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Vampire : la mascarade

[Ventrue] Présentation du clan

vendredi 27 janvier 2006, par Shosuro Shinji

Jean-Louis d’Aurrance glissa pensivement un regard par la baie vitrée. Du dernier étage du gratte-ciel où il se trouvait, la ville de Francfort lui apparaissait dans toute sa splendeur. Il tenta machinalement d’appréhender en une seule fois toute la vision qui s’offrait à lui, avant de décider pour l’énième fois que c’était impossible. Les lumières de la ville scintillaient, innombrables, et l’on avait l’impression que Francfort était vivante, dotée d’une volonté propre, et qu’elle voulait à tout prix bouger, bouger et bouger encore, afin de prouver son existence. Les phares des voitures se mêlaient aux feux rouges, aux néons, aux lumières des appartements et aux panneaux publicitaires, et cette exhibition de couleurs fascinait l’œil. Jean-Louis aimait cette vision, et quand les choses allaient mal, il se surprenait souvent à ordonner au chauffeur de sa limousine d’aller au gratte-ciel, juste pour pouvoir la contempler tranquillement.

Depuis l’invention de l’électricité, les villes sont devenues largement plus belles, pensa t’il.

Un bruit le tira brusquement de la rêverie dans laquelle il s’était abîmé.

La porte de la salle du conseil d’administration venait de se refermer, et le dernier des directeurs de la corporation avait quitté la pièce. Il était maintenant seul, enfin tranquille.

Il se dirigea lentement vers la gigantesque table en chêne, qu’il avait fait venir à prix d’or de suède. Avisant un bout de cendre qui reposait sur le bois, il l’écrasa entre ses doigts et mit les miettes dans le cendrier déjà plein.

Tous les mois, il faisait se réunir à minuit précis les quinze membres les plus importants de sa société. Là, il faisait avec eux un bilan de l’évolution des affaires, leur demandait de justifier devant lui les choix qu’ils avaient pris, et malheur à celui qui n’était pas suffisamment convaincant. Aucun d’entre eux n’était irremplaçable. Jean-Louis avait toujours tenu à ce qu’ils le comprennent.

La réunion du mois d’avril venait à l’instant même de se terminer. Le directeur de la section " recherche & développement " avait expliqué à Jean-Louis, en long, en large et en travers, diagrammes et études de marchés à l’appui, les caractéristiques du nouveau produit qu’il comptait faire fabriquer. Puis il avait attendu, tout tremblotant, la réaction de son maître. Il ne s’était détendu que lorsque Jean-Louis avait lentement hoché la tête et donné son aval au projet.

Les résultats étaient bons. Le département " éléctro-ménager " avait enregistré une hausse de son chiffre d’affaire de 2,8 % par rapport au même mois de l’année dernière. Les autres résultats étaient tout aussi satisfaisants. Jean-Louis était content. Un lent sourire s’était dessiné sur son visage, et tous les directeurs s’étaient soudainement détendus. Ce qui amusait beaucoup Jean-Louis, c’est qu’ils étaient naturellement à ses bottes, en adoration devant lui. Il n’avait jamais eu besoin d’utiliser sa présence surnaturelle pour susciter ce sentiment.

Le pouvoir. Le contrôle.

Les humains recherchent cela désespérément tout au long de leur vie, sans même avoir conscience que cela est absolument hors de leur portée. Au-dessus des humains, il y a les vampires.

Et au sommet des vampires, il y a les Ventrues.

Jean-Louis était particulièrement fier d’appartenir à ce clan. Il faut dire qu’il y avait de quoi. Le clan Ventrue avait toujours composé l’élite des vampires. Car sans eux, la camarilla n’existerait pas. Sans camarilla, pas de mascarade. Sans mascarade, pas de vampires.

L’équation était aussi simple que cela. Oh, bien sûr, de nombreux caïnites ne voyaient pas les choses de cette manière. Pour eux, les ventrues sont un clan empli d’orgueil, et enfermé dans sa tour d’ivoire, complètement déconnecté de la réalité, une bande d’affairistes qui passent leur vie à chercher des profits, contrôlant les entreprises et une bonne partie de l’économie humaine. Mais il était évident que c’était la jalousie qui les poussait à parler ainsi. Secrètement, ils auraient voulu faire partie de cette élite, et n’ayant pas eu cet honneur, ils en étaient réduits à déballer leur frustration.

