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Auteur :  Schmill [ Jeu 11 Mai 2006, 20:23 ]
Sujet du message : 

Quelque part, en Terres Chevelues…

C’était une de ces nuits où l’on était content d’être à l’intérieur, au sec près d’un bon feu. Dehors la pluie tombait à grosses gouttes, et tout le village avait gagné la grande salle commune. Le foyer avait été placé dans une légère fosse, creusée dans le sol de terre battue. Des fourrures avait été disposées contre les rebords, servant ainsi de bancs ou de reposoirs à l’assistance. Chacun vaquait d’un ami à un parent, passant d’un groupe à un autre. Deux vieilles maniaient dans un coin des aiguilles en os, reprisant un vieux manteau de cuir ; ailleurs plusieurs hommes du clan s’étaient assis en cercle et discutaient du temps. Un groupe de jeunes filles regardait en pouffant un des jeunes hommes de l’assemblée, tandis qu’un garçonnet courait tout autour de la salle, brandissant en trophée la poupée d’une petite fille. Celle-ci, peu impressionnée, la poursuivait avec un vieille louche ébréchée.

Le craquement assourdissant du tonnerre fit sursauter tout le monde. La porte s’ouvrit avec force, dévoilant la sombre silhouette d’un visiteur.

Il y eut un moment de flottement dans l’assistance. L’homme ôta son lourd manteau d’un geste vif, faisant cascader l’eau sur le sol. Son bras gauche tenait serré contre sa poitrine une harpe.
A la vue de l’instrument les enfants se mirent à piailler de joie, tandis que les guerriers du clan se détendaient à la vue de l’inconnu. Le couple doyen du village se leva pour l’accueillir.

- Sois bienvenu auprès de notre feu, étranger. Tu auras le pain et le toit, selon les anciennes traditions. Quelles nouvelles nous apportes-tu du monde ?
- Qu’il est encore hospitalier, tant qu’il y aura de braves gens comme vous. Mais rassurez-vous, j’apporte aussi avec moi assez de contes, de sagas, de poèmes et de leçons pour remplir votre soirée et bien d’autres encore.

L’assistance toute entière fixait l’étranger.

- Je m’appelle Endalin Ald Galen Domenil, élève des maîtres bardes de l’Ancienne, et voix du monde. J’ai dans ma besace de quoi faire trembler, rire ou pleurer ; d’apporter gloire ou honte éternelle. Quelle histoire, mes amis, souhaitez-vous entendre ce soir ?

La petite fille à la louche s’avança, laissant traîner son arme par terre.

- Moi je veux une histoire d’amour ! lança t’elle.

Un jeune homme au port fier héla à son tour le barde.

- Je préférerai une histoire de guerre, dit-il avec une moue boudeuse.

Un vieil homme impotent, plié dans une chaise, redressa la tête.

- Que les jeunes laissent la guerre où elle est ! Estimé barde, voix du monde, je veux entendre parler de quelqu’un qui a trouvé la paix…

Un homme fait, aux longues tresses et portant un poignard ouvragé au flanc, sortit à son tour du cercle.

- Endalin, voix du monde, donnes-nous une histoire vraie.

Le barde se caressa le menton, l’air méditatif. L’audience attendait maintenant sa réponse avec impatience. Le silence dura. Puis le voyageur ramena une de ses longues tresses blondes derrière son épaule avant de reprendre, l’air satisfait :

- Vous aurez tout cela en même temps, et même plus encore ! Car je vais vous conter une histoire vraie, qui prend ses racines dans la plus grande guerre que nos braves ait mené. L’amour y a bien sûr sa part, et de son côté la paix a tardé à venir, empruntant un chemin détourné…Voici, mes amis, la triste histoire du trésor de Galobel…

Sur http://labap.free.fr/SitedelaBap/Galobel1.pdf !

Auteur :  Schmill [ Sam 27 Mai 2006, 19:53 ]
Sujet du message : 

Salve!

La ML d'Etherne vient d'ouvrir, pour discuter du jeu, en avoir des nouvelles, participer à la création.

Si vous êtes intéressé, envoyez un courriel à Etherne-subscribe@yahoogroupes.fr

Auteur :  Schmill [ Mar 20 Juin 2006, 11:09 ]
Sujet du message : 

Salve!

La sortie de notre prochaine aide de jeu pdf gratos, Artes Bellonae, approche à grande vitesse.
Mercutio, l'auteur du JDRA Praetoria Prima et dessinateur sur d'autres projets, nous a fait à cette occasion quelques biauuuxx crobards...

