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| Praetoria Prima |
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| Mer 30 Nov 2005, 19:54 |
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Je vais télécharger ça et me pencher dessus à tête reposée mais, après avoir lu ça en diagonale, ça m'a l'air pas mal du tout.
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| Mer 30 Nov 2005, 20:49 |
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C'est gentil...
Surtout, si vous êtes traumatisés par de grosses fautes, ou par une erreur flagrante de mise en page, de point de règle, ou de quoi que ce soit, hésitez pas. Par contre, niveau historique, j'ai pris quelques libertés avec la véritable histoire des Prétoriens ; vous aurez un truc historiquement juste, mais pas scientifiquement rigoureux. |
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| Jeu 01 Déc 2005, 17:51 |
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Mercutio a écrit Par contre, niveau historique, j'ai pris quelques libertés avec la véritable histoire des Prétoriens ; vous aurez un truc historiquement juste, mais pas scientifiquement rigoureux.
Que veux-tu dire? Au risque de passer pour un crétin, je ne comprends pas... Si c'est historiquement juste, c'est avéré, donc il n'y a pas vraiment de libertés prises, non? Scientifiquement rigoureux... ça dépend de tes recherches surtout, mais je pense qu'elles ont été assez sérieuses. |
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| Jeu 01 Déc 2005, 18:41 |
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Ben disons que tous les trucs dont je parle ont existé dans l'histoire de Rome, et ont été telles que je les décris. Par contre, j'ai pas été rigoureux dans leur évolution. Je limite le nombre de cohortes à Rome à 3, alors que dès Tibère elles sont 9 en ville ; je case les cohortes urbaines à l'écart, alros que jusqu'au 3ème siècle elles sont dans les Camps Prétoriens ; bref, j'ai pris quelques libertés avec le temps historique.
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| Jeu 01 Déc 2005, 18:49 |
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Oui, un peu de libertés historiques, mais bon, pas de gros boulerversements chronologiques, juste quelques inexactitudes sans toucher à la cohérence. Pas trop grave.
Ce n'est pas totalement la vérité historique, mais bon, c'est un JDR. On n'a pas bousillé "les rois maudits" parce que ce roman historique était inexact, justement parce que c'est un roman. À ce propos, ça avance, ton petit article? Simple question, hein... |
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| Ven 02 Déc 2005, 09:49 |
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Ca avance... Le travail sur Praetoria m'a permis de me remettre à jour. J'aurai 2 parties : l'armée extérieure et l'armée intérieure à Rome. Pour chacune, je ferai un aperçu de la hiérarchie, de l'armement, des attributions et de la vie quotidienne. Voilà !
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| Ven 02 Déc 2005, 15:46 |
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Prends ton temps, surtout, et n'hésite pas à fournir quelques images... Tu as la gentillesse d'écrire, je ménagerai donc mes rares rédacteurs, même si ma frustration due à mes résultats de Grec me pousserait plutôt à me défouler sur le premier prof de langues anciennes qui passe.
Bonne chance pour ton jeu de rôle amateur, en tout cas. Tu penses pouvoir commencer des parties-tests dans combien de temps? |
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| Ven 02 Déc 2005, 15:58 |
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Noël !!!!
Je vais tester ça avec LNA et ma petite soeur. J'ai déjà un scénar de prêt, qui me trotte dans la tête depui 1 an et demi, et je pense le mettre en annexe du JdRA. |
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| Ven 02 Déc 2005, 16:01 |
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Oh, tu as une petite soeur... En prépa, c'est ça?
Et quel sera le sujet du scénario auquel tu réfléchis depuis tant de temps? |
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| Ven 02 Déc 2005, 16:11 |
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[mode chasseur ON]
darkbaron a écrit Oh, tu as une petite soeur... En prépa, c'est ça? Target Locked.
[/mode chasseur] Tu es incorrigible darkbaron... :roll: |
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| Ven 02 Déc 2005, 18:36 |
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Laisse ma ptite soeur à peine sortie de l'enfance en paix, barbare !
Bref, le scénar... Ha non, je peux pas en parler, LNA est foutue de passer par là. Heureusement que j'y pense ! |
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| Ven 02 Déc 2005, 19:36 |
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Je me réjouis d'avoir le temps de lire tout ça !
