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Les tribulations d'un exorciste en Qin

Pour ceux qui veulent s'essayer à la prose, à la versification, ou autre

Modérateur: darkbaron

Re: Les tribulations d'un exorciste en Qin

Message par Fafi » Ven 04 Fév 2011, 16:49

L'après midi sera pour moi consacrée au temple de Chang-He. En dépit de ce qu'elle m'agace, il y a en Vertu de la lumière quelque chose qui m'attire, qui capte mon intérêt et mes pensées sont souvent a tenter de décrypter les paroles sibyllines qu'elle lance parfois au hasard des conversations. Je m'y rend donc et trouve une mère supérieure fort amusée de mon agacement. Effectivement, oui je suis agacé car il semblerait que Vertu de la lumière l'ait déjà prévenue que je viendrai jouer avec elle, et pourtant c'est au saut du lit que j'ai pris la décision de le faire dès que ce serait possible. Et encore une fois, cela se passe de la manière si déroutante que prennent chacune de nos rencontres. C'est encore une enfant de douze printemps, qui veut jouer à cache-cache dans le temple, jeu auquel je fini par me prêter de mauvaise grâce au début, cependant son rire cristallin dissipe tous les doutes et c'est avec plaisir que je retrouve les jeux de l'insouciance. Pourtant, au milieu de tout, elle me sidère en me parlant abruptement d'une âme perdue qui cherche désespérément la lumière et me fait comprendre que je suis là pour la ramener, pour la guider. Mais bon sang, comment peut-elle être au courant de ceci. Elle me dit même qu'il me faudra faire preuve de sagesse car suivre sa piste ne sera pas facile car ses parents sont encore trop enfoncés dans leur chagrin pour l'accepter. Et hop, la voilà repartie à courir partout. Mais accepter quoi? Suivre qui? Ou est-elle cette âme? Est-ce bien celle de Rosée de l'aube ? Et bien sur elle ne répondra a aucune de ces questions. En désespoir de cause, je demande à la mère supérieure d'intervenir pour nous arranger une entrevue avec la mère de Rosée de l'aube.
Hun ti so et Ciu Mei Lin ont été plus efficaces et le soir même nous ramènent les premiers indices importants. Déjà, Jeune tigre s'appellerait en réalité Li Mu Bai et serait issu du Chu. Quelques trois mois plus tôt, une délégation du Chu s'en vint à Han Dan, et Jeune tigre en faisait partie. Cependant, deux semaines après leur arrivée, Jeune tigre fut reconnu coupable du meurtre d'une jeune fille, Yi Lo, fille du marchand qui nous a assailli le matin, surnommée Rosée de l'aube. Jeune tigre fut aperçu la nuit du meurtre quittant le corps de la malheureuse, son cœur sanglant à la main. Il semblerait qu'il ait ensuite tenté de rejoindre sa délégation et de crier son innocence, cependant la situation ne leur permettait pas de faire autrement que de lui laisser une certaine avance salutaire puis de dénoncer sa fuite. Et voilà! c'est maintenant que ca fait tilt, bon sang de mémoire à trou ! Ce tatouage de tigre sur les poignets, je sais d'où il vient. C'est le signe ancestral d'une confrérie de défenseurs du Chu. J'ai du coup encore plus de mal à croire en sa culpabilité, connaissant l'esprit de corps de ces adeptes. Ça put l'entourloupe a plein nez ça, il à du se faire piéger. Hun ti so nous signale d'ailleurs que cela pourrait bien être une manœuvre interne pour salir la réputation de la délégation du Chu et mettre un terme aux négociations, ça ne serait pas la première fois... Pendant qu'on lui raconte tout cela, Yun Tao est concentrée pour essayer de fluidifier le chi de jeune tigre et libérer les rouages prisonniers de sa mémoire. Soudainement, il se met à nous décrire une très forte odeur de poisson ainsi qu'un ponton près de l'eau. C'est un bon début déjà, ce soir nous seront de sortie. Il n'y a pas quantité d'endroits ici qui pressentent des pontons et de l'eau, c'est forcément sur le fleuve. Nous nous embarquons donc joyeusement pour une petite virée nocturne le long des berges du fleuve.
Ciu Mei Lin grime Jeune tigre en mendiant, chapeau de paille sur la tête, ce qui devrait suffire avec la nuit. Nous vérifions ne pas être suivis et nous embarquons sur une petit jonque dégotée près de là. Le voyage est lent et silencieux. Cependant, ce n'est pas chose facile, il y en a des pontons en ville. Heureusement moins près de pécheurs. Mais ce n'est qu'au bout de deux fastidieuses heures de recherche que nous finissons par tenir le bon bout, un ponton assez éloigné, sur la rive droite, endroit désert qui doit servir essentiellement le matin pour la pêche. Jeune tigre est fébrile et hume l'air en se pinçant le nez, l'air intrigué. L'odeur est effectivement ici un peu différente des autres quais, un mélange assez nauséabond d'entrailles de poisson pourries, de salaison et de fumage qui embaume un fumet particulièrement reconnaissable. Un ponton plus loin et Jeune tigre lance un doigt vers les quais. Cela ne doit plus être très loin. Nous débarquons sur le ponton désert et commençons à chercher dans le coin. Il nous faut un certain temps avant de nous intéresser à un hangar délabré et partiellement brûlé presque en face. A l'intérieur, quelques traces de vagabonds qui doivent nicher ici mais absent en l'instant, et, ce qui attire notre attention, plusieurs traces de sang depuis longtemps séchées sur les planches des murs. En soulevant quelques unes des paillasses, nous trouvons une tache plus importante par terre. Il s'est passé quelque chose ici, c'est certain. Pourtant, bien que le sang ait coulé, Yun Tao et moi sommes unanimement d'accord qu'il n'y a vraisemblablement pas assez de sang ici pour que la victime ait été tuée ici sur place, à même le sol. Je découvre aussi que ma jeune collègue a quelques rudiments de médecine dans ses capacités. Soit, je sors le grand jeu. Je m'assied par terre, positionne mon chang pao pour ne pas avoir froid, sort d'un geste empreint de gravité une flasque et la vide d'un trait sous le regard halluciné de Hun ti so. Faut ce qu'il faut pour affronter la suite. Je me concentre et laisse le sens du Yin me guider sur ce qui a bien pu arriver ici. Ça ne tarde pas, c'est bien en ce lieu que s'est déroulé le tragique incident. J'entends le cri déchirant d'une jeune femme ainsi qu'une froide sensation bien trop importante pour un évènement de ce style. J'ai peur, cette histoire de cœur arraché ne me dit rien qui vaille. Cependant, rien d'autre ne vient pour l'instant, nous n'avons plus trop de temps si nous ne voulons pas être surpris ici. La barque nous attends sur le fleuve et glisse sans bruit, sans lumière de nouveau jusqu'à nos paillasses.
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Re: Les tribulations d'un exorciste en Qin

Message par Fafi » Ven 11 Fév 2011, 16:18

Des progrès rapides il va nous falloir ce jour-ci. C'est ce qu'a décrété Anguille Habile qui souhaiterait visiblement quitter la ville dès son affaire réglée, et si possible avec la tête sur les épaules. En effet, les rues se révèlent maintenant envahies de portraits de Jeune tigre, et la prime sur sa tête commence à devenir généreuse, assez pour tenter bien des âmes sombres. Hun ti so décide de s'attaquer aux rapports des magistrats de la milice. Il est certain de trouver là des informations importantes, et quitte à finir d'arranger la signature du contrat avec la guilde des marchands qui se trouve à deux pas, ce serait stupide de n'y pas aller dit-il. Quand à nous, une difficile journée nous attend. Tout d'abord, il semblerait que demain soir soit la conjonction idéale de la lune pleine et de certaines configurations astrales pour effectuer le rituel auquel Yun Tao et moi pensons, dont Jeune tigre est en quelque sorte la victime ou plutôt le centre. Nous espérons pouvoir lier suffisamment de souvenirs et de sensations pour définitivement ravager les blocages de sa mémoire en cumulant plusieurs poussées simultanées. Mais pour cela, il nous faut préparer énormément de choses. D'une il nous faut mettre au point un rituel dont les énergies du tao seront centrées en puissance sur Jeune tigre, de manière équilibrée pour ne point risquer de problème, puis les canaliser au travers de son chi comme de son souffle vital afin de briser les barrières et rétablir un équilibre complet, autant physique que taoïste. Mais pour cela, il nous manque encore des informations. Et puis plus nous discutons, plus il paraît évidant que nous devons trouver un moyen d'affaiblir la résistance de Jeune tigre pour laisser libre cours au rituel. Nous tombons d'accord sur le fait qu'il nous faudra un bonne quantité d'opium. Personnellement, je ne suis pas porté du tout sur les drogues, mais il est vrai que dans ce cas, ça nous faciliterait grandement la tâche. Nous envoyons donc Ciu Mei Lin s'enquérir de ce menu détail. Il semblerait d'ailleurs qu'elle ait aussi quelques détails à régler. En effet, le grand marchand nous ayant reçu porte dorénavant un grand intérêt à la revoir, ce qui ne manque pas d'attrait pour la tenancière du lieu, Joyau, celle-ci lui expliquant qu'il est hors de question qu'elle refuse, on ne se refuse pas à un tel personnage. S'ensuit une discussion futile sur tout un tas de techniques pour soutirer autant de rendez-vous que possibles généreusement dotés bien sûr, tout en n'éventant que le plus lentement possible les charmes de ces rencontres. Il y a du métier, c'est certain. Joyau indique d'ailleurs à Ciu Mei Lin que c'est le grand chef, Mao qui s'occupe de « l'herboristerie ». Malheureusement, une telle quantité outrepasse ses maigres réserves mais il lui donne une adresse sur l'ile des plaisirs où aller quérir ce précieux produit. Hun ti so revient peu après le repas, assez agacé par le comportement d'un magistrat « petit scribouillard prétentieux » comme il l'appelle. Je suis certain que c'est assez imagé par rapport à ce qu'il pense en son fort intérieur, ça se lit dans son visage. Je distingue aussi les prémisses d'une idée lumineuse de vengeance. Je n'aimerai pas être à la place du bonhomme en question. Après quelques heures passées à continuer nos préparatifs, instruire Jeune tigre sur son rôle, essayer de lui expliquer ce qui « devrait » se passer, voilà tout notre petit monde de retour.
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Re: Les tribulations d'un exorciste en Qin

Message par Fafi » Mar 15 Fév 2011, 18:10

Quelque part dans le quartier administratif, près de la caserne du guet, une porte s'ouvre donnant sur un petit bureau où s'entassent deux bonnes piles de feuillets entassés sans beaucoup de précautions. Le fonctionnaire ne se donne même pas la peine de lever la tête. D'un ton pincé et déplaisant, faisant visiblement semblant de s'affairer sur quelque papier qu'il déplace et annote:
« Ouiiii, c'est pourquoi ? »
Le visiteur reste stoïquement devant le bureau, en silence.
«  Je n'ai pas que ça à faire voyons, vous venez pour quoi ? »
« Bonjour, je suis Hun ti so et je voudrais consulter le dossier du guet sur une affaire »
Levant enfin la tête d'un air goguenard.
« Vous avez une autorisation spéciale? C'est bien ce que je pensais, vous ne vous rendez pas compte de l'importance du boulot que nous avons ici! Et puis c'est l'heure de la pose» attrapant une tasse et un filtre à thé.
Le visiteur sort une tablette et une plume de sa besace, trempe la plume dans l'encrier du bureaucrate et commence à écrire sur sa tablette, suspend sa plume, redresse la tête et jète un regard froid, impersonnel et hautain vers le bureaucrate.

