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Le PolitBureau, aprés la chute -3-

Hein ? Qu'est-ce qu'y dit ? J'entends pas bien !

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Re: Le PolitBureau, aprés la chute -3-

Message par Kakita Inigin » Lun 08 Sep 2014, 22:37

J'ai l'impression que ça craint vraiment en Ukraine... Lame ne fait même plus de scénarios de politique-fiction (et ça c'est mauvais signe).
Tes yeux sont si profonds qu'en me penchant pour boire
J'ai vu tous les soleils y venir se mirer
S'y jeter à mourir tous les désespérés
Tes yeux sont si profonds que j'y perds la mémoire.


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La parapharmacie de l'économie

Message par Lame » Lun 29 Déc 2014, 20:40

Voici quelques articles traitant des remèdes économiques les plus en vogue actuellement.

Si vous aimeriez que certaines idées économiques soient mises en scène dans les jdr, présentez les dans Les systèmes économiques dans les univers de jeu

Onze logiques économiques qui changent le monde

Tout changement social doit concevoir son économie. Et alors que s’ouvre aujourd’hui à Paris le OuiShareFest, premier événement européen entièrement dédié à l’économie collaborative, j’avais envie de donner suite à ce billet et faire le point sur un ensemble de termes qui reviennent souvent dans l’actualité pour qualifier les modèles économiques émergents et à venir qui cherchent à fournir des réponses aux enjeux du siècle.

L’économie coopérative

Commençons avec le plus ancien de ces modèles, qui relève de l'économie sociale et solidaire. Les premières coopératives de consommation sont apparues à la fin du XVIIIe siècle afin de promouvoir une économie plus sociale. À l’époque, les consommateurs se regroupaient pour acheter en gros des biens de consommation en donnant à chaque membres le droit d’exercer des droits et des devoirs.

Dans cette économie sociale, des groupements de personnes visent à satisfaire des attentes collectives: des réseaux coopératifs aussi variés que celui des magasins Biocoop, des fournisseurs d’électricité comme Enercoop ou une banque comme le Crédit coopératif (dont la logique reprend celle des coopératives de production) proposent plus que des biens et des services : ils offrent des garanties sur la qualité des produits, les modes de production, le respect de l’être humain et de l’environnement, la garantie d’un prix juste, et au final une autre vision de la société.

En ce sens, la logique n’est pas anticapitaliste, mais a-capita-liste: ces initiatives ne sont pas en opposition au capital, mais dans sa négation, et la personne humaine remplace le capital dans la finalité de l’action collective des hommes.

Pour Jean-François Draperi, spécialiste du mouvement mutualiste et coopératif, ce mode de fonctionnement permet surtout d’assurer la cohérence des sociétés: "L’entreprise d’économie sociale renoue le lien entre les actifs et le capital. Elle réunit en association des personnes volontaires, chacune disposant d’une voix et d’une seule dans la prise de décision indépendamment des différences d’investissement financier. Le bénéfice réalisé n’est pas considéré comme un profit, mais comme un excédent de gestion sur lequel l‘entreprise constitue des réserves impartageables et inaliénables", explique-t-il dans Rendre possible un autre monde.

Dotée maintenant d’un ministère, ce secteur a créé 400 000 emplois nouveaux (davantage que le secteur privé traditionnel) en dix ans et avance actuellement sur la question de ses liens avec l’entrepreneuriat social (sous l’impulsion du Mouves, notamment) pour savoir si une acceptation plus large des statuts de l’ESS et de la gestion des profits peut être entendue (voir le tableau suivant pour saisir les nuances)


        Image
              Tableau extrait du livre Vive la Corévolution !

L’économie positive

Définie par Maximilien Rouer et Anne Gouyon dans Réparer la planète, la révolution de l'économie positive (publié en 2005), l’économie positive se définit par rapport à l'économie négative (qui dégrade l'environnement et domine actuellement), l'économie neutre ("celle des écologistes des années 70, moins polluante mais qui ne résout en rien les problèmes environnementaux existants" résume M.Rouer dans cet entretien) et la positive, qui se veut réparatrice de l'environnement tout en générant des profits. Comme Maximilien Rouer le précise également dans cet article, cette économie s'applique "à tous les secteurs aussi bien les transports que le bâtiment, l'agriculture, l'énergie ou encore les biens de consommation. Elle désectorise l'environnement. Elle le passe d'une logique sectorielle à une logique mainstream et fait évoluer nos repères scientifiques, technologiques, économiques et financiers. Au point de questionner la vulnérabilité des modèles d'affaires, des produits et des services existants."

Aujourd'hui, le terme a été repris par Jacques Attali, notamment dans le cadre du LH Forum dont la première édition s'est déroulée en septembre 2012 au Havre et qui devrait mettre à l'honneur un rapport sur le sujet dans sa prochaine édition, en septembre 2013.


L’économie circulaire

Voilà une forme économique qui fait également parler d’elle ces temps-ci. Entre les travaux lancés par la fondation Ellen Macarthur, le nouvel institut de l'économie circulaire créé en octobre 2012 à Paris, les travaux de l’Institut Inspire et l’ouverture d’une chaire de recherche intitulée "business as unusual" dédiée au sujet par Euromed Management, les moyens ne sont jamais trop peu nombreux pour faire avancer le concept expliqué de manière claire et succincte dans la vidéo pédagogique suivante :


Si cela vous intéresse, la Fondation Ellen MacArthur a publié en janvier 2013 une bibliothèque d'études de cas identifiant les entreprises qui ont amorcé une transition vers l'économie circulaire.

L’économie de la fonctionnalité

Liée à l’économie circulaire mais différente tout de même, l’économie de la fonctionnalité repose sur la vente de l’usage d’un produit et des services associés plutôt que sur la vente du produit lui-même. Comme le précise à juste titre la page Wikipédia, "c’est la recherche normative de gains environnementaux et/ou sociaux qui distingue l’économie de la fonctionnalité de la servicisation classique".

En France, le club économie de la fonctionnalité suit de près ces sujet, et l’Institut Inspire travaille actuellement avec la région PACA sur une guide méthodologique (la méthode NOVUS, Nouvelles Opportunités Valorisant l’Usage et le Service) "visant à préparer le territoire à une transition vers une économie plus sobre en ressources naturelles, tout en étant créatrice de plus de valeurs et de nouveaux emplois".

Parmi les pionniers de cette approche, les plus connus sont, en France, Michelin (qui loue des pneus à ses clients professionnels) et, à l'international, Interface (qui propose une offre de location de moquette, pour ses clients professionnels là aussi).


L’économie collaborative

Aujourd’hui au coeur du OuiShareFest, demain au centre de la conférence Le Web London, nous sommes en plein boom de l'économie collaborative, cette économie qui valorise l'accès sur la propriété et favorise les échanges pair-à-pair (peer-to-peer, entre personnes).

Plus de 1000 initiatives ont été recensées dans le monde par le site collaborativeconsumption.com et les experts réunis aux OuiShareFest estiment qu'un nouveau monde est en marche tout en étant conscients du besoin d'asseoir les valeurs et l'identité du mouvement: les adeptes de ces nouveaux modes de consommation ne remettent pas forcément en cause le fait de consommer, et ils n'y viennent pas pour les mêmes raisons. Alors qu'il gagne en maturité, le mouvement doit aussi "gagner en visibilité" ainsi que le soulignait ce matin Jean-Baptiste Roger, de la Fonderie, en introduction du festival.

Chose intéressante, l’ère du collaboratif donne une autre perspective au déploiement des logiques coopératives décrites ci-dessus. L’alliance du socle de valeurs formalisées dans l’économie sociale et solidaire avec la souplesse et l’agilité des logiques collaboratives ouvre clairement la voie d’un nouveau paradigme économique et social.


L'économie contributive

Le philosophe Bernard Stiegler, qui suit aussi de près les transformations du monde, aime parler pour sa part d'économie contributive et explique en quoi notre prochain modèle du travail sera ancré sur le savoir et non plus sur le modèle consumériste. Un exemple ? "Dans le champ énergétique, le contributif est très très important. Il y a plusieurs types de contributeurs. Les individus, d’abord. Moi, par exemple, j’ai un moulin. Je peux aussi mettre 300 m² sur mes toits de photovoltaïque. Je peux revendre 3-4 fois ma consommation. Mais je ne le fais pas parce que les conditions de sécurité pour le faire sont telles qu’il faudrait que j’investisse beaucoup d’argent", expliquait-il à Rue89 en février 2013.

Avec une question clef: comment sortir de l'attitude de consommation ? Car le modèle économique actuel est devenu toxique pour les gens et pour l’environnement et nous devons nous orienter dans une "ère du travail contributif, où le contributeur n’est ni simplement un producteur, ni simplement un consommateur".

Et attention, "l’économie coopérative n’est pas contributive mais c’est une nouvelle version, m'a expliqué le philosophe en mars 2013. C’est plus profond car l’économie coopérative ne change pas fondamentalement l’économie industrielle, telle que pensée initialement, elle se développe à côté du modèle industriel". L'économie de la contribution est un modèle industriel coopératif qui n'est donc pas "à part" tout en faisant la promotion du logiciel libre et de tout ce qui procède de la décentralisation et de la mise en réseau décentralisé (dans le champs de l’énergie notamment).

Le hic, c'est que "les politiques n’ont pas de vision industrielle de cette question, et les gens de l’économie sociale et solidaire ont tort de ne pas mettre cela sur le plan industriel" estime le philosophe. Et "si l'économie collaborative fait partie de l’état d’esprit contributif, mais elle ne doit pas trop diaboliser les logiques descendantes et pyramidales" estime-t-il également, en annonçant non pas la fin du travail mais sa renaissance.


L’économie horizontale

Pour Daniel Kaplan, de la FING, il serait préférable de ne pas parler d'économie collaborative à tort et à travers: "les individus qui s’engagent dans ces pratiques (ebay, le car sharing, ...) ne se disent pas qu’ils "collaborent", ils cherchent à réaliser des actions de façon plus rapide, moins coûteuse ou plus satisfaisante. Et l'essentiel de la valeur économique est capté par un intermédiaire" expliquait-il à WithoutModel il y a quelques semaines.

A ses yeux, il s'agit plus d'économie horizontale, alors que la collaboration serait réservée à ceux qui échangent des produit des biens ou des services en dehors de la sphère marchande. Mais bien plus encore, "l'univers du Do it Yourself, des makers et des Fablabs révèle une autre tendance qui peut transformer en profondeur le modèle industriel. Ces émergences annoncent a minima une évolution importante de la conception et du prototypage ; sans doute une transformation du cycle de vie des produits et de sa gestion ; et peut-être, dans certains domaines, un nouveau mode de production et d’assemblage". Ainsi, les processus deviennent plus fluides, comme l'explique d'ailleurs depuis longtemps Joël de Rosnay, notamment dans Surfer la Vie ou Jeremy Rifkin lorsqu'il parle d'économie latérale.


L’économie quaternaire

Pour l'économiste Michèle Debonneuil interrogée début janvier dans cet article de Laure Belot dans Le Monde, nous voyons émerger aujourd'hui des pionniers d'une économie "quaternaire". "Les nouvelles technologies sont pleines de potentialités et le Bon Coin est une illustration embryonnaire de tout ce qu'il va être possible de faire grâce à ces nouveaux échanges sur Internet et sur mobiles. Ces technologies vont permettre de décupler les capacités mentales des hommes comme les technologies de la mécanisation ont permis de décupler leurs capacités physiques" estimait-elle alors.

La limite, selon elle, est le risque de revenir à une économie de troc "qui ferait fi de l'apport réel de l'économie de marché". Aussi les entreprises doivent-elles intégrer ces nouvelles logiques dans leurs façon de faire, en étant plus ouverte aux nouveaux besoins des consommateurs, et entrer dans l'ère de la co-création. Sans oublier qu' "il s'agit, avec les technologies numériques, de passer d'une économie de l' avoir plus à une économie de l' être mieux" souligne la chercheuse.


L’économie open source

Autre modèle dont on entend parler de plus en plus, celui inspiré des modèles open source très développé dans les logiciels informatiques. Aujourd'hui nous voyons émerger de l'open hardware (matériel libre) et il est possible de concevoir des voiture open-source, des tracteurs open source, des bateaux open source pour nettoyer les dégâts liés aux marées noires.

Ici, l'idée est de partager le savoir, de l'enrichir, de le compléter, d'en faciliter la reproduction et la progression en jouant sur la créativité de chacun et la transparence. Le mouvement des makers cher à Chris Anderson (et à Joël de Rosnay, qui utilise le terme "doueur") participe aussi de cette dynamique collective ouverte.

Si le sujet vous intéresse, cet article de Mathilde Berchon, publié en octobre 2012 sur Owni offre un panorama utile.


L’économie symbiotique

Définie par Isabelle Delannoy, l'économie symbiotique tend à intègrer l'ensemble des modèles décrits ci-dessus. "L'émergence parallèle et non concertée de ces modèles montre qu’un vrai nouveau souffle irrigue notre époque et avance de façon autonome et forte, rassemblant de plus en plus d’industriels, de territoires, de citoyens et de consommateurs dans un mouvement qui a dépassé les signaux faibles" peut-on lire sur ce site dédié. Leur point commun ? Coupler la rentabilité économique avec la restauration des écosystèmes et la résilience sociale. Ce qu'ils peuvent atteindre ensemble ? Une toute nouvelle voie pour le développement durable, un développement où l’homme ne fait pas "moins pire" mais "bien".

Au total, six principes fonctionnant en synergie guident cette économie. Du biomimétisme (ou économie bleue) en faisant appel à l'intelligence des écosystèmes à la parcimonie en passant par une économie plus propre (non polluante), relocalisée et diversificatrice, l'économie symbiotique fournit une boussole permettant d'évaluer des projets existants, construire des outils d’amélioration et de pilotage de nouveaux projets. "Elle permet aussi de proposer de nouveaux indicateurs de mesure de la restauration écologique, économique et sociale" explique Isabelle Delannoy.



La décroissance

Souvent décriée et critiquée (et trop idéologisée), la décroissance (ou sobriété heureuse, petite déclinaison) est un modèle qui mérite pourtant qu'on l'étudie. Les travaux de Serge Latouche sont très utiles pour bien comprendre leur logique, et le livre Un projet de décroissance – Manifeste pour une dotation Inconditionnelle d’Autonomie publié début 2013 offrira un regard politique sur ce projet de société.

Mais pour bien comprendre les enjeux d'une société décroissante, je vous conseille vivement de lire Tim Jackson: avec de nombreux chiffres à l'appui et un long travail de concertation, il montre dans Prospérité sans croissance comment il est possible aujourd'hui de changer de modèle sans pour autant revenir à une économie de la bougie, oui oui.

En attendant, cette liste reste incomplète et ces modèles se nourrissent les uns les autres. Gardez donc vos antennes en alerte, de nouveaux concepts apparaissent au quotidien en cette période de transition. De quoi nourrir la réflexion et les alternatives d'avenir, non ?


Source: Le Monde

Sujet SDEN connexe: REACTUALISER L'ECONOMIE CYBERPUNK
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Re: La parapharmacie de l'économie

Message par Lame » Lun 29 Déc 2014, 20:41

Fil: La parapharmacie de l'économie

Partage, collaboratif, pair-à-pair : le fouillis conceptuel

- La consommation collaborative s’élargit à toutes les pratiques qui amènent les individus à collaborer, à se mettre en réseaux – online ou offline – pour consommer différemment. La consommation collaborative peut alors inclure l’habitat et les jardins partagés, les AMAP, voire les groupements d’achats.
- Le concept d’économie collaborative, quant à lui, a une définition très large : « des réseaux d’individus et de communautés connectées, par opposition à des institutions centralisées, et qui transforment la manière dont nous produisons, consommons, finançons et apprenons ». Cette économie inclut la consommation collaborative, la production collaborative (e.g. les « FabLabs » ou open source), l’éducation collaborative (e.g « open éducation » ou open knowledge) et la finance collaborative (e.g. crowdfunding).
- Le concept d’économie pair-à-pair regroupe les activités de l’économie collaborative qui se font directement entre individus via des plateformes Internet, excluant ainsi les activités en B2C∗.
- Enfin, le terme « co-révolution » employé par Novel et Riot, inclut dans l’économie collaborative l’ensemble des pratiques affectant l’évolution des modes de gouvernance des organisations et la possibilité d’ouvrir aussi les modes d’innovations vers des approches de « coopétition » et de co-création
L'expression « business to consumer » (« B2C »), aussi appelé business to customer, désigne l'ensemble des architectures techniques et logiciels informatiques permettant de mettre en relation des entreprises directement avec les consommateurs : en français, « des entreprises aux particuliers ».(wikipedia)


Source: Economie du partage sur Objectif Zéro Déchet

L’économie collaborative est une activité humaine qui vise à produire de la valeur en commun et qui repose sur de nouvelles formes d'organisation du travail. Elle s'appuie sur une organisation plus horizontale que verticale, la mutualisation des biens, des espaces et des outils (l'usage plutôt que la possession), l'organisation des citoyens en "réseau" ou en communautés et généralement l'intermédiation par des plateformes internet (à l'exception de modèles comme les réseaux d'échanges réciproques de savoirs).

L’économie collaborative est entendue dans un sens large, qui inclut la consommation collaborative (AMAP, couchsurfing, covoiturage etc.) mais également les modes de vie collaboratifs (coworking, colocation, habitat collectif), la finance collaborative (crowdfunding, prêt d'argent de pair à pair, monnaies alternatives), la production contributive (fabrication numérique, DIY, Fablabs, imprimantes 3D, maker spaces) et la culture libre.


Il [ce type d'économie] prend différents types de formes (économie du partage, économie de fonctionnalité, économie des solutions, économie en peer-to-peer) selon les types de biens et services concernés ou de la finalité (empowerment du consommateur, éco-efficacité)


Source des deux extraits: Wikipedia

La consommation collaborative désigne un modèle économique où l'usage prédomine sur la propriété : l'usage d'un bien, service, privilège, peut être augmenté par le partage, l'échange, le troc, la vente ou la location de celui-ci.


Source: Wikipedia

La culture libre est un mouvement social qui promeut la liberté de distribuer et de modifier des œuvres de l'esprit sous la forme d'œuvres libres par l'utilisation d'internet ou d'autres formes de médias. Le mouvement de la culture libre puise sa philosophie de celle du logiciel libre en l'appliquant à la culture, dans des domaines aussi variés que l'art, l'éducation, la science, etc.

Les mécanismes juridiques des licences libres attachées à la culture sont également inspirés du logiciel libre ; l'utilisation des licences art libre ou Creative Commons a ainsi permis l'émergence de la musique libre et de l'art libre.

La culture libre défend notamment l'idée que les droits d'auteurs ne doivent pas porter atteinte aux libertés fondamentales du public. Elle agit, entre autres en utilisant de façon détournée les monopoles accordés par les droits d'auteur, à travers des licences libres, cela afin d'autoriser précisément les usages que ces lois proscrivent par défaut.


Source: Wikipedia

Une association pour le maintien d'une agriculture paysanne, ou AMAP, est, en France, un partenariat de proximité entre un groupe de consommateurs et une exploitation locale (généralement une ferme), débouchant sur un partage de récolte régulier (le plus souvent hebdomadaire) composée des produits de la ferme. L'AMAP est un contrat solidaire, basé sur un engagement financier des consommateurs, qui paient à l’avance la totalité de leur consommation sur une période définie. Ce système fonctionne donc sur le principe de la confiance et de la responsabilité du consommateur; il représente une forme de circuit court de distribution.


Une telle association est considérée comme participant de l'économie solidaire, selon les critères suivants :

    • un lien direct, sans intermédiaire, entre le producteur et le consommateur ;
    • les consommateurs s'engagent à l'avance, pour une saison de production ;
    • ils partagent les aléas climatiques qui peuvent modifier à la baisse, la quantité de produits calculée et planifiée par le producteur ;
    • le prix du panier est calculé en fonction des coûts de productions et non pas au poids de la marchandise.


Source des deux extraits: Wikipedia

Quelques exemples d’associations économiques parfois embryonnaires, parfois nettement plus vastes, impliquant généralement un producteurs et des consommateurs, dans le secteur agro-alimentaire:



Source: Mouvement de la Tri-articulation sociale-Aperçu de l'économie associative

Le crowdsourcing, externalisation ouverte ou production participative, un des domaines émergents de la gestion des connaissances, consiste en l'utilisation de la créativité, de l'intelligence et du savoir-faire d'un grand nombre de personnes, en sous-traitance, pour réaliser certaines tâches traditionnellement effectuées par un employé ou un entrepreneur.


