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| Peter Pan https://www.sden.org/forums/viewtopic.php?f=4&t=14353 |
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| Auteur : | Shaitan [ Jeu 05 Fév 2004, 00:31 ] |
| Sujet du message : | Peter Pan |
Si vous avez lu l'oeuvre de Barrie, si vous avez aimé ce bouquin (alors vous avez bon goût Plus encore, certains moments, même si ça reste raisonnable, sont assez durs pour des gosses (faut voir comment Crochet tue ses hommes, et on voit un moignon) et bien c'est tant mieux, marre des "gosses kinder" qu'il faut "préserver" de tout (Qui a dit Disney et les Teletubbies?), suffit de voir à quel point les contes originaux pouvaient présenter des facettes sombres(le "vrai" petit chaperon rouge est particulièrement dur, et peau d'âne est très ambiguë dans sa relation père/fille). Par contre si la magie de Barrie ne vous touche pas (vil Dauntain, ceux qui connaissent Changeling comprendront...) n'y allez pas, vous perdriez votre temps. |
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| Auteur : | Merlock [ Jeu 05 Fév 2004, 08:39 ] |
| Sujet du message : | |
Franchement, tu nous le conseilles ? Because j'étais pas très chaud... |
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| Auteur : | Shaitan [ Jeu 05 Fév 2004, 09:06 ] |
| Sujet du message : | |
>>Franchement, tu nous le conseilles ? Because j'étais pas très chaud... Tu sais les goûts et les couleurs... (et puis il n'y a ni rap, ni métal, ni kung fu, ce qui le rend donc vite inaccessible pour un certain type de spectateurs...) Perso je vénère le Peter Pan de Barrie, et là j'ai vu une adaptation audacieuse, originale et qui colle bien à l'esprit de la pièce/du livre d'origine. Sinon tu peux te faire une idée avec les critiques presses et spectateurs: http://www.allocine.fr/film/critique_ge ... pub=0.html |
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| Auteur : | Merlock [ Jeu 05 Fév 2004, 09:42 ] |
| Sujet du message : | |
Shaitan a écrit Tu sais les goûts et les couleurs... (et puis il n'y a ni rap, ni métal, ni kung fu, ce qui le rend donc vite inaccessible pour un certain type de spectateurs...)
Pas de minigun ? Décidément tout fout le camps... |
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| Auteur : | yno [ Jeu 05 Fév 2004, 10:26 ] |
| Sujet du message : | |
Merlock a écrit Shaitan a écrit Tu sais les goûts et les couleurs... (et puis il n'y a ni rap, ni métal, ni kung fu, ce qui le rend donc vite inaccessible pour un certain type de spectateurs...) Pas de minigun ? Décidément tout fout le camps... Dans quelle mesure ce film colle à l'esprit de Barrie ? Dans "Peter & Wendy" entre autre, Peter est un gamin "serial killer" tuant tous les enfants qui grandissent,le dépassent et atteignent l'adolescence. Aucun passage du roman ne le met en scène mais c'est évoqué et j'aimerais savoir si cette idée (dont on ne parle jamais à cause de l'image walt disney qu'on les gens de PP est utilisée, traduite) ? Pour moi il s'agit d'une idée très importante car elle change l'ambiance radicalement... *yno |
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| Auteur : | Syd [ Jeu 05 Fév 2004, 15:33 ] |
| Sujet du message : | |
Shaitan a écrit Perso je vénère le Peter Pan de Barrie, et là j'ai vu une adaptation audacieuse, originale et qui colle bien à l'esprit de la pièce/du livre d'origine.
