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[Roman] Frankenstein

dimanche 13 mai 2012, par rollytroll

Frankenstein, ou le Prométhée moderne est un roman gothique écrit par Mary Shelley et publié en 1818. Le roman est une suite d’histoires imbriquées. Loin d’être une simple fantaisie, Mary Shelley explore de nombreux thèmes : une réflexion sur la science, la psychologie du chercheur, la relation créateur/création ainsi qu’une critique de la société du début du XIXème siècle un peu trop portée sur les préjugés et les apparences.

Un peu d’histoire

Mary Shelley a écrit son roman en deux temps. Pendant l’été 1816 sur le lac Léman, un été particulièrement pluvieux, où le temps d’une fugue suite à un désaccord avec son père, Mary séjournait en compagnie de John Polidori, du poète libertin et de son futur mari Percy Shelley, de sa demi-soeur Claire Clairmont et de Lord Byron. Ce dernier proposa à chacun d’écrire une histoire de fantôme.

Influencée par Fantasmagoriana et Vathek et suite à un horrible cauchemar où se dessinait déjà la silhouette de Frankenstein penchée sur une créature qu’il venait de créer, Mary Shelley imagina l’essence de son histoire. Un an plus tard, revenu en Angleterre, et ayant épousé Percy Shelley, elle acheva et publia le roman Frankenstein.

Le roman

A travers une série de lettres qu’il écrit à sa soeur, Robert Walton fait le récit de sa tentative d’exploration du pôle nord. Au cours de son expédition, il aperçoit au loin un géant tirant un traîneau puis recueille à bord de son bateau, un autre homme muni d’un traîneau similaire et coincé sur un bloc de glace. L’homme en question s’avère être le professeur Victor Frankenstein, qui lui racontera l’ensemble des évènements qui l’ont conduit à venir dans l’océan arctique à la poursuite de la créature qu’il a engendrée.

Issu d’une famille nombreuse genevoise, Victor Frankenstein, étudia la philosophie naturelle et l’alchimie (notamment la pierre philosophale) avant de partir poursuivre ses travaux à Ingolstadt. Il découvrit rapidement le moyen de donner la vie et après plusieurs mois de travaux, il donna naissance à un être surhumain mais extrêmement hideux. Alors que la créature s’éveille, Frankenstein, horrifié, fuit. Il rencontre le lendemain son ami d’enfance, Clerval, tombe gravement malade pendant plusieurs mois et envisage de retourner à Genève quand il apprend que son frère William a été assassiné par un voleur. En se rendant sur place, Victor aperçoit sa créature près du lieu du crime. Justine Moritz, la servante de la famille Frankenstein est accusée du meurtre et bien que Victor soit convaincu de son innocence, la jeune fille est condamnée à mort et exécutée. Désespéré, Frankenstein part à Chamonix où il rencontre le monstre qui lui raconte son histoire.

Livré à lui-même, le monstre a appris à survivre seul. Ses contacts avec les humains sont rares, ceux-ci effrayés par son apparence, le chassent à vue. Il parvient à observer une famille à distance, apprend à parler et à lire. Il finit par entrer en contact avec le père, aveugle, son seul ami, mais le reste de la famille le chasse. Il s’enfuit alors vers Genève décidé à rencontrer le créateur qui l’a abandonné, préparant sa vengeance. Il rencontre le frère de Frankenstein (William Frankenstein), qu’il tue en apprenant l’identité de son frère, et s’arrange pour qu’une autre soit accusée du crime (Justine Moritz).

Après son récit, le monstre demande alors à Victor Frankenstein de lui concevoir une femme, pour qu’ils puissent vivre tous deux isolés et heureux. Frankenstein accepte à contrecœur, part pour l’Angleterre avec Clerval, puis se rend seul aux Îles Orcades pour poursuivre ses travaux.
Il finit par réaliser que son travail permettrait au monstre d’avoir une descendance qui mettrait en danger l’espèce humaine. Il détruit alors sa création inachevée alors que le monstre apparaît. Ce dernier le menace, lui promettant de transformer son existence en enfer, et s’enfuit.