« Excusez-moi, je n'ai pas entendu votre nom »
Le bureaucrate un peu surpris des agissements du visiteur.
« Euh, Pey Hun Li, du bureau des enquêtes criminelles »
Le visiteur reprend ses notes quelques secondes, puis s'arrête à nouveau.
« Donc vous êtes débordé, c'est bien ça? »
Le bureaucrate commençant à pressentir quelque chose de louche.
« Vous euh... notez quoi là ? »
Le visiteur, d'un ton égal, neutre et plus froid encore, presque méprisant.
« Je vous l'ai dit, je suis Hun Ti So, scribe royal et je suis en mission pour retrouver un dossier »
Le bureaucrate soudainement beaucoup plus servile, voire obséquieux, la nervosité faisant trembler sa main, tente de bouger quelques dossiers de la pile de droite vers la pile de gauche, manquant de renverser sa tasse de thé.
« Oui, oui de suite, quel dossier voulez-vous consulter? »
« Il semblerait que la fille du seigneur Lo ait été assassinée sauvagement il y a de cela 3 mois. Je veux consulter tout le dossier au complet, il semblerait qu'il y ait eu des défaillances »
Le bureaucrate se levant précipitamment pour chercher dans les étagères derrière lui, emplies d'une joyeuse montagne de dossiers, fouillant assez maladroitement au hasard de ce qu'il a sous les yeux, visiblement incapable de trouver ce qui lui est demandé.
Le visiteur reprend sa plume et continue de noter.
Le bureaucrate renonce au bout de quelques minutes avec un sourire assez gêné, presque supplicatif

« Vous comprenez, euh, avec tous les rapports que nous recevons et, euh, le manque d'effectifs pour les traiter, c'est un peu difficile, hein... vous comprenez... hein? »
Le visiteur, continuant de gratter sa plume sur sa tablette, consciencieusement, sans même élever le ton.
« Donc vous ne pouvez pas le retrouver. Bien »
« Non, non, non, euh je vais vous le retrouver! »
Sans s'arrêter une seconde de noter
« Bien je vous écoute »
Le bureaucrate tentant une dernière passe d'arme, les yeux plein d'espoir.
« Pour midi, revenez pour midi, hein, vous aurez tout pour midi, soyez sans crainte, hein, vous le notez aussi hein? »
Le visiteur essuie sa plume, tamponne la tablette avec le buvard du fonctionnaire et range sa tablette dans sa besace, s'en détourne, franchit le seuil et lance un dernier
« Bonne matinée à vous, à bientôt », non sans retenir un petit sourire de satisfaction jubilatoire.
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Re: Les tribulations d'un exorciste en Qin

Message par Fafi » Ven 18 Fév 2011, 18:13

Anguille habile a enfin obtenu un rendez-vous pour la conclusion du contrat à l'extérieur de la guilde. Hun ti so nous revient avec un tas d'informations importantes. D'une il nous confirme l'identité de la jeune fille. Son corps a été retrouvé dans l'entrepôt poitrine béante sans le cœur. C'est un pécheur qui a reconnu avec certitude Jeune tigre comme l'auteur de ce carnage, faisant un portrait robot un peu trop fidèle à notre goût. Malheureusement, son nom n'est pas cité dans le rapport, ce contre quoi s'emporte encore une fois Hun ti so, maugréant sur l'incapacité et la stupidité sans borne de certains. Nous apprenons aussi qu'ils retrouvèrent la trace d'un vol de cheval et tentèrent de poursuivre le voleur en vain, abandonnant la poursuite au bout d'une journée de cheval alors qu'il s'enfuyait en direction de Nao. La suite n'est pas trop difficile à deviner. Le père, ivre de douleur a dû prendre connaissance de ceci et a fait dépêcher là -bas quelques assassins qui l'ont retrouvé et laissé pour mort, et surtout sans souvenirs.
Une missive du temple nous informe que la mère Lia Lo a accepté une entrevue avec nous pour demain matin.
Ça commence à se goupiller tout ceci, mais va pas falloir chômer, je ne suis pas comme Ciu Mei Lin, et ne voue pas une confiance aveugle en la générosité de nos actuels logeurs. Tant qu'ils en ont l'intérêt de ce que leur rapporte Ciu Mei Lin, ça ira, mais je ne donne pas cher de la tête de Jeune Tigre si par hasard cet intérêt devais diminuer drastiquement.
Il nous reste encore ce soir une petite transaction à mener. Ma sœur se ballade sur elle avec ce qu'il faut pour régler une telle affaire, et pour le coup, nous n'hésitons pas à venir tous en renfort. Et puis quel bonheur de découvrir ce qui se cache derrière les barrières qui nous bouchent la vue sur l'Île des plaisirs. Pourtant, une fois débarqués là-bas aux heures où les honnêtes gens s'en dorment du sommeil du juste, le paysage n'est pas si reluisant. Notre logement fait figure de supercalifragilisticexpidélicieux de luxe en regard de ce qui traine ici. Il y en a pour tous les goûts, toutes les couleurs, mais aussi toutes les fortunes, et certaines ne sont pas élevées. Fumoirs, bordels, étals divers et occultes, tout ce qui ne se trouve jamais sur les étals du marché doit trouver une place ici. Et les ruelles sombres ne sont pas toutes accueillantes. Quelques ruelles plus loin, un porche sombre, un étal somme toute banal, une silhouette discrète. Quelques murmures échangés, une bourse visiblement bien alourdie apparaît dans la main de Ciu Mei Lin pour finir sous la robe du vieux bonhomme tandis qu'il sort un petit paquet insignifiant de sa manche et lui donne en échange. Rien de spectaculaire, Le regard de ma sœur est clair, tout est dit, nous n'avons plus rien à faire ici et rester plus longtemps serait dangereux. Alors que nous rebroussons chemin, peu avant de rejoindre la rue principale qui traverse l'ile, des ombres sortent de quelques angles et nous barrent le chemin. Deux autres comparses nous coupent la retraite. C'était à prévoir, avec autant de monde, notre groupe ne passe pas inaperçu. Cependant, ça a son bon côté, nous ne sommes pas sans défense. Le pauvre chef des malandrins n'a pas le temps d'aboyer que deux de ses hommes sont étalés par terre, d'un magistral coup de bâton de Yun Tao et d'une dague volante de Ciu Mei Lin.
Quelques secondes plus tard, celui qui me faisait face s'écroule, mon jian retournant à son fourreau, autant surpris que lui de ce geste si pur. Plus besoin, c'est déjà fini, mais visiblement ça n'a pas encore fait le tour du cerveau du malandrin, il se jette en avant au lieu de fuir, un grand couteau à lame courbée brandit au clair de lune. Jeune Tigre stoppe net le coup, un éclair fugace illumine le tranchant de la lame de Jeune tigre, suivi d'un léger bruit de tonnerre et son jian se retrouve fiché dans le corps du malheureux. Dommage, ils auraient probablement du mieux se renseigner. Ciu Mei Lin lance quelques pièces à deux malappris pour les corps. Ce soir, nous avons enfin récupéré les ingrédients les plus importants nécessaires au rituel, de bonnes quantités d'opium pour baisser les barrières mentales de Jeune Tigre. En levant la tête vers le ciel, la lune presque pleine me fait penser que demain sera décisif pour lui. Pour fêter ces bonnes augures, je vide la moitié de ma topette avant de reprendre en direction du quai.
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Re: Les tribulations d'un exorciste en Qin

Message par Fafi » Mar 22 Fév 2011, 17:51

Il est six heures ce matin, et je m'installe sur une terrasse découverte au hasard de mes pérégrinations dans ce temple des charmes. La chambre attenante ne semble pas utilisée pour l'instant et c'est un endroit propice à la méditation, face au levé du soleil. Je sors mon miroir, le pose délicatement auprès de moi sous les rayons mordorés, puis sort mon épée de saule, en pose la garde sur mes genoux, la pointe sur le sol dirigée vers le soleil. C'eut été bien mieux que la pointe soit directement en contact avec la terre, cependant, je n'ai aucune envie de tenter ceci en pleine ville. Une petit lampée pour parfaire mes sensations avec les énergies du Yin et du Yang, ainsi que calmer un peu le tremblement de mes mains, et je peux commencer. Quelques longues respirations plus tard, Yun tao me rejoint, accompagnée de Jeune tigre pour répéter le rituel de ce soir. Ce sera déjà difficile sans en plus devoir gérer sa nervosité. Tandis que je reste concentré, je sens leurs mouvements, la délicatesse et la précision des gestes de la jeune fille ainsi que la fermeté et la décision des mouvements du wuxia. Face à moi, elle trace vaguement un grand cercle d'un bon mettre de diamètre puis s'assied en tailleur de l'autre côté du cercle. Elle enjoint ensuite très sérieusement à Jeune tigre de se débarrasser de tous ses vêtements, puis de s'assoir au centre du cercle, nu comme le ver qui sors du trou. C'est une impertinente, mais il n'a pas tiqué, probablement en terrain trop inconnu pour sourciller. Nous avons certes besoin d'entrer en contact avec son corps en touchant sa peau, mais son torse et ses mains auraient suffis. Je perçois subtilement le changement du rythme de la respiration de Yun tao lorsqu'il s'assied enfin devant elle ainsi qu'une pointe de déception car il lui tourne le dos. Il faut bien que jeunesse apprenne et me garde bien d'intervenir. Je place mon jian de saule en contact direct entre lui et moi, comme un fil de yang inaltérable. Yun tao place ensuite ses mains sur les épaules de Jeune tigre et se concentre. Un long moment à rester chauffés par le soleil, tranquilles, à se ressourcer. Il nous faudra de toute façon le plein de chi pour ce soir, et les rituels de ce matin ont déjà en partie drainé mes forces.
Secrètement, j'espère que la suite sera aussi facile, les autres aillant leurs affaires à mener.
Il est temps maintenant, le soleil est déjà haut, et notre entrevue au temple de Shang He ne peut nous voir arriver en retard. Notre invitée sera probablement déjà incommodée, n'en rajoutons pas en la faisant attendre inutilement. En repassant par la salle commune pour y laisser Jeune tigre, l'emmener avec nous serait prendre un risque inconsidéré, nous croisons Anguille Habile et Hun Ti So qui s'en vont à leur rendez-vous, habillés de propre et de bien belles façons. Gageons que la superficialité des marchands en soit influencée. Le temple de Shang He est ce matin encore plus majestueux, auréolé de la lumière du matin. La grande prêtresse nous accueille en personne, silencieuse. Point trace de Vertu de la lumière, et je ne doute pas qu'elle nous sache déjà ici. On nous conduit silencieusement dans un recoin de verdure, savamment caché et isolé par de grandes cascades de plantes grimpantes touffues.
Sur un banc, une dame extrêmement bien habillée, fleurant autant l'aisance que le bon goût, d'un âge mûr qui se dessine sous des traits trahissant la fatigue et la peine. La grande prêtresse fait les présentations d'usage et disparaît avant même que dame Lo n'ai eu le temps de le remarquer. Je m'incline et m'assied sur le banc en face, séparés par une petite table sur laquelle trône un encensoir d'argent laissant s'échapper un étrange parfum de mélange aromatique de fruits. J'engage la conversation aussi doucement que possible. J'apprends ainsi que la jeune Rosée de l'aube était en passe de devenir une des prêtresses de Shang He. Elle fut enlevée sur le chemin qui la menait au temple pour la dernière répétition de la cérémonie d'introduction. Elle n'avait bien sur pas d'ennemi à son jeune âge, ni même de prétendant ou d'éconduit pour un éventuel mariage puisqu'elle avait déjà convaincu ses parents de sa destinée pour le temple. Le ton fortement agacé des dernières réponses n'est pas feint, il n'est donc pas question d'une quelconque histoire familiale au milieu, c'est déjà ça. En effet, quand on fait appel à un exorciste, neuf fois sur dix, c'est une banale histoire toute bête, et il faut beaucoup de patience et de persévérance pour arriver à entrevoir la vérité sans heurter les gens. Et il est même parfois préférable de faire croire à une histoire d'esprit errant pour réconcilier tout son monde sans heurter les sensibilités. Mais ce n'est pas le cas ici, je le sens bien. Cependant, il me manque toujours un lien a établir. Que vient faire Jeune tigre dans cette histoire, et que s'est-il vraiment passé ? Et puis quelle relation avec cette âme que je dois sauver. Je ne doute pas qu'il s'agisse de cette de Rosée de l'aube, je le sens bien, mais où est-elle ? Et pourquoi serait-elle bloquée encore ici ?
Malgré les réponses de dame Lo, je n'arrive toujours pas à entrevoir de réponse à aucune de ces questions là, et je sens la colère qui prend place dans la conversation. Elle en arrive même à nous exhorter de lui livrer le criminel Jeune tigre pour qu'il soit mis en face de ses crimes. Ainsi c'est donc là la seule motivation qui lui a fait accepter ce rendez-vous ? Tant pis, je suis un peu déçu qu'elle ne se préoccupe que de vengeance pour apaiser sa propre angoisse au lieu de chercher à aider sa fille, mais bon, les humains sont souvent seuls face aux cruautés du destin et les accabler plus n'en fera pas des êtres meilleurs. Pourtant, alors que je m'apprête à quitter la dame, une intuition me pousse à un geste qui passera aux autres comme une extravagance de plus d'un exorciste.
Je sors la petite fiole où je conserve précieusement les feuilles de saule purifiées, en prend deux et m'en lave les yeux en marmonnant quelques mantras. Les mantras n'aident en rien, je le sais, seule compte sa propre force de croyance et sa capacité à décrypter les courants du chi qui, en ce monde imprégné de Yang, s'efforcent de contourner le Yin. C'est comme cela que je discerne les incongruités. Mais les mantras sont utiles à leurs façons, pour les autres, ceux qui regardent et ne comprennent pas, ceux qui, pour leur bonheur, ne verront jamais ce qui ne devrait pas être.
Je relève les yeux, mais ne voit rien de ce que j'espérais trouver. Toute âme perdue est rattachée au monde des vivants par ses souvenirs ou ses envies. J'espérais que celle de Rosée de l'aube soit quelque part pas loin de sa mère. Peut-être quelque part dans le temple alors. Je me lève et laisse le soin à Yun Tao d'expliquer ce qu'elle veut à dame Lo, peu m'importe. Je lève les yeux et suis surpris, voire émerveillé par le spectacle. Le soleil qui nimbe les toits forme une trame de clarté qui dessine un gigantesque visage harmonieux empreint de sagesse et de considération, comme penché sur le temple. Point de doute que Shang He ne veille sur ses pensionnaires. La porte du temple des prières semble luire plus fortement qu'elle ne devrait, comme si on m'invitait a y entrer. Quand l'invitation est si bien présentée, même Gong Gong ne saurait y résister ! L'intérieur est calme et tranquille. Pourtant, une petite voie au timbre d'enfant s'adresse à moi du ton très sérieux que peuvent prendre les enfants quand ils énoncent des vérités. Vertu de la lumière, assise sur les marches du cœur m'annonce à son agaçante habitude qu'il n'est pas encore temps pour moi de la rencontrer, mais que je n'ai pas de doutes à avoir, je l'aiderai, et tout se passera bien maintenant. Ai-je rêvé, ou suis-je resté si stupéfait que je n'ai point fait attention ? Elle n'est pourtant plus là, et comme d'habitude, il me faudra avancer en aveugle avec pour seule certitude que ce qu'elle dit semble d'une telle évidence qu'il lui semble que de toute façon je n'ai rien d'autre à faire... Et pire, je sais que je vais le faire, parce que malgré mon incommensurable désir de la voir se tromper au moins une fois, pour la satisfaction de savoir que personne si doué soit-il, personne n'est parfait. Je vais le faire parce qu'au fond de moi, je sais qu'elle a raison, et je sais qu'elle tente seulement de me rassurer sur le chemin que j'emprunte, et je sais aussi que, pour une fois dans ma vie, j'ai une seule direction devant moi et c'est la bonne. Mais bon sang, qu'est-ce que c'est horripilant !
Bien, Con Fu Zi disait qu'il est vain de vouloir tout connaître avant d'arpenter le chemin, il vaut mieux avancer tranquillement et ne pas rater les bons embranchements. Soit, avançons. Durant mon absence, la discussion ne s'est pas arrangée. Dame Lo, tout à sa colère, se déchaîne et mon retour impuissant à lui dire quoi que soit d'autre me vaut cris, colère et menaces. La grande prêtresse intervient pour nous conduire dehors, s'excusant en place de dame Lo, qui a subit une perte terrible et n'arrive pas à s'en remettre, ce à quoi j'acquiesce et abonde en son sens, il est normal que cela arrive, l'âme de Rosée de l'aube restant piégée ici bas n'arrange probablement pas les choses, et dame Lo ne peut en avoir conscience. Mais il est de mon devoir maintenant d'intervenir, cela n'a que trop tardé. Notre départ précipité n'est pas passé inaperçu de tout le monde. Il semblerait que les Lo, conscient qu'on ne leur livrerait pas le fugitif, aient eu recours à des mercenaires pour nous suivre, espérant surement qu'on les conduise jusqu'à lui. C'eut été compter sans la vigilance de Yun tao, et sans les hirondelles qui ont tôt fait de les égarer dans les ruelles avant de nous ramener.
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Message par Fafi » Jeu 10 Mars 2011, 15:54

