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Cluny c'est beau

Des inspirations historiques ou scientifiques à usage rôlistique

Modérateur: darkbaron

Cluny c'est beau

Message par CLUNISIEN » Jeu 27 Mars 2003, 21:27

Voilà je vous mets des fiches que j'avis faites en licence concernant Cluny. Ca fait 10 pages (en format 21x29.7), c'est fastidieux mais plutot complet pour des personnes qui voudraient des infos

Chapitre introductif : Des débuts du monachisme à la fondation de Cluny.


I/ De l’idée de monachisme à la règle bénédictine.

La fondation du monastère de Cluny s’inscrit dans une longue évolution apparue dès les débuts du Christianisme. Il faut d’abord savoir que le Christ n’a jamais énoncé que le retrait du monde était le meilleur des modèles afin d’atteindre la plénitude et d’obtenir son salut. Cependant le message chrétien insiste également sur le renoncement aux plaisirs du monde. Il n’est donc pas étonnant que, très tôt, certains croyants se soient mis à vivre en limitant le plus leurs relations avec le monde. Aux II e et dans les premières années du III e, il n’est pas de cité en Orient qui n’en comprenne, tandis qu'on en voit apparaître en Occident, et d’abord à Rome. De nombreux individus, et surtout des hommes, vivent également en marge de la société, circulant de village en village ; ces «Pères du désert», avec surtout Saint Paul (mort en 347) et Saint Antoine (mort en 356), deviennent les plus grands inspirateurs du courant monastique. Peut-on dire que ces individus ayant renoncé aux plaisirs du monde soient des moines ? Oui dans le sens où ils vivent à l’écart de la société, non si l’on considère qu'ils ne vivent pas sous une règle de vie bien définie. Le monachisme ne devient une institution qu'à l’époque où l’Eglise en devient également une : dorénavant, le moine est cénobite s’il vit en permanence avec d’autres moines dans une communauté qu'est le monastère ou alors, il est ermite s’il vit dans la solitude d’une cellule d’un établissement religieux.
Au début du V e siècle, la première réflexion sur l’idéal et la vocation monastique fut élaborée par Jean Cassien, un Oriental venu se fixer à Marseille. Au cours du VI e siècle, les fondations se multiplient, inspirées souvent par les idées de Cassien. Chaque monastère a cependant sa propre règle, donnée par l’abbé fondateur ; parmi celles-ci, il y a celle de Saint Benoît. Celui-ci s’installa au sommet du Mont Cassin et y fonda un monastère. Sa règle, la règle bénédictine, s’applique à une communauté de laïcs qui veut imiter le Christ et accomplir son salut. Le monachisme bénédictin est de forme pleinement cénobitique et est réparti entre le travail et la prière communautaire : dans la mesure où il est possible d’établir des moyennes, les offices durent 3 à 4 heures par jour, la prière et la Lectio Divina autant et le travail de 6 à 7 heures. Le genre de vie y est secondaire par rapport à la spiritualité exprimée par la règle et qui repose d’abord sur l’obéissance, l’obéissance débouchant sur la principale vertu bénédictine, l’humilité qui nécessite elle-même la prière. Obéissance, humilité et piété, fondamentalement unies, constituent les bases de l’état monastique. Enfin, la règle met en valeur le mépris des biens, exigeant que le moine ne possède rien en propre. La règle bénédictine reste, dans la seconde moitié du VI e siècle, une règle parmi les autres, si elle influe sur les monastères de la région et est très tôt connue à Rome, elle ne va guère au-delà. Le grand essor bénédictin n’a pas encore eu lieu car d’autres mouvements s’élaborent dans le même temps.

II/ L’influence du courant irlandais et la réforme de Benoît d’Aniane.

