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| Auteur : | Bayushi F'Ramir [ Lun 21 Mai 2007, 15:25 ] |
| Sujet du message : | La fin d'un rêve (de plus) |
http://www.rue89.com/2007/05/19/christi ... une_utopie Citer Christiania: démolition d’une utopie à Copenhague
a démolition d’une première maison de la "ville libre", située en plein cœur de Copenhague sur un terrain militaire abandonné, annonce le début de la normalisation de Christiania et donc la fin de cette expérience sociale qui a fêté son 35e anniversaire à l’automne dernier. Les autorités danoises ont fait démolir lundi matin une première maison de cette communauté autogérée de 850 personnes -dont 200 enfants-, autoproclamée "ville libre" en 1971. Il s’agissait de Cigarkassen (la "boîte à cigares"), une maison désaffectée depuis un incendie en 2002 et que des Christianites retapaient. "On est en colère. On a pris ça comme une provocation de la part de l’Etat, qui n’a même pas attendu le verdict du procès, alors que nous avons engagé près de 800 plaintes contre lui", explique Marianne, une Française qui vit à Christiania depuis des années. Une manifestation contre la démolition de Cigarkassen a dégénéré en de violents affrontements, qui ont transformé les rues de Christianshavn (le quartier de Christiania) en champ de bataille, lundi 14 mai. Les forces de l’ordre ont dispersé les jeunes armés de pavés, bouteilles et cocktails-Molotov en tirant des gaz lacrymogènes. Bilan: 59 jeunes arrêtés, trois policiers blessés, plusieurs voitures incendiées et l’école du quartier évacuée. A Christiania, plus grand squat en Europe et l'un des derniers bastions "peace and love", cette éruption de violence laisse perplexe. D’ailleurs, selon le porte-parole de la police de Copenhague, Flemming Steen Munch, interrogé par l’AFP, "les fauteurs de troubles ne sont pas des hippies de Christiania, mais de jeunes casseurs", appartenant pour la plupart à des groupuscules d’extrême gauche qui ont déjà affronté les forces de l’ordre en mars, lors de l’évacuation et de la démolition d’Ungdomshuset, temple de l’underground à Copenhague, occupé par des dizaines de jeunes. "Si la démolition d’une maison abandonnée entraîne des émeutes aussi violentes, que va-t-il se passer si les autorités s’attaquent aux maisons habitées?", interroge Klaus, 33 ans, Christianite depuis 11 ans. "La violence n’est pas une solution. Et l’Etat est bien plus fort que nous", déclare ce jeune père de famille en se rappelant "cette terrible soirée du 18 mai 1993 où la police avait tiré à balles réelles sur des personnes qui manifestaient contre le traité de Maastricht, faisant huit blessés, mais aucun mort, par chance". Depuis son arrivée au pouvoir, en 2001, le gouvernement libéral-conservateur bataille pour liquider Christiania. La communauté autogérée occupe en effet illégalement un terrain appartenant au ministère de la Défense depuis 1971: 35 hectares de campagne en plein centre ville, avec en prime un lac, autour duquel des familles ont construit des maisons en bois de leurs propres mains. A l’heure où une la pression immobilière fait flamber les loyers de Copenhague, l’Etat entend remettre la main sur son précieux bien et construire des logements. Les anciennes casernes de l’armée taguées de fresques psychédéliques et les cabanes de guingois de la "ville libre", font désordre dans les quartiers de Christianshavn et Holmen, fraîchement réhabilités. Le Premier ministre Anders Fogh Rasmussen s’est attaqué à l’épineux dossier Christiania, sur lequel d’autres avant lui se sont cassé les dents, en commençant par démanteler, début 2004, Pusher Street: un marché à ciel ouvert des drogues douces -illégales au Danemark mais tolérées dans l’enceinte de la "ville libre", du temps des socio-démocrates. Avant cette date, Christiania était la plaque tournante du haschich en Europe du Nord et l’une des principales attractions touristique de la capitale. Les drogues douces brassaient selon les estimations entre 500 millions et 1 milliard de couronnes par an (entre 67 et 134 millions d’euros) et faisaient vivre -directement ou indirectement- un quart des Christianites. En mettant un terme à cette économie, le plan de normalisation du gouvernement à reçu le soutien du Folketing (Parlement) et d’une majorité de Danois, de moins en moins tolérants et de plus en plus partagés au sujet des Christianites, qui ont le privilège d’habiter dans un havre de paix