant un revolver assez discrètement sonne à ma porte un bouquet de fleurs naturelles à la main. Je l’invite à boire un verre pendant que je finis de me maquiller. Nous nous rendons au Bellevue Kramhouse, un restaurant assez chic au milieu de la City. Le cadre est très agréable et mon bon vieux Francis Gump, le flic, est de plus en plus ringard. Il ne me parle que de sa famille de pêcheurs et des vertus du crabe. Il essaie de me soutirer des informations sur Tir Tairngire entre deux recettes de crabe. Après le repas, assez fameux d’ailleurs, nous nous rendons au Dante’s Inferno, LA boite à la mode de Seattle. La musique est nulle mais Francis semble apprécier cet endroit. Il est vrai que les boissons sont assez intéressantes, mais à part ça …

Francis se décide enfin à quitter cet endroit barbare. Maintenant je comprends mieux comment le monde fait pour être aussi pourri. Enfin, l’autre SS me reconduit chez moi et en profite pour boire un rapide dernier verre, eh bien oui, demain il a piscine. Je ne peux m’empêcher de relater le tragique baisemain du départ. Quel boulet celui-là ! Enfin, il est parti.

C’est l’heure d’aller courir les rues. Je m’habille de manière plus sobre, prends mes armes et je sors de ma maison. Que vois-je en prenant ma moto ? L’autre naze, dans sa voiture. Je vais le voir et lui demande s’il a oublié quelque chose. Il me répond qu’il avait paumé ses clés, mais qu’il les avait retrouvées et qu’il allait partir. Crédible. Et de continuer : « Ne vous justifiez pas pour votre excursion nocturne, je connais les préférences de votre race. » Et il part.

Ca, c’est la goutte qui fait déborder le vase. Cet homme sera amoureux de moi et il en souffrira. Croix de bois, croix de fer, si je mens, je vais en Enfer, enfin, j’y suis peut-être déjà.

Je démarre ma Rapier et je pars à la recherche de mes concurrents dans le South Downtown. Je m’arrête chez les Razorhead, histoire de poser ma moto, mais ces derniers ne sont pas là. Je vais trouver des gens, et ils vont parler.

Je décide donc de garer ma moto sous un lampadaire, sans antivol. Je lui associe un esprit de la Cité et je me tapis dans l’ombre, où j’invoque deux de ses congénères. Au bout de quelque temps, une bande de zonards est attirée par mon engin. Ils s’en approchent dangereusement et je demande à mes deux esprits d’encercler les rôdeurs. Ces derniers sont coincés, s’inquiètent et je m’approche. Ils me certifient qu’ils ne voulaient pas toucher, juste regarder. Mais c’est moi qui pose les questions. Je leur demande où sont les Halloweeners et les Rasorhead. J’apprends ainsi que le Chef et ses hommes sont assis, un kilomètre plus loin et observent les Halloweeners se faire massacrer. Je relâche les zonards qui ont dû chier dans leur froc au vu de l’odeur qui émane d’eux.

Je rejoins les Razorhead sans peine, mais personne ne peux me dire ce qui se passe. Eh bien, je vais aller voir. Je me rends donc invisible, ainsi que ma moto, et je m’approche du tumulte. Deux esprits me sont liés. Plus près, je peux apercevoir un troll armé d’une mitrailleuse lourde tirant dans un entrepôt. Au-dessus de lui, un mage lévite, tenant dans sa main les cheveux de Claris et étant lié à un esprit de feu assez puissant. Ce doit être l’équipe de Fine Grass. Je prends donc le contrôle des actes du troll et arrose le mage, qui apparemment bien mûr tombe. J’envoie un esprit pour effrayer le troll, mais ce dernier attaque l’esprit, à qui je demande de créer un accident. La mitrailleuse du troll s’enraye pour mon plus grand bonheur. Ce dernier prend peur et s’enfuit, emportant le mage sur ses avant-bras. Un deuxième accident le fait trébucher et s’écraser violemment sur le corps de son pauvre ami. Le troll repart de plus belle.

Un petit drone apparaît, sortant de l’entrepôt, et tire à l’aveugle sur toute la zone en face de lui. J’entends des balles siffler près de mes oreilles puis cela s’arrête. Un autre drone portant un colis de taille humaine sort du hangar. A sa vue, mon sang ne fait qu’un tour. Je convoque un esprit des tempêtes et je lui demande d’envoyer un éclair sur ce drône, puis sur le troll. L’arrivée de la foudre sur le morceau de métal provoque un échauffement important de l’appareil et l’enveloppe du colis s’enflamme. Il va falloir faire vite.

Par contre, l’éclair destiné au troll me revient sur la tête. Le mage a repris conscience et a essayé de conjurer mon esprit. Heureusement, je peux le contrôler à temps et il rappelle son éclair. C’était assez tendu.

