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Alors t'as joué à quoi ce w-e? - 5 -

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Re: Alors t'as joué à quoi ce w-e? - 5 -

Message par wizard » Ven 01 Fév 2019, 18:20

Message 5/6
Scénario 4 : Dark Wave

Les PJ sont contactés par leur allié sorcier, Stephen Alzis. Celui-ci s’intéresse à tous les évènements étranges et inexpliqués et son attention a été attiré par la mystérieuse disparition d’une vieille pensionnaire d’un hôpital psychiatrique de Leeds qui a disparu sans laisser de traces alors qu’elle était enfermée dans une pièce fermée à clé alors que des traces de sang de mouton (partiellement nettoyées) ont été découvert sur le mur extérieur de sa cellule.
La disparue Judith Banks avait eu une petite gloire dans les années 80 pour avoir été la chanteuse d’un groupe de cold wave : FAIL (pour Frozen Autumn In Leeds).
Or, en faisant des recherches, Alzis a découvert, par ses contacts, une traduction quasiment exacte, en Anglais du texte introductif du Traité de la Transcendance dans une chanson du groupe datée de 1989. Cette chanson, intitulée Spellbound, a pour premier couplet :
« From the cradle bars
Comes a beckoning voice
It sends you spinning
You have no choice
You hear a laughter
Cracking through the walls
It sends you spinning
You have no choice
»

[Note : la chanson existe vraiment mais FAIL est un groupe fictif. La chanson Spellbound sur laquelle je comptais m’appuyer est un morceau de Siouxsie and the Banshees https://www.youtube.com/watch?v=9otg_Cm50RE mais ça marchait mieux si aucun joueur ne connaissait la chanson avant. Je comptais donc les interroger discrètement, mine de rien, sur leurs connaissances des groupes New wave/post punk britanniques des années 80 avant d’arrêter définitivement mon choix concernant la chanson].

Spellbound n’existe qu’à l’état de maquette et n’est jamais sortie sur un album car, peu de temps après l’avoir composé, le groupe (qui cherchait un renouveau d’inspiration à Berlin) a connu une sorte de dépression mystique collective et le guitariste du groupe FAIL, Edgar Griffith – plus connu sous le nom de scène d’Edgar Goyles - a massacré les autres membres du groupe à l’exception de Judith Banks – Lihisa, de son nom de scène – qui a survécu à ses blessures mais ne s’est jamais remise psychologiquement et est internée dans un hôpital psychiatrique à Leeds.

Image
Edgar Goyles en 1989

Edgar Goyles n’a jamais été retrouvé et l’affaire reste obscure. Elle a été très peu médiatisée pour deux raisons :
- Le massacre a été découvert le 12 novembre 1989, lendemain de la chute du mur de Berlin qui a focalisé l’attention du monde ; https://fr.wikipedia.org/wiki/Mur_de_Be ... ute_du_Mur
- Clifford Banks, père de Judith – Lihisa – Banks, est quelqu’un de très procédurier et déteste qu’on évoque le cas de sa fille, en plus d’être un ancien bras droit et ami proche du magnat de la presse Rupert Murdoch. https://fr.wikipedia.org/wiki/Rupert_Murdoch

(Il y a une troisième raison – l’implication de services secrets - mais les PJ la découvriront plus tard)
Alzis propose aux PJ d’enquêter et retrouver Judith – Lihisa – Banks pour l’interroger sur cette chanson.

Retour en 1989.

Le groupe britannique FAIL a connu un succès d’estime avec un précédent album ("Ei ei oh") mais n’a pas connu de vrai succès commercial et ne parvient pas à trouver l’inspiration pour de nouveaux titres. Espérant retrouver leur inspiration en changeant d’air, ils décident de partir pour Berlin après avoir lu une interview de Martin Gore de Depeche Mode vantant ce que la ville lui avait inspiré.

Là bas, l’inspiration ne vient pas mais les membres du groupe fréquentent les cercles underground berlinois et la consommation de drogue des membres de FAIL augmente nettement. C’est dans ce contexte et dans des circonstances particulières que la route de FAIL va croiser celle de Kainis.

Dans les années 70, Kainis acculé par Monsieur Shepherd, a décidé de se réfugier dans le Bloc de l’Est, considérant que l’infernaliste qui avait la plupart de ses bases et soutiens en Occident, aurait moins de facilités pour le retrouver dans les pays du Pacte de Varsovie.

Installé en Allemagne de l’Est – où il jouit de la protection d’un haut fonctionnaire de la Stasi, Günter Zaisser, qui voit en l’hermaphrodite une incarnation d’une divinité germanique - Kainis jouit d’une certaine tranquillité pendant quelques années mais Shepherd finit par retrouver sa trace dans les années 80.

L’étau se ressert et les signes annonciateurs de la dislocation du Bloc de l’Est poussent Kainis à prendre la fuite en 1989. Il le fait sans prévenir Günter Zaisser, devenu aussi fou qu’envahissant à force de fréquenter son « Dieu » et devenu dangereux en étudiant Le « Traité de la Transcendance ». Alors que Kainis franchit clandestinement le Mur de Berlin, il se fait tirer dessus par un sniper garde frontière. Touché à la tête, il régénère mais perd la mémoire et, désemparé, il se retrouve à Berlin Ouest avec le Traité de la Transcendance. Il est récupéré par Edgar Goyles qui le ramène dans la maison du groupe. Kainis ne contrôle plus ses pouvoirs et, sans comprendre ce qui se passe, les déclenche involontairement : FAIL voit en Kainis une « muse ». Le plus atteint est Edgar qui devient l’amant de l’hermaphrodite.

Le groupe se remet à composer en s’inspirant de Kainis et d’extraits du Traité de la Transcendance traduit par ce dernier. Cela donnera la chanson « Spellbound ».

Mais Kainis retrouve progressivement la mémoire et réalise que Shepherd est à ses trousses et qu’il ne fait plus rien pour s’en prémunir. Il prend donc la fuite, abandonnant FAIL à son sort en considérant qu’ils s’en sortiront mieux sans lui.

FAIL n’est pas retrouvé par Monsieur Shepherd mais par Günter Zaisser qui a mis toutes ses ressources déclinantes au sein de la Stasi (nous sommes en novembre 1989) pour passer à l’Ouest secrètement avec des troupes de choc dévouées. Zaisser comprend que FAIL a été sous l’emprise de Kainis et il connait un rituel du Traité de la Transcendance permettant, en torturant rituellement une personne ayant subi un charme magique, de forcer magiquement le responsable de l’envoutement à revenir vers sa victime.

Il va procéder au rituel sur les membres de FAIL, forçant Kainis à revenir. Mal lui en prend car Kainis, ayant récupéré toute sa puissance, force les membres de la Stasi et Günter Zaisser à se massacrer entre eux pour plaire à leur Dieu.

Kainis constate la mort des membres du groupe (Judith – Lihisa – Banks n’est pas morte mais Kainis croit qu’elle l’est) et aide Edgar, mal en point, à quitter les lieux alors que la ville de Berlin est en liesse du fait de la chute du Mur.

Les autorités Ouest-allemandes découvrant le massacre et jugeant qu’il ne faut pas risquer de relancer une crise Est-Ouest avec des officiers Est-allemands morts étrangement côté Ouest enterre l’affaire au maximum et ne révèle, a minima, que l’histoire du groupe de musiciens toxicomanes qui se sont massacrés entre eux. Edgar Goyles, seul à ne pas avoir été retrouvé est désigné responsable. Les corps des agents Est-allemands sont détruits ainsi que les preuves de leur présence.

Kainis soigne Edgar puis l’abandonne. Ce dernier, devenu fou et brisé par le départ de « sa muse » n’aura alors de cesse de la rechercher en traquant les personnes qui ont subi l’influence de Kainis (mais pas Judith – Lihisa – Banks pour qui il garde une certaine tendresse) et en essayant de répéter le rituel forçant Kainis à revenir, utilisé par Günter Zaisser sur lui et ses amis et dont il a été témoin. Il devient une espèce de routard du crime en Europe.

De nos jours, Roberto Agripa un mercenaire de l’occulte et sorcier mineur est engagé par Shepherd pour enlever Judith Banks, espérant que Kainis va se montrer. Cela va surtout attirer l’attention d’Edgar.

J’avais cette histoire de base (je vais être honnête, je l’avais envisagé presque uniquement pour faire jouer dans l’ambiance Berlin fin des années 80 et pour justifier une grosse utilisation de la BO du film Atomic Blond et de titres des années 80 - 99 Luftballons de Nena, Blue Monday de New Order, Love Like Blood de Killing Joke, Don’t You Want Me d’Human League, du Siouxsie and the Banshees attribué à FAIL, etc.…) mais je ne savais pas comment la faire jouer. J’aurais probablement opté pour une alternance entre les moments où les PJ habituels enquêtaient et des phases où les joueurs incarnaient les membres de FAIL entourant Kainis – les PJ habituels apprenant les éléments que les joueurs avaient joué dans le passé en trouvant le journal d’Edgar Goyles en fin de partie.

Outre le côté dépaysant de jouer dans le Berlin des années 80 (et le côté fun – au moins pour moi – sur l’utilisation des thèmes musicaux), ce scénario devait surtout permettre aux PJ de comprendre tout ou partie des enjeux de la recherche du Traité de la Transcendance et ses acteurs principaux (Monsieur Shepherd et Kainis) dont j’ai parlé plus haut.

Monsieur Shepherd devait également être posé comme un personnage extrêmement menaçant et dangereux.

Ce scénario devait également permettre de présenter Kainis comme un allié potentiel : c’est l’hermaphrodite qui dispose du Traité de la Transcendance et ses objectifs ne sont pas opposés à ce que les PJ peuvent souhaiter.
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Message par wizard » Ven 01 Fév 2019, 18:29

Message 6/6
La Fin de campagne

Je ne savais pas encore très bien ce qui allait se passer et comment j’allais mettre en scène la fin de mon histoire au-delà de ces quatre synopsis.

Mais, en terme de trame globale, je savais où je voulais aller et je savais surtout qui devait être le véritable adversaire principal de cette fin de campagne.

Il ne s’agissait pas de Monsieur Shepherd (qui devait quand même être bien flippant et être une menace constante) mais de « l’allié » des PJ, Stephen Alzis.

Alzis n’est pas un infernaliste à proprement parler puisqu’il ne sert pas de maîtres démoniaques et s’envisage comme son seul maître. Mais le rituel du Couronnement et la possibilité d’acquérir une puissance inégalée en se transcendant l’attire irrésistiblement. Son ambition se heurte toutefois à une difficulté presque insurmontable : il faut trouver le/la fiancé(e) sans être victime de son pouvoir et ne pas devenir son esclave ou sa victime.