en pleine capitale pour un prix dérisoire, puisqu’ils ne paient pas de loyer, mais une taxe à la communauté en échange de l’eau et de l’électricité… Après deux ans et demi d’âpres négociations avec les pouvoirs publics, les Christianites n’ont pas eu d’autre alternative que d’accepter, fin mars, un plan qui ouvre la voie à la normalisation. Le gouvernement prévoirait la construction de 300 logements. Les anciennes casernes converties en appartements seraient rénovées mais les habitations en bois construites par les squatteurs sur les anciens remparts de la ville détruites. "Au-delà de Christiania, le gouvernement œuvre à la normalisation de tout Copenhague et de tout le Danemark. Le pays est en train de devenir extrêmement homogène, on ne supporte aucune différence. Ce gouvernement efface notre héritage social-démocrate et notre tradition de tolérance", regrette Miriam, une étudiante danoise. Marianne, elle, refuse de croire à la fin de Christiania, mais se dit "inquiète", car "communauté alternative et plan de normalisation, ça ne va pas ensemble". En trente-cinq ans, Christiania a toujours résisté aux pressions des gouvernements successifs. Qu'en sera-t-il cette fois? |
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| Auteur : | Auberon [ Lun 21 Mai 2007, 15:39 ] |
| Sujet du message : | |
magnolia J'y étais passé quand j'ai visité Copenhague et j'en étais sorti enchanté, un vrai havre de paix dans une ville de stress P'tain de p'tain, c'est vraiment naze |
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| Auteur : | Didi [ Lun 21 Mai 2007, 15:45 ] |
| Sujet du message : | |
Et tu regrettes quoi exactement BFR ? |
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| Auteur : | Bayushi F'Ramir [ Lun 21 Mai 2007, 15:57 ] |
| Sujet du message : | |
L'uniformisation. Le truc des hippie, c'est pas mon trip, mais ces gens avaient réussi à créer un truc stable différent du modèle généralement adopté. C'est utile d'avoir à portée de main un système différent à étudier, parce que ça permet de porter un regard mieux informé, plus acéré sur le sien propre. Et je regrette aussi que le sentiment des gens qui vivent autour soit : "ces gars là vivent tranquillement, nous on en chie, il n'y a pas de raison que ces gars là s'en tirent mieux que moi". Christiana est en place depuis TRENTE-CINQ ANS. Ce n'est pas une utopie, c'est une réalité. Et ce n'est pas à une utopie que l'on s'attaque donc, pas à des idées, mais à une réalité, à des immeubles, à des gens, à des familles, à une économie. |
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| Auteur : | Kitsune Kamuii [ Lun 21 Mai 2007, 17:33 ] |
| Sujet du message : | |
Bayushi F'Ramir +1 |
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| Auteur : | Didi [ Lun 21 Mai 2007, 19:03 ] |
| Sujet du message : | |
En même temps, l'existence d'un État interventionniste et puissant permet difficilement l'existence de modèles différents au principal du fait des exigences d'égalité devant la loi ou de contraintes fiscales ou administratives. |
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| Auteur : | lokiel [ Mar 22 Mai 2007, 11:36 ] |
| Sujet du message : | |
Et là, ils virent pour construire des logements. J'aimerais savoir quel type de logements sont prévus avant de me prononcer mais je ne protesterais pas contre des logements sociaux par exemple. A la place du gouvernement j'aurais fait ça comme ça: d'abord leur proposer de se déplacer à la campagne en leur garantissant les mêmes conditions d'accès à l'eau et l'électricité et en cas de refus les expulser. La pression immobilière est un fléau et je comprend la situation délicate du gouvernement. L'article cité semble d'ailleurs sous entendre que les conditions d'accès à l'eau et l'électricité y étaient très favorables, je voudrais en savoir plus sur l'accord exact qui avait été passé... De plus rappelons que ce village urbain faisait le commerce de drogues douces et servait de pivot en Europe, ça n'est pas rien quand même, la tolérance a ses limites et le non respect de la loi aussi. |
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| Auteur : | Auberon [ Mar 22 Mai 2007, 13:08 ] |
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Citer De plus rappelons que ce village urbain faisait le commerce de drogues douces et servait de pivot en Europe, ça n'est pas rien quand même, la tolérance a ses limites et le non respect de la loi aussi.
