SDEN - Site de jeu de role
Accueil > Vampire : la mascarade > Inspirations > Romans > Les Vampires à travers les livres
Contribuer

Vampire : la mascarade

Les Vampires à travers les livres

vendredi 14 avril 2006, par MaëL

LE VAMPIRE DANS LA LITTERATURE

Bien que dès Homère se trouvent évoquées des figures proches du vampirisme telles que Circé et alors même que la légende de Tristan et Yseut peut s’interpréter comme l’histoire d’un couple de vampires, il faut attendre le Dix-Huitième siècle pour voir se développer le mythe, c’est-à-dire en plein siècle des Lumières.

ORIGINES DU TERME VAMPIRE

Le mot "vampire" apparaît dès 1748 dans un poème d’Ossenfelder "Der Vampir", publié dans une revue allemande. Mais c’est un abbé bénédictain Dom Augustin Calmet, exégète biblique réputé, qui ouvre véritablement le bal avec son Traité sur les apparitions des Esprits et sur les Vampires, ou les Revenants, de Hongrie, de Moravie..., publié en 1749 (réédité en 1986 par Jérôme Millon éditeur) où il semble prendre très au sérieux les vampires. D’où la réplique cinglante d’un Voltaire pour qui les vampires sont essentiellement les membres du clergé (Dictionnaire philosophique, article sur l’absolution, 1764).

LORD BYRON

Lord Byron est à l’origine d’un approfondissement du mythe. Dans Le Giaour, il fait une allusion aux vampires. Surtout, il va inspirer John William Polidori pour son ouvrage "Le Vampire" (1819, réédition Le Livre de poche, 1972, repris dans "Vampires, Dracula et les siens", Omnibus, 1997) dont Goethe pensait, sans doute à tort, qu’il avait été écrit par Byron lui-même. Ce qui semble sûr, c’est que Byron fournit à Polidori l’idée du livre, Polidori allant même plus loin en faisant de son vampire, Lord Ruthwen, une satire de Byron...

AUTEURS FRANCAIS

En France, tout au long du Dix-Neuvième siècle, le thème du vampire va connaître un certain succès :
• Charles Nodier Lord Ruthwen (1820, écrit avec Cyprien Bérard, suite de l’ouvrage de Polidori dont il avait assuré la traduction de l’ouvrage Le Vampire), Infernalia (1822, recueil de contes vampiriques)

• Théophile Gautier La Morte amoureuse (1836, réédition Le Livre de poche, 1972)

• Alexandre Dumas Histoire de la dame pâle (1849)

• Prosper Mérimée Lokis (1869), Vampire, La Vénus d’Ille

• Baudelaire Les Métamorphoses du Vampire (1857)

• Lautréamont Les Chants de Maldoror (1868)

• Paul Féval Les Drames de la mort (1856, conspiration contre Bonaparte d’une femme-vampire), le chevalier Ténèbres (1860, histoire de deux frères vampires, plus ridicules qu’effrayants), La Ville-vampire (1878, parodie de roman gothique qui fait intervenir Ann Radcliffe elle-même)

• Guy de Maupassant Le Horla (1885)

• Jules Verne Château des Carpathes (1892)

AUTEURS ANGLO-SAXONS

Ils sont également très nombreux à sacrifier au mythe :

• Coleridge Christabel (1816, poème inachevé)

• Keats Lamia (1820)

• Sheridan Le Fanu Carmilla (1872, réédition Marabout 1978, repris dans "Vampires, Dracula et les siens", Omnibus, 1997)

• Thomas Preskett Prest Varney le Vampire, ou le Festin de sang (1847, ouvrage également attribué à James Malcolm Rymer)

• Edgar Poe Ligea (1838)

• Oscar Wilde Le Portrait de Dorian Grey (1891)

• Arthur Conan Doyle Le Parasite (1894, roman de jeunesse de l’auteur de Sherlock Holmes)

• Rudyard Kipling The Vampyr (1897)

AUTEURS ALLEMANDS ET RUSSES

• Bürger Leonore (1773)

• Goethe La fiancée de Corinthe (1797, une jeune morte revient partager la couche de son fiancé)

• Raupach Laisse dormir les morts (1823, aussi attribué à Tieck)

• Hoffman Le Vampire (1828)

• Gogol Vij (1835)

• Tolstoï La Famille du Vourdalak (1847, histoire d’un voyageur aux prises avec une famille de vampires), Oupires (1841, repris dans Vampires, Dracula et les siens, Omnibus, 1997).