D'autant que je suis actuellement un cours sur le haut empire. |
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| Ven 02 Déc 2005, 20:34 |
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Mercutio a écrit Laisse ma ptite soeur à peine sortie de l'enfance en paix, barbare !
Bref, le scénar... Ha non, je peux pas en parler, LNA est foutue de passer par là. Heureusement que j'y pense ! Oh, mais ma question était parfaitement innocente! Sinon, pour ton scénar, tu peux m'en parler en PM... |
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| Sam 03 Déc 2005, 13:10 |
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Mouais, en fait je peux le faire ici... LNA n'a aucune chance de passer par là, et au cas où... NE LIS PAS LA SUITE !
Ha mais. Le scénario se déroulera en Gaule, en plein hiver, à proximité de Gergovie, sous le règne de Tibère. La décurie des joueurs est envoyée sur place, dans un camp fortifié permanent, pour enquêter sur la disparition d'un Centurion. L'affaire a laissé la légion IX Gallica sans direction, à part ses econds qui gèrent comme ils peuvent l'agitation des légionnaires et les murmures de la population locale. Les dirigeants provisoires du camp n'ont pas l'air joyeux de voir débarquer chez eux la garde rapprochée impériale, et sont donc peu enclins à la collaboration, arguant que l'Empereur n'aurait pas dû se séparer de ses meilleurs hommes pour une affaire dont ils n'allaient pas tarder à élucider le problème. Mais en enquêtant, les Prétoriens découvriront que la disparition du Centurion n'est pas le premier cas dans la légion. D'autres hommes ont déjà disparu, sans que le Préfet local ait jugé bon d'en référer à ses supérieurs. Le Centurion étant un officier important, il a été difficile de ne pas prévenir les autorités... Les recherches montrent qu'il avait de très bons rapports avec ses hommes, et que ceux-ci commencent à s'échauffer, considérant que Rome tarde à trouver son meurtrier ou à le remplacer. Ils apprennent également que la situation est tendue à Gergovie : depuis quelques mois, les patrouilles ont eu à faire à diverses escarmouches avec des bandes de guerriers gaulois isolés. Il est donc possible que ceux-ci soient à l'origine des disparitions... L'enquête des Prétoriens, cependant, semble vraiment géner le Préfet de Gergovie. Sous des dehors affables, ils s'aperçoivent rapidement qu'il leur cache quelque chose. C'est pire encore quand en sortant d'une entrevue avec lui, qu'il avait demandé pour savoir s'ils avaient trouvé "le fils de chien qui s'en prend à la grandeur de Rome en faisant disparaître ses glorieux fils", ils sont attaqués de nuit par un groupe de Gaulois, qui se révèle ne pas même savoir qui ils attaquent et avoir reçu une grosse somme en deniers de Rome pour leur agression. Suivre le Préfet, ou l'un de ses hommes, révélerait des rapports louches avec des représentants gaulois, dans une auberge. Les soupçons semblent se préciser encopre, mais sans preuve de l'implication de ce personnage officiel, impossible de l'accuser publiquement : à Rome, pour attaquer un représentant de la Ville, il vaut mieux être sûr de son coup... La suite plus tard ! |
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| Sam 03 Déc 2005, 13:18 |
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Une enquête fort intéressante, en effet...
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| Jeu 08 Déc 2005, 12:05 |
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Bon, c'est pas la suite de l'enquête, mais de nouveaux développements sur les prières.