A cela, il faut ajouter que Monsieur Shepherd est un adversaire extrêmement dangereux, qui ne reculera devant rien pour obtenir son Couronnement mais qui ne doit être tué à aucun prix puisque sa mort lèverait la malédiction de Kainis et son utilité.

Alzis s’intéresse donc à la lutte Kainis-Monsieur Shepherd mais en prenant bien soin de ne pas sembler une menace ou un acteur important pour aucun des deux protagonistes.

Quand, après la Scénario 1, les PJ vont venir le trouver avec un texte démontrant que le Traité de la Transcendance contient un rituel qui peut les libérer du lien du sang. Alzis va y voir une magnifique occasion.

Il va faire semblant de vouloir dissuader les PJ de se lancer dans cette quête mais en prenant grand soin de ne pas être convainquant.

Il ne va pas fournir immédiatement l’ensemble des informations à sa disposition aux PJ de façon à ce que ces derniers ignorent qu’il s’intéresse au Couronnement.
En se faisant passer pour Shepherd, il engage Roberto Agripa pour enlever Judith – Lihisa – Banks afin que les PJ découvrent les informations qu’il souhaite qu’ils connaissent (en espérant que cela pourra attirer Kainis mais sans trop y croire) et qu’ils se convainquent eux-mêmes qu’il est possible de passer un accord avec l’hermaphrodite. Si les PJ parviennent à rencontrer Kainis, il compte sur le fait qu’il s’agit de goules et que le lien du sang qui les lie à leur domitor réduira l’impact des pouvoirs de ce dernier. Même s’ils y cèdent, l’histoire qu’ils pourront raconter à Kainis de bonne foi donne le beau rôle à Alzis et devrait lever les craintes de l’hermaphrodite.

Alzis pourra alors utiliser les PJ pour s’approcher de Kainis, le blesser gravement à la tête par surprise (pour le plonger dans le même état qu’à Berlin en 1989) et lancer le rituel du mariage royal avant que l’hermaphrodite récupère.

Evidemment, il allait également falloir trouver un moyen d’échapper à Monsieur Shepherd.

J’envisageais également de lancer dans ce jeu, Antoinette de Sainte Rose. Cette dernière, privée d’une grande part de ses ressources, aurait voulu se venger des PJ en se renseignant sur eux pour les frapper au mieux. J’attendais de trouver le PNJ idéal (un personnage que les PJ contactaient pour leur recherche sur le Traité de la Transcendance mais ne rencontraient jamais et contactaient par téléphone ou mail) pour qu’Antoinette l’ingère – le rituel des nécrophage pour acquérir les connaissances, souvenirs et pouvoir prendre l’apparence de leur victime - et découvre ce que recherchaient les personnages. Menant ses propres recherches, elle souhaite alors doubler Shepherd et bénéficier du Couronnement à sa place.

Epilogue


Si tout se passait comme prévu, Shepherd mourrait et la malédiction de Kainis était levée, mettant, au moins temporairement, un terme à la menace d’un nouveau Couronnement.

Les PJ récupéraient le rituel du « tissage du pileus » et le pratiquaient, se délivrant du lien du sang.


Mais, quoi qu’il en soit et quel qu’ait pu être leur choix sur ce qu’ils feraient ensuite, le rituel du « tissage du pileus » en lui-même, puisqu’il s’apparente à une Vaulderie, créait un lien fort entre les PJ qui transcendait leur situation particulière et aurait pu les pousser à s’aider à nouveau mutuellement.

Pour une nouvelle campagne se déroulant plusieurs années après, par exemple.
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Message par wizard » Mer 31 Juil 2019, 12:16

La semaine dernière, j’ai mené sur trois soirées et environ 24 heures cumulées le vieux scénario grand écran de Casus Belli « Promotion Canopy » pour Magna Veritas. Le scénario d’origine est intégralement disponible ici http://joueursdurepaire.free.fr/casus_b ... anopy.html mais je l’ai un peu modifié (comme ce n’est pas un scénario original – le premier scénar qui n’est pas de mon cru que je fais jouer je crois – il est possible qu’un jour quelqu’un vous le fasse jouer, donc quand je parlerai de la partie et du scénario en risquant de déflorer l’intrigue, je mettrai des balises Spoiler – si vous ne voulez pas lire le scénario, je le résume à gros traits plus loin).

C’était la première fois que je menais en presque 9 mois, la première fois que je menais du Magna Veritas et la première fois que je menais depuis la mort de mon ami et joueur, « Nevenka ».

Ca a été une excellente partie, je me suis vraiment bien amusé mais ça a été dur de relancer la machine. J’ai recherché les visages de mes PNJ dans mes bases de données perso et j’ai repris des visages que j’avais envisagés pour des parties de la campagne Goule qui ne sera jamais terminée ; pareil pour certaines musiques. Ca m’a pas mal remué pendant la préparation de la partie.

Avec Magna Veritas, je change de style de jeu. Je reste dans le fantastique contemporain mais la tonalité n’est pas la même. Avec Vampire et Goule, j’avais un style sérieux et sombre ; là j’ai essayé d’aborder un angle plus sarcastique et léger même si j’ai une pente naturelle qui me pousse vers mon style habituel. C’est aussi pour me permettre de changer d’approche que je me suis appuyé sur un scénar existant plutôt que de l’écrire moi-même. De toute façon, je n’avais pas vraiment d’inspiration.

J’ai un rapport un peu particulier à Magna Veritas. Pour couvrir l’historique complet, j’avais acheté INS/MV 4ème édition en 2012. Je l’avais survolé avant de le prêter à Nevenka car il envisageait de maitriser une partie. Il ne l’a jamais fait et je n’ai finalement récupéré le livre qu’à sa mort, dans sa collection de jeux de rôle. J’étais décidé à ne pas m’arrêter de jouer aux jeux de rôle même si j’arrêtais ma campagne Goule qui était le jeu exclusif que je maîtrisais depuis 2012. Magna Veritas m’a donc semblé être une bonne idée car il combinait du fantastique contemporain à un changement de style et que mes joueurs étaient partants. Assez vite, je décide de faire jouer Promotion Canopy, scénario écrit en 1993, je choisis aussi de ne pas l’adapter à l’époque actuelle et de le faire jouer à cette époque là pour priver mes joueurs de leurs réflexes technologiques actuels et de disposer d’éléments humoristiques liés à certains anachronismes en jouant il y a 25 ans.

C’est avec ces éléments en tête que je me lance dans la lecture du bouquin dont, avant ça, je ne conserve en mémoire que quelques éléments de background. J’ai été déçu. La classification des infos n’est pas terrible (c’est peu de le dire) et il m’a fallu plusieurs lectures et recherches parallèles pour bien comprendre le système de jeu (qui n’est pourtant, en lui-même, pas bien compliqué mais très mal expliqué). Je n’aime pas le système de combat (et le pratiquer ne m’a pas réconcilié avec lui ; loin de là). Le style d’écriture de Siroz qui m’amusait quand j’avais la vingtaine ne m’amuse plus à 40 ans passés et certains éléments de backgrounds conçus pour être humoristiques m’agacent désormais (Nog prince démon de la paresse qui devient prince démon avec le développement du chômage, mouais… et c’est pas le seul truc de ce type). Les scénarios du bouquin de base m’excitent très modérément quand je ne les trouve pas tout simplement mauvais. Bref, il est difficile de parler de coup de cœur.

Mais, quand je m’aperçois de ça, la machine est lancée alors je vais au bout de la partie tout en indiquant à mes joueurs que ce sera peut-être bien un one shot pour se remettre le pied à l’étrier niveau jeu.

Je me retrouve avec 4 joueurs, trois qui faisaient la campagne Goule et un autre avec qui je n’ai joué qu’une ou deux fois. C’est un apport plus que bienvenu car cela permet de modifier la dynamique du groupe d’origine.

Les 4 PJ sont :
- Alister Grimmes, ange femme de Blandine incarnée dans le corps d’un archéologue à moitié mythomane et très mondain qui a construit sa carrière sur une affabulation autour d’une cité maya perdue au Guatemala et de la hype autour d’Indiana Jones au début des années 80 et dont la crédibilité universitaire et le mariage s’effondrent.
- Claude Camatte, ange de Janus incarné dans une barbouze gaulliste, ancien du SAC, plongé dans les réseaux françafricains et le financement occulte du RPR et actuellement membre du cabinet de la ministre déléguée à l’Action humanitaire et aux Droits de l’homme du gouvernement Balladur.
- Aurore de Failly, ange homme de Dominique incarné dans le corps d’une jeune juge d’instruction issue de la bourgeoisie conservatrice lyonnaise, fiancée et chaste mais qui a avorté après une relation d’un soir avec un condisciple d’Assas à son arrivée à Paris.
- Pierre Delétang, ange de Daniel incarné dans le corps d’un RMIste ayant bien du mal à boucler les fins de mois qui commencent le 10 et obsédé par le souvenir de la mort (lors d’une bagarre) du grand frère de son hôte et par un « accident » qui l’a laissé handicapé (claudication qui s’est réparée avec l’énergie angélique mais qu’il doit penser à simuler en public)

Avec ces éléments, je considère que le scénario tel qu’il est proposé pose quelques soucis.

[SPOILER]

Promotion Canopy (pour ceux qui ne veulent pas se taper le scénario entier) raconte l’alliance entre un puissant Ange de Dominique qui veut remplacer son archange et un collectif de sorciers (Suicide Solution) qui propose à des anges et démons renégat d’échapper à leur administration totalitaire de tutelle en se « suicidant » et en étant réincarné dans un nouveau corps que personne ne connait. Les PJ découvrent l’existence du groupe de sorcier, alors même que l’avatar de Dominique sur Terre est détruit dans une attaque contre des démons et qu’il ne réapparait pas au Paradis (les sorciers ont coincé son esprit dans un corps inintelligent et à la grande espérance de vie – une tortue – coincée dans un pentacle magique). Les PJ sont contraints de se faire passer pour renégat pour prendre contact avec Suicide Solution et comprendre ce qui est arrivé à Dominique.