Source: Wikipedia

Le coworking, travail coopératif ou encore cotravail est un type d'organisation du travail qui regroupe deux notions : un espace de travail partagé, mais aussi un réseau de travailleurs encourageant l'échange et l'ouverture. Il est un des domaines de l'économie collaborative.

Dans certains contextes, la notion de « coworking » peut aussi désigner :

    • le fait de travailler de manière collaborative en couple (conjoints, parent-enfant, deux personnes ou plus de la même fratrie, etc.) dans un même bureau ou sur un même projet scientifique (c'est parfois une stratégie de carrière1) ;
    • une situation réelle (ou modélisée) dans laquelle on fait (ou ferait) travailler de manière coopérative plusieurs robots conjointement, situation qui impose des règles parfois complexes de gestion des mouvements et des tâches, afin que les robots n'interagissent pas négativement entre eux.


Source: Wikipedia

La notion de travail collaboratif désigne aujourd'hui un travail qui n'est plus fondé sur l'organisation hiérarchisée traditionnelle, et plus spécifiquement un nouveau mode de travail (éventuellement intégré dans un modèle économique de production) où collaborent de nombreuses personnes grâce aux technologies de l'information et de la communication.


Il ne faut pas confondre « travail collaboratif » et « travail coopératif » :
    • le travail coopératif est une coopération entre plusieurs personnes qui interagissent dans un but commun mais se partagent les tâches,
    • le travail collaboratif se fait en collaboration du début à la fin sans division fixe des tâches. Il associe trois modalités d'organisation :
      • il propose à tous et chacun, dans le projet, de s'inscrire dans un principe d'amélioration continue de chaque tâche et de l'ensemble du projet,
      • il organise le travail en séquences de tâches parallèles (permettant un travail plus asynchrone),
      • il fournit aux acteurs de chacune des tâches une information utile et facilement exploitable sur les autres tâches parallèles et sur l'environnement de la réalisation.


Source des deux extraits: Wikipedia

Les environnements de travail collaboratif (Collaborative Working Environment) fournissent aux gens une aide dans leur travail individuel et professionnel. Les recherches en environnement collaboratif impliquent des problèmes et considérations d'ordres organisationnels, techniques et sociaux.

Les applications suivantes sont considérées comme des éléments d'un environnement de travail collaboratif :
    • courrier électronique ;
    • messageries instantanées ;
    • partage d'application ;
    • visioconférence ;
    • espace de travail collaboratif et gestion de documents ;
    • gestion des tâches et de processus ;
    • wikis (ex: les pages de wikis décrivent des concepts permettant la compréhension commune par un groupe ou une communauté) ;
    • blogs, où les entrées sont catégorisées par groupe, communauté ou autres concepts permettant la collaboration.


Source: Wikipedia

Une plate-forme de travail collaboratif est un espace de travail virtuel. C'est un outil, parfois sous la forme d'un site internet, qui centralise tous les outils liés à la conduite d'un projet, la gestion des connaissances ou au fonctionnement d'une organisation et les met à disposition des acteurs.


Ce type de plate-forme intègre par exemple les fonctionnalités suivantes :
    • des outils informatiques (logiciels, progiciels) ;
    • une base de connaissance structurée comprenant des guides ou méthodes de travail en groupe, pour améliorer la communication, la production, la coordination ;
    • un service de messagerie (ex. : messagerie rapide peer to peer) ;
    • un système de partage de ressources et de fichiers (Client/Serveur et peer to peer) ;
    • des outils de type forum, pages de discussions, « chat » multi-utilisateurs, etc. ;
    • un trombinoscope, ou annuaire des profils des utilisateurs ;
    • des blogs, par projet ou par thématique ;
    • un système de vote ou de notation (rating) sur les articles ;
    • un calendrier ;
    • un système d'archive collective, et de pages personnelles ;
    • un index ou outil listant les tâches faites et à faire ;
    • des outils complémentaires (AudioConférence, conférence téléphonique, élaboration partenariale d'arbres heuristiques, etc.)


Source des deux extraits: Wikipedia

Le financement participatif (en anglais crowdfunding) est une expression décrivant tous les outils et méthodes de transactions financières qui font appel à un grand nombre de personnes pour financer un projet.


Le financement participatif comprend différents secteurs tels que le don («donation crowdfunding»), la récompense (ou don avec contrepartie), le prêt (aussi appelé « credit crowdfunding »), l'investissement en capital (« equity crowdfunding »).


Source des deux extraits: Wikipedia

L'habitat collectif est un type d'habitat humain dans lequel plusieurs foyers résident dans un même édifice. On l'oppose à l'habitat individuel.


Source: Wikipedia

Quelles définitions de la consommation collaborative ?

Une notion non stabilisée

La notion de consommation collaborative s’est imposé en France au début des années 2010. A cette même période, Anne-sophie Novel et Stéphane Riot ont publié Vive la co-révolution, le premier ouvrage francophone portant sur l’économie du partage. Et la communauté Ouishare – sous l’impulsion d’Antonin Léonard, s’est imposée comme un acteur fédérateur incontournable de l’économie collaborative. Mais ce terme trouve ses racines aux Etats-Unis ; inventé par Marcus Felson et Joe L. Spaeth en 1978 (Robert, 2014), la consommation collaborative désigne les « événements dans lesquels une ou plusieurs personnes consomment des biens ou des services économiques dans un processus qui consiste à se livrer à des activités communes ».

Par la suite, l’expression fût reprise par le Britannique Ray Algar, un consultant en management qui posait la question du développement de ce mouvement émergent (Algar, 2007). A partir de 2010 et face au développement des services de partage de biens et services en ligne, plusieurs théoriciens de la consommation collaborative enrichissent la littérature sur le sujet.

Il en résulte aujourd’hui une variété de visions et de définitions. Cependant, nous pouvons identifier trois éléments de caractérisation fréquemment invoqués pour qualifier la consommation collaborative :

    • favorise l’usage sur la propriété :
    • repose sur une relation de pair-à-pair.
    • s’appuie sur le web 2.0.

Ainsi, alors que Rachel Botsman définit la consommation collaborative comme « (…) un modèle économique basé sur l’échange, le partage, la location de biens et services privilégiant l’usage sur la propriété », Pascale Hébel parle plutôt de « phénomène de mise en liens des consommateurs entre eux pour consommer ». Antonin Léonard de son côté présentait en 2010 la consommation collaborative comme « la récente explosion des formes traditionnelles de partage, troc, échange, location ou de don rendue possible par les nouvelles technologies et le web collaboratif ou 2.0. Elle ouvre la voie à de nouvelles possibilités de consommation moins consuméristes et plus consom’actrices… ».

Les efforts de définition et de délimitation du secteur de la consommation collaborative sont nombreux. Depuis 2012, les études et recherche prospectives sur la consommation collaborative se sont multipliées. Ainsi, depuis 2013 plusieurs enquêtes au niveau national cherchent à analyser les usages de consommation collaborative des français. Parmi celles-ci, on peut notamment citer :

    • Les Français et la pratiques collaboratives Ipsos/ADEME, janvier 2013.
    • Observatoire de la confiance TNS/La Poste, novembre 2013.
    • Etude sur l’économie du partage Opinion Way/Price Minister/La Poste, janvier 2014.
    • Observatoire de l’économie collaborative Ifop pour A Little Market.com, avril 2014.
    • Baromètre BVA 2014 de l’Engagement Durable, juin 2014.

La consommation collaborative est une notion qui tente de cohabiter avec un ensemble de concepts plus ou moins proches, contribuant par là-même à nourrir un certain flou conceptuel. Anne-Sophie Novel, Docteur en économie et journaliste blogueuse, a proposé dans le cadre d’un article une mise en perspective des principales notions utilisées pour qualifier les modèles économiques émergents :

    • L’économie positive : par opposition à l’économie négative et l’économie neutre, elle « se veut réparatrice de l’environnement tout en générant des profits ».
    • L’économie contributive : défendu par Bernard Stiegler, ce nouveau modèle économique "sera ancré sur le savoir et non plus sur le modèle consumériste" et dans lequel "le contributeur n’est ni simplement un producteur, ni simplement un consommateur".
    • L’économie circulaire, qui selon l’Institut éponyme, « propose [...] de transformer les déchets en matière première réutilisée pour la conception des produits ou pour d’autres utilisations ».
    • L’économie de la fonctionnalité, qui « repose sur la vente de l’usage d’un produit et des services associés plutôt que sur la vente du produit lui même ».
    • L’économie collaborative, qui « valorise l’accès sur la propriété et favorise les échanges pair-à-pair ». Basée sur des communautés de personnes qui partagent, échangent, elle se décline aussi bien dans la production (fablabs, wikispeed, wikihouse, etc.), la connaissance (MOOC, Sésamath, Wikipedia), le financement (crowdfunding ou financement par la foule : Ulule, Goteo, etc.), que la consommation (covoiturage, couchsurfing, AMAP, Airbnb, etc.).
    • L’économie du partage, se définie comme un modèle économique fondé sur le partage de biens ou de services (espaces, compétences, outils etc.).
    • L’économie des biens communs : d’après la définition de Wikipédia, les biens communs correspondent à l’ensemble des ressources, matérielles ou non, relevant d’une appropriation, d’un usage et d’une exploitation collectifs. Renvoyant à une gouvernance communautaire, ils correspondent à des objets aussi divers que les rivières, le savoir ou le logiciel libre. Ils supposent ainsi qu’un ensemble d’acteurs s’accorde sur les conditions d’accès à la ressource, en organise la maintenance et la préserve ».

Au croisement de logiques d’action et d’économie plurielles, la consommation collaborative embrasse par conséquent des objectifs et des valeurs très diverses, voire parfois contradictoire. Mais nous retiendrons que :

    • l’usage est favorisé par rapport à la propriété grâce notamment à la valorisation du service rendu sur le produit lui-même ;
    • l’allongement du cycle de vie des produits est favorisé grâce au recours à des modes de transfert, de circulation et de partage des produits ;
    • la consommation n’est pas simplement vue comme une démarche individuelle mais collective ;
    • le modèle économique traditionnel qui repose sur la multiplication des intermédiaires entre les producteurs et les consommateurs est remis en question en faveur du pair-à-pair ;
    • les cultures du numérique sont des ressources qui favorisent le déploiement des services de consommation collaborative et leurs usages.


Notre approche de la consommation collaborative

Appréhendée comme un pratique à géométrie variable, nous avons fait le choix de ne pas construire notre étude à partir d’une définition de la consommation collaborative mais plutôt d’un cadre de référence. Nous avons ainsi identifier deux indicateurs de caractérisation des initiatives de consommation collaborative : le lien pair-à-pair et la communauté. Par le croisement de ces deux indicateurs, nous souhaitons caractériser les différentes formes de consommation collaboratives et ainsi contribuer à la définition de cette notion.

Le lien pair-à-pair :

Botsman et Rogers distinguent trois formes organisationnelles de cette mise en relation :

    • Les « product service systems » : Permet à un ensemble de consommateurs de se partager l’usage d’un bien ou d’un service sans forcément en avoir la propriété ;
    • Les systèmes de redistribution : Permet le passage de biens d’une personne les possédant à une personne les recherchant. Cette forme de consommation collaborative s’appuie principalement sur les pratiques de troc, de don ou d’échange de biens d’occasion entre particuliers ;
    • Les styles de vie collaboratifs : Permet le partage de ressources immatérielles entre particuliers : espace, temps, argent, compétences etc. Cette catégorie comprend par exemple le partage d’espaces de travail, de jardins, de places de stationnement, d’hébergement mais aussi les pratiques de finances participative. Enfin, « dérivés de cette catégorie, on retrouve également les achats groupés directs au producteur car ils nécessitent une collaboration préalable entre un groupe de consommateurs pour conclure un accord avec un agriculteur ou petit producteur (cas des AMAP par exemple) ».


La consommation collaborative repose ainsi sur la mise en lien entre deux consommateurs. Très souvent présentée comme un vecteur de lien social, d’interculturalité, d’échanges de savoirs, la consommation collaborative serait un levier de sociabilité. Mais quelle est la nature de ces liens ? En effet, l’usage des services de consommation collaboratives peut générer des liens faibles lorsque les interactions sont limitées à une transaction entre la personne qui propose un service et celle qui y recourt ; mais les liens peuvent se renforcer lorsque la transaction autour du service permet le développement d’autres interactions ou provoquent un engagement dans un projet plus large.

Au regard de la diversité des initiatives de consommation collaborative, et en prenant appui sur la sociologie des réseaux, il nous semble alors intéressant d’interroger les différentes formes de lien pair-à-pair, en prenant en compte la nature du service, la fréquence et la durée du partage, mais aussi la présence ou non d’intermédiaire.

La communauté :

« La consommation collaborative, c’est avant tout des communautés de confiance » indique Edwin Mootoosamy en titre d’un article sur le sujet. Pour échanger, il faut en effet avoir confiance : dans le service, dans le produit, dans la personne qui va répondre à notre demande.

Par ailleurs, de nombreux services nécessitent une masse critique d’utilisateurs pour être fonctionnels. C’est le cas du covoiturage par exemple, mais plus largement de l’ensemble des services de proximité. La consommation collaborative repose dans ce cas sur une communauté d’usagers.

Le terme communauté est largement utilisé dans la littérature portant sur la consommation collaborative. D’un point de vue sociologique, une communauté caractérise un ensemble de personnes qui partagent des jeux d’interactions, des valeurs, des attentes et des croyances, un sens partagé de l’action. Depuis les années 1980, et surtout à partir des années 1990, le développement du numérique et plus précisément d’Internet a contribué au développement et à la diversification des formes de communautés (J. Nicolas, 2014).

Mais les communautés liées à des services de consommation collaborative sont-elles de vraies communautés au sens de groupes de sociabilités, ou sont-elles des communautés beaucoup plus utilitaires ?

Le cabinet Chronos a publié en janvier 2014 une étude intitulée "Les communautés dans la fabrique des services collaboratifs". Y sont distinguées deux grandes formes de communautés :

    • Les communautés dont les modalités de collaboration s’adossent principalement à un support technique de type plateforme numérique, avec un faible niveau d’engagement des membres.
    • Les communautés caractérisées par un fort degré d’interdépendance entre les individus et une participation conséquente.


La communauté nous semble ainsi être un second indicateur pertinent pour caractériser les initiatives de consommation collaborative. Les modalités d’entrée et de sortie, les formes d’implication mais aussi de rétribution sont des caractéristiques qui aiguillerons nos analyses.

Par conséquent, au regard des éléments de caractérisation présentés précédemment, nous posons comme postulats que :

    • La consommation collaborative ne peut être réduite aux services qui s’appuient sur des plate-formes numériques.

En effet, nos premières analyses des projets et usages bretons nous ont démontré l’importance des pratiques collaboratives non numériques. Interroger la consommation collaborative comme un mouvement numérique nous semblerait par conséquent réducteur et non fidèle à la réalité de son développement. Il nous semble plus pertinent d’analyser la place du numérique au sein des pratiques de consommation collaborative et son effet sur les trajectoires d’usage.

    • La consommation collaborative ne peut être uniquement définie selon le critère de prédominance de l’usage sur la propriété.

En effet, cet élément de définition n’est pas valable pour tous les projets de consommation collaborative, comme pour les AMAP par exemple. De plus, ce critère nous semble relever davantage des principes de l’économie de la fonctionnalité. Il est toutefois certains que nombreuses initiatives de consommation collaborative permettent dans les faits de privilégier l’accès sur la possession.


Source: Eco-Sol-Brest
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Re: La parapharmacie de l'économie

Message par Lame » Lun 29 Déc 2014, 20:42

Fil: La parapharmacie de l'économie

Au début de cet article, j’ai fait référence au partage dans un grand nombre de mouvements sociaux récents. Leurs participants ne sont pas les seuls à l’invoquer. De nombreux articles de presse au cours des derniers mois ont mis l’accent sur de nouveaux rapports à la consommation, des formes innovantes d’organisation de la production et de la distribution et des modes de financement originaux en les appréhendant à partir d’une expression : « économie collaborative » ; mais aussi d’autres comme « économie circulaire », « économie participative », « économie de la fonctionnalité », « économie de l’usage », « mouvement des colibris » ou « économie du partage ». Beaucoup des expressions utilisées, dont le champ se recouvre plus ou moins, sont directement traduites de l’anglais ; ainsi celle d’« économie du partage » correspond à « sharing economy ». De nombreux noms de sites utilisent des expressions anglo-saxonnes, y compris quand leur cible n’est pas anglophone. L’« économie positive » du fait de son flou, sans doute volontaire pour s’approprier des idées à la mode sans innovation remarquable et rassembler sans contester les intérêts dominants des plus puissants (qui financent ces réunions), récupère quelques idées critiques acceptables. Les rencontres régulièrement organisées autour de cette expression contribuent ainsi également à médiatiser certaines de ces nouveautés, parmi d’autres.

Ces projets pourraient être intégrés, mais partiellement, dans le vaste mouvement de l’économie sociale et solidaire, qui dépasse le statut des organisations pour les qualifier ainsi à partir de ce qu’elles font. Partiellement, car certains tenants de l’économie collaborative sont très critiques vis-à-vis de l’économie solidaire, l’accusant d’être un mouvement politique de gauche voire d’extrême gauche ; ce que de nombreux acteurs de celle-ci ne récuseraient pas. À l’inverse, en méconnaissance de cause le plus souvent, des penseurs et militants politiques d’extrême gauche accusent l’économie sociale et solidaire de n’être qu’une variante ou adaptation du « capitalisme » ou du « libéralisme » (confondus par eux avec toute économie de marché). Toutes ces pratiques ont pour objectif une optimisation de l’usage des ressources et des biens ; qu’ils soient matériels (voitures, équipements, logements, terres et capital) ou immatériels (connaissances et compétences). L’économie solidaire met centralement en avant les ressources humaines des territoires alors que l’économie collaborative le fait surtout de l’usage des biens avec une logique pouvant inclure la maximisation des rémunérations des initiateurs et bien souvent sans interroger le coût écologique d’usages alourdissant l’empreinte écologique globale des activités humaines. La question du partage n’est alors posée ni dans sa dimension intergénérationnelle, ni en matière de répartition des ressources disponibles. On pourrait donc aussi parler de « pratiques de récupération », avec le double sens du mot « récupération ».


L’exercice actuel du partage (au sens d’une mise en commun) se pratique dans des usages professionnels, dans des usages domestiques ou sociaux, ou bien à leur charnière. C’est une originalité par rapport aux cloisonnements dominants des activités de production, d’échange et de financement. Chaque fois que le rapport au domestique est élevé ainsi que les relations de proximité personnelle fortes, la proportion de femmes y contribuant s’élève ; sans que l’on puisse induire un caractère genré de telle ou telle contribution à l’économie collaborative. Celle-ci implique des usages collectifs ou privés. Certaines pratiques sont de nature interindividuelle ; c’est le cas des modèles peer to peer (P2P), autrement dit d’égal à égal. Le collectif peut se situer à différents échelons, dans des groupes ou communautés de taille très variable. Il ne s’agit donc pas uniquement de microgroupes car plusieurs centaines de milliers de personnes peuvent ou pourraient contribuer à un seul réseau. Mais, même si les relations apparaissent privées, il y a nécessairement référence au collectif (ne serait-ce que par la plate-forme informatique qui relie les partenaires de la relation et normalise les relations). Toutefois, moins le collectif est effectivement présent, moins le partage est de fait mobilisé au point de devenir un prétexte pour étendre une clientèle. Dans certains cas, il est même possible de se demander, quand le terme « partage » est mis en avant, s’il ne s’agit pas de son détournement mercantile ; la seule innovation étant l’usage du web pour mettre en contact offreurs et demandeurs directement, voire indirectement, en vue d’une éphémère transaction. L’offre via un site n’est pas très différente du dépôt-vente dans un magasin commercialisant par exemple des habits de marque, de l’électroménager ou des meubles, des tableaux, des livres ou des bibelots.

Le temps consacré à ce type d’activités est favorisé par la diminution de la durée du travail salarié et l’allongement, contesté par les politiques conservatrices, de la vie potentiellement active ; un « surtemps » devenu du temps de loisir. Certains sites permettent l’essor d’emplois supposés occasionnels. On doit noter ici que le partage peut alors cacher la précarisation de l’emploi et le développement de petits boulots de survie ou apportant des compléments de ressources. C’est le cas de la restauration, j’y reviendrais, ou du recrutement d’aides pour un déménagement avec http://www.mydemenageur.com/. Ces employés temporaires complètent ou remplacent les traditionnels coups de mains entre amis, voisins et familiers en matière de déménagement et qui ont pu se développer avec l’essor même de la location de véhicules utilitaires.


