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Warhammer

La voie du Tarkin - part 9

mardi 25 septembre 2012, par shavy

"La campagne de Karinbolgrad est certainement la plus meurtrière que fut amener l’armée du Middenland à faire hors des frontières de l’Empire. Ce petit territoire, disputé par l’Ostland et un boyard vindicatif, n’est aujourd’hui qu’une petite vallée oubliée de tous interdite aussi bien aux morts qu’aux vivants.Un seul homme s’en est sorti vivant, mais à quel prix ? Lorsqu’il ramena la tête du nécromant qu’il avait combattu durant deux jours entiers, au graf Boris, il était accompagné de l’état-major qu’il avait ramené à la vie pour l’escorter et l’aider à se battre à ses cotés. Le clergé de Sigmar et de Moor réclamèrent sa tête, en vain . L’homme avait disparu, certainement en récompense pour service rendu."

Capitaine Von Flickenkaust de l’académie militaire d’Altdorf .

Filks Meyers regardait le trou béant et les débris de bois qui le bouchaient partiellement .Son visage droit et sévère, encadré par des cheveux noirs mi longs, n’exprimait aucune émotion particulière. C’est certainement ce qui inquiétait le plus Hugo.
Nerveusement l’halfeling triturait sa sangle de fronde, tout en jetant un œil tantôt sur l’homme, tantôt sur ses pieds poilus négligés.

« Herr Doktor » Meyers était le genre d’homme que sa réputation précédait toujours .On le disait ancien prêtre de Moor, désavoué pour ses actes de torture dépravés à l’encontre des vivants et des morts ; d’autres le connaissait comme l’ultime survivant des charniers de Karinbolgrad, mi-mort mi-vivant. Autant d’histoires qui terrifiaient le petit homme en sa présence .

Pourtant il ne payait pas de mine, ce tortionnaire supposé, alors avec le culot propre à ceux de son peuple, Hugo osa, dans un murmure, une approche optimiste de la situation.

- Z’ont du s’écraser 15 mètres plus bas, si vous voulez mon avis, mein Herr.

L’homme le regarda comme s’il le remarquait pour la première fois, avec autant d’intérêt que l’observation d’un insecte inconnu jusqu’alors.

- Non. dit-il d’un ton sec.

L’halfeling avala sa salive et hocha la tête de manière assez servile.

- C’est ce que l’on a voulu nous faire croire.

Il s’approcha d’un madrier de bois brisé, regarda le mur le plus proche et posa son regard sur le sol entourant le puits.

Il passa sa main sur le sol, la porta à son nez et en se redressant, releva la tête vers un anneau situé en hauteur.

- Allons-y, mon « patient » m’attend.

- Mais où allons–nous ? demanda l’halfeling

- Au seul endroit où les femmes de foi se croient à l’abri.


L’air libre enfin !

Les endroits exigus le mettaient toujours mal à l’aise ; il était satisfait d’être sorti de ces souterrains putrides.

L’elfe soutenait Erhin en marchant dans les ruelles sombres, en fait ils se soutenaient mutuellement .
Les avant-bras en feu, Rallane se mordait les lèvres pour éviter de hurler .Il regardait surtout la jeune femme blonde à ses côtés. Ses yeux bleus scrutaient avec une détermination impressionnante le chemin à parcourir, malgré sa démarche boiteuse, sa mise déchirée et souillée de toute la crasse d’où ils s’étaient extirpés.
Elle le remarqua.

-Quoi ?

- Non rien.dit-il s’efforcant de sourire mais ne parvenant qu’à grimacer.

-Vous voulez que nous nous arrêtions un moment ?

- Ah non ! Non ! On pourrait tomber sur le guet de nuit, ça serait pire que tout.

-Ah bon ? Pour tout vous dire, je l’espérais.

- Dans ce quartier ? Ce serait folie ! Au mieux ce sont des incapables, au pire ce sont des milices de racketteurs déguisés !

En d’autres temps, Rallane aurait été touché par sa naïveté, typiquement humaine.

- Je connais un lieu de repli, non loin de là, il réfléchit un instant, ne soyons pas trop regardant pour le moment.

