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| Auteur : | Ubblak [ Lun 14 Nov 2005, 22:34 ] |
| Sujet du message : | La Vieille Garde -épilogue |
Je plains le temps de ma jeunesse, Auquel j'ai plus qu'autre gallé Jusqu'à l'entrée de vieillesse, Qui son partement m'a celé. Il ne s'en est à pied allé, N'à cheval ; hélas ! comment donc ? Soudainement s'en est volé, Et ne m'a laissé quelque don. Allé s'en est, et je demeure Pauvre de sens et de savoir, Triste, failli, plus noir que meure, Qui n'ai ni cens, rente, n'avoir ; Des miens le moindre, je dis voir, De me désavouer s'avance, Oubliant naturel devoir, Par faute d'un peu de chevance. Si ne crains avoir dépendu Par friander ni par lécher ; Par trop aimer n'ai rien vendu Qu'amis me puissent reprocher, Au moins qui leur coûte moult cher. Je le dis et ne crois médire ; De ce me puis-je revencher : Qui n'a méfait ne le doit dire. Bien est verté que j'ai aimé Et aimeraie volontiers ; Mais triste coeur, ventre affamé Qui n'est rassasié au tiers M'ôte des amoureux sentiers. Au fort, quelqu'un s'en récompense Qui est rempli sur les chantiers ! Car la danse vient de la panse. Hé ! Dieu, si j'eusse étudié Au temps de ma jeunesse folle Et à bonnes meurs dédié, J'eusse maison et couche molle ! Mais quoi ? Je fuyaie l'école, Comme fait le mauvais enfant. En écrivant cette parole, À peu que le coeur ne me fend. Le dit du sage trop lui fis Favorable (bien en puis mais !) Qui dit : " Éjouis-toi, mon fils, En ton adolescence " ; mais Ailleurs sert bien d'un autre mes, Car " Jeunesse et adolescence " C'est son parler, ni moins ni mais, " Ne sont qu'abus et ignorance. " Mes jours s'en sont allés errant Comme, dit Job, d'une touaille Font les filets, quand tisserand En son poing tient ardente paille : Lors s'il y a nul bout qui saille, Soudainement il le ravit. Si ne crains plus que rien m'assaille, Car à la mort tout s'assouvit. Où sont les gracieux galants Que je suivais au temps jadis, Si bien chantants, si bien parlants, Si plaisants en faits et en dits ? Les aucuns sont morts et raidis, D'eux n'est-il plus rien maintenant : Repos aient en Paradis, Et Dieu sauve le remenant ! Et les autres sont devenus, Dieu merci ! grands seigneurs et maîtres ; Les autres mendient tous nus Et pains ne voient qu'aux fenêtres ; Les autres sont entrés en cloîtres De Célestins et de Chartreux, Bottés, houssés, comm' pêcheurs d'huitres. Voyez l'état divers d'entre eux. Aux grands maîtres Dieu doit bien faire, Vivants en paix et en recoi ; En eux il n'y a que refaire, Et s'en fait bon taire tout coi. Mais aux pauvres qui n'ont de quoi, Comme moi, Dieu donne patience ! Aux autres ne faut qui ni quoi, Car assez ont pain et pitance. Bons vins ont, souvent embrochés, Sauces, brouets, et gros poissons, Tartes, flans, oeufs frits et pochés, Perdus et en toutes façons. Pas ne ressemblent les maçons, Que servir faut à si grand peine : Ils ne veulent nuls échansons, De soi verser chacun se peine. En cet incident me suis mis Qui de rien ne sert à mon fait ; Je ne suis juge, ni commis Pour punir n'absoudre méfait : De tous suis le plus imparfait, Loué soit le doux Jésus Christ ! Que par moi leur soit satisfait ! Ce que j'ai écrit est écrit. Laissons le moutier où il est ; Parlons de chose plus plaisante : Cette matière à tous ne plaît, Ennuyeuse est et déplaisante. Pauvreté, chagrine, dolente, Toujours, dépiteuse et rebelle, Dit quelque parole cuisante ; S'elle n'ose, si la pense elle. Pauvre je suis de ma jeunesse, De pauvre et de petite extrace ; Mon père n'eut onc grand richesse, Ni son aïeul nommé Horace ; Pauvreté tous nous suit et trace. Sur les tombeaux de mes ancêtres, Les âmes desquels Dieu embrasse ! On n'y voit couronnes ni sceptres. De pauvreté me guermantant, Souventes fois me dit le coeur : " Homme, ne te doulouse tant Et ne démène tel douleur : Si tu n'as tant qu'eut