De retour à la quiétude de notre petite chambre, les nouvelles sont meilleures. Le contrat est signé, les marchandises sont livrées, nous sommes débarrassés de ce fardeau. Par contre, la prime pour la tête de Jeune tigre à encore grimpée, et je peux maintenant certifier à tous que nous aurions intérêt à préparer un départ en catimini, car même s'il advient que la vérité nous soit connue suite au rituel de ce soir et que l'innocence de Jeune tigre soit confirmée, je doute que la famille Lo soit prête à entendre quoi que ce soit d'autre que la pendaison ou l'empalement de Jeune tigre.
Une petite surprise attend néanmoins Ciu Mei Lin. Le maître marchand, dont elle a aiguisé les appétits, semble du goût de continuer plus avant ses petits jeux coquins, et il semblerait que cela soit aussi des intérêts de Mao et de sa guilde qu'elle le tienne sous sa coupe. Et vu la réaction de ma sœur, elle sait qu'elle ne peut y couper, mais cela ne lui plait guère. Pourtant, la voilà qui s'en va donc pourvoir à ses obligations, une fois apprêtée et pomponnée. Je n'aime décidément pas les villes et tout ce qu'elles renferment de nauséabond, bien que je sois conscient de ce qu'on doit à Ciu Mei Lin et de ce qu'elle paye pour cela. C'est Ciu Mei Lin, je n'approuve pas tout ce qu'elle fait, mais elle a choisi sa voie, et pour l'instant, je ne suis personne pour y trouver quelque chose à redire.
Son retour ne nous apprend rien de neuf si ce n'est qu'elle craint encore plus ce vicelard de maître marchand, connu pour ses dépravations, qu'il n'en arrive trop rapidement à des exactions qu'elle ne saurait tolérer. Et cela poserait probablement un gros problème, pour la guilde et pour ma sœur, le maître marchand n'aurait quand à lui probablement plus rien à perdre... Je lui offre un peu de ma bouteille en consolation, question d'oublier le goût et l'odeur de ce fât imbus et imbuvable.
Le soir arrive pour tous avec une sorte d'impatience tangible, une fébrilité née de l'attente d'un dénouement dont je feins d'en connaître tous les aboutissants. Mes mains ne tremblent plus, j'ai déjà bien préparé le terrain avec une demi bouteille, et j'aurais sur moi une autre bouteille pleine pour ce soir. Faut ce qu'il faut quand il s'agit de traiter avec les morts. La nuit tombée, la tension continue de monter, ce n'est qu'à l'approche de minuit qu'il nous faudra être sur place, et l'inaction ajoute son lot de questions. Un signal d'Anguille habile donne bientôt le départ. Hun ti so semble sceptique sur ce que nous nous apprêtons à faire. Je pense que c'est un peu trop éloigné de son monde policé et carré. Mais ce n'est pas un mauvais bougre et il suit avec la curiosité du renard. Le même chemin que la veille sur la rivière noire et légèrement brumeuse, le même quai sombre et vide à cette heure. La même odeur qui imprègne l'endroit et étreint l'estomac. Le quai, l'entrepôt, Anguille habille se laisse tomber près des caisses et se verse un peu d'alcool sur les vêtements, ramasse quelques vieux chiffons et y dissimule sa masse dessous, s'affalant entre deux caisses et le poivrot dont il prend le rôle ce soir nait sous nos yeux. L'entrepôt est toujours désert quand nous y pénétrons, et Hun ti so se poste près de la porte arrière condamnée. Ciu Mei Lin se poste sur les poutres en hauteur. C'est maintenant à nous de jouer. Je sors une grosse bourse de terre argileuse rouge et commence à dessiner un grand cercle en égrainant tout le long. Je coupe ensuite le cercle d'un grand S et adjoint au total deux petits cercles à gauche et à droite, celui de gauche plein, puis achève le tout en saupoudrant la partie droite de ce qu'il reste de terre. Bon d'accord, c'est pas très très adroitement dessiné, mais je n'ai jamais été bon en dessin, cependant ça représente bien ce qui doit être, et le symbole est formé complètement. Jeune tigre s'est consciencieusement déshabillé en silence, et je ne peux m'empêcher de pouffer un petit peu, transformant ceci en un semblant de râle devant l'air furieux de Yun Tao. Avant que nous entamions la suite, Yun Tao s'approche et me propose de prendre sa forme animale pour mieux se lier à ses pouvoirs... Quelle idée! Certes, elle veut bien faire, mais si je sais bien une chose, c'est qu'il sera alors encore plus difficile à Jeune tigre de se concentrer sur autre chose que lui sauter dessus... Pffft, un tigre en face d'un singe, ils ont jamais pu se voir en peinture, ca fera du propre notamment quand Jeune tigre sera suffisamment sous l'effet de l'opium et de l'alcool, lorsque sa volonté sera émoussée à tel point que sa vraie nature ne peut manquer de se révéler à la moindre incartade. Nous reprenons tout ceci dans le bon ordre. Jeune tigre au centre sans effacer le tracer, moi dans le Yin, Yun tao dans le Yang. L'opium a été cet après-midi préparé en décoction pour faciliter l'absorption sans que nous soyons nous sous son effet, et la fiole se retrouve bientôt dans l'estomac de Jeune tigre, ainsi qu'une bonne goulée de ma topette, ça ne peut que faciliter le passage.
J'allume les encensoirs, Yun Tao place ses mains dans celles de Jeune tigre tandis que je dispose mon épée, la lame à son contact, la garde en mes mains. Voilà, c'est le moment, la lune est à son plein.
Yun tao se concentre et je sens ses énergies se déployer tout autour de Jeune Tigre. Elle cherche et s'immisce dans les moindres parcelles de son corps, pour remonter vers sa tête et y concentrer son impact. Durant ce temps, j'ai au préalable passé deux nouvelles feuilles de saule sur mes yeux, faudra que j'en prépare à nouveau quelques autres tiens. Non, ne pas se dissiper. Je lance moi aussi mes forces dans la bataille et cherche à capturer les traces de Yin qui s'entremêlent entre cet endroit et Jeune Tigre. C'est diffus, Yun Tao peine à vaincre, mais l'opium fait son effet, les barrières commencent à céder, quelques bribes de souvenirs se forment devant ses yeux, il prononce d'une voix grave un nom: Li Mu Bai. C'est un grand pas de franchit. Soudainement, une jeune voix fluette ajoute une étrange note, me prenant un peu par surprise. Le fantôme de Rosée de l'aube est apparu dans mon dos. En fait non, je devrais plutôt dire dans le dos de Jeune tigre, car la voix semble empreinte d'une sorte de tristesse mêlée à de la timidité. Jeune Tigre est, quant à lui entièrement absorbé par le flot de souvenirs qui ressurgit. Le premier moment où fut capturé son cœur par une belle jeune fille, la suivant du regard alors qu'elle gambadait en direction du temple, les autres rendez-vous secrets pour l'entrapercevoir de loin et capter un moment de bonheur inaltérable. Puis le jour fatal où, sous ses yeux, trois hommes, trois bandits armés à cheval s'emparent d'elle, la ligotent et l'emmènent avant qu'il n'ait pu intervenir. La poursuite folle pour ne pas perdre la trace, les docks, l'odeur de saumure, l'entrepôt, l'entrée discrète, la jeune fille ligotée sur un caisse, l'espoir, la décision de trancher les liens pour la sortir de là , le coup sur la nuque et le voile noir qui emmène avec lui tout espoir. Le fantôme reprend alors sa litanie, d'une voie frêle et vibrante, les regards entraperçus, le rapt, le noir qui voile le regard, le réveil douloureux, le froid, les attaches qui enserrent douloureusement les poignets et les chevilles, la peur, l'immédiate lucidité qui vous crie que c'est votre vie qui est en jeu. Soudainement un visage, jeune souriant, confiant, une dague au poing, un coup, il s'écroule et disparaît, l'effroi, les cris, la peur qui revient avec l'effroyable lame torsadée qui apparaît au détour du regard, un terrible gaillard muni d'un masque d'horreur. Devant elle, un paravent cache un lampion à la lumière orangée, et l'horreur innommable de la vision d'une créature cauchemardesque cachée derrière le paravent, dont rien que les ombres projetées sur les murs sont suffisantes pour nous glacer de terreur, un démon en ce monde dans une de ses œuvres monstrueuses. Je ne sais si ceux qui sont hors du cercle sont capables de percevoir tout ceci, mais je n'ai aucun doute que ce que je vois réellement à travers les sensations du fantôme ne soit aussi visible par Jeune tigre et Yun Tao tant je sens leurs peurs se cristalliser dans la tension de leurs corps. La dague tombe, fouille, le mal absolu et les ténèbres qui tombent trop lentement pour dissiper la douleur fulgurante omniprésente. Un silence flotte. Le fantôme le rompt alors d'une simple question d'une voix vibrante d'attente, tintée d'une appréhension tangible. Jeune tigre hésite et cherche au plus profond de lui, et c'est à la lumière de la vérité qu'il lui avoue ses sentiments. Quelques pleurs, je jurerais que le fantôme pleure. Mais cette fois, c'est moi qui rompt le silence. Elle ne peut rester ainsi, elle le sait aussi bien que moi. Pourtant, toute de crainte nimbée, elle me rappelle que la réincarnation lui est refusée car le rituel qui a eu lieu cette nuit là a rompu le lien entre ses âmes, et certaines sont prisonnières de ses ravisseurs. Ainsi il lui est impossible de se libérer. Pourtant, elle fait le tour pour faire face à Jeune tigre et s'adresse directement à lui, et un peu à moi par la même occasion, elle lui propose alors de partager son cœur en lui, de lui laisser une petite place pour se loger au chaud de son amour, en attendant qu'un jour elle soit enfin libérée. Elle attend une réponse de Jeune tigre, mais aussi la mienne, représentant le jugement des morts. Le pacte est définitivement scellé quand Jeune tigre acquiesce avec un sourire non dissimulé, et l'acceptation de Rosée de l'aube, lorsque le moment sera venu, de libérer Jeune tigre et de le laisser face à son destin à lui quand sera venu pour elle le temps de partir vers une les sources jaunes. Le fantôme s'avance alors puis se fond en Jeune tigre, libérant un souffle qui éteint les encensoirs. Le froid glacial disparaît pour ne laisser que les craquements du bois et le silence après la tempête.
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Le cadeau du seigneur Lo