Ceux qui vont jouer te saluent... ;)

http://img156.imageshack.us/img156/8738/missio20ww.jpg

Gzzz!!!

Auteur :  Schmill [ Dim 20 Août 2006, 17:51 ]
Sujet du message : 

Le flamine d’Euphébius, accompagné de ses deux sacrificator, plongea ses mains recouvertes de sang dans un bac d’eau. Une nappe rougeâtre se déploya dans l’onde tranquille.
Le regard du prêtre était fixé vers la plaine, où les deux armées se faisaient face. Dans quelques heures il ne resterait plus de ces hommes qu’un tas de chairs sanglantes, broyées par les ambitions des puissances de la Mer Intérieure.
- Puisse Euphébius les protéger ; souffla t’il.
- Puisse Bellone leur offrir la victoire ; reprit une voix inconnue.


***


Le Sénat avait longuement débattu de ce qu’il convenait de faire en Chalcée. Finalement il avait dépêché trois légions afin d’y ramener l’ordre et prendre la région sous sa bienveillante protection.

Le consul Derenvius avait pris la tête de l’expédition et avait aussitôt rencontré une vive opposition. Les phalanges de quatre cités achéennes lui faisait désormais face dans la plaine de Thiamis. Rangés pour la bataille, leurs hoplites s’alignaient derrière leurs riches boucliers, frappés de l’œil de Thelos ou du bouc de Nicopolis, attendant de pied ferme les cohortes de la République d’Etherne.
Le consul réunit ses légats, tribuns et préfets et jugea rapidement de la situation. Pendant que la IV° Flavia tiendrait le centre et la droite, la XIII° Gemina se regrouperait pour donner un gigantesque coup de poing sur le flanc droit de l’ennemi. Enfin, l’adversaire repoussé, elle marcherait sur les bagages.

Tout alla alors très vite.

Le légat de la XIII° Gemina regagna l’état major de sa légion et désigna la première cohorte pour mener l’assaut sur les lignes ennemies.

Le tribun de la première cohorte ordonna aussitôt à son unité de former le coin.
Après réception de l’ordre [it] l’aquilifer [/it] fit basculer sont étendard une fois en avant puis deux fois vers la gauche pour prévenir toute l’unité.
Les yeux fixés dessus, le centurion primipile ordonna aux deux premières centuries de s’aligner pour la manœuvre.
L’optione de la première manipule plaça son unité en pointe.
Le légionnaire Sextus Torquatus, vétéran de la légion, prit la place de tête.

Bientôt les bucines consulaires sonnèrent trois longues notes et l’étendard de la cohorte ordonna la marche.
Sextus s’avança, six milles hommes marchant alignés derrière lui dans un bruit sourd.

Bientôt ils ne furent qu’a deux cents pas, et les frondeurs ennemis sortirent des phalanges pour commencer à les harceler. Les balles de frondes se mirent à frapper leurs larges [it] scutums [/it], les bruits de ricochets devenant bientôt continu.
Sous cette grêle mortelle les cris de blessés commencèrent à se faire entendre. Les éclopés restèrent sur place, laissant la légion continuer sa marche implacable.
A cent pas les légionnaires virent les officiers ennemis ouvrir leurs rangs pour laisser les frondeurs s’abriter derrière eux.
La tension était à son comble. Presque instinctivement, les soldats des deux lignes se tassèrent derrière leurs boucliers.

Les trompettes du tribun sonnèrent alors la charge.

Un formidable rugissement traversa la cohorte, et Sextus se lança en avant, aussitôt suivi dans un bruit de tonnerre par les vétérans de la première cohorte.
Loin derrière eux le consul Derenvius vit le triangle parfait formé par l’unité, suivi de cinq autres cohortes. Le choc était imminent.

Le champ de vision du légionnaire se remplit bientôt d’une succession infini de boucliers de bronze et de lances pointées sur lui. Il vit les visages de ses adversaires, leurs regards tendus comme des arcs, les muscles crispés dans l’attente de l’effroyable contact.

Les deux lignes se heurtèrent dans un fracas assourdissant de bois, de métal et de chair. Les quelques secondes qui suivirent furent un chaos indescriptible. Sextus para deux lances, heurta autant de boucliers, fut blessé à la cuisse et stoppé par les corps ennemis la moitié d’une seconde, avant que le poids de cinq cents légionnaires ne le propulse toujours plus avant dans les rangs ennemis.