Oui, le clan Ventrue était l’élite. Ses membres sélectionnaient rigoureusement les candidats à l’étreinte. Il y avait d’ailleurs eu à ce sujet une modification sensible au cours du temps. Au moyen-âge, les ventrues étreignaient surtout parmi les membres de la noblesse. Puis il s’était adapté, et depuis la période industrielle, le clan s’était rabattu sur la haute bourgeoisie. Car ce n’était nullement des impératifs de classe qui motivaient l’étreinte, mais plutôt la capacité à diriger.

La preuve, une écrasante majorité des princes de la camarilla appartenaient au clan.

Jean-Louis allait fêter sa deux cent quatre vingt dixième année de non-vie le mois prochain. Les cartons d’invitation avaient été envoyés à tout le gratin caïnite de la ville. Et comme chaque décennie, la réception aurait lieu dans son manoir de campagne. Jean-Louis avait donné l’ordre à son majordome d’enlever une dizaine de sdf spécialement pour l’occasion. Ces derniers passeront le meilleur mois de leur vie, choyés, lavés, habillés, de manière à ce qu’ils soient impeccables pour la réception.

Pour Jean-Louis, tout avait commencé alors que son père, un duc français, avait décidé d’envoyer son fils aîné en Prusse, afin qu’il apprenne par l’exemple comment gouverner. C’était en 1783, et le jeune garçon, à peine âgé de vingt ans, avait pris le chemin de la Prusse. Là-bas, il avait démontré qu’il était quelqu’un de particulièrement brillant, et avait attiré l’attention des puissants. Jean-Louis, lorsqu’il était parti, avait justement pour but d’attirer l’attention des puissants. Mais il ne se serait jamais douté une seule seconde qu’il réussirait si bien.

Et il n’était jamais revenu de Prusse. Après son étreinte, tout s’était accéléré. Il lui avait fallu reprendre les affaires de son Sire, et, pour sa plus grande joie, il était devenu lui aussi un chaînon contribuant à la puissance du clan.

Qu’en était-il aujourd’hui ? Son Sire était entre-temps devenu prince de Francfort. A l’heure actuelle, tout le monde respectait Jean-Louis, qui était devenu une personne avec qui il fallait compter dans le paysage de la ville. Il contrôlait désormais une trentaine de sociétés différentes, dont la gigantesque corporation, et ses avoirs s’élevaient à plus d’une dizaine de milliards de marks. Plus de cent mille humains de par le monde travaillaient pour lui sans le savoir. Il jouissait de la considération de ses pairs. Bref, il possédait tout ce dont un humain pouvait rêver.

Mais bien plus encore, il possédait tout ce dont un caïnite pouvait rêver.

Et tout le monde l’enviait. Jean-Louis aimait cette position. Il se plaisait à penser que le monde tournait grâce à lui et à son clan.

Il sortit un petit miroir de poche, et se contempla longuement. La non-vie était fascinante : il aurait éternellement l’apparence d’un jeune garçon de vingt ans. Là, impeccable, dans son costume à dix mille marks, taillé sur mesure par un grand couturier français, il était magnifique et en imposait à tous.

Eternellement jeune, beau, riche à en crever, que pouvait-il désirer de plus ?

Jean-Louis ressentait la plénitude.

La porte s’ouvrit délicatement. Jean-Louis se retourna.

C’était Heinrich, sa goule qui lui faisait office de chauffeur.

— Monseigneur, pardonnez-moi de vous déranger mais...

— Mais quoi ? coupa brusquement Jean-Louis, irrité.

— Les envoyés du prince de Munich sont arrivés. Votre Sire aimerait pouvoir compter sur votre présence pour les négociations, balbutia la goule.

— Très bien, j’arrive dans dix minutes, ordonna Jean-Louis. Fais tourner le moteur.

La goule s’inclina et repartit. Le prince de Munich avait récemment décidé de renégocier les accords qui prévalaient depuis cent vingt ans sur les clauses d’assistance mutuelle en cas d’agression de la ville par le Sabbat. Il avait envoyé trois émissaires pour ce faire, et les négociations dureraient au bas mot une semaine. C’était Jean-Louis qui avait été choisi à Francfort pour mener lesdites négociations. Mais ce dernier était confiant. En effet, les négociations se passeraient uniquement entre gens de bonne compagnie. On est entre Ventrues après tout.



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