Message par Fafi » Mer 16 Mars 2011, 12:07

Pourtant, le répit n'est que de courte durée, à peine le temps de récupérer le matériel, pour Jeune Tigre de se rhabiller que la voix d'Anguille habille, simulant l'ébriété, apostrophe un groupe de mercenaires qui s'avancent. Certain nous aura dénoncé, et quelques hommes bien armés s'apprêtent à venir récupérer sans doute la mise à prix de Jeune tigre. Bon, la bonne nouvelle, c'est qu'imbibé comme je l'étais pour le rituel, je suis en pleine possession de mes moyens. La mauvaise c'est que le nombre de voix suppose un groupe important et préfigure un affrontement difficile. La porte vole en éclat quand un premier groupe tente d'entrer dans l'entrepôt, tandis qu'un autre groupe fait face à un Anguille habile soudainement moins alcoolisé et bien plus menaçant avec sa masse virevoltant tout autour de lui en un mur impénétrable et menaçant. Deux tentent leurs chances, le premier se retrouvant quelques mètres plus loin par terre, le deuxième profitant de la faille créée pour porter un coup vicieux qu'Anguille habile encaisse avec le sourire ravageur qui le caractérise.
Face aux intrus de l'entrepôt, la défense s'organise. Jeune tigre se trouve devant eux, bien qu'encore sous les effets de l'opium et de l'alcool, il reste un danger à ne pas sous-estimer. Hun ti so et Yun tao profitent de la stupeur pour se glisser dehors et faire face aux autres arrivants. Ciu Mei Lin se glisse tel le singe entre poutres et planches pourries de l'entrepôt pour s'élancer dehors à la rescousse d'Anguille habile. Il me reste donc la tâche de venir en soutien de Jeune tigre, parce qu'il est d'autant plus précieux à mes yeux maintenant qu'il est non seulement innocent, mais aussi détenteur d'une autre âme en plus de la sienne, ainsi que mon seul lien avec une étrange et grave affaire de démons. Le combat fait rage, les coups pleuvent, nous ne somme pas à la fête sous le nombre, mais le chi chante et renverse les probabilités, les dagues volent et les corps encaissent les coups. Certains assaillants tombent, aussitôt remplacés par d'autres. Quelques coups transpercent nos défenses, Hun ti so n'est pas au mieux, Anguille habile ploie sous l'effort, je suis obligé de venir à la rescousse de Jeune tigre face à la fureur qui flamboie dans les yeux de son adversaire, pas un marrant celui-la. Les danses reprennent, il n'ont plus de réserves et Ciu Mei Lin peut porter ses efforts à aider Hun ti so qui se défend bien, mais ne maîtrise pas les arts guerriers pour faire face à deux gredins à la fois. Anguille habile maintenant libéré s'en revient en courant apporter le surnombre. Leur chef fait une erreur, dans son aveuglement à combattre Jeune tigre, il a sous estimé ce que la bonne utilisation du chi peut me permettre de libérer. Je ne suis pas une foudre de guerre certes, mais le chi qui coule en moi influence aussi bien le cours des choses que certains Jian bien mieux maniés. Je jette dans la bataille mes dernières forces, porte quelques coups bien placés, empreints de la fureur de mes émotions. Rien de merveilleux, mais c'est juste ce qu'il faut pour que Jeune tigre prenne définitivement le dessus. Bientôt c'est la fin, les derniers tombent en même temps sous l'effort conjugué de tous. Bientôt viendra le temps des coutures. Mais en attendant, ça fait du bien d'extérioriser tout ceci. Le silence revient, les corps ensanglantés gisent ça et là, un peu partout autour, témoins de la violence de l'affrontement. Une rapide fouille nous démontre que le marchand Lo ne nous oublie pas, commanditaire de ce ramassis de chasseur de primes. Nous quittons rapidement le coin avant que d'autres nous voient ou nous retrouvent. Le silence des brumes sur le fleuve absorbe tout et nimbe tout ce qui s'est passé cette nuit du voile de la discrétion. Le retour est silencieux et rapide. La nuit n'est pas finie, les vilaines blessures ont priorité, ce n'est que quelques heures plus tard que je suis heureux de tomber sur ma paillasse moelleuse. A bien y réfléchir, je serai tombé sur n'importe quelle paillasse...
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Re: Les tribulations d'un exorciste en Qin

Message par Fafi » Ven 01 Avr 2011, 19:19

Le réveil est difficile. De toute façon, c'est toujours le cas quand je ne trouve pas une bouteille à portée de main. Qu'à cela ne tienne, je rampe un peu et tend mon bras vers un bouchon qui dépasse de mes affaires de la veille. Je sais qu'on a pas tout utilisé pour le rituel, enfin presque pas tout. Pop le bouchon et le liquide transparent descend brûler sauvagement mon estomac, petite sensation agréable qui rappelle que bientôt cesseront de danser tous ces démons sous mon crâne. La lueur du jour m'aveugle un peu, le soleil doit déjà être haut. Dans le salon, Jeune tigre et Yun Tao méditent. Va falloir que je m'y mette aussi, je suis un peu faiblot après la nuit. Ciu Mei Lin est absente, partie voir son grand mécène de marchand d'après ce que me raconte Yun Tao. Hun ti so est parti régler quelques dernières affaires et reviendra nous faire ses adieux après avoir convenablement, il est vrai, accompli sa mission.
Mais la suite ne se fait pas attendre bien longtemps. Il est dit que les évènements se précipitent à la croisée des chemins, je crois qu'hier était pour Han Dan un tel jour. Les chemins pris entraînent des choix et des décisions, donc des conséquences. Ciu Mei Lin nous revient un brin essoufflée, les couleurs aux joues visibles sous son maquillage. Avant de partir voir Joyau la maquerelle, elle nous gratifie quand même d'un rapide topo. Le grand marchand Sun Cho Kuan a été arrêté ce midi sous ses yeux, des gardes personnels du roi hurlant partout à qui veut l'entendre que le Censorat du Zhao a démasqué un réseau d'espions particulièrement dangereux dont Sun Cho Kuan serait le chef. La ville parle de plusieurs autres arrestations. Je suis peut-être naïf, mais ça m'a tout l'air d'être un sacré moyen pour le roi de se débarrasser à la fois d'un puissant rival tout en accaparant toutes ses richesses. Sur ces entrefaites, Hun ti so aussi nous revient. Il demande officiellement la possibilité de se joindre à notre caravane, prétextant qu'il ait entendu par hasard, au fil d'une conversation, la prochaine escale que nous comptons rejoindre, et que, au hasard de la fortune, c'est aussi en cet endroit qu'il a besoin de se rendre. Le destin à souvent bon dos. Il est toutefois clair que pour nous, ça commence à sentir le roussi. Comme le disait mon maître, quand la maison brûle, il ne faut pas attendre de voir le feu pour se précipiter au puit, sentir la fumée est déjà bien tard. Ciu Mei Lin reparaît avec sa tenue de voyage et son balluchon. Mao, le « grand chef » à qui nous devons logement et protection jusque là , considère que Ciu Mei Lin ferait bien de se faire oublier pendant quelques temps au vue des relations qu'elle entretenait récemment avec Sun Cho Kuan. Mao lui laisse une journée pour disparaître sans quoi il serait obligé de régler le problème lui-même. Ben c'est clair maintenant, à la faveur de la nuit, une petit opération d'extraction se profile. Anguille habile passe l'après-midi à préparer la caravane pour un départ peu avant la fermeture des contrôles de la ville, avec à bord tous ceux d'entre nous qui n'avons aucune raison de nous en faire. Reste Ciu Mei Lin qui fera passer ce soir Jeune tigre dehors pour nous rejoindre à la faveur de la nuit, Hun ti so nous ayant « rassuré » sur ses raisons de quitter la ville. Bizarrement, je n'ai pas réussi à apercevoir Hun ti so lors du contrôle des gardes, je le soupçonne d'être très bien caché sous une bâche quelque part dans un des chariots, pourvu qu'il ne tombe pas sur ma petite réserve de bouteilles, il serait foutu de les jeter par dessus bord ce salopiaud d'ascète. Nous voilà reparti sur les routes, loin de l'agitation tumultueuse de la capitale, en direction d'une petite ville de frontière, partis pour célébrer le mariage d'un cousin de Wang, avec à notre bord, des soieries et d'autres matériels pour les festivités.
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Re: Les tribulations d'un exorciste en Qin

Message par Fafi » Jeu 14 Avr 2011, 17:36

Une semaine à bord de ces chariots, c'est long. Au début c'était exaltant, on était encore sous l'excitation des évènements de Han dan, mais le temps a passé et le voyage se fait long. La piste principale jusque là assez fréquentée de pèlerins se dirigeant vers le mont … a laissé place à une piste plus caillouteuse qui s'élève parfois assez rudement dans les contreforts. De temps à autres, nous replongeons dans une vallée encaissée. Tout le monde se laisse un peu aller au bercement chaotique des chariots. A l'improviste d'un petit bois tranquille, une troupe de pillards nous surprend au détour d'un virage et nous bloque le passage. Les guetteurs, Anguille habile et Ciu Mei Lin sont déjà à pied d'œuvre, armes dégainées. Mais heureusement pour nous, ce ne sont pas de vrai pillards, mais plutôt une vaste troupe de villageois avec fourches et bâtons qui nous clament une requête assez bizarre, que, de surcroît, ils n'ont pas l'air de comprendre eux-mêmes, en tout cas, assez bizarre pour daigner me tirer de derrière la toile de mon chariot. D'après ce que j'en comprend malgré leur fort accent montagnard, ils sont à la croisée des chemins, et le fangshi doit les suivre. Ils sont un peu bourrus et tendus, mais rien n'a encore dérapé. Je descend du chariot prudemment et m'avance vers le plus fort en gueule, en fait surtout le seul qui ne vocifère pas incongrûment. Le fangshi, à priori ce doit être moi, la croisée des chemins, ce doit être le croisement entre la route principale sur laquelle nous circulons et la piste d'où ils ont surgi, qui doit mener à leur village. Une deuxième version vient compléter ceci, la vieille du village leur a dit que pour retrouver la fille d'un des leurs, ils devaient trouver un fangshi qui passerait aujourd'hui à la croisée des chemins. Je suis un tout petit peu étonné, non plutôt très surpris, je croyais avoir laisse Vertu de la lumière à Han dan, et là ça recommence, on sait déjà ce que je n'ai pas encore fait, et ça a le don de me mettre en boule. Va vraiment falloir que je m'y mette plus sérieusement à la divination. Commençons par calmer ces gars-la, leur village ne doit pas être loin, les aider représentera tout au plus un détour d'une journée. Anguille habile me confirme qu'on est pas pressé, et semble curieux de tout ceci. Chemin faisant, nous apprenons en questionnant plus avant ces villageois, que c'est un Yushu Niao qui a fait le coup, la petite étant allé chercher de l'eau à la rivière un peu en dehors du village, puis enlevée près de la berge. Ce me semble un peu surfait tout cela, parce qu'un Yushu Niao, j'en ai entendu parler par mon maître, c'est un truc vraiment pas sympa qui ne devrait pas traîner dans le coin depuis quelques milliers d'années au moins, sorte de relique des essais des dieux dans la création des animaux. Un Yushu Niao ressemble à un énorme Canari de deux tonnes, avec un dizaine de têtes de faucons, c'est ultra dangereux et ça se nourrit de jeunes filles vierges, allez savoir pourquoi les autres ne font pas l'affaire. Et surtout, je vois mal comment ces paysans peuvent être certain qu'il s'agit d'un tel monstre. En tout cas, je demande au moins à voir de quoi il retourne. Quelques centaines de mètres plus loin, la piste s'avance vers un petit village adossé à la montagne, entouré de bois et de quelques pâturages sur la droite. A notre surprise pourtant, les villageois nous conduisent de suite vers une petite hutte un peu à l'écart, entourée d'un incroyable amas de choses bizarres, charrette antédiluvienne, bonbonnes, un petit herbier au milieu d'un dédale de planches, quelques poules dans un enclos à côté... Arrivé près du rideau faisant office de porte, une voix forte et grêle me hurle de rentrer, ayant d'autres choses urgentes à faire que d'attendre que je me décide. L'intérieur n'est pas mieux loti, quelques étagères croulant sous des bocaux en tout genre empli tant de plantes séchées que de poudres bizarres, certains même de liquides plus ou moins verdâtres. Au milieu de tout ce fourbi, une silhouette voûtée me fait dos, visiblement occupée à touiller une mixture indéfinissable dans une vielle marmite cabossée suspendue dans l'âtre d'une cheminée vaguement de travers. La voix grêle sort bien de sous les haillons, quelque part derrière la tignasse hirsute vaguement nouée de cheveux blanchis par de longues années, m'indique l'arrière cour où je pourrais trouver quatre tonnelets de mauvais alcool, puis m'indique sans même se retourner une petite étagère à ma droite sur laquelle trônent deux bouteilles d'alcool de prune en guise de récompense, mais pas touche maintenant, quand mon boulot sera finit je pourrais venir les récupérer. C'est dur la vie. Non seulement on veut toujours m'empêcher de boire, mais en plus je me coltine tous gens du coin qui se croient obligés de me dire ce que je dois faire. Et me voilà donc fourré avec quatre tonnelets qui empestent le mauvais alcool sous le nez, incapable de voir où je mets les pieds, à me diriger vers la rivière, lieu de la disparition de la fillette, où sont déjà à pied d’œuvre le reste de la caravane. La conclusion ne se fait pas attendre. Pendant que je pose les bidons à terre avec un vif soulagement, déjà Ciu Mei Lin dégote dans les taillis un petit montage en branche et corde qui colle parfaitement aux soi-disant empreinte du gros volatile à neuf têtes que l'on cherche. Tiens d'ailleurs, je crois bien que j'ai omis de leur décrire ce que c'est le bestiaux... Pas grave, de toute façon, aucun Yushu Niao n'a jamais fabriqué d'appareil à fausses empreintes, et c'est tant mieux ! Non pas que ça manquerait à mon expérience que d'avoir vu un de ces légendaires volatiles monstrueux, mais bon, personne ne croise volontairement la route d'un canari d 'une tonne et demi. Pendant que tout le monde est occupé à droite à gauche à trifouiller la boue où les fourrés, je décide de faire appel à toutes ces plantes qui entourent la scène pour m'aider à retracer les évènements. Je m'assied en tailleur près d'un longue plante verte à la feuille cassée, la caresse gentiment en faisant couler à travers sa ramure le chi du chant des plantes. Je ferme les yeux pour mieux le sentir s'écouler vers ce brin d'arbuste et attend patiemment qu'elle veuille bien répondre à mon appel. Mais une dizaine de minutes plus tard, rien n'est encore venu troubler mes oreilles. Un peu dépité, j'ouvre enfin les yeux pour apercevoir une petite fée verte, perchée sur une des feuilles, d'une dizaine de centimètres de haut, qui me regarde attendrie, se demandant si je dormais.
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Sur les traces des esclavagistes