D'abord le syncrétisme, avec les dieux égyptiens et gaulois donnant accès aux prières des dieux romains ; puis quelques dieux mineurs ; enfin, l'étude des cas particuliers que représentent les monothéistes et les athées. Dieux étrangers : Les Prétoriens ne sont pas forcément de culture latine, et peuvent tout à fait croire en des dieux différents de ceux présentés ci-dessus. Mais les Romains pratiquaient le syncrétisme, c’est-à-dire qu’ils ont assimilé les dieux étrangers en les mêlant aux leurs ; de ce fait, les dieux des autres cultures ont accès aux mêmes prières, même si elles ne correspondent pas toujours complètement. Egypte : La religion égyptienne est très complexe, et les dieux ont parfois vu leurs attributions se mêler allègrement. En revanche, leur assimilation s’est très bien passée : rapidement, ils ont été acceptés dans le panthéon romain, parfois sou leur propre forme originelle. C’est le cas d’Isis, déesse mère qui s’est parfois rapprochée d’un culte monothéiste. Les prêtres égyptiens sont souvent issu de riches familles, et sont très respectés dans leur pays d’origine. Ils sont souvent très érudits, et maîtrisent la difficile écriture hiéroglyphique (littéralement, “écriture sacrée”). Amon : dieu à tête de bélier, avec généralement un disque solaire sur la tête, il est considéré comme le roi des dieux. Assimilé à Jupiter. Anubis : dieu à tête de chacal qui conduisait les âmes en Enfer. Assimilé pour cette raison à Mercure. Bastet : déesse très discrète à tête de chat, elle est très ambivalente : à la fois protectrice et meurtrière, maternelle et destructrice. Elle n’a été assimilée à aucun des dieux romains, mais ses prières, visant aussi bien à la discrétion pour la survie qu’à la destruction de l’ennemi la, rapprochent de Diane. Horus-Rê : dieu à tête de faucon, régnant sur le ciel et symbolisant le soleil. Assimilé pour cette raison à Apollon. Ptah : dieu à tête d’ibis, patron des scribes, des artisans et de l’intelligence. Assimilé à Héphaïstos par les Grecs et à Vulcain par les Romains, il se rapproche dans les faits de Minerve au niveau des prières. Sekhmet : déesse à tête de lion, chargée de détruire les ennemis du soleil. Elle a un certain nombre d’attributs qui la rapprochent de Mars. Gaule : Les dieux gaulois sont excessivement nombreux, même pour les Romains qui en avaient déjà un bon nombre. Leur assimilation s’est parfois faite avec quelques difficultés, et certains dieux ont ainsi continué à exister parallèlement, en n’étant adorés qu’en Gaule. Le prêtre de religion gauloise prend le titre de druide en privé, même s’il se présente devant les Prétoriens comme un simple Vates. Il a en revanche un savoir généralement très complet sur la nature, et connaît les plantes et leur pouvoir ; il peut également être un forestier accompli, ainsi qu’un très grand érudit, les druides étant chargés en Gaule de l’éducation des enfants. Sur les quelques 500 dieux que compte la religion celtique pratiquée par les Gaulois, seuls cinq seront décrits ici, et encore cette description ne sera-t-elle que succincte, pour ne pas entrer dans des détails fastidieux. BELENOS : dieu de la médecine et du soleil. Il représente le principe de la lumière, et son culte se base sur de grands feux allumés pour l’honorer. Assimilé à Apollon. BELISAMA : grande déesse reine, compagne de Belenos, elle est une déesse guerrière mais réfléchie. On l’a assimilée à Minerve. Cernunnos : dieu de la chasse, adoré en masse en Gaule. Souvent représenté avec des bois de cerf, il conduit tous les ans, à la fête de Samhain, la Chasse sauvage, sortant des Enfers et de la forêt pour les chasses hivernales. Il disparaît tous les solstices d’été pour revenir à ceux d’hiver. Assimilé à Diane pour les prières, même si les Romains n’ont jamais fait ce rapprochement pour des raisons de sexe. LUGH : dieu majeur de Gaule, adoré sur l’ensemble du territoire, il règne sur le commerce mais aussi sur le principe d’unité (lumière et obscurité, vie et mort…). Assimilé à Mercure par César. ESUS : dieu de la guerre et de la mort violente, il est destructeur et coléreux. Il est tout naturellement assimilé à Mars. TARANIS : dieu du ciel, du tonnerre et de la foudre, il est d’essence royale. Il est assimilé à Jupiter. Dieux mineurs : Ces dieux, quoique importants et respectés, sont des dieux qui apparaissent comme secondaires aux hommes de la Praetoria. Ils ne peuvent donc pas être choisis comme divinités tutélaires, mais leurs prières sont néanmoins accessibles. LES PENATES : Dieux protecteurs de la familles, il accompagnent les Romains tout au long de leur vie. Tout foyer, toute demeure, possède un petit autel qui leur est dédié, et sur lequel il faut leur rendre hommage quotidiennement. Manquer à ce devoir deux jours de suite entraînerait automatiquement