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Le polit bureau d'après la chute - 2 -

Hors-ligne - Judge Thread
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Sam 17 Jan 2009, 18:02 Message
Bon, je n'ai aucune envie de rentrer dans le débat sur Israël et j'éviterai d'aller sur ce terrain piégé par excellence (que Wenlock démine très bien avec ses commentaires, ceci dit) qui n'a rien à voir avec le sujet originel. J'objecterai juste à mad, d'un point de vue factuel, que le Hamas n'est pas reconnu comme terroriste au niveau internationale pour la simple raison qu'il n'existe pas de définition internationale du terrorisme, l'ONU n'y est jamais parvenu même s'il existe des définition par défaut pour les documents de travail, et par conséquent pas de liste internationale des organisations terroristes. Fin de la parenthèse.

Pour revenir au coeur du sujet, je suis bien d'accord, mad, le terrorisme n'a pas été inventé par des démagogues et des journalistes. Toutefois, compte tenu du risque relatif qu'il fait peser sur la population, il est bel et bien instrumentalisé pour tout un tas de sujet et pour faire accepter différentes politiques, qui seraient autrement rejetées par la population. La lecture des législations anti-terroristes les plus récentes est assez terrifiante quand on se rend compte ce qu'elles permettent théoriquement et le pouvoir discrétionnaire qu'elles offrent à certains magistrats, souvent dûment sélectionnés. Pire encore, de nombreuses modalités de ces textes peuvent très facilement être utilisés pour criminaliser des mouvements sociaux durs ou des ennemis politiques du pouvoir en place et ils ont été rédigés à une époque où nos dirigeants voyaient très bien la crise économique arriver.

Sans compter que, dès qu'apparaît le mot "terrorisme" on tombe dans l'opacité la plus totale et la haute barbouzerie n'est jamais bien loin. Par définition, la lutte anti-terroriste est au carrefour de la raison d'État (confondu bien souvent avec les intérêts particuliers de certains hauts responsables politiques), de l'opacité des services de renseignement et du droit. Bien souvent, le respect des droits des personnes pris dans cet engrenage est bien difficile à faire respecter a posteriori, ne parlont même pas de leurs droits pendant la procédure.

Je vais être obligé de faire très long, mais je pense qu'il vaut mieux fournir des exemples dans ce genre de discussions sans quoi on tombe dans la dénonciation abstraite.

Le premier exemple est l'action menée par Charles Pasqua dans la période 1993-1995. A l'époque, soucieux de rapprocher la France des généraux algériens, Pasqua va tout faire pour "démontrer" à l'opinion publique (et à son gouvernement où Juppé et son conseiller Villepin ne suotiennent pas cette ligne) qu'il faut soutenir les généraux éradicateurs et l'utilisation des possibilités de l'antiterrorisme va lui servir grandement. Il détruira simplement des vies dans la manoeuvre, mais qu'importe.

Le 20 octobre 1993, l’émission de TF1, Le droit de savoir, invite Charles Pasqua. Le reportage central de l’émission a été réalisé par David Pujadas et traite de façon alarmiste de la progression de l’islamisme dans les banlieues et s’inquiète de leur potentielle « dérive terroriste » . Le reportage a été réalisé avec l’aide et l'appui de Democratia, pseudo-association de quartier fondé par les réseaux pasquaïens. Le secrétaire de l'association, Amirouche Laïdi (aujourd'hui président du club Averroes) est crédité comme co-auteur du reportage et le président de l'association Democratia, Rachid Kaci (aujourd'hui conseiller de Sarko à l'Elysée) y est longuement interviewé. Ils serviront de caution "de terrain" aux propos tenus. Deux ans plus tard, David Pujadas développera son reportages et ses thèses dans un livre co-écrit avec Ahmed Salam, pseudonyme d’Amirouche Laïdi, « La tentation du Jihad » . L’association Democratia participera également à la conception d’un autre numéro du Droit de savoir, le 21 décembre 1994, intitulée (tout en finesse) « Musulmans, la contamination ». Pasqua commentera le reportage lors de l'émission et annoncera que cette dérive inquiétante va nécessiter une reprise en main prochaine.