Il ne l'aurait jamais fait sans la tolérance des autorités, faut arreter... Et je me demande ce qui est pire : le fait que les autorités ait fermé les yeux pendant des années sans que ça génère de situations vraiment intolérable ou le fait d'interdire brutalement et de traquer sur la suspicion voire la délation (ce qui se fait de l'autre côté en Suède). Qu'on ne se méprenne je ne fais pas l'apologie des drogues douces mais entre nous, la situation de Christiania n'avait de ce point de vue là rien de choquante. Pour avoir visité l'endroit, y être passé et avoir pu comparer avec ce qui se faisait en face, cette tolérance n'était pas forcément moins efficace que finalement une repression plus dure. Bref ça ne résoudra rien de demanteler Christiania du point de vue des autorités. Au contraire, puisque ça va contribuer à rendre invisible le trafic (mais ça ne va pas le restreindre). D'ailleurs la plupart des étudiants que j'ai fréquenté en Suède, pour toper, n'allaient pas forcément christiania (assez cher car justement c'est pignon sur rue). Généralement il faisaient plutôt l'aller-retour jusqu'en Allemagne (moins cher et possibilité d'acheter de l'alcool en plus) voire en Pologne pour les plus motivés. Donc bon, Christiania plaque tournante du trafic en europe, ça me fait un peu marrer. |
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| Auteur : | Bayushi F'Ramir [ Mar 22 Mai 2007, 13:35 ] |
| Sujet du message : | |
Il y a effectivement un marché à ciel ouvert de drogues dites douces, mais au moins ça s'arrêtait là ; toutes les tentatives d'implantation des réseaux de drogues dites dures ont été fermement arrêtées par les habitant de Christiana, et leurs instigateurs expulsés. Je ne consomme ni l'un ni l'autre type de drogue, mais là encore, on avait sous les yeux un modèle réel, pas hypothétique, de la gestion de cette économie parallèle. Pour les logements je me suis aussi dit "attendons de voir, on va peut être leur construire des logements décents, pour les reloger eux mêmes". Mais je ne peux pas m'empêcher, et tant pis pour le procès d'intention, d'y voir tout simplement une grosse opération immobilière pour récupérer des terrains à prix misérables (vu leur placement en ecetre ville, hein, tout est relatif), les construire et les revendre avec un bénéfice énorme. |
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| Auteur : | -Kõjiro- [ Mar 22 Mai 2007, 13:47 ] |
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Pas mieux que Bayushi F'Ramir... Surtout ça : Citer Et je regrette aussi que le sentiment des gens qui vivent autour soit : "ces gars là vivent tranquillement, nous on en chie, il n'y a pas de raison que ces gars là s'en tirent mieux que moi".
Non seulement les autorités ne tolèrent plus qu'un modèle alternatif apparemment + ou - fonctionnel puisse simplement exister mais la population elle même leur refuse le droit d'exister. Peut être; si j'ose un peu de psycho de comptoir, parce qu'ils préfèrent ne pas être confronté à l'idée même qu'il puisse y avoir une alternative à nos modes de fonctionnement qui sont pourtant ressentis comme contraints. Comment se contenter de gueuler contre un système quand d'autres prouvent qu'il est possible d'en sortir. |
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| Auteur : | yvan [ Mar 22 Mai 2007, 14:42 ] |
| Sujet du message : | |
En clair, vous pouvez expliquer en quoi ils vivaient autrement? |
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| Auteur : | Didi [ Mar 22 Mai 2007, 14:47 ] |
| Sujet du message : | |
En même temps, la logique des états modernes ne permet guère de modèles alternatifs acceptables, à moins de devoir accepter une multiplication de statuts et de lois, ce qui reviendrait à une sorte de "retour en arrière" (en terme d'évolution, je ne fais pas une appréciation ici) en terme d'organisation de la vie publique. |
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| Auteur : | Bayushi F'Ramir [ Mar 22 Mai 2007, 16:39 ] |
| Sujet du message : | |
Oui Didi, tu l'as déjà dit (ou alors je ne vois pas bien la nuance avec le précédent post). Mais que ce soit un fait n'enlève rien au fait que moi personnellement je, je trouve ça dommage. On pourra répéter une quarantaine de fois que "c'est comme ça ma bonne dame" que ça n'y changerait rien. |
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| Auteur : | Didi [ Mar 22 Mai 2007, 18:12 ] |
| Sujet du message : | |
Oula tu as raison, je radote, c'est pas bien (quoique je pense que mon 2ème post est vachement mieux écrit que le premier). Par contre je ne veux pas dire par là que c'est comme ça et qu'on peut rien y faire mais je veux souligner la difficulté de coexistence de modèles alternatifs assez différents dans un même ensemble "moderne". Aussi faudrait-il je pense, s'il on souhaite avoir un système qui permettent cette coexistence tout en conservant des aspects que je considère comme positif du modèle "moderne" (et ce doit ^^etre le cas puor d'autres aussi), avoir une réflexion sur ce système en préalable. Le problème étant à mon humble avis qu'une bonne partie des gens qui pronent un modèle alternatif ou différent ne souhaitent pas une coexistence mais plutôt faire changer le modèle dominant. |
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| Auteur : | yvan [ Mar 22 Mai 2007, 18:31 ] |
| Sujet du message : | |
Moi je vais radoter par contre... Comment ils vivaient? En quoi ont ils créer une societé alternative? |
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| Auteur : | -Kõjiro- [ Mar 22 Mai 2007, 19:23 ] |
| Sujet du message : | |
Quelques éléments de description : http://fr.wikipedia.org/wiki/Christiania_%28Danemark%29 |
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| Auteur : | Bayushi F'Ramir [ Mer 23 Mai 2007, 03:19 ] |
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Didi a écrit Le problème étant à mon humble avis qu'une bonne partie des gens qui pronent un modèle alternatif ou différent ne souhaitent pas une coexistence mais plutôt faire changer le modèle dominant.
