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Warhammer

La voie du Tarkin - part 8

mercredi 16 mai 2012, par shavy

Chapitre Huit de "La voie du Tarkin"

Je suis désolée pour votre père, Gravin. Je crains que la folie dans laquelle Shallya le protège ne le quitte jamais vraiment. C’est le propre d’une vie de combattant que de lutter même dans les tréfonds de la démence. Vous pouvez pleurer, n’ayez crainte, les contraintes de votre classe n’ont pas lieu ici …cette peine n’en doutez pas, parvient à votre père d’une manière ou d’une autre. Son âme dans les ténèbres s’y réchauffe comme à un feu isolé.

Sœur Erhin, prêtresse de Shallya

Ces pas ne faisaient pas un bruit. Le jeune elfe passait comme une brise entre les arbrisseaux, sans laisser ni trace, ni son. Seul le vent d’automne essayait de suivre le jeune guetteur.

Arc en bandoulière, l’enfant avait le sourire aux lèvres de satisfaction. Son errance avait été fructueuse : deux lièvres et un beau perdreau dans sa gibecière pouvaient en témoigner. Baldam ne serait pas du même avis, c’est certain.

Trois semaines qu’il était parti du hameau du clan …du clan...le nom lui échappait.
Bref, il s’agissait de sa nouvelle famille depuis la disparition, la mort de...de parents proches...dans sa tête c’était assez confus.

Il voyait bien quel accueil lui réserverait son parent. Il connaissait des chemins pour passer inaperçu à la faveur de la nuit. Au sommet des arbres, il dominait la forêt. En apercevant Tor Sariellin [1] se dégager de la couverture nuageuse, il rit de bon cœur ; l’astre avait veillé sur lui pendant son périple le gratifiant de sa clarté et de sa protection. Il la gratifia d’une prière silencieuse.

Il pouvait deviner, des centaines de lieux au nord, les étendues glacées de la mer. Vers l’ouest au-delà de la forêt, il voyait les premiers hameaux humains, petites lueurs, constellations en expansion selon Baldan. Il soupira de regret. Il devait se hâter avant que les Gardiens du Cercle ne le débusquent ; être amener devant Baldan en leur compagnie était la dernière chose à faire pour implorer sa clémence.

Lorsqu’il approcha au plus prés de l’habitat, un petit feu dansait autour de deux grandes ombres assises autour. Des voix distinctes se faisaient entendre. Se hissant sur le faite aplatie de la salle commune, le jeune elfe tendit l’oreille.

- Il aurait pu suivre sa voie, Baldan sieth [2].

- ….

Baldan se leva jusqu’au foyer, petit creuset de pierre sculpté de lierres. C’était un elfe robuste aux avant bras sculptés dans des muscles secs ; deux grandes tresses s’échappaient de son épaisse chevelure noire teintée de reflets argentés ; son visage fin et droit exprimait peu de choses en dehors d’un air sévère, quasi martial.

Prés de l’ouverture du faite, Eridian réprima un frisson.

- Caradmathir, il y a bien longtemps que je ne porte plus ce titre. Je suis Baldan du clan Aethmenir...du moins ce qu’il en reste.

- Il est à tes cotés.

L’elfe se tourna, violemment vers son compagnon, brandissant le tison rougeoyant.

- Oui ! Il est là ! dit- il en désignant l’ensemble de la pièce.

- Je ne voulais pas dire ça, tu m’as compris, répondit l’autre imperturbable.

- Sans... cela, je les aurai suivis, j’aurai suivi mon clan, j’aurai fait ce pour quoi Ishar m’a donné la vie !

- Tu as fait bien plus...

Baldan s’approcha de l’outre à vin accrochée à l’entrée, l’attrapa et la porta à ces lèvres.

- Au printemps, le tarkin viendra, il repartira avec lui.

- Il n’est pas passé depuis La victoire des marches.

- Le crépuscule de sa vie fera sortir ce vieux fou des bois.

- Eridian n’a montré aucune capacité en ce sens, Baldan. Une épée à la main, il te ressemble en tout point.

- Alors il partira avec les adeptes d’Adaman [3] ! Eux viendront pour la célébration de l’Eveil !

Caradmathir se leva.

- Je ne suis qu’un barde, mais je sais reconnaitre un elfe qui a trop bu.

En comparaison ce dernier semblait bien chétif face à Baldan. Nullement intimidé, il s’approcha de son ami, lui mit la main sur l’épaule.

- J’espère qu’il ne tiendra pas rigueur de ce qu’il vient d’entendre, dit il en désignant le plafond.

Baldan leva la tête, le visage soucieux.

- Il est parti, ta vigilance n’est plus ce qu’elle était. Laisses-lui le temps.
j’ai aussi un enfant et je serai aussi démuni que toi devant cette situation.

Baldan opina.

- Tu as raison, Kar Laffarel, je... je suis un vieillard aigri...

- N’en jetez plus ! arrête de te mortifier... va dormir, confie tes rêves à Sarriel.

- Reste là !!!