Quatre jours après l’émission Le droit de savoir, le 24 octobre 1993, trois agents consulaires de l’ambassade de France en Algérie sont enlevés, enlèvement revendiqués par le GIA. La presse fait ses gros titres sur cette attaque qui vise directement des Français et sur la menace islamiste en jouant a fond le référentiel post-colonial sur la Guerre d'Algérie. Mais il s’agissait d’une manipulation menée conjointement par les services secrets algériens et la DST comme le confirmera quelques années plus tard l’ancien bras droit de Charles Pasqua, Jean-Charles Marchiani, aux journalistes Louis Aggoun et Jean-Baptiste Rivoire dans leur bouquin "Françalgerie". Les trois otages français seront libérés une semaine plus tard, sommés de ne pas parler des détails de leur enlèvement et mutés aux îles Fidji pour s'assurer leur silence. Michèle Thévenot, l’une des otages, a reçu durant sa captivité un document du « GIA » exigeant le départ de tous les Français d’Algérie, c’est cette revendication qui servira de prétexte le 9 novembre 1993 au lancement de l’opération « Chrysanthème » : l’arrestation de 88 Algériens partout en France. Le ministère de l’Intérieur assurera que des armes et des documents indiquant que des attentats étaient en préparation en France ont été saisis, information qui sera largement relayée dans la presse. Les premiers démentis de ces affirmations arriveront dès le mois de janvier 1994 mais il faudra six ans pour que les derniers suspects soient totalement blanchi et pour que la justice déclare que « les autorités policières n’avaient pour seul impératif que de faire déférer, quel qu’en soit le prix, le chef du FIS en France pour donner un caractère de réussite à l’opération Chrysanthème (…) au mépris des règles de droit les plus élémentaires, en maquillant la vérité pour tromper la justice. » (Ordonnance de non lieu partiel et de renvoi devant le tribunal correctionnel, tribunal de grand instance de Paris, 7 juillet 2000).

Suite à l’assassinat, le 3 août 1994, de trois gendarmes et de deux agents consulaires français à Alger (opération des services de sécurité algériens d'après Aggoun et Rivoire), Charles Pasqua fera arrêter des membres du FIS en France, sans chef d’inculpation, et les fera emprisonné dans l’ancienne caserne de Folembray dans l'Aisne (qu'il avait fait réaménagé 6 mois plus tôt tout en nommant un de ses proches conseiller au poste de préfet de l'Aisne pour superviser l'opération) où il fera également transférer une partie des personnes arrêter pendant l'opération "Chrysanthème". Il en fera expulser la plupart. Dans la foulée, il fera interdire des publications algériennes en France et organisera une vaste opération de contrôle d’identité (Le Canard enchaîné parlera à l'époque de 27 000 vérifications d’identités en deux semaines), au nom de la lutte antiterroriste, qui servira surtout à arrêter des étrangers sans papiers. Plusieurs années plus tard, ceux, parmi les victimes des arrestations de l'époque, qui auront réussi à faire valoir leurs droits obtiendront de la justice l'invalidation de la procédure, mais la plupart n'ont pas eu cette possibilité, étant simplement expulsé de France, sans possibilité de recours. Un certain nombre des victimes de ces expulsions illégales ont été assassinés par les forces de l'ordre algériennes après leur reconduite à la frontière.

