FAQ · Rechercher


Sujet précédent | Sujet suivant
Page 1 sur 5 [ 99 message(s) ]
Aller vers la page 1, 2, 3, 4, 5  Suivant
Publier un nouveau sujet Publier une réponse
Aperçu avant impression

de l'inutilité de certaines connaissances?

Hors-ligne - Le Maudit du SDEN
Profil 
Dim 11 Juin 2006, 00:13 Message
J'ai pu constater chez certains, voire même chez beaucoup, un certain dédain, voire mépris, pour certaines disciplines et matières, souvent enseignées à l'école ou dans les universités.

Tout le monde s'accorde à dire que les langues vivantes sont utiles, de même que les mathématiques (quoique certains diront le contraire), l'ethnologie, la sociologie, etc qui sont considérés comme de bonnes disciplines.
Il en est tout autre pour d'autres: les langues anciennes en sont le plus parfait exemple, et je dirais même les matières littéraires en général. L'Education Nationale en a une part de responsabilité, certes, mais j'ai pu entendre des gens dire que l'étude de la littérature et de l'histoire de l'art était inutile.

Pourquoi un tel mépris pour tout cela?
Dernier message



Hors-ligne - Qui va bouturer à 40 pages !
Profil  Site internet  
Dim 11 Juin 2006, 00:18 Message
Parce que ce n'est pas concrètement utilisable tout de suite dans un truc quotidien.
Soyons clair, lire, compter, écrire, c'est utile quotidiennement. De même, on reconnaît l'utilité des Sciences - Physique comme Bio - parce qu'on est dans un monde où on voit tous les jours des applications de ce que l'on peut faire avec.

Mais savoir comment les gens vivaient il y a 2000 ans, ou même 20, savoir analyser un texte, savoir apprécier un tableau, c'est utile que pour les spécialistes ou les profs concernés. Ca ne produit rien, aucune machine, aucun progrès, aucune chose tangible. Alors forcément, ça intrigue.



Hors-ligne - Le Maudit du SDEN
Profil 
Dim 11 Juin 2006, 00:29 Message
Si on supprimait l'étude de textes, on ferait quoi en français? De la grammaire?
L'étude de textes permet également de donner une petite culture de base, de faire connaître des auteurs et des oeuvres que les étudiants et élèves ne connaîtraient pas forcément d'eux-mêmes, et les analyser, ça nécessite une méthode rigoureuse et un peu de bon sens.
Des choses qui, disons-le, se perdent...

L'Histoire ne souffre pas de ce sentiment d'inutilité, à ma connaissance, ou alors bien moins. La politique montre son importance, à travers tous les travaux faits pour la mémoire et récupérés politiquement par un camp ou un autre. C'est une des sciences humaines et sociales les plus problématiques à ce sujet, je dirais. Donc bon, je ne classe pas l'Histoire dans les rejetées.

Que ça ne soit pas aisément applicable, je veux bien, mais que l'on affiche un profond mépris, ça me sidère...



Hors-ligne - Qui va bouturer à 40 pages !
Profil  Site internet  
Dim 11 Juin 2006, 00:40 Message
Eeeeeet ouais. Quand t'es littéraire, t'apprends à vivre avec les réflexions du style "eeet... ça intéresse qui, ton truc ?" ou "t'as pas l'impression d'enculer les drosophiles, là ?"... Et ma préférée : "Franchement, tu crois que ton auteur il a pensé à tout ça quand il a écrit son texte ?", le tout avec cet air incrédule et condescendant qui va bien, l'air de dire que franchement, les littéraires, ils feraient mieux d'arrêter de fumer la moquette et de trouver une véritable occupation...

Quant au problème de l'histoire... Serait-elle vraiment appréciée ? Je rappelle qu'il y a un an, un certain rapport Thélot envisageait de supprimer cette matière du brevet des collèges. Et qu'elle entre dans un cadre imprécis d'Humanités dans le fameux socle commun de conaissances...



Hors-ligne - Bernic Royal
Profil  Site internet  
Dim 11 Juin 2006, 00:45 Message
Mercutio a écrit
Et ma préférée : "Franchement, tu crois que ton auteur il a pensé à tout ça quand il a écrit son texte ?"


:-o

Mercutio, sort tout de suite de ma tête ! :diable:



Hors-ligne - Le Maudit du SDEN
Profil 
Dim 11 Juin 2006, 00:45 Message
ça fait mal quand ces commentaires viennent de gens qui lisent...

J'ignorais l'existence de ce rapport Thélot, l'actualité et moi...

http://www.ecoledemocratique.org/articl ... rticle=230

Mais effectivement, ça montre bien un mépris pour les littéraires...