La volonté de partager des outils de bricolage, de jardinage ou d’équipements ménagers dont l’usage est peu fréquent a favorisé l’apparition de sites se présentant comme participant à l’économie collaborative. Or, il s’agit simplement d’une location de matériels à destination de particuliers et de micro et petites entreprises. Ainsi Zilok et E-loue sont des sites dans lesquels les offreurs de matériels et d’outillage sont des particuliers ; mais aussi et sans doute surtout des loueurs professionnels. Cette extension de l’offre peut permettre la réduction du coût de démarrage d’une auto-entreprise. Quant à Ma petite cuisine qui permet à Paris de louer du petit électroménager il s’agit tout simplement d’un magasin ; et non de l’accès réciproque de ressources entre particuliers. On sait que louer peut devenir la norme dans le bricolage, le matériel de puériculture ou médical (fauteuil, lit, etc.). Le champ de la location se trouve ainsi élargi. La démarche peut donc s’étendre et s’éloigner beaucoup d’un comportement militant visant à la mutualisation des ressources…. Elle constitue une nouvelle façon de consommer pour les utilisateurs et une source de revenus pour les loueurs et les organisateurs des sites. La marque Boulanger spécialisée dans l’électroménager et le multimédia a même développé une filiale de location de ce type de produits (Lokéo). Cette stratégie de diversification de la clientèle visant aussi à apparaître dans le champ de l’économie collaborative est donc radicalement différente d’un site de mise à disposition pour un prix modique de sa machine à laver ou de son sèche-linge à un voisin comme www.lamachineduvoisin.fr/; ce site lancé par un groupe d’étudiant-es lillois a essaimé et il compte plus de 2700 lave-linges à disposition dans l’hexagone. L’objectif est de permettre d’un point de vue individuel d’être tiré d’embarras par exemple quand sa propre machine tombe en panne ou l’usage (hors lavomatiques) pour ceux qui ne sont pas équipés en lave-linge et d’un point de vue collectif la réduction du nombre total de machines possédés par les particuliers en optimisant l’usage de chacune.

Comme il a été déjà signalé, il serait erroné d’imaginer que les usagers sont uniquement des consommateurs. Les frontières de l’entreprise s’estompent. Cette économie caractérisée par une mutualisation de moyens, donc un partage de dépenses, et une coopération entre les membres dans l’activité, concerne aussi les entreprises, et tout particulièrement les auto-entrepreneurs et les micro-entrepreneurs à travers la mise en place d’espaces de co-working où des infrastructures et des services sont communs. Dans le domaine de l’informatique c’est le concept des Fab Labs initiés au Massachusetts Institute of Technology à la fin des années 1990. Il a essaimé depuis dans de nombreux pays alors qu’à la même époque en France et sur un modèle proche s’étaient mis en place des espaces publics numériques, très largement analogues dans leurs finalités aux makerspaces d’origine américaine.


Source des extraits : Institut Veblen-De nouvelles formes de partage : la solidarité au delà de l’économie collaborative

Connexités:
- Le tour du monde de la consommation collaborative
- Ecole de guerre économique - L’Economie collaborative : nouveau vecteur d’influence et de reconquête du pouvoir (Lire plus particulièrement le Comparatif des concepts économiques émergeants et des liens avec la notion d’économie collaborative p 28 à 33)
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Re: La parapharmacie de l'économie

Message par Lame » Lun 29 Déc 2014, 20:43

Fil: La parapharmacie de l'économie

Economie du partage : les limites d’une utopie

Après une phase d’enthousiasme pour les valeurs positives portées par l’économie collaborative, des observateurs pointent de possibles dérives et soulignent le besoin de régulation.

Une nouvelle approche de l’économie, fondée sur la collaboration entre individus davantage que sur les échanges marchands. Un monde où les objets et les services se partagent au lieu de s’accumuler, pour le bien de la communauté. Des humains libérés des contraintes du salariat, qui retrouvent enfin un sens à leur travail loin des carcans rigides de l’entreprise. Porteuse de bien des promesses, l’économie du partage, ou économie collaborative, s’annonce comme une révolution majeure. Aux Etats-Unis, l’essayiste Jeremy Rifkin proclame dans son dernier livre, « The Zero Marginal Cost Society », qu’elle va bientôt éclipser deux siècles de capitalisme. En France, mardi dernier, Canal+ lui a consacré un documentaire élogieux diffusé en prime time, « Global Partage ». Quelques jours plus tôt, le think tank OuiShare, spécialisé dans l’économie collaborative, réunissait les principaux acteurs et penseurs de ce mouvement à la Villette. Nos concitoyens ont plutôt une bonne image de l"économie collaborative, comme en témoigne la dernière édition du baromètre de l'institut BVA sur le sujet.

Pourtant, dans le même temps, des voix commencent à se faire entendre pour dénoncer les dérives possibles de ce nouveau modèle, en particulier dans le domaine du travail. Si l’échange de biens d’occasion sur des plates-formes comme eBay ou Leboncoin.fr n’a jamais choqué personne, sa transposition dans le monde des services pose bien plus de problèmes.

Précarisation du travail

Les premières attaques sont venues d’acteurs directement menacés : chauffeurs de taxi contre UberPop à Paris ou Bruxelles, ou hôteliers contre Airbnb à New York. Au-delà de ces conflits très médiatisés, des questions commencent à émerger sur la condition des travailleurs du partage. Le lancement début avril à New York d’UberRush, un service de coursiers à pied ou à vélo, a été vu par l’influente revue américaine « The Atlantic » comme « le triomphe de l’économie de la récession » : un monde où le partage vient toucher même des activités jugées précaires et mal payées. Dans le dernier numéro du mensuel « Fast Company », la journaliste Sarah Kessler raconte un mois passé à tenter de survivre uniquement avec des petits boulots trouvés sur TaskRabbit, une plate-forme d’enchères présentée comme l’« eBay du travail » : « Au lieu de la révolution du travail promise, je n’ai trouvé que des tâches pénibles, un faible salaire et un système défavorable pour les salariés. »

Pour Damien Demailly, chercheur à l’Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri), ce début de remise en cause n’a rien d’extraordinaire : « On suit une courbe classique de l’innovation, avec au départ un fort enthousiasme, et puis l’on se rend compte que les choses sont plus complexes. Le discours promettant de se libérer de l’engagement lié au salariat en travaillant comme cuisinier pendant deux ou trois heures, puis comme chauffeur, apparaît comme une utopie. » Au départ mis en avant comme le moyen d’obtenir un revenu de complément utile en temps de crise, l’échange (rémunéré) de services entre particuliers pose particulièrement problème quand il devient le seul moyen de subsistance. « Dès qu’un individu cherche à en faire son activité principale, il risque de tomber dans la précarité », reconnaît Arthur De Grave, de OuiShare.

Reste que, dans un monde marqué par la persistance du chômage, les travailleurs n’ont pas toujours le choix. « Pour certains acteurs, en particulier jeunes, cela correspond à ce que j’appelle “l’ère de la débrouille” : de toute façon, il n’y a pas d’emploi stable, alors autant enchaîner les petits jobs », explique Anne-Sophie Novel, auteure de « La Vie share, mode d’emploi » (Alternatives, 2013). « Cela s’inscrit dans un moment où le travail est déjà en train de changer, poursuit Benjamin Tincq, cofondateur de OuiShare. Et cela pose forcément des questions, car les institutions et les outils de protection sociale qui devraient accompagner ce changement n’ont pas encore été inventés. »

Le gigantisme des plates-formes

L’autre dérive possible tient à l’émergence de géants mondiaux de l’économie collaborative. Si le mouvement est né dans des structures associatives ou coopératives, de nombreuses plates-formes d’intermédiation sont désormais des entreprises privées, et certaines se sont lancées dans une course à la taille critique. « Quand on voit des publicités pour des sites d’échange dans le métro, on se dit que l’on est quand même loin des valeurs de partage », estime Anne-Sophie Novel. Aujourd’hui, la notion d’économie du partage recouvre aussi bien de petits acteurs locaux comme les Amap (associations pour le maintien d’une agriculture paysanne) qu’Airbnb, qui a récemment levé 450 millions de dollars et serait valorisé près de 10 milliards de dollars, soit davantage que le groupe hôtelier Hyatt. Uber a obtenu, lui, 361 millions de dollars l’été dernier, principalement auprès de Google Ventures. Et TaskRabbit, qui n’est pour l’heure présent que dans cinq grandes villes américaines, a levé près de 40 millions de dollars depuis sa création, en 2008. « Il y a une crainte liée à la constitution de monopoles, ou tout au moins d’oligopoles, comme on a pu en voir naître dans le monde d’Internet ces dernières années », estime l’économiste Nicolas Bouzou, fondateur du cabinet Astères.

Au lieu d’un monde où chacun se retrouve sur un pied d’égalité, à la fois producteur et consommateur, la montée en puissance des plates-formes peut aboutir au résultat inverse. S’ils ne sont certes plus sous les ordres d’un employeur, comme dans le modèle classique, les travailleurs risquent de se retrouver dépendants des plates-formes, de leurs règles et de leurs ¬systèmes de notation – la notation par les clients et le référencement venant remplacer la hiérarchie. Dans ce scénario, les travailleurs risquent de devenir paradoxalement plus isolés : « Enlever les intermédiaires, c’est aussi enlever des institutions collectives », estime Damien Demailly, pour qui « le discours qui se construit autour de l’économie du partage peut être aussi bien libertaire qu’ultralibéral ».

Ces réserves ne doivent bien sûr pas ¬conduire à rejeter l’économie du partage dans son ensemble. Mais la plupart des observateurs, y compris à l’intérieur du mouvement, pointent la nécessité d’inventer un cadre adapté, que ce soit sur le plan de la concurrence, du droit du travail ou de la fiscalité. « Aujourd’hui, le monde politique doit s’emparer de ces questions », estime Emile Hooge, consultant de l’Agence Nova 7, spécialisée dans l’innovation partenariale. Pour Nicolas Bouzou, le véritable enjeu ne doit pas être de défendre telle profession contre telle plate-forme, mais plus globalement « d’inventer un mode de régulation, c’est-à-dire un ensemble de lois et de normes qui puissent s’appliquer au niveau mondial ou, a minima, européen ».

Trois dérives possibles du modèle collaboratif

Le risque de monopole des plates-formes. Plusieurs start-up américaines emblématiques comme Airbnb (échange de logements) ou Uber (chauffeurs urbains, coursiers…) se sont lancées dans une course à la taille critique, levant des centaines de millions de dollars et se lançant dans le monde entier, au risque d’entraver la concurrence et de devenir incontournables pour les travailleurs.

La fin de la professionnalisation. Le principe des plates-formes d’échange de services est que chacun peut exercer n’importe quelle activité s’il a les compétences requises. Ce modèle, proposé aux Etats-Unis par le site TaskRabbit, est cependant réservé aux emplois faiblement qualifiés, avec une rémunération souvent inférieure au salaire minimum. Cela pose également un problème sur le plan fiscal.

Des travailleurs pas si indépendants. Souvent présentés comme « libérés » des contraintes du salariat, les travailleurs indépendants risquent de se retrouver face à une autre forme de pouvoir : celui des plates-formes d’échange, indispensables pour exercer leur activité. Aux Etats-Unis, deux chauffeurs de Lyft, un concurrent d’Uber, ont saisi la justice pour demander leur requalification comme salariés.


Source: Les Echos

A qui profite l’économie collaborative ?

Les inégalités ne sont plus un sujet tabou. Dans le sillage de Piketty, nombreux sont ceux qui s’inquiètent aujourd’hui ouvertement de leur grand retour, et ce, quel que soit le bord politique. L’économie collaborative – qui remet entre autres choses le rôle de la possession en question – pourrait-elle constituer une partie de la solution, ou est-ce tout le contraire ?

Les discussions autour du capital et des inégalités avaient été un peu oubliées depuis les années 80 et semblaient même légèrement ringardes tant on a voulu voir un dépassement du capitalisme et des analyses de classes. Piketty remet ces questions au centre des débats. Il montre de manière incontestable que le capital n’est pas mort, comme on a pu le croire pendant les Trente Glorieuses et, qu’au contraire, il est en pleine reconstitution. Et cette reconstitution ne se fait pas de manière égalitaire. Cela remet en cause les base démocratiques et méritocratiques qui servent de socle aux sociétés occidentales depuis le milieu du XXème siècle. En tant qu’observateur assidu des évolutions de l’économie collaborative, la lecture de Piketty m’a interpellé :

      L’économie collaborative sera-elle une de force de convergence ou de divergence dans la dynamique de répartition des richesses ? L’économie collaborative sera-t-elle moins inégalitaire que sa grande soeur post-industrielle ?

L’une des principales caractéristiques de l’économie collaborative est en effet de favoriser l’accès à des biens mis à disposition par de simples particuliers, de façon ponctuelle et contre rémunération en règle générale. Du côté de ceux qui mettent à disposition leur biens, il devient possible de tirer un complément de revenu appréciable par les temps qui courent.


QUAND LES BIENS DE CONSOMMATION SE CHANGENT EN CAPITAL

L’économie collaborative n’influe que modestement sur la productivité du travail – dont la hausse continue a caractérisé les deux précédentes révolutions industrielles – mais va permettre de valoriser des ressources qui ne l’étaient pas auparavant. Bref, plutôt que de produire plus efficacement, on optimise le taux d’utilisation des choses : qu’on parle d’une voiture sur Drivy ou Blablacar, d’un appartement sur AirBnb ou d’une machine à laver sur LaMachineDuVoisin, les revenus qu’on peut désormais en tirer ressemblent à s’y méprendre à un revenu du capital dans la mesure où il découle de la possession préalable d’un bien.

Ainsi, certains biens qui étaient autrefois considérés comme de purs biens de consommation vont acquérir une partie des propriétés du capital. Comptablement, une voiture n’est pas considérée comme une unité de capital, mais comme un bien durable. Mais le fait de pouvoir la valoriser grâce à la location entre particuliers ne change-t-il pas la donne ? Nous tenons là l’un des principaux paradoxes de l’économie collaborative : en améliorant le taux d’utilisation des ressources, elle fait parallèlement grimper leurs rendements… Au passage, cela révèle le coté un peu naïf de la punchline qu’on entend si souvent : « l’usage prime sur la possession ».

      Si l’usage prime pour les uns, alors la possession n’en aura logiquement que plus de valeur pour les autres !

Dans ces conditions, on comprend que certains se montrent particulièrement critiques à l’égard du mouvement : l’économie collaborative ouvre le champ du capital à des domaines qui lui avaient jusqu’alors échappé (de même qu’il ouvre le champ de l’économie informelle à des sphères auparavant entièrement régulées).

Supposons que je possède un appartement d’une valeur de 160 000 euros. Cela va me permettre de réaliser une économie équivalente au montant d’un loyer de l’ordre de 8 000 euros par an (soit 666€ par mois). Cela correspond à un rendement annuel de 5%. Si, grâce à AirBnb, je peux en plus louer cet appartement 70 euros la nuit à raison d’une nuit par semaine, je sécurise alors un revenu supplémentaire annuel de 3 640 euros par an. Si je passe à chaque fois une heure de mon temps à « travailler » pour mettre mon appartement en location – gestion de l’annonce, ménage, rangement, etc. – au taux horaire de 15 euros, cela représente 780 euros de revenus du travail et 2 860 euros de revenus du capital. A la fin de l’année, le rendement de mon capital est passé de 5 % à 6,8 %, ce qui n’est pas négligeable. On peut suivre exactement le même raisonnement pour une voiture ou pour n’importe quel type de bien durable.


A QUI PROFITENT CES NOUVEAUX REVENUS ?

Du point de vue de l’inégalité économique, cette hausse du taux de rendement des actifs immobiliers et les biens durables est-elle une bonne ou une mauvaise nouvelle ?

Piketty va encore nous aider dans cette affaire : il rappelle en effet que la composition du capital varie fortement en fonction du niveau de ressource de chacun. En l’occurrence, l’immobilier d’habitation constitue en général une part très substantielle du patrimoine des classes moyennes.

      L’immobilier représente plus de la moitié du patrimoine total des ménages qui se situent entre les 60% les plus riches et les 10% les plus riches, c’est à dire les classes moyennes

Il est probable que l’augmentation du rendement que permet Airbnb profite avant tout à cette frange de la population, d’autant que les catégories les plus aisées souffrent ici d’un gros désavantage : gérer une annonce est une activité chronophage et surtout difficilement délégable, car sur AirBnb, on recherche une certaine authenticité, on va à la rencontre de l’habitant. Le système de recommandation est censé mettre en valeur les utilisateurs qui proposent ce type d’expérience. Il faut avouer qu’on imagine mal Paris Hilton mettre son manoir sur AirBnb et faire copain-copain avec Monsieur Tout-le-monde !

Dans le même ordre d’idées, en France, ce sont plus de 83% des ménages qui possèdent au moins une voiture. Il s’agit donc d’une forme de « capital » qui n’est pas réservée aux plus fortunés, il est même assez évident que ce sont surtout les ménages modestes et les classes moyennes qui ont le plus intérêt à mutualiser ce genre de bien. On peut dire la même chose des machines à laver, du matériel de bricolage, etc. Il s’agit de produits courants, largement répandus et ce quel que soit le niveau de patrimoine, qui peuvent désormais être valorisés par tout un chacun.

      En ne regardant que le logement et les véhicules particuliers – qui constituent la majeure partie des volumes de biens échangés sur les plateformes de consommation collaborative – on voit que la hausse du rendement du capital profite avant tout aux classes moyennes, ce qui semble donc aller dans le sens d’une diminution des inégalités (ou d’une atténuation des divergences) de revenus au moins entre ces dernières et les classes supérieures.

Plutôt une bonne nouvelle quand on sait que ce sont surtout les classes moyennes qui pâtissent du creusement des inégalités depuis les années 1980.

Cela étant dit, il n’est pas certain que ce répit offert aux classes moyennes puisse durer si la consommation collaborative perd sa dimension d’outil d’organisation entre particuliers et devient facilement généralisable, délégable ou même industrialisable. On a ainsi vu apparaître sur AirBnb de plus en plus de quasi-professionnels qui ont fait le choix de dédier exclusivement leurs appartements à la location touristique de courte durée. Une tendance par ailleurs combattue par les législateurs et souvent par les utilisateurs du service eux-mêmes. Certaines plateformes de consommation collaborative ont même commencé à combattre ces tentatives de récupération par les professionnels.


EN RÉSUMÉ…

POUR LES PLUS MODESTES

La consommation collaborative, en réduisant le coût d’accès aux biens et services, va avant tout permettre de maintenir le niveau de consommation, bref, de vivre mieux avec moins. En recourant à des services de consommation collaborative pour le transport, l’équipement ménager ou en revendant facilement des biens durables sur des plateformes comme Leboncoin.fr, les ménages modestes peuvent générer un revenu complémentaire appréciable. Le problème, c’est que le faible taux d’accès à la propriété immobilière pour cette catégorie de la population va par contre fortement limiter les revenus potentiels issus de services du type AirBnb.

POUR LES CLASSES MOYENNES

L’économie collaborative est a priori une bonne nouvelle. En offrant la possibilité de valoriser des biens qui ne l’étaient pas ou peu auparavant, elle permet à ces catégories de retirer un complément de revenu déjà plus substantiel. A cet effet s’ajoute également le bénéfice d’un accès moins coûteux à toute une panoplie de biens et services. Autant d’économies réalisées qui pourront être réinvesties ailleurs… Notamment dans du capital.

POUR LES PLUS RICHES

La hausse des rendements du capital immobilier et l’élargissement du périmètre du capital ne semblent pas leur profiter directement : le phénomène concerne des biens qui pèsent en relatif moins lourd dans leur patrimoine comparé au reste de la population. De même, le « travail » de l’usager d’un service de consommation collaborative est a priori difficilement délégable. A l’inverse, si l’on pousse le raisonnement encore plus loin, les difficultés que connaissent les industries traditionnelles chamboulées par l’économie collaborative pourraient bien à terme menacer les détenteurs de titres : actionnaires de grandes chaînes hôtelières ou des grands loueurs de véhicules, etc. Les valeurs mobilières représentent en effet une large part des patrimoines chez les plus aisés. Bien sûr, il est très probable que d’autres fortunes, bâties sur les mêmes types d’actifs, se reconstitueront de l’autre côté , par exemple les fonds ayant investi dans les plateformes de consommation collaborative pour ne citer qu’eux. Il est donc très délicat de se prononcer quant à l’impact du développement de l’économie collaborative sur la valeur des actifs, en bien ou en mal. Au pire, l’émergence de nouvelles fortunes pourrait au moins favoriser la mobilité sociale au sein du décile supérieur.