En décembre 1994, suite au détournement d’un vol d’Air France Alger-Paris, commenceront des rafles successives contre le « réseau Chalabi », un réseau supposé d’aide aux forces du GIA en France. Mené par le juge Jean-Louis Bruguière, les spectaculaires rafles donnèrent lieu à des centaines d’arrestation et aboutirent finalement, au mois de juillet 1998, à un procès gigantesque où 138 prévenus furent jugés. Un tiers des prévenus furent acquittés en janvier 1999 et les autres ne furent condamnés qu’à des peines légères compte tenus des faits initialement reprochés, quand ils ne furent pas condamnés pour séjour irrégulier sur le territoire français. Tout au long de l’instruction, la presse fut largement alimentée en «fuites» retentissantes justifiant les arrestations. Beaucoup des acquittés ont fait 3 à 4 ans de prison en préventive, souvent avec leurs comptes en banque bloqués et l'accusation infamante de terrorisme collant à leur peau et à celles de leurs proches. Bref, on est dans un cas de figure comparable à celui des accusés d'Outreau, le scandale en moins.

Ce type de pratiques ne s'est pas arrêté avec Pasqua. Sarkozy a aussi fait joujou avec la vie d'innocents et l'antiterrorisme pour ses intérêts politiques.

A l'été 2005, l'antiterrorisme français s'était illustré en procédant, avec des équipes de la Direction de la surveillance du territoire (DST), à l’arrestation d’un père et de son fils à Wervicq-Sud (à côté du bled de mes parents), dans le Nord, près de Lille. L’arrestation eut lieu le 26 juillet 2005 à 6 heures du matin, devant les caméras de la chaîne France 2 et les photographes de l’Agence France Presse, prévenus grâce à des "fuites" opportunes. Ils purent bénéficier des hélicoptères de la police afin de prendre des images en plongée de l’arrestation. Les médias, là aussi, se déchaînèrent contre les "terroristes", mais les deux hommes furent libérés trois jours après leur arrestation, sans qu’aucune charge ne soit retenue contre eux. Leur libération fut, médiatiquement, bien plus discrète que leur arrestation. Notons que ce show anti-terroriste n’eut pas lieu à un moment médiatiquement neutre. En effet, peu de temps avant, la France et l’Espagne avaient signé une déclaration commune précisant la nécessité de lutter contre le terrorisme. Or, les deux hommes avaient été arrêtés pour de supposés liens avec les attentats de Madrid du 11 mars 2004. En outre, le lendemain de l’opération, Nicolas Sarkozy fit une visite, prévue de longue date, dans les locaux de la DST, service qui avait procédé à l’arrestation. Il y confirmait la fusion des services antiterroristes de la DST, des Renseignements généraux et de la division antiterroriste de la Police judiciaire.

Quelques semaines plus tard, bis repetita !

Le 6 septembre 2005, France 3 rediffusait un documentaire déjà programmé en septembre 2002 intitulé "Terrorisme, la menace nucléaire". Ce documentaire n’avait rien d’une nouveauté et il avait déjà provoqué de nombreuses réactions dans la presse française lors de sa première diffusion, alors que Washington s’efforçait de convaincre l’opinion publique internationale de la menace que représentaient les armes de destruction massive irakiennes et leur possible acquisition par des terroristes. Pourtant, le lendemain de la diffusion du documentaire, Le Monde, y faisait à nouveau largement écho, et, dans la même édition, Le Monde révélait que le ministère français de l’Intérieur travaillait à la rédaction d’une nouvelle loi antiterroriste. Bien vite, on apprit que les grandes lignes de cette loi seraient présentées lors d’une émission spéciale sur « la menace terroriste » en France diffusée, à nouveau, sur France 3 dans le cadre de l’émission Pièce à conviction. L’émission « Pièce à conviction » accueillait Nicolas Sarkozy et le juge antiterroriste Jean-Louis Bruguière, le 26 septembre 2005. L’émission fut enregistrée le 21 septembre 2005, et le ministre de l’Intérieur présenta son projet : un fort durcissement des textes en vigueur. Il insista particulièrement sur le fait qu’en France : « La menace terroriste existe, elle est à un niveau très élevé » et parlait du démantèlement d’une cellule terroriste qui venait d’avoir lieu.