Message par Fafi » Jeu 21 Avr 2011, 16:30

La petite fée verte translucide, vêtue de minuscules feuilles, croulant sous l'avalanche de mes questions se met à bouder. Il est vrai qu'elle n'a rien fait, et que c'est elle qu'on a bousculé, tailladé, écrasé même parfois. Je m'excuse lui expliquant que les hommes du village ont vu une jeune fille disparaître tantôt, et que son aide me serait précieuse pour savoir ce qui s'est passe. C'est ainsi que j'apprends que ce sont deux grands hommes violents qui ont capturé la jeune fille et l'ont bousculée, tailladée, écrasée, tordue, mais comme je suis gentil avec les plantes, elle veut bien me montrer par où ils sont partis avec leur sac sur le dos. Je me lève donc et avance d'un grand pas avant d'entendre un rire espiègle et cristallin. La petite fée me fait remarquer avec justesse que, si nous voulons avancer, il serait judicieux que je la prenne avec moi, sans quoi nous serions obligés de trottiner à son allure à elle. J'ai subitement quelques doutes sur la véracité de ces dires, je la soupçonne de pouvoir faire bien plus que cela, toute ondine de la sylve qu'elle est, mais ça ne me coûte qu'un peu de ridicule de plus de la prendre sur ma main tendue, devant moi. Certes, je conçois le désarroi des autres, quand je leur dis qu'un petit être sylvestre me guide sur le bon chemin, tendant une main vide devant moi. Je me sens seul parfois... Mais, par précaution, je leur enjoins de ne pas oublier les tonnelets, on ne sait jamais, à défaut de faire boire un oiseau de légende, on peut aussi faire boire une troupe de voleurs d'enfants. La petite fée est d'une efficacité redoutable, devant moi, la piste discrètement effacée des brigands s'illumine d'un vert profond à nul autre pareil, rendant la piste aussi clairement visible qu'un sentier de pèlerin sur le mont HangShan. Quelques centaines de mètres plus loin, la petite fée sylvestre saute à bas de ma main et virevolte jusqu'à une plante voisine. Elle ne peut s'éloigner plus sinon le grand chêne, gardien du gué de la rivière, près du village, la grondera vertement. Cependant, en une espiègle grimace, elle me montre une direction sur la droite, me disant que leurs chevaux sont près d'ici, assez pour qu'on les entende renâcler de temps a autres, puis disparaît avec un petit rire cristallin. Je ne sais si elle est encore présente, mais je ne manque pas de la remercier. Les autres ont suivi derrière, malgré leurs réticences, force leur est de constater que, sans même me baisser pour regarder par terre, je semble suivre une piste avec efficacité. Le renâclement d'un cheval me fait revenir à la douce réalité. Je ne suis pas discret pour deux sous, et à mon avis, le fait que je ne marche que rarement droit doit probablement aider à toujours poser le pied sur cette foutu brindille qui se retrouve invariablement sous ma sandale ! Ciu Mei Lin, Anguille Habille, Jeune tigre et Yune Tao s'avancent, encerclant une petite clairière située à peine à une trentaine de mètres, d'une manœuvre redoutable. Aucun bruit n'éveille les soupçons des brigands, et pour cause, il n'y a ici que leur chevaux. Étrangement, ceux-ci sont sellés et non attachés, broutant paisiblement dans la clairière, personne aux alentours. Anguille Habille s'approche d'eux et les calme de suite, leur glissant quelques mots discrets à l'oreille. C'est dingue cette communion qu'il arrive à obtenir avec ces sales bêtes stupides et rétives, je veux dire même les ânes sont plus faciles à manier ! Dans leurs selles, un matériel assez complet, des vivres, de cordes, tout en état de marche. Bizarre. C'est assez inattendu, on dirait que leurs cavaliers les ont laissé fuir et qu'ils sont revenus là, seuls. Anguille Habille, après avoir attaché les longes des chevaux, remarque assez rapidement une piste assez empruntée qui mène droit sur la montagne, avec des traces fraîches de sabots. Et nous voilà reparti. La piste finit par se jeter droit sur une muraille, empruntant un étroit goulet entre deux parois vertigineuses. Quelques coups d'œil en haut, mais rien ne semble bouger hormis les nuages dans le ciel et quelques herbes sous la brise. Le goulet permet de passer une première barre rocheuse et débouche à nouveau sur une piste un peu plus large serpentant sur la montagne, entre les pans de roche. Quelques mètres plus loin, deux corps en charpie étendus dans une marre de sang séché. Deux bandits qui ont tout juste eu le temps de dégainer leurs sabres courts avant de se faire massacrer sur place. Les blessures sont profondes et mortelles, coups portés violemment par une arme perçante, comme une pique en fait, mais à fer large. Sur un bord de la flaque de sang, une plume jaune de trente centimètres de long est restée collée, Je tressaille. Ainsi la vieille avait raison, nous n'aurons pas transporté les tonneaux d'alcool pour rien. Il n'y a pas beaucoup de volatile qui ait d'aussi grandes plumes, et surtout pas de ce modèle là. Un petit frisson me parcours le dos. Jeune Tigre nous montres quelques traces plus loin sur les rochers, de belles pattes d'oiseau de plus de deux pieds de long. Ces esclavagistes ont du être bien surpris de se retrouver nez à nez avec leur propre légende...
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La fin d'une légende

Message par Fafi » Ven 29 Avr 2011, 13:19

Bien, bien. Je m'arrête là et demande l'attention générale. Je crois bien qu'il v a falloir que je leur décrive ce que l'on va affronter avant de nous y rendre, on aura pas droit à l'erreur. Le fameux Yushu Niao n'est pas un animal ordinaire, il est extrêmement dangereux. Tout d'abord, pour s'en faire une vague idée, il faut essayer d'imaginer un canari d'une tonne, quatre mètres de haut environ au sommet de ses 10 têtes de faucons. Chaque bec est une arme mortelle et son haleine ferait fuir tout être humain pendant dix ans de suite. Deux choses peuvent en venir à bout. Tout d'abord des héros fermes et déterminés, convenablement préparés avec un piège. ET... les quatre tonnelets d'alcool de la vieille pour le saouler. Soyons d'accord, on ne peut pas se contenter de le divertir pour récupérer la jeune fille, si elle est encore vivante, on ne peut laisser cette monstruosité sévir ici. Le plan est remarquablement simple. Mettre les quatre tonnelets en perce à une centaine de mètres de sa caverne histoire qu'il ne nous entende pas arriver plus près, attirer son attention sur l'alcool, attendre qu'il ai but tout ce qu'il peut et après, vaille que vaille. Malheureusement, ce n'est pas vraiment une créature du Yin, et la plupart de mes techniques seront inefficaces, mais je fais comme d'habitude, ne rien leur montrer, de toute façon, mes mains ne trembleront pas plus, et ils doivent me croire sur de moi, alors un petit rituel de préparation et nous entamons la montée vers l'intérieur des montagnes, suivant de-ci delà les traces du gigantesque volatile. Point besoin d'aller très loin. Au détour d'un pan de montagne, à l'ombre de la falaise, une immense ouverture semble s'ouvrir dans la montagne, et l'entrée regorge de plumes tombées et de déjections peu ragoutantes. Nous scrutons les environs et trouvons un petit endroit assez plat pour y poser les tonnelets sans qu'ils versent, surplombé de rochers assez haut pour y percher nos archers. Les autres, comme moi, seront à pied à quelques six mètres de là et bondiront au dernier moment. Une fois tout le monde prêt, je saisi ma flasque, la vide, puis la rempli de ce mauvais alcool, et la lance près de l'entrée de la caverne, rebondissant en un joli tintamarre de fer blanc. C'est dur a dire, mais même préparé, ce n'est rien face à la réalité. Difficile de réellement décrire toute l'horreur tapie au fond de nos cœurs lorsque la bestiole s'est brusquement avancée vers la fiole, l'engloutissant d'un de ses énormes becs, les autres têtes cherchant frénétiquement d'où provenait cette irrésistible odeur alléchante. Bom, bom, bom, bom, un canari d'une tonne sur deux courtes pattes, ce n'est pas très gracieux, et encore moins discret. Aujourd'hui encore je ressens un peu de la tension qui montait au fur et à mesure qu'elle s'avançait vers nous, priant qu'elle ne nous remarque pas trop tôt. Soudain, quatre ploufs, et des bruits de déglutissement goulus, puis plus rien. Ne pas se montrer trop tôt, il faut le temps que ca fasse effet. Bom....Bom, je reconnais ce type de pas, l'un après l'autre, pas très assuré, posé au mieux de ce que l'équilibre chancelant permet, Je donne le signal, et tout s'enchaîne. Un couteau passe en volant au dessus de nos têtes et se fiche dans son dos, une flèche d'arbalète de même, alors que je vois Jeune Tigre se recroqueviller, les mains crispées sur son arc. C'en est fini de lui, il n'osera pas se montrer de face, terrassé avant même d'avoir combattu. C'est un coup dur, c'est le seul wuxia. De toute façon, l'heure n'est plus à tergiverser, ce truc, même ivre ne fera pas de quartiers. Yune Tao esquive une attaque, une deuxième frôle Ciu Mei Lin sur son promontoire, du haut de ses immenses têtes, il y arrive. Les coups pleuvent, du sang acre macule la robe jaune de plumes. Les têtes, même dodelinantes, restent vives et les becs acérés. Je me poste au plus près et préfère attendre les attaques en occupant son attention. On n'a plus Jeune Tigre, il faut attirer ses attaques pendant que les autres le mitraillent. Je dois avouer que je ne suis pas le plus aguerri pour ce genre de choses, même si un Jian a la main, je me défend quand même, mais heureusement, le chi soutient mes efforts, et je ne ménage rien. Comme un beau diable, je pare, stoppe, bloque. Mais il en a des têtes, et l'une d'elle fait mouche. Ça fait mal, terriblement mal. Je chancèle et recule, laissant aux autres le soin de finir le travail. L'oiseau est de belle taille et il se défend bien, mais les coups pleuvent de toute part. Une autre tête touche et un cri fend l'air. Mais nous sommes nombreux, même Jeune Tigre a repris son arc. Profitant de sa distraction et faisant fi de la douleur qui me vrille les côtes, je reviens et frappe autant que possible, plonge dans la transe de combat, sans regarder en haut, surtout ne pas regarder ces têtes qui bougent en tout sens. Si je ne regardes pas, il ne me verra pas. Un râle, un couinement, un dernier carreau d'arbalète se fiche dans les plumes, l'immense masse chancelle sur ses pattes puis s'abat de tout son long, manquant écraser Yune Tao sous son poids. On se regarde les uns les autres, couverts de sang, en silence. Je claudique jusqu'à une petit rocher, m'assied et tente d'endiguer le sang qui coule de mon flanc. A mon avis, aucun organe vital ne semble touche, mais bon sang ce que ça fait mal. Yune Tao s'approche de moi et commence à examiner ceci, puis pose ses mains sur la plaie en se concentrant. C'est long, mais efficace sur de profondes blessures. Ciu Mei Lin, la plus propre d'entre nous disparaît dans l'antre de la bête et ressort quelques temps plus tard avec une jeune fille terrorisée, mais vivante. Le chemin du retour est long et douloureux, ponctué d'imprécations de votre serviteur. Malgré les premiers bandages faits, il me faudra quelques temps pour m'en remettre. Mais l'important est là, la gamine a échappé de peu à un sort peu enviable, contrairement à moi qui m'en retourne vers la vieille du village. Et sitôt franchi le seuil, sitôt remis en condition. Sans se retourner, tout en touillant sa marmite, elle me désigne l'étagère où trônent les deux bouteilles promises tout en me précisant que le chemin sera libre de surprises jusqu'à notre destination. Je récupère le divin breuvage et fait illico le plein de ma topette bosselée. M'a manqué sur le chemin du retour tiens. Une chose qui va reprendre mais ne me manque pas particulièrement, c'est le lancinant ballottement du chariot sur la piste bosselée, mais je dois bien avouer que cette fois, j'ai donné tout ce que j'avais, et qu'il va bien me falloir le reste du voyage pour récupérer ne serait-ce que mon chi.
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L'arrivée de la caravane à Yanshan

