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Auteur :  Auberon [ Ven 13 Avr 2007, 15:47 ]
Sujet du message : 

Oulààà, attention avec Bourdieu c'est pas l'auteur le plus facile à comprendre. Par ailleurs la méthode employé ne passe pas nécessairement par des chiffres. Une démarche peut-être scientifique sans être chiffrée, sans faire systématiquement dans le quantitatif. Bourdieu c'est bien de le lire mais faut quand même faire gaffe.

De plus, il y a deux Bourdieu (le Bourdieu qui écrit sur la télévision par exemple, sort quelque peu de son rôle de sociologue). donc faut faire gaffe. Je sais qu'à science po ça fait bien d'avoir lu du Bourdieu mais quand même, faut être prudent.

Un sociologue, ne t'en déplaises il a une démarche, une méthodologie précise. En fait c'est le cas normalement de tout bon chercheur en science sociales. tiens d'ailleurs le CNRS, la collège de France bref de hautes institutions françaises comptent parmi leurs chercheurs des économistes, des sociologues... Si ce ne sont pas des sciences pourquoi en ont-elles alors et la reconnaissance et le statut ? P'tain je me serais fait arnaquer alors en faisant de l'épistémologie lors de ma maîtrise en science po.

Auteur :  lokiel [ Ven 13 Avr 2007, 15:47 ]
Sujet du message : 

Auberon a écrit
Que je sache au lycée on ne fait pas d'épistémologie. On ne te fait pas lire (par exemple) de Popper et on n'attend pas des élèves qu'ils en lisent. Et heureusement d'ailleurs (les pauvres, déjà que leur sprogrammes ressemblent à rien).

Mais j'ai une mauvaise nouvelle pour toi : ce qu'on t'a dit au lycée n'est pas forcément parole d'évangile. C'est qu'un socle.


Effectivement, mais on essaye quand même de te définir la matière avant de la commencer.

Citer
Je maintiens ce que je dis : tu mélanges le problème politique (qui a un impact juridique) avec le problème de science juridique. Je m'y connais pas suffisamment en sciences comme la physique ou la biologie mais les controverses y existent aussi.


Je ne vois pas où est le mélange: je distingue bien la raison qui les y a poussé de la polémique juridique autour et ce qui m'intérresse c'est le fait que la polémique a été tranchée en évitant ce que je considère comme des bavardages stériles, justement en s'affranchissant des questions de langues. La polémique sur le "signe" comme obligation ou non est particulièrement frappante: il s'agit d'un problème juridique tournant autour de problèmes de langues juridiques et d'un mec qui règle une polémique sans fin en passant outre, en simplifiant la question. Je me fous royalement du rapport de force sous jacent et et des raisons qui l'ont motivé, je ne constate qu'une efficacité dans la clarification d'un problème qui sans cela aurait tourné en rond indéfiniment.

Citer
L'idée que tu entends démontrer part d'un postulat plus que bancal et douteux, puisque comme l'a soulevé Mith', tu mélanges trop de trucs d'un tout pour que ça se tienne. rien que ta définition de la science est à revoir.


J'ai refait un tour sur wikipedia (je ne fais pas d'epystémologie donc c'est ma meilleure source de renseignement pour l'heure) et je maintiens: la "science" n'existe pas si on ne s'appuie pas sur le raisonnement scientifique, qui a besoin de faits vérifiables, clairs, souvent ésotériques, reproductibles pour fonctionner. Le langage "de caste" est donc une condition sine qua non du bon fonctionnement des sciences. En revanche, on ne m'a toujours pas prouvé que le droit avait un besoin absolu d'un langage propre.

J'ai toujours détesté l'argument d'autorité, je ne répondrais donc pas sur le collège de France.

J'ai un peu de mal à comprendre comment la sociologie peut être une science sans enquêtes reproductibles: pour tenir des raisonnements à l'échelle d'une société , ne faut il pas raisonner en terme d'agrégats humains? Et partant de là les connaître et donc connaître leur taille mais aussi certaines valeurs se rapportant au sujet étudié ( taux de divorces, taux de participation aux élections, taux de scolarisation, répartition géographique... )

Quelqu'un peut développer la méthode de raisonnement en sciences sociales?

On s'éloigne un peu du sujet non? D'autant que c'en est un que je maîtrise mal. J'ai peut être utilisé le mot sciences selon son acceptation commune et alors? En quoi cela prouve que le droit, la philosophie et la sociologie ont absolument besoin de langages spécifiques?