Or, il n’y avait pas eu d’arrestations juste avant l’enregistrement de l’émission, Sarkozy, en bon professionnel des médias, avait simplement utilisé cette formule pour donner l'illusion du direct aux spectateurs. Celles-ci ne survinrent que le matin précédant la diffusion du magazine; un événement qui plaça, fort opportunément, le terrorisme islamiste au cœur de l’actualité. À 6 heures du matin, le RAID (sous l’autorité du ministère de l’Intérieur) arrêtèrent neuf personnes, , à Trappes, accusées de préparer des attentats terroristes à Paris, sur commission rogatoire du juge Bruguière. Les arrestations furent mises en scène devant les caméras de TF1, France 2 et France 3, présentes sur les lieux avant l’arrivée de la police. France 3 plaça l’événement en Une sur son site internet, juste en dessous du bandeau publicitaire annonçant l’émission du soir.

Pour la presse française, il ne faisait aucun doute que les neuf hommes étaient membres d’un réseau islamiste dangereux pour la sécurité du pays. Comme c’est fréquemment le cas, les médias reprirent les communiqués de presse et les « fuites » émanant des milieux proches de l’enquête et oublièrent totalement la présomption d’innocence. Pourtant, le 30 septembre 2005, seuls quatre des hommes furent présentés au parquet en vue d’une éventuelle mise en examen. Ils ont tous été blanchi depuis.

Et des cas comme ça, il y en a des tas et je parle d'évènements qui ont eu lieu avant l'adoption de la loi du 23 janvier 2006 qui renforce encore les pouvoirs de l'antiterrorisme. Cette loi a été vendue à l'opinion précisément grâce au plan de communication associé aux médiatiques arrestations de Trappes.

On n'est donc pas dans le cadre des dérives du seul Bruguières, on a un système délirant qui au nom d'une menace hypertrophiée médiatiquement, broie des vies au nom de l'intérêt politiques de quelques uns.
Dernier message



Hors-ligne - Oya Merboldus
Profil  Site internet  
Sam 17 Jan 2009, 18:37 Message
wizard a écrit
(que Wenlock démine très bien avec ses commentaires, ceci dit)

En fait, c'est surtout DeDefensa qui démine, moi je me contente de répéter et de synthétiser.



Hors-ligne - Profil 
Sam 17 Jan 2009, 19:56 Message
wizard a écrit
Or, il n’y avait pas eu d’arrestations juste avant l’enregistrement de l’émission, Sarkozy, en bon professionnel des médias, avait simplement utilisé cette formule pour donner l'illusion du direct aux spectateurs.


Je me souviens bien de cette histoire. J'avais trouvé incroyable le peu de cas qui était fait de cette évidente manipulation. Quand même, un ministre de l'intérieur qui enregistre une émission dans laquelle il défend une position de durcissement de certaines politiques en utilisant des faits qu'il va faire se produire opportunément le jour de la diffusion de l'émission c'était quand même très fort.



Hors-ligne - Profil 
Sam 17 Jan 2009, 21:58 Message
Dans mon monde à moi, y a que des poneys.
Ils mangent des arc-en-ciels et ils font des cacas-papillons...............:yua:


ITK qui cherche le smiley pour se pendre. :(



Hors-ligne - Social traitre!
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Dim 18 Jan 2009, 03:29 Message
wizard a écrit
On n'est donc pas dans le cadre des dérives du seul Bruguières, on a un système délirant qui au nom d'une menace hypertrophiée médiatiquement, broie des vies au nom de l'intérêt politiques de quelques uns.


ben non, justement, à part ce monsieur que je me refuse à citer, les autres juges AT on des scrupules à signer les commission par liasse de 100... mais bon pas grave, si tu voulais juste rappeller qu'une loi d'exception peut être utilisée pour autre chose, tu prêche un converti.

Sur la question du Hamas, il est terroriiste parce qu'il est sur les listes des organisation terroristes (ONU, UE pour ne citer que celles que je connais). que la définition précise soit délicate à formuler d'accord, mais le hamas rentre dans 99% de celles qui pourrais l'être.