Hors-ligne - Serial Titreur
Profil 
Dim 11 Juin 2006, 00:53 Message
Valérian a écrit
Mercutio a écrit
Et ma préférée : "Franchement, tu crois que ton auteur il a pensé à tout ça quand il a écrit son texte ?"


:-o

Mercutio, sort tout de suite de ma tête ! :diable:


Cela dit, on m'a raconté une anecdote à ce sujet. Un auteur est invité dans un lycé et après la lecture de l'un de ces textes, un des professeurs se lancent dans une analyse assez fouillée du texte. Et l'auteur de répondre : "Non mais c'est pas ce que je voulais dire" ;)



Hors-ligne - Le Maudit du SDEN
Profil 
Dim 11 Juin 2006, 01:07 Message
Il y a toujours plusieurs interprétations différentes, des bonnes et des mauvaises... Le plus simple peut être de demander le sens à l'auteur quand il est vivant.

Après tout, une analyse est rarement objective. ça crée des débats, des discussions longues que beaucoup trouveront inutiles, c'est sûr.



Hors-ligne - Bernic Royal
Profil  Site internet  
Dim 11 Juin 2006, 01:10 Message
Conclusion : pour ne pas être emmerder par un auteur qui vient critiquer votre analyse, faite du grec et du latin ;)



Hors-ligne - Le Maudit du SDEN
Profil 
Dim 11 Juin 2006, 01:11 Message
Bah non, tu as tous les siècles jusqu'à une partie du XXème... Camus, Hugo, Voltaire, Ronsard et Chrétien de Troyes ne diront rien non plus.



Hors-ligne - Bernic Royal
Profil  Site internet  
Dim 11 Juin 2006, 01:15 Message
Oui mais ils en tartinaient des pages et des pages...

Alors qu'à l'époque où l'auteur devait graver son texte dans le marbre avec un burin, ca donnait des textes plus courts !

Oui je suis un faignant et j'assume !



Hors-ligne - Le Maudit du SDEN
Profil 
Dim 11 Juin 2006, 01:17 Message
Valérian a écrit

Alors qu'à l'époque où l'auteur devait graver son texte dans le marbre avec un burin, ca donnait des textes plus courts !


Et les tablettes de cire et les papyrus alors?



Hors-ligne - Profil  Site internet   ICQ  
Dim 11 Juin 2006, 01:52 Message
Sauf qu'en vérité, on s'en balance pas mal, de ce qu'il a voulu dire, l'auteur ;) Si le but c'était juste de faire de la com', on n'appelerait pas ça de l'art... Philosophe et historien de formation, après 7 ans de latin et de grec, j'ai aussi bouffé de ce genre de remarques.

AMHA, le problème c'est comme l'avance Mercutio, qu'on ne perçoit pas d'utilité pratique immédiate à la chose. Je dis bien perçoit. Je n'ai pas su lire dans ses posts si c'est aussi son avis ou pas :p donc je ne m'avance pas.

C'est à mon sens le défaut d'une défense de la littérature, ou plus précisément des langues anciennes, comme celle de Jacqueline de Romilly. Elle tartine des pages et des pages à expliquer que si, l'étude du latin et du grec ça sert, parce que ce sont des structures logiques, qu'il y a des règles de grammaire, et que ça forme l'esprit ; elle évoque aussi le fond culturel commun, mais seulement comme un point mineur.

Rentrer dans ce type de défense, c'est, toujours AMHA, une erreur, parce que c'est essayer de rentrer dans le monde de pensée qui "attaque" et lui faire accepter l'utilité pratique et immédiate des langues anciennes et autres disciplines connexes.

Mais c'est de la connerie. L'utilité... déjà le mot est incorrect. Disons, l'efficacité, à mon sens, de ces matières se situe ailleurs.
Le premier domaine c'est l'efficacité sur le long terme, qui fait de leur utilisateur des êtres humains et pas des animaux savants.
Le deuxième domaine c'est tout simplement confronter son esprit à du différent, de l'ailleurs, de l'autre chose, du mode de pensée différent. Ce qui est fondamental, tout connement, pour être libre, ou au moins y tendre.
Le dernier domaine, c'est effectivement le socle commun civilisationnel, mais ça ne me semble pas mineur. Tant pis si ça fait verdir de rage les tenants du relativisme culturel, nous baignons dans une civilisation dont les sources sont Athènes et Jerusalem, et si on a pas ses sources, faut pas espérer arriver un jour à un quelconque estuaire. Ne parlons même pas de comprendre comment les affluents intermédiaires s'intègrent et influencent le fleuve ; ou d'essayer de remonter au-delà de la source pour comprendre l'intégralité du cycle de l'eau.

Deuxième effet de ce cercle vicieux : étant perçues comme des filières poubelles, on y retrouve les paumés et les rejetés des bonnes classes. Ce qui dégrade leur image, etc.