Tiens et que penses-tu du Peter Pan de Loisel? |
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| Auteur : | Archiviste [ Jeu 05 Fév 2004, 19:08 ] |
| Sujet du message : | |
J'ai furieusement envie d'aller le voir et c'est pas une critique quelconque qui va m'en empecher ! Archi, qui a vu toutes les version ciné/télé de PP |
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| Auteur : | Shaitan [ Jeu 05 Fév 2004, 22:59 ] |
| Sujet du message : | |
yno a écrit Dans quelle mesure ce film colle à l'esprit de Barrie ? Dans "Peter & Wendy" entre autre, Peter est un gamin "serial killer" tuant tous les enfants qui grandissent,le dépassent et atteignent l'adolescence. Aucun passage du roman ne le met en scène mais c'est évoqué et j'aimerais savoir si cette idée (dont on ne parle jamais à cause de l'image walt disney qu'on les gens de PP est utilisée, traduite) ? Pour moi il s'agit d'une idée très importante car elle change l'ambiance radicalement... *yno Moi j'ai lu le Peter Pan de Barrie (je ne vois pas trop ce qu'est "Peter & Wendy") et il est vrai que dedans il est précisé que Peter tue les enfants perdu quand ils sont grands. Or là on ne le voit pas faire ça (comme dans le bouquin d'ailleurs), par contre il est bien plus "tête de con" que dans le Disney, comme dans le livre, c'est lui le boss (et les autres gosses lui obéissent au doigt et à l'oeil, d'ailleurs comme dans le livre l'île et lui ne forme qu'un, quand il n'est pas là l'île se meurt, quand il revient le printemps renaît), quand Wendy est blessée il va, comme dans le livre, tuer un des enfants (avant que Wendy ne l'en empèche). En fait il y a une scène qui n'est pas dans le film, et c'est un peu dommage (c'est ma préférée), c'est la toute fin du bouquin, quand il revient voir Wendy alors qu'il l'avait oubliée et qu'il se retrouve en face d'une personne adulte, c'est d'une tristesse incroyables dans les écrits et je peux comprendre que le réalisateur ne voulait pas terminer ainsi (ça reste un film pour enfant). Juste pour dire que le perso de crochet est franchement génial, je m'y suis attaché comme dans l'oeuvre de Barrie (surtout lorsqu'on sait que dans la pièce originale l'acteur qui joue le père de wendy et aussi celui qui joue crochet....oedipe n'est pas loin...) Par contre je tiens à préciser qu'à la fin, lors du duel Crochet/Pan, Crochet fait un truc (je ne vous dirais rien vous inquiétez pas) qui n'est vraiment pas dans l'oeuvre de Barrie et qui pourrait choquer certains puristes. J'avoue que je savais ça avant de voir le film et que ça me faisait vraiment peur, mais en fait je trouve ça plutôt pas mal, je préfère le livre certe, mais ce "truc" du réalisateur est plutôt sympathique au final. |
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| Auteur : | yno [ Ven 06 Fév 2004, 10:03 ] |
| Sujet du message : | |
Shaitan a écrit Moi j'ai lu le Peter Pan de Barrie (je ne vois pas trop ce qu'est "Peter & Wendy") (...)
Barrie a écrit "Peter Pan in Kensingston gardens" (1906) et "Peter & Wendy" (1911). J'ai les deux et je ne me souviens que du "serial killing" dans le second mais il se trouve peut-être dans d'autres écrits. *yno |
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| Auteur : | Shaitan [ Ven 06 Fév 2004, 14:14 ] |
| Sujet du message : | |
yno a écrit Shaitan a écrit Moi j'ai lu le Peter Pan de Barrie (je ne vois pas trop ce qu'est "Peter & Wendy") (...) Barrie a écrit "Peter Pan in Kensingston gardens" (1906) et "Peter & Wendy" (1911). J'ai les deux et je ne me souviens que du "serial killing" dans le second mais il se trouve peut-être dans d'autres écrits. *yno Ca y est, je viens de capter, en fait le titre original du livre que j'ai lu est 'Peter Pan and Wendy" (titre devenu en français "Peter Pan"). Extrait du chapitre 5: "Le nombre de garçons vivant sur l'Ile peut varier, évidemment, selon qu'il leur arrive d'être tués ou bien d'autres choses. Dès qu'ils semblent avoir grandi- ce qui est contraire au réglement- Peter les supprime." (c'est tout de suite moins gai que dans Disney) |