la perte d’un point de Pietas, qui se reproduirait chaque jour supplémentaire sans hommage. Une seule prière leur est associée, dans laquelle le Romain appelle l’aide de ces dieux sur la famille et la maison. Effets : +3 à toute action visant à protéger sa famille ou à la tirer d’une situation critique. Difficulté : 13 / 19 Durée de la prière : 1 tour Durée de l’efficacité : la scène FORTUNA : Déesse de la chance, souvent représentée les yeux bandés, elle accorde son soutien aux hommes de la façon la plus inconstante qui soit. La roue est son symbole, représentant la façon dont la chance tourne, et elle tient une corne d’abondance, rappelant les bienfaits qu’elle apporte. Pour les Prétoriens, une prière à Fortuna en situation critique n’est jamais à négliger. Mais la chance tourne trop souvent, et elle ne s’attarde jamais longtemps sur la même personne : si la prière est réussie, elle ne peut être réutilisée dans le scénario. Forcer la Fortune : le Prétorien inspiré par la déesse apprend à forcer la chance : il fait tellement tout pour réussir que ses succès semblent dus à Fortuna. Effets : une fois par scénario, +4 à une action dont la difficulté dépasse 20. Difficulté : 13 / 19 Durée de la prière : immédiate Durée de l’efficacité : une action Le cas des dieux uniques... L’Empire romain connaît déjà les religions monothéistes, qui recouvrent plusieurs catégories. D’une part, les dieux réellement uniques. Ils sont adorés par les Chrétiens et par les Hébreux, et ne sont pas issus d’un panthéon originel. C’est le cas également de Mithra, divinité solaire importée en occident des pays moyen-orientaux, et dont les fidèles sont organisés en sociétés secrètes. D’autre part, on a les dieux issus de religions polythéistes, qui ont suffisamment prospéré pour prendre le dessus sur leurs semblables. Ainsi Isis, déesse égyptienne dont le succès est tel qu’elle à supplanté tous les autres pour devenir la Déesse Mère universelle. Pour ces dieux omnipotents, il n'existe pas de prière affiliée. Prendre comme dieu tutélaire Isis ou Yahvé donne donc accès à l'intégralité des prières ; mais le bonus habituellement lié à la présence d'une tutelle est de 1, et non de 3, car l'essence de la divinité est bien moins aisée à saisir pour le commun des mortels. En outre, un prêtre monothéiste essayant d'utiliser sa prière sur des Prétoriens “païens” doit augmenter de 2 la difficulté collective de la prière invoquée. Enfin, chaque dieu implique un certain nombre de lois à suivre pour ne pas régresser en Pietas. Un Hébreu ne devrait jamais manger de nourriture qui ne soit pas casher, un Chrétien doit respecter les prières, se faire baptiser, et suivre les fêtes religieuses, les adorateurs de Mithra doivent l'invoquer 3 fois par jour... Bref, être monothéiste implique un certain nombre de contraintes que n'ont pas les adorateurs polythéistes. Ce à quoi s'ajoute la réputation parfois bien négative dont jouissent les fidèles : les Chrétiens, surtout, ont l'immense défaut de refuser de prêter serment à l'esprit divin de l'Empereur, arguant que seul Dieu est divin, ce qui les rend suspects aux yeux de la nation. Par ce refus, ils ne reconnaissent pas l'autorité du Prince, et on considère souvent qu'ils sont des traîtres en puissance... Etre Athée. Quelques rares cas d'intellectuels éclairés sont athées, à Rome. Ils considèrent les mythes comme des fables bonnes pour éduquer le peuple et les enfants, mais ne s'abaissent pas à croire. Ces personnes, très rares, n'ont donc aucune chance d'apprendre la moindre prière, et ne peuvent pas non plus être perméables aux prières d'un prêtre. Cela peut-être un avantage face aux prières agressives, mais présente également l'inconvénient majeur d'empêcher toute inspiration : l'athée doit chercher sa force au fond de lui, et non au fond de sa foi. Sa Pietas est également un problème : il n'a aucune occasion de progresser dans cette qualité par son attachement aux dieux, et doit donc se rattacher à sa patrie et à sa famille plus encore que les autres. |
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| Ven 09 Déc 2005, 23:54 |
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Mercutio a écrit Bon, j'ai fini mon processus de création. Ca donne ça :
Certains prêtres d’Apollon ont de puissantes capacités de guérison, alors qu’on a vu des suivants d’Arès se jeter au combat avec frénésie, pris d’une rage sanguinaire. Mars Je trouve l'idée même rafraîchissante. Ca fournit des idées exploitables en dehors même de l'histoire romaine au sens strict (je ferais bien jouer des prétoriens dans un monde D&D moi, je suis sûr que mes joueurs apprécieraient).[/b] |
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| Lun 12 Déc 2005, 23:27 |
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C'est corrigé !