Tout est une question de confusion de fin et de moyen. Quelle est la fin ? Quel est le moyen ?
Si la fin, c'est la connaissance pure, alors ces domaines ne sont pas négligeables, car ils apportent leurs approches pertinentes de divers champs de connaissance. Et là, on est déjà dans une erreur qu'on qualifiera improprement de "scientifique" par opposition à ce qu'on qualifie de "littéraire", en estimant possible une connaissance claire et distincte, autant dire une vérité intelligible.
Si la fin c'est gagner le fric qui permettra de manger et de se loger, effectivement, ces domaines ne servent à rien ; et moisn on les met en valeur, moins on peut penser qu'il y a d'autres fins possibles.
Mais manger et se loger, ça ne devrait pas être une fin.
Si on ne valorise plus la liberté, l'amour (et pas simplement le respect) de l'autre et le plaisir, comment ne pas accepter d'être esclave, individualiste et de vivre une vie de magnolia ?


Pour répondre à la question initiale : pourquoi un tel mépris ? Parce qu'on forme des animaux et pas des hommes, ou pour mieux dire, des hommes et pas des humains. L'homme est un animal qui s'hominise anhumainement. Cette humanisation se fait bien par les "humanités". Si tu zappes les humanités, à terme, tu zappes la conscience et même l'intuition de leur caractère nécessaire.

Les sources ? Ben y'en a plein, avec plein de noms différents. Il y a, en vrac, le matérialisme, les Lumières, une certaine utilisation/interprétation du marxisme, René Descartes, Calvin, le libéralisme économique, le désenchantement du monde, 1968, la réification, la neurologie, Freud aussi peut être, les camps de la mort (conséquence plutôt que cause, peut-être), la peur de la puissance atomique, l'idéologie du progrès, de l'avant-garde et de la pointe...

Ca va durer jusqu'aux jours où la majorité en aura assez de se battre pour survivre et décidera de se battre pour vivre. Que les "bonnes classes" et les "filières poubelles" soient celles de matières "littéraires", "scientifiques" ou "techniques", ça change, ça s'en va et ça revient.

Pascal parlait d'esprit de finesse et d'esprit de géomètrie. On en est encore là.



Hors-ligne - Profil 
Dim 11 Juin 2006, 11:35 Message
Tout sa me rappel que dans 2 jours j'ai mon bac de français... :(
Je m'inquiète d'ailleurs de ne pas stresser du tout :-?



Hors-ligne - Profil  Site internet  
Dim 11 Juin 2006, 18:46 Message
Loin de moi l'idée de vouloir justifier le mépris pour les matières littéraires ou artistiques, je suis personellement convaincu de l'importance des "Humanités" et de la "Culture" en général. Mais je pense que ce mépris s'explique d'une manière toute bête:

J'ai été latiniste au collège et comme beaucoup j'ai fait de l'analyse de texte en cours de Français. La grande majorité de mes professeurs se contentait d'enseigner la matière sans chercher vraiment à la faire apprécier ni même vraiment remettre ce qu'on apprenait dans un contexte historique. C'était "bête et méchant", c'était le service minimum.

Je ne les blâme pas vraiment: quand on voit le boxon qui régnait pendant mes cours de philo en Terminale, je peux comprendre la démotivation.

Mais il est évident que beaucoup d'élèves garderont en mémoire le fait que ces matières ne servent à rien. Ce n'est pas l'éducation nationale qui m'a fait prendre conscience de l'importance de ces sujets, c'est ma famille. Alors quand ni les profs, ni la famille ne peuvent susciter l'intérêt il ne faut pas s'étonner que beaucoup aient comme préjugés "Les langues/la littérature/l'art ça sert à rien".

Et puis "c'est pas ça qui va me payer ma retraite", hein ? (ceci était une réflexion gérontophobe purement gratuite :smile: )



Hors-ligne - Qui va bouturer à 40 pages !
Profil  Site internet  
Dim 11 Juin 2006, 18:53 Message
Bayushi : je suis 100% d'accord avec toi. Mon ton était volontairement ambigu, parce que ce sont des trucs que j'ai entendus des milliers de fois... Mais on ne devient pas prof de Lettres Classiques en pensant ça.

Sinon, c'est vrai que certains profs font leur boulot sans vraiment s'investir, mais je crois que pour la plupart, l'objectif c'est quand même que les élèves soient intéressés. Sinon, ils se font chier, tu dois faire la police, et toi, du coup, tu te fais chier. Bref, c'est nul.
En latin, c'est du coup pas compliqué d'intéresser les gamins : tu leur parles de ces trucs dont on parle jamais - mime, folie, anecdotes, détails croustillants - et tu mets un peu d'emphase sur les trucs importants - tenir une classe 10 minutes avec les éleéphants d'Hannibal, c'est facile. Mais le risque, c'est de devenir démago : faire forcément des trucs qui plaisent pour pas les embêter, et du coup, laisser de côté les trucs plus difficiles, moins accessibles, mais plus forts culturellement et artistiquement.