Le plus important de ces courants est celui qui vient d’Irlande où un monachisme né obscurément dans la seconde moitié du V e siècle, a pris un essor considérable au cours des décennies suivantes. Ce monachisme qui mêle cénobitisme et érémitisme, accorde un pouvoir quasiment absolu à l’abbé. Le principal artisan de ce mouvement est Colomban. Né vers 540, il devient moine à Bangor d’Irlande. Vers 575, il part avec quelques compagnons en voyage. Il débarque à Cancalle, en France et de là s’enfonce vers l’Est jusqu’à atteindre la Bourgogne. Il décide de créer un monastère comme base de christianisation. Il se fixe à Annegray mais se transporte quelques mois plus tard à Luxeuil (590). Le principal mérite de l’action de Colomban est d’avoir exercé sur les milieux monastiques une influence telle que la règle de Luxeuil inspire directement les règlements de nombreux couvents, anciens ou nouvellement fondés. Le régime colombanien installé d’abord très solidement à l’Est se diffuse en Normandie (Jumièges), en Picardie (Corbie), en Vendée (Noirmoutier) et en Flandre. Au niveau de la règle, on peut remarquer que tous ces monastères gardent leur autonomie. Malgré le dynamisme de Colomban, la règle de Luxeuil ne parvient pas à s’imposer, et ce, d’autant plus qu'elle nécessite d’être complétée pour l’organisation interne du monastère.
Apparaissent alors des règles mixtes, fondées surtout sur des principes colombaniens et bénédictins. Le pape Grégoire le Grand (590-604) aida à introduire les institutions bénédictines en envoyant des missionnaires de Rome vers l’Angleterre afin de convertir les populations anglo-saxonnes. D’Angleterre, le modèle de Saint Benoît pénétra ensuite en Allemagne et s’implanta en Italie où il avait peu progressé le siècle précédent. Dans le monde franc, Pépin le Bref (et son frère Carloman),puis Charlemagne favorisent les fondations en cherchant à les harmoniser sous une même règle, des liens puissants s’établissent alors entre les structures monastiques et les structures politiques de l’Empire. La plupart des fondateurs laïcs ont tendance à intervenir plus qu'ils ne le doivent dans les monastères, cherchant souvent à s’emparer de certains revenus monastiques ; dans de nombreux couvents, l’obligation de clôture n’est plus respectée, les moines ne travaillent plus et l’office divin est parfois négligé : ces troubles expliquent que durant toute la période carolingienne, des abbés et des moines aient tenté de restaurer une authentique vie monastique. L’action principale de ce mouvement est accomplie par Benoît d’Aniane. Né vers 750, il s’établit en 782 à Aniane, sur un domaine lui appartenant. Benoît d’Aniane devient dans les régions méridionales le promoteur de la réforme monastique qu'il diffuse grâce au soutien du fils aîné de Charlemagne, Louis le Pieux qui gouverne alors l’Aquitaine. En 814, ce dernier devenu empereur, décide d’imposer ces mesures à tout l’Empire ; il appelle Benoît d’Aniane auprès de lui et le prie de rédiger un projet. Le projet est promulgué en 817 sous la forme d’un capitulaire, le Capitulare Monasticum. Celui-ci consiste d’abord en un retour aux prescriptions du Mont Cassin, l’importance des vœux de stabilité et d’obéissance, une insistance sur la pauvreté (notamment pour les vêtements et l’alimentation). La modération de Benoît d’Aniane sur le travail manuel s’explique par l’extrême importance donnée aux prières liturgiques, interdisant ainsi un labeur continu. Il faut pourtant remarquer que des abbayes refusent de se plier à la réforme et qu'à partir des années 840, les querelles qui opposent les fils de Louis le Pieux multiplient ces déviances. A la même époque, des raids normands et sarrasins portent fortement atteinte aux monastères. Dans les dernières années du IX e siècle se manifeste dans certaines abbayes l’envie de lutter contre les périls et de restaurer les prescriptions de Benoît d’Aniane , de plus comme les invasions commencent à s’apaiser, des abbés considèrent que le moment est venu de traduire cette volonté dans les faits. Des maisons se créent ou se réforment afin de réaliser ces projets : Vézelay (875-880), Aurillac (890), Brogne (920) ou encore Cluny.

III/ La fondation de Cluny.

Le 11 septembre 909 (ou 910), Guillaume le Pieux, duc d’Aquitaine et comte de Mâcon, fonde l’abbaye de Cluny. La charte de fondation et de donation en constitue l’acte de naissance. Dans cette charte, le duc précise qu'il fait cette donation aux apôtres Pierre et Paul et donc à leurs héritiers, c’est à dire les papes successeurs de Pierre sur le Saint Siège. Avant même la construction de l’abbaye, le Saint Siège est pleinement introduit à Cluny :cela s’explique par les convoitises qu'excitent les domaines monastiques que les religieux n’ont pas les moyens matériels de protéger. Cette exceptionnelle protection concerne l’ensemble des biens qui sont donnés. La villa de Cluny est une grande propriété rurale exploitée selon le mode carolingien, Guillaume ne donne pas non plus un territoire inhabité et inexploité, il s’agit d’un village avec un terroir assez étendu, que le duc a acquis peu auparavant. La donation de 909-910 est donc tout à fait suffisante pour que des moines construisent leur monastère sans avoir à surmonter de grosses difficultés matérielles. La communauté monastique qui doit s’établir est confiée à l’abbé Bernon. Peu connu des historiens, il est né vers 860 et appartient à une famille notoire du comté de Bourgogne. Bernon se retrouve à Cluny en septembre 909 (ou 910) avec pour mission de créer une nouvelle abbaye conforme au mouvement réformateur en cours. A cette fin, Guillaume le Pieux impose que les moines de Cluny observent la règle de Saint Benoît et qu’après la mort de Bernon, les moines choisissent librement leur abbé. La prescription fondamentale de Guillaume est le fait que Cluny doit être une maison de prière où se déroulera en permanence le dialogue avec Dieu, ces prières ayant pour but d’aider au salut du donateur et des siens. Enfin Guillaume impose au nouveau monastère de s’occuper chaque jour des pauvres et des pèlerins. Au sujet des biens de l’abbaye, le duc d’Aquitaine interdit à toue personne, laïque ou ecclésiastique de s’en emparer, mettant en avant la colère divine et des apôtres Pierre et Paul : par cet avertissement, Guillaume entend faire de l’abbé le seul maître du monastère, sans qu'il ait à subir d’influence extérieure. Il faut surtout remarquer que la création de l’abbaye de Cluny ne constitue pas en soi, pour le contexte du X e siècle, ni un événement majeur ni un fait original, l’abbaye n’est encore qu'un de ces nouveaux monastères se donnant pour mission de réformer le monachisme.
Chapitre I : les habitants des monastères et leur organisation interne.


I/ Les habitants du monastère.