Sinon, petite nouvelle d'intro, pour présenter les archétypes, l'ambiance et le type de missions jouables. J'espère que ça vous plaira... Pertinax se pencha sur les rapports qu'on lui avait apportés. « Ainsi donc, tes conclusions sont formelles. Amaelius semble bien comploter contre l'empereur... » Il déroula un parchemin, et le parcourut des yeux. « Déplacements fréquents à Suburre... On a vu les sénateurs Ahenobarbus et Scipio chez lui... Ce sont les plus virulents opposants au Prince au Sénat. Ça se précise toujours plus. » Vivax, toujours au garde-à-vous, prit la parole. « Oui, Décurion. Je suis convaincu de sa culpabilité. Mais ainsi que tu le vois, je n'ai encore réussi à ramener aucune preuve qui pourrait décider le Préteur à s'occuper vraiment de son cas. Tant que je n'aurai rien, il continuera à sévir et à tenter de répandre la sédition. » Pertinax hocha la tête. Cela faisait dix ans désormais qu'il faisait partie de la Praetoria Prima, et il savait que l'on ne faisait pas n'importe quoi avec la vie des citoyens... Surtout quand ledit citoyen était un puissant patricien, membre éminent du Sénat, et possédant ses entrées au palais de Caligula. Il jeta un dernier regard sur les dossiers de son Emissarius et soupira. « Tu as raison. Je vois ici qu'il est invité à une fête ce soir, avec Ahenobarbus et Scipio. Prends le reste de la Décurie, et rends-toi sur place. Infiltrez-vous, mêlez-vous aux invités si vous le pouvez ; sinon, contentez-vous d'entrer et d'espionner. Si vraiment ils ont prévu de passer à l'action, ils en profiteront pour faire venir les autres membres du complot ; essayez d'identifier ces personnes. Prêtez une attention toute particulière aux plébéiens qui seront venus : essayez de savoir s'ils viennent de Suburre ; nous nous débrouillerons pour savoir qui ils sont, et s'ils sont connus de nos services. « Essayez d'être discrets : Amaelius ne doit pas savoir que nous le surveillons. Au besoin, faites disparaître les esclaves qui vous auraient repérés, mais surtout, ne vous en prenez pas aux Patriciens... Je n'ai pas envie d'avoir le Duodecimvirat sur le dos. » Le décurion se leva, et roula les parchemins. Il posa la main sur l'épaule de Vivax. « De mon côté, je prends Stylus avec moi. C'est un bon Orator, et il m'aidera à convaincre le Préteur de la culpabilité d'Amaelius. Nous allons lui parler et essayer de le lui faire comprendre ; mais sans votre travail, nous ne pourrons rien. » Vivax salua, et regarda son supérieur quitter le bureau. Alors seulement, il se mit en devoir de réunir ses compagnons. Vellaunos fit quelques moulinets avec son glaive. Face à lui, Polycratos essayait de suivre, priant pour survivre à sa leçon d'escrime. Médecin de formation, il espérait progresser rapidement afin de se sortir des situations périlleuses sans avoir à se soigner lui-même ; mais son entraîneur était un ancien gladiateur gaulois, un Mirmillon pour être exact, et il ne lui faisait pas de cadeau. Vellaunos lança son arme vers le flanc du Grec. Celui-ci interposa son glaive, parant le coup, mais la puissance avec laquelle il avait été porté le déstabilisa. Il tituba, se redressa, et eut juste le temps de bloquer une attaque qui venait du haut. « Par Zeus, Vellaunos ! Tu vas me tuer ! » – Cesse de gémir ! Défends-toi ! – La peste soit des Gaulois et de leurs méthodes de barbares !, grommela Polycratos en esquivant une nouvelle attaque. Et vous vous prétendez civilisés ! Le coup suivant le fit vaciller. Avec un cri de rage, il bascula en arrière et s'effondra au sol, accompagné par le cri de victoire de son