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| Auteur : | Archiviste [ Ven 06 Fév 2004, 14:57 ] |
| Sujet du message : | |
Il me FAUT les références des livres originaux ! |
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| Auteur : | Shaitan [ Ven 06 Fév 2004, 15:11 ] |
| Sujet du message : | |
Je ne peux resister à l'envie de vous livrer une partie de la fin du livre, qui n'est pas dans le film donc ce n'est pas un spoiler. Je vous conseille cependant de lire tout le livre " Mme Darling vit sa bouche se crisper, et elle fit cette proposition généreuse : Wendy irait le voir une fois par an, pour faire le nettoyage de printemps. Wendy aurait préféré un arrangement plus définitif; il lui semblait que le printemps serait long à venir. Mais cette promesse satisfit Peter qui repartit tout content. Il n'avait aucune notion de la durée, et il lui arrivait tant d'aventures que tout ce que je vous ai raconté n'est que roupie de sansonnet en comparaison. Et Wendy devait en être consciente, sinon pourquoi lui aurait-elle adressé un au revoir si plaintif ? - Tu ne m'oublieras pas, Peter, avant le retour du printemps? Peter promit de ne pas oublier, et il s'envola. Il emporta avec lui le baiser de Mme Darling. Ce baiser que personne n'avait pu prendre, ce fut Peter qui le ravit, et sans aucune difficulté. Bizarre, n'est-ce pas ? Et elle n'eut même pas l'air fâchée. Bien entendu, tous les garçons durent aller à l'école. La plupart entrèrent en troisième, mais La Plume fut d'abord mis en quatrième, puis en cinquième. La première étant le niveau le plus élevé. Au bout d'une semaine d'école, ils comprirent combien ils avaient été bêtes de ne pas rester dans l'lle, mais c'était trop tard; bientôt ils se rangèrent et devinrent aussi ordinaires que vous ou moi ou Dupont junior. Chose triste à dire, ils perdirent peu à peu le don de voler. Au début, Nana les attachait par les pieds aux barreaux du lit, pour qu'ils ne s'envolent pas pendant la nuit; le, jour, une de leurs distractions favorites était de faire semblant de tomber de l'autobus. Mais petit à petit, ils cessèrent de tirer sur leurs liens, au lit, et s'aperçurent qu'il était douloureux de choir d'un autobus. A la fin, ils ne savaient même plus voler après leur chapeau. Ils appelaient ça manquer d'exercice, mais en vérité, cela voulait dire qu'ils n'y croyaient plus. Michael y crut plus longtemps que les autres, en dépit des railleries que cela lui attirait. Aussi était-il présent quand Peter vint chercher Wendy à la fin de la première année. Elle s'envola dans la robe même qu'elle avait tissée au pays de l'imaginaire avec des feuilles et des baies sauvages. Sa seule crainte était qu'il remarquât combien la robe était devenue courte, mais il n'y fit pas attention, tant il avait à dire à propos de lui-même. Elle avait espéré qu'ils frissonneraient ensemble au souvenir du bon vieux temps, mais de nouvelles aventures avaient chassé les anciennes de son esprit. - Qui est le capitaine Crochet? demanda-t-il avec curiosité quand elle lui parla de l'ex-ennemi numéro un. - Comment! s'étonna-t-elle. Tu ne te souviens donc pas comment tu l'as tué et nous as sauvé la vie ? - Je les oublie dès que je les ai tués, avoua-t-il avec insouciance. Quand, sans trop y croire, elle demanda si la fée Clo serait heureuse de la revoir, il répondit : - Qui est la fée Clo ? - Peter! dit-elle, scandalisée. Mais elle eut beau lui expliquer, il avait tout oublié. - Tu comprends, dit-il, elles sont si nombreuses. Je suppose que celle-là est morte. Sans doute avait-il raison, car les fées vivent peu longtemps, mais elles sont si petites qu'un temps très court leur semble une éternité. Wendy eut encore le chagrin de découvrir que pour Peter, l'an passé était plus proche qu'hier. Cette année lui avait semblé si longue, à elle. Mais