Problème de documentation, les indications données par les chapitres généraux ou les visites ne sont pas antérieures à 1259. Selon les coutumes d’Ulrich, « à la fin du XI e siècle la communauté de Cluny comprend deux cents moines ». En janvier 994, le procès verbal de l’élection d’Odilon porte la signature de 76 moines, ce que l’on peut admettre comme la communauté des moines de l’abbaye. On peut avancer pour le milieu du XI e siècle un chiffre d’environ 80 moines, aux quels il faut ajouter ceux qui ne sont pas encore en profession. Pierre le Vénérable dans la Dispositio rei familiaris cluniacensis souligne la distorsion entre les effectifs et les revenus, plus de 300 moines alors que l’on ne peut en nourrir 100. Le Chronicon cluniacense fait état de 460 moines en 1155, déclarant se référer au Livre du chapitre.
La démarche normale pour entrer à Cluny est celle d’adolescents de 15 à 17 ans, acceptés comme novices après quelques jours d’examen. L’intégration à la société féodale et les liens avec l’aristocratie influent sur le recrutement, recruter des enfants de haute naissance pour des hautes charges, semble une tradition bien établie à Cluny. Au X e et au XI e siècle, ces enfants affectés à un monastère et issus de la moyenne et de la petite noblesse sont relativement nombreux. Hugues puis Pierre le Vénérable ont tenté d’en réduire l’effectif, car ils ont découvert, surtout le second, que les abbayes et prieurés risquent de devenir des « foyers » pour célibataires nobles sans véritable vocation. A Cluny, le nombre des oblats diminue au cours du XI e siècle. La vocation monastique implique un renoncement au monde et aux biens matériels. Urbain II, aux conciles de Melfi (1089) et de Rome (1099), interdit d’exiger un droit d’entrée. Il est cependant habituel que des dons accompagnent une admission et la permanence de ces legs, dans les chartes, atteste que c’est plus qu'un usage. Dès le XI e siècle, Odilon et plus encore Hugues se plaignent de ce que trop de parents envoient aux monastères ceux de leurs enfants « qui ne sont pas bons à autre chose ». Les entrées d’adultes et de vieillards n’ont, en revanche, jamais cessé d’être relativement nombreuses, même s’il faut le remarquer certains s’enferment sans doute dans un couvent par vocation, la plupart viennent chercher la sécurité et le repos. Enfin, même si l’interdiction d’admettre des enfants illégitimes est réitérée, des infractions perdurent.
Pierre le Vénérable fixe à 17 ans l'âge du noviciat. Accueillis à l'hôtellerie, les postulants sont instruits du cérémonial puis, en présence de l'abbé et de la communauté monastique, sollicitent leur admission. Pour montrer que celle-ci est incomplète, le maître des novices, au cours de la grand-messe, leur remet l'habit mais non la coule. Les cinq filles de Cluny et quelques prieurés peuvent recevoir des novices, mais le temps de sa probation achevée, le novice doit quitter son couvent et faire profession à l'abbaye de Cluny devant l'abbé chef d'ordre. Cette exigence de la présence à Cluny n'est pas sans poser problème, pour éviter les frais de voyage, des prieurs prolongent le noviciat au-delà de toute raison, dix ans ou plus. Odilon et Hugues ont, semble-t-il, accordé des dérogations à cette obligation pénible et coûteuse de venir faire profession à Cluny, mais Pierre le Vénérable, soucieux de renforcer la cohésion de l'ordre et de conforter son autorité sur tous les établissements, les a limitées. La règle de Saint Benoît prévoit un an de noviciat, tout novice doit entendre trois fois la règle. Cluny est plus souple, la durée peut être réduite selon l'appréciation de l'abbé. Dès le XI e siècle, comme dans d'autres monastères, faute de ressources suffisantes, on a restreint le nombre de novices. Le novice accède au rang de moine profès par deux gestes distincts accomplis le même jour, la profession et la bénédiction. Le nouveau moine reçoit le baiser de paix de l'abbé et de tous les frères, il ne repart qu'au terme de trois jours passés dans le silence. La profession ne peut avoir lieu avant l'âge de 20 ans.
Désormais profès, le moine observe la règle de Saint Benoît tempérée par les Coutumes clunisiennes et se consacre à l'Opus Dei. Dès le XI e siècle, la cléricalisation des moines s'affirme conformément aux recommandations de Benoît d'Aniane et en raison de l'obligation ou de la volonté d'assumer les charges paroissiales ainsi que de l'importance primordiale donnée à la liturgie. Des recherches montrent que les religieux ordonnés représentent une part très importante de la communauté. Il y a toutefois dans chaque monastère des moines qui ne sont pas prêtres et, à côté d'eux, à partir du XII e siècle au moins, d'autres encore qui ne sont pas de vrais moines, ces autres religieux sont les convers. Selon la règle de Saint Benoît, le convers est un homme adulte qui fait profession ad conversionem morum. L'essentiel des entrées au monastère se faisant désormais à l'âge adulte, on distingue ceux qui bénéficient d'une certaine instruction, les litterati, capables de remplir les obligations des moines de chœur, et les autres, les illettirati, qui deviennent des convers. L'accroissement des moines prêtres et la nécessité de trouver de la main-d'œuvre pour compenser le déclin du travail manuel expliquent l'essor de cette catégorie hiérarchiquement inférieure. Pierre le Vénérable voit en eux un moyen de réduire les coûts de production du fait qu'ils s'adonnent aux grands travaux agricoles sans être salariés ou tenanciers; il en recrute donc davantage et élabore pour eux un statut fixant un temps de probation avant d'être admis dans la communauté, il leur fait prononcer uniquement le vœu d'obéissance. Si tous les moines se retrouvent pour la célébration de certains offices, seuls les profès accomplissent la totalité du culte liturgique.

II/ L'organisation interne.