Ce scénario a été écrit, par définition, pour un groupe générique. Mais, surtout, il semble avoir été écrit pour les joueurs n’en ayant pas grand-chose à foutre de leur PJ. En effet, dans son dernier acte, il pose comme postulat, que les PJ vont accepter, sans rechigner, d’abandonner leur incarnation terrestre pour une autre. Or, pour moi, ce qui fait le sel d’INS/MV, c’est aussi la façon dont des créatures surnaturelles s’adaptent à une couverture mortelle. En outre, la couverture est un corps, abandonné volontairement par des humains contre la promesse d’accéder au Paradis. L’abandon de son corps en échange d’une telle promesse ne peut, selon moi, avoir que deux motivations :
- Une foi inébranlable incitant l’humain à tout faire pour aider les forces du bien.
- Une forme de dépression et un dégoût pour la vie terrestre qui incitent l’humain à tout plaquer (même et surtout ses proches) contre la promesse d’une vie meilleure ; ce qui suppose qu’il n’a pas une vie de rêve.

Dans ce deuxième cas de figure, l’ange se retrouve donc dans une existence qui n’est pas rose et va devoir gérer les problèmes antérieurs de son hôte pour préserver sa couverture tout en répondant aux missions des forces angéliques. C’est intéressant mais ça perd tout intérêt si l’ange change de corps.
Dès lors que mes joueurs avaient fixé des éléments de background, leur dire dans le dernier acte « on s’en fout de ce que vous avez fait et conçus comme perso, on repart à zéro dans de nouveaux corps », ça me semblait un peu raide.

Mais comme c’est écrit dans le scénario et que, précisément, j’essaye de me forcer à changer ma façon de jouer et mon style (ce qui suppose que j’aille à l’encontre de certaines de mes inclinations), je me dis dans un premier temps qu’il faut que je conserve cette conclusion.

C’est pour ça qu’en parallèle de l’intrigue principale, je mets en scène une accumulation de problèmes pour trois des PJ qui ont le plus à perdre dans leur vie mortelle (Alister, Claude et Aurore) et je capitalise sur l’obsession de vengeance de Pierre.
- Alister apprend qu’un bouquin dénonçant ses impostures s’apprête à sortir en grande pompe, que son éditeur est prêt à le lâcher et à l’attaquer en justice pour tromperie si le bouquin en question est un succès et qu’il faut protéger l’image de marque de la maison d’édition et la crise avec son épouse est presque au point de non-retour.
- Claude est accusé par les cercles auxquels il appartient d’avoir tué un des leurs pour lui piquer 500 000 francs en provenance d’une caisse noire africaine et qui devait servir à financer les prochaines campagnes électorales [C’est le PNJ du scénario, Bernard Maure, qui, préparant son changement d’identité, détrousse des anges de Janus fraichement incarnés pour se refaire un pécule pour prendre la fuite].
- Aurore est victime d’un chantage d’un avocat véreux qui a eu vent de son avortement et menace de tout révéler à son fiancé et à sa famille si elle ne l’aide pas à sortir d’affaire un de ses clients proxénètes.
- Dans l’enquête sur le PNJ Serge Bayou, Pierre découvre qu’il a un lien étroit avec la mort de son frère mais le « suicide » de Bayou ne lui permet pas de comprendre son rôle exact.

L’idée est de tester le degré de répulsion que leur vie mortelle inspire aux trois premiers anges et de pousser le quatrième à tout faire pour retrouver Bayou, même si cela nécessite l’abandon de son corps.

Je constate que le développement des intrigues perso pousse effectivement les anges à en avoir marre de leur incarnation mais cela renforce le lien des joueurs avec leurs PJ et réduit encore leur potentielle envie de transformer l’historique du personnage en profondeur.
Je décide donc de changer la fin de la campagne. Lors du dernier acte, les PJ sont traqués et contactent Suicide Solution mais des petits signaux les incitent à ne pas accepter le deal proposé (en fait Werther Gibbons leur réserve un sort peu enviable s’ils acceptent car il ne leur pardonne pas d’avoir tué son frère dans le premier acte). Ils capturent Bernard/Bernadette Maure et fouillant ses souvenirs, découvrent que Werther Gibbons est caché à Palma de Majorque (plus accessible que le Paraguay, avec un climat permettant de garder une tortue des Galápagos et une villa récupérée à d’anciens phalangistes espagnols plutôt qu’une ancienne hacienda de nazis exilés). L’option pour y pénétrer est l’infiltration discrète plutôt que sous couverture. Cela leur permet de garder leurs corps.

Une fois le scénario terminé, Claude peut reprendre sa vie mais les soucis d’Alister et Aurore demeurent et Pierre n’a pas pu faire parler Serge qu’il a dû tuer en combat et le mystère autour de la mort de son frère demeure. Ces points seront sans doute traités hors ou en scénario.

[/SPOILER]

Je n’ai toujours pas un amour débordant pour Magna Veritas mais l’idée de base du jeu me plait, les joueurs aiment leurs persos et ont envie de rejouer avec et je me suis surpris à commencer à imaginer un prochain scénar – de mon cru cette fois - pour ce groupe.

Bref, les affaires reprennent.
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Message par wizard » Mar 12 Nov 2019, 17:35

Ce week-end, longue partie de Magna Veritas avec six joueurs, les quatre de ma précédente partie et deux « nouveaux » :
- Une amie avec qui je n’avais pas joué depuis 7 ans qui incarnait Nina, une lycéenne, ange de Christophe ;
- Un ami avec qui je n’avais pas joué depuis 12 ans qui incarnait André, un facteur, ange de Didier.
Plusieurs joueurs se rencontraient pour la première fois.

C’était le premier scénar Magna Veritas que j’écrivais moi-même et je voulais rester sur le style de « Promotion Canopy » joué cet été entre sérieux et humour absurde, un style qui ne m’est pas complètement naturel. L’histoire se déroule toujours en 1993, comme la première partie.

En avril 1993, André et Nina, alors récemment incarnés dans leurs corps humains, reçoivent pour mission d’enquêter sur un ébéniste polonais, Marcin Goretzka, venu se confesser le matin même à Saint-Germain l’Auxerrois, manifestement en proie à de grands doutes, expliquant sans en dire beaucoup qu’on l’incitait à agir contre ses convictions religieuses et contre « la gloire de Dieu ». Mais arrivés chez lui, les deux jeunes anges découvrent l’artisan assassiné (cloué à une poutre de la maison par un énorme clou métallique) et avec un atelier vide de tout objet en bois alors que la quantité de sciure sur le sol laisse penser qu’il travaillait sur un objet volumineux. L’enquête n’aboutit pas.
En octobre 1993, Pierre (PJ, ange de Daniel incarné dans un RMIste ayant de graves problèmes d’argent) revient d’un boulot d’intérim en tant qu’agent d’ambiance au Parc Astérix quand il est attaqué par deux hommes nus portant des boucliers et des épées qui veulent lui faire dire où se trouvent les anges avec qui il a travaillé dans le scénar précédent (mais les deux guerriers ne disposent pas de leurs noms, seulement de vagues indications les désignant, et ne savent pas qu’il s’agit d’anges). Pierre, qui a passé une sale journée, les massacre avant de découvrir qu’ils sont venus dans une voiture appartenant à Marcin Goretzka. Alerté, Notre Dame décide de réunir les anges ciblés par les « gaulois » et les enquêteurs d’origine pour découvrir de quoi il retourne.


Dans l’univers d’INS/MV, s’il existe un Dieu réel et qui a créé l’univers et tout le reste, les Dieux des autres panthéons existent eux-aussi mais d’une autre manière. Ils sont le fruit des rêves des humains qui ont finit par avoir une existence dans le monde des rêves - avec création de leur petite dimension en propre à la clé - quand un grand nombre de personnes, entendant les histoires des prêtres, ont rêvé d’eux de la même façon pendant des siècles. Plus il y a de croyants d’une religion, plus leur monde des rêves est proche du nôtre, plus les « dieux » ont d’énergie et plus ils peuvent interagir pour développer le nombre de croyants et en tirer des bénéfices.
Le dieu gaulois Esus entre dans cette catégorie.
Au IVème siècle, Gennan, un druide Picton de Vendée n’ayant plus personnes à sacrifier à Esus pour l’honorer, se suicide en sacrifice (je me suis inspiré de cette légende locale vendéenne). Esus le récompense en l’accueillant dans son royaume onirique.

Image

Quelques années plus tard, les prêtres chrétiens font abattre le chêne sacré d’Esus où Gennan s’était sacrifié et en font deux statues : une représentant Saint George terrassant le dragon (du paganisme) et une de Saint Antoine l’ermite (car les fidèles en pèlerinage clouent un effet personnel à un arbre qui lui est dédié avant de partir, là où les adeptes d’Esus clouaient des sacrifiés à leur Dieu en utilisant cette pratique comme rite divinatoire). Les deux statues, bien que représentant des saints chrétiens, conservent en elles, enfermée, une part de l’énergie d’Esus sur Terre. Au gré des vicissitudes de l’histoire et emportées par des exilés pendant la Révolution française, elles finissent par se retrouver dans la chapelle privée d’une famille noble de la région lyonnaise et dans un musée au Québec.

En 1989, sort le film animé d’Astérix « Le coup du menhir » (qui reprend l’histoire du « Devin » - seul Astérix où il est fait référence à Esus – et du « Combat des chefs ») en accompagnement du lancement du Parc Astérix, la même année. La presse multiplie les publi-rédactionnels et les hors-séries opportunistes sur « nos ancêtres les gaulois », avec son lot d’articles sur les divinités gauloises, et l’imaginaire des Français se peuple, pour un temps, d’images liées aux divinités gauloises, rapprochant temporairement le monde onirique des Dieux gaulois de notre monde et offrant une fenêtre d’opportunité à ces derniers pour agir.

Rachel Leibowitz est une falasha (une juive éthiopienne) adoptée en Israël à la fin des années 70 par un couple franco-israélien fortuné et sans enfant et qui a rejoint la France avec son père à la mort de sa mère dans un attentat lié au lancement de l’Intifada en 1987. Perturbée par ce décès et le changement d’environnement, mal dans ses pompes et subissant le racisme en France (femme noire et juive), elle devient toxicomane et s’enfonce dans la dépression, alternant les passions aussi dévorantes que temporaires pour un sujet et l’inaction apathique complète.