Message par Fafi » Jeu 05 Mai 2011, 16:32

La fin du périple fut rude, les montagnes naissantes qui parsèment le haut du royaume rendant la piste dure et difficile, les cahots et écarts brusques des chariots malmenant les occupants, et moi beuglant un peu plus depuis que Hun Ti So se trouve dans le même chariot. Je le surveille attentivement au long du trajet, anticipant toutes ses tentatives pour jeter un œil au chargement du chariot. Pas question qu'il trouve ma réserve secrète, il ne m'aura pas. Et quelques centaines, que dis-je milliers de cahots et gémissements plus tard, à notre grand soulagement, la piste s'engage dans une vallée haut perchée fertile, presque plate en comparaison des pics qui nous entourent. Et pas loin au fond, barrant le passage tel une immense forteresse, la grande muraille pour laquelle nos ancêtres ont sué sang et eau. C'est sûr, ça en jette, il faut le reconnaître. Probablement inefficace contre les sombres complots des démons du Feng Du, mais je veux bien croire qu'elle soit assez dissuasive contre les attaques des barbares des contrées du nord. Et au loin, accolé au pied de la muraille, une énorme ville, Yanshan, bijoux des montagnes. Enfin... euh... Disons que l'étrange pressentiment qui nous glaçait le dos au loin se confirme en approchant, du bijou elle en a perdu l'éclat. Ce n'est plus une ville. Enfin du moins le tas de ruines laisse effectivement deviner d'anciennes fortifications sous les monticules de terre et pierres mêlées, les tours effondrées et les maisons abandonnées laissent deviner la splendeur d'une grande ville récemment défigurée. Au milieu de ce champ de ruines et des rues aux pavés aux herbes folles, l'avenue principale, assez bien entretenue s'enfonce vers le cœur de la ville, là où une petite bourgade survit, près de la place d'arme principale. Les maisons sont neuves et reconstruites sur ce qu'il reste de décombres. Quelques rares grands bâtiments ont retrouvé une partie de leur éclat comme la garnison. Un jeune homme armé d'un hallebarde se précipite à notre rencontre, marque une pause pour reprendre son souffle quand nous faisons halte à son niveau, puis tend sa hallebarde vers le cheval d'Anguille Habile en tête du convoi, d'un air vaguement menaçant, tendant vers le pas très rassuré, nous enjoignant de stopper net et déclarer identité, raison de la visite et permission d'entrer. Le sourire aux lèvres, Anguille Habile fait montre d'un calme impassible et, d'une voix sereine juste troublée d'un trémolo rieur, s'élance dans le long énoncé de tout ce que la famille Wang peut connaître comme ancêtres, et, le doute me tient encore, dont un certain nombre doivent probablement tenir de la pure invention. Le jeune homme, semblant très content de lui, mais fort peu méfiant au demeurant, relève la hallebarde, fait un vague salut militaire et nous enjoint de nous diriger tout droit vers la place de justice ou doit nous accueillir le gouverneur, nous pointant un bâtiment vaguement à l'intérieur de la garnison. Puis le voilà reparti au galop devant nous, se dirigeant aussi vite qu'il le peut vers la porte de la muraille d'enceinte de la garnison. Notre caravane reprenant sa route tranquillement, et c'est ainsi que, oh surprise nous tombons sur le même jeune garde, cette fois emmailloté dans une livrée différente, en train de ceindre une épée, la hallebarde posée contre la guérite, qui se retourne vers nous en finissant de boucler ledit ceinturon, et nous apostrophe en nous demandant quelle est la raison qui nous pousse a vouloir déranger le bienheureux gouverneur Mok shi min. Anguille Habille est décidément très farceur ce jour. Le voilà reparti dans sa longue lignée de la famille Wang, rajoutant par-ci par-là quelques titres honorifiques fort bien sentis. Très patient, le jeune homme, une fois tout cela terminé, s'adresse à lui a voix un peu basse, lui demandant de bien vouloir patienter quelques minutes avant d'entrer, question de lui laisser un peu de temps pour aller à la porte du palais du gouverneur se poster, manque de personnel oblige, puis s'en retourne en courant, détachant déjà son ceinturon, pour le jeter à côté de la porte du bâtiment le plus imposant et le seul en bon état d'ailleurs, et attrapant cette fois une pique avec un oriflamme attaché a la hampe, se campant droit comme un poteau. Anguille Habille daigne donc s'avancer, et c'est avec un enthousiasme certain que notre jeune recrue entonne d'une voix forte un semblant d'énoncé de la famille Wang, s'étranglant dans les circonvolutions inventives impossibles a mémoriser, et finissant par beugler sur la venue certaine du grand gouverneur Mok shi min. Celui-ci, en effet, ne tarde pas à paraître à l'entrebâillement de porte. Assez strict et bien habillé, cheveux légèrement grisonnants, son air sévère le quitte quand il nous aperçoit. Il se tourne vers le jeune garde, hésite quelques secondes, et finit par le féliciter pour son dévouement à la tache, provoquant l'apparition chez la jeune recrue d'un immense sourire de contentement. Puis il s'avance vers Anguille Habile d'un air jovial et assuré, notre caravane étant attendue avec fortes insistances ces derniers jours, apportant les dernières commandes pour un mariage important qui doit avoir lieu ici même, entre le fils du gouverneur, Mok shi tung et une princesse barbare dénommée Xoa, dans peu de temps. Et il semblerait que les soieries de la cargaison sont vivement attendues. Il s'excuse pour le piètre accueil, mais la ville peine à se remettre de ses malheurs anciens et n'est plus que l'ombre de sa puissance passée. Un gigantesque affrontement avec les tribus barbares l'a naguère laissée rasée, et la diplomatie marchande ayant maintenant pris le pas avec les tribus barbares, la ville est plus ou moins délaissée, survivant comme elle peut, aussi éloignée de la capitale. Ce mariage est aussi pour eux un gage de paix durable avec un des clans barbares les plus puissants, les faucons du désert.
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Re: Les tribulations d'un exorciste en Qin

Message par Fafi » Ven 13 Mai 2011, 14:26

Pourtant, le sourire de bienvenu semble légèrement se voiler lorsque, sortant de la garnison pour nous diriger vers la place centrale, s'avance vers nous une femme fort bien vêtue, et fort empressée. Il semblerait que notre arrivée lui soit déjà connue, surement privilège de femme du gouverneur, et, à l'en croire, elle nous attend depuis déjà une demi-lune, maudissant les dieux du retard accumulé, que rien ne sera prêt à temps. Et c'est dans un bruissement de froufrous qu'elle prend les choses en main, faisant décharger ça et la par toutes les villageois n'ayant pas eu le temps de se mettre à couvert, tous le contenu des chariots. C'est à ce moment là, je dois avouer que j'ai failli tomber raide quand je me suis aperçu, non pas qu'elle risquait de tomber sur ma petite réserve personnelle, que je surveille toujours jalousement, mais par le fait que le premier chariot, auquel je n'avais jamais eu l'idée de jeter un seul coup d'œil, s'avère être rempli de tonnelets d'alcool pour la fête du mariage. Je suis non seulement confondu, mais outré qu'on ne m'ait pas fait confiance et ne m'ait rien dit, à moi, le sage, le fangshi, la seconde vue de la caravane. Comment puis-je correctement exercer mes divinations si on me cache des informations importantes sous mon nez ! Non, c'est décidément pas correct. Alors je décide de bouder, non mais, c'est un comble ca... Et ainsi drapé dans mon offense, je m'éloigne d'un pas vif vers l'auberge où l'on nous a déjà réservé quelques places. Wang ne pouvant être présent, Anguille Habile doit le représenter pour le mariage, et il a lieu dans une semaine encore. Sept jours à esquiver la mégère en bas, c'est un beau défit ca ! Pardon, mon manque d'éducation refait surface, je devrais la nommer Dame Pei-chi. Dans mon malheur, j'ai cependant la chance de me trouver rapidement une puissant allié dans la place, le shifu Hong. Adepte du Feng shui, il se bat bec et ongles contre « dame Pei-chi » pour faire valoir l'harmonie et les règles de circulation du chi au travers des lieux. Et il semblerait que les goûts exubérants de la femme du gouverneur soient souvent en conflit avec ses opinions. Sentant le désespoir de ce brave homme, pliant sous les attaques plus perfides les unes que les autres, je m'emploie à circonvenir la dame et à soutenir ce brave homme qui œuvre là pour le bien de l'humanité, à tout le moins. Il est habile, il sait se faire roseau sur certains détails pour se transformer en solide chêne sur les points importants, et de concessions en victoires, ces quelques jours de préparatifs finissent par faire ressembler cette petite bourgade en quelque chose d'honorable au regard. Mais d'autres combats se mènent dans l'ombre. Ainsi, prêt des écuries se tient souvent un barbare au regard lointain et au murmure puissant. Comme Anguille Habile, il semble murmurer à l'oreille des chevaux. Et bouddha seul sait que les deux belles bêtes qu'il protège et bichonnent semblent revêches et peu disposées à obéir à quiconque. Ce sont deux superbes chevaux barbares, et selon la coutume du clan des faucons du désert, dont les liens avec les chevaux sont partie intégrante de leur art de vivre, un mariage n'est définitivement scellé que lorsque les deux époux ont réussi à chevaucher deux jeunes chevaux fringants de vitalité, ce qui ne manque pas de me surprendre vu l'enclin de ses bêtes à refuser tout autre que ce gaillard à leurs côtés. D'ailleurs, une grand partie de l'emploi du temps du fils du gouverneur, le jeune Mok shi tung, semble employé à combler ses lacunes en équitation. Il semble plus habile que moi sur un cheval, il faut bien avouer que ces bestioles ne comprennent jamais rien à ce que je leur dit en fait, mais loin d'être un voltigeur expérimenté, ce qui me laisse assez perplexe quand à l'issu de cette fameuse chevauchée. Mais il faut bien avouer qu'il est persévérant, à tout le moins. Une autre personne dont je dois maintenant me méfier aussi, c'est Yune Tao. La petite s'est prise d'une subite folie des soieries fraichement arrivées, et s'est mise à confectionner des habits de fête pour tous. Et vu celui qu'elle réserve à Hun Ti So, splendide robe dorée, je peine à esquiver le superbe chapeau agrémenté de fruits dont elle veut m'affubler pour la cérémonie. Heureusement pour moi, j'ai aussi un autre allie important, demi-livre, le patron de l'auberge. Il faut toujours se faire d'un ami la main qui vous fait boire ! Certes, au premier abord, il est un peu obèse et un peu brut de fonderie, mais il remet la tournée, ça peut pas être un mauvais homme. C'est pourtant le seul qui voit pas d'un bon œil la venue de la mariée, une étrangère qui vient du fond du désert et qui va rien qu'à foutre le supercalifragilisticexpidélicieux ici qu'il en dit. Quelque part, c'est pas totalement faux, c'est sûr que, vu qu'il n'aime pas les étrangers, il va être servi avec la nouvelle venue. Je suis prêt à parier que « la croisée des chemins » ne sera pas sa halte la plus conviviale, espérons que le temps fera bonne œuvre.
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L'escorte de la princesse