Auteur :  un ami [ Ven 13 Avr 2007, 15:48 ]
Sujet du message : 

Arnok a écrit
la sociologie c'est pas un assaisonnement domestique ?

à peu pret autant que la bolognaise est une sociopathe

Auteur :  Arnok [ Ven 13 Avr 2007, 15:50 ]
Sujet du message : 

Arnok a écrit
la sociologie c'est pas un assaisonnement domestique ?


ben oui la sauce au logis

et la je suis tres loin...A moi la porte !

Auteur :  Auberon [ Ven 13 Avr 2007, 15:53 ]
Sujet du message : 

Arnok : t'es lourd. si tu veux flooder tu veux pas aller faire un tour dans les posts d'Ikimachin.
Modéro on peut tronquer s'il vous plait ?

Lokiel : je développerais bien mais je manque clairement de temps. Mais si je maintiens qu'initialement tu fais de gros amalgames. Maintenant le droit est à part et je ne crois pas avoir lu que c'était une science ici (mais c'est pas parce que ce n'est pas une science qu'il n'a pas besoin d'un vocable spécifique, non le droit n'est pas et ne peut pas être quelque chose de simple pour la simple raison que les activités qu'il entend régir ne sont pas simples).

Par contre renier le caractère scientifique de l'économie et de la socio par exemple, ça demande d'être solide sur ce qu'on avance.

Auteur :  Abdul Alhazred [ Ven 13 Avr 2007, 15:55 ]
Sujet du message : 

lokiel a écrit
la "science" n'existe pas si on ne s'appuie pas sur le raisonnement scientifique, qui a besoin de faits vérifiables, clairs, souvent ésotériques, reproductibles pour fonctionner.

Juste en passant comme ça : en math on a utilisé pendant 3 siècles et demi un théorème (le théorème de Fermat) qu'on ne réussissait pas à démontrer. Pourtant il y a fort à parier que tu considères les maths comme une science non ?

Et au passage tout scientifique (sciences sociales y compris) te dira que wikipedia n'est pas une référence valable :razz2:

Auteur :  lokiel [ Ven 13 Avr 2007, 15:56 ]
Sujet du message : 

Auberon a écrit
Lokiel : je développerais bien mais je manque clairement de temps. Mais si je maintiens qu'initialement tu fais de gros amalgames. Maintenant le droit est à part et je ne crois pas avoir lu que c'était une science ici (mais c'est pas parce que ce n'est pas une science qu'il n'a pas besoin d'un vocable spécifique, non le droit n'est pas et ne peut pas être quelque chose de simple pour la simple raison que les activités qu'il entend régir ne sont pas simples).


Je n'aurais que deux mots à dire: contrats syllagmatiques. Un mot bien compliqué pour un concept simple non?

Auteur :  lokiel [ Ven 13 Avr 2007, 15:58 ]
Sujet du message : 

Abdul Alhazred a écrit
lokiel a écrit
la "science" n'existe pas si on ne s'appuie pas sur le raisonnement scientifique, qui a besoin de faits vérifiables, clairs, souvent ésotériques, reproductibles pour fonctionner.

Juste en passant comme ça : en math on a utilisé pendant 3 siècles et demi un théorème (le théorème de Fermat) qu'on ne réussissait pas à démontrer. Pourtant il y a fort à parier que tu considères les maths comme une science non ?

Et au passage tout scientifique (sciences sociales y compris) te dira que wikipedia n'est pas une référence valable :razz2:


A ce sujet , je sais plus trop où (peut être içi d'ailleurs) , j'ai glané l'adresse d'un wikipedia où seuls des professionnels peuvent écrire.

Tu peux chercher moins loin, t'as les je-sais-plus-trop-quoi d'euclide qui sont par définition indémontrables.

Eaxct d'ailleurs toute science repose sur une théorie. Ca n'empêche que la méthode fait que ces théories reposent sur des "indices" à savoir: jusqu'içi ça marche. Les autres disciplines reposent en grande partie sur un jugement personnel, une intuition. Bon, admettons que j'ai eu tort sur la définition des sciences: ça n'empêche qu'on ne m'a toujours pas prouvé que ces matières avaient besoin de langages propres: les questions abordées m'ont l'air tout de même nettement moins ésotériques que la physique quantique non?

Auteur :  un ami [ Ven 13 Avr 2007, 16:01 ]
Sujet du message : 

Des postulats?

Auteur :  Sanjuro [ Ven 13 Avr 2007, 16:01 ]
Sujet du message : 

Si tu parts sur les postulats sans réellement comprendre à quoi cela doit servir, ça va être difficile de discuter.