Jacques Coeur, Mieux vaux vivre sous gros bureau Pauvre, qu'avoir été seigneur Et pourrir sous riche tombeau. " Qu'avoir été seigneur ! ... Que dis ? Seigneur, las ! et ne l'est-il mais ? Selon les davitiques dits Son lieu ne connaîtras jamais. Quant du surplus, je m'en démets : Il n'appartient à moi pécheur ; Aux théologiens le remets, Car c'est office de prêcheur. Si ne suis, bien le considère, Fils d'ange portant diadème D'étoile ni d'autre sidère. Mon père est mort, Dieu en ait l'âme ! Quant est du corps, il gît sous lame. J'entends que ma mère mourra, Et le sait bien, la pauvre femme, Et le fils pas ne demourra. Je connais que pauvres et riches, Sages et fous, prêtres et lais, Nobles, vilains, larges et chiches, Petits et grands, et beaux et laids, Dames à rebrasser collets, De quelconque condition, Portant atours et bourrelets, Mort saisit sans exception. Et meure Pâris ou Hélène, Quiconque meurt, meurt à douleur Telle qu'il perd vent et haleine ; Son fiel se crève sur son coeur, Puis sue, Dieu sait quelle sueur ! Et n'est qui de ses maux l'allège : Car enfant n'a, frère ni soeur, Qui lors voulsist être son plège. La mort le fait frémir, pâlir, Le nez courber, les veines tendre, Le col enfler, la chair mollir, Jointes et nerfs croître et étendre. Corps féminin, qui tant est tendre, Poli, souef, si précieux, Te faudra il ces maux attendre ? Oui, ou tout vif aller aux cieux. |
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| Auteur : | Ubblak [ Lun 14 Nov 2005, 22:38 ] |
| Sujet du message : | |
(C'était la pause François Villon, gracieusement offert par la Vieille Garde) |
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| Auteur : | gnoll [ Lun 14 Nov 2005, 22:41 ] |
| Sujet du message : | |
je me disais bien aussi |
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| Auteur : | Nevenka [ Lun 14 Nov 2005, 22:44 ] |
| Sujet du message : | |
Du Villon comme ça juste pour le plaisir, ou bien à cause de quelque chose de précis ? En tous les cas merci pour ces vers. |
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| Auteur : | Ubblak [ Lun 14 Nov 2005, 23:30 ] |
| Sujet du message : | |
Juste pour le plaisir !!!! |
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| Auteur : | LT-P [ Lun 14 Nov 2005, 23:31 ] |
| Sujet du message : | |
Nevenka a écrit Du Villon comme ça juste pour le plaisir, ou bien à cause de quelque chose de précis ?
C'est rien, il s'est juste remis à Vampiiiiiiiire :) |
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| Auteur : | Arnok [ Mar 15 Nov 2005, 23:25 ] |
| Sujet du message : | |
je croyais à une désertion du Maréchal moi !!! |
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| Auteur : | Valérian [ Mar 15 Nov 2005, 23:31 ] |
| Sujet du message : | |
hé non ! La Vieille Garde se rend mais malheureusement elle ne meurt pas ! |
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| Auteur : | Archiviste [ Mer 16 Nov 2005, 14:36 ] |
| Sujet du message : | |
Chiche En tout cas, moi ce que je sais, c'est que la Vieille Garde meurt mais ne se rend pas (au rez-de-chausser pour aller chercher un bête verre d'eau |
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| Auteur : | Arnok [ Mer 16 Nov 2005, 20:18 ] |
| Sujet du message : | |
t'as deja essayé de monter au 1er avec un deambulateur ? |
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| Auteur : | Nemesis [ Mer 16 Nov 2005, 20:28 ] |
| Sujet du message : | |
Archiviste a écrit Chiche
En tout cas, moi ce que je sais, c'est que la Vieille Garde meurt mais ne se rend pas (au rez-de-chausser pour aller chercher un bête verre d'eau en ce moment je me rend déjà pas à l'autre bout de ma chambre prendre une verre d'eau alors à l'étage en dessous... Avant c'était pas pareil, y'avait une piscine à l'étage en dessous donc je descendais... |
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