il était plus séduisant que jamais et le nettoyage de printemps de la hutte dans les arbres se déroula délicieusement. L'année suivante, il ne fut pas au rendez-vous. Elle l'attendit, vêtue d'une robe neuve car l'ancienne n'eût pas été convenable. Mais il ne vint pas. - Il est peut-être malade, dit Michael. - Tu sais bien qu'il n'est jamais malade. Michael se rapprocha et lui chuchota, avec un frisson - Et s'il n'existait pas ? Wendy se serait mise à pleurer si Michael ne l'avait devancée. Peter revint l'an d'après et, chose curieuse, il ne se rendait pas compte qu'il avait sauté une année. Ce fut la dernière fois que Wendy, fillette, le vit. Pendant quelque temps encore, elle essaya de ne pas éprouver de trop gros chagrins pour son amour; puis elle sentit qu'elle le trahissait le jour où elle obtint le prix d'excellence. Mais les années passèrent sans ramener l'insouciant infidèle. Lorsque enfin ils se revirent, Wendy était une femme mariée et Peter n'était plus pour elle qu'un peu de poussière sur le coffre où elle avait conservé ses jouets. Wendy était devenue une grande personne. Inutile de gémir sur son sort. Elle était de celles qui aiment grandir, et finit même par devenir adulte de son propre gré, un jour plus tôt que les autres filles. Entre-temps, tous les garçons étaient devenus des adultes rassis, aussi cela ne vaut-il guère la peine de s'étendre sur leur compte. Vous pourriez voir chaque jour les Jumeaux, Bon Zigue et Le Frisé se rendre au bureau, chacun portant une serviette et un parapluie. Michael conduit une locomotive; La Plume a épousé une dame titrée, il est devenu lord. Voyez-vous ce juge en perruque qui sort par cette porte de fer? Jadis, c'était La Guigne. Et ce barbu qui n'a pas une histoire à raconter à ses enfants, autrefois ce fut John. Wendy se maria en robe blanche et voile rose. Il est étrange que Peter ne vint pas à l'église pour empêcher les bans d'être publiés. D'autres années se sont écoulées. A présent, Wendy a une fille. Ceci mériterait qu'on l'écrive non à l'encre mais en lettres d'or. L'enfant s'appelle Jane. Depuis toujours, elle a un regard étrangement interrogateur, comme si dès son arrivée sur le continent, elle avait déjà des questions à poser. Et quand elle a été en âge de les poser, toutes ou presque concernaient Peter Pan. Jane adore qu'on lui en parle, et Wendy lui raconte tout ce qu'il lui est possible de se rappeler, dans la chambre même où eut lieu le fameux envol. Cette chambre est maintenant celle de Jane car son père l'a achetée au taux de trois pour cent au père de Wendy qui n'a plus de goût pour les escaliers. Mme Darling est morte déjà, et oubliée. Il n'y a plus que deux lits dans la chambre, celui de Jane et celui de sa bonne, car Nana aussi a vécu. Elle est morte à un âge avancé et, à la fin, il devenait difficile de faire bon ménage avec elle, fermement convaincue qu'elle était d'être la seule à savoir s'y prendre avec les enfants. Une fois par semaine, la bonne de Jane a son jour de congé; alors Wendy se charge de coucher l'enfant. C'est l'heure bénie des histoires. Jane a inventé de faire une tente en soulevant son drap au-dessus de la tête de sa mère et de la sienne. Et dans cette obscurité redoutable, elle chuchote : - Dis-moi ce que tu vois. - Je ne crois pas que je voie quoi que ce soit cette nuit, répond Wendy avec le sentiment coupable que, si Nana eût été là, elle n'aurait pas permis de poursuivre l'entretien. - Si, tu vois quelque chose, insiste Jane. Tu vois quand tu était une petite fille. - Il y a bien longtemps de cela, mon cœur, soupire Wendy. Ah! comme les années s'envolent ! - Volent-elles de la même manière que tu volais quand tu étais petite fille ? demande la petite futée. - La manière dont je volais! Sais-tu, Jane, parfois je me demande si j'ai jamais vraiment volé. - Oui, tu as volé. - Les belles années où je savais voler ! - Pourquoi ne sais-tu plus, maman ? - Maintenant, je suis