J’ai étudié ici les secteurs de la location ponctuelle de biens durables, qui n’est qu’une partie de l’économie collaborative. Il est pourtant déjà très difficile de tirer des conclusions sur la dynamique de répartition des revenus et je n’ai pas la prétention de tirer des lois générales.

      Mais l’apparition de nouveaux revenus du « capital », générés par des biens qui sont en majorité possédés par les classes populaires et moyennes, représente un phénomène tout à fait inédit : il ouvre en effet les portes du capital à des catégories de la population qui ne vivaient jusqu’alors que des seuls revenus de leur travail.

Article initalement publié sur Ouishare

Source: Mutinerie libres ensemble
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Re: Le PolitBureau, aprés la chute -3-

Message par Kakita Inigin » Jeu 01 Jan 2015, 01:56

Un peu de ménage a été fait (2015, année moins bordélique), et bonne année à tous. :yua:
Tes yeux sont si profonds qu'en me penchant pour boire
J'ai vu tous les soleils y venir se mirer
S'y jeter à mourir tous les désespérés
Tes yeux sont si profonds que j'y perds la mémoire.


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Re: Le PolitBureau, aprés la chute -3-

Message par Lame » Jeu 01 Jan 2015, 15:03

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L'économie contributive

Le philosophe Bernard Stiegler, qui suit aussi de près les transformations du monde, aime parler pour sa part d'économie contributive et explique en quoi notre prochain modèle du travail sera ancré sur le savoir et non plus sur le modèle consumériste. Un exemple ? "Dans le champ énergétique, le contributif est très très important. Il y a plusieurs types de contributeurs. Les individus, d’abord. Moi, par exemple, j’ai un moulin. Je peux aussi mettre 300 m² sur mes toits de photovoltaïque. Je peux revendre 3-4 fois ma consommation. Mais je ne le fais pas parce que les conditions de sécurité pour le faire sont telles qu’il faudrait que j’investisse beaucoup d’argent", expliquait-il à Rue89 en février 2013.

Avec une question clef: comment sortir de l'attitude de consommation ? Car le modèle économique actuel est devenu toxique pour les gens et pour l’environnement et nous devons nous orienter dans une "ère du travail contributif, où le contributeur n’est ni simplement un producteur, ni simplement un consommateur".

Et attention, "l’économie coopérative n’est pas contributive mais c’est une nouvelle version, m'a expliqué le philosophe en mars 2013. C’est plus profond car l’économie coopérative ne change pas fondamentalement l’économie industrielle, telle que pensée initialement, elle se développe à côté du modèle industriel". L'économie de la contribution est un modèle industriel coopératif qui n'est donc pas "à part" tout en faisant la promotion du logiciel libre et de tout ce qui procède de la décentralisation et de la mise en réseau décentralisé (dans le champs de l’énergie notamment).

Le hic, c'est que "les politiques n’ont pas de vision industrielle de cette question, et les gens de l’économie sociale et solidaire ont tort de ne pas mettre cela sur le plan industriel" estime le philosophe. Et "si l'économie collaborative fait partie de l’état d’esprit contributif, mais elle ne doit pas trop diaboliser les logiques descendantes et pyramidales" estime-t-il également, en annonçant non pas la fin du travail mais sa renaissance.


Source: Le Monde


Développement sur l'économie contributive

L'économie contributive, ou économie de la contribution, est un modèle de création de valeur basée sur la contribution. Elle se caractérise par la non-dissociation entre producteur et consommateur: dans le cadre d'une économie contributive, l'usager du service est potentiellement à la fois consommateur et producteur du service. Par exemple, Wikipédia est un modèle d'économie contributive: les rédacteurs des articles sont les utilisateurs de l'encyclopédie. C'est le cas aussi des logiciels libres, où un certain nombre d'usagers apportent leur contribution en améliorant le logiciel qu'ils utilisent.

L'économie contributive est un concept développé par Bernard Stiegler et l'association Ars Industrialis.


Caractères du modèle contributif

L'association Ars Industrialis définit l'économie contributive par trois caractéristiques principales :
    -la non séparation entre producteurs d'un côté, et consommateurs de l'autre.
    -la valeur produite par les contributeurs n'y est pas intégralement monétarisable
    -la production de savoir-faire et de savoir-vivre, qui dépasse la simple subsistance


Source: Wikipedia


Remarque:

Dans les échos, l'expression économie contributive est employée pour désigner les activités non-marchandes.

L’économie contributive a été mise en évidence pour distinguer deux formes d’activités humaines :

- L’économie productive : celle où l’homme produit des biens et des services directement utiles à la société. On y trouve essentiellement des activités marchandes (commercialisées) et régaliennes (financées par l’impôt).

- L’économie contributive : celle où l’homme prépare l’avenir et gère le passé. On y trouve la vie associative, culturelle, spirituelle, politique, mais aussi toutes les activités liées à la vie de la famille et celles liées à l’innovation.


Source: Les Echos-Economie de la contribution et économie contributive


La Gouvernance contributive: une démocratie participative inspirée des concepts économiques émergeant

Que peut faire un territoire pour devenir un « incubateur d’innovation ascendante » ?

On assiste à l’émergence d’une gouvernance contributive où la collectivité prend conscience de la richesse des initiatives sur son territoire et encourage l’innovation. Tout un chacun a une compétence à offrir. La collectivité doit apprendre à passer d’une attitude de prescripteur à l’accompagnement des initiatives, la mise en réseau, l’attention au pouvoir d’agir augmenté par le numérique. Face à la multiplication des initiatives, elle doit faire en sorte que la mayonnaise prenne ! Comment ? En jouant le rôle d’animateur. À Brest, nous avons appris progressivement ces nouvelles façons de faire selon quatre étapes.


Pouvez-vous détailler ces différentes étapes ?

La première, c’est le « faire avec ». À la fin des années 1990, nous avons proposé la création de Points d’accès publics à internet (Papi) dans les lieux qui accueillent des publics. Actuellement, on en compte 108. Ce réseau assure une couverture complète de la ville.

Puis, vient « l’envie de faire ». Chaque année, un appel à projets épaule la concrétisation de dizaines d’innovations (49 en 2013). La contribution de la ville est modeste, limité à 2 300 euros par projet, mais elle suffit à stimuler cette envie. À noter, également, l’importance de la mise en réseau, par la mairie, des différents acteurs. Ce qui permet de diffuser dans la ville une culture commune de l’innovation sociale numérique et de la coopération.

Troisième étape : le « donner à voir ». Chaque projet est publié sur le magazine participatif. Les expériences sont ainsi partagées et les participants valorisés. De même, nous allons créer une carte collaborative qui recensera les innovations sociales dans tous les domaines.


Quelle est la quatrième et dernière étape de la gouvernance contributive ?

C’est « l’apprentissage du libre et des pratiques collaboratives ». Ce qui nous a amené à mettre en ligne le site wiki-brest.net. À l’image de Wikipedia, nous avons ouvert un espace d’écriture collaborative portant sur le patrimoine et le vivre ensemble au pays de Brest. Dans cette optique de travail en réseau et de coopération, des formations-action « Animacoop », sont proposées aux acteurs de l’innovation sociale du pays de Brest (100 heures réparties sur 15 semaines). On y apprend à copier ! C’est-à-dire, non pas à plagier, mais à réutiliser intelligemment afin de donner, au maximum de gens, la possibilité de faire, à leur tour.

C’est ainsi que les documentalistes ont créé, à Brest, leur propre réseau contributif qui regroupe 120 adhérentes. En échangeant leurs expériences à travers les ateliers, les documentalistes se forment entre elles. Ce qui crée de la richesse locale et renforce l’innovation sociale dans les bibliothèques.


Source des trois extraits précédents: La Gazette.fr

Connexe: a-Brest-Premier pas vers une gouvernance contributive
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Re: Le PolitBureau, aprés la chute -3-

Message par Lame » Jeu 01 Jan 2015, 17:33

Fil: La parapharmacie de l'économie

L’économie horizontale

Pour Daniel Kaplan, de la FING, il serait préférable de ne pas parler d'économie collaborative à tort et à travers: "les individus qui s’engagent dans ces pratiques (ebay, le car sharing, ...) ne se disent pas qu’ils "collaborent", ils cherchent à réaliser des actions de façon plus rapide, moins coûteuse ou plus satisfaisante. Et l'essentiel de la valeur économique est capté par un intermédiaire" expliquait-il à WithoutModel il y a quelques semaines.

A ses yeux, il s'agit plus d'économie horizontale, alors que la collaboration serait réservée à ceux qui échangent des produit des biens ou des services en dehors de la sphère marchande. Mais bien plus encore, "l'univers du Do it Yourself, des makers et des Fablabs révèle une autre tendance qui peut transformer en profondeur le modèle industriel. Ces émergences annoncent a minima une évolution importante de la conception et du prototypage ; sans doute une transformation du cycle de vie des produits et de sa gestion ; et peut-être, dans certains domaines, un nouveau mode de production et d’assemblage". Ainsi, les processus deviennent plus fluides, comme l'explique d'ailleurs depuis longtemps Joël de Rosnay, notamment dans Surfer la Vie ou Jeremy Rifkin lorsqu'il parle d'économie latérale.


Source: Le Monde


L'essor discret du pair à pair

Actuellement, le concept économique le plus en vogue est l’économie collaborative qui davantage assimilable à une catégorie d’activité qu’à un système précis. En son sein, les expériences d’économie contributive sont les plus médiatisées, notamment du fait du développement de plateformes géantes.

Un autre courant plus discret regroupe les pratiques relevant de l’économie horizontale ou économie interindividuelle. Il s’agit de l’ensemble des transactions réalisées entre les travailleurs indépendants, sans recours au salariat, à l’actionnariat dirigeant ou aux acteurs du secteur public.

Masquée par l’essor de l’économie contributive, l’économie horizontale se développera sans doute conjointement :
- aux réseaux informatiques pair à pair (sans serveur central),
- aux monnaies électroniques privées sans gestion centralisées (ex : bitcoin),
- à l’horizontalisme politique expérimenté dans différentes mouvements politiques informels.

L’essor de l’économie quaternaire a créé le cadre numérique nécessaire à l’émergence de l’économie horizontale. L’économie Open source contribuera à son développement d’une part en favorisant la standardisation des équipements connectés, d’autre part en favorisant toutes les formes d’automatisation qui réduisent la dépendance aux techniciens humains.

L’horizontalisme économique se heurte à une difficulté majeure : la solitude de l’entrepreneur freelance et sa précarité. Les réseaux d’entreprises individuelles numériques règlent en partie le problème, notamment en permettant des politiques d’externalisation radicale. Des groupes de participants temporaires et de composition changeante forment ainsi des entreprises de fait permettant la production de bien et service complexe.

La méthode a ses limites.


Les organisations hybrides

Un nouveau type d'organisation se développe actuellement dans l'économie marchande classique, notamment en Afrique: l'organisation hybride numérique. C'est une forme d'entreprise qui crée un marché interne parallèlement au marché formel organisé par l'Etat.

L'organisation crée une liste d'affilié qui lui paie une cotisation et respecte certaines normes; c'est le croisement des concepts de la franchise commerciale et de l'entreprise omnium. En échange, elle met les affiliés en relation et leur fournit tous les services nécessaires à la pratique de l'entrepreneuriat, y compris ceux qui sont normalement à charge des pouvoirs publics avec la bénédiction de ses derniers.

L'organisation hybride et les différents affiliés ont chacun une activité économique autonome. Naturellement, l'organisation hybride se tournera vers ses affiliés pour l’obtention de bien et des services, la sous-traitance, la création de joint venture ou de groupement d’intérêt économique. L’organisation hybride, c’est sans doute la forme qu’adopteraient les corporations et technoblocs dont l’apparition a été prédite par le courant cyberpunk.


Connexe: Billet d’humeur : La généralisation de l’entreprise hybride, ou janus et ses deux faces : une face rose, une face plus grise.


Une forme d'économie contributive pour les acteurs de l'économie horizontale

Une organisation hybride "classique" peut être considérée comme une application concrète de la féodalité à l'entrepreneuriat. En principe, c'est donc une structure hiérarchisée incompatible avec les principes de l'économie interindividuelle, "pair à pair".

Sauf si l'on gomme les aspects hiérarchiques de l'organisation hybride.


A quoi ça ressemble, une entreprise sans patron?

Bienvenue dans le monde du travail sans patron, où il n’y a pas la hiérarchie, où les travailleurs déterminent le salaire des autres et où les employés fixent leurs heures de travail. Selon un reportage du Wall Street Journal, des entreprises comme Valve corp, Github, GE aviation et W.L. Gore ont choisi un modèle loin d’être traditionnel.

Valve, une entreprise qui crée les jeux vidéo (comme Half Life), n’a pas de patron ou de directeur depuis le premier jour, en 1996. Et l’entreprise se porte très bien. Les employés proposent leurs projets aux autres et c’est comme ça que se lancent les nouveaux projets. L’entreprise utilise les tables à roulettes pour encourager les collaborations et les discussions. Valve soutient que sa rentabilité par employé est «plus haute que Google, Amazon, ou Microsoft».

A W.L. Gore (comme le Gore-Tex), la chef exécutif (son titre est un des rares de l’entreprise), explique qu’«au début, c’est tout à fait moins efficace», mais qu’une fois que l’organisation est en place, tout va très vite. Greg Coomer, qui a travaille à Valve depuis 16 ans, ajoute que chez eux, «en ce qui concerne les projets, il y a généralement quelqu’un qui en tant que gestionnaire de facto. Quand personne ne prend la direction, c’est habituellement le signe que le projet ne vaut pas le coup.»

Il n’y a pas que des petites entreprises qui fonctionnent sans boss.

Depuis des années, le géant de l’industrie General Electric (GE) n’utilise pas de directeurs ou de contremaîtres dans certains bâtiments où il fabrique des avions. GE dit qu’il utilise cette méthode pour augmenter la productivité dans les usines qui produisent des petits volumes et où peu d’employés travaillent et peuvent réaliser plusieurs tâches.

Mais sans patron qui décide des salaires? A Valve, chaque employé classe les autres pour déterminer qui mérite plus d’argent. De la même manière, tous les travailleurs participent aux recrutements, c’est une décision collective.

Mais le système n’est pas parfait, il y a aussi des inconvénients. Les entreprises expliquent qu’il est plus difficile de repérer ceux qui ne travaillent pas assez. Même Valve explique dans son manuel de travail que quelque fois les mauvais travailleurs «peuvent rester sans se faire remarquer trop longtemps». Par ailleurs, la bonne alchimie entre les personnes au bureau est essentielle –il n’y a aucune place pour les rivalités.

Une chose est absolument nécessaire pour ces entreprises: des travailleurs motivés. Puisqu’il n’y a personne pour leur dire de travailler.


Source: Slate


Maintenant, demandez-vous ce que donnerait ce mode d'organisation appliqué à une coopérative d'entrepreneurs momentanée ou ... à une organisation hybride gérée par ses affiliés?

        Une coopération efficace entre les personnes peut naître en l'absence d'une autorité centrale les conduisant à coopérer. Il faut pour cela qu'elles privilégient leur intérêt personnel dans un contexte de réciprocité, des relations symbiotiques pouvant alors s'établir. C'est ce qu'a démontré par simulation sur ordinateurs Robert Axelrod, spécialiste de la théorie des jeux. Ce types de coopération ne peut se développer à partir d'individus isolés, mais seulement à partir de petits groupes qui "fondent leur coopération sur la réciprocité, même si ces échanges représentent une faible proportion de leurs interactions".

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Message par Lame » Jeu 01 Jan 2015, 22:23

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L’économie quaternaire

Pour l'économiste Michèle Debonneuil interrogée début janvier dans cet article de Laure Belot dans Le Monde, nous voyons émerger aujourd'hui des pionniers d'une économie "quaternaire". "Les nouvelles technologies sont pleines de potentialités et le Bon Coin est une illustration embryonnaire de tout ce qu'il va être possible de faire grâce à ces nouveaux échanges sur Internet et sur mobiles. Ces technologies vont permettre de décupler les capacités mentales des hommes comme les technologies de la mécanisation ont permis de décupler leurs capacités physiques" estimait-elle alors.

La limite, selon elle, est le risque de revenir à une économie de troc "qui ferait fi de l'apport réel de l'économie de marché". Aussi les entreprises doivent-elles intégrer ces nouvelles logiques dans leur façon de faire, en étant plus ouverte aux nouveaux besoins des consommateurs, et entrer dans l'ère de la co-création. Sans oublier qu' "il s'agit, avec les technologies numériques, de passer d'une économie de l' avoir plus à une économie de l' être mieux" souligne la chercheuse.


Source: Le Monde

Le fer de l'économie quaternaire: l'économie de fonctionnalité numérique

En raison du copyright, des droits, des licences, nous érigeons des barrières (justifiées dans le contexte d’une économie d’objets) au piratage et au « photocopillage ». Mais dans une économie dématérialisée, comment résister à la pression de la reproduction ? Les idées, comme les virus, sont infectieuses. Elles se propagent par épidémies et chacun se contamine…en recopiant. Tout ce qui vit dans la nature cherche à se reproduire. L’information ne demande qu’à être reproduite, et nous rendons illégale cette duplication. Certes, le plagiat qui ne respecte pas le droit moral (avant le droit financier) des auteurs est inacceptable, mais la base du fonctionnement de l’introsphère repose peut-être justement sur la libre reproduction des informations. Dans la nouvelle écologie informationnelle, la reproduction est la règle – comme pour l’évolution biologique. Sans elle, pas de brassage des gènes (des idées), pas de génération de variété, de nouvelles espèces : pas d’évolution.

La solution de l’avenir est de libérer la reproduction de l’information grâce à son cryptage personnalisé.


L’information cryptée arrivera à domicile par les inforoutes ou sur un CD-ROM. Ce ne sera ni la durée qui sera facturée ni un forfait fondé sur le nombre de bits d’information utilisé, mais l’usage que l’on fait de l’information. En effet, chaque information envoyée ne peut être utilisée si elle n’est pas décryptée. Or chaque décryptage génère une faible redevance. Ainsi, on ne paye que ce que l’on consomme. Avec le cryptage, le compteur d’information à domicile (analogue au compteur du gaz ou de l’électricité) devient une réalité.


Source des extraits: L'homme symbiotique

Le nomadisme virtuel, moteur de l'économie quaternaire

Un événement hybride est un rendez-vous à la fois physique et virtuel. Social media très répandu aux États-Unis, son principe est simple : le public intéressé par un événement à la possibilité d’y assister/participer soit d’une manière traditionnelle, en présentielle, soit par le biais d’un ordinateur connecté à internet1. Dans ce dernier cas, grâce aux innovations technologiques, il ne perd rien des échanges et de sa capacité d’interaction en temps réels avec les intervenants et les participants en présentiel.

Présentation

Un événement virtuel peut prendre différentes formes : salon/foire, congrès/séminaire, réunion, conférence, workshop...

Ce sont des plateformes web qui permettent l’organisation événements hybrides ou 100 % virtuels. Elles sont en quelque sorte louées aux organisateurs car elles restent hébergées chez les opérateurs. Certaines des plateformes dédiées à l’événementiel virtuel ont parfaitement reconstitué en 3D l’environnement d’un salon traditionnel avec ses différents espaces : halls avec stands, auditorium, hall d’accueil, etc1.

L’objectif d’un événement hybride ? Maximiser le nombre de participants à un événement, et pour le domaine commercial, générer davantage de leads[pas clair].

Un événement virtuel reproduit les mêmes types d’interactions qu’un événement physique. En effet, les plateformes en ligne sont munies de fonctionnalités évoluées. Par exemple :

L’internaute entre dans le salon, reçoit son badge, est accueilli par une hôtesse d’accueil, sélectionne le hall qu’il souhaite parcourir et visite les stands.