Auteur :  mad [ Ven 13 Avr 2007, 16:04 ]
Sujet du message : 

Citer
Je vais pas citer le texte de Mad, qui est trop long. Mais je ne vois pas en quoi le fait d'accorder moins d'importance au langage implique qu'on applique plus strictement le droit. J'aurais même tendance à penser l'inverse. Un ami avocat de mon père m'avait confié un jour que selon lui 80 à 90% des affaires juridiques se remportent sur la forme plutôt que sur le fond et que les avocats accordant une importance réelle au fond sont minoritaires voir résiduels. Il m'a même dit qu'un juge sera nettement plus sensible à une argumentation pourrie exprimée en langage juridique selon les formes ad hoc qu'à une argumentation géniale rédigée de manière non juridique. Le fait d'accorder moins d'importance au texte et à la façon dont il est rédigé permet d'accorder plus d'importance à ce qu'il voudrait dire (notez que je n'ai pas utilisé les mots lettres et esprits). Deux exemples: De Gaulle avec sa réforme de 62, Mitterand et le contreseing avec Chirac lors de la première cohabitation: on abandonne la lettre.


Sur le premier exemple Si ton argumentation est géniale, mais mal rédigée, elle n'est pas géniale, elle est mal rédigée.
C'est vrais dans toutes les matières, pas seulement le droit. Si le juge ne comprends pas toutes les implications que la proposition sous entends, il est assez normal qu'il ne la valide pas, non?

Sur le fonds : se concentrer sur la lettre permet au contraire de préserver l'esprit, justement en l'encadrant.
Sincèrement, je ne suis pas sur que tu ais bien choisi tes exemples : De gaulle à commis un coups d'état constitutionnel, et si personne ne l'a empêché c'est simplement parce que ca aurait déclenché une guerre civile. La lettre et l'esprit de la constitutions auraient du interdire ce référendum (Les députés n'auraient jamais accepté le suffrage uninominal direct en période de menace de coups d'état comme en 58, et l'article 11 n'avait pas à permettre les modifications de constitutions, c'est bien un des rares points sur lequel tous les constitutionnalistes sont d'accord).
Et pour le contreseing de Mitterand, rien ne l'obligeait à signer, et la posture d'affrontement arrangeait toutes les parties à l'époque, tant Chichi que le vieux.

Auteur :  lokiel [ Ven 13 Avr 2007, 16:09 ]
Sujet du message : 

mad a écrit
Citer
Je vais pas citer le texte de Mad, qui est trop long. Mais je ne vois pas en quoi le fait d'accorder moins d'importance au langage implique qu'on applique plus strictement le droit. J'aurais même tendance à penser l'inverse. Un ami avocat de mon père m'avait confié un jour que selon lui 80 à 90% des affaires juridiques se remportent sur la forme plutôt que sur le fond et que les avocats accordant une importance réelle au fond sont minoritaires voir résiduels. Il m'a même dit qu'un juge sera nettement plus sensible à une argumentation pourrie exprimée en langage juridique selon les formes ad hoc qu'à une argumentation géniale rédigée de manière non juridique. Le fait d'accorder moins d'importance au texte et à la façon dont il est rédigé permet d'accorder plus d'importance à ce qu'il voudrait dire (notez que je n'ai pas utilisé les mots lettres et esprits). Deux exemples: De Gaulle avec sa réforme de 62, Mitterand et le contreseing avec Chirac lors de la première cohabitation: on abandonne la lettre.


Sur le premier exemple Si ton argumentation est géniale, mais mal rédigée, elle n'est pas géniale, elle est mal rédigée.
C'est vrais dans toutes les matières, pas seulement le droit. Si le juge ne comprends pas toutes les implications que la proposition sous entends, il est assez normal qu'il ne la valide pas, non?

Sur le fonds : se concentrer sur la lettre permet au contraire de préserver l'esprit, justement en l'encadrant.
Sincèrement, je ne suis pas sur que tu ais bien choisi tes exemples : De gaulle à commis un coups d'état constitutionnel, et si personne ne l'a empêché c'est simplement parce que ca aurait déclenché une guerre civile. La lettre et l'esprit de la constitutions auraient du interdire ce référendum (Les députés n'auraient jamais accepté le suffrage uninominal direct en période de menace de coups d'état comme en 58, et l'article 11 n'avait pas à permettre les modifications de constitutions, c'est bien un des rares points sur lequel tous les constitutionnalistes sont d'accord).
Et pour le contreseing de Mitterand, rien ne l'obligeait à signer, et la posture d'affrontement arrangeait toutes les parties à l'époque, tant Chichi que le vieux.