• Tourguéniev Apparitions (1863)

BRAM STOKER

L’auteur irlandais Bram Stoker donna ses lettres de noblesse au mythe. Il publia son Dracula en 1897, éclipsant à peu près complètement les autres types de vampire. Stoker lui-même fut un personnage fascinant, souffrant toute sa vie d’étranges crises de langueur comme celles que subissent les victimes des vampires, et appartenant par ailleurs à la société secrète de la Golden Dawn. Le plus inquiétant est qu’il décrit son comte Dracula comme un géant aux cheveux roux, c’est-à-dire comme lui-même, en bon irlandais qu’il était. C’est en tout cas Bram Stoker qui donne ses lettres de noblesse au mythe et en dessine les traits essentiels : absence de reflet du vampire, répulsion envers l’ail, les croix, la lumière, importance de la vie nocturne, journées passées dans son cercueil.
Il faut noter qu’en 1912 Bram Stoker donna un prolongement à son personnage dans L’Invité de Dracula (repris dans Vampires, Dracula et les siens, Omnibus, 1997).

ASPECTS MODERNES DU MYTHE

La littérature du Vingtième siècle est marquée par une dégénérescence du mythe, repris et le plus souvent déformé par le cinéma sous les traits de Bela Lugosi ou Christopher Lee. Toutefois certains ouvrages méritent attention :

• Mary E. Wilkins-Freeman Luella Miller (1902, repris dans Vampires, Dracula et les siens, Omnibus, 1997)

• Gustave le Rouge La Guerre des vampires (1909, vampires martiens)

• Algernon Blackwood Le Transfert (1911)

• Claude Farrère La maison des hommes vivants (1911)

• Hans Heinz Ewers Vampir (1921)

• Catherine Moore Shambleau (1933)

• Mircea Eliade Mademoiselle Christina (1936)

• Auguster Derleth Tourbillons de neige (1939, une jeune fille vampire s’opposant à deux couples pendant une tempête de neige)

• Robert Bloch La Cape (1939, cape qui transforme son porteur en vampire)

• J. H Rosny La Jeune vampire (1920, vampirisme étudié de manière " scientifique ")

• Gaston Leroux La poupée sanglante (vampirisme scientifique du marquis de Coulteroy)

• Pierre Benoît L’Atlantide (Antinéa, femme vampire, vide ses amants de leur énergie vitale)

• Fritz Leiber La Fille aux yeux avides (1949, mythe du vampire transposé dans un milieu urbain)

• Ray Bradbury L’homme du second (un vampire vivant dans une pension de famille et passant inaperçu)

• Boris Vian Vampire-Party (texte paru dans Vian Chansons de Rabourdin, C. Bourgois, 1984)

• Richard Matheson Je suis une légende (1959, l’être à part n’est pas le vampire, mais un homme, dernier de sa race)

• Ionesco Rhinocéros (1959)

• Maurice Limat Moi vampire ( Fleuve noir, 1966, homme qui se transforme en vampire à la suite d’une transfusion sanguine)

• Claude Klotz Paris vampire (Lattès 1974, un vampire transfuge des pays de l’est cherche du travail à Paris, se trouve aussi sous le titre : Dracula père et fils)

• Fred Saberhagen Un vieil ami de la famille (1979, Dracula réapparait au Vingtième siècle pour aider les descendants de la famille Harker)

• Anne Rice Entretien avec un vampire (Lattès 1978), Lestat le vampire (Albin Michel 1988), La Reine des damnés (Olivier Orban 1990), Le Voleur de corps (Plon 1994)

• Stephen King Salem (Press Pocket 1975, ville tranquille aux prises avec une créature démoniaque)

• Pierre Kast Les Vampires de l’Alfama (J’ai lu, 1975, les vampires sont pourchassés par les humains)

• Colin Wilson Les Vampires de l’espace (J’ai Lu 1976)

• Les Daniels Le Vampire de la sainte inquisition (J’ai Lu 1978)

• Suzy Mc Kee Charnas Un vampire ordinaire (J’ai lu, 1980)

• Tanit Lee, Sabella ou la pierre de sang (Opta, 1981)

• S.P Somtow Vampire Junction (Vampires, Dracula et les siens, Omnibus, vampire chanteur de rock)

• Richard Matheson Vampire (1986)

• Ray Garton Extase sanglante (1987)

• Barbara Hambly Le Sang d’immortalité (1988, des vampires font appel à un ancien agent secret pour débusquer un tueur en série de vampires)

• Dan Simmons L’Echiquier du mal (1990)