La bataille s’engagea. La première cohorte devrait disloquer la phalange ennemi ou l’assaut serait un échec cuisant.

***

De la colline où ils se trouvaient, le flamine et son invitée pouvait contempler l’étendue du champ de bataille. La jeune femme qui était arrivée à l’improviste était très singulière. Son grand manteau de cuir cachait à peine l’armure de cuir qui protégeait son corps, et la poignée ouvragée d’un [it] pugio [/i] dépassait de son ceinturon. Le prêtre ne douta pas un instant qu’elle appartint au culte de Bellone. Les occasions de rencontrer ce type de personnage était rare et il ne résista pas à l’envie de rompre leur silence.

- Comment un homme peut-il survivre à une telle folie sans l’aide des dieux ?
- Nul ne le peut ; répondit l’initiée. Toutefois il existe des secrets qui permettent aux élus de survivre plus longtemps en plaisant aux dieux.
- Quels sont-ils ? fit le flamine intrigué.
- Artes Bellonae, répondit énigmatiquement la guerrière.


Etherne est un jeu de rôle antique édité par La BAP et Artes Bellonae une extension gratuite, téléchargeable à l'adresse suivante:
http://espace.artemis.free.fr/public/eh ... %e9ger.pdf


Auteur :  Schmill [ Sam 30 Sep 2006, 12:04 ]
Sujet du message : 

Dotys gravit les escaliers des propylées quatre à quatre, les bras encombrés par un énorme rouleau de cuir, courant presque derrière son maître pour le rattraper.

Deux hoplites de la Phalange d'or gardaient les massives portes de bronze du conseil des trente. Ils relèverent leurs lances en un salut martial en aperçevant le maître du jeune homme, habitué des lieux.

Le jeune Dotys pénétrait pour la première fois dans ce saint des saints, l'acropole vénérée où Sokalès l'ancien révéla à ses disciples les grands principes de la Raison. Depuis la simple colline s'était transformée en un gigantesque conservatoire dédié à la connaissance, aux couloirs remplis de papyrus achéens, de tablettes sassanides, d'animaux empaillés du continent noir ou d'étranges artefacts témoins des superstitions de peuplades lointaines. Les esprits les plus brillants d'Artésia s'y réunissaient en un conseil redoutable et fameux, appelé les Trente.
De là il dirigeait le rayonement de la Raison sur un monde encore en proie à l'obscurantisme religieux.
Chacun des précepteurs qui oeuvrait dans le monde savait que sa tâche d'éducation dépassait le simple cadre de la culture pour entrer dans celui bien plus puissant de la Logos, le verbe constructeur. Celui qui détient la connaissance à le pouvoir de redessiner le monde.
Voilà précisement ce que Dotys s'apprêtait à faire avec son maître, après dix ans de recherches intense à travers toute la Mer Intérieure.

Enfin les grands portes du conseil furent franchis, et les deux précepteurs entrèrent cérémonieusement dans sa riche enceinte. Les Trente vénérables étaient bien là, jetant des regards attentifs aux deux hommes, qui appuyés sur de solides cannes, qui tenant près de lui ses documents fétiches ou le texte de allocution qu'il s'apprêtait à faire.

Le maître de cérémonie s'approcha des deux hommes et frappa le sol de sa canne, lançant la phrase rituelle:

"-Quelle connaissance apporte tu au conseil, sage d'Artesia?"

"-J'apporte le monde!" lança le maître, tout en faisant signe à Dotys.

Celui-ci déroula aussitôt le lourd rouleau de cuir sur le sol, révélant une immense carte des Terres Intérieures.

Les Trente sourirent.


La carte des Terres Intérieures est téléchargeable au: http://www.labap.com/SitedelaBap/carte_ETHERNE.pdf
[/i]

Auteur :  Schmill [ Ven 15 Juin 2007, 18:50 ]
Sujet du message : 

-Courage maître, nous y sommes presque!

Presque. Voilà bien un mot que Balbus ne supportait plus. Cela devait bien faire trois jours qu'ils étaient presque arrivés au col. Cette destination maudite semblait toutefois toujours s'éloigner au dernier moment, repoussant le délicieux instant où les caravaniers n'auraient plus à monter mais bien à descendre la pente.
En attendant chacun de ses pieds lui semblait aussi lourd que du plomb, et chaque pli du terrain révélait plus loin un nouveau rempart de pierre à gravir, toujours plus haut. Et toujours plus froid.

