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| Auteur : | Abdul Alhazred [ Ven 24 Mars 2006, 00:15 ] |
| Sujet du message : | |
bernic qu'on sort a écrit Auberon a écrit Question qui fera plaisir à Abdul : tes 3 premiers indicateurs de puissance sont-ils bien pertinents ? D'ailleurs la notion de puissance l'est-elle elle même ? Auberon c'est tout pour aujourd'hui La notion de puissance prend sa pertinence dans le principe vieux comme l'homme selon lequel c'est le plus puissant qui a les meilleures chances de survie. Les 3 premiers indicateurs de puissance sont ceux qui ont paru le plus evident (sur des bases historiques) pour asseoir l'influence d'une nation. On pourrait etayer par les theories de je-ne-sais-plus-qui sur le cycle de vie des civilisations, mais il est trop tard les cartons m'appellent Il y a peut-etre + pertinent que ces indicateurs-la ? Sais pas, dites ?? Content Abdul ? Avant toute chose une petite précision : Auberon avec cette question lance un pavé dans la mare ^^ En gros la question de la définition de la puissance est une question de base de la discipline des Relations Internationales, et le mot puissance évoque tout un tas de chose pour des sales types comme Auberon ou moi qui avons eu des cours en théorie des Relations Internationales La notion de puissance que tu évoques se rapproche d’une grande école des Relations Internationales, qui a connu des multiples variations et dérivés, l’école réaliste. Pour cette école, les Etats recherchent la puissance dans leur relation avec les autres Etats. Pourquoi ? Car, pour les réalistes, le système international est anarchique, personne ne peut faire confiance aux autres. Le meilleur moyen pour survivre et prospérer est donc d’accumuler le plus de puissance : ainsi, pour Raymond Aron, la puissance est « la capacité d’une unité politique d’imposer sa volonté aux autres unités ». Par puissance, les réalistes pensent principalement aux capacités militaires. Un peu contraint et forcé depuis le début des années 80 et surtout depuis les années 90, certains réalistes ont intégré également l’aspect économique dans leur notion de puissance. Seulement cette vision de la puissance a été remise en question par d’autres théories. La définition la plus aboutie de la puissance est celle de Barry Buzan, un théoricien de l’école de Copenhague, assez proche par certains aspects de la théorie constructiviste en Relations Internationales (tiens Auberon je t’ai pas dit finalement mon mémoire de maîtrise je vais le faire sûrement sur une question de Relations Internationales en utilisant une théorie constructiviste, peut-être la version de Katzenstein). Il propose une définition de la puissance à travers 4 concepts (bon là lâchement je prends mon dico des Relations Internationales pour pas me planter parce que je ne connais pas bien l’école de Copenhague ^^) : - La puissance attributive : c’est la capacité des unités (les Etats) d’effectuer des tâches spécifiques selon les attributs respectifs qu’elles possèdent. Chaque unité politique peut augmenter ou diminuer indéfiniment sa puissance grâce à des moyens comme l’industrialisation, le développement technologique… - La puissance relationnelle : c’est la mise en relation de toutes les puissances attributives distribuées parmi les unités d’un système. On établit avec cette puissance une hiérarchie entre les unités d’un système. - La puissance de contrôle : c’est la capacité d’un acteur à modifier le comportement d’un autre acteur, que cette modification du comportement soit volontaire ou non. - La puissance structurelle : c’est la puissance imposée aux unités par la structure du système international. Ce qui compte ici c’est la position de l’unité dans la structure du système. Autre définition intéressante, celle de Joseph Nye, qui différencie le hard power (l’utilisation des moyens militaires ou économiques pour modifier le comportement des autres acteurs) et le soft power (l’utilisation de moyens politiques et culturels pour modifier le comportement des autres acteurs). Le côté