Hors-ligne - Profil 
Dim 18 Jan 2009, 13:18 Message
mad a écrit
wizard a écrit
On n'est donc pas dans le cadre des dérives du seul Bruguières, on a un système délirant qui au nom d'une menace hypertrophiée médiatiquement, broie des vies au nom de l'intérêt politiques de quelques uns.


ben non, justement, à part ce monsieur que je me refuse à citer, les autres juges AT on des scrupules à signer les commission par liasse de 100... mais bon pas grave, si tu voulais juste rappeller qu'une loi d'exception peut être utilisée pour autre chose, tu prêche un converti.

Sur la question du Hamas, il est terroriiste parce qu'il est sur les listes des organisation terroristes (ONU, UE pour ne citer que celles que je connais). que la définition précise soit délicate à formuler d'accord, mais le hamas rentre dans 99% de celles qui pourrais l'être.


Une définition qui est pas mal: le terrorisme vise délibérément des civils... femmes et enfants de préférence.



Hors-ligne - Profil  Site internet  
Dim 18 Jan 2009, 13:26 Message
Citer
Ce que je voulais montrer, c'est que le gouvernement doit répondre à l'inquiétude de ses administrés.


Quitte à les exagérer gdement voire à les créer de ttes pièces ? (procédé classique en France depuis les élections de 2002, n'est-ce pas)



Hors-ligne - Rōnin
Profil 
Dim 18 Jan 2009, 14:02 Message
Ubblak a écrit
Une définition qui est pas mal: le terrorisme vise délibérément des civils... femmes et enfants de préférence.


Trop vague. Tu peux appliquer cette définition aux deux camps de la seconde guerre mondiale.



Hors-ligne - Profil 
Dim 18 Jan 2009, 14:28 Message
Sanjuro a écrit
Ubblak a écrit
Une définition qui est pas mal: le terrorisme vise délibérément des civils... femmes et enfants de préférence.


Trop vague. Tu peux appliquer cette définition aux deux camps de la seconde guerre mondiale.


Bcp trop vague !!! Cette définition peut s'appliquer à n'importe quel tireur fou ...



Hors-ligne - Oya Merboldus
Profil  Site internet  
Dim 18 Jan 2009, 15:23 Message
Tout dépend du but, à mon avis.
Si quelqu'un flingue des vieilles dames parce que ça l'amuse, c'est juste un cinglé.
Mais si quelqu'un flingue des vieilles dames pour effrayé les vieilles dames et produire un effet de masse, c'est un terroriste à mon sens.

Le distinguo se joue justement sur cette volonté de terroriser un groupe (peuple, nation, gouvernement, communauté...) par une extrême violence appliquée à quelques-uns de ses membres, effectivement ou sous forme de menace.
C'est pourquoi on parle aussi de terrorisme d'état, par exemple : on massacre quelques personnes pour que la population file droit.
Et à la limite, on pourrait parler de terrorisme médiatique : on effraie toute une population avec le spectre du terrorisme pour la faire voter "sécuritaire", par exemple.
C'est une forme extrêmement primaire et violente d'influence, mais elle est assez répandue si on y regarde bien.



Hors-ligne - Judge Thread
Profil 
Dim 18 Jan 2009, 17:48 Message
Mad, je persiste : il n'existe pas de liste officielle des organisations terroristes rédigées par l'ONU. Les USA et l'UE classe le Hamas comme terroriste, mais il n'y a pas de classement mondial des organisations terroristes. Ca n'existe pas.

Sinon, il existe une définition "par défaut" du terrorisme utilisée par l'ONU dans ses documents de travail mais qui n'est pas validé par l'Assemblée des nations unies.
Selon cette définition, un acte terroriste est "tout acte qui vise à tuer ou à blesser grièvement des civils ou des non-combattants et qui, du fait de sa nature ou du contexte dans lequel il est commis, doit avoir pour effet d’intimider une population ou de contraindre un gouvernement ou une organisation internationale à agir ou à renoncer à agir d’une façon quelconque". (« Dans une liberté plus grande », Rapport du secrétaire général des Nations Unies, mars 2005, p. 67.)