A Cluny, l'abbé est nommé à vie mais il n'a pas été, pendant fort longtemps, installé à l'issue d'un véritable scrutin. Si pour le premier, Bernon, il ne pouvait en être autrement, on aurait pu, en revanche, observer la loi par ses successeurs. Or Odon, Aymard, Mayeul et Odilon ont accédé à l'abbatiat après désignation par leur prédécesseur qui prenait soin d'obtenir l'approbation des moines en faisant procéder en quelque sorte à une acclamation de son vivant. En 1049, pour la première fois, l'élection s'est déroulée sous désignation antérieure, mais il apparaît clairement que ce fut sur la recommandation exprimée peu avant sa mort par Odilon que le grand prieur et d'autres anciens proposèrent de confier le gouvernement du monastère à Hugues. Par la suite, la règle électorale fut suivie pendant assez longtemps. Au début et pendant longtemps, seuls les moines de Cluny, en principe sont électeurs. La cérémonie se déroule en trois temps. Le premier jour, les moines profès élisent l'abbé qui reçoit des mains du prieur le bâton abbatial. Le nouvel élu est conduit à l'église où les moines viennent s'incliner et recevoir le baiser de paix. Aussitôt après, l'abbé confirme les officiers. Le lendemain l'évêque, librement choisi, s'enquiert de l'unanimité du choix, avant de procéder le jour suivant à la bénédiction abbatiale. Il lui revient ensuite de commencer certaines leçons ou l'office de nuit, de lire l'Evangile après nocturnes. L'abbé doté d'un sceau et d'une mense particulière, détient le pouvoir législatif, judiciaire, sur le plan temporel et spirituel, prérogative réduite après Pierre le Vénérable. L'absolution de certains cas lui est réservée, il peut déléguer ce pouvoir à ses chapelains. Il lui appartient de diriger l'abbaye et par-delà l'Ecclesia cluniacensis. Tous, après son élection lui prêtent serment et lui rendent des comptes quand il l'exige. Son autorité lui permet d'intervenir dans l'élection des abbés des abbayes d'obédience et de nommer les prieurs des prieurés.
L'abbé a pour principal adjoint le grand prieur. Choisi par l'abbé, avec le conseil des moines les plus âgés, il est nommé au chapitre et reçoit l'approbation de la communauté. Comme le disent les coutumes d'Ulrich, "le grand prieur s'occupe de toutes les choses et causes qui touchent au monastère, tant au spirituel qu'au temporel"; il dirige l'administration contrôle ceux qui détiennent un office, inspecte les doyens chargés de la gestion des terres. Il procède à des achats de biens et exerce, par délégation, les pouvoirs disciplinaires de l'abbé. Le grand prieur dispose d'un adjoint: le prieur claustral. Celui-ci est en quelque sorte le chef de tous les services internes du monastère, plus particulièrement pour tout ce qui concerne la vie monastique proprement dite dans son déroulement à l'intérieur du couvent: si l'abbé et le grand prieur sont absents, il dirige les officiers, sinon il veille à la vie quotidienne des moines, à l'exercice de leurs devoirs religieux et vérifie leur présence à matines.
Pour le fonctionnement pratique, d'autres postes affectés à des tâches spécifiques sont nécessaires et constituent les véritables organes exécutifs. Tous ces officiers sont nommés par l'abbé ou par le supérieur de la maison. Ces moines sont dotés d'attributions précises et de revenus particuliers. En cela Cluny s'est écartée de la règle de Saint Benoît; au fil du temps, la charge de certains est devenue très lourde, trop lourde pour les moyens qui y sont affectés. On peut les répartir en deux séries: ce qui ont charge des activités religieuses et ceux qui interviennent dans la gestion temporelle. Dans le premier groupe, l'officier le plus important est le sacristain, chargé de l'église et de son entretien ainsi que du mobilier du culte. Il est le gardien du trésor et des offrandes et il a l'attribution de choix, bien qu'onéreuse, d'assurer le luminaire. L'aumônier est, à Cluny et dans les couvents clunisiens, le mandataire de l'abbé (ou du prieur) et du monastère auprès des pauvres. Les coutumes d'Ulrich indiquent ainsi que, chaque semaine, l'aumônier de Cluny doit parcourir le bourg, converser avec les hommes dans la misère, s'informer de leurs besoins et les aider au mieux. Le dernier grand office "religieux" est celui du maître des novices, qui a pour responsabilité la formation des futurs moines mais qui assume aussi une administration matérielle spécifique, puisque les novices vivent sous son unique direction dans un bâtiment spécial avec leur dortoir, leur réfectoire, leur cuisine, leur cloître. Parmi les officiers temporels, les plus éminents sont le cellérier et le chambrier. Historiquement d'ailleurs, ces deux fonctions sont liées. Au début de l'histoire clunisienne lorsque l'économie générale est encore fondée sur la production agricole, lorsque les marchandises circulent peu, lorsque l'argent est rare, c'est le cellérier qui prédomine. Le cellérier est choisi par l'abbé ou le prieur sur avis du chapitre, à qui il présente son rapport. Le cellérier s'occupe des terres, des instruments de labour, contrôle le bétail des doyennés et a la haute main sur le service des vivres de l'abbaye. Chaque samedi avec le prieur ou le chambrier, il vérifie les provisions pour la semaine suivante. Il assure également la nourriture quotidienne. A partir des années 1080, lorsque les structures économiques se transforment peu à peu, c'est le chambrier qui domine. En accord avec l'abbé et le grand prieur, il perçoit et gère les revenus en numéraire et répartit les dons faits aux moines. L'infirmier a une tâche spécifique, à la fois matérielle, morale et même religieuse, qui lui donne une place relativement éminente; ses dépenses sont importantes. Les moines qui entrent à l'infirmerie bénéficient d'un régime de vie moins rude. Enfin l'hôtelier est chargé d'accueillir et de traiter les hôtes de marque et les pèlerins à cheval, alors que les clercs modestes, les pèlerins à pied et les démunis sont confiés à l'aumônier. Le budget de l'hôtellerie est alimenté par les paiements et les dons des hôtes, parmi lesquels on relève des fondations ayant pour fin de pourvoir en permanence à l'accueil d'un pèlerin. Ce qu'il faut bien évidemment dire, c'est que dans les petits prieurés, tous ces offices n'existent pas. Il en est même dans lesquels il n'en existe aucun, le prieur accomplissant toutes les tâches; en effet d'après des rapports de visites, un très grand nombre d'établissements ont des effectifs très minces -de 2 à 4 moines- et qu'à côté il est un groupe non négligeable de communautés médiocres, de 4 à 8 membres.
Chapitre II : Liturgie, vie quotidienne et influence culturelle de
Cluny.