Message par Fafi » Jeu 19 Mai 2011, 15:55

Une nouvelle cependant vient troubler nos paisibles querelles. Le gouverneur a reçu un courrier d'un certain Wan Yei, chef de la garnison, qui lui enjoint de se rendre à la garnison la plus proche. Il lui faudra trois jours pour en revenir, mais devrait être revenu à temps pour le mariage. Toutefois, la veille du mariage, il doit aller accueillir la mariée et son escorte au nord de la muraille, dans un endroit convenu du désert, à une demi-journée d'ici. Ne pouvant donc s'y rendre et manquant cruellement de personnes de confiance, il a requis l'assistance d'Anguille Habile pour aller l'accueillir avec tous les honneurs dût à sa qualité. Et nous voilà donc tous embarqués sur de solides chevaux pour trouver une aiguille rocheuse à une demi-journée au nord de la ville, en plein désert, avec décorations et fleurs dans les crinières. Le rendez-vous, on ne peut pas le manquer, plein nord. Évidemment, une aiguille de roche de 5m de haut qui surpasse toutes les dunes et les reliefs du coin, on a bien fini par la trouver. Le soleil chauffe dur malgré le turban sur les cheveux, et pour parachever le tout, maintenant que je ne suis plus en ville je peux le dire, la mégère était tellement anxieuse qu'à l'aube elle nous poussait déjà au départ, et que nous voilà arrivé avec deux bonnes heures d'avance. Allez hop, petit sieste à l'ombre d'une affleurement rocheux. Ciu Mei Lin, qui saute comme une puce sur un chien depuis le début de la journée, finit par se décider a grimper tout du haut de l'aiguille pour apercevoir la caravane au loin. Il semblerait qu'il aient pris du retard, ce qui n'arrange rien à son caractère. Avec une bonne heure de retard, elle nous signale bien quelque chose qui s'avance vaguement sur les dunes au loin, mais c'est pas la trainée de poussière qu'elle s'attend à voir de la part d'une escorte qui doit comporter au moins une bonne douzaine de personnes. Elle patiente encore quelques minutes et, dès qu'elle s'aperçoit que ce qui s'avance ressemble beaucoup trop à un cavalier, seul, en mauvaise posture, et qu'au loin le petit nuage de fumée tant attendu semble s'éloigner de nous, elle saute à bas de son perchoir et lance l'alarme. C'est le branle-bas de combat anarchique. Les plus véloces sont déjà partis au devant que je n'ai pas encore réussi à enjamber ce foutu canasson. Je les vois donc de loin, au galop, franchir rapidement la distance jusqu'au cavalier, bien mal en point il faut le dire. Il tient du mieux qu'il peut sur son cheval, hérissé de flèches, encore en selle par la simple volonté du devoir. Je n'ai pas eu le temps d'arriver avec Yune Tao qu'il a déjà rendu son dernier souffle. C'est toujours rageant quand on arrive juste un poil trop tard, et elle est encore jeune pour comprendre que chacun a son destin, et que si elle n'a pu le sauver, c'est peut-être qu'il était important que cela arrive, peut-être justement pour nous donner du cœur au ventre. Il a prononcé quelques rares mots dans un flot de sang, dont embuscade était, d'après Hun Ti So, le seul intelligible. C'est un barbare et les flèches sont clairement des flèches fabriquées en lot, donc elles proviennent d'un stock militaire. En premier lieu, Ciu Mei Lin décide d'écrire rapidement un mot d'explication succinct qu'Anguille habile, notre plus rapide cavalier va déposer sur le rocher, pendant que nous entamons la poursuite au plus rapide, certain qu'il est de nous rattraper bien avant que nous les trouvions. Ciu Mei Lin n'arrive déjà plus à voir le panache de fumée qu'ils émettent. Décision est prise de suivre d'abord les traces fraîches. Quelques longues minutes plus tard, alors qu'Anguille Habile nous rejoint, nous tombons sur un spectacle de désolation. En plein milieu d'une cuvette de sable gisent à terre les cadavres d'une dizaine de barbares, et des quatre émissaires de la ville de Yan Shan qui accompagnaient la caravane. Pas de trace de la princesse ni de son chariot. Un assaillant a, semble-t'il perdu une ceinture rouge, symbole des forces armées du Zhao. Ça pue le coup monté ça, le Zhao n'a aucun intérêt en cela. On aurait voulu soulever à nouveau le clan des faucons du désert contre le Zhao que ca n'aurait pas été mieux fait. En tout cas, l'attaque a été impitoyable et les nombreuses flèches témoignent d'une embuscade rondement menée, avec de nombreux assaillants, un véritable petit corps expéditionnaire. Ça nous laisse deux avantages. Ils ont un chariot, donc ils laissent de belles traces et ne vont par très vite. Mais de l'autre, ils sont nombreux, bien armés, et visiblement expérimentés, disposant d'une confortable avance sur nous.
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La grotte du canyon

Message par Fafi » Jeu 26 Mai 2011, 11:22

De toute façon, notre seule option est la rapidité. Sitôt dit, et nous reprenons la poursuite, dune après dune, suivant inlassablement la double trace profonde du chariot qui s'en va vers le nord tout d'abord, puis bifurque vers l'ouest ensuite. Les dunes commencent à faire place à des rochers, et au loin, un effleurement rocheux semble sortir des sables sous nos yeux. Les traces s'y dirigent tout droit, et force est de constater qu'ils ont pris à travers un sombre canyon de roches rouges où les roues ne laissent plus guère de traces. Quelques regards inquiets vers le sommet du canyon, à quelques trente mètres au dessus, mais rien ne semble bouger. Soudainement, à peine avons-nous fait quelques pas dans le canyon que les chevaux commencent à bouger, comme fébriles. Anguille Habile nous averti tout aussi rapidement de cacher notre visage dans un drap, tempête de sable en approche rapide. Rapide, c'est peu de le dire, avec les falaises rocheuses face à nous, nous n'avons rien eu le temps de voir venir. A peine le bras devant la bouche que déjà le souffle de poussière nous fait ployer vers l'arrière. Les chevaux sont comme fous et tirent dans tous les sens. Suivant Anguille Habile, nous trouvons avec une chance inouïe un grotte cachée a l'ombre d'un affleurement rocheux, qui va nous permettre de laisser passer la tempête. Autant dire que nos cibles seront elles aussi arrêtées, alors autant en profiter pour nous reposer, boire un peu et finir nos très maigres provisions. Oui cela sera probablement notre prochain problème, nous n'avions pas prévu de partir pour plusieurs jours. Pourtant, sitôt tous entrés dans la grotte que les problèmes reprennent de plus belle. Les chevaux ne se calment pas, au contraire. Malgré l'abri, les chevaux nous prennent de cour en tentant de se libérer, préférant la tempête semble-t'il. Ils ne savent pas que dehors ils sont mort, et s'il s'en échappe trop, nous avec. C'est une lutte pour la survie qui s'engage, chacun essayant de maintenir les chevaux en place. Anguille Habile est bien sur le plus doué pour calmer le sien et l'attacher à une longe. Mais d'autres sont en sérieuse posture. Jeune Tigre a été jeté à terre, et nous avons du mal à empêcher son cheval de l'écrabouiller, tandis qu'un autre s'est échappé vers l'entrée, profitant de la surprise. Ciu Mei Lin lui saute dessus et l'aveugle d'un linge, puis avec l'aide de Hun Ti So puis d'Anguille Habile, ils arrivent à l'attacher. Pour autant, ceux qui ont été calmés recommencent leur cirque dès qu'on est plus à proximité, restant très nerveux. Les deux derniers finissent au même endroit, bien que l'un d'eux se soit blessé à la patte dans une tentative de nous échapper, éraflant la paroi de son sabot. Une fois à peu près calmes, toujours fébriles, mais calmes, Ciu Mei Lin, Yune Tao et Jeune Tigre se décident à aller voir ce qui, au fond de cette grotte peut bien effrayer autant les chevaux, tandis que je seconde Anguille Habile auprès des chevaux. Le silence se fait presque, laissant place à une tranquillité presque trop parfaite, entre le déchaînement du sable et du vent dehors, et une espèce de bruit de cascade d'eau, dans une humidité très contrastante du désert dehors. Des bruits étouffés nous parviennent, et un hurlement indistinct de Ciu Mei Lin. Je laisse choir les mouchoirs et me précipite vers le fond de la grotte. Vite, vite, j'ai comme un mauvais pressentiment, comme un frisson qui me glace, je laisse de cote le jian, et sort de son attache Mon Jian, celui dont le bois de saule à pris la marque de mes phalanges au court de maints exercices et rituels, mu par une conviction effroyable. Quelques pas encore et je saute à bas de la dernière marche dans une autre pièce, dans une ambiance assez surprenante.
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Re: Les tribulations d'un exorciste en Qin

Message par Fafi » Mer 01 Juin 2011, 11:26

Sur la droite, une petite cascade tombe du milieu de la paroi vers une vasque taillée de main d'homme dans la roche, nimbée dans une lumière blafarde qui filtre du plafond à travers quelques trous. Autour de la vasque, plusieurs symboles entourent la vasque. Près de la vasque, Yune tao, bâton en défense, expression de surprise sur le visage. Tout a fait a droite, Jeune tigre, jian dégainé, prêt a frapper. Sur la gauche, au fond de la pièce, Ciu Mei Lin, tenant un jian très surprenant à la lame noire comme la nuit, dégoulinant d'eau comme sa manche. Devant elle, au centre de la grotte, un immense démon noirâtre qui, d'une voix sépulcrale fort peu compatissante enjoigne Ciu Mei Lin de lui remettre le jian en échange de sa survie. A ce que je vois, elle doit avoir au moins l'épaule gauche démise, peut-être quelques fractures, et de nombreuses écorchures sur le flanc gauche qui nimbent son shang pao de sang. Au moment où il s'apprête à frapper à nouveau d'un immense Chuishu noir au moins aussi grand que lui, elle esquive et d'un mouvement du poignet envoi le jian noir à Yune tao, lui hurlant de le remettre en place, tandis que le démon se retourne, comme suivant des yeux le jian noir, avec une sorte de râle de désespoir. Je sors prestement de la main gauche la petite clochette d'une poche et commence à l'agiter. Le temps semble se suspendre. Je crois bien que j'ai maintenant toute l'attention du démon. Jeune Tigre abat alors de toute sa rapidité son jian sur le démon, sans grand effet si ce n'est de surprendre Jeune Tigre. Le coup était bien porté, mais il semblerait que le cuir de notre ami soit difficile à écorcher par un simple mortel. Je hurle à Yune tao d'une voix impérieuse de passer le jian noir à Jeune Tigre. C'est le moment de sortir le grand jeu. Je frappe de la pointe de saule et le démon hurle. Ça au moins, c'est une valeur sûre. Mais la réplique ne tarde pas. Heureusement pour moi, Jeune tigre a eu le temps de récupérer l'arme et pare au dernier moment le coup magistral qui n'aurait pas manqué m'écraser comme une punaise sur le sol de la caverne. Le tintement de la clochette continue de résonner, le démon porte une main à son oreille et tente de frapper Jeune Tigre de son Chuishu, mais la petite musique dérangeante fait déjà son œuvre, vrillant ses oreilles, occupant son esprit, paralysant ses muscles, affaiblissant ses coups. Jeune Tigre décide alors de profiter d'une ouverture dans la défense et tente cette fois de frapper avec le jian noir. Des flots d'un sang noirâtre sortent de la plaie. Je sais maintenant pourquoi il voulait s'en emparer, je n'en ai jamais entendu parler, mais pour passer aussi facilement les défenses d'un démon, c'est une arme légendaire pour le moins. En tout les cas, elle est la bienvenue, parce que, tout vaillant que je sois et bien armé, nous ne sommes pas trop de deux pour renvoyer ce méchant sire dans les enfers du Fengdu qu'il n'aurait jamais du quitter, non sans hurler une dernière fois qu'il se vengera avant de disparaître en une flamme verdâtre de la grotte. Je m'effondre à terre. Je n'ai presque plus de forces, mais le plus gros du danger est passé. Yune Tao s'est vite approchée de Ciu Mei Lin pour parer au plus pressé. De toute façon, nous allons devoir prendre un bon repos ici, semble-t'il. Mais ma curiosité reprend vite le dessus, et je m'assied pour me concentrer sur les flux du chi ainsi que sur cette grotte et son étrange disposition. Il semblerait que tout soit fait pour attirer le flux du Yang vers la vasque. A l'intérieur, la forme exacte d'une fourreau s'enfonce dans la paroi. Ainsi, ce lieu a été créé pour empêcher les démons de mettre la main sur ce jian. Ce démon a tenté de se servir de nous pour enfin s'en emparer. Je ne sais si nous ne devrions pas la remettre à sa place, mais quelque part au fond de moi, je pense secrètement qu'une telle arme devrait servir au contraire dans de bonnes mains. C'est un risque à courir, certes, mais de toute façon, si le démon savait où la trouver, la cachette ne sert plus a grand chose. Pourtant, cette vasque va nous rendre encore quelques grand services. L'eau y est fraiche et agréable, et tout ce Yang drainé ici conforte nos corps bien plus rapidement que la normale. De plus, la tempête a cessé, probablement l'œuvre du démon pour nous attirer vers la grotte.
Le seul inconvénient, c'est qu'il est possible aussi que nos cibles n'aient pas été prises dans la tempête, nous reprenant du coup une sérieuse avance. Du coup, une fois le cheval blessé remis d'aplomb, nous voilà forcés à repartir sur la piste de la princesse Xoa au plus vite.
Elevons un peu le debats messieurs, ne nous en tenons pas a ces insultes de tavernes, faites preuve d'intelligence et reglons ce different a la pointe de notre verve
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Re: Les tribulations d'un exorciste en Qin

Message par Fafi » Ven 10 Juin 2011, 11:12

Ciu Mei Lin et Anguille Habile prennent luxe de précautions pour sortir de la grotte, prêts à se mettre à couvert à la moindre flèche tirée. Mais rien ne vient. Après quelques minutes d'exploration, nous trouvons bien quelques soldats, déchiquetés par la tempête, probablement postés là pour nous embrocher pendant que les autres continuaient la route. Et nous voilà repartis au delà du goulet, débouchant sur un plateau assez aride et désert pour changer. Les traces reprennent à quelques lieues de là, comme si la tempête n'était jamais passée par la. Non, « comme » n'est probablement pas le mot. Elle n'est JAMAIS passée par là, c'était un pur produit de ce dangereux démon. Elles sont bien là les traces, mais nous avons de nouveau perdu du temps, un temps précieux. Le sable, les rochers, cela n'en finit plus, et le soleil qui tape. Nos gourdes sont déjà à sec et les chevaux peinent. Au détour d'un surplomb, un surprenant paysage fait place au désert. Une généreuse frondaison barre le paysage sur plusieurs lieues, légèrement en contrebas, comme une gigantesque oasis dans ce désert de feu. Le baume au cœur et le sentiment plus léger, nous suivons les traces qui nous y mènent tout droit. Le soleil commence à fleurer avec la cime des arbres quand nous pénétrons à l'intérieur de la forêt. Le changement est presque instantanée, l'ombre, les saveurs de la forêt, l'odeur de l'eau suinte de tous les côtés. Il est clair que, vu notre état et celui de nos provisions, c'est inespéré. Yune Tao s'égaille comme une jeune fille enfin libérée et s'esquive rapidement telle une dryade, cherchant un endroit pour bivouaquer et se reposer. Nous progressons tranquillement quand elle réapparaît un peu sur notre gauche, nous guidant jusqu'à sa trouvaille. Un petit ruisseau sort de sous un rocher moussu, dans une clairière féérique de beauté tranquille. Les chevaux se dirigent tout seuls pour s'abreuver tandis que nous commençons à décharger nos maigres affaires. Ciu Mei Lin part repérer la suite des traces tant que le jour est suffisant et Jeune tigre part en chasse avec Yune Tao d'un cerf qu'elle a vu non loin de la, pendant que nous nous activons autour du bivouac. Autant en profiter, la forêt devrait couvrir les traces de notre petit feu s'il reste raisonnable, et cela nous fera un bien énorme, car dans le désert, les nuits sont particulièrement froides, et le désert est trop près encore pour qu'il n'en soit pas ainsi. Ciu Mei Lin est la première de retour, confirmant que la piste est assez fraiche et se poursuit sur quelques lieues en s'enfonçant dans la forêt. Ensuite, ce sont Jeune tigre et Yune tao qui trainent derrière eux comme ils peuvent la carcasse d'un beau cerf qui va nous donner bien du mal à dépecer, mais qui nous fournit de la nourriture pour plusieurs jours. Un gigot est aussitôt mis à rôtir, tandis que des lanières de viande sont mises à dorer pour emporter. Le reste est posé de côté. Nous l'empaquetterons pour plus tard.
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On ne peut jamais manger tranquille