une grande personne, ma chérie. Quand on grandit, on désapprend à voler. - Pourquoi désapprend-on ? - Parce qu'on n'est plus assez joyeux, innocent et sans-cœur. Seuls les sans-cœur joyeux et innocents savent voler. - Qu'est-ce que des sans-cœur joyeux et innocents ? Oh! comme je voudrais être sans-cœur, joyeuse et innocente. D'autres fois, Wendy admet qu'elle voit en effet quelque chose. - Je crois bien que c'est cette chambre. - Je le crois aussi, dit Jane. Continue. Les voilà embarquées dans la grande aventure de la nuit où Peter revint chercher son ombre. - Stupide garçon! dit Wendy, il essayait de la recoller avec du savon! Comme il n'y arrivait pas, il s'est mis à pleurer, ce qui m'a réveillée. Alors j'ai recousu son ombre pour lui. - Tu as sauté un passage, interrompt Jane qui connaît l'histoire mieux que sa mère à présent. Quand tu l'as vu en train de pleurer, qu'est-ce que tu lui as dit ? - Je me suis assise dans mon lit et j'ai dit " Pourquoi pleures-tu, petit garçon ? " - Oui, c'était ça, dit Jane avec un gros soupir satisfait. - Alors, il nous a tous fait envoler pour le pays de l'imaginaire où sont les fées, les pirates, les Peaux-Rouges, la lagune aux sirènes, la maison souterraine et la petite hutte. - Oui! Qu'est-ce que tu préférais de tout cela ? - Je crois que je préférais par-dessus tout la maison souterraine. - Oui, moi aussi. Que t'a dit Peter la dernière fois qu'il t'a parlé ? - La dernière chose qu'il m'ait dite, c'était " Attends-moi toujours et, une nuit, tu m'entendras chanter. " - Oui. - Hélas! il m'a complètement oubliée. Wendy a dit cela avec un sourire. Cela montre à quel point elle est adulte. - A quoi ressemblait son chant? demanda un soir la petite Jane. Wendy essaya d'imiter le cri de victoire de Peter. - Non, ce n'était pas comme ceci, dit gravement Jane, mais comme cela. Et elle l'imita tellement mieux que sa mère que Wendy en fut un peu saisie. - D'où sais-tu que c'était ainsi, ma chérie ? - Je l'entends souvent quand je dors, dit Jane. - C'est vrai, beaucoup de filles l'entendent en dormant, mais moi, je suis la seule qui l'ait entendu éveillée. - Quelle chance tu as ! dit Jane. Puis une nuit le drame arriva. On était au printemps. Jane avait eu son histoire et dormait maintenant dans son lit. Wendy était assise sur le plancher, tout près du feu qui éclairait ses travaux de raccommodage, car il n'y avait pas d'autre lumière dans la chambre; et, tandis qu'elle raccommodait, elle entendit un chant triomphal. Puis la fenêtre s'ouvrit, comme jadis, et Peter se posa sur le sol. Il n'avait absolument pas changé, et Wendy vit tout de suite qu'il avait encore ses dents de lait. Il était un petit garçon, et elle, une grande personne. Elle se blottit près du feu, sans oser faire un mouvement, désemparée et comme prise en faute, elle, la grande femme. - Salut, Wendy ! Il ne remarquait aucune différence, étant surtout occupé de lui-même, et dans la faible clarté, il pouvait prendre la robe blanche de Wendy pour la chemise de nuit dans laquelle il l'avait vue pour la première fois. - Salut, Peter, dit-elle d'une voix éteinte en se tassant pour paraître plus petite. Quelque chose en elle pleurait : " Femme, femme, laisse-moi. " - Tiens, où est John ? demanda Peter s'apercevant qu'il manquait un troisième lit. - Il n'est pas ici en ce moment, souffla-telle. - Michael dort? dit-il en posant un regard distrait sur Jane. - Oui, répondit-elle. Mais aussitôt elle se reprocha de manquer de loyauté à son égard aussi bien qu'envers Jane. - Ce n'est pas Michael, se hâta-t-elle de corriger, de peur qu'un châtiment ne vint fondre sur sa tête. Peter regarda. - C'est un nouvel enfant ? - Oui. - Un garçon ou une fille ? - Une fille. Sûrement, il allait comprendre maintenant. Mais non, pas le moins du monde ! - Peter, dit-elle en hésitant, tu n'espères pas que je vais m'envoler avec toi ? - Bien sûr que si, c'est pour cela que je suis venu. Il ajouta