I/ Liturgie et pratique du culte.

Au départ et à la base de l’abbaye, il y a, c’est évident, la religion. Cluny, comme tout mouvement monastique, propose d’abord à ses moines un type de recherche spirituelle alimentée par des exercices divers qui constituent l’ascèse fondée avant tout sur la méditation et la prière, celle-ci accomplie dans la célébration de l’office. Sur le plan strictement liturgique, les Clunisiens innovent peu. Ils choisissent entre plusieurs projets, et pour des raisons que l’Histoire explique fort bien, optent avant tout pour les usages de l’Empire (au X e siècle et dans la première partie du XI e) et du Saint Siège (dans la seconde moitié du XI e). Ils contribuent ainsi fortement à diffuser l’ordo romain et sous leur influence, la liturgie languedocienne disparaît ou presque. Sur le rite de la messe, l’action des moines clunisiens est remarquable : la célébration prend une ampleur considérable, selon les modalités du système romain. Cette liturgie comporte une très longue partie préparatoire avec des hymnes, des leçons, des prières et des actes purificatoires, puis dans une seconde partie plus silencieuse, au cours de laquelle s’accomplit le mystère et qui se termine, après le Pater et une nouvelle supplication à l’Agneau de Dieu, par la consommation des saintes espèces. Les laïcs ne peuvent qu'être sensibles à ce que les Clunisiens apportent au Christianisme latin : le goût de la cérémonie grandiose. Dans ce sens, Odon, en liaison avec sa propre culture musicale, accorde une très vive attention à l’office liturgique et ajoute des prescriptions à celles déjà fort élaborées de Saint Benoît et de Benoît d’Aniane. Il compose des hymnes et des antiennes, encourage les jeunes talents de mélodiste et de poète et favorise les travaux de transcription et d’invention de l’écriture musicale. Il vise ainsi à exalter encore la solennité de l’office, dans lequel le chant, à côté de la récitation psalmodiée est un moyen d’élévation spirituelle.
La liturgie, le culte et les récitations occupent au cours de l’histoire de Cluny, entre le IX e et le XII e siècle, une part de plus en plus grande de la journée et cela d’autant plus que les abbés n’ont cessé de les allonger, non seulement afin de souligner certaines dévotions mais surtout en introduisant des nouveautés dans les heures quotidiennes. Tout cela aboutit à une prière en quelque sorte perpétuelle avec des leçons occupant une grande partie de chaque heure. Dans les années 1020-1030, l’abbé Odilon complète et précise les coutumes de Cluny, c’est à dire le règlement imposé à tous les établissements. Le document intitulé Livre de la voie droite (refondu en 1060) mêle les anciens textes de Mayeul aux décisions plus récentes. Il s’arrête aux modalités de la vie quotidienne : le vêtement, l’alimentation, le travail. D’autre part, on voit que la place réservée à la liturgie et aux offices est beaucoup plus large que dans les coutumiers et manifeste que le religieux de Cluny est d’abord un religieux qui prie en permanence. Très longuement, la première partie du Livre de la voie droite précise ce que sont les offices spéciaux ; d’autres parties décrivent d’autres célébrations et rites : la messe, la prière pour les morts, etc. Enfin le Livre de la voie droite décrit le passage vers l’au-delà et les funérailles du moine clunisien, dont le nom est marqué sur les tablettes du monastère, puis les oraisons récitées à l’occasion du décès d’un parent, d’un religieux dont le souvenir est lui aussi gardé aux inscriptions au nécrologe. Sous l’abbatiat d’Hugues de Semur, la documentation n’est pas assez fournie pour que l’on décèle de profondes innovations. Les coutumes qu'il fait rédiger par le moine Bernard peu après 1070 et celles qui sont recopiées après 1077 par le moine Ulrich à la demande de l’abbaye allemande d’Hirsau, comme celles qui avaient naguère été demandées pour Farfa. Ces coutumes reproduisent dans leurs grandes lignes le déroulement de la journée marqué avant tout par l’importance de l’office divin.
Sur leur culte, les Clunisiens n’influent pas davantage que les autres et participent à la poursuite d’un mouvement commencé depuis longtemps. Il est cependant, à côté des saints de tout le monde, des personnages qu'ils honorent plus spécialement. En l’honneur de la Vierge, ils célèbrent de plus en plus solennellement les fêtes majeures de la Nativité de l’Annonciation ou de la Présentation au Temple. Ils ont aussi un attachement particulier pour Saint Pierre ; leur dévotion va également à Sainte Marie Madeleine présentée comme l’exemple parfait de la conversion. Ils vénèrent de même les saints abbés de Cluny, parmi lesquels Mayeul semble le plus attractif. Chaque maison a de plus son ou ses saints particuliers et au premier chef son saint patron. Enfin ce qui caractérise Clnuy, c’est l’insertion dans le calendrier clunisien de la « commémoration de tous les défunts de tous les temps et de tous les milieux » par l’abbé Odilon. Elle est fixée au 2 novembre et est très vite diffusée dans toute la société. Cluny apporte ainsi sa marque, qu'elle développe aussi en multipliant les messes- anniversaires et en propageant un cérémonial plus solennel pour les funérailles. Elle introduit sa pratique dans la société laïque avec une liturgie d’imploration à la fois pour tous les défunts et pour chaque mort individualisé, ce qui contribue au XII e siècle à renforcer la signification du purgatoire, les supplications des moines ayant pour but d’alléger la punition dans l’au-delà.