adversaire, qui pointa son glaive vers lui. « Tu mériterais que je te fasse ramper à mes pieds pour excuser ce que tu m'as dit », grogna le Gaulois. – Voyons, Vellaunos... Où est passé son sens de l'humour ?, hasarda Polycratos, un sourire forcé sur les lèvres. – Il l'a laissé au fond des geôles du Cirque Maxime, je le crains, répondit avec le plus grand sérieux Vivax, qui entrait dans la salle. Je viens avec des ordres de Pertinax. Mettez vos plus belles toges, nous sortons ce soir ! La villa de Domitius Divis Ahenobarbus faisait partie des plus belles demeures de Rome. Bâtie en marbre blanc venu de Carrare, elle faisait la fierté de son propriétaire et l'admiration de ses voisins. Sa taille peu commune l'avait exclue de l'intérieur de Rome, mais même dans les champs Torquatiens de l'est de la Ville, elle semblait démesurée. Caché dans les arbres qui bordaient les murs extérieurs de l'endroit, Vivax observait les allées et venues. En tant qu'Optione, il avait la responsabilité de la Décurie en l'absence du Décurion... Il se remémora rapidement les rôles des autres membres. Polycratos venait de réussir à entrer ; il avait fallu lui trouver une invitation, et le faire inscrire sur les listes des convives, mais il était à présent officiellement le bienvenu en tant que Grec érudit. Vellaunos avait réussi à pénétrer dans les cuisines, où il se faisait passer pour un esclave dédié au service : avec la centaine d'invités et les dizaines de plats préparés pour l'occasion, personne ne remarquerait un énième serviteur gaulois. Cela lui permettrait de passer entre les personnalités présentes sans attirer la méfiance. Le dernier membre de la Décurie, le prêtre de Mercure Laureus, avait un père sénateur; le faire accepter n'avait pas été compliqué. Face à quelqu'un de leur condition, les membres du sénat seraient plus enclins à la confidence... Vivax, pour sa part, devait attendre que les invités soient tous réunis dans le jardin. Ses talents d'acrobate et de grimpeur devaient lui permettre de gravir le mur d'enceinte et d'accéder à la fenêtre du premier étage ; de là, il devait profiter de ce que tous les esclaves étaient réquisitionnés au repas pour visiter les bureaux d'Ahenobarbus. Vivax fit jouer dans sa main la lame de son glaive. Si tout se passait comme prévu, il n'aurait pas à s'en servir, et tout le monde s'en sortirait sans problème. Il vit la foule converger vers les enchanteurs plans d'eau du jardin. Il sauta au bas de son arbre, et en quelques gestes agiles, fit l'ascension du mur de la villa. La fenêtre était ouverte en ce mois d'août, et il la poussa sans bruit ; se faufilant à l'intérieur à la manière d'un chat, il balaya l'étage du regard, et repéra l'emplacement du bureau personnel du sénateur. Passant d'ombre en recoin, il vérifia l'absence de personnel, et poussa la porte. Fermée, comme de bien entendu. Sortant de sa tunique un crochet de bronze, il tritura la serrure. Le fer lui semblait faire un bruit d'enfer pendant qu'il travaillait, mais il savait que ce n'était qu'une impression. Il marmonna une prière à Mercure, lui demandant de le soutenir dans cette opération, et enfin le pêne céda. Avec un clic sonore, la porte s'ouvrit. Vivax jeta un rapide coup d'oeil à l'intérieur et s'assura qu'il ne s'était pas trompé de salle. Puis il entra, et commença à fouiller consciencieusement les rouleaux d'archives du sénateur Ahenobarbus. Comme d'habitude, rien ne s'était passé comme prévu. Vellaunos ignorait ce qui avait exactement raté : un esclave qui essayait de tirer au flanc était semble-t-il monté à l'étage pour se reposer