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Chronique
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Auteur :  Bayushi F'Ramir [ Ven 25 Nov 2005, 12:23 ]
Sujet du message :  Chronique

Chronique télé, lue dans "la Corrèze républicaine et socialiste" (ouais ça existe comme journal).

Citer
The Man of Le Mans



Le citoyen lambda et le militant delta, pour connaître la teneur des débats qui ont eu lieu dans la ville du Mans, pendant les trois jours du Congrès du Parti socialiste, n'avaient guère que la télévision pour se tenir, à chaud, informé. Les journaux du dimanche en papier ne savaient pas si la synthèse des courants avait été obtenue ou non pendant la nuit, et dans quels termes. Heureusement, donc, les journaux de TF1 et France 2 couvraient l'événement.



A 20h07, France 2 traitait l'information en trois minutes. Suivons le reportage, à la seconde près. Après le traditionnel zoom sur la carte de France permettant aux déficients géographiques de placer La Mans sur le territoire, la première image est consacrée à François Hollande : il sert la main de militantes. Le deuxième plan nous permet de suivre…François Hollande, qui traverse les rangs des délégués du Congrès. De face, puis de dos, puis de face, puis de dos. Deuxième étape du reportage, la caméra est placée à l'extérieur de la salle, de nuit, où des ombres de silhouettes militantes anonymes, en contre-jour, attendent. A travers les vitres, au premier étage, on distingue quelques figures qui s'agitent et remuent les lèvres : Lang, Emmanuelli, Peillon qui fume, Montebourg. Troisième acte, l'annonce de l'Unité, faite à la Nation, sur le parvis de la cathédrale d'un soir, par François Hollande. Laurent Fabius, Jack Lang et Arnaud Montebourg disposent de quatre secondes chacun pour exprimer leur point de vue sur un seul sujet : le rassemblement est-il sympa ou pas sympa ? Quatrième acte, retour dans la salle du Congrès le dimanche matin. Hollande fend la foule, Fabius applaudit, DSK fait la tête. Un extrait de dix secondes du discours de…François Hollande, contre la droite. Les trois jours d'intervention de cadres de tous les courants seront donc résumés à deux phrases prononcées par le chef. Cinquième et dernier acte : le journaliste envoyé sur place est face à la caméra, pour expliquer que la synthèse était nécessaire, et surtout pour montrer sa bobine, seul intérêt, pour lui, du reportage.



A 20h14, TF1 traitait elle aussi, enfin, du Congrès, en trois minutes. Suivons le reportage, à la seconde près. Après le traditionnel zoom sur la carte de France permettant aux déficients géographiques de placer La Mans sur le territoire, la première image est consacrée à François Hollande : il embrasse un camarade. Le deuxième plan nous permet de suivre…François Hollande, qui traverse les rangs des délégués du Congrès. De face, puis de dos, puis de face, puis de dos. Deuxième étape du reportage, la caméra est placée à l'extérieur de la salle, de nuit, où des ombres de silhouettes militantes anonymes, en contre-jour, attendent. A travers les vitres, au premier étage, on distingue quelques figures qui s'agitent et remuent les lèvres : Lang, Emmanuelli, Peillon qui fume, Montebourg. Troisième acte, l'annonce de l'Unité, faite à la Nation, sur le parvis de la cathédrale d'un soir, par François Hollande. Laurent Fabius, Jack Lang et Arnaud Montebourg disposent de quatre secondes chacun pour exprimer leur point de vue sur un seul sujet : le rassemblement est-il sympa ou pas sympa ? Quatrième acte, retour dans la salle du Congrès le dimanche matin. Hollande fend la foule, Fabius applaudit, DSK fait la tête. Un extrait de dix secondes du discours de…François Hollande, contre la droite. Les trois jours d'intervention de cadres de tous les courants seront donc résumés à deux phrases prononcées par le chef. Cinquième et dernier acte : le journaliste envoyé sur place est face à la caméra, pour expliquer que la synthèse était nécessaire, et surtout pour montrer sa bobine, seul intérêt, pour lui, du reportage.



Non, cette chronique n'est pas victime d'un copier-coller involontaire. Ce sont les reportages des deux grandes chaînes qui le furent.