Cette définition est rejetée par une partie des États qui souhaiteraient que le droit à l'autodétermination des peuples soit reconnue comme une exception légitimant le procédé (grosso modo, les États arabes le demande, mais pas qu'eux) et par les États qui souhaiteraient que la définition stipule que ces actions terroristes sont le fait exclusifs d'organisations non-étatiques et pas des États (les États-Unis, Israël et un paquet d'États européens qui n'ont pas envie que leurs armées puissent un jour être condamnées pour ça).

Moi, personnellement, je trouve cette définition très bien.

Toutefois, un autre problème se pose même quand on accepte cette définition : elle permet de définir ce qu'est une action terroriste, mais une fois qu'on a ça et ce que ça permet de définir une organisation ou un État comme "terroriste" à l'exclusion de tout autre critère d'appréciation. A partir de quand un État ou une organisation est "terroriste" par essence ? Dès le premier acte ? Au bout de dix ? Si il ne se consacre qu'à ça ? S'il consacre 50% de son activité à des actions qualifiables de terroristes ?
Bref, là on tombe dans la plus grande subjectivité et une belle opacité. La liste des organisations terroristes de l'UE est composé par des commissions d'expert qui n'ont pas à révéler les raisons pour lesquels ils ont inscrit une organisation (ou désinscrit) une organisation de la liste (d'où des querelles sans fin sur le sujet des Moudjahidine du peuple, organisation iranienne régulièrement inscrite puis désinscrite par décision de justice puis réinscrite... etc.).



Hors-ligne - Profil 
Dim 18 Jan 2009, 17:49 Message
Rom a écrit
Citer
Ce que je voulais montrer, c'est que le gouvernement doit répondre à l'inquiétude de ses administrés.


Quitte à les exagérer gdement voire à les créer de ttes pièces ? (procédé classique en France depuis les élections de 2002, n'est-ce pas)


Dans ce pays de magnolia qui est le notre, un procédé classique. On minimise le risque réel, et on focalise sur le risque fantasmé...



Hors-ligne - Trésorier AEN
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Lun 19 Jan 2009, 14:22 Message
Wenlock a écrit
Tout dépend du but, à mon avis.
Si quelqu'un flingue des vieilles dames parce que ça l'amuse, c'est juste un cinglé.
Mais si quelqu'un flingue des vieilles dames pour effrayé les vieilles dames et produire un effet de masse, c'est un terroriste à mon sens.

Le distinguo se joue justement sur cette volonté de terroriser un groupe (peuple, nation, gouvernement, communauté...) par une extrême violence appliquée à quelques-uns de ses membres, effectivement ou sous forme de menace.
C'est pourquoi on parle aussi de terrorisme d'état, par exemple : on massacre quelques personnes pour que la population file droit.
Et à la limite, on pourrait parler de terrorisme médiatique : on effraie toute une population avec le spectre du terrorisme pour la faire voter "sécuritaire", par exemple.
C'est une forme extrêmement primaire et violente d'influence, mais elle est assez répandue si on y regarde bien.

Y compris en Russie, par exemple.



Hors-ligne - Trésorier AEN
Profil 
Lun 19 Jan 2009, 14:28 Message
Citer
Sur la question du Hamas, il est terroriiste

Faux.
C'est une organisation de résistance et de libération nationale qui utilise des méthodes terroristes*.
Subtile nuance.

Les organisations terroristes veulent terroriser un peuples, le hamas (comme l'OLP avant lui) veulent en libérer un.

* = massacrer des civils innocents afin de créer la terreur. L'armée israélienne, en face, qui massacre des civils innocents sans même l'excuse d'un objectif atteignable, est-elle un groupe terroriste pour autant ?
(Qu'Israël soit un Etat criminel est une autres question, la politique israélienne à l'égard des palestiniens ne se limitant hélas pas aux bombes ... arrestations arbitraires, organisation de la pénurie alimentaire, contrôles humiliants ... et je ne vous parle même pas de l'encerclement d'un vieillard de 80 ans dans un taudis sans eau ni électricité par des chars).