II/ Vie quotidienne et pratique des vertus monastiques.

Si la liturgie et la pratique du culte font partie des singularités majeures de l’abbaye de Cluny ; cependant dan leur mode de vie et dans la pratique de certaines vertus monastiques, les Clunisiens se sont également distingués de la mouvance monastique du X e au XII e siècle. Au niveau des règles de vie quotidienne, les moines clunisiens ont pour base les prescriptions de Saint Benoît et de Benoît d’Aniane, la pratique des vertus monastiques qu'ils édictent ayant pour but d’observer une vie ascétique. Cependant entre le X e et le XII e siècle, les abbés clunisiens insistent davantage sur le renoncement aux plaisirs du monde, et dans ce sens ils aménagent ou renforcent la pratique de certaines vertus monastiques. Ce phénomène a ainsi permis à Cluny de se singulariser encore davantage par rapport aux autres mouvements monastiques contemporains. Au niveau de la règle quotidienne, des aménagements sont progressivement mis en place : on sert plus souvent du poisson, on distribue du pain de meilleure qualité et parfois, alors qu'elle est en principe prohibée (hormis pour les malades) de la viande comme le fait constater Pierre le Vénérable ; de même, on laisse également les moines se vêtir plus chaudement. Le moine doit aussi éviter le plus possible de parler mais il ne lui est pas strictement de le faire. Odon exalte la vertu du silence et tend même, comme l’a voulu Bernon à Baume et à Gigny, à l’imposer tout au long de la journée, puisqu’il perfectionne le système des signes mis en place par son prédécesseur pour les communications absolument nécessaires. Dès l’abbatiat d’Odilon toutefois, on tempère ces mesures. La taciturnité doit être comprise comme un exercice de maîtrise de soi qui ne consiste pas à se vider l’esprit de toute pensée, mais veut l’inciter au contraire à la réflexion.
Au niveau de la discipline, il semble bien que pendant très longtemps les abbés ont appliqué la discipline avec mansuétude, préférant le rappel à l’ordre et l’exhortation à la punition humiliante ou douloureuse. Quant au travail effectué par les moines, ceux-ci ne peuvent effectuer que des tâches susceptibles d’être sans cesse interrompues et aussitôt reprises : copie de manuscrits, ferronnerie, etc. Cette obligation est due au fait que la journée du moine est pour l’essentiel consacrée à la prière, qui intervient à des laps de temps assez soutenus. De ce fait, les moines ne travaillent plus directement la terre, ils sont avant tout des gestionnaires comme les nobles laïques. Ils surveillent eux mêmes plus particulièrement une partie du terroir qui constitue la réserve et qu'ils font cultiver par des domestiques laïques, auxquels ils adjoignent des convers au XII e siècle ; les moines ne s’adonnent qu'à quelques menues tâches qui sont davantage du jardinage que de la culture.
Mais s’il est des vertus que les Clunisiens pratiquent avec beaucoup d’ardeur, plus que nulle part ailleurs, ce sont bien l’hospitalité et la charité. La règle de Saint Benoît prescrit de recevoir « comme le Christ lui même tous les hôtes qui surviennent ». Cluny II et Cluny III comportent en ce sens une maison d’hôtes à la charge de l’hôtelier. Le monastère est tout d’abord, c’est évident, un refuge spirituel, la « maison de piété » ou clercs et laïcs viennent se retirer. C’est aussi au sens propre du terme un asile où les victimes des turbulences seigneuriales cherchent à bénéficier de l’immunité dont jouit le monastère, Cluny luttant dans le même temps contre la violence en diffusant l’amour et la paix et, dès Odilon, ils agissent plus directement encore dans les conciles et dans les mouvements de paix. Enfin et peut-être surtout, Cluny est une maison de pauvres. Tout au long du XI e siècle et jusqu’à la crise des années 1120, les Clunisiens assurent sans réserve cette fonction qui grève parfois lourdement le budget du monastère. Odilon, plus que ses prédécesseurs, insiste sur la nécessité d’aider les misérables, estimant que la vie monastique ne consiste pas seulement à vivre dans la privation des biens mais tout autant à être en communion avec les pauvres. C’est surtout en 1033, lors de l’une des plus épouvantables famines qu’ai connu le Moyen Age, qu'il montre sa sollicitude : ne se contentant d’écrire et ne se souciant guère des pertes que son abbaye subit par suite de très mauvaises récoltes, il fait fondre les pièces les plus précieuses du trésor abbatial pour secourir les victimes. A la veille du Carême, la tradition veut que tous les indigents qui se présentent à la porte du monastère, reçoivent un morceau de viande. Dans son étude sur le budget de Cluny entre 1080 et 1155, George Duby a calculé que les doyennés clunisiens consacrent un tiers de leurs surplus à la distribution d’aumônes et à l’accueil des hôtes. Ce que veulent être en fait les Clunisiens, c’est être les agents de la redistribution des biens, recevant des riches les dons dont l’usufruit va en partie aux misérables.