A la limite du quartier de Neumarkt, ils débouchèrent sur une petite place, passage entre deux rues principales. L’elfe s’approcha d’une petite porte, peinte en rouge criard sur laquelle se trouvait une petite fenêtre entourée d’une ferronnerie en motifs de rosiers. L’elfe tapa en réprimant un juron, la trappe s’ouvrit et une paire d’yeux féminins scruta les visiteurs tardifs.

- C’est fermé, dit la voix avec un étrange accent roulant chaque consonne.

-Même pour un client fidèle ? se contenta de répondre l’elfe.

La trappe se referma, le loquet se fit entendre et le couple s’ engouffra dans le bâtiment.


La petite porte craqua sous l’impact de la brute. La silhouette massive s’y engouffra en balayant les restes du chambranle, suivi de Filks et d’Hugo. Le silence retomba sur la petite chapelle de Shallya, encombrée d’échafaudages et de madriers de soutien.

- Kurt et toi, allez vous assurer qu’il n’y a personne, se contenta de préciser Filks en se dirigeant vers l’autel .

La brute regarda le halfeling. Les deux faisaient la paire, ils se connaissaient bien et d’un hochement de tête ils se séparèrent.

Herr Doktor leva les yeux vers la statue taillée à l’échelle humaine de la déesse. Par pur réflexe, il se signa, puis caressant la main tendue par le bloc de grès taillé il le contourna pour s’intéresser à un petit escalier montant au-dessus de la nef.
Il déboucha dans ce qui semblait être un ancien pigeonnier, aménagé en chambre, en chambre d’études plutôt.

Une petite bibliothèque alternant bocaux de plantes séchés et distillés et livres de référence de plantes médicinales, une petite paillasse et une petite table sur laquelle s’étalaient en vrac livres de comptes, feuillets et nécessaires d’écriture dans un lutrin de voyage.

Il passa le doigt sur les armoiries gravées dans le cuir de ce dernier, un loup gris au pied d’une tour avec un W stylisé : la famille Von Lindberg .Il décrocha le fermoir et ouvrit le petit compartiment.

Un ensemble de feuille de vélins manuscrites, mais non calligraphiés et quelques dessins étaient soigneusement rangés. Filks les parcourut rapidement : d’une écriture soignée, des pages entières de notes en reiklandais et en runes fines et longilignes ; de l’eltharin retranscrits avec une application visible, qui ne parvenait toutefois pas à cacher la maladresse de l’auteur.

Commençant à déchiffrer les notes, son regard porta son attention sur des esquisses en marges.

Des profils longilignes d’elfe, dans divers tenues et positions, dans laquelle une silhouette revenait régulièrement, une étrange épée à son flanc.

Elle avait du talent, c’était indéniable, un sacré coup de graphite.

Il se laissait aller à contempler les croquis de ces non-humains, la prêtresse avait réussi à capter leurs aspects délétères. Un feuillet tomba sur le sol et en le ramassant, Filks se figea.


-C’est bien ce à quoi je pense ? demanda d’un ton sec Erhin.

L’elfe lui jeta un regard innocent puis outré, mais avant de répliquer il regarda tout autour de lui.

Ils étaient tous deux confortablement assis dans des fauteuils rembourrés aux couleurs criardes dans une petite pièce aux tapisseries saturés de teintes pourpres et rouges ; au mur des petites peintures, dans lesquels s’égayaient des petites silhouettes, pour la plupart féminines, dans des positions outrancières et dans le plus simple appareil.

Il porta à ses lèvres la coupe de vin que Natacha Kouliskya lui avait servi avant de s’éclipser, et savourant les arômes, fit claquer sa langue.

-Oui,répondit-il d’une voix qui aurait voulue aphone. Enfin techniquement ce n’est qu’un commerce comme un autre.

-Un commerce comme … ? Depuis quand l’asservissement des femmes, toutes prostituées qu’elles soient, est-il inscrit à la chambre de commerce ?

Elle s’était levé furieuse, jetant un regard terrible à l’elfe et à la tenue que venait de lui laisser la tenancière.