d'un ton de léger reproche - As-tu oublié que le moment est venu de faire le nettoyage de printemps ? A quoi bon lui rappeler qu'il en avait laissé passer plus d'un ? - Je ne peux pas venir, s'excusa-t-elle, je ne sais plus du tout voler. - J'aurai tôt fait de te rapprendre. - Oh Peter, ne gaspille pas la poudre des fées pour moi. Elle s'était levée ; et la peur enfin assaillit le garçon. - Qu'y a-t-il ? cria-t-il en reculant. - Je vais allumer, dit-elle, alors tu verras par toi-même. Pour autant que je sache, ce fut la seule fois dans sa vie où Peter eut peur. - N'allume pas, supplia-t-il. Elle caressa doucement les cheveux du tragique petit orphelin. Elle n'était pas une petite fille au cœur brisé de chagrin à cause de lui; elle était une femme adulte, que tout cela faisait sourire, pourtant ses sourires étaient mouillés. Alors elle alluma la lampe, et Peter vit. Il poussa un cri de souffrance; et quand cette superbe créature se pencha vers lui pour le soulever dans ses bras, il recula farouchement. - Qu'y a-t-il ? demanda-t-il encore. Cette fois, elle ne pouvait plus se dérober. - Je suis vieille, Peter. J'ai déjà plus de vingt ans. Il y a longtemps que j'ai grandi. - Tu avais promis de ne pas grandir. - Je n'ai pas pu faire autrement. Je suis mariée, Peter. Non! Ce n'est pas vrai. - Si, et la petite fille dans le lit est mon enfant. - Non! Ce n'est pas vrai ! Mais il la crut, et fit un pas vers l'enfant endormie, son poignard levé. Bien sûr, il ne la frappa pas. Au lieu de frapper, il s'assit sur le plancher et sanglota. Et Wendy ne sut comment le consoler, elle qui autrefois le faisait si bien. Elle n'était qu'une femme, maintenant, et elle se précipita hors de la chambre pour mettre de l'ordre dans ses pensées. Peter pleurait toujours à chaudes larmes, et ses sanglots finirent par réveiller Jane. Elle s'assit dans son lit, immédiatement intéressée. - Pourquoi pleures-tu, petit garçon ? dit-elle. Peter se leva et lui fit une révérence qu'elle lui rendit de son lit. - Bonjour, dit-il. - Bonjour, dit Jane. - Je m'appelle Peter Pan. - Je le sais. - Je suis venu chercher ma mère, expliqua-t-il, pour l'emmener dans l'lle de l'imaginaire. - Je sais, dit Jane, je t'attendais. Quand Wendy revint, tout embarrassée, elle trouva Peter assis sur le bois du lit et poussant son cocorico victorieux, tandis que Jane en chemise de nuit voletait à travers la chambre dans une extase solennelle. - C'est ma mère, déclara Peter. Jane descendit et se tint à ses côtés avec, sur son visage, cette expression qu'il aimait à voir chez les dames qui le regardaient. - Il a tellement besoin d'une mère, dit Jane. - Je sais, admit Wendy d'un air malheureux. Personne ne le sait aussi bien que moi. - Au revoir, dit Peter à Wendy. Il s'éleva dans l'air et l'impudente petite Jane en fit autant. Déjà, elle volait mieux qu'elle ne marchait. Wendy se rua à la fenêtre. - Non! non! cria-t-elle. - C'est seulement pour le nettoyage de printemps, dit Jane. Il tient à ce que ce soit moi qui le fasse toujours. - Si seulement je pouvais aller avec vous, soupira Wendy. - Tu vois bien que tu ne peux pas voler, dit Jane. Bien sûr, Wendy finit par céder et les laissa s'envoler ensemble. La dernière vision que nous ayons d'elle la montre à la fenêtre, regardant les enfants s'éloigner dans le ciel jusqu'à ce qu'ils ne soient pas plus grands que les étoiles. Et tandis que vous contemplez Wendy, vous voyez ses cheveux blanchir, sa silhouette redevenir petite, car tout cela s'est passé il y a fort longtemps. Jane est à présent une grande personne ordinaire, mère d'une fillette nommée Margaret. Et chaque fois que revient l'époque du nettoyage de printemps, Peter (sauf les années où il oublie) vient chercher Margaret et l'emmène au pays de l'imaginaire, où elle lui raconte des histoires dont il est le héros et qu'il écoute passionnément. Quand Margaret grandira, elle aura une fille, destinée à être à son tour la mère de Peter; et les choses continueront ainsi, aussi longtemps que les enfants seront joyeux, innocents et sans-cœur." (je remercie lolodelsol sur allocine pour cet extrait) |