III/ Une présence intellectuelle et artistique mitigée.

Finalement, en marquant la société de cette empreinte monastique, avec une piété organisée et solennelle particulièrement attentive aux rapports entre le ciel et la terre, une morale réaliste en certains secteurs mais très idéaliste en d’autres et une ouverture au monde extérieur offrant hospitalité et charité, ils ont agi sur les comportements et sur l’évolution de la culture dans la mesure où l’on définit celle-ci comme l’ensemble des éléments et des arguments et des arguments qui conditionnent les attitudes des hommes et des groupes. Leur action globale a reposé sur une réflexion à la fois liturgique et sociologique. En revanche, dans les autres domaines intellectuels, ils n’ont pas vraiment brillé, sans doute avant tout parce qu'ils n’ont jamais accordé un vif intérêt à des préoccupations étrangères à la spiritualité monastique. Certes, dans les monastères les plus importants de l’ordre, un enseignement est organisé ; mais ces écoles que l’on rencontre à Cluny , à Moissac et en d’autres maisons, sont des organismes internes qui n’accueillent le plus souvent que des oblats, donnent une formation qui correspond à une première initiation monastique et ne visent à rien de plus que de préparer au noviciat.
On constate cependant que les religieux clunisiens disposent de livres assez nombreux, dont la lecture et la méditation leur sont imposées pendant le Carême et dont ils peuvent avoir l’usage en tout temps. Mais l’ensemble se singularise par l’absence de spécialisation et par l’éclectisme, ce qui confirme que l’on n’ambitionne pas de se livrer à des recherches très poussées. Le nombre et la diversité des volumes qui font de cette bibliothèque la plus riche des bibliothèques monastiques, élevant sans doute quelque peu le niveau des études, mais ne leur permettent pas de parvenir très haut, parce qu'il est entré depuis longtemps dans la tradition que le travail intellectuel est, somme toute, d’un intérêt secondaire et parce que au XII e siècle les milieux clunisiens, de par leur recrutement et leur mode de vie, n’ont aucune envie de faire un effort dans ce domaine. C’est ce qui explique la rareté des Clunisiens parmi les auteurs célèbres et reconnus. Il ne faut pas en déduire toutefois qu'il n’y a jamais eu un quelconque auteur clunisien, puisque l’analyse révèle d’abord que plusieurs des grands abbés ont pris rang parmi les meilleurs esprits de leur siècle. A côté de ces abbés, bien que la liste soit brève, on relève deux auteurs dont la dont la valeur est reconnue. Au XII e siècle, Alger de Liège, né vers 1074, se retire à Cluny en 1111 et y meurt entre 1130et 1135. Les deux principaux traités, le Liber de misericordia et justinia et le De Sacramentis corporis et sanguinis Domini, exercent une profonde influence dans les cercles théologiques et les milieux canonistes. Un siècle plus tôt, Cluny avait abrité celui que l’on peut tenir pour l’auteur clunisien le plus intéressant, l’historien Raoul Glaber, né vers 985, il est moine à Cluny sous Odilon. A première vue, ce chroniqueur n’apporte pas grand chose de plus que d’autres qui écrivent également sur Cluny. Il écrit un livre, les Histoires, qui est l’ouvrage qui exprime au mieux ce que l’on peut appeler l’idéologie clunisienne et son élaboration.
Cette culture particulière et cette idéologie exaltante se retrouvent dans les expressions artistiques. De ce point de vue, c’est leur contribution à l’art roman qui est fondamentale, même s’ils n’en sont pas les créateurs ; leur abbaye constituant l’un des principaux foyers et l’une des sources premières de cette inspiration. C’est dans la seconde moitié du X e siècle que prend forme ce type d’architecture dite romane. Cluny s’inscrit dans cette évolution d’abord au temps des recherches avec sa seconde abbatiale (Cluny II), et surtout à l’époque la plus dynamique avec le chantier ouvert par l’abbé Hugues et dont les travaux aboutirent à Cluny III. Cette troisième église, à peine achevée, servit de modèle pour d’autres entreprises, sa splendeur influant naturellement sur les bâtisseurs, particulièrement dans le sud de la Bourgogne. Elle parvint parfois aussi à donner sa marque à des constructions clunisiennes hors de la contrée, du fait que l’abbaye était chef d’ordre. Cependant il n’y a pas à proprement parler d’école romane clunisienne. Quant à l’ornementation et plus particulièrement la sculpture, Cluny insista sur l’opulence, l’idée de grandeur et de splendeur visant à fournir le décor approprié au dialogue avec le ciel.
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Message par Syd » Jeu 27 Mars 2003, 22:13

Je peux copier/coller mes 12 pages d'une leçons sur l'Agora d'Athène si vous voulez :smile:
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Re: BANZAIII!!!