Frankenstein renonce à la science et jette ses instruments de chimie à l’eau. Il erre ivre de chagrin et de désespoir et finit sur le rivage irlandais où il apprend le meurtre de son meilleur ami Clerval dont il est accusé à la place de sa créature. Il tombe (encore) gravement malade mais survit, et son innocence est prouvée par son père qui vient en Angleterre le soutenir. Il revient chez lui avec ce dernier, et se prépare alors à son mariage avec sa cousine, Elizabeth. Mais le monstre la tue le jour de son mariage.

Frankenstein, horrifié, va apprendre la nouvelle à son père qui en meurt. Il dédie alors sa vie à la traque du monstre qu’il a créé, pour que seul l’un d’eux survive. Le monstre, s’amusant de ce jeu et conscient de sa supériorité, l’emmène vers le Nord car il est insensible au froid. Ayant perdu la trace du monstre, bien qu’aidé par les esprits des victimes du monstre, Frankenstein s’égare.

Forcé par l’équipage à rebrousser chemin, Walton assiste, impuissant, à la mort de son ami, qui n’a plus assez de force pour poursuivre sa traque. Le monstre arrive peu après et apprend la mort de son créateur. Il s’exprime sur son dégoût de lui-même en pensant aux meurtres qu’il a commis, poussé par l’envie de se venger d’un créateur inconscient et irresponsable et quoique cette envie lui répugne, en vertu d’une aspiration initiale au bien que la méchanceté de la race humaine a détruite. Il annonce son projet de se suicider et disparaît dans le brouillard.

Thèmes abordés

Chacun des thèmes abordés est une inspiration potentielle pour écrire un scénario faisant intervenir ce genre de créature.

  • La science contre la Nature. En tentant de créer la vie par des moyens non-naturels, le chercheur sous-entend que le procédé naturel n’est pas parfait et désire en améliorer un aspect précis pour une raison personnelle.
    Ex. : recréer la vie pour retrouver l’être cher, atteindre la vie éternelle.
  • La science contre la religion. Le chercheur en devenant un créateur, usurpe un pouvoir jusque-là considéré comme divin et s’expose aux foudres divines et plus prosaïquement à celles des croyants (et autres inspirés divins).
    Ex. : recréer la vie pour devenir un dieu, démontrer que les dieux sont des scientifiques très avancés...
  • Science et conséquences. A aucun moment, le chercheur ne réalise les conséquences de son acte, obnubilé par la performance, l’idée de réussite, de victoire, de gloire et de consécration.
    Ex. : recréer la vie pour être admiré de ses pairs, pour de l’argent, la guerre.
  • Relation créateur / création. Le chercheur est un créateur inaccessible et jamais un père. L’idée de responsabilité, de place dans la société ne l’effleure pas, mais ce n’est pas le cas de tous les créateurs.
    Ex. : planifier et prédestiner la créature dans un plan plus global.
  • La place de la créature dans le monde. En tant qu’artefact, la créature éprouve des sentiments ambigus, un désespoir perceptible qui peut s’exprimer par le déni, la dépression, la rage, la vengeance...
    Ex. : une créature qui cherche l’amitié, l’amour...
  • Apparences et préjugés. La créature est laide, les choses auraient-elles été différentes si elle avait été belle ?
    Ex. : recréer la vie pour défier l’ordre établi et renvoyer la société devant ses travers, comme un acte de foi politique...

De multiples autres thèmes sont évidemment abordés dans l’œuvre (comme la place de la femme au tournant du XIXème siècle), je vous invite à lire le livre pour les découvrir et les explorer.

Notez que loin d’être un savant fou mégalomane, Victor Frankenstein est surtout un étudiant issu de l’aristocratie, de santé un peu fragile, travailleur et avide de savoir, certes plutôt irresponsable, mais dont la principale motivation reste de trouver "l’essence même de la vie".



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