Chaque stand virtuel est doté des mêmes fonctionnalités et permet l’interactivité en temps réel entre les acteurs du salon (exposants ou animateurs des stands, conférenciers, intervenant ou formateur dans les workshops) et l’internaute :

    - Les visiteurs, exposants et conférenciers peuvent se parler en instantané grâce à des visio-chats ou des chats.
    - Les exposants présentent leurs produits et leurs savoir-faire à travers des vidéos, des plaquettes en pdf que les visiteurs peuvent visionner ou télécharger.
    - Les conférences et les workshops sont diffusés/retransmis sur la plateforme en direct dans le théâtre virtuel ou dans l’espace workshop et, toujours grâce aux fonctionnalités évoluées, offrent toute latitude d’interaction en live entre les différentes parties. Enregistrées, elles sont aussi disponibles en replay aux visiteurs n’auraient pas pu assister à ces temps forts.

Ce nouvel modèle événementiel offre une complémentarité à un événement physique à moindre coût et l’inscrit dans une dimension de développement durable. Il fait gagner du temps aux parties prenantes grâce à une simplicité d’accès et d’action : communiquer, échanger, conseiller, former et vendre – sans se déplacer. Un événement virtuel n’engage aucun investissement en matériel, aucun transport1.

Ces différents atouts donnent plusieurs avantages à chacune des parties prenantes : audience élargie, création d’interactions à un niveau international, nouvelles sources de revenus. La génération d’internautes actuelle devrait permettre à ce modèle événementiel hybride de très vite se généraliser[interprétation personnelle.


Source: Wikipedia


Ce type d'évènement est un exemple de "coopétition" (compétition-coopération) qui est la base du fonctionnement des réseau d'entrepreneur individuel (économie horizontale) et des organisations hybrides citées plus haut.

Vers une économie hybride de la coopétition

Par le biais de ces intermédiations, les technologies numériques tendent à nous faire passer d’une économie industrielle, empreinte de verticalité, à une « wikinomie » (Tapscott, 1996), une économie collaborative orientée par l’intelligence collective, horizontale, rendant plus poreuse la frontière entre fournisseurs de services et consom’acteurs.

Les plateformes communautaires Flickr, Myspace, Youtube, Second Life ou encore l’encyclopédie collaborative Wikipedia en sont des exemples. Le concept de l’open source est depuis longtemps un moteur de cette co-création (déplacement de la valeur sur l’innovation et non sur la rente) mais restreint à une niche de spécialistes. Cette mutualisation a, depuis, amplement gagné d’autres pans de l’activité numérisée à l’image d’une soustraitance basée sur la collaboration de masse.

La contribution, la recommandation et la réputation en ligne couplées au marketing social deviennent des valeurs constitutives d’une économie de la connaissance et de l’attention. Il s’agit d’accroître la qualité des services et de bénéficier de compétences externes, tout en renforçant davantage l’économie de marché par la concentration et la co-création plus que par la concurrence. Ce modèle s’apparente à une économie de la coopétition (Nicolas Currien, 2009), c’est-à-dire une économie mixant deux modèles opposés (compétition/coopération).

Mais au quotidien, cette tectonique économique soulève des interrogations quant aux règles de rémunération des créateurs de contenus et sur la frontière entre amateurs et professionnels. Dans un contexte de délocalisation forte vers les réseaux numériques mondialisés et des économies d’échelles conduisant à la concentration monopolistique, cette transition économique transforme mais détruit également, tiraillée entre innovation perpétuelle et besoin de régulation.

Et si l’économie numérisée est caractérisée par une propension croissante à l’expérimentation et par des services fortement plébiscités, elle ne produit guère de business models établis à l’heure actuelle.


Source: AEC-Les modèles d’affaires de l’économie numérique


Annexe: la coopétition

La coopétition est la collaboration opportuniste entre différents acteurs économiques qui, par ailleurs, sont des concurrents ("competitors", en anglais).

Coopétition est un mélange des deux mots coopération et de compétition (concurrence). Il s'agit d'un mot-valise (comme modem, codec) qui emprunte à la sagesse machiavélique : « Si tu peux tuer ton ennemi, fais-le, sinon fais t'en un ami ».

Elle consiste pour une entreprise à conserver son intégrité tout en partageant certaines de ses ressources avec ses concurrents choisis. Il s’agit d’une stratégie globale, qui permet tout autant des coopérations dans un mode projet, pour remporter un gros contrat, ou développer un produit particulièrement complexe, que des coopérations de long terme et multi-niveaux, impliquant de fortes synergies entre les entreprises en coopétition.

Cette notion a été popularisée par deux auteurs américains en 1996 : Nalebuff et Brandenburger.


La coopétition demande une certaine transparence et une grande prudence juridique pour éviter aux entreprises toute accusation de Pratiques anticoncurrentielles ou d'Entente illicite entre producteurs (punies par de nombreuses lois antitrust). En général, une cellule de coopération technique est créée (par exemple celle unissant Apple, Motorola et IBM pour la mise au point du PowerPC), et son fonctionnement rendu aussi transparent que possible par la publication de nombreux rapports.


Source des deux précédents extraits: Wikipedia

Connexités:
- Glossaire du E-Marketing-Coopétition
- Revue française de gestion-Les stratégies de coopétition
- Portail des PME-Coopétition, collaborer avec ses concurrents

Sujet SDEN connexe: REACTUALISER L'ECONOMIE CYBERPUNK
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Re: Le PolitBureau, aprés la chute -3-

Message par Lame » Ven 02 Jan 2015, 00:48

Fil: La parapharmacie de l'économie


L’économie open source

Autre modèle dont on entend parler de plus en plus, celui inspiré des modèles open source très développé dans les logiciels informatiques. Aujourd'hui nous voyons émerger de l'open hardware (matériel libre) et il est possible de concevoir des voitures open-source, des tracteurs open source, des bateaux open source pour nettoyer les dégâts liés aux marées noires.

Ici, l'idée est de partager le savoir, de l'enrichir, de le compléter, d'en faciliter la reproduction et la progression en jouant sur la créativité de chacun et la transparence. Le mouvement des makers cher à Chris Anderson (et à Joël de Rosnay, qui utilise le terme "doueur") participe aussi de cette dynamique collective ouverte.

Si le sujet vous intéresse, cet article de Mathilde Berchon, publié en octobre 2012 sur Owni offre un panorama utile.


Source: Le Monde


Une gratuité si lucrative

De prime abord, l’économie Open source libre passe pour la plus utopique des onze économies présentées précédemment. En réalité, c’est l’un des plus prometteurs.

C’est un concept « gagnant-gagnant » qui est profitable :
    - Aux consommateurs qui obtiennent des produits gratuits,
    - Aux donateurs et mécènes qui font des économies ou créent de la demande,
    - Aux pouvoirs publics qui souhaitent renforcer l’indépendance de la société à certains fournisseurs étrangers.

Il peut devenir la charnière entre les pouvoirs publics, les acteurs de l’économie sociale et solidaire et leurs « rivaux » de de l’économie collaborative; le Mouvement pour la Tri-articulation sociale promotionne justement ce genre de synergie. Les secteurs concernés pourraient être la cobotique (ou robotique collaborative), la robotique prothétique et l’impression tridimensionnelle.

Les principaux acteurs seraient les fondations philanthropiques et les associations sans but lucratif. Les premières pour favoriser la production. Les secondes pour s’occuper de la distribution auprès des usagers potentiels.


Ceci est une Révolution : ce que l'Open Source a changé

Les 11, 12 et 13 octobre prochains se tiendra à Paris, l'Open World Forum, un événement de renommée internationale dédié à l'open source et aux approches ouvertes. L'open source est une idée qui a pris naissance dans le monde du logiciel, mais a inspiré et bousculé bien d'autres domaines. Tout comprendre en quelques clics sur une révolution qui bien au-delà de l'informatique, touche l'ensemble de la société...

Logiciel libre et open source

Revenons aux origines. Le logiciel libre est imaginé dans les années 80 par Richard Stallman. Il affirme que les programmes informatiques doivent pouvoir être librement utilisés, et surtout étudiés et modifiés. Utopique pour certains, il amorce pourtant une véritable révolution, qui 20 ans plus tard a bousculé toute l'économie du logiciel, et bien au delà. Fin des années 90, certains préfèrent l'appellation alternative de logiciel "open source" pour désigner à peu près la même chose, mais en mettant en avant non pas tant la liberté, que les qualités spécifiques de ces programmes réalisés de manière collective, peu centralisée, dont le code source (le programme tel qu'il est écrit par un informaticien) est disponible et peut être modifié, utilisé pour créer de nouveaux programmes, des oeuvres dérivées.

A certains égards, l'open source est un mouvement humaniste. Il considère que le logiciel est, à la manière de la connaissance scientifique, une forme de patrimoine de l'humanité, un bien commun que nous enrichissons collectivement, pour le bien être de tous.

L'open source, disons ici plutôt le logiciel libre, porte aussi un message particulièrement d'actualité: le logiciel nous contrôle, il est vital pour nous de contrôler le logiciel. Des pans de plus en plus grands de notre vie sont sous la maîtrise de logiciels. Un logiciel détermine si votre voiture va freiner, un autre si votre pacemaker va faire battre votre coeur, et un autre peut-être déterminera pour qui vous avez voulu voter aux présidentielles. Le logiciel fait désormais plus que nous "rendre service", il nous contrôle. Ce n'est pas un mal en soi, à condition seulement que le contrôlions aussi, que nous sachions ce qu'il fait exactement, et ayons le droit de le modifier si besoin. Cette exigence première du logiciel libre est plus que jamais essentielle.

Ces 20 dernières années, le logiciel libre et open source, réuni sous l'appellation FLOSS, a apporté d'incroyables bouleversements.

Dans l'informatique, une révolution aux multiples facettes

D'abord dans la manière de créer des programmes. Dans les années 90, peu après la naissance du web, c'est une révélation : les programmes les plus critiques de la toile, les programmes les plus utilisés, les programmes les plus complexes, sont des programmes open source. Même Bill Gates en prend soudain conscience, et adresse en 1998 un mémo à ses troupes, où il s'alarme de cette transformation, de ces logiciels aussi bons et parfois meilleurs, de cette nouvelle forme de concurrence.

L'open source a apporté une rupture dans l'économie du logiciel en abaissant les coûts d'une manière incroyable. Tout ce qui constitue le socle d'une plateforme informatique, d'une plateforme web, est devenu tout simplement gratuit : système d'exploitation, bases de données, logiciels serveurs, outils de développement, outils d'administration. Bien sûr, le coût total de possession n'est jamais nul : il faut du matériel, du support et de l'expertise humaine pour déployer et faire marcher tout cela. Mais pour une start-up, la barrière à l'entrée a été abaissée de manière phénoménale, stimulant et accélérant la création d'entreprises innovantes. Et pour les entreprises utilisatrices, cette nouvelle donne s'est traduite en gains de compétitivité.

Comme toutes les révolutions technologiques depuis la machine à vapeur, l'open source a amené une forme de destruction créatrice, comme l'avait décrit l'économiste Joseph Schumpeter. En produisant des alternatives quasi-gratuites à des logiciels anciennement coûteux, l'open source a fait disparaître des acteurs devenus non compétitifs, et réduit les marges de quelques autres. Mais le contexte nouveau d'un socle logiciel devenu un bien commun a permis l'émergence de milliers d'acteurs, de startups innovantes, dont certaines sont déjà grandes. Et a permis, plus largement, l'émergence du web, de ses acteurs géants, et des milliers d'acteurs plus petits mais innovants et grandissants.

Le développement logiciel a été profondément modifié lui aussi. L'approche moderne du développement consiste à assembler des composants, grands et petits, pour l'essentiel open source. Une part déterminante du développement consiste donc à sélectionner les bons composants et les intégrer, en ne développant réellement que les parties spécifiques, qui concentrent la valeur ajoutée de l'application. C'est une transformation du développement logiciel qui a apporté d'importants gains de productivité.

L'open source domine sur les serveurs et dans le cloud

L'open source a eu des succès mitigés sur le poste de travail, sur le PC ordinaire. Et pourtant, moins visible et moins connue du public, la victoire de l'open source a été écrasante du côté serveurs et Cloud. Si Windows domine sur les postes de travail, le système d'exploitation Linux a une domination plus grande encore sur les millions de serveurs des grandes plateformes du web, de Google, Facebook, Amazon, ou eBay, mais des plus petits acteurs de la même manière. Une étude récente estimait à 90 % la part de marché de Linux sur le Cloud de Amazon. Dans beaucoup de domaines, l'open source est en pointe, faisant naître les outils de demain. Citons par exemple l'émergence du "Big Data", la manipulation des données à une échelle nouvelle, où les outils de bases de données anciens atteignent leurs limites, et où des technologies nouvelles sont nécessaires. Ces nouvelles bases, dites "NoSql", sont pratiquement toutes des logiciels open source.

Open Innovation

L'open source a apporté aussi une nouvelle approche de la R&D. Une belle illustration est donnée par le projet open source Genivi, qui a l'initiative de BMW et PSA a réuni des grands constructeurs automobiles et équipementiers dans une démarche typique de R&D mutualisée, construisant ensemble une plateforme logicielle destinée à leurs véhicules. Pour réussir ce projet stratégique, ces grands industriels ont adopté le modèle open source tant en termes de socle, de développement, de diffusion, que de gouvernance. Et l'on pourrait citer évidemment le noyau du système Linux lui-même, auquel contribuent des dizaines d'entreprise, en faisant sans doutes le plus bel exemple de R&D mutualisée, à l'échelle mondiale. Les démarches appelées parfois « open innovation » ont montré les bénéfices d'une innovation plus ouverte sur le monde, moins cachée, fonctionnant en réseau.

Open Art

Certains ont présenté l'open source comme antagoniste à la propriété intellectuelle. C'est tout le contraire, puisque l'open source se définit par ses licences d'utilisation, qui s'appuient elles-mêmes sur le droit d'auteur. L'auteur, titulaire des droits, donne à l'utilisateur des droits étendus, et quelques devoirs. Ce principe par lequel l'auteur d'une oeuvre reste parfaitement identifié, conserve ses droits, mais autorise différentes utilisations et la redistribution de son oeuvre a été étendue à de nombreux domaines, bien au delà du logiciel.

L'open source se décline dans l'art également. Les licences Creative Commons ont permis de diffuser des oeuvres de toutes natures en donnant des droits étendus, en particulier une libre rediffusion, avec ou sans le droit de modifier l'oeuvre originale. Ainsi, la fondation Blender, qui développe l'un des meilleurs programmes d'animation 3D du monde, un programme open source, réalise des "open movies", des films d'animation dont tous les fichiers source, qui permettent de générer le film, sont rendus disponibles et peuvent être modifiés. Comme un roman dont on pourrait réécrire la fin.

Open hardware

L'open source a gagné le matériel également, sous l'appellation de « open hardware ». Il s'agit ici de partager les plans de circuits et d'équipements entiers. Un bel exemple d'open hardware, le projet Arduino est un microcontrôleur programmable totalement open source, matériel et logiciel, qui peut être adapté pour toutes formes de traitement du signal, ou de contrôle de process. Il peut être programmé pour réagir aux signaux de capteurs externes, les traiter, et commander des actions. Depuis 2005 il s'enrichit d'année en année, et plus de 300 000 unités ont été fabriquées. La diffusion de l'open hardware est encore modeste, mais souvenons-nous que c'était le cas aussi de l'open source logiciel à ses débuts : un « truc de geek ». Mais ces trucs de geeks font tourner les plateformes du web aujourd'hui.

Le mot clé derrière ces projets, ces démarches, est celui de réappropriation de la technologie. La technologie n'est pas le domaine réservé d'une élite minuscule, du fond de la Silicon Valley. Nous pouvons la maîtriser, et particulièrement si nous réunissons nos forces. C'est le principe des FabLabs ... Nous ne sommes pas que des consommateurs idiots qui s'endettent pour acheter le dernier smartphone, dont on n'aura pas le droit même de changer la batterie. Avec quelques amis, avec un peu d'aide, avec des plans et des logiciels open source, nous pouvons construire des choses extraordinaires, dans notre garage. Pas tout à fait le dernier smartphone, mais pas très loin. Les imprimantes 3D ouvrent de nouvelles frontières pour ces démarches. Après avoir pris le contrôle des logiciels, il sera possible de reprendre le contrôle sur le matériel. On rêve déjà de pouvoir télécharger, sous licence libre, les plans d'une pièce de rechange pour sa cafetière, d'imprimer chez soi sa pièce en 3D. Et un peu plus tard, d'imprimer la cafetière open source elle-même ! Utopique ?

Mais justement, c'est la plus grande révolution de l'open source, de montrer que l'utopie gagne, parfois.

Open médecine ?

Les systèmes open source ne sont pas que pour les bricoleurs du dimanche. Ils gagnent par exemple la recherche en médecine. Merveilleux exemple de matériel et de logiciel open source associé à une démarche de recherche : des chercheurs ont développé Raven, un robot chirurgien open source, mis à disposition des équipes de recherche du monde entier afin de faire progresser les logiciels et technologies de chirurgie assistée. D'autres chercheurs travaillent à une machine combinant scanneur et radiothérapie, dont les plans, le code source, et les instructions de fabrication seront open source. Il est intéressant de remarquer que certains de ces projets de médecine open source ont reçu le soutien de la FDA, qui est un peu l'équivalent de l'AFSSAPS, avec l'espoir en particulier que le logiciel open source améliore la qualité, jugée insuffisante, des équipements propriétaires.

Fédérer les énergies citoyennes

L'open source a montré aussi que l'on pouvait fédérer et organiser les efforts d'un grand nombre de personnes sur un projet commun. Il était précurseur de ce qu'on a appelé plus tard le "crowdsourcing", ces projets qui impliquent un grand nombre de contributeurs bénévoles, dont la réussite emblématique est celle de Wikipedia, mais qui a aussi donné OpenStreetMap. Avec un double crédo : d'une part la connaissance est un bien commun qui doit être accessible à tous sans barrière économique, d'autre part les citoyens peuvent gérer eux-mêmes ce patrimoine, dans le cadre d'une organisation décentralisée, et d'une gouvernance ouverte.

Parmi les déclinaisons de l'open source, on peut citer aussi le mouvement de l'open data, la mise à disposition des données publiques, mais aussi des données de certaines entreprises. Une démarche citoyenne et démocratique d'une part, mais aussi le socle de nombreuses initiatives et modèles économiques nouveaux appuyés sur ces données.

L'open source a fédéré des combats citoyens fondamentaux. Les militants de l'open source ont une force particulière : ils réfléchissent aux tendances sociétales, mais sont aussi au coeur des technologies nouvelles et parfois de leurs rouages économiques. Ils ont compris par exemple l'importance de standards réellement ouverts, dont la spécification soit librement accessible, dont la gouvernance soit ouverte, dont l'utilisation soit gratuite. Ils se battent pour la neutralité du Net, ce principe fondateur de non-discrimination des flux sur le réseau mondial, qui a permis l'émergence de toute une industrie du web et qui est menacée aujourd'hui. Ils tentent d'expliquer aux politiques pourquoi les brevets ne sont pas applicables au monde du logiciel, où la seule protection du copyright est amplement suffisante. Dans le monde du logiciel, les brevets sont contre-productifs, ils découragent l'innovation, ils sont l'arme d'un oligopole de géants et d'entités mafieuses appelées "patent trolls". Pour les premiers il s'agit d'effrayer les petits concurrents plus innovants. Pour les seconds, d'extorquer une rente sur l'innovation des autres.

Une industrie florissante

L'open source n'est pas à l'écart de l'économie, au contraire. Les développeurs qui construisent les programmes open source ne sont pas toujours des bénévoles : la plupart sont payés par des entreprises qui voient un intérêt bien analysé dans leurs participations à ces travaux : elles bénéficient de logiciels performants dont elles n'ont eu à financer qu'une fraction de la R&D, elles ont une parfaite maîtrise de ces technologies qui deviennent des standards, elles ont un rôle dans la gouvernance de ces projets.

En France, l'économie du logiciel libre représente plus de 300 PME et ETI, éditeurs de logiciels ou sociétés de services, dédiées au logiciel libre. Elles sont souvent réunies en associations régionales, elles-mêmes fédérées au sein du CNLL, le Conseil National du Logiciel Libre. Elles représentent ensemble plus de 3000 salariés, et connaissent une croissance annuelle de près de 30 %. Si on comptabilise également les emplois liés au logiciel libre dans les sociétés de services généralistes, l'industrie (notamment aéronautique) et les télécommunications, le chiffre d'affaires global lié à l'open source est estimé à 2.5 milliards d'euros, soit 6% du marché des logiciels et des services informatiques, et plus de 30.000 emplois, en croissance annuelle de 30%. [Source : Pierre Audoin Consultants].