intéressant du soft power est qu’il met en avant le rôle de la culture, des idées, des institutions comme facteur de puissance. En France, traditionnellement, les décideurs politiques en politique internationale sont plus proches de l’école réaliste. On a donc tendance à voir la puissance avec une optique très militaire et économique (que la version hard power quoi). Pour ça notamment qu’en France beaucoup de gens continuent de considérer que l’Allemagne n’est pas la première puissance en Europe, parce que l’Allemagne n’a pas la bombe atomique et est un peu pourrie au niveau militaire. Seulement pour moi la puissance ce n’est pas seulement ça : il faut considérer aussi tout le côté soft power, la puissance des idées et des institutions. Si on prend l’Union Européenne, sur certains types de décision un seul Etat peut bloquer toute négociation ou tout projet. Malte par exemple n’a pas de grande puissance économique, militaire ou politique, mais peut quand même tout bloquer. Pareil à l’OMC : 1 Etat = 1 voix et les accords se font à l’unanimité. Bon faut pas déconner les pressions ne sont pas les mêmes si les Etats-Unis disent non et si Haïti dit non, mais un petit groupe de pays bien décidé peut quand même tout bloquer. L’interdépendance également est important dans la notion de puissance : comme le rappelle plusieurs définitions, la puissance n’est pas en soi mais par rapport aux autres. La subjectivité joue également. Si on prend le côté militaire par exemple, pour les Etats-Unis 1 bombe nucléaire pour la Grande-Bretagne ce n’est pas pareil qu’une bombe nucléaire pour l’Iran. La puissance relative qu’a gagné la Grande-Bretagne vis-à-vis des Etats-Unis en ayant une bombe atomique n’est pas la même que la puissance relative que gagnerait l’Iran vis-à-vis des Etats-Unis en ayant une bombe atomique. Bon, je dois bientôt partir, c’est quelques idées éparses balancées à la va-vite mais c’est juste pour montrer la complexité de la définition de puissance. Qui plus est, comme le met en avant Auberon, la notion même de puissance pour juger les Etats est elle-même sujette à caution. Mais là c’est un débat encore plus périlleux ^^ bernic qu'on sort a écrit Content Abdul ?
Moi chuis toujours content quand on me lance dans la théorie des Relations Internationales |
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| Auteur : | Auberon [ Ven 24 Mars 2006, 00:22 ] |
| Sujet du message : | |
Citer Auberon avec cette question lance un pavé dans la mare ^^
Sans déconner ? ça s'est vu alors ??? |
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| Auteur : | Abdul Alhazred [ Ven 24 Mars 2006, 07:25 ] |
| Sujet du message : | Re: Françaffreux |
Voilà, Auberon m'a lancé sur de la théorie des Relations Internationales et du coup j'ai squizé l'intervention d'avant bernic qu'on sort a écrit Oui effectivement, il y a delit de raccourci dans l'article, le probleme c'est que parfois il est difficile de parvenir au sens de la nuance le plus parfait dans le compromis entre l'exhaustivite et le resume, il a un peu tout mis dans le meme sac, oui... Personnellement je ne suis pas experte en politique internationale (toi tu es cale dans ce domaine d'apres ce que m'a dit Sanjy) donc j'avoue que je n'ai pas eu le reflexe critique sur ce point, m'interessant plutot au reste... (tu sais, le machin de Pareto qui s'appliquerqit aussi a la comprehension Ouais mais vu que je m'intéresse plus à l'Amérique latine qu'à l'Afrique, j'ai surtout vu ça en fait ^^ bernic qu'on sort a écrit Oui mais la c'est moi qui me suis un peu emballee