Pistonnée par son père, elle est engagée en 1989 comme stagiaire chez Infogram pour bosser sur l’esthétique d’un projet de jeu croisant un plagiat du succès jeu vidéo du moment, Golden Axe, et l’esthétique gauloise en profitant de la mode associée au lancement du parc Astérix. Elle se passionne pour le sujet et sous l’effet des drogues, finie par arriver en rêve dans la marche des rêves des Dieux gaulois où Esus en profite pour la manipuler et lui faire accepter d’abandonner son corps au profit de Gennan qui s’incarne en Rachel. Son but est de retrouver les deux statues taillées à partir de l’arbre sacré d’Esus et de les utiliser pour permettre à Esus de s’incarner sur Terre. Il est doté d’une grande force, d’une capacité à faire s’incarner des esprits de guerriers gaulois dans des corps et de quelques petits pouvoirs de divination qui lui donnent (quand il tue une personne en la clouant à un objet en bois) des intuitions parfois difficiles à interpréter.

Gennan/Rachel prend (via un homme de paille sur qui il a pris l’ascendant – il lui est difficile de le faire directement vu son corps d’emprunt) le contrôle d’un groupe de skinheads néo-païens. Il fait assassiner le père de Rachel, William Leibowitz, pour toucher l’héritage et financer ses actions dans un premier temps. Il trouve un moyen de chantage sur le Directeur financier du parc Astérix pour qu’il finance son mouvement via des contrats de sécurité pris avec une petite société (que Gennan/Rachel a créé spécialement pour l’occasion et qui emploie ses sbires) et qu’il soutienne dans les instances dirigeantes du parc la création d’un musée rassemblant des objets en lien avec la Gaule afin d’acquérir (ou se faire prêter) les statues.

L’idée du musée fait (très) doucement son chemin quand l’ouverture de Disneyland en 1992 plombe les résultats du parc Astérix qui abandonne ses projets d’investissements et cherche à réduire ses coûts au maximum.

Gennan change son fusil d’épaule. Si le parc Astérix n’acquière pas les statues, il existe un musée privé, moins regardant qu’un musée public, pouvant acheter les œuvres et qui dispose de gros moyens : l’écomusée du Puy du fou. Le parc à thème vendéen a des fonds, ne souffre pas de la concurrence de Disneyland et, en cette année 1993 a une grosse activité en lien avec la commémoration (à sa façon) des guerres vendéennes (première étape du Tour de France 93 partant du Puy du fou, album de Didier Barbelivien sur le sujet de la Vendée et instrumentalisation du parc pour la promo de Philippe de Villiers qui a de grosses ambitions pour les Européennes de 1994).

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Le patron du musée est Hervé Saint-Floriant de la Contrie, un Ange de Didier mégalo et qui, influencé par la mémoire de son corps d’adoption, croit dur comme fer qu’il est promis à un grand destin et que tout ce qui vient de la capitale (y compris les ordres de Notre Dame) est influencé par « le jacobinisme » et l’esprit antireligieux. Gennan/Rachel le convainc grâce à quelques prédictions qu’il est l’incarnation sur Terre de Saint Malachie, saint irlandais à qui on a attribué des dons prophétiques. Il lui assure que les Anges de Notre-Dame le recherchent et veulent le faire taire car il avait vu que le renouveau de la chrétienté viendrait de Vendée et qu’ils refusent de concéder la moindre miette de leur autorité sur les forces du Bien.

Gennan convainc Hervé qu’il a besoin des statues de Saint George et Saint Antoine pour disposer de visions plus claires et aider Hervé à jouer le rôle crucial dans le renouveau de la chrétienté que ses premières « visions » laissent suggérer.

Dans le même temps, Gennan s’éloigne du parc Astérix mais continue d’utiliser le Directeur financier comme vache à lait. Celui-ci, étant moins surveillé, essaye de s’affranchir de son emprise. Il mène une enquête sur la mort de William Leibowitz mais Gennan l’apprend et le supprime. Ce faisant, il perd la plupart de ses liens avec le parc Astérix même s’il y garde quelques agents.

L’objectif de Gennan est de faire acheter les deux statues par l’écomusée du Puy du fou et de les remplacer par des copies qu’il fait faire par un talentueux ébéniste. Mais la famille noble lyonnaise qui possède la statue de Saint-George refuse de s’en séparer. Gennan vole la statue et la remplace. L’ébéniste apprend à quoi servent ses statues (il n’a pas fini celle de Saint Antoine) et se confesse. Gennan le supprime et découvre lors du « sacrifice » qu’un « boiteux » (le PJ ange de Daniel), un « affabulateur s’intéressant aux objets anciens » (le PJ ange de Blandine), « une juge » (la PJ ange de Dominique) et « un homme d’argent en lien avec l’Afrique » (le PJ ange de Janus) sont une menace mais la marche à suivre contre cette menace reste floue.

L’écomusée du Puy du fou trouve un accord pour l’acquisition de la statue de Saint Antoine avec le musée du Québec et la statue doit être livrée pour un retour en Vendée en grande pompe le 3 novembre dans le parc (le dernier jour de la saison avant la pause hivernal) et juste avant le grand meeting de lancement de la campagne de Villiers pour les Européennes de 1994. Gennan planifie le vol de la statue entre son débarquement à Nantes et son arrivée au Puy du fou quand un de ses contacts au parc Astérix repère une étrange « boiteux » travaillant au parc. Interprétant mal ses visions, il envoie deux de ses guerriers gaulois pour le supprimer, mettant ainsi involontairement les Anges sur sa piste.


Les PJ vont enquêter sur le parc Astérix, la mort de l’ancien Directeur financier, celle de William Leibowitz et les cercles facho néo païens, puis partir vers le Puy du fou en pleine préparation du grand événementiel autour du retour de la statue. Ils vont finalement supprimer Gennan en pleine cérémonie visant à permettre le retour d’Esus sur Terre.

La partie a été bien sympa entre scènes sérieuses liée à l’histoire proprement dite et délires sur le côté loufoque des cadres de jeu (le parc Astérix, le Puy du fou avec les chansons de Barbelivien en bande son) et les blagues sur les anachronismes liés au fait de jouer en 1993 et sur les historiques des PJ.

Passé une petite période d’adaptation entre joueurs dont beaucoup ne se connaissaient pas avant le jour de la partie, le groupe a bien fonctionné même si je me suis encore laissé surprendre par le fait qu’un groupe de six joueurs est intrinsèquement plus lent qu’un groupe plus réduit. La partie a duré plus longtemps que ce que j’avais anticipé, obligeant d’interrompre le jeu en pleine nuit du fait de la fatigue pour terminer la partie le lendemain.

Mais tous mes joueurs m’ont assuré avoir apprécié et avoir envie de remettre ça et c’était très cool.
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Message par wizard » Ven 14 Fév 2020, 11:27

Ce week-end, partie de ma campagne Magna Veritas années 90, avec six joueurs, dont une joueuse que je n’avais plus eu à ma table depuis bientôt trois ans.
J’avais dans mon groupe trois des quatre perso joué depuis cet été :
- L’archéologue mondain, ange de Blandine ;
- La juge d’instruction, ange de Dominique ;
- L’ancien du SAC gaulliste, ange de Janus.

Les deux persos arrivés dans la dernière partie :
- La lycéenne rebelle, ange de Christophe ;
- Le postier, ange de Didier ;

Et donc, le nouveau perso :
- Une gardienne d’immeuble retraitée de 80 ans, en réalité ange de Jean-Luc, chargée de la protection du Club Fontneuve, cercle d’activités pour jeune fille de l’Opus Dei à Paris qui a subi une tentative de corruption démoniaque quelques années plus tôt.

La partie commence le 8 février 1994, à la Basilique Notre-Dame de la paix à Yamoussoukro lorsque l’ange de Janus, participant comme « ordonnance » officieux de Jacques Foccart aux obsèques de Felix Houphouët Boigny, découvre dans une pièce annexe de la basilique, un cadavre d’un homme habillé en prêtre, qui a visiblement été torturé et qui a le visage brûlé. Si une pièce d’identité trouvée à côté de lui laisse penser qu’il est un prêtre en poste en Côte d’Ivoire qui doit prochainement reprendre une paroisse à Cergy Pontoise, ses empreintes révèlent qu’il s’agit d’une toute autre personne. Surtout que le prêtre en question est vivant et se porte bien.
La victime est un certain José-Maria Uvayu, l’individu qui avait tenté de corrompre des jeunes filles du club Fontneuve.
Pour les forces angéliques, cette découverte est une grande surprise.
En effet, Uvayu était un ancien séminariste devenu policier, officiellement mort en service en tombant en voiture dans le canal à Saint-Denis mais dont le corps n’avait pas été retrouvé.
Il avait, par la suite, pris l’identité d’un prêtre espagnol que personne ne connaissait à Paris et à qui il ressemblait un peu qui devait venir enseigner au Club Fontneuve. Il avait corrompu des jeunes filles qui avaient agressée un SDF en suivant ses enseignements et les deux policiers qui étaient venus l’interpeler avaient été tués, nuque brisées, sans qu’ils aient eu la possibilité de se défendre et Uvayu avait disparu.
Pour les forces angéliques, l’affaire était simple :
- Le policier était bien mort en service ;
- Son cadavre avait été investi par un démon ;
- Le démon avait tenté de corrompre une institution religieuse mais ses ouailles avaient manqué de discrétion ;
- Repéré, il avait tué les deux policiers venus l’arrêter avant que les forces du Bien soient prévenues de l’affaire et il avait pris la fuite.

Sauf que si son cadavre a été retrouvé, il ne s’agissait pas d’un démon et tout portait à croire qu’il s’apprêtait à, à nouveau, prendre l’identité d’un prêtre venant en métropole où il n’avait pas d’attaches et qui, lui-aussi, devait s’occuper de jeunes.
Mais, dès lors, pourquoi le policier s’était fait passer pour mort et avait changé de comportement aussi radicalement ? Qui l’avait aidé pour tuer les deux policiers ? Pourquoi voulait-il, à nouveau, prendre l’identité d’un prêtre ? Qui l’a tué et torturé ?

C’est ce que doivent découvrir les PJ.

Expliquons maintenant dans quoi les PJ ont mis les pieds.
Sparx est un Démon de Grade 3 de Malphas qui a toujours été fasciné par la capacité humaine à utiliser la théologie pour justifier des atrocités. Il y a quelques décennies, il a mis au point un plan, consistant à écrire et propager sous le manteau un faux évangile, l’Evangile de Barthélémy et lui a créé une histoire : il s’agirait d’un texte écrit par Barthélémy, apôtre de Jésus qui aurait été censuré et détruit après le concile de Nicée.
D’après cette fausse version de l’Evangile, après le déluge, Noé aurait maudit Cham et Sem et aurait béni le seul Japhet et ce sont les seuls descendants de Japhet que Jésus serait venu sauver lors de sa venue sur Terre. Mais les descendants de Cham et Sem auraient travestis les Evangiles de façon à régner sur le monde.
Il a réussi à convaincre de jeunes hommes de la véracité du texte et en a convaincu de devenir séminaristes et prêtres tout en masquant leurs vraies croyances pour qu’ils forment à leur tour d’autres disciples, tous étant convaincus qu’ils sont des « descendants de Japhet ».