Hors-ligne - Profil  ICQ  
Dim 11 Juin 2006, 19:00 Message
C'est clair que certains profs sont surement pur quelque chose dansl'impression que ses matieres ne sont pas utiles...

Personnellement, en cinquieme, je me suis mis au latin. On a commence avec un prof absente, bref pas glop, puis ona eu une remplacante, genre la jeune prof qui est pas encore affecteee a vie dans un college barbant et qui avait vraiment envie de faire decouvrir sa passion. Donc elle melangait les cours avec des exercices sympa et instructifs. Je em souviens avoir eu a traduire des planches d'asterix en petit groupe. Bas mine de rien, on s'amuse, on apprend et on a envie d'apprendre plus parceque quand on bloque c'est penible. Et donc on avait envie d'apprendre pour pouvoir s'amuser avec le latin.

Puis je suis passe en 4eme et ca a ete le massacre, un prof chiant, des textes qui me parraissent tout sauf interessant, surtout qu'ils n'etaient pas expliques. et en troisieme ca a ete encore pire, la prof faisait des trucs dans son coin et on devait bosser sur des textes d'auteurs dont on ne connaissait rien et parleint philosophie, bref, j'ai jamais autant triche que cette annee la :smile:

Et finalement j'ai arrete le latin, completement degoute. Maintenant ca m'emmerde mais je prefere avoir arrete que m'etre casse le cul avec des profs aussi pedagogue que je suis diplomate :razz2:



Hors-ligne - Le Maudit du SDEN
Profil 
Dim 11 Juin 2006, 23:05 Message
Je n'en ai fait qu'au lycée, et à part la seconde, c'était plutôt chiant. En seconde, j'ai dû faire un exposé sur le théâtre, c'était intéressant, j'étais motivé, recherche en bibliothèque et tout ça.
Après, 1ère et terminale, versions en classe avec effectif très réduit, étude de texte et grammaire... Les classes peu nombreuses, ça peut être sympa, la mienne en Grec ancien l'était plus que l'an dernier, mais en latin, clair que ce n'était pas top pour moi...
Après, lâché au milieu de gens ayant fait du latin au collège et moi pas, tout en étant considéré comme ayant un niveau égal...



Hors-ligne - Splinter
Profil 
Dim 11 Juin 2006, 23:41 Message
Au lycée, j'ai fais trois ans de Grec, trois ans avec le même prof' : un mec super cool, un peu hippie, quasi-mythomane, mais tout à fait sympathique...

Avec ce gars là, je n'ai quasiment rien appris en grammaire/vocabulaire/conjugaison, mais j'ai beaucoup découvert en culture (et en anecdotes de vacances, masi c'est une autre histoire ! :lol:)...

Au BAC, le grec ancien, c'était mon "option lourde" (coef 4)... Je n'ai rien compris aux questions, et j'ai été lamentable sur toute ma traduction (ce n'est qu'à 10 minutes de la fin que j'ai compris que le mot récurent sur lequel je butais était un nom propre !!!)... bref, j'ai eu 7, "comme par hasard" il s'agissait de la note minimum que je devais avoir en grec pour ne pas avoir à aller en rattrapage : je sais que ma note a été bidonnée pour que "je ne coule pas à cause du grec", ils ont eu pitié de moi, mais je ne vais pas me plaindre ! :lol:



Hors-ligne - Le Maudit du SDEN
Profil 
Dim 11 Juin 2006, 23:49 Message
Djez a écrit
Au lycée, j'ai fais trois ans de Grec, trois ans avec le même prof' : un mec super cool, un peu hippie, quasi-mythomane, mais tout à fait sympathique...


Ah tiens, c'est marrant... En général, soit les littéraires sont considérés comme des philosophes méga-cool et des jouisseurs, soit on les voit comme des vieux pompeux et poussiéreux qui doivent avoir l'âge des textes qu'ils étudient. En tout cas, toujours le sentiment qu'ils sont ailleurs, dans une bulle. Mais bon, on peut dire pareil des geeks et des scientifiques.
Haut

Publier un nouveau sujet  Publier une réponse
Aller vers la page 1, 2, 3, 4, 5  Suivant
Page 1 sur 5 [ 99 message(s) ]
Sujet précédent | Sujet suivant

Utilisateur(s) parcourant ce forum : Aucun utilisateur inscrit et 1 invité





Recherche de
Aller vers
 
cron