On le voit, les déclinaisons de l'open source sont nombreuses, les impacts de l'open source vont bien au-delà du logiciel, des nouvelles technologies, ils s'étendent à d'autres industries, à l'ensemble de la société, à nos conceptions de la citoyenneté, de la démocratie. Toutes ces facettes de l'open source, à l'articulation de la technologie et du sociétal, sont représentées à l'Open World Forum. Ceci est une révolution, comme le dit une célèbre marque technologique...


Source: La Tribune
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Re: Le PolitBureau, aprés la chute -3-

Message par Lame » Mer 07 Jan 2015, 20:33

La robotisation du secteur privée ou le Ragnarok du revenu (1 / 9)

À quand les mines robotisées ?

L’avenir des mines passe-t-elle par l’automatisation totale et complète de leurs instruments de travail et machines qui peuplent l’environnement souterrain? Le Citoyen a eu l’opportunité de s’entretenir avec Matt Rendall, le président-directeur général de Cleapath Robotics, une jeune entreprise canadienne basée à Kitchener, qui croit que le succès des mines du futur devra inéluctablement être associé à la robotisation des chantiers.

Le Citoyen: Pour commencer, parlez-nous de votre entreprise?

Clearpath Robotics: Tout a commencé à l’Université de Waterloo en 2008, dans le département d’ingénierie mécanique et mécatronique et à la suite de projets d’études, nous avons démarré notre entreprise en 2009.

(L.C.): Qu’est-ce que la robotique, avec des produits comme les vôtres, peut faire pour l’industrie minière ?

(C.R): Ce que nous proposons est une nouvelle forme d’automatisation dans les mines. Nous voulons automatiser tout ce qui peut se mouvoir et c’est ce que les compagnies recherchent. Rio Tinto, Caterpillar et Komatsu investissent depuis longtemps dans la robotisation. L’automatisation va offrir de nombreux bénéfices pour l’industrie et ceux-ci seront centrés autour de la productivité et l’efficacité des coûts. Nous aurons besoins des hommes sous terre pour un bon moment encore pour la supervision, mais le processus de la production minière sera automatisé avant longtemps et c’est la partie la plus importante, car c’est ce qui coûte le plus cher.

(L.C.): Parlant de coûts, cela pourrait avoir un impact sur les fonds investis sur la sécurité des employés ?

(C.R): Beaucoup d’investissements concernent la sécurité des employés, car c’est un sujet primordial dans l’environnement minier, mais avec l’automatisation, nous serions aptes à augmenter la productivité par heure, mais surtout réduire les coûts de la main-d’œuvre, ce qui aurait pour effet de réduire le prix de la sécurité, car il y aurait moins d’employés sur le terrain, donc moins de risques de blessures.

(L.C.): La robotique dans les mines n’est peut-être pas assez développée pour être plus productive que le travail humain d’aujourd’hui, mais à long terme, croyez-vous que la robotique sera plus efficace ?

(C.R): Définitivement et plusieurs minières espèrent pouvoir automatiser leurs opération, pas simplement pour sauver de l’argent et des heures, mais pour éliminer les temps morts entre les changements de quarts de travail. Si tu peux gagner seulement 15 minutes entre les quarts, tu peux déjà apercevoir un gain économique convainquant.

(L.C.): Combien de temps est-ce que cela pourrait prendre avant de voir des mines dont la majorité du boulot serait fait par des robots ?

(C.R): L’industrie des mines est très conservatrice et ils placent la sécurité en avant de tout. Cela signifie qu’ils prennent leur temps avant d’insérer de nouvelles technologies. L’automatisation des mines est la plus récente technologie dans les mines et à un certain point, il faudra repenser l’entière façon d’opérer les mines afin de s’ajuster aux nouvelles technologies.

(L.C.): Pourrait-on voir des mines sans humains d’ici 20 ans ?

(C.R): Je ne crois pas, mais les hommes auront des rôles complètement différents. Il faudra un très long moment avant de voir des mines fonctionner sans lumières, mais sur un horizon de 10 ou 20 ans, nous verrons que les véhicules automatisés auront un rôle crucial dans la production des mines.

(L.C.): Outre les avantages financiers, il doit bien avoir d’autres choses qui mènent vers l’automatisation ?

(C.R): En effet, nous serons en mesure de miner de plus en plus creux, car les gisements en profondeur, à plus de trois kilomètres vont devenir de plus en plus fréquents et rendu à ce stade, il devient très difficile d’y travailler. C’est plus risqué et plus coûteux aussi.

(L.C.): À quelle profondeur peut travailler la machinerie ?

(C.R): C’est difficile à dire en ce moment, car nous n’avons pas poussé la robotique jusqu’à ses limites encore, mais je crois que l’on peut affirmer sans se tromper que peu importe la situation de comparaison, les robots pourront aller plus creux que les humains. Je ne peux imaginer les milliards de dollars de ressources qui sont sous terre, donc ça sera utile de pouvoir aller très profond.


Source : L’Echo Abitibien

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Re: Le PolitBureau, aprés la chute -3-

Message par Lame » Mer 07 Jan 2015, 20:34

La robotisation du secteur privée ou le Ragnarok du revenu (2 / 9)

Rio Tinto expérimente la mine sans mineur

Afin de mieux traverser la crise financière qui les secoue, les entreprises minières doivent investir davantage dans l'innovation afin d'augmenter la productivité et l'efficacité opérationnelle. Innover permet de réduire les coûts d'exploitation, qui au cours des dernières années ont augmenté de 15 % par année, signalait le pdg de la minière Anglo American, Mark Cutifani, à l'occasion de son dernier passage à Montréal. Plusieurs minières, malgré les coûts que cela représente, se soumettent à l'impératif de l'innovation, qui peut venir des grands équipementiers, mais aussi des PME et des centres de recherche. Le présent dossier offre un échantillon de ce qui se fait en Australie et au Québec.

Sous le climat aride du Pilbara, une région éloignée au nord-ouest de l'Australie, la mine de fer West Angelas de Rio Tinto fourmille d'activités, comme n'importe quelle autre mine à ciel ouvert. À un détail près : il n'y a presque pas de travailleurs sur place.

Toutes les opérations sont effectuées à 1 300 km de là, à Perth, dans un poste de contrôle où 400 employés dirigent à distance la logistique des quatorze mines, des trois ports et des deux réseaux ferroviaires de la minière dans la région.

Dans la fosse à ciel ouvert de West Angelas, les camions qui chargent le minerai n'ont pas de chauffeur. Ce sont des Komatsu 930E-AT équipés des dernières technologies de communication et de surveillance à distance : une unité de contrôle du déplacement laser, un GPS, un radar de détection d'obstacles et une antenne reliée au réseau sans fil de la mine.

Un logiciel a réalisé la cartographie de la mine et l'a stockée dans l'ordinateur du camion. L'ordinateur envoie les informations au poste de contrôle de Perth qui les analyse et détermine en temps réel la trajectoire de chaque camion et la vitesse adaptée. Si le radar du camion détecte un obstacle, le mouvement est stoppé.

Trois ans de R-D

L'équipe Technologie et Innovation de Rio Tinto a mis trois ans pour peaufiner ces camions avec son fournisseur, Komatsu. Dans la prochaine année, la minière en déploiera 30 dans trois sites miniers. Elle en a commandé 150 - au coût de 6 millions de dollars chacun - qui seront livrés d'ici 2015. «Grâce à l'automatisation, nous sommes en train de changer le visage de l'industrie minière», commente John McGagh, chef de l'innovation chez Rio Tinto.

Ce n'est pas tout. Ce printemps, la minière inaugure le premier réseau ferroviaire entièrement automatisé du monde, qui couvre près de 700 km entre la mine West Angelas et le port. Un projet de plus de 500 M$. Cette automatisation rendra superflue la présence d'un opérateur sur la centaine de trains qui circulent tous les jours. De plus, le pilotage automatique des trains permettra de revoir en temps réel l'ordonnancement des opérations de chargement dans les bateaux pour l'adapter au rythme de la mine.

Et l'automne prochain, John McGagh promet que des drones survoleront le site. Les drones, qu'on a d'ailleurs commencé à utiliser dans l'industrie minière pour prendre des photos aériennes, pourraient servir à surveiller les stocks, cartographier les cibles d'exploration, suivre les équipements et, dans un avenir rapproché, transporter des colis dans des zones éloignées de façon plus rapide.

Toutes ces innovations, croit M. McGagh - drones, équipement sans chauffeur, robots -, permettront aux minières d'améliorer la chaîne d'approvisionnement et de réduire les risques d'accident dans les régions éloignées.

C'est pourquoi le groupe Technologie et Innovation qu'il dirige a parié pas moins de 3 milliards de dollars dans un programme d'automatisation appelé la Mine du futur, qui marie la robotique aux activités minières. Le programme est d'une durée de huit ans. En 2013, Rio Tinto a dépensé 375 M$ US dans ce programme, peut-on lire dans son rapport annuel.

Infatigables machines

Pour John Meech, professeur à la Faculté de génie minier de l'Université de la Colombie-Britannique, les bénéfices de l'automatisation sont multiples et ne résident pas simplement dans la réduction des coûts de main-d'oeuvre.

Il est vrai que chaque camion automatisé prive quatre chauffeurs d'emplois. Mais en même temps, il crée deux ou trois postes de techniciens responsables de leur entretien, explique M. Meech. «Du même coup on élève le niveau de connaissance des employés», plaide-t-il. De plus - et c'est un enjeu majeur -, on augmente le niveau de sécurité des travailleurs.

Rio Tinto mentionne aussi que le confort d'une salle de contrôle est souvent préféré aux environnements physiques généralement hostiles des mines éloignées. L'automatisation rend donc le travail minier plus alléchant pour la main-d'oeuvre, dont la pénurie dans l'industrie est un problème important.

Les gains sont aussi appréciables en ce qui a trait à la productivité, car, contrairement aux humains qui ont besoin de pauses, les nouveaux camions de Rio Tinto sont infatigables. M. Meech calcule que le taux d'utilisation des camions passera de 60 à 85 % avec l'automatisation. À ce gain de productivité s'ajoutera une économie de 15 % en frais d'essence et d'entretien. «Pas d'arrêt, de redémarrage, de ralentissement, ce qui diminue l'usure des pneus», observe-t-il. Un facteur non négligeable quand on sait que chaque pneu coûte 40 000 $.

Pour l'heure, six mines dans le monde utilisent des camions sans chauffeur, selon John Meech : deux au Chili, une au Nouveau-Mexique et le reste en Australie. Mais aucune dans un climat nordique. Au Canada, le producteur de pétrole Suncor étudie leur utilisation dans les sables bitumeux. Le résultat sera suivi de près, croit M. Meech.


Source : Les Affaires.com
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Re: Le PolitBureau, aprés la chute -3-

Message par Lame » Mer 07 Jan 2015, 20:39

La robotisation du secteur privée ou le Ragnarok du revenu (3 / 9)

Quand les robots remplacent les Hommes dans l'agriculture

D'ici 2050, la population mondiale va augmenter de près de 3 milliards d'habitants, ce qui correspond à la population actuelle de toute l'Afrique, de l'Europe et des États-Unis réunis ! Au cours des 20 dernières années, la population mondiale est passée de 5,7 à 7,2 milliards d'habitants et en même temps, selon les derniers chiffres publiés cette semaine par la FAO, le nombre d'humains souffrant de malnutrition a diminué de 209 millions et est estimé aujourd'hui à 805 millions de personnes. Ce recul de la malnutrition est encore plus remarquable exprimé en pourcentage de la population mondiale, puisqu'on constate que la part des habitants de la terre souffrant de la faim est passée de 17 % en 1994 à 11 % en 2014.

Parallèlement, la production mondiale de céréales a augmenté d'environ 25 % au cours de ces 20 dernières années, passant globalement de 2 à 2,5 milliards de tonnes. Mais pour faire face à la poussée démographique mondiale, l'Humanité va devoir produire environ 1 milliard de tonnes de céréales en plus d'ici 2050, ce qui va nécessiter, en supposant que les surfaces cultivables mondiales restent au niveau actuel, une augmentation moyenne des rendements céréaliers de l'ordre de 40 %.

Pour relever ce défi agricole mondial, tous les leviers vont devoir être utilisés : il faudra notamment réorganiser profondément au niveau international les circuits de production, de stockage et de vente des produits agricoles pour réduire au moins de moitié l'impensable gaspillage de la production agricole qui représente environ 40 % de manque à gagner en termes de produits alimentaires.

Des choix politiques difficiles devront également être faits en termes d'affectation des usages sur les surfaces de terres très importantes, potentiellement cultivables mais actuellement non exploitées, faute de rentabilité et de main-d'œuvre suffisantes. En effet, contrairement à une idée reçue tenace, notre planète ne craint pas la pénurie de terres cultivables : à cet égard, les remarquables travaux de Laurence Roudart ont montré que 2, 5 milliards d'hectares cultivables ne sont toujours pas exploités au niveau mondial et que, même en tenant compte des contraintes liées à la préservation des forêts, au développement des biocarburants et à l'extension des villes et des infrastructures, on pouvait encore mettre en culture au moins 970 millions d'hectares, ce qui est, en théorie, très largement suffisant pour assurer à l'ensemble de la population mondiale en 2050 une ration alimentaire de 3000 calories par personne.

Toutefois, ce scénario, bien que solide et réaliste, n'intègre pas une variable de taille, celle des effets considérables mais encore difficilement évaluables du changement climatique en cours sur les rendements agricoles et la production agricole mondiale.

Heureusement pour l'Humanité, des progrès scientifiques considérables sont intervenus récemment dans les domaines génétiques, génomiques et agronomiques et permettent d'envisager à moyen terme la mise en culture à grande échelle des nouvelles espèces de plantes agricoles qui seront capables de s'adapter à des conditions climatiques et météorologiques beaucoup plus difficiles. À titre d'exemple, une première cartographie du génome du blé tendre, qui compte 120 000 gènes (quatre fois plus que l'être humain) a été publié cet été par un groupe de recherches internationales et la carte complète de ce génome du blé devrait être disponible à l'horizon 2018.

Un autre groupe de recherches a également réussi à décrypter il y a quelques semaines le génome complet du « riz africain », une variété de riz très différente du riz asiatique qui est beaucoup plus résistante dans des conditions climatiques sévères.

Mais ces avancées scientifiques et agronomiques dans l'obtention de nouvelles espèces et variétés agricoles ne suffiront pas à elles seules à relever l'immense défi alimentaire mondial qui nous attend et qui consiste à augmenter de moitié la production agricole de la planète en 40 ans, tout en maîtrisant les coûts de production et de main-d'œuvre. Pour résoudre cette équation particulièrement difficile, l'agriculture et l'élevage vont également devoir accélérer leur mutation en basculant massivement dans l'ère du numérique et de la révolution robotique.

Les robots au service des cultures

Heureusement, après des décennies d'expérimentation et de tâtonnements, les robots ont enfin fait leur entrée à la ferme. En Australie par exemple, l'Université de Sydney a développé un étonnant robot, baptisé LadyBird. Cette machine totalement autonome fonctionne grâce à l'énergie solaire et circule dans les rangées de plantations pour surveiller et analyser les plants. Ce robot a déjà passé avec succès de nombreux tests réalisés dans des champs de légumes mais se contente de surveiller la « bonne santé » des cultures et plantations. Grâce à ses nombreux capteurs, senseurs et caméras, il détecte rapidement d'éventuelles anomalies (présence de mauvaises herbes, animaux nuisibles, croissance trop faible) et avertit l'exploitant agricole qui peut ainsi prendre immédiatement les mesures appropriées

Mais les chercheurs australiens ne comptent pas s'arrêter en si bon chemin et travaillent déjà au développement d'autres types de robots agricoles, capables non seulement de surveiller les cultures mais également de récolter ou de désherber sans intervention humaine. Ce type de machine est d'ailleurs déjà utilisé dans les vignes, avec le robot VitiRover, un étonnant petit véhicule à quatre roues chargé de tondre la végétation autour des ceps de vigne.

Pour être encore plus efficaces, ces robots agricoles sont de plus en plus souvent assistés par des drones qui permettent d'obtenir des vues aériennes très précises des cultures et de détecter pratiquement en temps réel les nombreux types de problèmes susceptibles d'affecter ou de diminuer la productivité agricole.

Ces nouveaux robots agricoles commencent également à être utilisés dans la fertilisation et permettent de réduire de manière très sensible l'utilisation de produits chimiques. Aux États-Unis, les producteurs de maïs du Middle-West commencent ainsi à utiliser un nouveau type de robot spécialement conçu pour fertiliser les champs de maïs et mis au point dans le cadre d'un projet de recherche de l'Université Carnegie Mellon.

Dans la culture du maïs, il est en effet crucial de parvenir à coordonner parfaitement l'apport d'engrais et le rythme de croissance très rapide de cette plante. Le problème est que, lorsque les tiges de maïs dépassent une certaine hauteur, il devient impossible de recourir aux tracteurs sans provoquer des dégâts. C'est à ce stade délicat qu'intervient le Rowbot, un petit robot à quatre roues motrices, capable de fertiliser, pour un coût moyen de 25 $ l'hectare, une bonne soixantaine d'hectares de maïs en une seule journée. La généralisation de ce nouveau type de robot devrait contribuer à réduire très sensiblement les doses d'azote en début de saison, qui polluent les cours d'eau lors de fortes pluies.

Les robots au service de l'élevage

Les robots sont également en train de totalement transformer le secteur de l'élevage. Christophe et François Seynaeve, éleveurs depuis 25 ans à Serques, dans le Pas-de-Calais, utilisent depuis le début de l'année un nouveau mode de traite très sophistiqué qui a littéralement transformé le métier et la vie de ces agriculteurs.

Dans cette exploitation high-tech qui compte une soixantaine de bêtes, chaque vache est munie d'un collier électronique communicant qui permet au robot de la reconnaître et de lui délivrer la quantité exacte de concentré et de nutriments dont elle a la besoin. Pendant que ses vaches s'alimentent, le robot nettoie le pis puis quatre trayons à guidage laser viennent se positionner sur les mamelles de la vache. Ce robot obéit à un logiciel spécifique qui autorise une traite au minimum deux fois par jour, tout en limitant à quatre le nombre de traites journalières.

Selon ces éleveurs, l'utilisation de ce robot a totalement transformé leur métier et malgré son coût de 140 000 € (plus 20 000 € par an de coûts d'exportation) il va s'imposer rapidement dans le secteur de l'élevage en raison des gains de productivité qu'il permet mais également parce qu'il améliore considérablement l'intérêt de la profession et la qualité de vie des exploitants.

Il est vrai que l'ensemble des informations recueillies et gérées par le robot sont traitées par un logiciel très performant consultable à tout moment à partir du Smartphone de l'exploitant. Ce logiciel permet notamment d'alerter automatiquement par SMS l'agriculteur, dès qu'un événement important ou anormal se produit (un animal refusant de s'alimenter ou sur le point de mettre bas par exemple). L'exploitant peut ainsi suivre individuellement le développement de chaque bête et optimiser parfaitement l'ensemble de ses différentes productions et activités.

L'informatique a également envahi les outils et installations agricoles

Exemple : grâce à des logiciels spécifiques, les agriculteurs peuvent à présent ajuster parfaitement la vitesse de leur tracteur en fonction de la quantité de lisier ou de fumier à épandre. D'autres systèmes informatiques, couplés à des capteurs ultrasons, permettent à l'exploitant de savoir exactement quelle quantité d'aliment pour bétail il reste dans ses silos. Grâce à cette application, l'exploitant peut planifier ses livraisons et éviter tout risque de rupture de stock.

Mais ces systèmes informatiques et robotiques vont encore plus loin et peuvent adapter et individualiser en temps réel l'alimentation des animaux, en fonction de leur état et de leurs besoins, ce qui permet à la fois des économies substantielles et des gains importants de productivité…

Robotique, informatique et électronique permettent également des progrès décisifs en matière de sécurité et de confort de travail pour les agriculteurs. A l'Irstea, Institut de recherche en sciences et technologies pour l'environnement et l'agriculture, on prépare déjà les robots agricoles autonomes et intelligents de demain avec le programme « Safe Platoon ». Il s'agit d'un convoi de cinq petits véhicules, commandé par le tracteur de tête qui est chargé de préparer et d'assurer la récolte.