Cette hérésie se développe donc au cœur de l’Eglise à l’insu des forces angéliques et des fous furieux sont convaincus qu’ils servent Dieu tout en propageant une doctrine élitiste qui les pousse à s’en prendre secrètement aux « descendants de Cham et Sem » qui, dans leur logique, ne sont censés que servir d’exutoires ou d’esclaves aux vrais humains bénis de Dieu.

Ce groupe se renforce progressivement, à l’insu de tous.

Ce développement passe également par l’acquisition de moyens mystiques qui doivent servir – le moment venu - à assurer le règne des « fils de Japhet ».

Lorsque Dieu décide de détruire Sodome et Gomorrhe, ile envoie Gabriel – armé de son épée de feu – détruire les deux cités. L’arme de Gabriel est faite d’un feu qui détruit les corps mais aussi les âmes de ceux qu’il frappe.
Après la destruction, des mortels, convaincus qu’ils doivent poursuivre l’œuvre de purification de Dieu préservent quelques flammes des décombres et les gardent, masquant leur activité derrière les divers cultes consacrés à la préservation d’un foyer éternel. En secret, ce type de culte existe encore de nos jours.

Au début des années 90, un culte secret de Vesta, en région parisienne, qui préserve un de ces feux, est attaqué, le feu volé et ses membres tués.
Se faisant passer pour morte, une des cultistes identifie un des assaillants : José Maria Uvayu.
Elle prend ensuite la fuite et part vers un culte « frère » en Inde, caché dans un temple du feu du zoroastrisme.

Elle les persuade de l’aider et le groupe se met en chasse de José-Maria Uvayu qu’il retrouve en Cote d’Ivoire et qu’il tue avec une lame de feu du culte après l’avoir torturé pour lui faire donner le nom de ses complices.

Les PJ vont donc devoir mener l’enquête entre des prêtres dévoyés associés à des démons (qu’ils prennent pour des anges) et des humains disposant du feu divin lancés à la poursuite de cette opération démoniaque qui laissent des cadavres torturés et brûlés derrière eux.

Les PJ vont enquêter, découvrir un prêtre tueur en série, un exemplaire de « l’Evangile de Barthélémy », faire une alliance fragile et de circonstance avec le groupe possédant le feu divin, trouver où l’hérésie démoniaque cache le « feu divin » (dans une pizzeria au feu de bois ouvert 24/7) et mener l’assaut contre des hérétiques et des démons pizzaïolos en plein VIIème arrondissement.

Malheureusement pour les Anges, les vestales/zoroastriens profitent de la bataille pour s’enfuir et l’enquête démontre que l’hérésie est bien plus développée que le seul cercle qu’ils ont détruit.

Autre découverte, ils comprennent que l’assaut contre le culte de Vesta au début des années 90 n’a pas été mené par des démons mais des Anges qui, par la suite – sont devenus renégats et qu’ils ont croisé lors de la première partie « Promotion Canopy », ce qui laisse penser que le plan de Sparx a des ramifications au sein des forces du Bien.

La partie a été sympa même si la taille du groupe (six joueurs) est un peu frustrante car elle ne permet pas nécessairement à tous les joueurs de s’exprimer et d’agir autant qu’ils le souhaiteraient.

Je me tiens au style du jeu (qui continue de ne pas m’être naturel) mêlant intrigue fantastique contemporaine « sérieuse » et humour absurde à base de jeux de mots sur les noms des PNJ, de PNJ loufoque ou de situations comme un combat dans une pizzeria démoniaque avec attaques de pizzas pourvues de dents.

Ca me plait mais je ne jouerai pas à ce jeu pendant des années.
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Message par wizard » Sam 08 Août 2020, 00:36

Dans la nuit de lundi à mardi, nouvelle partie de Magna Veritas avec quatre joueurs (le Blandine, le Daniel, le Dominique et le Janus avec qui j’avais commencé la campagne il y a un an). C’était aussi le troisième scénar MV que j’écrivais moi-même. C’était ma première partie depuis la crise du Covid-19.

Fin mars 1994, les PJ qui devaient, normalement, bénéficier d’une semaine de « congés » de toutes missions angéliques pour se consacrer pleinement à leur couverture, sont convoqués à Notre Dame dans l’urgence pour une mission qui leur a été attribuée après une modification du planning dont personne ne semble rien savoir et qui agace au plus haut point leur supérieure directe.
Jean-Philippe Rizo, un ange de Laurent dont la couverture est très marquée à l’extrême-droite a participé à une manifestation des mouvements néofascistes européens à San Sebastian, dans le pays basque espagnol, contre un projet de réouverture de l’instruction sur le massacre de Montejurra de 1976.

Mais, peu de temps après la manifestation, un autre manifestant d’extrême-droite avec qui Rizo s’est disputé viollement (il y a un témoin) est retrouvé battu à mort. Rizo est identifié à la frontière franco-espagnole, tente de prendre la fuite mais est arrêté sur le port de Fontarrabie où, du fait des nombreux témoins, il n’a le choix qu’entre l’utilisation de ses pouvoirs offensifs et une rupture majeure du Grand jeu ou de se laisser arrêter.
Il est arrêté et envoyé en prison et Notre Dame envoie les PJ (le Janus qui bosse dans un ministère et le Dominique qui est juge d’instruction sous leur vrai nom et les deux autres sous couverture) pour le rapatrier en France en l’innocentant ou en négociant son extradition en France avec les autorités espagnoles pour le juger en France. La mission est délicate car la manifestation d’extrême droite a été perçue comme une provocation par les indépendantistes basques qui font un symbole de cette affaire criminelle et parce que les relations entre la France et l’Espagne à cause de la « guerre de l’anchois » entre pêcheurs basques espagnols et français.

Arrivés sur place, après avoir interrogé Rizo en prison, les PJ acquièrent la conviction que le Laurent n’est pas l’assassin mais qu’il cache quelque chose de grave. La découverte que trois autres anges (deux de Laurent et un d’Yves) ont participé à la manifestation de San Sebastian « à titre privé » et n’ont pas donné signes de vie depuis, puis du cadavre littéralement broyé du minable avocat commis d’office qui avait été affecté à la défense de Rizo renforcent leurs soupçons. Leur enquête est cependant délicate vue le contexte politique.

Il est temps d’expliquer ce qui s’est passé.
Rizo et les autres anges font partie d’un groupe d’anges officieusement renégats mais feignants de travailler pour les forces du Bien qui recherchaient l’épée magique Durandal, perdue depuis la bataille de R oncevaux. Ils ont profité de la manifestation pour justifier aux yeux des autorités angéliques leur présence dans le pays basque et ont trouvé sa trace mais ont dû affronter un ange de Gabriel amnésique (il ne se souvient que de sa mission sacrée de protection de l’épée) qui, du fait de sa pilosité et de sa vie d’ermite, est associé dans les légendes locales au Basajaun, sorte de yéti basque par les rares humains qui l’ont observé de loin.

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Rizo a été le seul survivant parmi les assaillants et est parvenu à fuir avec l’épée, poursuivi par le Basajaun. Pour mener l’assaut, les quatre assaillants avaient emprunté la jeep d’un militant d’extrême-droite de San Sebastian, furieux de retrouver sa voiture endommagé quand Rizo la lui rend. Cela provoque une courte bagarre dont un témoin voit le début puis Rizo part vers la frontière avec Durandal avant que le Basajaun, qui traque Rizo à l’odeur, tombe sur le propriétaire du véhicule et le tue.

Cela amène Rizo à être recherché par la police quand il veut passer la frontière et il prend la fuite avec Durandal. Il part vers Fontarabie et tente de voler un bateau de pêche mais n’y parvient pas. Il cache l’épée dans le filet du bateau avant de se laisser arrêter en raison des nombreux témoins. Il est surpris que les anges qui lui sont envoyés pour le sortir de là ne soient pas membre de la conjuration (ils ne répondent pas comme ils devraient aux mots clés qu’il leur lance discrètement) alors qu’il pensait tomber sur des alliés à qui il révèlerait l’emplacement de l’épée avant qu’ils le sortent de prison. Après le passage des anges, il force son avocat commis d’office à passer un coup de téléphone à ses alliés mais, peu de temps après l’appel, il est retrouvé par le Basajaun (il porte l’odeur de Rizo) qui le tue. Les alliés de Rizo envoient une équipe (des démons renégats travaillant pour Suicide solution, un groupe que les PJ ont rencontré dans le premier scénar) rechercher l’épée mais le bateau est parti en haute mer pour protéger les bancs d’anchois contre les incursions des pêcheurs français.

Les PJ vont devoir démêler l’intrigue et vont comprendre que c’est l’ange de Joseph, Emmanuel Tourque (rencontré lors du premier scénar et recroisé par la suite), qui – soupçonnant l’existence d’un groupe renégat à Notre Dame et ne sachant à qui s’en ouvrir – a falsifié des documents pour que ce soient eux qui reçoivent la mission. Ils vont récupérer Durandal en se mêlant à une bataille navale entre pêcheurs d’anchois alors que les démons de Suicide Solution essayent, eux-aussi, de récupérer l’arme. Ils n’en apprendront pas plus car Rizo « meurt », ils soupçonnent Suicide Solution de l’avoir récupéré, et Emmanuel Tourque disparait également mystérieusement.

La partie a été très sympa. Je ne suis toujours pas un grand fan de MV en tant que tel mais ça fonctionne bien avec mon groupe. Je conserve le style du jeu (qui ne m’est pas naturel) et la conception des parties ne m’amuse pas trop (j’aimais beaucoup concevoir mes parties pour ma précédente campagne) mais j’aime toujours autant faire jouer mes parties de Magna Veritas. Je mélange intrigue sérieuse, situation absurde et collection de calembours honteux dont certains ne sont pas assumables sur un forum public.

Bref, un très agréable moment.
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Message par wizard » Lun 01 Fév 2021, 11:04

Ce week-end, partie de INS/MV, ma première partie de JdR depuis août et la dernière avant… on verra bien.