Le troll et le mage, ainsi que le drône tireur ne sont plus à portée de vue et aux sifflements des balles ont succédé les gémissements et les flammes. Les flammes ? Mais oui, Claris est en train de brûler. La dernière invocation m’a un peu étourdie et j’ai du mal à voir clairement. Je fonce sur le colis brûlant et je libère Claris des flammes. Son état physique est grave. Elle est brûlée au deuxième degré sur une grande partie du corps et elle est inconsciente.

Je crois savoir que les Razorhead viennent d’arriver. Je crie. Je reconnais dans les abysses où j’erre la voix du Chef. Rapidement, je lui demande de soigner la gosse, je le paierai 2000 Nuyen. Tout se brouille autour de moi. Je me relève et je réalise que je ne peux pas conduire ma moto dans mon état actuel. Pour 500 Nuyen de plus, je demande de l’aide au Chef. Ce dernier ordonne à ses hommes d’arrêter de dépouiller les restes des Halloweeners de l’entrepôt et leur demande de m’escorter, moi et mon colis, à leur repaire. Il prend soin d’emporter ma moto.

Sur le chemin, j’arrive à apercevoir indistinctement une ombre qui s’enfuit. Je pense qu’il s’agit certainement de Frightening Rat, qui protégeait Claris. Il aura sûrement une dent contre moi, enfin, une quenotte. Je trouverai bien un bout de gruyère synthétique à lui offrir. Je fais totalement confiance au Chef.

Ensuite, c’est l’écran noir.

Vendredi 21 septembre 2060

Je me réveille à huit heures. Je suis très fatiguée, mais mes yeux fonctionnent correctement. J’éprouve une terrible douleur temporale. Je me lève très rapidement. Je suis au repaire des Razorhead, mes biens sont intacts et Claris est consciente, mais complètement tarée.

J’appelle Mme X et lui laisse le message suivant : " J’ai de l’herbe fine dans mon champ." Sa réponse est rapide : " wih c32".

Pas de temps à perdre. J’emprunte une ceinture à un troll et je monte sur ma moto, les bras de Claris pendant sur ma poitrine. Grâce à la ceinture, je l’ai attachée par la taille à la mienne. Je me rends au West Inn Hôtel et me gare devant. Par un contrôle des actes bien placé, je lui ordonne de me suivre en marchant normalement, ainsi elle évite de tituber.

Arrivée à la chambre 32, un elfe vêtu d’un costume noir me demande si je suis Lulla. Je lui affirme que oui. Au même moment, nous clignons des yeux. C’est un adepte et il me demande s’il n’aurait pas par hasard conjuré un de mes esprits. Je lui réponds d’un sourire et je rentre dans la chambre, accompagnée de Claris.

Madame X est accompagnée d’un homme nettoyant un magnifique Ares Predator. Elle me remercie de mon travail et me présente une valise contenant deux crédits tubes certifiés de 15000 Nuyen chacun. Je m’empare des deux, dérobant la part de Manon, qui de toute façon n’osera pas venir me la demander.
Madame X allonge Claris sur le ventre, la tête dépassant du lit et l’égorge avec un couteau. Claris l’appelle : "Maman, maman ! " Mme X ouvre ensuite une mallette qu’elle connecte, via un data jack, à la petite elfe sanguinolente. Elle télécharge la mémoire de Claris, puis ferme sa mallette. Elle enveloppe le corps dans une bâche, puis dans un drap et le soulève sans problème pour l’envoyer sur son collègue. Ce dernier se lève et emporte le corps dans la salle de bains où je suppose qu’il donne un traitement à base d’acide à la pauvre Fine Grass pour en effacer toute trace.

Je m’en vais rassurée de l’hôtel, le réceptionniste étant payé assez fréquemment par Mme X, il ne nous fera aucun ennui. En rentrant chez moi, je passe chez le Chef pour m’acquitter de ma dette de 2500 Nuyen. Il me rend une mèche de mes cheveux qu’il me semble lui avoir donnée hier, dans le brouillard.

Je pense que Mme X est employée par Ares. Fine Grass lui avait volé des informations et son poste était en danger. Elle nous a donc engagées, Manon et moi, pour effacer ses conneries. Pendant ce temps, Fine Grass avait eu des problèmes avec ses équipiers et s’était mise sous la protection de Frightening Rat. Manon a failli tout foutre en l’air.

Par contre, je ne comprends pas pourquoi Claris appelait Mme X Maman. Mon enquête sur cette personne devrait m’en apprendre un petit peu plus, j’espère. Enfin, ce soir, c’est la fête. Je vais me faire un resto et puis demain, j’irai faire quelques emplettes.

Salutations, cher journal.



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