Mais restons honnêtes, des différences ont pu exister entre les deux traitements journalistiques indépendants et pluralistes. Dans la version de France 2, on vit Julien Dray et son écharpe colorée délivrer ce message, à l'orée de la nuit : "je viendrai vous tenir informés de l'avancée des négociations". Euh, messieurs les journalistes, on s'en fiche un peu, non ? Quel est l'intérêt pour le téléspectateur ? Parallèlement, TF1 s'est distingué de sa consœur en proposant la vue, à travers les vitres du premier étage, de Martine Aubry en train de danser avec sa copine Marylise et la prise au vol de quatre secondes de commentaires d'Henri Emmanuelli.



L'identité dans la structure des deux reportages est consternante. Les journalistes glosent à foison sur le formatage des élites, leur absence de particularités, leur équivalence. Mais qui souligne l'uniformité des reportages journalistiques ?



Seconde remarque, plus grave : on aura cherché en vain à connaître les termes de l'accord scellé entre presque tous les socialistes. Je veux dire, le fond des résolutions. Pendant ces deux fois trois minutes, seuls les individus auront intéressé les envoyés spéciaux. Tractations, coups bas, coups de gueule, oui, vaguement. Mais l'ébauche de programme ? L'orientation idéologique ? Les réponses (au moins les grands axes) aux attentes du peuple ? Nulle part. Les journalistes glosent à foison sur la personnalisation de la politique et le manque de propositions des partis. Mais quelle est leur part de responsabilité dans ce constat ? Ont-il au moins lu les résolutions avant de faire le choix de ne parler que des luttes d'hommes et des enjeux de rassemblement ou de scission ?



Le chef fut partout dans les reportages, parce que c'est simple de filmer un visage. Les propositions furent méprisées, parce que c'est long et compliqué de lire un papier, d'en saisir la nouveauté, la force ou l'audace.



Comme il était prévisible, le chef est encore mis à l'honneur sur le plateau de TF1, après le reportage. Lors de l'entretien avec Claire Chazal, il parvient à glisser deux propositions de fond (oui du fond !) : renationalisation d'EDF et limitation à quinze du nombre d'enfants dans les classes de ZEP. Mais le sourire de la journaliste s'ouvre pour poser LES questions : qui sera le candidat du PS à l'élection présidentielle, quand sera-t-il désigné, Hollande sera –t-il au nombre des prétendants ?



Dans ces conditions, la soirée appelle un enseignement pour le militant lambda et le citoyen delta : s'ils veulent voir primer les débats d'idées sur les débats de personnes, il faudra changer les règles de la vie politique et pour changer celles-ci, remporter l'Election et détenir les rênes du pouvoir. Or, compte tenu de la propension du corps journalistique à préférer les affiches aux fiches, de l'impact de la télévision dans une campagne électorale et du nouveau dispositif institutionnel concentrant les enjeux politiques dans l'issue de la seule élection présidentielle (issu non tant du quinquennat que de la stupide inversion du calendrier), cette victoire ne sera possible qu'à la condition de jouer le jeu inepte de la présidentialisation et du combat de coqs. Le jouer une fois. Une dernière fois.

Auteur :  Togashi Yokami [ Ven 25 Nov 2005, 13:53 ]
Sujet du message : 

Oui... bah tu noteras que l'ensemble de l'actualité politique est malheureusement traité de la même façon dans les médias.
Ce qui interesse les journalistes, c'est pas vraiment le fond, mais plutôt la forme.
Le pourquoi du comment, ils s'en fichent, alors que les petits coup bas et autres conflits internes dans les parties, gouvernements etc....

Le problème... c'est que les gens achetent leur soupe.
Ensuite, le militant, entre nous, s'il n'est pas content, il peut le faire savoir, en ne payant plus sa cotisation, en créant un courant dissident, voir meme en ne votant pas pour une motion dont il ne sait rien... genre abstention.
Evidemment, si le militant est seul... ca ne marchera pas, donc le militant doit rallier les autres militants et former un groupe ... mais pour cela, il va lui aussi entrer dans le jeu...et donc ... on tourne en rond. :smile:

Auteur :  Bayushi F'Ramir [ Ven 25 Nov 2005, 14:12 ]
Sujet du message : 

Bah le problème, c'ets que tu peux lire la motion, et rendre compte que celui qui l' arédigé tient un discours autre, pour des raisons politiciennes plus que politiques.

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