Nous sommes en juin 1994, les PJ sont envoyés en mission à Ploukelec’h, un patelin de 600 habitants en Bretagne où une jeune paysanne (Soazig Le Cloac’h) a été retrouvée morte dans la ferme où elle vivait pauvrement et seule. La scène de crime démontre la présence d’une intervention démoniaque (porte défoncée avec une extrême puissance, murs de pierre de la ferme lacérés par des traces de griffes ou de cornes colossales, brûlure d’acide sur le parquet). En outre, 5 ans plus tôt, l’oncle (et père de substitution) de la jeune fille avait été assassiné par un démon que les forces angéliques avaient retrouvé et éliminé par la suite. Notre Dame considère que la première enquête a dû louper un truc et envoie donc une nouvelle équipe pour éclaircir la situation : les trois PJ (un Blandine, un Didier et un Daniel). Ils vont se retrouver dans une histoire bien plus complexe qu’une simple attaque de démon.

En 1988-89, deux démons pas bien futés et un peu barges (un Kobal – prince démon de l’humour noir – et Ray, un Caym – prince démon des animaux) s’associent malgré leurs desseins différents et sèment le chaos à Ploukelec’h. Le Caym a des rêves de transformation et de corruption de la création divine et utilise son pouvoir de métamorphose pour s’accoupler avec des animaux de ferme de la région dans l’espoir de créer des lignées d’animaux démoniaques, ce faisant il crée des dégâts dans les fermes et des mutilations d’animaux que le Kobal impute à divers habitants du village dans des courriers anonymes dont il arrose le village, simplement pour s’amuser.
Lors d’une de ses incursions nocturnes, Ray est surpris par Loïc le Cloac’h (le plus pauvre et le plus méprisé des habitants du village – j’avais bossé l’historique du village sur ce sujet mais c’est un résumé et je la fais courte) et le démon supprime le paysan. Ce meurtre attire l’attention des Anges qui envoient une équipe qui trouve le Kobal et le tue. Les Anges se satisfont de cette élimination et le Caym quittant la région (récupéré par les forces du mal qui le punissent pour ses conneries), les problèmes de Ploukelec’h prennent plus ou moins fin, laissant penser à Notre Dame que le sujet est clos.

Soazig Le Cloac’h, la nièce de Loïc un peu simplette qui vivait avec lui, se retrouve seule dans sa ferme. La truie de la ferme que le Caym avait engrossé meurt en donnant naissance, trois mois plus tard, à un porcelet unique d’une taille conséquente et ayant hérité de la puissance démoniaque de son père mais auquel Soazig s’attache et qu’elle choie. Le cochon, qu’elle baptise Anicet, atteint une taille colossale et dispose d’une intelligence supérieure à celle des autres porcs mais, dorloté, ne développe aucun autre trait démoniaque et aime profondément Soazig.

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De leur côté, les forces démoniaques débriefent Ray, le Caym, et cela donne une idée à Ruindlam, une démone de Vapula (prince démon de la technologie). Elle constate que Ray - pour une raison inconnue – engendre beaucoup plus de rejetons corrompus (mais pas autant qu’Anicet quand même) que la plupart des démons qui s’accouplent avec des humains/des animaux (la plupart des enfants naissant de ces relations sont normaux) et Ploukelec’h a donc une génération d’animaux élevés pour la consommation de viande qui ont des traces démoniaques. Ruindlam décide de capitaliser sur ce point pour faire un test en vue d’un éventuel programme de grande ampleur : la corruption des humains par leur alimentation.
Ayant reçu l’aval des autorités démoniaques et à la tête d’une équipe de démon :
- Elle fait racheter l’abattoir local qui achète les bêtes aux exploitants locaux ;
- Elle séduit et épouse le boucher de Ploukelec’h, rapidement transformé en familier ;
- Elle scinde les différents foyers de Ploukelec’h en quatre catégories : Groupe 1, ceux à qui, en tant que bouchère, elle vend de la viande issue d’animaux très corrompus – Groupe 2, ceux à qui elle vend de la viande d’animaux descendant de Ray mais sans traces de corruption – Groupe 3, ceux à qui elle vend de la viande normale – Groupe 4, le groupe témoin, des hippies installés dans la région qui sont végétariens ; puis Ruindlam étudie les évolutions de comportements des habitants.

Les résultats sont très intéressants et la population nourrie à la viande corrompue développe ses pulsions les plus sombres, laissant espérer que l’élevage d’animaux générés par Ray pourrait entrainer la corruption de population beaucoup plus large.

C’est là que la machine dérape.

Trois fils de notables nourris à la viande contaminée et s’ennuyant ferme la nuit à Ploukelec’h, décident, un soir d’ivresse, d’aller « s’amuser » chez Soazig Le Cloac’h, jeune fille vivant seule et loin de tous. Soazig se défend et ceux-ci la battent et l’étranglent. Les cris d’agonie de celle qu’il considère comme sa mère réveille la nature démoniaque d’Anicet qui arrive à son secours en développant pour la première fois sa nature et ses pouvoirs infernaux, laissant des traces manifeste de son passage. Il met en fuite les agresseurs mais ne peut empêcher la mort de Soazig.

Anicet est désormais pleinement un cochon démoniaque géant, ivre de vengeance et bien résolu à flairer et éliminer ceux qui s’en sont pris à « sa mère ». Ce sont ses actions qui attirent l’attention des Anges.

Cette situation ne fait pas les affaires de Ruindlam qui a besoin de discrétion pour mener son expérience et qui ordonne aux démons qu’elle dirige qu’Anicet soit retrouvé et éliminé.

Ce faisant, elle commet une erreur : Ray avait accepté, à contre-cœur, de laisser ses enfants animaux se faire manger pour éviter d’être sanctionné davantage et parce qu’il les jugeait décevant par rapport à ce qu’il avait espéré créer. Mais, avec Anicet, il a une représentation parfaite du type de progéniture qu’il souhaitait engendrer et il n’est pas question pour lui qu’on tue l’objet de sa fierté. Il décide donc de devenir renégat et de retrouver le porc en premier pour s’enfuir avec lui. Or, Ray, du fait de ses capacités spéciales de reproduction est essentiel au projet de Ruindlam.

On a donc :
- un porc démoniaque qui recherche des fils de notable pour les tuer ;
- Un démon de Caym azimuté qui recherche le porc pour le protéger et fuir avec lui ;
- Un groupe de démons qui recherche le porc pour le supprimer et le Caym pour le ramener au bercail ;
- La population d’un petit village bouffée par les rancœurs, les secrets de famille et les vieilles haines familiales dont une partie est influencée par la bouffe démoniaque qu’elle s’envoie sans le savoir, qui est prête à mettre des bâtons dans les roues de tout « étranger » qui se mêle de ce qui ne le regarde pas et à organiser des lynchages s’ils estiment que tel ou tel est responsable des meurtres survenus dans le village.

Et on a les anges au milieu de tout ça.
Ils ont compris très vite que la mort de Soazig n’avait pas été causée par la créature qui avait causé les dégâts dans la ferme et, à partir de là, ont identifié les différents tenants et aboutissants assez méthodiquement jusque à l’éradication complète des forces démoniaques en présence.
Ils avaient un peu d’empathie théorique pour Anicet (je m’étais demandé si cela pourrait créer un dilemme) mais ils ont très vite considéré qu’il devait être éliminé également.
Je m’étais demandé si je ne faisais pas s’en sortir Ruindlam, qui aurait pu resservir en mode « scientifique démoniaque aux plans tordus » mais quelques bons jets de dés de mes PJ ont ruiné cette hypothèse qui n’était, de toute façon, pas essentielle.

La partie a été sympa et ce d’autant plus que cela faisait longtemps qu’on n’avait pas joué et que ça manquait.
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Message par wizard » Mar 02 Mars 2021, 23:29

Ce week-end, suite de ma campagne Magna Veritas.

Cette fois-ci, comme on joue en 1994, j’ai décidé de plus insister sur le décalage temporel avec notre époque avec au menu AB Production, Yves Mourousi, le Minitel rose ou encore le service militaire.

Les personnages sont chargés d’enquêter sur une affaire d’agression. Un acteur d’une série AB production en gestation (« la Cafète de la Passion ») a agressé sans raison une jeune actrice de la même série avant d’être arrêté par l’équipe technique et d’être envoyé à Sainte-Anne dans un état catatonique. Ses empreintes (prises par la police pour la première fois) correspondent à celles trouvées sur une arme ayant servi, en pleine nuit, à la Foire du Trône dans une rixe qui impliquait manifestement des créatures surnaturelles d’après des témoins, la nuit précédente. Les PJ ont pour mission de comprendre ce qui se passe.
En fouillant les souvenirs de l’acteur en explorant ses rêves, l’ange de Blandine du groupe est confronté à une créature qui dévore les souvenirs du jeune homme mais parvient malgré tout à identifier un autre participant à l’attaque de la Foire du trône qui présente les mêmes symptômes.

L’histoire :
En 1985, un groupe de démons s’intéresse aux affaires de Sanjay Dutt, un sorcier d’origine indienne et jet-setteur parisien qui règne en sous-main sur le Little India parisien, à côté de la gare du Nord, grâce à son contrôle de Vetalas, des créatures de la mythologie hindouiste qu’il parvient à incarner sur Terre (via les marches des rêves) et en les réduisant en esclavage magiquement.
Se sentant menacé, le sorcier décide de cacher son objet magique le plus précieux, un Katar servant à invoquer facilement des Vetala, en le confiant comme un « cadeau » à un de ses amis d’orgie parisienne, le présentateur vedette Yves Mourousi. Le sorcier se dit que personne ne pensera à chercher l’objet chez lui et que sa notoriété le protègera.

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Sanjay Dutt espère pouvoir récupérer l’objet plus tard mais il n’en aura jamais l’occasion, les démons le tuant avant.
Les démons constatent, après coup, qu’il leur manque un objet essentiel pour asservir de nouveaux Vetalas mais ce n’est pas si grave : ils récupèrent le territoire du sorcier, les Vetalas qui avaient déjà été invoquées, et tiennent un petit territoire sans trop d’efforts, bien pratique comme base arrière et pour des tas de trafics illégaux et rentables.

Les Vetalas qui sont toujours dans les marches des rêves ne sont évidemment pas ravies de cette situation : leurs semblables sont esclaves sur Terre et si le Katar est retrouvé, c’est probablement ce qui les attend également. Elles cherchent donc un moyen d’arriver sur terre pour régler la question.