BIBLIOGRAPHIE VAMPIRESQUE

• BEURQ JM et LAPEYRE B Les Vampires : les preuves troublantes de leur existence (Aux sources du Mystère, Claire Vigne, 1995)

• BOURRE JP Dracula et les Vampires (Rocher)

• BOURRE JP Le Culte du vampire aujourd’hui (Lefeuvre)

• BUICAN D Les métamorphoses de Dracula (Félin)

• COLLOQUE DE CERISY Les Vampires (Albin Michel)

• CREMENE A Mythologie du vampire en Roumanie (Rocher)

• DELORME R Les Vampires humains (Albin Michel)

• DOREMIEUX A Territoires de l’inquiétude 4 (Denoël)

• DUNN MASCETTI M Le Livre des vampires (Solar)

• FAIVRE T Les Vampires (Le Terrain vague)

• FINNE J La Bibliographie de Dracula (L’Age d’homme)

• LAMY M Jules Verne, initié et initiateur (Payot)

• MARIGNY J Le Vampire dans la littérature anglo-saxonne (Didier Erudition)

• MARIGNY J Sang pour sang : le réveil des vampires (Gallimard, Découvertes)

• MARKALE J L’Enigme des vampires (Pygmalion)

• NALLY ET FLORESCU A la recherche de Dracula (Laffond)

• PENROSE V La Comtesse sanglante (Mercure de France)

• PERISSET M La Comtesse de sang (Pygmalion)

• PHENIX (revue) n°39 (Lefrancq)

• RENCU L Contes du vampire (Gallimard)

• RIBADEAU-DUMAS F A la recherche des vampires (Marabout)

• ROUX-PETEL C Vlad, l’Empaleur, le vrai Dracula (Historia, avril 1979)

• RUDORFF R Les Archives de Dracula (Denoël)

• SEIGNOLLE C Les Evangiles du diable (Maisonneuve et Larose)

Vampires, Dracula et les siens (Omnibus)

• VILLENEUVE R et DEGAUDENZI JL Le Musée des vampires (Veyrier)

• VOLTA O Le Vampire (JJ Pauvert)

VLAD IV dit DRACULA

À tout seigneur, tout honneur, le premier vampire dont l’histoire a retenu le nom et qui inspira romanciers et poètes, fut le prince - et non le comte ! - Vlad IV dit Dracula, souverain de Valachie, province de Roumanie située entre les Carpathes méridionales et le Danube, de 1456 à 1462 et en 1476. Son titre - et non son surnom - de " Dracula", il l’avait hérité de son père, Vlad III qui l’avait lui-même reçu de l’empereur romain germanique Sigismond de Luxembourg lors de son intronisation au sein d’un ordre chevaleresque et initiatique : l’Ordre du Dragon.

Dracula correspondait en réalité à un grade de cet ordre qui utilisait des rituels de magie noire. "Draco" signifiait Chevalier du Dragon. Mais la signification de Dracula est extrêmement riche. En roumain, "Drac" veut dire démon. Quant au terme " Draci", il désigne l’état du possédé. Dracula procède en outre de la même racine indo-européenne qui a donné le grec "Drakon" et que l’on retrouve sous des formes très voisines dans les langues européennes. Ainsi, en Occitanie, de nombreux contes évoquent le "Drac" qui est soit un géant, soit un ogre, soit un sorcier, soit encore le diable lui-même !

En ce qui concerne l’aspect sanglant de ses activités, il est à rechercher dans la férocité déployée par Vlad IV dans sa lutte contre les Turcs. Les chroniques roumaines nous rapportent que partout, sur les places des villages ou aux carrefours des routes, des pals étaient dressés, sur lesquels pourrissaient des cadavres déchiquetés par les oiseaux de proie. Avant une bataille décisive, Vlad IV fit empaler un sur douze de ses soldats, pour leur montrer ce qui leur adviendrait en cas de défaite...

La place de Vlad IV dans l’imaginaire roumain était telle qu’en 1971, un historien, Georges Florescu, et un architecte, Dinu Rosetti, furent envoyés par la commission roumaine des momuments historiques, au monastère de Snagov où, toujours selon les Chroniques, Vlad IV aurait été inhumé sous une dalle dépourvue d’inscriptions mais dont l’emplacement était précisé. Après de nombreuses recherches, ils découvrirent la tombe. Or, elle était vide... En fait, les restes de Vlad IV avaient été transférés sur ordre de l’archevêque Philarete, et on les découvrit à proximité du porche de la chapelle. Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Transportés dans un musée de Bucarest, les restes de notre vampire disparurent mystérieusement. Et beaucoup de frissonner, car une tradition bien inquiétante veut que Vlad IV revienne un jour pour régner à jamais sur la Roumanie...