en cachette, et était tombé sur un intrus. Celui-ci l'avait fait taire, mais pas avant que le serviteur avertisse la milice du sénateur... Le Gaulois leur avait filé le train, invisible dans la confusion. Quand il était arrivé à l'étage, les miliciens étaient massés à une fenêtre ouverte. Ils vociféraient, et l'un d'eux lançait un javelot sur un fuyard. Vellaunos avait immédiatement reconnu la voix de Vivax dans le cri de douleur qui avait retenti, et n'avait pas hésité un instant. La combat avait été bref. Ils l'étaient toujours, avec l'ancien Mirmillon. Il savait que l'élément de surprise était essentiel, et que si on laissait retomber celui-ci retombait, on laissait à l'ennemi l'occasion de montrer ce qu'il savait faire. Quand Vellaunos avait sauté par la fenêtre, deux miliciens gisaient inconscient à l'étage, un troisième regardait de ses yeux vides le sang s'écouler de son abdomen, et le quatrième gisait au bas du mur, tel un pantin désarticulé. Il rattrapa sans peine l'Emissarius, et le chargea sur son épaule. Il ne se faisait pas de souci pour les deux autres : mêlés à la foule, ils n'étaient pas soupçonnables. Avec un peu de chance, l'événement affolerait les conjurés, qui commettraient des erreurs – des erreurs que ne laisseraient passer ni le prêtre, ni le médecin. Le Gaulois n'espérait qu'une chose : que Polycratos soit assez rapide pour rentrer au Camp et retirer la pointe de fer encore plantée dans l'omoplate gauche de Vivax. « Tu as de la chance : je suis le meilleur médecin de tout Rome. Sans moi, tu y passais certainement ! » Polycratos exhibait avec fierté une pointe de javeline ensanglanté. L'opération n'était pas complexe, mais il avait toujours peur avec l'omoplate : le coeur, siège du souffle vital, était très proche. « Heureusement, Apollon te protégeait, Vivax ». Laureus avait prié le dieu guérisseur pendant que Polycratos opérait. Jamais le Grec ne le reconnaîtrait, mais il s'était senti soutenu par les paroles du prêtre, et n'avait eu aucun mal à retirer l'objet. Réprimant une grimace de douleur, l'Emissarius se tourna vers Vellaunos. « Tu as pu récupérer les dossiers que j'avais prélevés ? Ils donnent la liste des rendez-vous pris par Ahenobarbus, Aemilius, Scipio et d'autres opposants à César. Il y a même une recette de poison écrite en grec ! Avec ça, nous aurons de quoi prouver la culpabilité d'Aemilius, et le Préteur prendra les décisions qui s'imposent ! » – Pertinax est déjà parti avec. Lui et Stylus ne devraient pas avoir de mal à convaincre le Préteur qu'il faut éliminer Aemilius, ou au moins le ramener à de meilleures dispositions. – Oui, murmura Laureus. Et pourtant, comment lui en vouloir ? Caligula est tellement... si peu... – Je sais, Laureus, répondit Polycratos, tout en nettoyant ses instruments. Mais ce n'est pas à nous de juger César. Il rangea avec délicatesse ses couteaux dans sa trousse. – Le Duodecimvirat fera ce qui est juste. Prions seulement pour qu'Athéna les inspire correctement... |
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| Lun 12 Déc 2005, 23:41 |
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Très sympa ce petit texte. C'est agréable à lire et ça donne bien une idée de l'ambiance recherchée.
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| Mar 13 Déc 2005, 11:46 |
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Ben je suis content que ça te plaise ! Encore mieux si tu trouves qu'on voit bien l'ambiance... En fait, un court récit en dit plus que des pages de règles et de background !
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