Message par Hérétique » Jeu 27 Mars 2003, 22:16

Syd a écrit :Je peux copier/coller mes 12 pages d'une leçons sur l'Agora d'Athène si vous voulez :smile:


je sais pas trop si c le but avéré de copier coller ses cours :-o
je pensais qu'on avait voté contre ?? :-?
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Message par CLUNISIEN » Jeu 27 Mars 2003, 22:35

Au contraire je crois que poster des fiches (et pas des cours :mad: , ça vient de moi et uniquement de moi) est utile mais sur un sujet précis, de manière structurée et il faut que ça soit mis sur un nouveau topic ou alors on fait un topic spécial dépot de fiches ça peut servir et un autre topic intitulé inventaire des fiches
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Message par Syd » Ven 28 Mars 2003, 00:38

Perso je crois pas que ça soit intéressant de copier/coller 15 000 fiches ou cours d'univ', si ce n'est pour introduire/lancer un thread, comme Clunisien l'a fait pour celui-ci, qui peut être très intéressant pour tout qui veut mettre de l'intrigue monastique dans sa campagne (râââh, des "Le nom de la rose"-like :P ), ou comme votre humble serviteur l'a fait pour celui sur "les fondements réels et mythiques de la légende arthurienne". Ces threads ayant pour but de lancer des questions-réactions-débats-suggestions sur des questions d'histoire bien particulières.
Mais attentions, ce forum n'a ni la prétention, ni la vocation universitaire. N'allons pas nous égarer dans des termes trop scientifiques ou des sujets peu intéressants du point de vue rôlistique, au risque de perdre de vue les objectifs réels du forum (et de la rubrique) "histoire": inspirer des scénards, des campagnes ou des backgrounds de jdr.

Bonsoir.

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Message par JyP » Ven 28 Mars 2003, 01:34

De fait, il y a un piège à éviter : tous les JdRs sont inspirés plus ou moins de l'histoire. Et il existe déjà quantité de sites à vocation historique j'imagine...

Ta fiche est très bien pour faire une synthèse historique mais moi, en tant que MJ, je me vois mal l'utiliser pour monter une intrigue sur l'abbaye de Cluny. Il me faudrait plutôt une description de l'abbaye à un instant T, avec de quoi animer tout ce joli monde.

Par exemple, j'aimerais animer Cluny en 1230 (date sympa pour les jeux Âge des Ténèbres, ou pour Ars Magica).... Il s'agirait de partir de cette année pour en voir l'historique et le devenir. Voire un scenarii qui mettrait en jeu des aspects purement médiévaux, afin d'étonner les joueurs en leur offrant de l'authentique.

(c'est un des points forts d'Ars Magica en fait, d'avoir l'Europe Mythique comme monde : les inspis sont proprement infinies, comparées à d'autres mondes plus imaginaires, comme Agone).
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Message par CLUNISIEN » Ven 28 Mars 2003, 10:30

Je crois que Syd a compris l'essence meme de l'intéret de ces fiches, elles lancent des thèmes avec suffisamment d'infos pour que les autres puissent poser des questions en ayant déjà une base d'informations
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Message par Hérétique » Ven 28 Mars 2003, 11:05

JyP a écrit :De fait, il y a un piège à éviter : tous les JdRs sont inspirés plus ou moins de l'histoire. Et il existe déjà quantité de sites à vocation historique j'imagine...

Ta fiche est très bien pour faire une synthèse historique mais moi, en tant que MJ, je me vois mal l'utiliser pour monter une intrigue sur l'abbaye de Cluny. Il me faudrait plutôt une description de l'abbaye à un instant T, avec de quoi animer tout ce joli monde.

Par exemple, j'aimerais animer Cluny en 1230 (date sympa pour les jeux Âge des Ténèbres, ou pour Ars Magica).... Il s'agirait de partir de cette année pour en voir l'historique et le devenir. Voire un scenarii qui mettrait en jeu des aspects purement médiévaux, afin d'étonner les joueurs en leur offrant de l'authentique.

(c'est un des points forts d'Ars Magica en fait, d'avoir l'Europe Mythique comme monde : les inspis sont proprement infinies, comparées à d'autres mondes plus imaginaires, comme Agone).


je pense qu'en effet c plutôt ça l'idée... A mon Humble avis
un de la même manière que mon post sur la féodalté japonaise: faire un truc qui soit jouable quoi ....


oui je me la pête :smile:
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Message par Syd » Ven 28 Mars 2003, 12:35

JyP a écrit :Par exemple, j'aimerais animer Cluny en 1230 (date sympa pour les jeux Âge des Ténèbres, ou pour Ars Magica).... Il s'agirait de partir de cette année pour en voir l'historique et le devenir. Voire un scenarii qui mettrait en jeu des aspects purement médiévaux, afin d'étonner les joueurs en leur offrant de l'authentique.

(c'est un des points forts d'Ars Magica en fait, d'avoir l'Europe Mythique comme monde : les inspis sont proprement infinies, comparées à d'autres mondes plus imaginaires, comme Agone).


Me mettrais bien à Ars Magica, moi :D :smile:
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Message par CLUNISIEN » Sam 12 Avr 2003, 00:55

Hérétique a écrit :
je pense qu'en effet c plutôt ça l'idée... A mon Humble avis
un de la même manière que mon post sur la féodalté japonaise: faire un truc qui soit jouable quoi ....


oui je me la pête :smile:


Enfin on l'attend toujours ami de la fumisterie :roll:
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