COMTESSE BATHORY

Apparentée par le sang à Vlad IV, la comtesse Erzebeth Bathory reste la plus célèbre femme vampire. Comme Vlad IV, mais près de deux siècles plus tard, elle appartenait elle aussi à l’Ordre du Dragon. Son blason se composait d’ailleurs de trois dents de loup, d’un croissant de lune, d’un soleil en forme d’étoiles à six pointes, le tout entouré d’un dragon se mordant la queue.

Erzebeth Bathory était née en 1560, d’une famille de sang royal. Parmi ses proches parents, elle comptait de hauts magistrats, des évêques, un cardinal et un oncle qui devint roi de Pologne. Sa famille remontait très loin dans le temps et descendait probablement des Huns.

Notre comtesse sanglante s’adonna très tôt au culte de Sapho de sorte que dans sa triste carrière, elle ne sacrifia jamais un seul homme, uniquement des jeunes femmes ! Depuis son plus jeune âge, son principal souci avait été sa beauté. Elle pensait qu’elle pouvait la préserver grâce à du sang frais de jeunes filles, de préférence vierges. Ainsi, faisait-elle remplir des baignoires de leur sang, dans lequel elle se prélassait avec ravissement.

Cependant, même si l’on est un personnage aussi puissant et considérable que la comtesse Bathory, il est difficile d’empêcher les langues de se délier. Des rumeurs parvinrent jusqu’à la cour du roi Mathias de Hongrie. La comtesse fut arrêtée. On instruisit son procès dont on connaît aujourd’hui tous les détails puisque les manuscrits, d’abord conservés aux Archives du Chapitre de Bran, ont été transférés aux Archives de Budapest (Acta Publica, fascicule n°19). Le procès aboutit au chiffre ahurissant de six cent jeunes filles sacrifiées par la comtesse et ses complices. Du fait de ses origines, la comtesse Bathory fut condamnée à être emmurée vive dans les appartements privés de son château. On ne laissa qu’une petite ouverture par laquelle on passait tous les jours l’eau et la nourriture.

La comtesse Bathory vécut ainsi quatre ans et, lorsqu’elle mourut, à l’âge de cinquante-quatre ans, les témoins prétendirent que sa beauté était restée inaltérée...

VAMPIRES MODERNES

• Dans les années 30, le Paris de l’époque vivait sous la menace d’une mystérieuse femme noire qui prélevait tous les soirs sur ses compagnons de fortune quelques gouttes de sang.

• En 1925, fut décapité le Vampire de Hanovre, Harrmann, qui avait perpétré quelques vingt-sept assassinats, mordant ses victimes à la gorge jusqu’à ce que mort s’ensuive, lappant et buvant le sang jaillissant de la carotide.

• L’année 1931 vit l’exécution du Vampire de Dusseldorf, Kuerten, accusé d’avoir assassiné et bu le sang de vingt-neuf jeunes filles.

• John Haign, le Vampire de Londres, fut pendu le 10 août 1949 pour le meurtre de neuf personnes avec le motif avoué de boire leur sang. Lors de son arrestation, il était apparu comme un employé de la City typique, avec la moustache militaire, taillée au ciseau de brodeuse, la chemise impressable et l’air avenant.

• Le Vampire de Nuremberg s’acharna d’abord sur des tombes d’où il déterrait des femmes récemment inhumées pour leur ouvrir la gorge et boire leur sang, avant de tuer un jeune couple en 1972 sur lequel il se livra au même rituel sanguinaire...



Encadrement arrondi
Ajouter un commentaire
forum bouton radio modere abonnement

forum vous enregistrer forum vous inscrire

[Connexion] [s’inscrire] [mot de passe oublié ?]

Encadrement arrondi

Tous les éléments et personnages sont des marques déposées détenues par leur propriétaire. Ils sont utilisés ici sans autorisation particulière, dans un but d'information. Si l'auteur ou le détenteur des droits d'un élément quelconque de ce site désirait qu'il soit retiré, les responsables du sden s'engagent à le faire dans les plus brefs délais.

(c) 1997- 2017 SDEN - Site communautaire de jeux de rôle
Tous droits réservés à l'association loi 1901 Elfe Noir.
Les textes et les illustrations des rubriques, sauf avis contraires, sont la propriété de leurs auteurs.