Sauf que non. Sur le premier exemple, le conseil constitutionnel s'est prononcé en disant que le peuple étant le constituant, la Constitution n'avait pas à être respectée lorsqu'on interroge le peuple (en gros l'idée est que De Gaulle ayant réussi son référendum, une mesure de rétorsion contre lui aurait été une attaque contre le constituant originel) , l'esprit était donc bien de son côté. De plus ça a quand même fait pas mal débat à l'époque.

Pour Mitterand beaucoup de constitutionnaliste pensaient que si justement il devait signer et que ça pouvait être passible d'une haute trahison. Mais ça n'arrangeait pas Chirac. Là c'est toi qui mélange: il y avait une polémique ardente sur la lettre (est ce que le texte dit qu'il peut ou qu'il doit signer? Durant mon exposé sur la cohabitation, j'ai travaillé sur des textes d'époques où des juristes importants étaient particulièrement virulents pour chacune des deux thèses) mais Chirac n'en a pas tiré les conséquences pour des raisons politiques.

Auteur :  atanaka [ Ven 13 Avr 2007, 16:21 ]
Sujet du message : 

Tiens, je poste dans le vide...

Auteur :  Abdul Alhazred [ Ven 13 Avr 2007, 16:24 ]
Sujet du message : 

lokiel a écrit
les questions abordées m'ont l'air tout de même nettement moins ésotériques que la physique quantique non?

Bah justement, la physique quantique, à une époque, certains (dont Einstein) t'auraient dit que ce n'était pas très scientifique :smile:

Abdul, chieur ^^

Auteur :  wizard [ Ven 13 Avr 2007, 16:42 ]
Sujet du message : 

lokiel a écrit
Sauf que non. Sur le premier exemple, le conseil constitutionnel s'est prononcé en disant que le peuple étant le constituant, la Constitution n'avait pas à être respectée lorsqu'on interroge le peuple (en gros l'idée est que De Gaulle ayant réussi son référendum, une mesure de rétorsion contre lui aurait été une attaque contre le constituant originel) , l'esprit était donc bien de son côté. De plus ça a quand même fait pas mal débat à l'époque.

Pour Mitterand beaucoup de constitutionnaliste pensaient que si justement il devait signer et que ça pouvait être passible d'une haute trahison. Mais ça n'arrangeait pas Chirac. Là c'est toi qui mélange: il y avait une polémique ardente sur la lettre (est ce que le texte dit qu'il peut ou qu'il doit signer? Durant mon exposé sur la cohabitation, j'ai travaillé sur des textes d'époques où des juristes importants étaient particulièrement virulents pour chacune des deux thèses) mais Chirac n'en a pas tiré les conséquences pour des raisons politiques.
Lokiel, en 1962 la position du Conseil constitutionnel est la position d'un organe dont les membres sont nommés par des responsables politiques et il a rendu sa position dans un contexte politique qui faisait craindre - à tort ou à raison - un déchirempent grave de la société française, voire un coup d'État.
Depuis cette décision du Consiel constitutionnel, des centaines de constitutionalistes se sont penchés sur la question et confirment ce que dit mad (la simple lecture du texte de la Vième leur donne raison, même quand on est néophyte de toute façon).

Pour 1988, il y a une marge d'interprétation dans l'obligation ou non pour le président de contresigné les ordonnances.
Rappelons nous que les constitutionnalistes qui en appelaient à la haute trahison (soyons sérieux...) ne faisaient alors que reprendre avec un vernis scientifique les déclarations de certains parlementaires de la majorité parlementaire de l'époque.

Mad s'appuie sur des années de recherches de juristes et d'historiens sur ces questions. J'ai l'impression que tu ne t'appuie que sur des opinions politisés d'acteurs de l'époque en oubliant dans quel contexte ces avis ont été énoncés.

Auteur :  Auberon [ Ven 13 Avr 2007, 17:09 ]
Sujet du message : 

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ça n'empêche qu'on ne m'a toujours pas prouvé que ces matières avaient besoin de langages propres: les questions abordées m'ont l'air tout de même nettement moins ésotériques que la physique quantique non?


Ah bon ? tu trouves vraiment le langage de l'économiste ou du sociologue si imbitable que ça ?

La vraie réponse est : une discipline (scientifique ou non) peut avoir besoin d'un langage propre... ou pas.