Autre projet prometteur : le « Baudet-Rob », qui permet le transport de sacs et de récoltes en terrain difficile et se pilote à partir d'une tablette ou d'un smartphone. Ce système robotique, qui devrait rapidement s'imposer en viniculture et en arboriculture, réduit les risques d'accident et remplacera dans quelques années l'homme pour l'exécution des tâches pénibles ou dangereuses. En outre, ces systèmes robotique autonomes et modulaires, en « convoi » permettent de démultiplier la force et l'intelligence humaines puisqu'une seule personne peut commander plusieurs machines. Aujourd'hui, on estime que les trois quarts des nouvelles installations agricoles intègrent des technologies numériques et de la robotique mais, avant la fin de la décennie, cette robotique autonome sera partout présente dans les exploitations agricoles.

Pour alimenter l'ensemble de ces systèmes et installations informatiques et robotiques terrestres, les agriculteurs pourront également compter sur un nouvel auxiliaire indispensable : le drone. Il y a quelques mois, de jeunes ingénieurs issus de l'Ecole supérieure d'informatique, électronique, automatique (ESIEA) à Paris ont ainsi créé en Poitou-Charentes la société Airinov qui propose aux agriculteurs des prestations sur mesure consistant à réaliser à l'aide de drones des images permettant d'établir un diagnostic précis de leurs surfaces cultivables. S'appuyant sur cet état des lieux détaillé, complet et rapide, l'exploitant peut ensuite réorienter éventuellement ses choix de productions et ajuster bien plus finement l'utilisation des engrais et désherbants, ce qui améliore l'état des sols et des nappes phréatiques, tout en permettant des gains de productivité et des économies pour l'agriculteur…

Même les maraîchers et l'agriculture « Bio » ont compris l'intérêt d'une utilisation judicieuse de ces nouveaux robots agricoles. Deux ingénieurs toulousains, Gaëtan Séverac et Aymeric Barthes, ont ainsi conçu un robot agricole baptisé « Oz » qui est capable de s'orienter dans son environnement à l'aide d'une caméra vidéo et de biner sans tasser le terrain. « Grâce à notre robot, l'agriculteur n'a plus besoin de désherber et peut en outre éviter l'utilisation de désherbants », souligne Aymeric Barthes. Ces ingénieurs ont fondé une petite société, Naïo Technologies, qui espère vendre dès cette année une cinquantaine de ces robots.

Mais l'ensemble de ces nouvelles technologies robotiques et numériques ne sont pas réservées aux pays développés et pourraient bien, à terme, révolutionner également les pratiques agricoles dans les pays émergents, notamment en Afrique. Des chercheurs de l'Université de Ouagadougou, en collaboration avec des chercheurs de l'Institut français de Recherche et de Développement (IRD), ont récemment mis au point une technique permettant de mesurer la pluviométrie, en se basant sur des informations recueillies par les opérateurs de téléphonie mobile, dans la transmission du signal entre deux pylônes. Les premiers résultats très positifs de cette technologie viennent d'être publiés dans la prestigieuse « Lettre des recherches en géophysique » ; ils montrent que cette innovation remarquable, qui pourrait être étendue à toute l'Afrique, permet de mesurer et de prévoir les niveaux de précipitations de manière bien plus précise et bien moins coûteuse que tous les outils actuels. Quand on connaît l'importance de la prévision des niveaux de pluies dans la production agricole et alimentaire en Afrique, on mesure mieux l'impact que peut avoir la généralisation d'une telle rupture technologique sur la vie des habitants de ce continent qui comptera plus de deux milliards d'habitants en 2050…

En février 2014, une étude de marché publiée par Wintergreen Research a estimé à 817 millions de dollars le marché mondial de la robotique agricole en 2013. Selon ce cabinet, ce chiffre pourrait être multiplié par vingt d'ici 10 ans, atteignant les 16,3 milliards de dollars d'ici 2023… En réalité, il est probable que ce marché se développe de manière encore plus importante, notamment à cause des immenses besoins que pourrait satisfaire la robotique agricole dans les pays émergents.

Il faut souhaiter que la France, qui dispose d'un niveau d'excellence reconnu dans les domaines de l'industrie agroalimentaire et de la recherche agronomique, maintienne son avance dans cette compétition technologique et industrielle majeure qui va profondément transformer la vie des 1,25 milliard de personnes qui travaillent la terre et dont à peine 20 % disposent aujourd'hui d'une aide animale ou mécanique quelconque !

Demain, quand il faudra nourrir près de 10 milliards d'êtres humains en leur proposant une alimentation de qualité à un prix abordable, issue de modes de production agricoles plus respectueux de l'environnement et de la santé, les robots agricoles intelligents deviendront totalement indispensables et les jeunes agriculteurs qui nourriront leurs populations dans 30 ans ne s'imagineront même pas comment il était possible de travailler sans ces auxiliaires dévoués et irremplaçables !


Source : Planète info
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Re: Le PolitBureau, aprés la chute -3-

Message par Lame » Mer 07 Jan 2015, 20:40

La robotisation du secteur privée ou le Ragnarok du revenu (4 / 9)

Nestlé recrute 1.000 robots français pour devenir vendeurs

Et si les robots étaient bel et bien en train de prendre nos emplois ? Nestlé va recruter au Japon 1.000 robots conçus par la start up française Aldebaran Leur mission : conseiller les clients et vendre des machines à café.

Remplacer les vendeurs par des automates. De la fiction à la réalité, il n’y a qu’un pas que Neslté a décidé de franchir. A partir du mois de décembre, des robots Pepper déambuleront dans les grandes surfaces et boutiques japonaises. La filiale japonaise du groupe suisse a décidé d'embaucher 1.000 humanoïdes conçus par le français Aldebaran pour vendre ses machines et capsule à café.

Le Japon innove

"Ce n’est la première fois qu'autant de robots seront utilisés dans des commerces" assure la direction du groupe Nestlé, qui espère d'ailleurs que d'autres pays suivront son modèle. A Tokyo, plusieurs Pepper officient depuis quelques mois dans 70 boutiques de téléphones mobiles SoftBank. Un déploiement qui ne fait que commencer puisque le géant des télécommunications a pris une participation de 78,5 % dans le français Aldebaran.

Pepper, un vendeur à part entière

Ensemble, ils ont créé Pepper, un robot humanoïde haut d'1,20m qui pèse 28 kgs. Un visage, des yeux expressifs, un tablette tactile en guise de ventre, et des roulettes à la place des pieds, il a été conçu à la base pour tenir compagnie aux personnes âgés. De robot de compagnie, le petit frère de Nao va donc se transformer en vendeur. "Les robots Pepper pourront conseiller les clients sur les différents articles proposés en fonction de leurs besoins et goûts", prédit Kohzoh Takaoka, PDG de Nestlé Japon.

Un conseiller interactif et drôle

Et pour cause, ce qui fait la force de Pepper, c'est sa faculté à analyser et à comprendre les émotions sur le visage de son interlocuteur. Mieux encore, il est capable de tenir une conservation dans 80 % des cas grâce à des réponses préprogrammées. Livrer des explications aux clients sur les différentes caractéristiques des machines à café ne sera donc pas un problème pour lui. Nestlé Japan mise aussi sur le côté ludique de Pepper, qui pourra jouer de son humour pour attirer les chalands dans les rayons d'électroménager.

Menace ou opportunité ?

En voulant faire travailler automates et humains ensemble, Nestlé atteste de la révolution qui est en marche au Japon. Là bas, la robotique est considérée comme une opportunité, au moment où le pays est confronté à une pénurie de main d'oeuvre et au vieillissement de la population. Outre les grands industriels, le gouvernement investit beaucoup dans ce marché qui devrait atteindre 100 milliards de dollars d'ici 2025. En France, l'émergence des machines est davantage perçue comme une menace. Le cabinet Roland Berger estime que 3 millions d'emplois sont menacés par la robotisation des tâches.


Source : BFMTV
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Message par Lame » Mer 07 Jan 2015, 20:41

La robotisation du secteur privée ou le Ragnarok du revenu (5 / 9)

« VITAL » LE ROBOT NOMMÉ PATRON D’UNE ENTREPRISE HONKONGAISE

Loin d’être une blague ou une farce de mauvais goût, la nouvelle répandue sur le web en est une vraie ! Un robot du nom de « Vital » (Validating Investment Tool for Advancing Life Sciences) aurait été embauché, ce 13 mai dernier, par une entreprise Honkongaise « Deep Knowledge Venture » et aurait siégé au sein du conseil d’administration.

Vital serait l’équivalent d’un « excellent analyste financier » (voir même plus !), puisque celui-ci serait capable de proposer les meilleurs investissements à faire, en analysant les résultats prévisionnels, les premiers tests de médicaments, la disponibilité des brevets et les levées de fonds précédentes des sociétés dans lesquelles DKV envisage d’investir. Le bot serait, selon les dires des sociétés concernées, très efficace et « quelqu’un de confiance ».

En parlant de cela, le robot n’est pas vraiment une sorte d’androïde en métal, mais serait juste un logiciel hyper intelligent qui en ferait baver plus d’un diplômé ou doctorant en la matière !

Actuellement, le robot élargit son c.v en amassant succès sur succès. Et c’est même pour cela que d’autres entreprises que DKV se sont intéressées à ce génie artificiel et ont bénéficié de ses louables services. « Pathway Pharmaceuticals » et « In Silico Medecine » s’étaient déjà fait dispenser les conseils prospectifs de Vital.

Ce n’est pas tout ! L’entreprise chinoise fait tellement confiance au robot qu’elle décide… de lui donner une voix au même titre qu’un « homme », lors des votes aux conseils d’administration. Dmitry Daminski, administrateur de la société et responsable du projet, a confié à Beta Beat: «Si les gens peuvent être subjectifs ou influencés par leurs émotions, les ordinateurs, eux, peuvent avoir des intuitions géniales. Former une équipe mixte est juste logique: nous essayons d’optimiser les avantages de chacun.»

Vous ragez… assez ?

Eh oui, pendant que la population souffre de chômage délibérément créé par l’avidité des entreprises, les robots prennent de plus en plus place dans les compagnies et remplacent les postes actuels. Bon, avoir de l’efficacité grâce à l’électronique c’est bien, mais de la à devoir remplacer TOTALEMENT l’homme par la machine sans que cette dernière n’ait besoin d’assistance serait criminel et dangereusement avant-gardiste…


Source : Izitech
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Re: Le PolitBureau, aprés la chute -3-

Message par Lame » Mer 07 Jan 2015, 20:41

La robotisation du secteur privée ou le Ragnarok du revenu (6 / 9)

Les robots, meilleurs managers que les Hommes ?

Selon une étude menée par des chercheurs du prestigieux Massachusetts Institute of Technology (MIT), les équipes dirigées par des robots sont plus efficaces et plus heureuses au travail.

Et si les robots étaient de meilleurs chefs d'équipe ? C'est l'étonnante conclusion d'une récente étude publiée par le laboratoire Interactive Robotics du MIT. Ce dernier cherche à développer des algorithmes pour faciliter la collaboration entre humain et robot au travail.

Pour réaliser cette étude, les chercheurs ont fait appel 24 participants (14 hommes et 10 femmes), âgés de 20 à 42 ans. Ils ont ensuite constitué des équipes de deux pour travailler durant 1h30 avec l'automate et organisé trois scénarios. Dans le premier, les humains décidaient par eux-mêmes. Dans le second, ils étaient totalement pilotés par le robot. Dans le troisième, l'un des individus s'autogérait, alors que l'autre répondait aux ordres du robot. Résultat : les humains ont organisé et finit leur tâche beaucoup plus vite, lorsqu'ils étaient commandés par le robot.

Plus surprenant encore, ils s'avèrent plus heureux au travail. Selon les auteurs de l'étude, les cobayes ont eu l'impression d'"être mieux compris" par les robots et plus efficaces pour améliorer les performances de l'équipe. Il faut avouer qu'il s'agissait simplement d'assembler des pièces détachées, ce qui nécessitent peu de créativité, comme vous pouvez le voir sur la vidéo ci-dessous.


Source : Capital.fr
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Re: Le PolitBureau, aprés la chute -3-

Message par Lame » Mer 07 Jan 2015, 20:43

La robotisation du secteur privée ou le Ragnarok du revenu (7 / 9)

Comment les ordinateurs jouent en bourse

Dans le numéro du mois de juin de Sciences et Vie est paru un article qui traite des transactions en bourse automatisées, c’est-à-dire sans intervention humaine, uniquement entre ordinateurs. Comme je ne peux pas faire un lien direct vers Diaspora* et Twitter, j’en fais ici le compte rendu.

A la fin des années 1970, les bourses ont commencé leur automatisation. En 2007, avec leur mise en concurrence, tout s’est accéléré – et c’est le cas de le dire, puisqu’il s’agit ici de vitesse : un titre acheté à New York peut être revendu une demi seconde plus tard à Londres. L’avantage ira à celui qui détectera le plus vite l’offre la plus alléchante au cours le plus bas. Aujourd’hui, plus de la moitié des transactions boursières effectuées dans le monde sont faites entre ordinateurs. La preuve, une de plus, que l’argent est artificiel – autrement dit, en termes bouddhistes, l’argent n’existe pas.

Les algorithmes peuvent rapporter des millions de dollars à leurs propriétaires s’ils parviennent à détecter les actions à acheter et revendre quelques millisecondes avant les autres. Les efforts en gain de temps vont jusqu’aux microsecondes (un millionnième de seconde). Cela passe par toutes les étapes de la chaine électronique :

Le code des logiciels est optimisé pour ne garder que les instructions les plus essentielles. L’aspect fiabilité est mis en avant, et bien sûr on tourne sur du Linux plutôt que sur du Windows.
Des machines sont spécialement conçues pour faire tourner les programmes. Notamment, les processeurs sont directement programmables et les instructions sont directement inscrites sur les connexions entre les transistors.
Les câbles réseaux qui relient les plateformes boursières sont en fibre optique optimisées et depuis peu on utilise même des faisceaux à micro-ondes par voie aérienne pour gagner quelques millisecondes de plus.

Pour vous dire l’enjeu des gains potentiels (les millions de dollars de tout à l’heure se jouent en une poignée de secondes), un câble dédié aux communications financières a été posé cette année sous l’Atlantique pour gagner… 5 millisecondes. ça coûte combien un câble comme ça?

Ce qui est fort, c’est que les sociétés qui conçoivent et mettent en place ce système technologique, dont les fabricants de processeurs et les entreprises qui conçoivent les programmes, investissent sur leurs propres comptes, et en plaçant de petits capitaux peuvent gagner des sommes colossales. Il faut aussi rappeler que les places boursières sont elles-mêmes cotées en bourse et se rémunèrent sur ce système, en louant des emplacements aux ordinateurs et en touchant une commission sur les opérations. On appelle ça le trading à haute fréquence.

En général, ce système fonctionne et les algorithmes concurrents s’équilibrent plus ou moins. Sauf que parfois ça s’emballe, ou des bugs peuvent se produire. En 2010, 800 milliards de dollars se sont évaporés (c’est combien la dette de la Grèce déjà ?) en 15 minutes avant que la Bourse de New York stoppe les cotations et réinitialise les programmes – je vois bien un administrateur réseau appuyer sur l’interrupteur de son ordinateur pour éviter un krach mondial.

A l’extrême opposé de l’économie réelle, du chômage et des gens qui galèrent 10 h par jour pour gagner des SMIC, encore un exemple des aberrations du système mis en place par la World Company.


Source : Nitche sur le web
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Re: Le PolitBureau, aprés la chute -3-

Message par Lame » Mer 07 Jan 2015, 20:44

La robotisation du secteur privée ou le Ragnarok du revenu (8 / 9)

Vous pensez que les robots vont vous piquer votre boulot ? Vous avez raison

La nouvelle vague d'automatisation des tâches menace désormais les jobs qualifiés des juristes, vendeurs, techniciens et financiers... La fin des classes moyennes ?

C'est une vague qui submerge l'Amérique et gagne l'Europe. Une grande peur pour les uns, un immense espoir pour les autres. Pour tous les économistes en tout cas, c'est une vraie question : les nouvelles technologies vont-elles laminer les millions de jobs qualifiés - mais un rien répétitifs ! - qui ont fait la prospérité des classes moyennes et des économies développées ? Finis les agents de banque, les comptables, les traducteurs, les assistants juridiques, les laborantins, les techniciens qualifiés, les chauffeurs de taxi ou les livreurs... Tous bientôt remplacés par des "robots-ordinateurs" à la puissance de calcul et de travail infinie.

La faute aux processeurs ultraperformants, aux capteurs médicaux, aux voitures automatiques et aux drones qui s'agitent déjà dans les labos de recherche et développement... "Le logiciel dévore le monde", a résumé Marc Andreessen, le visionnaire fondateur de Netscape.

Quand l'économie bascule dans un nouvel âge

Un scénario de science-fiction ? Dès le début du XIXe siècle, les luddistes, disciples de Ned Ludd, prétendaient s'opposer à l'avènement du métier à tisser mécanisé au motif que cette géniale invention priverait les ouvriers de travail.

Le fantasme d'une victoire de la machine sur l'homme est aussi ancien que l'invention du mot "robot" par le Tchèque Capek en 1920. Et l'économiste Keynes lui-même nous prédisait, dès les années 1930, la semaine de 15 heures de travail grâce au progrès technique... Des prophéties fumeuses ?

Coup sur coup, les deux éditorialistes anglo-saxons les plus en vue, Paul Krugman, du "New York Times", et Martin Wolf, du "Financial Times", ont pris le sujet très au sérieux. En juin 2013, le premier publiait dans le grand quotidien américain une tribune intitulée "Sympathie pour les luddistes". Tandis que le second lançait un appel : "Non au techno-féodalisme !". Si les emplois disparaissent, si les revenus et richesses se concentrent entre les mains des "techno- féodaux" - les grands groupes qui maîtrisent la technologie -, comment l'économie tournera-t-elle ? D'où viendra la demande de biens et de services ? Et ne faudrait-il pas imaginer de nouvelles taxes (sur la propriété intellectuelle notamment) dans le but de financer "un revenu de base à tout adulte, auquel s'ajouterait un financement de périodes de formation à tout âge de la vie" ?

Aux USA, la croissance est revenue. Pas les emplois

La peur des robots ne surgit pas par hasard. Elle se fonde sur un constat : après la crise financière de 2008, que les Américains appellent la "Grande Récession", la croissance est revenue outre-Atlantique. Mais curieusement, elle n'a pas créé d'emplois. L'activité repart, mais pas les embauches.

Comment expliquer ce nouveau phénomène ? Une thèse fait de plus en plus d'émules, celle de deux chercheurs du Massachusetts Institute of Technology (MIT), Erik Brynjolfsson et Andrew McAfee, auteurs de deux livres remarqués : "Race Against the Machine" (Course contre la machine) et "The Second Machine Age" (le Deuxième Age de la machine) qui n'ont, hélas, pas encore été traduits en français.

Pour ces chercheurs, les technologies de l'information arrivent à un niveau de maturité, de développement et de puissance qui fait basculer l'économie dans un nouvel âge. Inutile de remplacer les jobs de vendeurs supprimés pendant la crise (un sur douze aux Etats-Unis), puisque de plus en plus de clients achètent en ligne au lieu de se rendre dans une boutique.

Inutile de remplacer les "banquiers" qui accordent des crédits ou vendent des produits simples, on gère ses finances depuis son smartphone. Inutile d'embaucher les comptables, on investit plutôt dans l'informatique de gestion.

Quant aux emplois chez Kodak (140 000 salariés), on ne les reverra jamais chez Instagram (13 salariés au moment de son rachat par Facebook). "Le capital se substitue au travail", résume Larry Summers, ancien secrétaire au Trésor de Bill Clinton et ex-conseiller économique de Barack Obama.

Plus aucun routier ni chauffeur de taxi ? Possible

Pour illustrer l'accélération du mouvement, Erik Brynjolfsson et Andrew McAfee citent l'exemple de la voiture sans chauffeur. La Darpa - l'organisme militaire américain qui a donné naissance au web - avait lancé en 2002 un concours pour un camion sans chauffeur. Un flop. Les prototypes présentés ne tenaient pas la route. L'idée a été jugée infaisable. Mais, en 2006, Google a relancé le sujet. Avec des résultats spectaculaires.

En 2014, la Google Car roule seule, en toute sécurité, avec de meilleurs réflexes qu'un humain ! Le groupe de Sergueï Brin et Larry Page a investi lourdement dans cette technologie et ne compte pas s'arrêter là. Il finance aussi le développement d'Uber, une société qui concurrence les taxis en proposant des voitures avec chauffeur à partir d'une application sur téléphone mobile. Les voitures Uber seront-elles un jour des Google Cars, sans conducteur ? Ce qui paraissait impossible hier ne l'est plus aujourd'hui.