Ce moyen, Elles vont le trouver via Michel Del, un ingénieur en informatique et télématique. Passionné par l’œuvre de Thomas Edison (y compris dans la passion pour l’occultisme de ce dernier et ses liens avec la Société théosophique), il s’est mis en tête de construire un Nécrophone pouvant permettre « aux morts » de taper des messages sur un ordinateur ou un minitel. Mais cet objet n’est jamais parvenu à faire parler les morts, il a juste capté des liens avec les nombreuses créatures que la société théosophique étudiait dans sa doctrine syncrétique ; dont les Vetalas.

Par ailleurs, Michel Del est embauché par la toute jeune société Iliad, de Xavier Niel, qui avant d’être un géant des télécommunications commence à faire fortune dans le Minitel rose et les peep-shows. Le job de Michel est de développer des bots qui, sous pseudonymes féminins, lancent des débuts de conversations random aux nouveaux connectés pour que ceux-ci restent connectés plus longtemps sur le site et payent davantage. Michel dispose pour ses tests d’un vrai site 3615, « 3615 Eugénie », nom de domaine déposé mais sur lequel Iliad ne fait pas de publicité.

Les Vetalas utilisent le Nécrophone nouvelle version pour investir 3615 Eugénie et attendent leur heure. Cette heure arrive quand, fin 1992, des appelés du contingent planqués dans l’administration militaire reçoivent l’ordre de leur hiérarchie de consommer du minitel à outrance pendant une semaine pour éviter que le budget communication soit diminué l’année suivante. Désœuvrés, ils finissent, au bout de quelques jours, à taper les adresses au hasard en tenant des prénoms féminins au pif et finissent par tomber sur 3615 Eugénie où ils entrent en communication avec les Vetalas qui les subjuguent magiquement. Ramenés à la vie civile, les jeunes hommes continuent de se connecter (et perdent progressivement tout souvenir de quand ils le font) et à obéir aux ordres des Vetalas qui leur font commettre des rituels sanglants dans un état second permettant aux premières Vetalas de s’incarner dans des corps d’humaines.

Les Vetalas commencent à développer une présence assez importante quand le Katar refait surface.

Yves Mourousi s’est fait virer de TF1 et il est criblé de dettes. Ses meubles sont saisis en vue d’une vente aux enchères et le Katar est inventorié – attirant l’attention des démons et des Vetalas. Il est toutefois rapidement retiré des projets d’enchères, le « roi des forains » et ami personnel d’Yves Mourousi, Marcel Campion, ayant racheté l’ensemble des meubles du présentateur pour les rendre à leur propriétaire (vraie histoire).

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Quelques démons – pensant à un coup facile - se rendent à la Foire du trône pour retrouver le Katar et sont attaqués par les Vetalas libres (mieux armées et mieux préparées) qui gagnent la confrontation et emportent l’objet magique. Mais pour les anciens appelés du contingent que les Vetalas manipulaient et ont utilisé dans ce combat, le choc d’une confrontation violente et aussi manifestement surnaturelle est la goutte d’eau de trop et ils commencent à péter les plombs (et ce d’autant plus que les Vetalas, disposant désormais du Katar, commencent à invoquer leurs sœurs, préparent la libération des Vetalas esclaves et se soucient peu de leurs serviteurs humains).

Ce sont ces pétages de plomb qui vont attirer l’attention des anges et les amener à croiser Jean-Luc Azoulay, Xavier Niel jeune (et comment on fait quand on ne trouve aucune photo de Xavier Niel d’avant 2003 ? On colle assez grossièrement le visage de 2003 sur le corps de Difool de 1994), Marcel Campion (et ses forains gros bras qui n’aiment pas les gens qui posent des questions), Yves Mourousi (faire la voix d’Yves Mourousi qui dit « Bonjour » en scénar… tous les MJ ne peuvent pas se vanter d’avoir fait ça), le monde du Minitel rose, des démons et des vampires indiens.

Partie sympa qui aurait sans doute gagnée à être un peu plus préparée si j’avais eu le temps mais très cool quand même et rigolote à jouer. Comme on est toujours en période de crise sanitaire et que je ne sais jamais en avance quel joueur pourra venir et qui sera forcé d’annuler, je joue vraiment en mode mission, en insistant peu sur les backgrounds de mes PJ puisque je ne sais jamais sur qui je pourrai compter au final. Du coup, ça manque un peu d’implication des personnages basée sur leur historique et on est un peu trop dans « les patrons vous demandent ça ». Dès que je pourrai, j’essayerais de creuser davantage les persos via les parties.
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Message par wizard » Lun 17 Mai 2021, 17:22

Ce week-end, suite de ma campagne Magna veritas années 90 avec quatre joueurs.

En novembre 1994, les PJ reçoivent pour mission d’élucider le massacre de trois agents de sécurité alors qu’ils assuraient la protection d’une société d’évènementiel engagée pour un colloque écolo-religieux œcuménique. Ce colloque est organisé par Antoine-Hervé de Naury un ange de Didier (archange de la Communication) très influent politiquement.

Le colloque rassemble :
- Abdelkrim Sélim, un jeune mais influent théologien musulman sunnite de l’université d’Al-Azhar qui travaille à la promotion de la question environnementale en s’appuyant sur des interprétations du Coran et qui est le protégé d’une Ange d’Eli ;
- Asamoah N’Donoko, un influent pasteur évangéliste Ghanéen, très engagé politiquement dans son pays contre la présidence de de Jerry Rawlings en s’appuyant sur la question environnementale comme argument de campagne ;
- Quentin Pagne, prêtre catholique canadien très engagé dans l’aide humanitaire et environnementale en Afrique et chouchou d’Antoine Hervé de Naury.
Le trio Selim-N’Donoko-Pagne (je n’ai aucune dignité en matière de calembours) et leurs conseillers ou patrons humains et/ou surnaturels sont dans un palace parisien et discutent à l’élaboration d’un appel commun œcuménique sur la question de la protection de l’environnement dans les pays du Tiers-monde.
Antoine-Hervé de Naury espère s’appuyer sur ce texte pour lancer une grande opération de communication planétaire autour des thèmes de l’environnement et de la religion et promouvoir encore sa carrière déjà prometteuse.
Pour donner un écho à cet appel, de Naury envisage d’organiser un grand concert caritatif autour de l’initiative œcuménique en mode «’Live’Aid » et a déjà engagé une petite société spécialisée dans l’évènementiel pour commencer à le préparer.
Comme de Naury craint que les démons tentent de faire capoter son action, il a sécurisé l’hôtel où se tient le colloque et trois agents de sécurité avaient été dépêchés pour surveiller discrètement la société et assurer sa sécurité.
Ce sont ces agents qui ont été massacrés par un démon assez peu discret qui est reparti aussitôt après son attaque sans s’en prendre à ce que les trois surveillaient.
Les PJ doivent enquêter sur l’attaque mais leur contact les prévient : Notre Dame veut le succès du colloque et de Naury est susceptible de briser leur carrière (et leur incarnation sur Terre) s’ils lui déplaisent, ils vont donc devoir se montrer particulièrement diplomate avec lui.

Une recommandation pas infaisable a priori mais qui se complique quand ils vont progressivement se rendre compte que l’histoire qu’on leur a raconté autour de leur mission n’est pas tout à fait exacte et que s’il y a bien un démon qui a mené l’attaque, c’est ce dernier qui est le « gentil » et c’est de Naury qui couvre « le méchant ».
Il y a aussi d’autres factions engagées dans cette histoire.

L’histoire trouve ses racines dans les années 70. Antoine-Hervé de Naury est alors un jeune et prometteur ange de Didier persuadé que les années 60 sont en train de ringardiser la religion chrétienne et qu’il faut la moderniser en la faisant s’investir sur des sujets porteurs comme la défense de l’environnement et l’aide aux pays pauvres.

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Il rencontre un prêtre anglican canadien, Quentin Pagne, qui partage ses idées et qui présente bien et il décide d’en faire son instrument médiatique pour mener à bien ses projets. Antoine-Hervé de Naury pouvant surtout s’appuyer sur des réseaux catholiques, pour des raisons pratiques, il convainc Quentin Pagne de se convertir au catholicisme. Pagne est certes marié (à Marie-Amélie) mais l’église catholique accepte les prêtres mariés venant de l’anglicanisme ou de certaines églises orientales rattachées au catholicisme et de Naury estime que le côté « prêtre marié » contribue à l’image moderne du personnage.
Pour mener à bien ses projets, le couple Pagne s’installe à Paris et, pour assurer sa sécurité, de Naury parvient à dépêcher un ange de Jean-Luc incarné dans un garde du corps antillais, Augustin Vierdenaux, à la protection du couple.

Quentin Pagne passe ses journées avec de Naury, s’imagine une grande carrière et trouve Marie-Amélie de plus en plus encombrante et le lui fait sentir. Marie-Amélie en souffre, se rapproche d’Augustin Vierdenaux qui en tombe amoureux et quand, fin 1973, elle tombe enceinte, elle ignore si l’enfant est de son mari ou d’Augustin.
La date de la naissance approchant, Marie-Amélie et Augustin paniquent concernant la façon dont Pagne et de Naury pourraient réagir si le bébé était métis. Ils décident donc d’organiser un faux enlèvement de Marie-Amélie pour organiser l’accouchement secrètement et aviser en fonction de ce à quoi ressemblera l’enfant. Vierdenaux gère à la fois les discussions avec les « ravisseurs » et les messages des ravisseurs et gagne du temps. Malheureusement, Marie-Amélie qui a une santé fragile (elle souffre de la maladie de Wilson, une maladie génétique) et est fortement stressée par la situation subit des complications pendant l’accouchement clandestin et décède en mettant au monde une petite fille métis.
Augustin Vierdeneaux enterre celle qu’il aimait sous un faux nom, parvient à faire adopter sa fille, Isabelle, par une famille catholique en mal d’enfant, les Monta, et interrompt toute communication de la part « des ravisseurs » qui semblent s’être évaporés.

Antoine-Hervé de Naury va capitaliser sur ce drame pour accroître l’aura de Quentin Pagne. Toutefois, bien que profitant de la situation et ignorant le rôle de Vierdeneaux dans le faux kidnapping, de Naury tiendra fortement grief de la disparition de Marie-Amélie et fera jouer ses relations pour qu’Augustin soit affecté aux missions les plus dangereuses, espérant ainsi le renvoyer rapidement au Paradis et ne plus jamais avoir affaire à lui.