Comment en était-il arrivé ici?

Balbus se rappela avec douleur le confortable triniclium d'été de son oncle, ses vignes courant sur les tonnelles, le doux gloussement des bassins, le parfum des fleurs, les courbes agréables des servantes ... et l'horrible entretien qui l'avait jeté sur les routes de l'incertitude et, accessoirement, de ces abjectes montagnes.
Son cher parent, patriarche de la famille et sénateur de son état, l'avait doucement rappelé à ses devoirs. Il ne devait pas oublier que la famille passait avant tout, et que la déchéance de celle-ci engagerait tous ses membres. Que leurs ennemis guettaient le moindre de leur faux pas, et que ses petits plaisirs d'enfants devaient cesser pour qu'il rende enfin à sa gens une partie des efforts qui lui avaient été consacrés.
Les périphrases moralisantes avaient rapidement fait place à du concret. Dans la famille on ne perdait jamais de vu ses objectifs. Ou plutôt l'unique objectif: l'argent.
Balbus devait donc être le fer de lance d'une nouvelle aventure du clan : ouvrir de nouvelles relations commerciales avec l'Orient, et tout particulièrement le grand empire sassanide. Il était jeune, dispensable, et par dessus tout son lien parental était assez distant avec son "oncle", qui n'en portait que le nom, pour qu'il ne fut pas considéré au yeux de la loi comme un membre du clan sénatorial. La seule chose qu'il fallait retenir ici était "aux yeux de la loi", la spéculation et l'activité commerciale étant jugé indigne des sénateurs, et donc interdite. Il ne fallait même pas penser à envoyer un affranchi à sa place : "Bien trop dangereux" avait assené son oncle. Il voulait garder le secret absolu sur cette affaire, tant les précédentes avaient misérablement échoué par la faute d'indiscrétions, toutes au profit des familles adverses.

Bref, lui avait le droit de d'ahaner sur les sentes rocailleuses et dans l'air sec et glacial de ces montagnes infernales. Pour tout dire jamais il n'avait vu avant de tels sommets. Les premiers jours il avait été plongé dans une admiration mâtiné de frayeur en découvrant ses remparts de granite, ses abîmes sans fond, ses torrents fougueux et ses pics acérés couronnés de neiges éternelles. Un tel paysage ne pouvait qu'être habité des dieux eux-mêmes.
Mais au fur et à mesure de sa marche son regard s'était peu à peu arraché à cette contemplation. D'abord il ne vit plus que le sentier et son inimitable alternance de pierres et de crottes de chèvres, pour finalement fixer le lent et lourd ballet de ses pieds sur la rocaille. Son esprit même s'était arraché à toutes considérations trop complexes pour n'épouser plus que le rythme monotone de sa marche.

-Voilà maître, le col; l'interrompit simplement son guide.

Le mot fit lentement route dans l'esprit de Balbus. Le col. Ce n'était donc pas une destination mythique, une allégorie de sa mort! Cette interminable marche lui avait presque fait oublié la réalité de cette destination...
Un sursaut d'énergie irrigua soudain les jambes du Latin, et il se mit à marcher avec entrain vers le passage désormais proche, discret passage ouvert entre deux massifs titanesques.
Alors, petit à petit, l'horizon de glace et de rocs qui l'avait accompagné depuis le début s'inclina enfin pour laisser place à un nouveau monde. Les derniers pas de son ascension laissèrent apparaître loin en contrebas une vallée verdoyante, parcourue par un mince serpent bleu aux reflets argentés.
C'est à peine si Balbus se rendit compte de la présence d'un relais sur le col, et d'un groupe s'approchant de leur caravane. Son guide partit aussitôt à leur rencontre et échangea une série de mots brefs et rapides avec eux.
Le Latin se rendit compte soudainement de leur présence et nota avec inquiétude leurs armes; lances, poignards et casques de laitons.

-Que disent t’ils?
-Ce sont les gardes-frontières, maître. Ils nous souhaitent la bienvenue en Hayastan.

Les mots pénètrent Balbus de tout leur sens. L'aventure commençait vraiment pour lui et sa caravane.

Roi des rois: Hayastan est une nouvelle aide de jeu pour Etherne disponible ici: http://labap.free.fr/SitedelaBap/hayastan2a.pdf

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