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| Auteur : | Archiviste [ Ven 06 Fév 2004, 18:44 ] |
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C'est proprement fabuleux... Il me FAUT lire cette histoire ! |
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| Auteur : | Alien [ Sam 07 Fév 2004, 14:51 ] |
| Sujet du message : | |
Quand je suis allé à la FNAC pour acheter "Peter Pan", le livre, on m'a recommandé d'aller au rayon DVD... Dans le même genre, j'adore les comptines pour enfant... Je sais pas ce que je préfère: "Il était une bergère" qui fracasse la tête de son chaton ou "La mère Michelle" avec un type qui vend le chat pour du lapin parce que ladite mère veut pas coucher avec lui... J'avais commencer un conte de Grimm que je connaissais pas pour ma fille qu'à deux ans, et ... euh ... ben j'ai assez vite pris un autre livre... |
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| Auteur : | Styren [ Dim 08 Fév 2004, 00:15 ] |
| Sujet du message : | |
Alien a écrit Quand je suis allé à la FNAC pour acheter "Peter Pan", le livre, on m'a recommandé d'aller au rayon DVD...
Dans le même genre, j'adore les comptines pour enfant... Je sais pas ce que je préfère: "Il était une bergère" qui fracasse la tête de son chaton ou "La mère Michelle" avec un type qui vend le chat pour du lapin parce que ladite mère veut pas coucher avec lui... J'avais commencer un conte de Grimm que je connaissais pas pour ma fille qu'à deux ans, et ... euh ... ben j'ai assez vite pris un autre livre... Tu devrais essayer le Roman de Ranard ... |
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| Auteur : | Tihaho [ Mer 11 Fév 2004, 11:14 ] |
| Sujet du message : | |
Shaitan a écrit Je ne peux resister à l'envie de vous livrer une partie de la fin du livre, qui n'est pas dans le film donc ce n'est pas un spoiler. Je vous conseille cependant de lire tout le livre
Ce n'est p-ê pas un spoiler pour le filmm mais pour ceux qui voudraient lire le livre, c'est un peu vachard ce que tu fais là!! Enfin, comme ton extrait est trés long, on risque pas de le lire sans le faire exprés en faisant le tour des nouveaux posts, ça compense. |
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| Auteur : | Shaitan [ Mer 11 Fév 2004, 20:57 ] |
| Sujet du message : | |
>>Je ne peux resister à l'envie de vous livrer une partie de la fin du livre, qui n'est pas dans le film donc ce n'est pas un spoiler. Faut que j'écrive en chinois ou quoi???????????????????????????? |
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| Auteur : | Isawa t'ien kong [ Mer 11 Fév 2004, 23:37 ] |
| Sujet du message : | |
En chinois ça donne quoi spoiler du livre? |
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| Auteur : | Isawa t'ien kong [ Mer 11 Fév 2004, 23:38 ] |
| Sujet du message : | |
En chinois ça donne quoi spoiler du livre? |
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| Auteur : | Tihaho [ Lun 16 Fév 2004, 22:42 ] |
| Sujet du message : | |
Shaitan a écrit >>Je ne peux resister à l'envie de vous livrer une partie de la fin du livre, qui n'est pas dans le film donc ce n'est pas un spoiler.
Faut que j'écrive en chinois ou quoi???????????????????????????? Pour ceux qui veulent lire le livre, c'est qd même un spoiler, que cela te plaise ou non, et c'est pas la peine de t'énerver pour un truc aussi insignifiant... Sur ce, reste cool, c'est jamais qu'un bouquin qui a été adapté en film par Walt disney, hélas, un peu mièvre, mais beau qd même dans l'ensemble. P.S. En plus tu te calmes, tu ne me connais même pas alors inutile de me prendre pour un demeuré, vu? P.P.S. En bref, tu me respectes, je te respecte et les vaches sont bien gardées, ça c'est clair? |
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