Message par Fafi » Ven 17 Juin 2011, 17:16

Le repas est agréable et savoureux, mordant à pleine dents dans un énorme quartier de viande,avec pour fond sonore le chant des bois agrémenté du murmure de l'eau qui coule. Soudainement, Ciu Mei Lin se retourne fixant un fourré, aux aguets durant de longues secondes. Un craquement, quelqu'un qui nous épiait détale à travers les arbres. Ciu Mei Lin et Jeune tigre s'élancent d'un même geste. Des bruits de branches, un bruissement dans la foret, il n'y a plus rien d'eux. Le schtong d'une flèche, un éclair d'acier, le bruit d'un cheval qui chute avec son cavalier. Plus rien. De nombreuses minutes plus tard, les voilà de retour, suants et transpirants après avoir enseveli le cavalier et sa monture dans le sable. Il n'a pas eu le temps de parler ni de prévenir quiconque, une épingle à cheveux de Ciu Mei Lin dans la gorge. Étrange ce gars tout seul. D'après eux, il ressemble a un barbare, et montait superbement bien son cheval. Ils n'ont eu que le temps de parer au plus pressé alors qu'il tentait de fuir. Ça ressemble beaucoup à une boulette ca. Ma sœur a parfois la réaction un peu trop rapide et la conclusion trop leste. La suite ne se fait pas attendre très longtemps. Encore un bruit étrange. Ciu Mei Lin se glisse derrière un arbre, Yune tao saute sur la branche d'un autre arbre, Jeune tigre s'avance et se cache dos à un arbre, face à la clairière pour surprendre au passage nos assaillants. Je fais ce que je sais le mieux faire, rester assis en tailleurs et rester calme à l'écoute de l'harmonie troublée des lieux. De toute façon, il faut un point d'encrage, et je suis le dernier dans le camp. Mais nos assaillants sont plus patients que nous l'ayons crus. Ils sont déjà en place ou presque. En une fraction de secondes, six barbares sautent du noir vers le camp, fondant sur moi. Deux autres sont tranquillement dans les arbres, gongshu à la main, flèche encochée et lâchent une volée sur ceux qui se sont éloignés du feu. Impassible à leur charge, je hurle soudainement en prenant un visage aussi hideux que le démon de la grotte. Mais cette fois, cela ne semble guère troubler les barbares en furie qui nous sautent dessus. Quelques coups pleuvent, Ciu Mei Lin a surpris les assaillants, un tombe sous ses dagues, l'autre titube, achevé d'une coup bref sur le crâne du bâton de Yune Tao. Hun ti so fait ce qu'il peut pour éviter les flèches qui pleuvent, tandis que jeune tigre se concentre et d'une bond majestueux, tranche en deux l'archer dans l'arbre d'à côté. Anguille Habille survient alors avec sa masse et occupe l'attention de certains, tandis que je dévie d'un revers de manche durci par le chi la dernière lame qui traverse jusqu'à moi.
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L'attaque des barbares

Message par Fafi » Jeu 23 Juin 2011, 17:41

Un grand bruit nous parvient de la forêt alentour. Nos assaillant sont valeureux, et portent de joli coups, et certains font mouche, allant jusqu'à s'empaler pour immobiliser nos armes. Le résultat est pourtant sans appel. Nos assaillants sont à terre, le dernier archer aillant succombé à une dague et une flèche. Pourtant, l'ensemble des arbres qui entourent la clairière semble désormais regorger de barbares nous encerclant de partout. Je ne suis pas un spécialiste de l'art de la guerre, mais il semblerait bien que nous soyons encerclés par une force certaine. Un géant encore plus imposant sort de leurs rangs, une immense massue a la main, nous enjoignant dans un chinois assez correct de déposer nos armes. Un moment, je contemple le regard dur et impitoyable de nos ennemis, me demandant si la pitié existe chez ces gens-là. Il existe tellement de légendes sur les barbares qu'il est difficile de croire qu'il n'y ait pas un certain fond de vérité, ni même de retenir un certain frisson, encore moins difficile d'imaginer que l'hésitation fut longue avant que la dernière de nos armes ne tombe sur le sol. Sans ménagement, les barbares nous dépouillent de tout et leur chef, d'un air franchement menaçant et colérique nous somme de lui rendre sa sœur sans quoi aucun de nous ne repartira la tête sur les épaules. C'est en ces moments là qu'on se sent seul en général, juste là, ce moment là où votre survie dépend d'un renseignement, d'une information, d'un petit truc mais que vous ne comprenez absolument pas pourquoi on vous le demande à vous, pourquoi nous, voilà la bonne question. Mais le gars là-devant, il n'est pas vraiment prêt à l'entendre cette réponse. Pourtant... pourtant, Anguille habille, soutenu par Hun ti so relève le défit. De long moments d'hésitations, de ruades, de regards noirs dans cette langue étrange, et les épaules du grand géant qui accusent le coup. Le suspens est pénible, mais un dernier monologue vient donner ordre aux barbares de nous laisser tranquille. Hun Ti So résume succinctement pour nous tous le bref combat verbal en un message laconique télégraphique, on est dans le même camp et on poursuit le même but. Le géant, qui d'ailleurs parle le chinois mieux qu'il ne le laisse penser, s'appelle Sargaï, prince du clan des faucons du désert. Il a appris pour sa sœur, la princesse Xoa et est immédiatement parti à sa recherche, promettant de châtier les coupables d'un tel affront. Aillant retrouvé notre piste, ils ont cru tenir les coupables. Je déplore les malheureux qui sont tombés pour cette méprise, mais ça ne semble pas le gêner, bien au contraire, il nous sourit et nous félicite pour le beau combat que nous avons mené, ils sont morts en braves, seul cela importe, bien qu'une meilleure synchronisation nous aurait probablement surpris sans possibilité de réaction. Nous leur offrons à tous un méchoui en sortant le reste de la carcasse du cerf et une place dans la clairière, pas trop loin du feu pour dormir. Il s'est passé aussi une chose importante ce soir là, et tel le hibou asthmatique, j'allais l'oublier. Quelque chose qui aura beaucoup de répercussions. J'ai surpris des regards, des non-dits. Sargaï est un prince et se comporte avec le dédain qui va avec, tout en étant un puissant barbare au corps sculpté par la vie rude et les efforts. Le moment de tension qui s'apaise. Il est jeune et séduisant, et c'est la première fois que je vois Ciu Mei Lin perdre son emprise sur elle-même. Un bref instant, un éclair, un sourire, un pincement de lèvres. Et je sais bien qu'elle ne le laissera pas indiffèrent. Quelque part, la vie est à l'œuvre, et dans l'épreuve, les cœurs se resserrent et se rapprochent. Quelques verres d'alcool participent à la détente, et Sargaï met promptement fin à tout ça, impassible devant la traque qu'il nous reste a poursuivre demain, la vie de la princesse est en jeu, pas question de faiblir maintenant.
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Préparatifs pour un assaut

Message par Fafi » Lun 27 Juin 2011, 16:16

La traque ne nous mène pas si loin. Au détour d'une butte, la frondaison de la forêt laisse place à notre destination. Un petit fortin , adossé à une grande falaise, entouré d'une belle étendue d'herbe verte uniquement traversée par le petit chemin qui mène droit au fortin. Quelques pas en arrière pour rester hors de vue des guetteurs qui patrouillent sur les palissades, et nous prenons le temps d'observer. Deux petites tours sur le devant, un chemin de ronde faisant le tour du fortin excepté sur la falaise. Une bonne distance sépare la forêt du fortin. La route fait une bonne centaine de mètres, et même pour les barbares à cheval, ça demande du temps à parcourir, ce qui élimine la surprise si on arrive par la route. Sur les côtés, la forêt s'avance à une trentaine de mètres des palissades de bois. La porte centrale à double battants est massive et imposante, probablement très solide, ce qui exclue de l'enfoncer. Quatre gardes font les cents pas sur la courtine, arc en bandoulière. Ce fortin doit pouvoir contenir une bonne garnison, disons quarante hommes au demeurant, ce qui nous interdit de foncer dans le tas aussi. Décidément, ça ne s'avère pas très simple, le fortin est bien placé et correctement tenu. Le seul défaut visible que j'y vois est la falaise. D'apparence abrupte, elle semble une muraille infranchissable, mais je sais Ciu Mei Lin capable de s'en jouer. Nous reculons encore et montons plus à l'abri vers l'intérieur un camp temporaire. Puis vient le temps de la réflexion, nous commençons à élaborer quelques plans pour s'y introduire tandis que nous observons les relèves de garde ainsi que les sorties de patrouille, notamment celle qui part visiblement au cours d'eau ravitailler les réserves. Le problème des barbares est simple, c'est qu'il faut maintenir la porte ouverte suffisamment longtemps pour qu'ils puissent, à bride abattue, pénétrer dans l'enceinte. Après, ce sera un jeu d'enfant. Notre problème suivant sera d'éviter le surnombre. Yune Tao et Ciu Mei Lin décident de tenter un plan diabolique, rendre les gardes coliqueux et indisposés le moment venu. Quelques herbes bien choisies et quelques mélanges à verser dans leur repas et ils seront dans l'heure an train de se vider les tripes et surveiller les latrines plutôt que les murailles. Elles décident de pénétrer durant la nuit dans l'enceinte en passant par la falaise, puis l'une de vérifier que la princesse Xoa est bien présente, voire de l'avertir, qu'elle se tienne prête, l'autre de s'occuper de la bouffe des soldats, au creux de la nuit, peu avant l'aube, pour que l'effet coïncide avec notre attaque qui surviendra peu après, restant cachées à l'intérieur jusqu'à l'attaque. De notre côté, nous devons attendre la patrouille de ravitaillement en eau et se débrouiller pour revenir à leur place jusqu'à ce qu'ils ouvrent les portes. Ensuite, pénétrer à l'intérieur et garder les portes ouvertes jusqu'à l'arrivée des barbares. Le reste ne peut être présagé, mais nous devrions alors avoir l'avantage. En parlant de présage, j'eus aimé, pour une fois, entendre la voix enfantine de Vertu de la lumière m'assurer que tout va bien aller. Cela fait drôle de penser qu'elle puisse me manquer alors qu'il y a peu, elle m'exaspérait encore. Et comme je ne suis moi-même pas assez avancé sur la voie de la divination, je n'ai même pas la possibilité de me rassurer ainsi, d'un savant jeté de carapaces dans les flammes. Je vais devoir encore une fois m'en remettre au destin et continuer à croire en notre bonne étoile.
La soirée a été calme malgré le vas et vient de nos propres sentinelles. Surtout en comparaison de la journée, car en réalité, il nous a fallu cavaler pour trouver les plantes adéquates pour Yune Tao avec des explications aussi vague, et puis elles se ressemblent toutes ces feuilles et n'ai définitivement pas assez de temps pour converser avec toutes. Après bien des efforts, une forte odeur de verveine a assailli nos narines avant qu'elle ne soit contente de son travail, et fort heureusement, Sargaï avait fait placer notre camp sous le vent de sorte que le fortin n'eut jamais une seule bribe de vent odorant sous les narines. Comme le disait mon maître, quand l'homme infidèle s'en retourne, il fait mieux ne pas effleurer le nez de sa dame. Bon je ne suis pas sûr que le proverbe soit très adéquat, mais il sonne assez bien. La nuit sera calme, enfin pour nous. Yune Tao et Ciu Mei Lin ont une lourde tâche assez dangereuse, mais essentielle pour la réussite de notre plan. Pourtant, je ne peux m'empêcher de scruter le fortin durant deux bonnes heures après leur départ. L'anxiété sans doute. Mais rien d'inhabituel ne survient, ce garde a t'il bougé la? Pourquoi il s'arrête soudainement, non rien, le voilà reparti dans sa ronde. Et je fini par retourner dormir après avoir sifflé deux lampées, avec ça, je devrai dormir plus facilement.
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