Loin... dans les méandres de ces souvenirs brisés, il entendait cette parodie d’homme. Mais bientôt le néant remplira son esprit. Sa vie sera passée comme un courant d’air dans un monde violent et corrompu… il esquissa les contours d’un visage souriant, féminin, un visage sévère, son mentor… ils défilèrent tous devant lui comme dans un tourbillon sans fin, dans le siphon de sa folie.

Il était allongé nu, dans les ténèbres. Il ne se faisait plus d’illusion sur sa condition réelle, il avait toujours agi d’instinct, comme l’aurait fait tout suivant de Kurnous. C’était son âme qui était là, seule et démunie. Bientôt il ne serait qu’une coquille vide, l’esprit broyé par son dernier sursaut de volonté.
Il perçut une faible lueur, dans le lointain, dansante et obscène.

- Réveilles, toi !! Maruk te dit !

Une voix plus faible :

- Feu brûlant, réveillé faible !

- Recule imbécile, gorvarth [4] !

Le langue noire, plus grognée qu’articulée. Il fallait qu’il parte plus loin encore, descendre plus profond et se perdre…

Il rampa, longtemps dans un tunnel de plus en plus étroit.

- Tu ne vas pas dans la bonne direction, lui indiqua une voix rocailleuse devant lui.

- Qui... qui est là... souffla-t-il d’une voix faible.

Une silhouette courtaude s’avança lui barrant la route.

- Pourquoi vas-tu rejoindre les ancêtres ?

- Laisse-moi... je vais... je vais où bon…

- Tu abandonnes ? Tu rampes ?

- Tu es dans ma tête, tu n’es pas réel.

- Et ça c’est réel ?

L’étranger lui donna un grand coup de pied dans la tête.

- Oui, reviens ! Maruk le veut !

- Pourquoi ? Ketry…

- Ça commence à revenir, dit le nain en s’accroupissant, faut sortir de là l’elfe.

- Mais dehors, il veut...

- Qui veut ? qu’importe ce qui veut l’elfe ! tu crois que t’es seul ? Tu crois que c’est en effaçant tout souvenir de ta tête de bois que ça l’empêchera d’y trouver ce qu’il cherche ? Les gens qui vivent dans l’illusion ne sont que les instruments des puissances de la ruine.

- Tu tiens un... discours, bien inhabituel.

- J’suis dans ta tête, tu me fais dire toutes les conneries que tu veux entendre... je suis un bordel d’instinct... t’aurais pu prendre un cerf parlant que ça aurait eu le même impact.

- Non... non mon ami.

Eridian se releva, des haillons dépassant de ces bras. Une douce lueur envahit la cavité. Il posa la main sur l’épaule du nain. Il était revêtu d’une armure noire aux reflets dorés. Une double hache posée dans le dos avec un bouclier au cerclage d’acier parachevait son harnachement.

Alors que la clarté devenait de plus en plus vive, Eridian crut voir deux, trois... non une dizaine de silhouettes, derrières la petite silhouette… et d’un coup une lumière brute, une odeur d’herbe brulée.

Il était attaché, contre la pierre brute. Autour de lui, des vingtaines d’hommes-bêtes, autour de gros braseros fumants. Un cercle de pierres, sur lesquels étaient attachées d’autres personnes... des humains, plus morts que vivants... des adeptes de la foi antique.

Le chaman homme-bête lui prit le menton dans ses trois doigts, et esquissa un sourire inhumain.

- Maruk t’a fait revenir.

- Pas toi, face de kruti [5] lui cracha Eridian dans un kazhalide approximatif.

Le chaman le regarda d’un air surpris, et se retourna vers l’assemblée.

- La clef est dans la porte, lança t-il à l’assemblée.

Une vague de grognement retentit dans la clairière séculaire.

Eridian regarda ses liens, et ouvrit grand les yeux en voyant la coloration de sa peau... vert pale. A ces pieds, des herbes vertes, parsemées de fleurs printanières dont la présence incongrue tranchait avec la neige environnante.
Ces pieds... à bien y regarder, ne comptaient plus que trois doigts rassemblés, ses mollets arboraient des poils sombres et drus.

Il avait la respiration coupée, une sueur froide le saisit... il finit par lever les yeux au dessus de sa tête … des bois sortant de son front…

En l’absence de son esprit , son corps avait régressé vers ce qui personnifiait le mieux son instinct… Kurnous.

Le chaman se tourna vers lui, dégageant une lame courbée de sa tunique miteuse.

- Et Maruk va l’ouvrir... un dieu mort pour un dieu vivant.

Un grand éclat de lumière l’empêcha de voir la chaine brisée le fouetter, le projetant par delà les gors rassemblés.

Une brame terrifiant retentit en suivant, réveillant les oiseaux endormis qui s’envolèrent en nuées dans la lueur maladive de Morslieb.

Le grand cerf, vigilant sur les abords des bois, laissa sa harde pour y répondre. Il s’élança dans l’obscurité.

Notes

[1demeure de Sarriel ou Mannslieb, la lune bleue

[2gardien du tertre, haut-titre chez les chasseurs de Kurnous

[3Adamman na Brionna, dieu tutélaire des Danseurs de guerre, le dieu dansant

[4sous-espèce de gor, pire que ungor, péjoratif

[5chèvre avec une maladie vénérienne



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