-C’est un petit peu le siège de la guilde de la profession. murmura l’elfe. écoutez Erhin, j’ai paré au plus pressé. Dame Kouliskya est quelqu’un de confiance et quand Allavandrel sera là...

- Quoi ? Sieur Fanmaris ? Il vient ici ? Mais par les dieux à quoi pensez-vous donc ?

- Il connait les lieux, peu lui chaut de vous croiser ici.

- Pourquoi lui ? Allons voir la garde, le commandant Schultzman.

- Parce que des hommes qui sont prêts à enlever une prêtresse, noble de haut rang et à tuer le ménestrel de la cour représentent un danger, trop grand pour faire confiance aux humains vénaux et ambitieux !

Erhin le regarda incrédule, prit la robe déposée et partit derrière le paravent.
Il était allé, une fois de plus, trop loin. Il allait dire quelque chose lorsque la porte s’ouvrit.

Un elfe, les cheveux attachés en arrière, de grande prestance, visage fin et anguleux, venait de rentrer.

- Rallane, je suis venu aussi vite que j’ai pu...qu’est-ce que .. Il jeta un œil au paravent et aux habits qui en dépassaient.

- Et je t’en remercie...

- Rallane, j’ai autre chose à faire que de te servir de faire-valoir. lui répondit il en eltharin, exaspéré.

Après tout il avait le titre de grand veneur du Graf, et fréquenter ce genre d’endroit, le mettait dans une position délicate, surtout depuis que sa fonction avait pris une importance vitale dans la défense de la cité.

- Je sors d’une réunion avec les middenmarshalls pour venir t’appuyer dans tes sorties débridées !

- Tu n’as pas toujours dit ça, polisson, lui répondit le ménestrel, goguenard.

- Je pars...

- Ce n’est pas ce que vous croyez, lui répondit une voix féminine sortant de derrière le paravent.

Erhin avait parlé dans un eltharin « littéraire », avec un accent middenlandais.
Elle regarda d’un air gêné les deux elfes abasourdis. Rien d’étonnant dans la tenue que lui avait laissé la mère maquerelle : une robe pourpre et noire fendue sur le côté, avec corset, ventre nue et un gilet de soie fine.

- Je suis...désolée de cette tenue …mais je n’ai visiblement pas mon mot à dire sur la garde robe...de...

- Isha ben samur mirith ! [1] se contenta de répondre Fanmaris

- Je ne te le fais pas dire, répondit Lafarel

La prêtresse était bien loin de son registre vestimentaire, ses cheveux blonds courts touchant à peine ses épaules nues et sa poitrine mise en valeur comme jamais dans cette brassière trop serré, son ventre plat souligné par ses hanches fines.

Mais les deux elfes la regardaient avec une insistance gênante, à la limite de l’obscénité selon elle.

-Dégager vos mains, lui lança sèchement Lafarel en se levant d’un bond.
Erhin le vit, surprise par ce ton autoritaire, se diriger vers elle d’un pas résolue.

- Mais...je...

- Vous ne m’avez pas tout dit ! Dégager vos mains !

Il était en face d’elle, le regard allumé d’une sourde colère.

- Vos mains !

Il lui prit les mains et découvrit son ventre nu, dégageant un singulier tatouage, non, une étrange marque de couleur noire.

Fanmaris s’était approché et se contenta de répéter « Isha ben samur Mirith ! ».


- Qu’est que c’est ? demanda timidement l’halfeling en essayant de suivre Filks.

Ils parcouraient tout trois les rues .Derrière eux, un feu naissant commençait à attaquer les toits voisins de la chapelle près des abattoirs de Flesher.
Filks regarda de nouveau le dessin qu’il avait gardé avec lui.

Il représentait sans nul doute la prêtresse, les mains autour d’un ventre rond au centre duquel se trouvait une marque en forme de dragon replié sur lui-même, autour d’un cercle rempli de symboles eltharins et en son centre une rune en forme de phénix.

- L’héritage d’Aenarion, se contenta de répondre FIlks.

Il fallait mettre la main sur la prêtresse et s’occuper de son patient elfe le plus vite possible .

Notes

[1Pure lumière de vie , un juron de stupéfaction asur



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