Le hezbollah est une organisation terroriste. :smile:



Hors-ligne - Profil 
Lun 19 Jan 2009, 14:33 Message
Le terrorisme n'étant pas une fin en soi, pour moi une organisation qui utilisent des méthodes terroristes est une organisation terroriste.



Hors-ligne - Oya Merboldus
Profil  Site internet  
Lun 19 Jan 2009, 14:48 Message
Oui, là je suis d'accord avec Drunken.



Hors-ligne - Judge Thread
Profil 
Lun 19 Jan 2009, 14:49 Message
Kakita Iniguin, tu peux estimer ce que tu veux, mais si le Hamas est bel et bien reconnu comme une organisation terroriste par l'UE, le Hezbollah n'est pas considéré comme tel par l'UE (les États-Unis font fortement pression pour que l'UE l'inscrive dans la liste des organisations terroristes mais pour l'instant sans succès).



Hors-ligne - Trésorier AEN
Profil 
Lun 19 Jan 2009, 18:30 Message
wizard a écrit
Kakita Iniguin, tu peux estimer ce que tu veux, mais si le Hamas est bel et bien reconnu comme une organisation terroriste par l'UE, le Hezbollah n'est pas considéré comme tel par l'UE (les États-Unis font fortement pression pour que l'UE l'inscrive dans la liste des organisations terroristes mais pour l'instant sans succès).


définition issue d'accords politiciens ... reconnaitre le Hezb. comme terroriste, ça veut dire condamner le gouvernement libanais qui est souvent constitué avec des ministres du Hezb*. :smile:

Et dire que le hamas est terroriste, ça veut dire avoir une bonne raison de laisser crever les palestiniens ... le hamas détenant la majorité au parlement palestinien. :roll:

"Terroriste", c'est donc plus une histoire de fréquentabilité pour les USA que de faits ... Ah la la, l'heureuse époque où ben laden dirigeait des combattants de la liberté et faisait aux chars russes ce qu'il fait actuellement (enfin, en 2002) aux navires américains ...

* et pis non, c'est vrai, le hezbollah n'est qu'un sous-marin des services secrets syriens et on va quand même pas dire du mal de Bashar et Assab hein ? :smile:



Hors-ligne - Judge Thread
Profil 
Lun 19 Jan 2009, 18:48 Message
C'est surtout que si le Hamas multiplie les attentats contre une population civile, l'essentielle de l'activité violente du Hezbollah (allié de la Syrie et de l'Iran mais qui n'est certainement pas leur marionnette puisque l'essentielle de sa force repose sur une légitimité forte au sein de la communauté chiite libanaise) est militaire.
Le Hamas a pour stratégie d'obtenir un retour aux frontières de 1967 en faisant craquer la population israélienne.
Le Hezbollah a pour objectif de battre Tsahal (les missiles lancées sur le Nord d'Israël touche des villes, mais l'essentiel visent des cibles militaires).

En partant de la définition par défaut de l'ONU, il est tout à fait possible d'expliquer pourquoi le Hamas est classé comme une organisation terroriste et pas le Hezbollah.

Après, on peut certes déplorer que la classification de terroristes bloque toute possibilité de négociation avec le Hamas, mais c'est un débat sur la tactique, pas sur la réalité du terrain.



Hors-ligne - Profil 
Lun 19 Jan 2009, 18:49 Message
Attention, je ne prend pas le terme "organisation terroriste" de manière plus péjorative que "organisation militaire"... Le terrorisme est souvent une "forme de guerre" lorsque que les rapports de force sont disproportionnés - un des partis traite l'autre de "terroriste" tandis que l'autre voit lui le côté "impérialiste" de son ennemi...

Le conflit Israelo-palestinien est donc, à mon avis, la base d'une certaine forme de guerre qu'on peut assimiler à du terrorisme. Cette forme là est, amha, aussi détestable que la guerre en général, ni plus, ni moins.
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