Si je reprends ton exemple de reconstructions economiques allemande et japonaise, ce sont 2 pays qui avaient en commun ceci d'interessant pour illustrer mon propos afin de l'eclaircir (j'espere) : ce sont 2 pays qui avaient juste avant la seconde guerre mondiale entrepris une tres vaste entreprise d'education de toutes les couches de leur population, qui avaient une intelligensia extremement active tant politiquement que culturellement : je me posais donc la question de l'education et de la connaissance comme 4eme point d'appui dans l'accession a la puissance internationale. J'ai travaille (trop sporadiquement depuis un an helas) en tant que consultant-chercheur sur la problematique de l'innovation comme moteur societal, sur le plan plus sociologique qu'economique ou politique (economiquement je me suis arretee a Schumpeter et Mintzberg et Michael Porter), dont la problematique est connexe de la question a 3 balles 50 des cours de management sur "mais bon sang qu'est-ce que c'est donc que ce foutu nouveau paradigme (eldorado ?) dans lequel on est maintenant ?". Paradigme de la connaissance, c'est une des pistes souvent filees... Je ne suis pas convaincu que le France soit en déclin sur le plan militaire. On n'est pas les Etats-Unis mais notre armée n'est pas mauvaise il me semble. L'armée française avait d'ailleurs reçu une appréciation assez positive en 2004 du Center for Strategic and International Studies*, un important think thank américain. On nous classe en Europe deuxième juste derrière les Anglais. Sur les plans économique et politique par contre en effet c'est pas la joie. Partant de là, que fait-on avec ça ? C'est difficile avec ces trois grands concepts de dire si la puissance de la France est en déclin ou pas. Et, de toute façon, est-ce vraiment important que la puissance de la France décline dans le monde ? Pour l'exemple du Japon (je ne m'aventurerais pas sur l'exemple de l'Allemagne que je connais peu), l'éducation après guerre a servi d'outil pour l'économie et était perçue comme un investissement économique. Pour Holliday**, la politique sociale du Japon après la guerre était strictement subordonnée à l'objectif prioritaire de croissance économique. Ce point de vue est contestable (chuis sûr que mon directeur de maîtrise se ferait un plaisir de le contester D'ailleurs, l'éducation peut-elle être une catégorie en soi comme mesure ou accès à la puissance ? Les autres catégories se situent dans un cadre international, or l'éducation n'est-elle pas encore juste le fait du national ? Ou bien, plus que l'éducation à ce moment là comme participation à la puissance, ne doit-on pas regarder du côté de la culture par exemple ? Dans ce cas la France ne serait-elle pas ici aussi en déclin par rapport au monde anglo-saxon ? Sur le paradigme de la connaissance et l'investissement dans l'éducation, le grand classique en sciences po c'est le bouquin de Robert Reich***, qui notamment met en avant la nécessité pour l'économie américaine de renforcer sa formation et son éducation pour accroître son capital humain. Ce bouquin est sorti en 1991 aux Etats-Unis. Deux ans plus tard Reich devenait secrétaire du travail sous Clinton (il le restera jusqu'en 1997). Il a eu pas mal d'influence sur Clinton, dont il est un vieil ami. Le bouquin a vieilli je trouve et y'a pas mal de points très discutables, mais il n'empêche qu'il a soulevé un certain nombre de questions dans la société américaine et qu'il a mis à l'avant scène l'importance de l'éducation, importance maintenant reprise un peu partout, y compris dans les rapports des grandes organisations internationales. Mais on peut dès lors se poser la question du contenu de l'éducation (quelle éducation ? quels programmes scolaires ? quelles disciplines ou filières favorisées ?) et de qui la donne (doit-on centraliser ou décentraliser le système d'éducation ? école publique ou école privée ?). Pour faire plaisir à Didi je fais des notes de bas de page *Furtun, Mehmet Emre, Military Trends in France: Strengths & Weaknesses, Washington : Center for Strategic and International Studies, 2004. ** Holliday, Ian, "Productivist Welfare Capitalism: Social Policy in East Asia", Political Studies, vol.48, 2000. *** Reich, Robert, L'économie mondialisée, Paris : Dunod, 1997. Edit : voilà, voilà, j'étais bien parti avec des posts pas trop longs, pas trop catégoriques et pas trop violent symboliquement pour reprendre le terme de wizard mais je suis retombé dans mes vieux travers |
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