C’est lors d’une de ses missions qu’Augustin va rencontrer Salvatore Mondani, un démon renégat de Baal, adorant la violence et les bagarres mais doté d’un étrange sens de l’honneur difficile à concilier avec ses missions et qui l’a poussé à quitter le camp du Mal. Lors de leur affrontement, Vierdeneaux vainc Mondani mais ne le tue pas et lui propose un pacte. Vierdeneaux sait que, tôt ou tard, une des missions suicides sur lesquels de Naury le fait envoyer lui sera fatale et il craint pour l’avenir de sa fille. En échange d’un rapport de mission tronqué où Vierdeneaux affirmera avoir supprimé Mondani pour que les forces du Bien le laissent en paix, Mondani devra s’assurer de la sécurité d’Isabelle Monta. Par respecte pour celui qui l’a battu mais épargné, le démon accepte et tiendra parole.

Peu de temps après, Vierdeneaux succombe dans une mission.

En 1994, de Naury lance son projet de colloque œcuménique environnementaliste. Pagne revient à Paris pour la première fois depuis la mort de Marie-Amélie. En 20 ans, il a réinventé sa relation avec Marie-Amélie comme une relation idyllique alors qu’il la traitait très mal dans la dernière année de leur mariage et n’oublie pas l’enfant qu’il a perdu. Il décide d’engager un détective privé pour faire des recherches sur les personnes souffrant de la maladie de Wilson en France.
Le détective découvre l’existence d’Isabelle Monta, jeune fille née au moment de la disparition et traitée pour la maladie de Wilson. Agée de 20 ans, elle travaille comme assistante dans une petite société d’évènementiel sur Paris.
Quentin Pagne parvient à convaincre de Naury d’envisager un concerte type « Live Aid » (« Live’Aid » du pauvre mais bon…) autour de l’appel en discussion et d’avoir recours à la société d’évènementiel pour commencer à le préparer.
Cela lui permet de rencontrer Isabelle et, quand il la voit, il comprend qu’elle est la fille de son épouse et d’Augustin Vierdeneaux. Fou de rage, il perd les pédales et se dit que puisque la mère l’a trahi, il possèdera la fille et projette de la faire enlever.

Il engage trois malfrats pour la kidnapper mais ceux-ci sont repérés par Salvatore Mondani qui les massacre.
Juste après avoir appris le massacre à côté des locaux de la société d’évènementiel, de Naury obtient les aveux de Pagne sur le projet d’enlèvement. Il est atterré mais ne veut pas sacrifier tout son travail alors qu’il est proche du succès. Il invente une histoire d’agents de sécurité qu’il a engagés lui-même et propose de mener l’enquête mais Notre Dame souhaite qu’il se focalise sur le colloque et nomme d’autres agents sur cette mission : les PJ.

Les PJ vont devoir éclaircir l’affaire avec un démon de Baal bien décidé à éradiquer la menace contre Isabelle Monta et un ange de Didier qui brouille les pistes pour protéger Pagne.
A cela s’ajoute :
- une démone de Malphas qui veut créer des tensions entre les anges chrétiens et l’ange musulmane participant aux discussions en manipulant un poseur de bombe intégriste catholique qu’elle a persuadé que, dans ce colloque, des prêtres corrompus s’apprêtaient à vendre l’occident chrétien à des islamistes.
- Les sorciers de « Suicide solution » (adversaire des PJ depuis la première partie) qui craignent que Mondani (qu’ils ont aidé à devenir renégat) finissent par se faire capturer en attirant l’attention sur lui et dise ce qu’il sait sur leur organisation.

Les PJ vont devoir démêler tout ça et, dans le final, empêcher que de Naury (qui a découvert et éliminé la démone de Malphas et compte utiliser son poseur de bombes à son avantage) ne parvienne à s’en sortir en envoyant dans un piège Pagne, Isabelle Monta, Salvatore Mondani et le poseur de bombe envoyé en mission suicide en faisant exploser tout ce beau monde dans un immeuble (et qu’importe les autres habitants) afin de transformer Pagne en martyr de démons et vendre son projet coûte que coûte.

La partie a été bien sympa et les joueurs ont bien compris tous les enjeux malgré la complexité de l’intrigue.
On s’est bien amusé.
Contraint par ses joueurs à être le Luc Besson du JdR.

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Message par wizard » Ven 13 Août 2021, 15:34

Il y a quelques jours, partie de Magna Veritas avec quatre joueurs.

Nous sommes en mars 1995, perdu de nuit en voiture dans les rues de Neuilly sur Seine, un Cadre sup de la Direction des programmes de TF1, Vincent-David Lézavu, assiste à ce qui ressemble à un enlèvement d’un jeune homme par des extraterrestres et se met en demeure de mobiliser les moyens de sa chaîne de télévision sur ce sujet.

Les PJ sont convoqués à Notre-Dame pour travailler sur ce mystère. Non seulement les forces angéliques voient d’un mauvais œil tout développement de l’ésotérisme ufologique mais, en plus, l’adolescent disparu, Benoît Nidédieu, est un ancien leucémique, sauvé miraculeusement après un pèlerinage à Lourdes, et il n’est pas question que la bénédiction divine dont a bénéficié une famille de bons croyants soit détournée de sa signification.

Les PJ doivent donc retrouver l’adolescent et tuer dans l’œuf la campagne médiatique en gestation sur les enlèvements d’extraterrestres. Leur enquête se complique encore quand un fonctionnaire du Service d'expertise des phénomènes de rentrée atmosphérique (SEPRA, le successeur du GEPAN) est retrouvé mort comme s’il avait été frappé en plein cœur par une forte charge électrique dans un hangar désaffecté où on trouve de vieux symboles magiques. Les premiers éléments d’enquête permettent de déterminer que le spécialiste des OVNIS avait rendez-vous avec Johan Shaeffer, un individu à la tête d’un groupe d’Ufologues dissous. Suite à cela, TF1 reçoit une vidéo de Benoît Nidédieu annonçant que des extraterrestres, les « Gris », s’apprêtent à détruire le monde mais qu’une autre espèce extraterrestre, « les Elohims », va tenter de sauver le maximum de terriens qui ont reçu leur message d’alerte ; un message qui fait échos aux rêves reçus par de nombreuses personnes dans l’année écoulée. La vidéo est interceptée in extremis par les forces du Bien mais Notre Dame craint une catastrophe imminente.

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Il est temps d’expliquer un peu ce qui se passe.

Un groupe d’Anges de Walther (les Anges exorcistes) mené par un Ange incarné dans le corps d’une prof de fitness, Maeva Deretro, en a eu assez de consacrer des efforts considérables pour expulser du corps des humains des démons revenant sans cesse dans de nouvelles incarnations. Ils ont constitué un groupe secret, les Chiffonniers, qui a adopté un nouveau protocole : quand ils sont confrontés à un démon particulièrement vicieux, ils transfèrent son esprit dans un objet qu’ils placent dans un pentacle magique pour qu’il ne puisse plus utiliser ses pouvoirs. Il s’agit d’une violation des règles du Grand jeu et les Walther gardent donc cette pratique secrète.

Tout se gâte quand deux cambrioleurs peu éveillés, les frères Hauquoi (Ted et Bill), volent les objets entreposés et les vendent aux puces de St-Ouen. Les Walther retrouvent rapidement les deux voleurs, récupèrent la plupart des objets mais quatre manquent à l’appel :
- un Belial incarné dans un Big Jim ;
- un Haagenti incarné dans une armoire Goldorak ;
- un Vapula incarné dans des dés en mousse décoratif pour rétroviseur de voiture ;
- Un Beleth incarné dans un télescope rose.

C’est ce dernier qui dirige le groupe et a manipulé son acheteuse (une décoratrice d’intérieur, Kathy Penflame) pour retrouver les trois autres et l’aider à réaliser son plan qui devrait permettre aux quatre de revenir chez les démons par la grande porte.

Grâce à ses sorts d’illusion et de cauchemar, le Beleth a convaincu Kathy, puis d’autres, que les humains avaient été créés par les Elohims (il a pompé ça chez les Raéliens) et il a ajouté qu’une autre espèce, les Gris, s’apprêtaient à détruire le monde. Les élus des Elohims devront tuer leur forme mortelle pour que leur esprit puisse rejoindre la planète des Elohims. Ils ont réussi à convaincre de cela Benoît Nidédieu et comptent s’appuyer sur son suicide pour convaincre beaucoup de mortels de se suicider (ce qui les condamne à l’enfer). Pousser au suicide un enfant béni par Dieu devrait leur permettre de bénéficier d’une forte récompense par leur hiérarchie et d’une nouvelle incarnation plus conforme à leurs ambitions.

Pour que leur plan fonctionne, ils sont obligés de donner une notoriété à leur opération mais ils savent que cela va mécaniquement attirer l’attention des forces angéliques. Aussi, ils décident de créer des fausses pistes en tuant le fonctionnaire du SEPRA dans l’ancien entrepôt où ils étaient détenus par les Chiffonniers et d’impliquer le groupe de Johan Schaeffer, qui est en réalité un rassemblement de psy qui a identifié les sombres desseins de Kathy Penflame.

Ils espèrent que les différents groupes vont perdre suffisamment de temps à se combattre ou à masquer leur existence en semant de fausses pistes pour embrouiller l’enquête officielle et leur permettre d’organiser le grand suicide collectif et le médiatiser.

Les PJ vont cependant parvenir à désamorcer les relations tendues avec les Chiffoniers et le groupe de Shaeffer et réunir les infos des différents groupes pour se rendre sur le lieu du suicide collectif et l’empêcher in extremis (quelques morts à déplorer mais ils sauvent Benoît Nidédieu). Toutefois, trois des quatre démons vont réussir à s’enfuir (notamment parce que le Daniel du groupe – la force de frappe de l’équipe – va être vaincu par le Big Jim/Belial bien aidé par deux 666… il n’a pas fini de se faire vanner à ce propos) ; seul le Haagenti va terminer en petit bois.

Comme ils ont sauvé l’ado et réussi à désamorcer la crise, leur mission est quand même considérée comme un succès mais ils ont désormais trois démons revanchards après eux.

C'est un scénario dont j’ai eu du mal à accoucher (le mélange intrigue sérieuse gros délire ne m’est toujours pas naturel) et dont j’ai réussi à pondre le synopsis seulement deux-trois jours avant la partie, ce qui a nuit à sa préparation mais la partie a quand même été sympa. J’aimais vachement préparer mes parties pour ma longue campagne Monde des Ténèbres, je n’aime pas préparer mes parties pour Magna Veritas mais j’apprécie de les mener. Je ne vais cependant pas m’attarder des siècles sur ce jeu et sans doute passer à autre chose dans un avenir assez proche.
Contraint par ses joueurs à être le Luc Besson du JdR.

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