Les robots savent déjà réparer des éoliennes et poser des câbles

Un autre exemple a beaucoup marqué les Etats-Unis : Amazon a présenté un projet de livraison de ses petits colis par drone. Certes la technique n'est pas encore au point, ni même autorisée, mais elle paraît désormais crédible. Le nouveau titan de la distribution en ligne n'est plus très loin des machines livrant les colis FedEx dans le film "I, Robot" !

Les robots, eux, sortent déjà des usines. Dotés de capteurs, ils réparent les éoliennes de General Electric ou les câbles sous-marins, travaillent dans les mines de Rio Tinto en Australie, irriguent et déversent la juste quantité d'engrais dans les exploitations agricoles brésiliennes.

La robotique mobile est en plein développement. "C'est spectaculaire", constate l'économiste Robin Rivaton, après un passage au salon mondial de la robotique de Séoul (Corée du Sud).

Dans un article à paraître dans la revue "Géoéconomie", il assure : "Les robots voient leur 'corps' devenir de plus en plus mobile. Ils sont en train de se redresser, d'apprendre à marcher et de voir leur boîte crânienne grossir" ... Ils sont surtout de plus en plus faciles à programmer. Prenez le robot Baxter (RethinkRobotics). Il suffit de lui guider les bras la première fois qu'il effectue une tâche pour qu'il soit capable de la reproduire. Baxter est vendu 22 000 dollars.

Intelligence artificielle : les juristes menacés...

L'autre révolution en marche, c'est celle de l'intelligence artificielle. Après le "grand hiver" des années 1990, les progrès dans ce domaine sont fulgurants. En 1997, un ordinateur d'IBM, Deep Blue, battait Garry Kasparov aux échecs. En 2011, Watson, un autre IBM, battait les meilleurs étudiants au jeu télévisé "Jeopardy !", l'équivalent de "Questions pour un champion", déjouant même les pièges des jeux de mots.

Et là encore, Google bénéficie d'une longueur d'avance. Le californien emploierait un tiers des chercheurs dans le domaine ! Logique, car l'intelligence artificielle trouve désormais des champs d'application très concrets, comme la traduction ou l'analyse de textes.

Grâce à leur capacité à traiter des millions de documents et surtout à "apprendre", les ordinateurs accomplissent des prouesses. Les logiciels de traduction s'inspirent des notes de l'ONU et feront bientôt mieux que les interprètes. Quant aux professions juridiques, elles sont aujourd'hui considérées comme menacées aux Etats-Unis par les programmes d'analyse sémantique qui compulsent et synthétisent un million de documents pour moins de 100.000 dollars !

"Les gens s'ennuient, ont des maux de tête, pas les ordinateurs", constate Billy Herr, un directeur juridique cité par les deux chercheurs du MIT.

Les machines seraient même plus fiables que les humains. Une étude menée en Israël a montré que les jugements rendus après l'heure du déjeuner étaient plus cléments que ceux rendus avant la pause restaurant. L'ordinateur lui n'a pas ce genre de faiblesses !

Des ordinateurs capables d'utiliser l'immensité des données que les sites internet, les téléphones ou les objets connectés collectent auprès des consommateurs, des automobilistes, des patients - les fameuses "big data" -, des machines maîtrisant la reconnaissance vocale et pouvant à leur tour parler voire écrire... La liste des emplois menacés est longue.

Un ordinateur aujourd'hui peut rédiger un compte rendu de match de base-ball aussi clair que celui d'un journaliste. Il peut écrire un communiqué financier sans risque d'erreur. Carl Frey et Michael Osborne, deux chercheurs de l'Oxford Martin School, un collège pluridisciplinaire de l'université d'Oxford, ont modélisé l'impact de la technologie sur 702 professions. Résultat : 47% des emplois aux Etats-Unis courent un risque d'automatisation dans les vingt ans à venir (voir infographie ci-contre).

Dans 10 ans, un Américain sur sept au chômage ?

Les métiers routiniers, qu'ils soient exercés par des cols bleus ou des cols blancs, sont les plus menacés. Restent heureusement beaucoup de jobs difficiles à mécaniser, tous ceux qui nécessitent des qualités relationnelles notamment ou de la créativité : psychothérapeutes, conseillers conjugaux, orthophonistes, chorégraphes, artistes, médecins, stylistes, anthropologues, architectes, maquilleurs, coiffeurs, bons vendeurs, managers et même techniciens de nettoyage... Sans compter tous les nouveaux métiers que l'on ne connaît pas encore.

Y aura-t-il toutefois du travail pour tous ? Pour les spécialistes les plus optimistes, nos économies seraient dans une phase de transition où le chômage augmente avant de trouver un nouvel équilibre. Mais les pessimistes, comme Larry Summers prédisent que dans dix ans un Américain âgé entre 25 et 54 ans sur sept sera sans emploi, contre un sur vingt dans les années 1960. Une question se posera alors : comment répartir les fruits de la croissance ? La réponse turlupine déjà l'Amérique, où de nouveaux milliardaires apparaissent chaque semaine - comme les fondateurs de Whats-App -, où les très riches continuent à s'enrichir, tandis que le salaire moyen baisse depuis 15 ans.

Voilà pourquoi sans doute, l'édition américaine du livre de Thomas Piketty "le Capital au XXIe siècle" est si attendue. Sa démonstration des progrès de la rente sur le revenu productif intéresse au plus haut point le monde universitaire américain.

L'éditeur Harvard University Press augmente ses tirages. Et l'auteur s'apprête à effectuer une tournée de trois semaines entre côte Est et côte Ouest... En France, le débat est tout autre.

Pour partager les fruits de la croissance et les gains de productivité, encore faut-il que les entreprises investissent et se robotisent. Afin de combler notre retard, le fonds Robolution Capital lancé cette semaine par Arnaud Montebourg a été doté pour démarrer de 80 millions d'euros . C'est un début. Mais ne dites pas au ministre que des emplois pourraient être menacés, il ferait des cauchemars...


Source: L'Obs Economie
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Message par Lame » Mer 07 Jan 2015, 20:45

La robotisation du secteur privée ou le Ragnarok du revenu (9 / 9)

Comment faire face à la robotisation de l'emploi ?

Dans l'Humanité Dimanche. Le développement de la robotisation va entraîner l’hécatombe des emplois. Même les plus qualifiés ne seront pas épargnés. Le risque majeur ? Un creusement des inégalités et le laminage d’une grande partie de la « classe moyenne ». Même les capitalistes s’interrogent : avec quels revenus ces salariés expropriés de leur travail pourront-ils vivre ? Comment l’économie va-t-elle fonctionner, si la consommation se dérobe ? Le conflit pour le partage des gains de productivité n’en deviendra que plus âpre.

L’emploi n’est plus au rendez- vous et le salaire médian diminue. Et cela n’a rien de conjoncturel, commence-t-on à le percevoir. C’est à ce point que deux chercheurs, Erik Brynjolfsson et Andrew McAfee (lire par ailleurs), diagnostiquent une « grande dissociation ». La faute en revient aux robots, qui vont massivement se substituer aux humains dans le travail, en raison des progrès accomplis ou à venir dans l’intelligence artificielle (lire l’entretien de Patrick Albert, page 26). Avec l’apparition de l’économie numérique, la troisième révolution industrielle est en marche. Elle va se traduire par la destruction irréversible d’un grand nombre d’emplois. Le propos peut sembler outrancier, soulignant notre impréparation à un bouleversement qui néanmoins s’annonce. Les études prospectives l’accréditant s’accumulent et le phénomène s’observe déjà. Carl Frey et Michael Osborne ont, fin 2013, ouvert le ban et développé un modèle d’analyse leur permettant de prévoir que 47 % des emplois américains allaient être « fortement menacés ». Ce chiffre résulte de l’étude, une par une, des probabilités d’automation de 702 professions.

Trader, médecin, journaliste... tous touchés

Les études qui se sont depuis succédé à un rythme accéléré aboutissent à des conclusions convergentes (lire encadré ci-contre), qu’elles aient comme terrain les États-Unis, le Royaume-Uni ou la France. À tel point que l’économiste américain Lawrence Summers, peu suspect d’idées radicales, en vient à s’émouvoir que « les robots nous prennent déjà nos emplois », y voyant le principal enjeu que le capitalisme qu’il défend va devoir affronter. De fait, non seulement les robots sont déjà très présents parmi nous, mais cela ne fait que commencer et va s’intensifier dans les secteurs d’activité les plus variés. Aussi bien dans le transport que dans l’agriculture, dans la finance que dans la médecine, dans la restauration ou le journalisme, ou bien pour des utilisations militaires, où c’est particulièrement avancé.

Le phénomène ne se limitera pas aux activités les moins qualifiées et répétitives, aux tâches les plus simples à exécuter. Les plus complexes vont également être touchées, ainsi que l’explique l’anthropologue et économiste Paul Jorion : « Les tâches qui nous semblent les plus complexes sont algorithmiques, impliquant de nombreux calculs, mais en réalité les plus aisées à programmer. Par ailleurs, plus une expertise est coûteuse à constituer, plus l’incitation financière est grande à la transcrire en logiciel. Ainsi, sur les marchés boursiers, les traders sont déjà remplacés par des logiciels appelés “algos”, pour algorithme, dans 50 à 60 % des transactions. »

Pas de pitié pour les nouveaux métiers

Les métiers nouvellement créés en application des progrès technologiques viendront-ils remplacer ceux qui vont disparaître ? Rien ne serait moins certain, d’après l’économiste Robert Skidelsky, qui donne pour exemple la société Amazon, l’un des fleurons de l’économie numérique. Celle-ci emploie 110 000 salariés mais a acheté la société de robotique Kiva en vue de supprimer près de la moitié d’entre eux. Autre exemple : le PDG de la société japonaise SoftBank, Masayoshi Son, prétend combler les besoins dans son pays atteint par le vieillissement de la population et dépourvu de tradition d’immigration : « Si le Japon employait 30 millions de robots en remplacement de personnes dans des entreprises manufacturières, cela équivaudrait à 100 millions d’ouvriers, parce que l’homme peut oeuvrer huit heures d’affilée seulement, mais le robot trime 24 heures sur 24, dimanches et jours fériés compris. »

Vers un accroissement des inégalités

Les conséquences de la robotisation ne s’arrêtent pas là. Erik Brynjolfsson décèle « une future disparité de pouvoir économique entre ceux qui possèdent les données et les algorithmes et produisent de la valeur économique, et le reste de la force de travail qui n’apporte que peu ou rien ». Robert Shiller, enseignant à Yale, considère la robotisation comme un facteur d’inégalité allant s’ajouter à celle du revenu. Les professeurs Jeffrey Sachs et Laurence Kolikoff estiment que le remplacement des travailleurs par des robots va prioritairement enrichir les propriétaires des robots. Accompagnant l’accroissement des inégalités, les classes moyennes vont se trouver en première ligne, lorsque leurs emplois qualifiés disparaîtront, ce que confirme l’Institut américain Pew, qui annonce « un rétrécissement de la classe moyenne et une explosion du nombre des chômeurs ».

La mutation se prépare à grand train. Ainsi, IBM poursuit le développement de Watson, un système qui a fait dès 2011 la démonstration de son savoir-faire en gagnant spectaculairement à Jeopardy, les jeux télévisés américains vedettes. Pour ne pas être en reste, Google a fondé un laboratoire consacré à l’ordinateur quantique – dont il est beaucoup attendu dans le domaine de l’intelligence artificielle – et acheté en janvier dernier la société Deep- Mind Technologies, qui élabore des algorithmes s’inspirant des réseaux de neurones humains. Facebook a, de son côté, créé une équipe spécialisée dans l’intelligence artificielle et investi dans Oculus. Disposant d’importants moyens de financement, les géants du Web mettent les bouchées doubles en multipliant les acquisitions de sociétés spécialisées.

Qui bénéficiera des gains de productivité ?

La nature des obstacles étant de moins en moins technologique, le délai entre la conception et la mise en oeuvre d’une innovation se raccourcissant, le rythme auquel la robotisation va progresser fait néanmoins discussion, mais pas la tendance générale. En attendant de mieux appréhender ce calendrier, des expérimentations évaluent pour l’optimiser la coexistence pacifique des humains et des robots dans le travail et la vie courante, en bonne intelligence pourrait-on dire !

Réagir avant d’avoir le nez sur l’obstacle devient primordial, mais comment ? Larry Page, le PDG de Google, s’en tient au plus élémentaire et au partage du travail, résolvant un problème pour en créer un autre : avec quels revenus les salariés à temps partiel vont-ils vivre, et comment l’économie va-t-elle fonctionner, si la consommation se dérobe ? Comment les travailleurs pourront-ils acheter le résultat de leur travail, la recette même du « fordisme », devenu depuis le principal moteur de la croissance ? Pour répondre à cette objection, Robert Skidelsky propose de réduire la semaine de travail à dix heures, sans diminution de salaire, car « cela serait envisageable si les gains dus à l’automatisation ne bénéficiaient pas essentiellement aux riches et aux puissants, mais étaient répartis équitablement ». Enfin, à Erik Brynjolfsson et Andrew McAfee qui fondent leurs espoirs sur l’éducation, il répond que le progrès technologique supprimera aussi beaucoup d’emplois qualifiés.

Dissocier les revenus du travail ?

Cela conduit à chercher la réponse ailleurs, en plus déconcertant. Paul Jorion tire la conclusion que « les revenus des ménages vont devoir être dissociés de la force de travail que ses membres représentent ». Rappelant que, dès le début du XIX e siècle, Simonde de Sismondi avait proposé « que le travailleur remplacé par la machine obtienne une rente perçue sur la richesse que celle-ci créerait ensuite. La forme moderne que prendrait une telle mesure serait une taxe sur les gains de productivité ». D’autres approches vont dans le même sens. Titrant l’un de ses articles avec la formule choc « Asservir les robots et libérer les pauvres », Martin Wolf, le chroniqueur vedette du « Financial Times », défend la redistribution de la richesse via l’instauration d’un revenu de base pour les adultes, financé par un impôt sur les dommages (la pollution, par exemple) et une taxe sur la propriété intellectuelle, car il considère que « les droits de propriété sont une création sociale ». Enfin, Robert Shiller préconise l’instauration d’une « assurance salaire » ou « allocation de vie quotidienne ». À nouveaux problèmes, nouvelles approches, aussi déconcertantes soient-elles de premier abord !

Avec l’eau, les énergies fossiles, et d’une manière générale les ressources de la planète, le travail devient une ressource rare qui va devoir être partagée sans aucune échappatoire, mais comment ? D’autres revenus que ceux provenant du travail vont devoir être trouvés pour « gagner sa vie » – selon cette étonnante expression, si l’on s’y arrête – alimentant la réflexion sur les contours d’une nouvelle société et un changement de paradigme. Nous ne vivons pas la fin de l’histoire.


Source: L'humanité

Paul Jorion : "Les machines pourraient financer une allocation universelle"

Des boulots à la con pour éviter le chômage ?

Face à l'augmentation du chômage, l'option des allègements de charges pour les entreprises montre ses limites puisqu'on constate qu'il n'y a pas de création automatique d'emplois. Pour donner du travail à tous, le modèle classique des pays communistes consistait en la création de ce que l'ethnologue Graeber appelle des "boulots à la con" dans le seul but de partager le travail et d'occuper tout le monde. Une alternative a été énoncée autour de 1810 par le philosophe suisse Sismondi. Chaque personne remplacée par une machine pourrait bénéficier d'une rente à vie perçue sur la richesse créée par cette machine. On pourrait également imaginer de créer une caisse de mutualisation des gains de productivité des machines pour créer une allocation universelle. Mais pour cela, il faudrait que les actionnaires et les dirigeants des grandes entreprises acceptent d'abandonner une partie de leurs dividendes et de leurs revenus, rompant avec les caricaturales accumulations de richesses auxquelles on assiste ces dernières années.


Source: Vents contraire.net

Dividende universel en Alaska

Du côté des pays « riches », l’Alaska a ouvert la voie, il y a 50 ans, certes avec des options très éloignées de l’Économie Distributive, à des redistributions de richesse par dividende universel.

Les grandes contrées nordiques de l’Alaska sont peu peuplées (650 000 habitants) mais connaissaient le plus fort taux de chômage et le plus faible niveau de croissance des USA. Le pétrole assurait environ 90 % du revenu de l’État.

Au milieu des années 1955, Jay Hammond, maire conservateur du petit port de pêche Bristol Bay, proposa qu’une taxe de 3% soit prélevée sur les prises de pêche pour alimenter un fonds public, qui serait redistribué entre tous. Il lui fallut 5 ans pour convaincre la population et faire de Bristol Bay la municipalité la plus riche du pays.

En 1969, l’Alaska a mis aux enchères 164 droits de forage sur des terres qui appartenaient à l’État, ce qui a généré des revenus équivalents à environ 8 budgets annuels. Le produit de ces enchères a rapidement été consacré à des investissements, notamment en infrastructures. « Les gens ont vite estimé qu’une part importante des fonds avait été gaspillée » et l’idée que tous les habitants de l’Alaska devraient recevoir une partie des futures recettes pétrolières s’est largement répandue.

Devenu gouverneur de l’Alaska, Jay Hammond proposa son concept à l’État entier, mais cette fois à partir des ressources en hydrocarbures sur lesquelles une dîme serait prélevée pour alimenter le fonds public.

En 1976, deux tiers des citoyens ont approuvé par référendum un amendement à la constitution qui protège le fonds d’éventuelle future « rafle » par une législature peu scrupuleuse. L’Alaska Permanent Fund Corp (APFC) est devenu opérationnel en 1982.

Ses objectifs sont multiples : sociaux, économiques et fiscaux. Subvention des familles à revenus faibles, correction des déséquilibres économiques, soutien des programmes d’éducation.

Financièrement, il est géré en vue de réaliser des rendements élevés en limitant les risques, et en favorisant la transparence pour accroître la responsabilisation (la gestion est expliquée sur le site internet du fonds).

Au début, l’APFC percevait entre 25 % et 50 % des recettes des gisements. Une partie était distribuée à la population, l’autre était réinvestie en actions, obligations et en immobilier. Depuis 1998, l’essentiel des revenus de l’APFC provient du produit de ces placements et non plus du pétrole. La cagnotte de 24 milliards de dollars ainsi constituée est donc dépendante de l’évolution des marchés, de même que le dividende touché par les habitants de l’Alaska.

Il est versé aux résidents permanents (les habitants qui y passent effectivement l’hiver) en une seule tranche à Noël. Égal pour tous, il avoisinait les 300 $ par habitant dans les années 80. Il a bondit à 3269 $ en 2008 puis est redescendu à 1305 $ en 2009 et à 1281 $ en 2010. Cela représente un mois d’un petit salaire local. En sachant qu’il n’y quasiment plus aucune autre allocation de la part de l’État (ni chômage, ni allocations familiales).

Un membre de l’AIRE témoigne à son retour d’Alaska : « je n’ai trouvé que des gens contents. Les travailleurs apprécient la prime et savent qu’il leur appartient de s’occuper de leurs assurances (maladie, accidents et autres). Les riches disent en plaisantant qu’ils rendent l’argent avec leur impôt fédéral. Les saisonniers, qui gagnent bien leur vie, n’envisagent pas de devenir résidents permanents pour une si petite somme. » Il complète : « le pays n’a plus aujourd’hui de chômeur, SDF ni vieux, qui préfèrent vivre plus près du soleil ». Effet de la mobilité qui est maintenant beaucoup plus aisée qu’au milieu du XXè siècle ?

Le dividende universel alaskan n’est pas mirifique, tant sur son montant que sur son financement (placements boursiers), mais il a ouvert la voie d’une redistribution inconditionnelle d’une partie des richesses par revenu inconditionnel.


Source: Le Colibri solidaire et distributif

Connexe: Allocation universelle, revenue de base, salaire à vie sur Allocationuniverselle.net

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Re: Le PolitBureau, aprés la chute -3-

Message par Kakita Inigin » Mer 07 Jan 2015, 20:47

Ce soir, on s'en fout.
Tes yeux sont si profonds qu'en me penchant pour boire
J'ai vu tous les soleils y venir se mirer
S'y jeter à mourir tous les désespérés
Tes yeux sont si profonds que j'y perds la mémoire.


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