En tout cas elle a besoin de définir et poser des concepts sans lesquels rien n'est possible. Que le verbe entourant ses concepts soit ou non compliqués, c'est un autre débat. Mais ce n'est pas systématiquement ésotérique comme tu sembles vouloir le croire. Des fois ça l'est, des fois ça l'est pas. Mais une discipline quelle qu'elle soit a besoin de créer et de manier des concepts qui lui sont propres. Sinon elle ne peut rien faire.

Donc on a les idéaux types de Weber (par exemple). Oui une discipline peut être créative contrairement à ce que tu sembles croire. Et oui ça lui est utile. C'est quand même fondamental d'apporter un minimum de définitions. Faut savoir de quoi on parle.

Auteur :  mad [ Ven 13 Avr 2007, 18:50 ]
Sujet du message : 

Merci Wiz.
Deux petites choses en plus : le CC à conclu à son incompétence, pas à la légalité de la procédure référendaire.
Dire : "Ce n'est pas a moi de dire si oui ou non cette procédure est illégale" c'est pas : "cette procédure est légale".
D'ailleurs, cette manière de botter en touche a été longtemps une caractèristique du CC, qui a finit par s'en défaire. Aujourd'hui il semble qu'il fait son job, quand on pense à le saisir (en particulier pour les cavaliers budgétaires (Mesure à caractère budgétaire passées en douce dans des lois qui n'ont strictement rien à voir)).

Ensuite la "hautre trahison" c'est pas seulement un joli mot qui fait bien, c'est une infraction trés particulière, issue de l'ancien droit, qui implique en gros (si vous voulez les éléments constitutifs précis, il faudrait probablement aller voir dans le code de la défense) une trahison au profit d'une puissance étrangère.
Dans le cas de Mitterant refusant de signer le decret, je ne vois pas de puissance étrangère :)
Dans tous les cas le seul organne qui peut sanctionner l'incurie du président dans l'exercice de ses fonctions (ici signer les decrets, mais pas par exemple tordre l'article 11 pour passer par dessus le parlement, organe représentant le peuple souverain) y'a que le peuple, par des élections conformes à la constitution.
Si CHichi avait vraiment cherché l'affrontement, et pas seulement un effet d'annonce (il avait besoin de s'opposer à Mitterant, ils bossaient trop bien ensemble, ca aurait fini par déranger la base) il aurait démisioné, obligeant Mitterand à choisir un nouveau premier ministre, qui n'aurait par eu la confiance de l'assemblée, forçant in fine le président à dissoudre l'assemblée, laissant le peuple décider.
Bien sur, ca aurait boqué le pays, et ca aurait entrainé des elections législatives et présidentielles anticipées en cas de victoire de la droite aux législatives (le président aurait fini par "se soumettre ou se démettre", pour débloquer la situation), mais ca aurait permis de vider l'abcès.

Auteur :  atanaka [ Ven 13 Avr 2007, 18:55 ]
Sujet du message : 

Au fait...

Abdul a écrit
Juste en passant comme ça : en math on a utilisé pendant 3 siècles et demi un théorème (le théorème de Fermat) qu'on ne réussissait pas à démontrer.

Si tu veux mon avis, c'est un très mauvais exemple. Ce "théorème" était justement vérifié par l'expérience et a été accepté, à défaut de trouver un contre-exemple, ce qui est la base même de la théorie scientifique. Il a donc plus relevé de la science pendant la période où ce n'était qu'une théorie, que lorsqu'il a été démontré, puisqu'il a basculé dans le domaine des mathématiques. En ce sens je rappelle que les mathématiques sont plus un outil qu'une science. Elles ne cherchent pas analyser la réalité, mais à permettre des déductions logiques à partir d'axiomes. C'est la seule discipline que l'on peut qualifier "d'exacte", mais ce n'est pas une science.

Auteur :  Sanjuro [ Ven 13 Avr 2007, 19:40 ]
Sujet du message : 

Mouais, je ne suis pas certain que le terme exacte puisse convenir à toutes les branches des mathématiques.
Par contre, je m'élève contre le terme outils pour les mathématiques. Que des mathématiques, soient construits des outils pour d'autres disciplines, oui, mais que les mathématiques soient considérées comme une boite à outils, certainement pas.

Auteur :  atanaka [ Ven 13 Avr 2007, 19:44 ]
Sujet du message : 

Sanjuro a écrit
Mouais, je ne suis pas certain que le terme exacte puisse convenir à toutes les branches des mathématiques.

Tu penses à quoi ?

Sinon oui je suis d'accord, les mathématiques n'ont pas vocation à être des outils, je le voyais bien en relation avec d'autres disciplines et l'usage que l'on peut en faire.

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