Mouaip encore que je ne sais pas s'il y a une volonté commune des gens là bas, si tout le monde est d'accord ou se réclame de la même idéologie. J'en doute fort, même. D'ailleurs qu'elle le veuille ou non, elle n'a pas le choix de la coexistence : après avoir tourné longtemps sans monnaie, la ville a créé sa propre monnaie, et son économie n'est pas du tout indépendante. Sans indépendance/autonomie/autarcie, elle est forcée d'accepter l'existence du modèle d'à côté. Ce dernier n'a pas cette obligation, et le fait bien sentir. C'est quand même ouf, on a vu des gens se rassembler, ne pas se donner d'institutions, pas de monnaie, pas de système, et voir tout ça se créer au fur et à mesure, par la nécessité et le consensus, ça doit être extrêmement intéressant à observer, la construction d'un système en direct live ! Une partie de Civilization sur 35 ans, en grandeur nature ! |
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| Auteur : | lokiel [ Mer 23 Mai 2007, 08:11 ] |
| Sujet du message : | |
C'est peut être d'ailleurs toute la limite du système: il n'est valable qu'inséré dans un système traditionnel, sans quoi il ne peut fonctionner. Quelqu'un a des infos sur le coût pour la société de cette expérience en terme notamment d'infrastructures? |
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| Auteur : | Elch [ Jeu 24 Mai 2007, 15:12 ] |
| Sujet du message : | |
ou combien est ce que la société économisait: d'après l'article de wikipédia, les christianites touchaient des alloc réduites au plancher comparativement à ce qu'ils auraient pu toucher hors de christiania, idem pour les modifications du réseau d'égout qu'ils ont semble t'il fait eux mêmes, combien ça aurait couté à la ville? c'est un peu simpliste de penser que les expériences alternatives sont forcément des parasites! si certaines systèmes d'échanges non monétaires comme les SEL ont eu des ennuis avec entre autres les impots, c'est parce qu'on leur reproche de faire échapper du fric au système (donc forcément d'être générateur de ressources) y a des tas de choses qui sont "utilisées" de façon non payante dans les économies parallèles qui sont facturées cher dans le système "légal" par exemple, si nous au planning on continue encore à survivre et à avoir une place plus importante que les centres de plannification du conseil général, c'est, entre autres, parce que paradoxalement, ça coute moins cher au conseil général de faire appel à nous que d'utiliser ses propres employés... et ça c'est rendu possible par le fait qu'une bonne partie de notre activité tourne sur du bénévolat (après je dis pas que c'est normal que ce soit des bénévoles qui permettent à l'éducation sexuelle au collège/ lycée de fonctionner ou qui permettent aux femmes l'accès à la contraception, théoriquement, ça devrait pas être à nous de le faire, mais bon, on y trouve notre compte en ayant un canal de diffusion pour des choses qui nous semblent importantes |
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| Auteur : | Valérian [ Jeu 24 Mai 2007, 16:29 ] |
| Sujet du message : | |
Ah, tient Elch, un question au passage : Pourquoi ca s'appelle le "planning" famillial, sachant que cette notion de "planning" resort aussi dans l'organisme du conseil régional, car je vois pas trop le rapport avec le sujet traité ? |
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